VILLEMUR   



 

 

VILLEMUR

 

                                                                        photo crédit paroisse Villemur

 

 

 

 

 

paroisse

Diocèse

 civil

(au sein des Sénéchaussées)

Diocèse ecclésiastique

avant 1803

(Evêché)

 

Saint Patron

Patronage

Possession de

VILLEMUR

 

MONTAUBAN

MONTAUBAN

St Michel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

St Jean

l'évangéliste ? comme l'a eu dit  ou bien plutôt

St Jean-Baptiste cf 2 actes de 1581 (communiqués en oct 2012)

 

Eglise St Michel :

 l'évêque de Montauban partageant la dîme avec le curé et le chapître St Etienne de Toulouse

(cf Bullet. arch. T-G 1913 p. 117)

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Ancienne

 église St Jean:

[évêque de Montauban 2/3: curé 1/3]

 

 

 paroisse

Diocèse

 Civil

(au sein des Sénéchaussées)

Diocèse ecclésiastique

avant 1803

 

Saint Patron

Patronnage

Possession de

Stes ECARIETTES

Annexe de Villemur

 

MONTAUBAN

MONTAUBAN

Annexe de Villemur

 

 Chapitre St Etienne Toulouse

[3/4 dîme]

 

 

VILLEMUR ET SES ÉGLISES

 

 

Villemur, dés les temps les plus reculés a deux églises, toutes deux anciennes, toutes deux liées à l’histoire de la cité.

Ces deux églises avaient été données, en 1124 ou 1125, par Pons et Pierre Rames à Hugues II, abbé de Saint-Théodard de Montauban, d’après un cartulaire de ce monastère.

 

A – L’ÉGLISE SAINT-MICHEL

 

L’église Saint-Michel est l’église de la cité.

Sur le même site, quatre églises successives ont  été édifiées jusqu’à aujourd’hui.

 

 

1 -   XIIsiècle :  première église

Une église dédiée à l’Archange saint Michel est mentionnée dès 1124, puis, en 1271, désignée comme l’église Saint-Michel. C’est dans cette église, en effet, que le seigneur de Villemur prête serment de fidélité au roi de France, le 22 novembre 1271. 

 

2 - XIVe siècle : au temps du gothique toulousain - 2ème église

Plus tard, sur le même lieu, est reconstruit à partir de 1382  le chevet de cette église, travaux réalisés par Jean Morin sur le même plan que le chevet de l’église Saint-Jean mais  le nouvel édifice sera plus large (une ½ brasse) et plus élevé (en proportion de la largeur) [1]. 

 

e

« Dans les registres de Me Bertrand de Cans de Toulouse, découvert par Jean Contrasty, le 18 août 1382, Jean Maurin s’obligeait vis-à-vis de Pierre Mélet, prêtre demeurant à Toulouse, originaire de Villemur, à construire jusqu’à complet achèvement le chevet de l’Eglise Saint Michel, conformément au plan d’une église dédiée à Saint Jean, érigée en ce même lieu. Il était stipulé que le nouvel édifice serait plus large de demi brasse et plus élevé en proposition. Pierre Mélet fournit ciment, charpente, cintres, ferrures, plomb, pierres des gaffonnières pour le scellement des gonds et la clef du ciborium (ici note  Lestrade, il s’agit du point central du chevet où viennent se grouper les arcs de la voûte). Il ferait aiguiser les outils et ferait creuser les fondements, mais ceci sous l’expresse surveillance du maître d’œuvre. Un immeuble avec 2 lits serait tenu à la disposition de J. Maurin et de ses serviteurs. Pierre Mélet restait chargé d’approvisionner d’eau les constructeurs pour fabriquer le mortier et ‘’éteindre la chaux’’. Le sanctuaire achevé, on devait dresser trois autels de brique et une citerne, devant le maître-autel, à l’intérieur du dit chevet. Délai accordé, un an à partir de la Toussaint prochaine. Prix : 300 fr d’or payables, 100 fr. immédiatement, 100 fr. dès que la maçonnerie atteindrait l’emplacement réservé aux chapiteaux, 100 fr. dès que se dessineraient les ogives de la voûte. Sauf les‘’pierres gaffonnières’’ pour scellements, l’entière construction admettait la seule brique plane, à la voûte comme aux murs. Pour ce motif, le 29 août 1382, Jacques Bonaud et Jacques Dupuy promettaient à J. Maurin 8.000 briques au prix de 28 florins d’or, aussitôt payés, avec engagements de fournir en temps opportun, le reste des briques nécessaires ».

 

 

Cette église devait être fort belle, de style gothique et en briques. Quant à son clocher, certains pensent qu’il pouvait s’agir d’un clocher-mur, simple paroi verticale triangulaire, selon un modèle répandu[2].

 

Cette église a vu l’installation d’orgues, antérieurement à 1556, puisqu’à cette date, nous connaissons un contrat au sujet de travaux à effectuer. En effet, le 8 juillet 1556, « le gouverneur de Villemur et autre consul ont passé marché avec André de la Costure, compositeur d’orgues afin d’aménager tous les jeux de flûtes, les trompes, plus un jeu de timbales d’étain » [3]. Cette création d’un instrument est un indice de l’importance de la ville et du statut religieux qu’elle se donne en adoptant les orgues, instrument promu à servir le plus dignement la musique sacrée. 

 

L’église Saint-Michel fut endommagée du fait des guerres civiles et religieuses qui ont marqué particulièrement Villemur, ville devenue protestante ; ne dit-on pas que « les catholiques et les protestants se battirent même dans le clocher ». Elle na pas manqué aussi de se dégrader du fait de sa fermeture quelques décennies. Sinon démolie, du moins l’église se trouve-t-elle en mauvais état[4]. Le chapitre de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse  n’entend pas financer les réparations de l’église, un mémoire est donné le 17 novembre 1609 « à Mgr l’évêque de Montauban par M. Bardion chanoine de cette église au nom du chapitre [cathédral de Toulouse] pour faire voir et prouver  que ledit chapitre n’est point tenu à contribuer à la réparation de l’église de Villemur »

 

3 - après les guerres de Religion, 3ème église [1613, 1673]

  

L’église de Villemur a été bâtie en 1613 – une inscription apposée, alors, à un des murs attestait, nous dit-on, ce fait[5].

La Paix civile et religieuse revenue, l’église Saint-Michel est en grande souffrance : l’évêque de Montauban célèbre les sacrements, en 1611, dans une église complètement délabrée. Celle-ci nécessite des premiers travaux réalisés en 1615, travaux provisoires, accomplis en urgence, en fonction des nécessités et des ressources disponibles - tel le rétablissement de la toiture[6].

Le clocher reste inachevé. Les travaux réclamés cependant ne s’effectuent pas, ceci malgré l’arrêté du 26 mai 1648,  faisant obligation de relever les ruines.

 

L’église est surtout reconstruite, en 1673, et ce, aux frais du chapitre Saint-Etienne de Toulouse, de l’évêque de Montauban, du recteur de la communauté, après les deux injonctions du Parlement, arrêts du 26 mai 1648 et du 6 février 1673. Un acte  du 10 mai 1673 passé chez Me Custos nous apprend que les entrepreneurs seront tenus de démolir l’église qui est présentement audit Villemur et, au même endroit, ils en rebâtiront une nouvelle sur les anciens fondements, s’ils se trouvent assez forts pour soutenir ladite bâtisse et à telle distance que nef et presbytère (i.e. le sanctuaire) de la dite église puissent avoir cinq cannes six pans de largeur [10, 50 m] dans l’œuvre. De plus seront tenus de faire la nef de ladite église de dix-sept cannes, deux pans de longueur [31, 45 m] ». Les travaux de charrois et de manœuvre incombent aux habitants ; ils en sont déchargés moyennant la contribution aux dépenses dans la proportion d’un tiers. La maçonnerie et la charpente sont adjugées au prix de 3.350 livres. La réception des travaux est constatée, par acte notarié du 29 mars 1676. 

 

Nous n’en connaissons donc pas le plan exact, comme l’écrit le chanoine Pierre Gayne, en particulier le tracé du chevet, mais la simple lecture du bail montre assez éloquemment que le travail s’est fait dans des conditions plutôt médiocres. De fait l’on prévoit qu’à partir d’une canne de haut, le reste de l’édifice soit fait de mortier de terre, la couverture étant en bois de sapin en forme d’anse de panier.

 

On sait seulement que cet édifice était implanté, sur une aire de 40 m de longueur et de 10 m de largeur, qu’il y avait sept chapelles et deux sacristies. Plus haut et plus grand que le précédent. Mais les matériaux sont pauvres car « à partir d’une canne de haut [1,822 m], le reste de l’édifice était fait de  mortier de terre, la couverture en bois de sapin pouvant avoir la forme d’une  anse de panier. »

 

Une transaction du 9 avril 1679 règle pour l’avenir la contribution aux réparations dans la proportion de moitié à la charge du chapitre Saint-Etienne de Toulouse et l’autre moitié à la charge de l’évêque de Montauban et du recteur de Villemur.

 

En 1703, les peigneurs de laine de cette ville s’érigent en confrérie et bâtissent, de leur propre deniers, à leurs frais, une chapelle aux ailes de l’église [acte du 3 août 1703].

Cette chapelle était totalement indépendante de la nef, elle avait la voûte à part, ainsi que les autres chapelles de cette église qui appartiennent ou à des particuliers ou à des confréries de corps de métiers.

 

« Celle des peigneurs de laine, créée en 1702, se détruisit d'elle-même et depuis 40 ans ils n'ont fait aucun acte ni exercice de frèrie, la chapelle qu’ils avaient construite fut abandonnée, sa ruine totale suivit de près cet abandon. Nous voyons qu’en 1748 M. de Verthamon, Evêque de Montauban ordonna des réparations au plafond - toutes ces ordonnances furent inutiles, et le mauvais état de cette chapelle empira tellement, qu’elle menaçait une ruine prochaine »

 

Au cours de cette période, l’église Saint-Michel est toujours le lieu des investitures. Ainsi chaque prise de possession de la vicomté donne lieu à de grandes et imposantes manifestations mettant en œuvre une geste rituelle et un protocole convenu. La prise de possession de 1720 est ainsi décrite :

 

 « au jour fixé, les consuls revêtus de leurs robes, les officiers et les habitants, précédés de cent hommes d’armes avec fifres et tambours, allèrent prendre le mandataire du nouveau seigneur et le conduisirent devant la porte de l’église où Jean de Monselbe, conseiller du Roi, prit par la main Mathieu Brémond, fondé de pouvoirs du nouveau vicomte, et le conduisit dans l’intérieur de l’église, le fit agenouiller devant le maître autel, les cloches sonnant. Il le mena ensuite sur l’emplacement de l’ancien château ; de là, à la porte Saint-Jean où les consuls lui firent la remise des clefs de la ville, puis devant les prisons et enfin devant la maison commune ».

 

Dans les années 1722-25 nous assistons à l’aménagement du sanctuaire. Début septembre 1722, a lieu la mise en place du retable du grand autel. Coranjou garçon menuisier est employé 36 jours par le curé Saint-Sardos pour l’installation de celui-ci. Ce retable, ainsi que le tabernacle sont l’œuvre du sculpteur Thierry, qui meurt pendant sa réalisation. Il n’en avait réalisé qu’une partie. En décembre 1728, se pose la question de la suite. Le tabernacle est ainsi doré. C’est à la suite de cet aménagement que le curé Saint-Sardos vend aux habitants  de Villebrumier le cadre du tableau du grand autel, et à un habitant de Nohïc, un tableau de la chapelle Notre-Dame.

 

Nous apprenons - du fait de quelque litige consigné dans le registre des délibérations le 24 avril 1723 - que M. Durouson, écrivain de cette commune, « a fait quelques réparations au tableau du grand autel de l’église de la présente ville et à d’autres tableaux de la dite église  a fait à certaines raisons de certaines fournitures dont il demande d’être payé »  

En 1739, le toit de l’église et la galerie du clocher ont besoin de plusieurs réparations essentielles. Cette même année, le sculpteur Harcy de Toulouse finit, au cours de l’été, le retable de l’ église, comprenant notamment les statues de saint Jean et de saint Pierre, selon le contrat retenu chez Me Coulom, notaire.  

 

En septembre 1766, des réparations sont à faire à la toiture, par suite des grands orages de l’année. 

