VILLEMUR le consulat   



 

 

Notes sur l'histoire de Villemur         

                sa communauté, du consulat à la commune

 

Villemur fait l'objet de diverses rubriques:

dont : Villemur et ses églises

 

L’inondation de 1930

Parmi les événements qui ont marqué Villemur au XXe siècle, il y a l’inondation  qui se produit dans la nuit du 3 mars 1930, où les eaux montent rapidement, atteignent la ville et se répandent. Cf. Semaine catholique de Toulouse, 1930, pp. 251-252. Le dimanche 2 mars 1930, la crue du Tarn  cause des inquiétudes ; au matin du 3, à 4 h la foule voulant voir le Tarn se dirige du côté de la Vierge et du monument aux morts (place de la Vierge ou du Souvenir), où se trouvait l’abbé Chabbert et le curé Maurette. A 5 h 30 la place de la mairie était complètement envahie par les eaux. Durant la matinée, l’eau monte jusqu’à l’ancien presbytère. Vers midi le pont cède. Les maisons qui dominaient le Tarn s’écroulent - Villemur compte plus de cent maisons qui se sont écroulées. L’eau monte jusqu’à la statue de la Vierge. A 15 h a lieu  à l’église le chemin de la Croix et une procession près des eaux où la bénédiction du Saint-Sacrement est donnée. Vers 17 h les eaux commencent à baisser, et ainsi toute la nuit. Le mardi 4 mars vers 4 h du matin, la décroissance est enfin perceptible. Le mardi 4 mars, Mgr Jules-Géraud Saliège se rend dans la vallée du Tarn pour visiter les sinistrés ; Il  reste sur la rive gauche, ne pouvant traverser.

 

Une manifestation religieuse rassembla la population éprouvée  le dimanche 2 mars :

« devant l’ampleur du désastre, la population en proie au plus profond désespoir, implora la miséricorde divine. Le lundi 3 mars à 15 h, les cloches appelaient les habitants à l’église. Ils y vinrent nombreux et assistèrent à un émouvant chemin de croix. M. le curé Maurette exhorta ensuite ses paroissiens à avoir foi en la puissance de Dieu. Puis il les invita à suivre la procession du Saint-Sacrement jusqu’au lieu du sinistre. M. l’abbé Chabbert, vicaire de la paroisse, portait l’ostensoir et pendant le chant du Parce Domine, le prêtre traça avec le Saint-Sacrement, le signe de la croix sur les eux en fureur, pendant que la sœur Péqueux, supérieure de la communauté de Saint-Vincent de Paul, animée d’une foi profonde, jetait des médailles [NDA de la médaille miraculeuse, à la suite des apparitions de la rue du Bac, à Paris]  dans les flots. Les assistants, à genoux, pleuraient et priaient ! L’étale s’était produite, l’eau ne devait plus monter. Vers 17 h, elle commençait à baisser ».

 
 Six victimes, demeurant au quartier Saint-Jean, sont à  déplorer. Les obsèques ont été présidées par Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, le jeudi 6 mars, en présence d’une nombreuse assistance, les chants dirigés par M. Darasse. Aux portes de la ville, M. Ourgaut adresse aux victimes de l’inondation un émouvant salut, suivi par le représentant du préfet, le conseiller général, le député. Les cercueils sont ensuite portés au cimetière du Born, celui de Villemur, se trouvant envahi par les eaux. Le résident de la République, Gaston Doumergue, M. Tardieu, président du Conseil  visitent les villes sinistrées. Le samedi 8 mars, le cortège présidentiel, après Reyniès se rend à Villemur en passant par Villebrumier et Varennes. Il y arrive à midi. Le Président de la République est reçu à la jonction des routes de Varennes et du Born. La visite se déroule en commençant par la rue de la Bataille et se poursuit par les rues Saint-Jean, Saint-Michel, et la place de l’Hôtel-de-Ville. Le dimanche 9 mars, le curé Maurette célèbre la messe sur la rive gauche, dans l’entreprise Brusson : «  toute la population ouvrière était présente et remercia M. le curé de son gestes et ses paroles ». De partout des secours affluèrent. Le diocèse lance une souscription. Le dimanche 6 avril, Mgr Saliège revient à Villemur pour présider un service funèbre solennel pour les victimes de l’inondation, en présence du Conseil municipal, des autorités et personnalités locales et de toute la population. Mgr Saliège avant de quitter Villemur, veut visiter les quartiers les plus ravagés par l’inondation.