 

Des travaux doivent être encore réalisés, en juin 1776, pour agrandir la tribune et aux fonts baptismaux. En février 1778, il est toujours question d’agrandir ou de reconstruire la tribune pour créer des places, l’église étant trop petite pour la population et de modifier l’emplacement des fonts baptismaux, situés sur l’aile gauche de l’église, transportés un peu plus bas, quelque peu reculés sur la rue, comme le suggère le cadastre de 1812. A cet emplacement est créée la chapelle Sainte-Catherine où est établie la confrérie des gens de mer (sic). C’est Gaspard Duvernet qui a la charge de ces travaux, le parachèvement de la tribune ayant lieu en 1786. 

 

Le 15 mars 1778 des travaux sont effectués à la chapelle du Président de Ménoire, seigneur, vicomte de Villemur, afin d’aménager une tribune pour lui et sa famille : «  on se servira de l’emplacement qui existe à gauche depuis le sanctuaire jusqu’au banc de l’œuvre du T.S. Sacrement ; le mur sera percé et on y bâtira une voûte pareille à celles  des chapelles particulières qui se trouvent immédiatement après du même côté ».

 

Patrimoine campanaire

En mars 1728, on fait monter la grosse cloche  au clocher. En 1742-43, Guillaume Bessière et Pierre Faure, ouvriers de l’église paroissiale de Villemur reconnaissent devoir à Jacques del Royre la somme de 9 écus et 14 gros d’or, solde de ce que coûte l’achat d’une cloche « unius quille », pesant un quintal et vingt-trois livres. Le solde est réglé à la Saint-André de la même année.

En 1750, trois cloches sont refondues par Bernard Lafage ou Lafargue qui meurt peu après avoir procédé à la refonte. L’une d’entre elles, est rendue plus grande.

Jean Baptiste Chrestien assurera aussi un travail de refonte en 1754 et la fabrication d’une cloche neuve, cloches reçues pour le 15 août. Quelques années après, en septembre1766, a lieu la réparation de la grande cloche de l’église.

En 1829,  une réparation est à effectuer. En mai 1846, la petite cloche s’est brisée. Le conseil municipal de joint à la Fabrique pour acheter une autre cloche.

En 1831, lors de la visite pastorale, il est fait mention de trois cloches.


Pendant la Révolution

Le 19 septembre 1790, il est question de la réparation urgente des trois cloches. 

L’église de Villemur n’a pas à l’abri des ravages opérés au cours de ces années, comme deux observations l’indiquent : celle des marguilliers dans une lettre au Préfet du 8 floréal an XIII [28 avril 1805] :  « Par l’effet de la révolution, l’église de Villemur se trouve entièrement dégradée. Le choeur de cette église surtout a besoin de grandes réparations. Les statues qui décoraient anciennement ce chœur  ont été non seulement enlevées, mais toutes les dorures ont été entièrement brisées ou du moins martelées, de sorte que l’état actuel du chœur de cette église ne peut s’accorder en aucune manière avec la dignité et la décence que le gouvernement veut qu’on emploie dans les temples destinés au culte », et celle de Malpel en 1807, en évoquant sa chapelle : « les vandales de cette ville en détruisirent tous les ornements et firent dévorer par les flammes des chefs d’œuvre de sculptures qu’elle renfermait, ma chapelle subit le même sort, où on éleva une rampe en fer qui la fermait, on déchira le tableau de l’autel, on brisa les lambris qui étaient dans le pourtour ».

 

Après la Révolution : projets de travaux

Un état et devis estimatif des réparations à faire à l’église paroissiale de Villemur est dressé en exécution de l’arrêté du préfet du département du 12 germinal an XI [2 avril 1803] :

« rétablir le clocher dans le premier état, il sera fait un pignon du côté du citoyen Gay, de hauteur convenable, on fera une ouverture dans le milieu de la flèche au bout de laquelle on placera une croix en fer et la flèche aura 9 pieds de hauteur (il faut 1200 briques, 3 barriques de chaux, sable…), le tout 200 fr. Plus pour réparer la galerie du clocher, 60 fr. Pour réparer le couvert il faut 1000 tuiles canal et 3 cannes de plancher de peuplier pour réparer le bord du toit. Plus réparer les deux portes d’entrée (2 cannes de toile cirée). Réparer le toit de l’église au rez-de-chaussée à une toise hauteur. Plus réparer les fonts baptismaux – il faut refaire le plancher en entier à cause de la trop grande humidité de la sacristie, il faut nécessairement qu’elle soit plancheyée »

Si par « rétablir le clocher dans le premier état », il convient de comprendre, le clocher antérieurement existant, il semble alors que nous soyons en présence d’un clocher-mur. La hauteur de la flèche de 9 pieds[7],  correspond à 3 m,  paraît bien modeste mais plausible.

 

En juillet 1805, le sanctuaire est réparé.

Début 1806, le baptistère est jugé dans un état de délabrement qui demande des réparations les plus urgentes au plafond, tandis que le sanctuaire est « sans carrellement et dans un état pitoyable, l’ancien carrellemnt doit être promptement remplacé ». Des travaux importants de restauration sont faits au sanctuaire en 1806, réalisés notamment par Jean Burgan, plâtrier. On y remplace aussi la balustrade de bois du sanctuaire par une en fer, réalisée par les serruriers locaux Bernard Malbert, Pierre Chaubard et le forgeron Pierre Lacroux.

 

L’achat de stalles

Les six magnifiques stalles[8], en noyer, que nous voyons – trois de chaque côté -  proviennent de la basilique Saint-Sernin de Toulouse. La fabrique de Saint Sernin vend, en effet, en juin 1808, 10 stalles du chœur  – stalles fabriquées vers 1670 - à l’église de Villemur[9]. Il ne reste que les six que nous voyons. Des dossiers ont servi à faire des confessionnaux pour l’église, d’autres  ont été rachetés par des particuliers ainsi que des jouées décorées[10]. On ne manquera pas de prêter attention aux sculptures des parcloses séparant chaque stalle, et aux miséricordes. Ces dernières sont sculptées ; du côté midi, un putto représentant un corps nu étendu, tenant une couronne et deux autres présentant des visages d’enfant à tête feuillue ; côté nord, deux miséricordes présentant aussi un visage d’homme mûr à tête feuillu, et la dernière miséricorde, portant un motif végétal. Ces stalles ont été réalisées, après l’incendie du 13 décembre 1668 qui détruisit les stalles  du XVe siècle de la basilique Saint-Sernin, par les maîtres Pierre Bureau, Pierre Palis et Jean Dubois, sur le modèle de celles de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse crées par Pierre Monge. Un certain nombre de sculptures des parcloses et des miséricordes ont été réalisées par  Pierre Albes et Pierre Artus Legoust[11]. Ces stalles sont été inscrites au titre des Monuments Historiques le 31 juillet 2008.

 

 

Les mêmes travaux sont réclamés en 1807 pour les fonts baptismaux : la toiture a besoin de grosses réparations, le plafond d’être refait, s’étant écroulé depuis de nombreuses années ; ils sont par ailleurs très humides. « La toiture de la chapelle Saint-Aubin menace ruine et chute prochaine. La toiture de l’église sur une étendue de trois cannes [5,50 m] à partir du clocher est en très mauvais état, la majeure partie de la tuile canal est brisée, ce qui occasionne le dépérissement de la charpente ».  Ces derniers travaux énoncés sont les premiers mis en chantier. 

En décembre 1819, l’état estimatif des travaux de la flèche du clocher comprend une dépense de 1.082 fr. Travaux qui sont réalisés l’année suivante.

En 1820, a lieu l’achat d’un autel en marbre pour 700 fr., commandé à Nelly Père et fils.

 

Des travaux sont à faire de manière continue. En 1822, c‘est le mauvais état de la voûte. Une délibération, en date du 10 janvier 1822 émanant du bureau du Conseil de fabrique, nous apprend que « le plafond de l’église est construit en voûte de planches, clouées par dessus à des poutres traversières et à des pièces d’appui nécessaires pour former la voûte ». Or les grosses pièces de bois sont vermoulues, les planches aussi. La crainte de quelque accident conduit à qualifier l’urgence des travaux.

En 1824, des lieux privés pour l’usage de la sacristie ou latrines sont construits.

 

La naissance d’un projet : reconstruire l’église

Dès 1820, on considère que l’église n’est pas assez grande pour la population et qu’elle a besoin de grandes réparations.

 

On va réclamer un nouvel édifice : l’église est trop petite, trop basse, manquant d’air. Elle est insalubre, humide, le linge y moisit. Trois ans après son arrivée, en 1836, le curé Fieuzet envisage de faire reconstruire l’église à l’emplacement du château des vicomtes, (site de l’actuel Grenier du Roy). Les plans sont établis au printemps 1837 et transmis au maire. Le curé s’offre de contribuer pour une somme de 10.000 fr. Pourtant l’année suivante, on construit une sacristie sur un terrain situé derrière la chapelle de la Trinité, côté Tarn.

 

L’enquête de 1848 exprimera les insatisfactions et les attentes.  

En effet, cette année-là, le diocèse de Toulouse lance une enquête pour connaître l’état des églises et des presbytères. Au sujet de l’église, il est demandé :

-         Est-elle en bon état d’entretien ? est-elle d’intérêt ?

Il lui faut tout ce qu’elle a. Elle n’offre aucun espèce d’intérêt. Elle n’est rien moins que solide.

-         Est-elle suffisante pour la population ?

Elle est petite d’un gros tiers. Elle est si basse qu’on y étouffe en été.

-         Ce qu’il y a à y faire ?

Sa reconstruction est indispensable. L’urgence en est reconnue par tout le monde.

-         Evaluation approximative des dépenses nécessaires

D’après un avant-projet de reconstruction fait par M. Rivet, ingénieur, il y a 8 ou 10 ans. 50.000 francs seraient nécessaires.

-         Ressources présumées de la part de la fabrique ou commune ?

La fabrique ne peut rien faire. La commune avait promis de s’imposer il y a 8 ou 10 ans pour une somme de 10.000 francs. M. le curé pour pareille somme.

-         Déficit ? 30.000 francs

Les réponses sont données par Jean-François Fieuzet, curé de Villemur depuis 1833. Homme d’entreprise, énergique et persévérant, il réalisera la reconstruction de son église.

 

Un chemin de croix, don de Mme Emmanuel de Vacquié [Georgina de Saget], de « 14 gravures coloriées avec cadre doré », est érigé le dimanche 4 février 1849,  dimanche de la Septuagésime, à l’issue des vêpres, par le chanoine François Marie Jules Viguier. L’établissement d’un premier chemin de croix avait été demandé à l’autorité diocésaine début juillet 1824. 

 

description de la dernière église (1613-1857), précédant la reconstruction de 1859

Que sait-on de cette église ?

Elle avait pour mesures, dans œuvre : 40,36 m de longueur, 10,33 m de largeur et 9,45 m de hauteur, du carrellement au plafond. Un devis de l’architecte Junière, en décembre 1822, nous la décrit :

 

 «  la partie du choeur est construite en pan coupé ou demi-hexagone. Toute cette partie a été réparée à neuf depuis peu de temps, et tout y est en bon état. La chœur est séparé de la nef par une balustrade en fer.

Au fond de l’église il y a une tribune sur la grande porte d’entrée. Cette tribune est portée dans le milieu par 2 colonnes en bois, d’ordre toscan au piédestal et entablement et dans les bouts par les pièces horizontales qui reposent sur les colonnes et qui entrent dans les murs latéraux. On monte  à cette tribune par deux escaliers en bois, l’un à droite, l’autre à gauche.

L’entier plafond de l’église depuis le chœur jusqu’au clocher est en planches de sapin clouées par dessous aux entrants des fermes et a des lambourdes placés exprès pour le soutenir. Ce plafond est en forme de voûte en arc très surbaissé ou en demi ellipse fort excentrique, et peint en couleur gris de perle ».

Il y avait deux sacristies, selon la mention  portée lors de la visite pastorale de 1831. Une petite porte sur le côté de l’église.

 

Des relevés successifs présentent une description l’église Saint-Michel: le premier, un inventaire des effets servant au culte du 23 messidor an X [12 juillet 1802]. Elle est ici comparée avec un inventaire du 6 octobre 1830.

 

Le sanctuaire avait pour hauteur 16 pieds 8 pouces [5 m], et pour largeur 33 pieds [10 m].

Il avait trois pans, le  pan central, faisant 12 pieds, 6 pouces [3,80 m], les deux autres 13 pieds 6 pouces [4,10 m]. La hauteur de la nef devait être de 9 m.

 

 

Eglise Saint-Michel

 

Inventaires 1802/1830

Le grand autel 

(maître-autel)

 

En 1802 : deux anges adorateurs en bois doré sont  placés aux deux côtés de l’autel.  Il y a un grand Christ en toile avec son cadre doré,  également quatre colonnes en bois doré, deux grandes statues en bois doré représentant saint Augustin et l’autre sainte Monique […].  En mai 1807, l’autorisation est donnée de les vendre.