 

 

 Le presbytère 

La première mention du presbytère concerne celui qui en 1676 fut installé dans une maison acquise de Pierre de Brucelles, comprenant maison et jardin [celui-ci était alors une basse-cour]. On mentionne des réparations en 1733 faites par Arnaud Garrigues et Jacques Delmas, maçons.

Par la suite, nous découvrons sur un plan de la ville de Villemur, établi par Junière, datant des années 1780, l’emplacement  du presbytère d’alors [n° 177], demeure imposante au cœur d’un moulon, comprenant maison et jardin, longeant la rue de l’Hospice/Lapeyre et la rue Gambetta/des faures. Selon le plan, l’entrée devait se trouver sur cette dernière rue. De la porte d’entrée de la maison le terrain venait en pente jusqu’à la salle basse du presbytère.

 

Le terrain de la cour se trouvait plus élevé que le terrain de la salle basse qui était dans un enfoncement, en contrebas de près d’un mètre (cf. AM-Villemur, délibération, 14 juin 1772 : « le rez-de-chaussée du presbytère se trouve plus bas que le cour de plus de trois pieds », ce qui contribue à rendre l’appartement très humide)..

. Entre le presbytère et la maison d’Antoine Galan dit Blaziet, il y avait une maison en torchis qui, en 1771, menaçait ruine, comme le constate le nouveau curé Etienne Lasalle, qui, craignant d’être écrasé, n’y loge pas. On signale  aussi que le mur qui donne sur la rue menace ruine ; des travaux de toiture sont  aussi arrêtés. Tout ceci est mis en œuvre l’été 1772.  En 1783 des réparations très urgentes sont à faire à la maison presbytérale, l’expertise indiquera que la demande est  justifiée.

Avant la Révolution, la maison presbytérale, logeant le curé et deux vicaires, avait notamment pour riverains : deux maisons appartenant au noble Malpel de la Tour, ancien capitoul [168 et 178], celle d’Etienne Bernard tailleur [172], de Pierre Benech, maître de bateaux [174], de Joseph Gilbert, maître de bateaux [176], d’Antoine Galan, tuilier [179].

 

Lors de l’inventaire des biens nationaux, la maison curiale, comprenant presbytère, grange, écurie et jardin est estimée à 1.890 livres. Elle n’a pas été achetée. En 1803, lors de la prise de possession de la paroisse par le curé concordataire Dayries, la maison presbytérale se trouve occupée par les services municipaux et elle n’a pou être remise à la disposition de la fabrique, à ce moment. Le presbytère, cependant, demeurera en ce lieu tout au long du Concordat jusqu’à l’exécution de la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905.

 

Le presbytère Esquié aujourd’hui école Anatole France

En mars 1860, des réparations ont lieu au presbytère à l’arrivée du nouveau curé Robert. Quelque temps après, celui-ci se considère sans presbytère, le presbytère  « n’étant, ni ne pouvant presque devenir convenable » ! Des travaux  immédiats sont donc décidés. Pendant la réalisation de ceux-ci, le curé et les vicaires sont logés chez Mme de Voisins, née de Vacquié, rue Lescure [aujourd’hui Cailhassou]. Le préfet écrit à Mme de Voisins pour lui dire que les travaux du presbytère seront terminés  vers le 15 août 1861 et le logement provisoire remis à sa propriétaire. On décide, dés cette période, que le presbytère sera reconstruit. La décision est dés lors prise le 30 mars 1861 par la municipalité. Un devis descriptif est établi par Esquié le 25 avril de la même année. Le préfet prend un arrêté, le 22 janvier 1862, autorisant la reconstruction. Les travaux sont évalués à 7490 fr. et adjugés le 23 février suivant à Antoine Castella, fils aîné.

Le devis était en fait de 11.800 fr. Plus de cinq mille francs furent économisés, grâce à la récupération de matériaux provenant de l’ancien presbytère. Ce presbytère est une belle ouvrage d’Esquié. 

Une des clauses des plus importantes porte que les travaux doivent être terminés dans le délai d’un an à partir de la notification de l’adjudication, c’est à dire à partir du 1er mars 1863

Mais, dés ce stade de la construction, les travaux vont traîner en longueur. Castella est mis en demeure de terminer à l’hiver 1864. Il faut attendre six ans encore…

 

Le Vicaire général  écrit au maire de Villemur, en avril 1864, pour solliciter la finition des travaux : « cet édifice qui est commencé depuis plusieurs années n’est pas encore achevé. On attend qu’il le soit.». Début janvier 1865, le curé demande à Mgr l’Archevêque d’intervenir, ce que celui-ci fait le 23 janvier, pour appeler l’attention du Préfet sur la situation. C’est, en effet, nous l’avons vu, chez Mme de Voisins Lavernière que réside, durant ce temps, M. le curé. Ce n’est pas sans inconvénient. Mme de Voisins indique son intention de reprendre sa maison, servant  de presbytère, dés juillet 1865, demande qu’elle renouvellera en septembre 1867, de voir immédiatement sa maison  libérée, ceci  à la fin octobre. A la suite de la démarche insistante du maire, Hippolyte Ratier, Mme de Voisins laisse sa maison à la disposition du clergé jusqu’à ce que le presbytère soit entièrement terminé.

 

 

En mai 1865, les travaux sont loin d’être terminés, Esquié en attribue la négligence à Castella qui a abandonné le chantier, remettant en cause le contrat (dans une lettre du Préfet au Maire, le Préfet écrit « M. Esquié m’informe que si l’entreprise n’est pas encore terminée, cela tient à la négligence de Castella qui a en quelque sorte abandonné le chantier depuis 5 ou 6 mois » -cf. ADHG 2 O 1391. Castella au 20 avril 1866 avait perçu 11.400 fr) . Cette lettre a peu de portée. Au mois de juillet suivant, on estime que dans moins de deux ans, le presbytère sera achevé. Pourtant, en avril 1865, l’architecte écrit Esquié  au Préfet que « la construction du presbytère est très avancée (sic), qu’il ne manque que son parachèvement ». En mai 1866, le presbytère est estimé « très avancé peu de frais suffiraient à le terminer », fait-on remarquer. Alors, en 1866, la fin  des travaux fait l’objet d’une mise en régie, sous la surveillance et direction de M. Arnaud Brusson, entrepreneur des Ponts-et-Chaussées.

 

Au début de 1869, les travaux, décidés en 1861, n’avancent guère.  Les raisons ?  : le manque de ressources, les difficultés de l’entrepreneur, puis la mort de ce dernier. Les travaux, cependant, seront enfin achevés fin février 1870. Neuf ans de chantier !

 

L’édifice présente un aspect monumental, particulièrement recherché, pour signifier la dignité du lieu.Esquié avait une conception architecturale et pratique des presbytères qu’il construisait. Nous avons là le plus grand presbytère réalisé par Esquié, conçu pour un curé et deux vicaires, « un ciel ouvert au centre, éclairait une distribution  vaste et ample, qui permettait l’indépendance des divers services et de plusieurs logements ».

 

L’inventaire de 1906 mentionne le presbytère, appartenant à la commune, rue Lapeyre, aujourd’hui nommée rue de l’Hospice. Suite au décès du curé-doyen David, le bail afférent au presbytère se trouve résilié de plein droit et n’est pas renouvelé. Ce presbytère communal devient une école maternelle communale, en 1912, par suite de la décision prise par le Conseil municipal du 5 juillet 1908 et au devis descriptif des travaux de rénovation présenté par l’architecte départemental Joseph Thillet en 1910 pour 6.960 fr. Il s’agit de l’école actuelle Anatole-France.

 

Le presbytère se trouve par la suite, dans une belle maison ancienne, rue du colonel Cailhassou, à l’angle de la rue de l’Hospice, là où, actuellement, la maison des associations a son siège.

Avec le curé Mittou, il s’établit 5 rue Saint-Louis, à l’ancienne poste, où il se trouve actuellement.

 

 

 

Familles et patronymes de Villemur

Parmi les noms de familles de Villemur, on relève : Agar, Audibert, Azema, Balat, Barbe, Benech, Blancal, Blancou, Brassier, Brusso, Cailhassou, Castella, Chaubard, Coulom, Darasse, Dardenne, Dastros, Dental, Dèzes, Duran, Emboulas, Esquié, Galan, Gardettes, Gay, Gibert, Gourdou, Hugounenc, Hugounet, Lacroux, Laferrière, Lafage, Lala, Lapeyre, Lourmière, Malpel, Ménestral, Miramont, Pendaries, Peperty, Ratier, Sabatier, Sanières, Serin, Sicard,  Sizes, Vaïsse, Vieusse, Viguier, Vincens.

                           

 


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