Un grand tableau représente la Cène, un autre grand tableau l’Ascension,appartenant au citoyen Mauran.

Il y a quatre petits  tableaux en papier et deux tapisseries en laine, une de chaque côté du chœur. 

 

En 1830 : Nous avons le grand autel avec son tabernacle en marbre, acheté en 1820. Sont mentionnés : six grands chandeliers avec leur flamberge en laiton, achetés en 1806 leurs garnitures et le support en fer, quatre chandeliers plus petits en bois doré et leur flamberges avec une grande croix en laiton doré et aussi deux adorateurs en bois doré. Deux petits chandeliers en cuivre servent pour la messe

Il y a trois grands tableaux de la même dimension. Un tableau représente la Sainte-Vierge sur la porte de la sacristie, deux  rangs de stalles avec deux petits bancs. Il y a aussi une petite armoire ouvrant à deux ventaux.

Les stalles ont  été achetées à la fabrique de l’église Saint-Sernin en 1808 pour 240 fr

 

la nef de l’église

En 1802 : on trouve un banc pour les marguilliers à sept places dont le haut du dossier est feuilleté en or, au-devant duquel il y a un buffet au service de l’œuvre, une chaire en bois, partie en marbre, partie dorée, un grand Christ en bois doré en vis-à-vis la chaire, trois eau-bénitiers en marbre noir dont un sur un piédestal et les deux autres fichés au mur, deux bancs tricolores, dont l’un sert pour les autorités constituées, un tronc bleu pour les âmes du purgatoire, dix bans à l’usage des enfants du catéchisme. Il y a aussi six tableaux.

 

En 1830 :  se trouve mentionné le banc des fabriciens, ainsi que deux chandeliers en bois doré et leurs flamberges, une petite croix et son Christ en bois doré, une statue de saint Michel en bois doré, une petite croix en bois servant journellement. Il y a aussi le banc du maire, le banc du purgatoire avec deux chandeliers en bois doré, une croix dorée et son Christ et un tapis bleu ; le banc de la justice de paix ; le lutrin composé d’un ensemble en bois avec marchepied ; trois bancs ; une petite armoire à un seul ouvrant sur lequel repose le pupitre ; trois  livres de chant, une lampe encadrée servant journellement.

Deux lustres suspendus à la voûte, la grande chaire ; quatorze petits tableaux pour le chemin de la croix.  On relève deux troncs fixés au mur, un tronc pour les pauvres,  douze bras de fer pour chandeliers, une croix avec son Christ,  fixée au mur, une bannière processionnale, quinze bancs servant pour le catéchisme ; deux eau-bénitiers  fixés au mur, un cénotaphe pour le drap mortuaire.

les chapelles

 

En 1802 et en 1808,  les marguilliers, dans une note, en dénombrent sept.

En 1802 sont énumérées : Saint-Joseph, Notre-Dame, Sainte-Catherine, fonts baptismaux, Saint-Aubin, Saint-Esprit, l’Annonciation

En 1804 : Sacré-Cœur [ou précédemment Saint-Louis], Saint-Joseph, Notre-Dame, Sainte-Catherine, Saint-Aubin

En 1830 :  Trinité, Sacré-Cœur, Saint-Aubin, Sainte-Catherine, Notre-Dame, Saint-Joseph, les fonts baptismaux,

 

 

A lire du sanctuaire jusqu’aux  fonts baptismaux, côté nord-est (nord),  puis, côté du fond de l’église au sanctuaire sud-ouest (midi)

 

chapelle Saint-Joseph :

 

 

En 1802 : un autel en brique sur lequel il y a un piédestal en bois doré servant de reposoir, un tableau représentant saint Joseph, quatre vieux chandeliers en bois, entre les deux croisées est un tableau représentant le Christ. 

 

En 1830 : on relève un autel en brique doré avec son gradin et le tabernacle, le reposoir, la croix et le Christ, le tout en bois doré. Il y a aussi six grands chandeliers en bois doré, leur flamberge et leur support. deux petits chandeliers en bois doré, un tableau peint à l’huile représentant saint Joseph, et six  chandeliers, un confessionnal ; une armoire sous l’escalier de la chaire, un tabernacle en bois, un banc fiché au tour de la chapelle. 

Dans cette chapelle, le curé a son confessionnal. Ainsi Rouère, en 1774. Cette chapelle est fermée par une balustrade de bois

- la chaire : l’escalier conduisant à la chaire se trouve dans la chapelle Saint-Joseph.

Une porte latérale donnant  accès à l’église existait prés de la chaire.

 

chapelle Notre-Dame

Cette dénomination est attestée en 1669

 

 

En 1802 : un autel en brique, avec son tabernacle en bois doré, un tableau représentant la Vierge, deux Vierges en bois doré, deux bancs pour les marguilliers, une petite armoire, un tronc, deux chandeliers argentés.  Sis chandeliers en bois argentés. Deux tableaux en cadre doré.

 

En 1830 : un autel en marbre avec son tabernacle et son gradin aussi en marbre ; deux girandoles en bois doré, huit grands chandeliers en bois doré avec six flamberges et leur support en fer, une statue en terre cuite dorée représentant la Sainte-Vierge, une lampe, un confessionnal ; une balustrade en fer, six  pour chandeliers, deux petites crédences en bois doré fichés au mur.

On dénombre : un  vieux tapis pour le marchepied, une croix avec son pied en bois doré, une petite statue de la Sainte-Vierge. cette chapelle a aussi deux reliques.

 

chapelle Sainte-Catherine

sur l’aile gauche de l’église.- chapelle des gens de mer (sic) ou gens de la marine.

 

En 1802 : Un autel en brique, sans aucun ornement, un petit navire, un œuf d’autruche, et deux bancs.

Dans cette chapelle, jadis se trouvaient les fonts baptismaux qui ont été déplacés en 1778. On y établira à la place la confrérie Sainte-Catherine des gens de mer.

 

En 1830 : une autel en bois doré  avec le tabernacle et marbré, le reposoir en bois et deux croix dorées avec leur Christ, six grands chandeliers avec leurs flamberges et leur support en fer, une statue sur pied de sainte Catherine,  en bois peint avec tous les attributs ; deux petites crédences en bois dorés, fichées au mur ; une garniture de bancs fichés au mur faisant le tour de la chapelle.

Deux bancs pour les marguilliers : deux petites armoires à un seul ouvrant et à clefs pareilles ; une balustrade en bois ; deux girandoles, deux petits chandeliers, le tout en bois doré, deux lampes à réverbère. Un vaisseau avec les agrès et cordages suspendus à la voûte. Un oeuf d’autruche suspendu à la voûte.

 

 

4° - fonts baptismaux,

 placés à l’aile gauche de l’église :

 

En 1802 : une cuvette de cuivre. 

 

En 1830 : une piscine en marbre sur son pied bâtie,  un grand tableau, une petite armoire, une cuvette en cuivre, quatre colonnes en bois,  deux petits bancs.

Les fonts baptismaux sont régulièrement estimés malsains à raison de leur humidité.

 

chapelle Saint-Aubin

En 1802 :  un autel en brique avec son tabernacle en bois peint en bleu, sorti de la chapelle Notre-Dame, quatre vieux chandeliers en bois, une lampe cuivre, un vieux tableau représentant saint Aubin, orné de deux colonnes et frontispice en bois doré.

 

En 1831, lors de la visite pastorale, cette chapelle n‘était pas jugée en bon état.

 

chapelle de l’Annonciation :

 

En 1802 : un autel de bois peint en marbre ; 6 chandeliers en bois doré. Un tableau représentant  l’annonciation. Dans ladite chapelle, entre lesdites croisée, il y a un tableau représentant la Vierge. Se trouve aussi  un confessionnal.

 

chapelle du Saint-Esprit.

Cette dénomination est attestée en 1696.

 

En 1802 :  Cette chapelle se trouve la plus proche du sanctuaire, côté midi.

Un autel en bois doré avec son tabernacle et retable en bois doré ayant appartenu à l’église des ci-devant capucins, deux colonnes en bois dorés, un tableau encadré représentant la Sainte-Famille, deux bancs, huit petits tableaux. Dans la même chapelle un grand tableau représentant la sainte Trinité.

 

Une tribune.

Une grande tribune fut construite vers les années 1778.

En 1802 : au dessus de la porte d’entrée. Sur celle-ci un tambour servant à recevoir le poids de l’horloge. En 1807, les marguilliers mentionnent celle-ci pour dire que cette grande tribune fut faite  environ trente ans plus tôt.

En 1830 : une piscine en marbre sur son pied bâtie ; un grand tableau, une petite armoire, une cuvette en cuivre, quatre  colonnes en bois ; deux petits bancs.

 

 

 

        

Le clocher comporte une galerie et une horloge. Il comprend une flèche, en effet, en  décembre 1819, il est question de « reconstruire la flèche du clocher ».

 

Les chaises dans l’église de Villemur n’apparaîtssent qu’en 1805. Il n’en existait pas jusque là[12]. En janvier 1805, il en est acheté 150. Une de raisons de l’achat réside dans le revenu qu’elles procurent à la Fabrique, conformément au règlement diocésain. Mais en 1826 la Fabrique se plaint de ce que « beaucoup de personnes introduisent de petits bancs et autres sièges dans l’église pendant les offices et qu’elles ne payent rien, ce qui est abusif et désavantageux ».

 

En 1827, le curé Bergerot, parmi les chapelles que comprend l’église,  mentionne la chapelle Notre-Dame du Rosaire, une des plus pauvres, la seule, excepté celle de Saint-Eutrope, à n’avoir pas de fenêtre, ce qui la rend très obscure et malsaine.

En 1830, sont  mentionnées

- une chapelle de la Trinité : un autel avec son tabernacle doré, sa croix avec son Christ,  le tout doré. Six grands chandeliers dorés avec leurs flamberges, un grand tableau peint à l’huile ; les gravures encadrées, un confessionnal ;

- une chapelle Saint Louis, chapelle située aux ailes de l’ église paroissiale de l’église paroissiale de Villemur, ayant sa voûte à part. Son troisième mur appartient à la chapelle du Saint-Esprit.

Cette chapelle est mentionnée en 1807. Elle est connue comme chapelle Malpel.

 « Par acte reçu Belluc le 12 mars 1772, M. Rouère curé, Serin et Blanquios ; Jean Lormières forgeron, Jean Bosc tailleur et Jacques Maux brassier, se qualifiant marguilliers de l’œuvre du Saint-Sacrement de l’église de Villemur firent titre à M. Malpel de la chapelle appelée Saint-Louis pour en jouir à titre de patron à la charge par celui-ci de réparer ladite chapelle, de l’entretenir à perpétuité et de donner  une fois seulement pour  la décoration du maître-autel de ladite église une garniture de cierges ou une somme de 48 louis », somme qu’il ne semble pas avoir remis. L’acte porte encore que les réparations et constructions de ladite chapelle, à la charge de Malpel sont d’une valeur  de 200 fr.

Elle fera l’objet d’un litige. En en 1807. Malpel demandait à être rétabli comme patron laïc de la chapelle.

 

Précédemment, cette chapelle Saint-louis comprenait aussi la tribune destinée au président Ménoire, dernier vicomte de Villemur, allant « de l’emplacement qui existe à gauche depuis le sanctuaire jusqu’au banc de l’œuvre du T.S. Sacrement » Pendant la Révolution elle subit des dégradations, tableau de l’autel déchiré, balustrade enlevé, lambris brisé. carrellement abîmé.

La chapelle Saint-Louis « après qu’elle fut réparée [en 1804], fut d’abord occupée par le peuple, ensuite le prêtre desservant, autre que le curé, y établit un confessionnal ». Cette chapelle sera dédiée, par la suite, au Sacré-Cœur. En effet, avant septembre 1807,  la confrérie du Sacré-Cœur est établie dans cette chapelle par le curé, à la demande des habitants. Le curé y place son confessionnal.   Malpel en adresse reproche au curé.

- une chapelle du Sacré Cœur - ex chapelle Saint-Louis comprenant un autel en marbre et son tabernacle ; deux  petits chandeliers en laiton. 

 

En 1836, on construit une nouvelle sacristie à l’emplacement d’un petit réduit contigu à l’église, derrière la chapelle de la Sainte-Trinité.

 

 

4 - Une nouvelle église (1859) – 4ème église

 

Dates principales :

- la première pierre est posée, le 24 juin 1857,

- la bénédiction de l’église a lieu le 2 juin 1859 en la solennité de l’Ascension par Mgr Mioland, qui décédera subitement le 16 juillet 1859 -  présents M. Roger vg, François Fieuzet, curé, Antoine Brusson maire.

- et sa consécration (dédicace), le mardi 3 novembre 1863, par Mgr Desprez,

- le clocher en 1875,

- la rosace en 1877,

- la chaire en 1885.

 

Un curé entreprenant et entrepreneur

En 1842, le projet de reconstruction refait surface, vu l’état de dégradation du plafond ou du sol, vu aussi l’insuffisance du lieu. Ce projet est suffisamment détaillé déjà et bénéficie de l’accord enthousiaste de la commission municipale. N’étant pas agréé par l’administration, le projet est ajourné, indéfiniment, est-il précisé, en août 1843. Ce n’est que partie remise. Le curé Fieuzet est infatigable.

 

En 1849, le curé Fieuzet travaille déjà, depuis deux ans, à installer une communauté des frères de la Doctrine chrétienne [ou des Ecoles chrétiennes] à Villemur. Ce n’est pas sans difficulté. Cette réalisation implique outre le Curé et le Maire, le Recteur d’Académie, le Préfet et même le Ministre de l’Instruction Publique, M. de Falloux, des politiques influents : M. Gasc, le colonel Espinasse, Limayrac. Le projet voit enfin le jour à la fin de l’année 1849, lors de l’installation de la. Communauté que préside le Prévôt.

En mai 1850, le curé Fieuzet fait part d’un nouveau projet : il fait au Conseil municipal  la proposition d’établir un hôpital et une école primaire pour les filles qu’il confiera aux sœurs  de la Croix de Saint-André, chose faite, avec l’installation d’une communauté des sœurs de la Croix, préférées aux sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, en 1851.

Le curé Fieuzet sait conduire ses projets. Il est homme sachant mettre en jeu les influences utiles, il jongle avec les montages financiers permettant la réalisation de ces projets. Il est homme « volontaire » et déterminé. Il sollicite notamment la dérogation aux formes administratives - c’est-à-dire l’absence d’appel d’offres - et le financement par souscription, sans appel à la caisse municipale, ce qui confère à l’entreprise un caractère un peu exceptionnel auquel le préfet donne son accord.

 

 

La décision de reconstruire

Dés le début de l’année 1856, le projet de reconstruire l’église prend corps. Des dispositions sont prises pour  favoriser des dons et fondations. L’architecte Esquié présente son projet le 31 mai 1856. L’église, on le sait, est jugée malsaine, peu convenable et insuffisante, n’étant pas proportionnée à la population. L’ancienne église n’était pas, cependant, en si mauvais état qu’on le disait et voulait le faire croire. D’ailleurs l’exiguïté de la parcelle ne permettait guère la construction d’une église beaucoup plus grande, même si l’agrandissement s’est fait au maximum des possibilités. Nous assistons plutôt, semble-t-il, à une nouvelle approche et expression  du culte et de la religion, ici comme ailleurs.   

 

Le plan est présenté le 10 août 1856, ainsi que le devis. Le conseil municipal approuve l’un et l’autre. Le curé Fieuzet dit avoir recueilli 11.691 fr de dons et de souscriptions volontaires et verse lui-même, de ses deniers, 20.000 fr.

 

Le plan est alors adressé à la Préfecture par le Maire. Mais les difficultés administratives apparaissent immédiatement, dossiers toujours incomplet ! Le curé écrit vers le 15 décembre 1856 au Préfet et lui expose ses arguments :

« l’église qui est loin d’être proportionnée à la population de ce lieu et qui blesse, en outre, son esprit religieux…il est vrai aussi de dire, qu’élevée tout au plus de 9 mètres, elle n’offre nullement les conditions de salubrité qu’exige l’agglomération considérable, des personnes qui s’y réunissent. Aussi, n’est-il pas rare, surtout en été, que de nombreux accidents ne s’y produisent. Plusieurs Préfets qui l’ont vue ont été surpris que Villemur eut une église si pauvre et si chétive ».

 Le Préfet indique la nouvelle marche à suivre, pour activer la nouvelle réalisation du projet. Le temps passe, les démarches continuent, le projet attend.

 

 

Entre temps, le curé s’assure du financement. Le devis initial estimait la dépense à 38.000 fr. Il lance une souscription, cette même année 1856 ; celle-ci réunit 30.000 fr. et il donnera, sur ses propres ressources, 20.000 fr. La première pierre est posée le 24 juin 1858

 

Le 1er janvier 1857, le maire adresse au préfet  le dossier relatif à la reconstruction de l’église.

Le curé prie alors l’Evêque de bien vouloir patronner le projet de reconstruction.  

Le 7 mars le Vicaire général écrit au Préfet pour l’informer de l’ordonnance épiscopale prise la veille, autorisant M. le Curé de Villemur, à célébrer dans un autre local les offices religieux. En conséquence, le Préfet le 18 mars autorise la Mairie à procéder, par voie de régie, à la démolition de l’église et à ce que les travaux soient exécutés sous la direction de l’architecte diocésain, Esquié.

 

La reconstruction

L’église Saint-Michel est démolie totalement et reconstruite sur l’assise de l’ancienne, en 67 semaines, sur le plan de l’architecte Jacques-Jean Esquié, à qui on doit de nombreuses réalisations, dans le diocèse et le département et dont le père était originaire de Villemur.

Le 12 mai 1857, on commence la démolition de l’église pour la reconstruire. La première pierre est posée, le 24 juin. 

Les travaux sont arrêtés du 20 décembre 1857 au 6 avril 1858. l’église est alors couverte.

Le 10 janvier 1858, le curé Fieuzet écrit au Préfet son espoir « Dieu aidant et avec la continuation de votre appui » de  pouvoir couvrir au printemps suivant l’église et de pouvoir y célébrer l’office.

Le 17 février 1858 le Préfet arrête un secours de 1.000 fr sur les fonds départementaux

Près d’un après,  le 4 février 1859 le Maire rappelle au Préfet le secours alloué de 1.000 fr. selon l’arrêté du 28 janvier dernier sur les fonds départementaux de 1859 pour la reconstruction de l’église. En 1859, rien n’est fait, faute de fonds.

 

Le 1er mars 1859, Esquié établit le devis pour le parachèvement des travaux. Il commence par mentionner les travaux effectués : « suivant le projet dressé le 31 mai 1856, la nouvelle église a été agrandie de tout l’espace qu’il a été possible de prendre aux voies publiques environnantes » soit 48 m de longueur, 17,20 de largeur hors œuvre.

 

C’est en 1860 qu’une quinzaine de maisons sont achetées par la commune et ensuite démolies pour l’agrandissement de la place.

 

Le 7 novembre 1860, on a commencé la voûte, elle est terminée le 30 juin 1861. On a placé plus tard les grand vitraux qui ont coûté 4.000 fr.

 

Une nouvelle demande de subvention, en juin1861, est dans un premier temps rejetée, puis accordée par le ministre de l’Instruction publique et des cultes en juillet, à savoir, 5.000 fr. Le

Ministère de l’Instruction publique et des cultes, le  5 mars 1862 annonce au Préfet un secours supplémentaire de 4.000 fr., divisé en 2 annuités de 2.000 chacune.

 

Le 20 avril 1864, le maire écrit au préfet : « ces  nouveaux travaux ont été faits en vue de l’achèvement tant désiré : carrellement, clôture des fenêtres, appui de communion ont été placés, et l’on peut considérer l’intérieur de l’église comme entièrement terminé ».

 

 

Le sanctuaire et l’autel

Deux éléments concernent le sanctuaire : le maître-autel et les peintures de l’abside.

L’autel réalisé par le marbrier Sicardou[13] est achevé pour la consécration de l’église en 1863. Il est soutenu par quatre courtes colonnes. Il a coûté plus de 2.300 fr. L’autel mesurait 5,20 m de large et 6,50  de hauteur, ciborium compris qui, seul, mesurait  3,75 m de hauteur.

Celui de Villemur, dessiné aussi par Esquié, est assez semblable à celui de Braqueville, l’un et l’autre dessinés entre 1862-1863. Les autels d’Esquié soulignent son goût pour la polychromie. Ils adoptent la forme la plus ancienne, avec des colonnettes supportant la table, conception s’accordant aux vues de Viollet-le-Duc.

 « Le projet laissait un certain choix au commanditaire pour la décoration sculptée. Les panneaux situés de part et d’autre du tabernacle furent ornés d’arabesques, conformément au motif figuré dans la partie droite du projet. Ceux placés sous la table ne furent pas sculptés mais exécutés en plaques d’onix lisses. Quatre courtes colonnes à motifs divers, munies de bases octogonales et de chapiteaux, soutenaient directement la table. Le tabernacle était placé entre des gradins, destinés à recevoir les chandeliers et dominé par le ciborium ».

 

 

L’abside, la peinture de Bénezet

Une peinture murale de l’abside est réalisée en 1863 par un peintre toulousain célèbre, : Bernard Bénézet, auteur de de très nombreuses peintures murales d’églises, telles celle des églises toulousaines de Notre-Dame-du-Taur et de Saint-Nicolas sur les murs latéraux. On avance que Bénézet, débiteur d’un notaire de Villemur, négocie sa dette par le contrat passé avec le Conseil de fabrique, le 28 mai 1862. Il s’engage à réaliser les peintures à la cire. En avril 1863, le travail est  terminé. Le devis initial de 4.400 fr. dépasse de 800 fr. en raison de l’ajout d’un tableau. Cette œuvre sera ultérieurement présentée dans la partie descriptive.

 

 

 C’est la peinture murale de l'abside qui retient l'attention à tous égards. Il en était déjà ainsi en entrant. Plus encore lorsqu’on est au pied du sanctuaire. C’est la grande œuvre de ce lieu. Réalisation du peintre toulousain Bernard Bénezet, c’est une peinture monumentale  qui remplit toute le sanctuaire, avec deux  thèmes  superposés sur 100 m² environ. Une bande verticale de chaque côté délimite le tableau[14]. Cette bordure est sur fond bleu, un dessin géométrique en forme de croix se trouve répété, sur toute la hauteur.

L’ensemble fait apparaître une dominante de couleur rouge. Les peintures sont faites à la cire.

 

On devrait commencer la lecture par le cul-de-four, avec le ciel, le combat céleste et la création. Pourtant, nous proposons un autre sens de lecture, relative à la hauteur du mur et du cul-de-four et de la manière spontanée de considérer l’œuvre, d’autant plus que le regard va, en premier, vers sur ce qui est le plus lumineux, à savoir la prédication de Jésus et l’accueil des Béatitudes. Par ailleurs on est spontanément conduit à regarder de bas en haut.

 

Cette œuvre du peintre est la première œuvre au retour au pays. Pourquoi ? Du fait de deux circonstances. D’abord, le nouveau curé de Villemur, depuis 1860, Jean Robert, soutenu par le P. Vert et M. Gasc, conseiller d’État,  veut décorer l’église de peintures murales. Par ailleurs Bénezet étudiant à Paris a contracté une série de dettes envers Ratier de Villemur, dettes[15] qui s’élèvent à 4.190 fr et qu’il rembourse au fur et à mesure.  Elles sont, en fait, à l’origine du premier chantier important qui est commandé à Bénezet.

Cette œuvre est commandée, le 28 mai 1862, par un contrat[16] passé entre M. Vieusse, trésorier de la fabrique et M. Bernard Bénezet, pour une somme de 4.400 fr. Ces peintures sont faites sous le contrôle de l’architecte diocésain Esquié. En réalité, l’œuvre coûtera 800 fr de plus, du fait des deux nouveaux tableaux représentant la chute du paganisme et l’établissement du Christianisme, soit 5.200 fr. Le travail durera un an. La fabrique en sera satisfaite.

 

Un critique présente ainsi cette première œuvre :

« il s’agissait de couvrir de peintures plusieurs centaines de mètres carrés. Bernard Bénezet n’en fut pas effrayé, et il les remplit de six grandes compositions, les unes pleines d’animation et de fougue, les autres touchantes d’onction et de recueillement. Ce qui frappe, au premier abord, c’est la multitude des personnages mis en scène et la vigueur des coloris. On est ébloui, surpris, déconcerté même par cette profusion de choses et d’idées qui s’offrent au regard. Mais la pensée maîtresse qui sert de lien à ces six grandes compositions distinctes ne tarde pas à se faire comprendre. C’est d’abord le combat des bons anges contre les rebelles ; ensuite le sermon sur la montagne, et ce qui en est le complément, les huit béatitudes, enfin la chute du paganisme et, pour pendant, l’établissement du christianisme. Il y a là comme un reflet des grands poèmes de Milton et de Klopstock, comme une inspiration des grandes compositions de Michel-Ange jointes à celles de Raphaël. Pour son coup d’essai, Bernard Bénezet avait fait une œuvre de maître ».

 

Premier registre :  sur toute la largeur le tableau représente le sermon sur la montagne. Jésus, au centre légèrement au-dessus de ceux à qui ils s’adressent, vêtu d’une tunique rouge et d’un manteau bleu roulé sur ses épaules, est montré enseignant, sa main tendue vers la foule, dans cette adresse évangélique : « Heureux vous …». Le peintre a créé - par l’ouverture d’une voûte qui laisse entrevoir un ciel bleu -, une profondeur en situant Jésus en arrière des premiers auditeurs. Par ailleurs, les auditeurs ont chacun des vêtements de couleurs différentes. Leur attitude est variée, depuis l’écoute attentive jusqu’aux bavardages, le dos tourné : « le peintre joue des contrastes des vêtements, des attitudes, des sentiments, mais aussi des types : les pharisiens, les publicains, les Samaritains, les Romains, les païens, les uns et les autres présentant une variété de sentiments à l’écoute de la Parole du Christ ». On dit que deux fabriciens, le curé et les deux vicaires, furent représentés parmi les auditeurs du sermon. Des paroissiens  ont servi de modèle. Bénezet s’est représenté dans le Sermon sur la montagne, en s’autoportraiturant de trois quart droit, un capuchon sur la tête.

Le ciborium risquait de masquer la figure centrale du Christ. Ceci est d’ailleurs la cause d’une relation tendue entre l’artiste et le curé Robert.    

 

 Au registre supérieur, au-dessus du Christ, un ange domine, sur une escalier, portant deux couronnes destinées aux élus. Les personnages immédiats vont, deux par deux, et se dirigent vers le ciel. Chacun de ces groupes représente une Béatitude. Des phylactères inscrivent les huit Béatitudes de l’évangéliste Matthieu : beati pauperes, beati pacifici…[Mtth 5, 1-12]. Aux extrémités, deux tableaux : à droite, la chute du paganisme qui voit les païens tomber avec leur temple et César terrassé par un ange. Le monde païen est représenté par le pouvoir divin de César, le philosophe avec son papyrus, le prêtre des religions païennes.

A gauche : l’établissement du christianisme, saint Pierre signifiant, par sa mission reçue, la pérennité de l’Eglise qui a les paroles de la vie éternelle et saint Paul présentant l’Evangile, bonne nouvelle du salut. Au second plan, les papes, assis en demi-cercle, manifestant la mission de l’Eglise continuée.

Sur la partie tournante de la voûte absidiale, au-dessous de la corniche,  est représenté le combat de feu entre les bons et les mauvais anges. Michel terrasse Lucifer et ses anges. Cette peinture, quelque peu tourmentée, exprime le bouleversement que ce combat suscite.

Au centre, la création de l’homme. Elle vient, dans la pensée du peintre, signifier que l’homme se substitue, en quelque sorte, aux créatures déchues. Les anges, près de Dieu, sont les témoins étonnés de cette création. Ils se penchent vers Adam. Celui-ci radieux regarde avec amour son créateur. Au second plan, les animaux, soumis à l’empire de l’homme. L’artiste a mis tout son art à faire apparaître, la création dans son surgissement, dans un jeu d’ombre et de lumière naissante, selon ce que le regard est conduit à considérer. Il y a dans toute l’oeuvre, mais plus particulièrement ici, un mouvement intense, une tension forte.

 

Cette œuvre se présente comme un triptyque vertical  qu’il faut considérer d’un même regard : il s’agit de l’Eglise dans son pèlerinage terrestre, confrontée aux forces du mal, par son accueil de l’Evangile. Elle reproduit, par là, le combat ‘’originaire’’ des anges, et avec Michel, elle est assurée de la victoire.

CT

 

La critique saluera avec enthousiasme le travail de l’artiste[17]. Elle souligne la réussite de l’œuvre malgré quelques inévitables défauts. L’artiste a eu de la chance de bénéficier d’une telle surface. « Cette œuvre, écrit Christian Mange,  inaugure dans la région toulousaine une période de renouveau pour la peinture murale correspondant aux efforts de la société catholique qui s’affirme à partir de 1860  ». Cette réalisation permet à l’artiste de prendre date.

Ces peintures ont été restaurées en 1981-1984 par M. Régis Vialaret.

 

La nef

La chaire :

La réalisation de la chaire projetée dés 1870, est entreprise, à la suite d’un legs de 2.200 fr., en 1883 seulement. La demande du curé est du 1er avril 1883 et le dessin d’Esquié, prêt le 7 octobre. En avril 1884, Laporte, le tailleur de pierre, avait bien avancé son travail, mais Maurette, le sculpteur était en retard et l’architecte Jacques-Jean Esquié étant décédé, son fils Pierre s’occupe  dés lors de l’achèvement du meuble  qui  est mis en place le 10 avril 1885.

« Installée côté nord, devant l’arc désormais fermé, de la chapelle centrale, à la place de laquelle une entrée secondaire, sur rue, fut pratiquée ».

Des mandats et règlements concernent Laporte fils, tailleur de pierre, successeur de G. Denat, le sculpteur Calmettes  en octobre 1885 et février 1886, celui-ci ayant réalisé alors des travaux extraordinaires à la chaire. Mais aussi Antoine Gay, qui a assuré les travaux de maçonnerie de construction de la chaire.Mais aussi Brassier comme menuisier, Danizan comme plâtrier Danizan, Laffage comme bourrelier.  

 

La rosace

Fin mars, début avril  1877, le vitrail de saint Michel, créé par Dominique Rigaud, est placé dans la rosace de la façade.

En novembre 1888, des carreaux sont mis à la rosace de la porte latérale de l’église.

 

Les vitraux

En février 1864, l’église une fois consacrée, la Fabrique s’occupe fermement des vitraux de la nef, source de difficultés entre la Fabrique de Villemur et Gesta, le créateur contacté. La Fabrique avait accepté  que soient posés provisoirement des vitraux pour la dédicace le 3 novembre 1863. Deux jours après, Gesta enlève les vitraux initialement posés qui ne correspondaient pas aux modifications ordonnées par l’architecte le 2 mars 1863. Par la suite, il ne veut placer les vitraux demandés qu’à des conditions inadmissibles. La Fabrique n’entend pas acheter des vitraux tout faits, mais des vitraux commandés qu’elle veut trouver en correspondance avec le lieu et ses attentes…La Fabrique demande que les vitraux soient en place le 10 mars 1864. En juillet 1864, le contentieux s’envenime dans un échange de courriers. La Fabrique fait valoir «  que sans exiger des chefs d’œuvre [elle] désire qu’il y ait au moins unité dans l’ensemble de l’église ». Un examen des vitraux a eu lieu en présence de Gesta, venu à Villemur. La Fabrique somme Gesta de s’exécuter ou d’enlever les vitraux refusés. L’affaire trouve son règlement  le 17 juillet 1865.

 

Des carreaux de verre blanc sont posés à la rosace de la porte latérale par Delbosc, maçon verrier, en 1888.

 

Le clocher

Le clocher est demandé à grand cri par les habitants de Villemur, dés 1865. Le conseil municipal crée à cet effet une commission. Un membre alors ose dire, que, faute de ressources, le projet ne verra pas le jour si tôt. Le devis date du 1er mars 1859

Le clocher sera construit par la suite et par étapes, par manque de fonds, malgré les dons faits.

Les travaux sont entrepris en avril 1864, en cours, en juillet réalisés par Jean-Baptiste Miramont, maçon entrepreneur, Arnaud Brusson étant chargé par la Fabrique de la surveillance des travaux.  Au début de l'année 1875, le président de la Fabrique se demande  « si le clocher doit être terminé dans le courant de l'année qui commence, il ne serait pas opportun de préparer une quatrième cloche pour être ajoutée aux trois cloches qui existent déjà, afin que clocher et carillon soient renouvelés en même temps ».

La croix qui surmonte la flèche du clocher a été placée le 14 août 1875. 

 

Le garde-corps, en pierre de taille, est sculpté par M. Martres pour un coût de 2.592 fr. Cette balustrade est démolie dans les années 1960.

 

 

Patrimoine campanaire 

L’inventaire de 1830, nous l’avons vu,  mentionnait trois cloches  « une grande cloche, une cloche moyenne, servant pour l’horloge, une petite ».

Une nouvelle « belle cloche » est mentionnée au recollement de l’inventaire 1841-1851. C’est en effet, en mai 1844, que la petite cloche s’étant brisée, le conseil et le bureau de fabrique ont coopéré  à l’achat d’une autre cloche.

 

Fin  1874, le clocher  comprend donc trois cloches :

 - le « souc » (le billot)  ou « Monseigneur » car elle avait été baptisée en 1734 par Mgr Michel Verthamont de Chavignac. Elle comporte cette invocation : «  Voce mea – ad dominum clamavi » « à pleine voix, je crie vers le Seigneur ». Elle avait un énorme contrepoids en bois (le souc, signifie le billot).  Elle provenait de l'église précédente.

- une autre cloche, plus petite, qui aurait été refondue en 1874 : « Marquise », offerte en 1874 par les fidèles.

- une autre, plus ancienne, portant les invocations : « santa Maria ora pro nobis, sancta Michaël, ora pro nobis » ; elle est datée de 1662. Elle est actuellement conservée dans la chapelle des fonts baptismaux.

 

Deux cloches nouvelles vont  trouver place par la suite  :

- l’Augustine - en janvier 1875, il est, en effet, question de préparer une 4ème cloche, en vue de constituer un carillon. Tous les fabriciens s’offrent pour  payer la dépense et en faire don à la paroisse. AP-Villemur, fabrique, 3 janvier 1875. «  Le Président  demande si le clocher devrait être terminé dans le courant de l’année, il ne serait pas opportun de préparer une quatrième cloche pour être ajoutée aux trois cloches qui existent déjà afin que clocher et carillon soient en même temps renouvelés […] Tous les membres s’offrent eux-mêmes d’en faire la dépense, de faire don de cette cloche à la paroisse et de partager les frais d’achat et de placement qu’elle pourra occasionner [… ] Ladite cloche [offerte par la fabrique] et celle qui a du être refondue seront par la suite l’objet d’une bénédiction solennelle, aussitôt les travaux du clocher suffisamment avancés ».

 

- la Germaine, la dernière, pesant 1200 kg, mise en service en 1892, offerte par M. et Mme Jean-Marie Brusson. Elle a pour inscription  « Voce mea Dominum laudo - imbres fulmina pello - spes tribuo miseris, laetititamque bonis. Parrain :François Catherine Hippolyte Vieusse, marraine : Marie Germaine Apollonie Brusson, née Nicol. Bernard David curé. Anno 1892 » - « Par ma voix, je loue le Seigneur, je secoue les averses et les foudres, je donne l'espoir aux malheureux, et la joie aux bons ».

 

En  février 1860, la municipalité décide de faire l’acquisition d’une horloge qui sera placée au clocher de la nouvelle église.

 

Ainsi, il n’est pas inexact de dire que quatre églises, dédiées à saint Michel, se sont ainsi succédé au même endroit.

 

Aménagements  et travaux au cours du XXe siècle

Une partie de la toiture s’étant effondrée, des réparations d’urgence ont lieu en 1928. La balustrade du clocher, qui menaçait, est enlevée entre 1950 et 1960.

Seuls des aménagements intérieurs caractérisent le XXe siècle.

-En premier lieu, en 1950, la restauration de la rosace Saint-Michel et l’achat de bancs et de chaises, en 1952, la peinture de la voûte et des piliers et la création du monument aux morts.

-En 1960, a lieu l’achat des orgues.

-En 1962, il est procédé à l’électrification des cloches (Maison Baudet) et en 1967, a lieu la réfection des fonts baptismaux.

- L’autel majeur connaît plusieurs modifications, dans un premier temps, en 1950, lorsque le ciborium est enlevé. Par la suite, vers 1965, les anges adorateurs sur les côtés de l’autel sont supprimés. 

 - Par la suite, les principaux travaux concernent le sanctuaire afin de l’adapter aux normes liturgiques du Concile Vatican II. Ils sont accomplis  par M. le curé François Mayzen. Il installe d’abord l’autel en fer forgé dans les années 1970, réalisé par M. Brousse de Varennes. Il le remplace en 1978, et réaménage l’ensemble du sanctuaire, selon le plan de Régis Vialaret. C’est alors que l’ancien maître-autel en marbre est démantelé pour créer   ce nouvel autel et un ambon, deux des trois grands panneaux rectangulaires servant aux deux faces du nouvel autel, quant au troisième, il est utilisé pour l’ambon. D’autres éléments comme des colonnettes de l’autel et du ciborium permettent de créer des supports pour le tabernacle et la cuve des fonts baptismaux.

-En 1987, M. l’abbé Charles Martinez réalise la création de la chapelle de l’Annonciation à l’emplacement d’une ancienne sacristie, comme chapelle de semaine,

-En 1995, il est procédé à la restauration des peintures du sanctuaire. En 2007 le Père Philippe Bachet fait restaurer   l’orgue par Gérard Bancelles.  

La réfection des fonts baptismaux, en 2009 et 2010, est une des dernières interventions contemporaines.

 

 

L’orgue[18]

La construction de l'orgue de Villemur est décidée vers la fin des années 1950. Plusieurs curés avaient antérieurement refusé de donner suite aux souhaits de voir l’église de Villemur dotée d’un tel instrument, notamment les demandes instantes de M. Antonin Brusson, passionné d’orgue, s’interessant particulièrement à ceux de Cintegabelle.  Mettant à profit un legs important d'une paroissienne, Mme Blanc, et désireux de remplacer l'harmonium alors en usage dans la paroisse, le curé Mayzen, avec le soutien du  Conseil paroissial et de l'organiste fait appel à Xavier Darasse, organiste virtuose toulousain et expert en organologie. Le père de ce dernier était originaire de Villemur, ce qui a facilité, sans doute, l'avancement du projet. Par ailleurs, la famille Darasse était liée d'amitié avec le facteur d'orgues Maurice Puget qui vient de terminer la restauration de l'orgue de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, au moment de la nomination de Madame Renée Darasse, comme organiste titulaire de cet instrument.Maurice Puget est le petit fils de Théodore Puget le fondateur de la manufacture "Théodore Puget Père et Fils" en 1838 et en même temps le dernier descendant de cette dynastie de facteurs d'orgues. Il a acquis, au conservatoire, une très bonne formation musicale, mais également une réputation du travail bien fait et, de plus, il est  un excellent harmoniste. Il est donc très satisfait de la commande qui lui est faite d'un orgue à Villemur, tout en décidant que celui-ci sera le dernier de sa facture. Il propose, en collaboration avec Xavier Darasse, un instrument de type "néo-baroque" d'une vingtaine de jeux dans une conception musicale qu'il aimait, avec de nombreux fonds, une boîte expressive héritée du XIXe siècle et un plein jeux de cinq rangs, conforme à la composition de Dom Bedos. Il utilise les éléments qui lui restent dans son atelier (console, jeux divers, dont une gambe de Cavaillé-Coll !) car les moyens sont alors limités. Malheureusement, malgré son intention de l'harmoniser lui-même, sa disparition en 1960, ne lui permet pas de réaliser son projet jusqu'au bout. C'est son employé, Henry Papay qui termine les travaux et qui installe l'instrument dans un espace laissé vacant dans le clocher au dessus de la grande porte d'entrée. Cet instrument, équilibré et très agréable, avec ses 27 registres à la console, permettant d'aborder une grande partie du répertoire organistique, fait entendre son jeu pour la première fois, le 2 février 1961. Il est inauguré officiellement, le 18 juin 1961, par Xavier Darasse.

Il est révisé en 1972 par M.P. Bellet.

Sous l'impulsion du Père Philippe Bachet, ancien élève de Xavier Darasse, expert en facture d’orgue et desservant de la paroisse et avec le soutien actif de la municipalité, Gérard Bancells, facteur d’orgue à Rabastens, dans le Tarn, et son équipe réalisent, dans leur atelier, à partir de début juillet 2007, une réfection quasi complète de l’instrument.

De plus, deux jeux neufs ont vu le jour : une Flûte harmonique 8 et une Voix céleste pour remplacer une Sesquialtera et une Cymbale, rajoutées en 1978, mais qui ne donnaient pas satisfaction.

Afin de mieux protéger l’instrument, un plafond en bois a été ajouté. Enfin, la façade a retrouvé beaucoup d’élégance par l’adjonction d’une frise qui souligne le haut de la tuyauterie et de deux cabochons en bois surmontés d’une croix au dessus des deux tourelles latérales.

Cet orgue est béni par Mgr Hervé Gaschignard, évêque auxiliaire de Toulouse, le dimanche 17 février 2008. Un concert est donné par l’organiste Stéphane Bois.

Enfin, début 2010, Gérard Bancells refait à neuf la Fourniture et la Cymbale du grand orgue, les Bourdons 8 et 4 de l'Echo, dans leur partie métallique, ainsi que le dessus du Clairon 4 du Grand Orgue.

Le festival "Toulouse les Orgues" 2010 inclut l’orgue de Villemur dans son  programme.

 

 

 

L’église est quasi-orientée  Est – [150°] sud-est, 

Les mesures dans œuvre sont : lalongueur : 49, 70  m, la largeur :   12 , 20  m [18,  m, chapelles incluses], la hauteur :  16 m ; du fond de la chapelle 12 m. Le sanctuaire a ^pur mesures  9, 77 m de largeur, 8,70 m de profondeur, 14,25 m de hauteur. La hauteur du clocher est de 62 m  [avec la croix].

 

B - L’ÉGLISE SAINT-JEAN   XIIe-XVIe SIÉCLES

 

Titulature : saint Jean, l’évangéliste

église en ruine en 1673

Dîmes [1751] : l’évêque de Montauban 2/3, le curé de Villemur 1/3.

 

Une église mentionnée dès 1124, est dédiée à saint Jean. Elle est donnée par Raymond-Guillaume de Villemur à l’abbaye de Moissac, à son abbé, Jean-Roger, entre 1115 et 1130.

Evariste Andurandy dans son Répertoire général des actes de l’abbaye de Moissac  mentionne, en effet, en 1130, une donation faite par Bernard, Raimond et autre Raimond et Guillaume de Villemur à l’abbé et aux religieux de Moissac, de tout droit qu’ils avaient à la chapelle de Villemur.

 

Lors de la rédaction de la chronique d’Aymeric de Peyrac, abbé de Moissac de 1377 à 1406, cette église est portée comme  appartenant à l’Evêque de Montauban.

 

On situe cette église au quartier Saint-Jean, joignant le cimetière, sur le bord de la rivière, à proximité du Port-bas.

 

En 1562, le chapitre cathédral de Montauban y est transféré. L’église est démolie pendant les guerres civiles et religieuses. Elle ne sera pas relevée. Elle est déclarée en ruine en 1673. Le service de cette église est transféré à l’église Saint-Michel.

 

On trouve encore dans les dernières années du XVIIe siècle, dans quelque acte notarié, mention de la paroisse Saint-Jean, le Pas en faisant partie, ce qui permet de penser que cette paroisse occupe alors une bande sur la rive gauche du Tarn.  

Si cette église, sise au quartier Saint-Jean,  se trouve démolie au cours  des guerres civiles et religieuses, elle n’est pas reconstruite, la paroisse, cependant, subsiste, attestée dans des actes notariés de la fin du XVIIe siècle, comme aussi  dans des  actes paroissiaux (BMS) des autres paroisses, on continue d’indiquer cette appartenance paroissiale. La paroisse Saint-Jean devait avoir pour territoire ce qui se trouve hors de la ville proprement dite : la partie de la rive droite,  hors la ville, à savoir le quartier Saint-Jean depuis la porte Saint-Jean et le ruisseau de Bifranc, les Filhols et une  partie le long de la rive gauche, allant du Pas au moulin et au-delà de celui-ci jusqu’à Malaret, comprenant  Cambou, Gauré, l’Albouy.

 

Cependant  dans les actes de catholicité des registres paroissiaux de Villemur  au cours  du XVIIe siècle (1616-1669) nous n’avons  rencontré que très rarement la mention d’une paroisse Saint-Jean de Villemur  : aucune personne n’est ordinairement mentionnée provenant d’elle. Seule est mentionnée l’église Saint-Jean, désignée aussi comme chapelle (du cimetière), considérée comme église cémétériale. Telle  inhumation peut avoir lieu dans cette église[19]. Le baptême d’Antoinette Pendaries est exceptionnellement célébré là le 26 avril 1626 dans « l’église saint Jean, hors la ville ».

Des exceptions permettent de constater le renvoi explicite à une paroisse reconnue, identifiée ; le 9 mai 1695 Pierre Gailhac épouse Bernade Sabatier tous deux de la paroisse Saint-Jean de Villemur. Il en est de même lors du baptême, dans l’église Saint-Michel, de Bathelemie Danis le 28 février 1696, fille de Jean et de Catherine Bonne, habitants de la paroisse saint Jean de Villemur.

 

Limites de la paroisse Saint-Jean de Villemur

Alors que l’église Saint-Jean est détruite et non reconstruite à l’issue des guerres civiles et religieuses, une paroisse du même nom est toujours nommée, ainsi dans des actes notariés de 1681,1683,1695 : elle comprend sur la rive droite du Tarn: les moulins et le Pas. N’écrit-on pas, au début du XIXe siècle,  que la paroisse de Villemur a cinq familles de l’autre côté de l’eau.



[1] On dispose du contrat passé entre Jean Maurin et Pierre Mélet prêtre, originaire de Villemur. Ce même Jean Maurin oeuvra aux Jacobins et aux Augustins de Toulouse. Jean Lestrade a présenté les deux artistes toulousains du XIVe siècle : les frères Jacques et Jean Maurin. Revue Historique de Toulouse janvier 1922, p. 10. Cf.  texte latin donné par Contrasty, p. 17-18. Il a été aussi publié par Adrien Escudier, Histoire de Fronton et du Frontonnais, op. cit., tome 2, pp. 343-346.

[2] Voir le cahier des Amis du Villemur Historique sur les églises de Villemur, page 11. La maquette de la ville que l’on peut voir à la Tour de défense (Moulin) représente l’église du XIVe siècle avec un clocher-mur. Cependant, cette forme représentée est une œuvre d’imagination, pure hypothèse). On ne peut préciser sa forme, clocher-mur ou clocher hexagonal  ou carré ? Le choix de représenter un clocher-mur  tient à la considération que « Villemur ne [devait] pas avoir les moyens de bâtir un clocher hexagonal ou carré, car trop onéreux ».  (communication personnelle de Gaston Sengès AVH, 2010). Si protestants et catholiques se sont battus dans le clocher, cette indication peut orienter vers un clocher carré.

[3] André Dupuy, histoire chronologique de la civilisation occitane, Des origines à 1599, tome 1, 1998, p. 209.

 Cf. ADHG, fonds abbé Lestrade, 45 J 88, relevé du registre du notaire toulousain Fosse 3 E 4073 f° 180, copie communiquée par M. Sengès, AVH et source communiquée par Mme Sophie Malavieille. Le Philippe Bachet, chargé de l’ensemble paroissial de Villemur, et ayant accompli un travail de recensement des orgues du Sud-Ouest, commente : «  André de la Costure, qui apparaît dans ce texte, n'est pas un facteur connu, on ne trouve pas, en effet, sa trace dans les livres consacrés aux facteurs d'orgue. On connaît un Couture, prêtre et organiste, mais qui n'était pas dans notre région. Il s'agit ici, peut-on penser, d'un facteur ayant réalisé soit une réparation, soit un léger agrandissement de l'orgue avec un jeu de flûtes et probablement un jeu de trompette. Le jeu de flûtes d'après le texte semblerait plutôt un bourdon. Le texte semble confirmer l'existence d'un orgue à Villemur mais ne nous dit pas ce qu'il y avait exactement dans l'église. Au XVIe siècle (1500-1600), les orgues étaient assez peu nombreux et étaient essentiellement construits dans les cathédrales et les abbayes. C'est au cours de ce siècle que l'on invente les registres et donc la possibilité d'avoir plusieurs timbres différents dans un instrument. La question qui se pose est de savoir si le sommier de l'instrument avait la possibilité de recevoir de nouveaux jeux ou bien si c'était plutôt le remplacement de jeux en mauvais état. Cela n'est guère susceptible d'être retiré du texte qui est très succinct. Nous ne pouvons guère tirer de grandes conclusions, sinon la présence probable d'un instrument ».

[4] Cf. Amédée Sevène, op. cit., pp 40, 44. L’état de délabrement peut nous apparaître, lorsque retrouvant le corps de Scipion de Joyeuse, il nous est dit qu’il fut provisoirement « enseveli dans l’église de Villemur au pastus d’ycelle ». De même un acte, reçu par le notaire G. Pendaries emploie la même expression, « le pâtus où ‘’souloit’’ être l’église Saint-Michel ».

[5] ADHG, 2 O 1391, Mémoire pour Joseph Marie de Malpel, imprimé. « l’église de Villemur a été bâtie en 1613, une inscription apposée à un des murs atteste ce fait ».

[6] Le 18 octobre 1615, le procureur du seigneur exige des consuls de Villemur qu’ils couvrent de tuiles la paroisse neuve.

[7] Ibid.

[8] Inscrites au titre des Monuments Historiques le 6 juin 2008.

[9] Nous n’avons pas rencontré de document relatant l’achat, mais celui-ci se trouve mentionné dans un document de 1863, comme ayant été effectué en 1810.

[10] Pascal Julien, D’ors et de prières – art et dévotion à Saint-Sernin de Toulouse, XVI-XVIII Publication de l’université de Provence, 2004, p.200 note 384. Trente stalles avaient été vendues à la fabrique de Saint-Volusien  de Foix et  trois autres à l’église Saint-Paul de Jarrat (Ariège) Cf. id,  thèse pour le doctorat, tome 2, université TLM,  page 563 :  « En 1808, le chœur de Saint Sernin fut réduit de deux travées et amputé de 48 stalles [sur une centaine] ». 44 furent vendues. On lit, en effet,  dans les délibération du conseil de fabrique du 6 juin 1808 : « l’an mil huit cent huit et le 6 du mois de juin […], M. Dayriès [curé] a exposé que se présente une occasion unique de décorer le sanctuaire au moyen de dix stalles dépendantes de Saint-Sernin de Toulouse, et dont on offre la vente au prix de 240 fr., que cette dépense lui paraît utile et agréable ».  Cf. AP-Villemur, fabrique, 6 juin 1808. Pascal Julien ajoute : «  Il n’y a que six stalles actuellement dans l’église de Villemur. Mais on ne vendit pas que des sièges. Un certain nombre de dossiers servirent également à confectionner des confessionnaux dans l’église… D’autres furent rachetés par des particuliers, ainsi que des jouées décorées de figures d’apôtres ou de saints qui furent réutilisées comme boiseries dans des appartements privés ».

[11] Pascal Julien, op. cit., p. 173-175.

[12] AP-Villemur, fabrique, 6 janvier 1805 : « Il n’existe pas dans l’église d’autres chaises que celles que les particuliers y ont portées ».

[13] Sicardou était un voisin d’Esquié, rue du Rempart Saint-Etienne, Cf. Odile Foucaud, Jacques-Jean Esquié, architecte de fonction toulousain, 1817 -1884, catalogue d'exposition, Toulouse, musée Paul Dupuy, 4 mars - 31 mai 1992, imprimerie du Sud Toulousain,  p. 94.

[14] Bernard Bénezet. Né à Lagrasse (Aude) en 1835. Il sera successivement l’élève de Griffoul-Dorval, à l’école des Beaux-Arts de Toulouse, de Duret, mais surtout de Flandrin à Paris. Villemur sera son premier chantier. Il compose de monumentales peintures murales, mais aussi des tableaux. Il interviendra beaucoup dans l’œuvre religieuse. Il réalisera aussi de grandes œuvres profanes, par exemple la coupole du théâtre du capitole. Il fournit aussi des cartons au manufacturier de vitraux, Gesta. Personnalité riche et complexe. Il est le ‘’grand peintre méridional du gothic revival’’. Son œuvre est fortement pénétrée de spiritualité ; elle a un élan mystique. Elle est héritière de l’école d’Ingres. Il meurt en 1897.

[15] Ces dettes s’échelonnent entre le 14 septembre 1859 et le 14 décembre 1862. Cf. Christian Mange, Bernard Bénezet (1835-1897) – vie et œuvre, thèse de doctorat, tome 1, p. 29. Ratier, sachant l’intention de la fabrique de décorer le sanctuaire, fera don de ce qui est dû  à celle-ci, qui prend contact avec Bénezet et lui propose un marché.

[16] «  M. Bénezet s’oblige à peindre la coupole de ladite église, conformément à deux compositions qu’ il a soumises au conseil de fabrique et que ce conseil a agrées. Ces peintures seront faites à la cire et devront être agrées et reçues par M. Esquié lorsqu’elles seront finies » - Archives paroissiales Villemur.

[17] Parmi les  critiques alors parues, mentionnons : Le journal de Toulouse du 13 mai 1863 publie la  critique  élogieuse de Grozelier ; l’Illustration du Midi donne les commentaires de René de Férias. Le 25 octobre et le 8 novembre 1863,  la Semaine catholique de Toulouse à son tour présente l’œuvre. D’autres critiques furent moins louangeux, tel  Jules Buisson, cf. Revue de l’académie de Toulouse et des autres académies de l’Empire, publiée par Félix Lacointa : les peintures murales de l’église de Villemur-sur-Tarn par M. Bernard Bénezet, 1863, p. 241. Il y parle de l’exagération dans le mouvement, la recherche et la violence. Le coloris, un peu jaune et roussi. Ce qu’il admire, le naïf étonnement des anges devant  Adam qui naît à la vie.

[18] Les informations concernant l’orgue proviennent en très grande partie d’une communication établie en vue de cette publication  par le Père Philippe Bachet, Michel Evrard et André Pénavayre (février 2011). Nous tenons à les remercier pour cette contribution.

[19]  Cf. le 23 mars 1620 Luquette Ratier, le 15 septembre 1621 noble Jehan de Valence écuyer « enseveli dans l’église saint-Jean de Villemur », le 6 octobre 1621 Thomas Tuffe.

 

Quelques repères

concernant l'église Saint-Michel

 

 

          Lien site Réussir Villemur-Historique  CLIC  (maquettes - les Amis du Vieux Villemur Historique)

               et  Office duTourisme Villemur - CLIC

 

 

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 Consécration de la nouvelle église le mardi 3 novembre 1863

 

 

On nous écrit de Villemur :

Notre ville vient d’avoir une magnifique fête [NDLR 3 novembre 1863], celle de la consécration de son église. La population attendait avec impatience ce jour, que Mgr l’archevêque lui avait promis lors de sa visite pastorale [NDLR : le dimanche 15 mars 1863].
Toujours digne de sa religion et fidèle à son antique piété, cette paroisse  a voulu être à la hauteur des touchantes cérémonies et des riches bénédictions qui devaient embellir son temple. Cette maison de Dieu avait été admirablement préparée par le talent de l’architecte Esquié et par le pinceau de M. Bénézet, qui ont dignement répondu aux généreux sacrifices des habitants de Villemur. On peut dire que les onctions sacrées ont trouvé des murs dignes d’elles, et que les bénédictions du Pontife sont tombées dans un sanctuaire dont la richesse ferait envie aux grandes cités. On a remarqué surtout le maître autel et les sculptures de son ciborium tout en marbre, œuvre de M. Sicardou de Toulouse.
La veille de cette fête, Mgr l’archevêque fut reçu aux portes de la ville par la population tout entière et accompagnée triomphalement à l’Eglise, au milieu des chants de joie. Sa grandeur a été complimentée par M. le curé-doyen, et lui a elle-même adressé quelques paroles pleines d’à-propos.

Un grand nombre de prêtres et de laïques du voisinage s’étaient rendus à la solennité. On remarquait, parmi ces derniers, M. Gasc, conseiller d’Etat. Le sermon a été prêché par le R.P. Vert, prêtre du Sacré-Cœur de la maison de Toulouse.

Semaine catholique de Toulouse – 1863 – p. 413

 

 

Bénédiction de l'église le 2 juin 1859 

 

2  juin 1859 - Bénédiction de l’Eglise de Villemur

 

L’an de grâce et le deuxième jour du mois de juin, fête de l’Ascension, notre nouvelle Eglise dont la première pierre avait été posée le jour de St Jean 1857, après la démolition totale de l’ancienne, fut reconstruite en entier, par la charité des fidèles, et par le zèle et le dévouement de M. Brusson aîné, Maire de Villemur, sur l’assise de la vieille dans l’ espace de 67 semaines de travail, sans y comprendre la saison des 2 hivers précédents. Elle se compose de 4.600 mètres cubes de maçonnerie, toute à chaux et à sable, ayant coûté 43.000 francs sauf les voûtes, le clocher et l’ornementation qui doivent se faire plus tard. L’église n’étant encore carrelée, qu’avec du mortier de béton, ne fut point consacrée, elle fut seulement bénie par Monseigneur Jean Marie Mioland assisté de M. Roger Vicaire Général et Jean François Fieuzet, curé-doyen de Villemur.

 

Après cette cérémonie, Mgr qui était arrivé la veille, dit la sainte messe à 8 heures, et administra le sacrement de confirmation à 180 personnes qui avaient fait en grande partie quelques jours auparavant la première communion. Monseigneur se proposait de venir consacrer plus tard notre Eglise, lorsque une mort presque subite et prématurée vint l’enlever au diocèse de Toulouse et à notre affection le 16 juillet 1859.

En foi de quoi les jour, mois et an que dessus.

 

 5 juin 1859 : Premier baptême célébré dans la nouvelle église : Anne Pélissier

13 juin 1859 : Premier mariage célébré dans la nouvelle église : Pierre Maux et Jeanne Gay.

 

 

 

Bénédiction de la première pierre de la nouvelle église

24 juin 1857

 

 

24 juin 1857 - Bénédiction de la première pierre de l’église de Villemur

Bénédiction et pose de la première pierre de l’Eglise St Michel de Villemur.

L’an de grâce mil huit cent cinquante sept, et le vingt quatre du mois de juin, fête de Saint Jean Baptiste, sous le glorieux pontificat de notre Saint-Père le Pape Pie IX et sous le règne de l’empereur Napoléon III, Nous Jean François Fieuzet, curé-doyen de Villemur, diocèse, archidiaconé et archiprêtré  de Toulouse, délégué par Monseigneur Jean Marie Mioland, Archevêque, à l’effet de bénit et de poser la première pierre de la nouvelle église à construire sur l’emplacement de l’ancienne qui menaçait de s’écrouler, pour nous conformer aux cérémonies prescrites en pareil cas par le rituel, avons commencé par planter la veille à l’endroit où doit être établi le maître-autel une croix de bois, tout en nous rendant en procession au lieu où devait être béni le feu de la Saint-Jean, puis le susdit jour vingt quatre juin, quatre hommes portant une plaque de marbre blanc formant un carré de 50 cm, ayant une croix gravée aux 4 angles avec cette inscription :

 

            « bâtie en juin 1857

             sous l’invocation de St Michel

           Curé Jean François Fieuzet

           Maire, Antoine Brusson »

 

Accompagnés des Autorités de la ville, des membres composant le Conseil Municipal et le Conseil de Fabrique, nous sommes partis processionnellement à 9 heures du matin de l’église provisoire pour nous rendre devant la croix de bois plantée le jour précédent. Là, après avoirt chanté le psaume quam dilecta tabernacula …avoir jeté de l’eau bénite sur le lieu où la croix était placée et chanté l’oraison pour bénir l’emplacement choisi pour la construction de la nouvelle église, nous nous sommes rendus aux fondations creusées pour le clocher, nous avons béni la susdite plaque de marbre, devant servir de première pierre et nous l’avons placé au milieu des dites fondations en y déposant une médaille de l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge, une pièce de Cinq francs à l’effigie de Napoléon III, de deux francs, d’un franc, de cinquante centimes, de vingt, de dix, de cinq, de deux, et d’un centime, recouvrant le tout d’une autre pierre d’égale dimension.

 

Ensuite, nous avons béni les fondations ouvertes en les aspergeant d’eau bénite, pendant qu’on chantait en chœur  le psaume  85 fundamenta ejus…l’aspersion terminée, nous nous sommes rendus devant la croix où nous avons chanté les versets, répons et oraisons marqués dans le rituel.

 

Lecture faite, séance tenante, du présent procès-verbal, les autorités et autres membres ci-dessus désignées l’ont signé avec nous et nos vicaires. Après nous sommes rentrés dans le même ordre dans notre église provisoire en chantant le Te deum.

Fait à Villemur,les jour, mois, an que dessus.

Brusson, maire (en tout une cinquantaine de signatures – dont le curé du Born)

 

 

 

Un orgue à Villemur au XVI°

 

1556 vit un orgue trouver place dans l’église de Villemur.

C’est un événement marquant dans l’histoire de la cité.

Il témoigne d’une approche nouvelle de la liturgie et de la musique sacrée,

comme aussi d’une manière dont la ville de Villemur se considère et se met en scène

dans un espace  « culturel » nouveau par rapport aux autres villes de la région toulousaine,  albigeoise ou montalbanaise.

 

 

Orgue de Villemur

 

1556 en le 8 juillet André de la Costure compositeur d’orgues à Galan ?? en Comenge a confessé avoir passé marché  en commande sur serment avec monsieur Vaissié consul-connu et Simon Godinelle rendu de la ville de Villemur au diocèse de Montauban …jurant et arguant de leur jeu bien en discours et payant dans 6 semaines prochaines venant  la trompe que concerne - premièrement 3 portenom pour le bon jeux des flûtes en leurs orgues de l’eglise de Villemur aménagée,   requierent :  plus ? fer au jeu de  timbales d’étain et l’orbe souscelle de tout orgue en nature d’accord aucun prix si le besoin en est possible - en le  couvert leur tournerons plus haut 2 leviers en dessus 7/12 ?? pour nettoyage et réparations – si ordre boucherons ? ? 28 d’étain et 18 de plomb pour faire es jeux de timbale et régler ?? les anches plus que moins mauvais sur orgue et elles auront ? taille en réduction 12 ou 10 seulement et le reste payerons comme continuera le besoin coupelles et échassier par Albert dans les 6 semaines, ce jour le frère Pierre … faisons,

….Despumette de Este demeurant à Borbone (houlborne) de Sougre à Carbonne,

 Lev de La Costure, Pierre et Mathurin Cosin de Villemur et Johan Rabineau etc 

Sources : relevé d’un chercheur, AD  Haute-Garonne – copie aimablement communiquée par M. Sengès

 

Correspondance au sujet de l'église 

 

29 décembre 1856

Lettre à Mgr l’archevêque, Monseigneur

J’ai l’honneur d’adresser à votre grandeur copie d’une délibération du conseil de fabrique de l’église de Villemur, demandant l’autorisation de célébrer jusqu’à nouvel ordre dans un autre local les offices divins et d’y faire ce qui se rattache au service paroissial, il s’agit du rez de chaussée de l’hôpital qui, indépendamment de trois ou quatre pièces occupées par les sœurs, permettre  de donner au public un espace d’environ 30 m de longueur sur 10 de largeur, soit 300 m2

Pour vous fixer un peu, Mgr, sur notre projet de reconstruction de l’Eglise, permettez-moi d’entrer dans quels détails. Déjà M. le maire avait commencé de s’occuper de cette affaire à la Préfecture et avait envoyé avec le plan de l’église projetée, un dossier qui s’est trouvé de beaucoup incomplet. On devait s’y attendre. Mais dans le renvoi de ce dernier à M. le maire, il était facile de voir, par la lettre de M. lke Préfet qui l’accompagnait, qu’il fallait à peu près renoncerà cette entreprise, ou du moins subir une kyrielle de formalités interminables ou de dossiers qui finiraient par la renvoyer aux calandes grecques. Alors, je me déterminai, il y a 15 jours à écrire à M. le Préfet la lettre suivante dont je vous prie de vouloir bien prendre connaissance.

 

M. le Préfet

Depuis bientôt 24 ans que je suis curé de Villemur, une pensée n’ a cessé de me préoccuper : la reconstruction de l’église qui est loin d’être proportionnée à la population de ce lieu et qui blesse, en outre, son esprit religieux…il est vrai aussi de dire, qu’élevée tout au plus de 9 mètres, elle n’offre nullement les conditions de salubrité qu’exige l’agglomération considérable, des personnes qui s’y réunissent. Aussi, n’est-il pas rare, surtout en été, que de nombreux accidents ne s’y produisent. Plusieurs Préfets qui l’ont vue ont été surpris que Villemur eut une église si pauvre et si chétive.

Diverses raisons m’ont empêché jusqu’ici de réaliser le vœu  de mes paroissiens, le déplacement de l’église que j’ai cru longtemps nécessaire, par suite l’augmentation des dépenses et puis surtout, l’exiguïté des ressources… Villemur – comme tout le monde sait – est un pays pauvre quoique les habitants soient très laborieux.

Mais examinant les choses de plus près, je me suis convaincu qu’en conservant l’emplacement de l’église actuelle, et convertissant en nef une grande partie des chapelles existantes, la nouvelle église serait notablement agrandie.

Voilà ce me semble une grande difficulté levée, je veux dire celle qui résulterait du transfert de l’église dans un autre endroit, moyen tout à fait impraticable par les frais trop dispendieux qu’entraîne l’expropriation des maisons dont l’achat deviendrait nécessaire.

Quant à celui que j’ai l’honneur de proposer et de recommander à votre haute bienveillance, il ne me paraît pas irréalisable, bien loin de là, je le crois dans l’espèce, seul possible. Nous l’avons étudié M. le maire et moi, et nous nous sommes rencontrés, soit pour la manière de voir, soit pour le mode d’exécution.

Après avoir doté la commune de Villemur de trois établissements charitables, qui fonctionnent à la grande satisfaction de tous, pour le plus grand bien et qui ne lui ont presque rien coûté, je ne désire qu’une chose, de lui procurer uine Eglise co,nvenable, je pourrais presque dire de première nécessité.

Il ne s’agirait pas M. le Préfet pour le moment d’exécuter le projet en question dans son intégrité, mais seulement de bâtir et de couvrir les murailles d’une Eglise de manière à pouvoir ensuite, dans un temps plus ou moins rapproché y jeter une voûte.

Certainement, lorsque je suis arrivé à Villemur, si j’avais trouvé une telle église, je l’aurais depuis longtemps terminée. Les trois établissements fondés à Villemur ont coûté plus de 50.000 fr y compris l’appropriation des locaux, les frais de premier établissement, le matériel, le mobilier et les autres accessoires.

Les immeubles seuls figurent pour 24.000 fr. La commune n’est intervenu dans tout cela  que pour 6.700 fr, produit de la vente d’un lopin de terre et d’une vieille maure ayant appartenu à un ancien hôpital actuellement rétabli.

Si vous me demandez comment nous pensons pouvoir construire les murailles et la toiture de l’Eglise sauf le clocher et la voûte réservés pour une autre campagne , le voici :

D’après le relevé des m3 de maçonnerie, y compris le couvert de l’Eglise, fait par M. Brusson, entrepreneur de travaux publics et maire de Villemur, les frais se portent de 31 à 32.000 fr

J’ai, à peu près, entre les mains et en espèces cette somme qui se compose, ainsi qu’il suit :

1° de dons faits par plusieurs personnes : 6 .621

2° de mille francs qui m’ont été remis pour bonnes œuvres 1.000 fr

3° de 20.000 fr que je servirai au fur et à mesure que les travaux s’exécuteront

soit donc espèces : 27.621

Je ne comprends pas dans cette somme les souscriptions qui jusqu’à ce jour se portent à 4.070

Total 31.691

Comme vous pouvez le voir M. le Préfet, je ne demande et je n’ai jamais eu l’intention de demander ni à la fabrique, ni à la commune, ni au département, ni au gouvernement. J’espère, même ne jamais avoir à leur demander. Si on me laisse un peu les coudées franches  et si vous voulez bien m’accorder une autorisation de confiance pour exécuter le projet en question sous la responsabilité du dit M. Brusson, qui non seulement s’engage à faire sans aucun bénéfice pour lui, tous les travaux qui concernent son état, mais qui a souscrit encore pour mille francs. Autrement dit je demande qu’il n’y ait point d’adjudication pour les dits travaux et que M. Brusson en ait la direction exclusive par voie de régie

Quant aux 27.621 frs on l’exige, je déclarerai par acte public que le dépôt en est effectué entre mes mains, m’engageant à l’employer à la reconstruction de l’Eglise de Villemur, conformément au plan dressé par M. Esquié, architecte du département.

L’emploi des dits fonds reçus ou à recevoir, serait contrôlé par une commission de 6 membres pris par égale portion dans le conseil municipal et le conseil de fabrique, comme aussi les travaux pourraient être visités par un envoyé de M. le Préfet.

Si je demande pour cette entreprise la voie de régie, c’est :

1° pour avancer en besogne

2° parce que l’ayant employée pour les établissements de Villemur, les dépenses se sont portées par ce mode d’exécution, à un tiers de moins qu’elle ne l’eussent été par adjudication. Je me souviens qu’étant desservant de Tournefeuille en 1822, je fis faire un devis pour réparer la toiture de l’église qui menaçait ruine. Les dépenses montaient d’après le devis à 2.000 fr . Je fis faire moi-même cette réparation à la journée. Elle ne coûta que 600 fr.

Si l’on veut bien acquiescer à ma demande, je ne crois pas être téméraire en avançant que, dans la construction projetée, nous irons plus loin que nous ne pensons. Incontestablement d’autres sommes déjà promises arriveront, j’en ai la certitude fondée. De plus, les personnes qui n’ont pu donner de l’argent, ont souscrit pour des journées, chaux, briques et sable, la manoevrerie se réduira à bien peu de choses.

Déjà sans chauffer la matière, elle a produit en réalité plus de 27 mille francs , que sera-ce quand les fers seront au feu.

Pardon, M. le Préfet, vous voudrez bien, j’en ai la confiance excuser la longueur de ma lettre et combler les vœux d’un prêtre qui désire ardemment, après 37 ans de ministère assez pénible faire quelques sacrifices pour donner à Dieu un temple moins indigne de lui.

Si j’ai tant insisté pour obtenir l’autorisation que je sollicite auprès de vous, c’est que l’occasion pour réaliser l’importante entreprise projetée, me paraît on ne peut plus favorable ; jamais peut-être, elle ne se représentera, tandis que un accueil bienveillant de votre part comblera les désirs d’un bon peuple, nous mettre à  même de mieux bénir le Seigneur et de prier pour tous ceux qui auront contribué à cette bonne œuvre … »

 

En vous priant Monseigneur d’autoriser le local ci-dessus désigné pour servir provisoirement d’église et de patronner au besoin notre projet de reconstruction, j’ai l’honneur de vous dire que M. le maire de Villemur se transporte chez M. le Préfet deux ou trois jours après que je lui eus adressé ma lettre et que ce magistrat parut prendre  en considération les explications que je lui avais données. Ce fut lui-même qui indiqua la nouvelle marche à suivre, pour activer la nouvelle réalisation du projet

« s’il me couste, dit-il, qu’il y ait urgence que l’église actuelle soit abandonnée pour cause d’insolidité et que Monseigneur l’Archevêque appuie la demande de reconstruction, il ne faudra pas recourir au Gouvernement et l’affaire restera exclusivement dans mes attributions ; à Paris on ne dispense pas des devis ni d’aucune adjudication régulière »

M. le Préfet me paraît donc assez bien disposé. Mais je crains que M. Martineau, chef de la 2° division des Bureaux de la Préfecture – c’est un terrible et redoutable et intraitable formaliste, il m’a bien souvent fait suer, non pas du sang, mais de l’eau pour la confection des nombreux dossiers, qu’il ne cessait de me réclamer, lorsque je m’occupais des établissements de Villemur. Je n’aurai pas actuellement le même courage et la même constance d’alors, car je renoncerais à mon projet.

J’ai remis à M. le maire de Villemur une double copie de la délibération du conseil de fabrique ci-jointe. S’il fallait, pour activer les formalités que M. le Préfet exigera, que l’église actuelle fut interdite, j’aurais l’honneur  d’en informer votre Grandeur en temps utile.

En m’accordant l’autorisation de célébrer dans le nouveau local les offices divins, etc… veuillez me laisser une certaine latitude du rez-de-chaussée. Il me faudra porter les classes au 1er étage et disposer le tout  aussi bien que possible, ce qui demandera du temps. D’ailleurs, je pense qu’il serait bon de ne rien toucher, avant de voir un peu clair dans la nouvelle tournure que prendront les choses à la Préfecture.

Enfin, si votre Grandeur se trouve dans les dispositions prises, des obstacles que je n’ai pas su prévoir ou quelque irrégularité qui pourrait en arrêter les bons résultats, je lui serai très reconnaissant de me les indiquer, me faisant un devoir de les mettre à profit au dmeurant.
Je suis bien loin de croire que j’ai tout prévu. Plusieurs incidents surgiront sans doute et des difficultés ne manqueront pas de se produire. Mais, les bonnes œuvres sont souvent celles qui sont les plus éprouvées. Si cette consécration leur manquait, elles ne porteraient pas le cachet qui les fait bénir du ciel.

En recommandant à votre honorable patronage, celle que je désire conduire à bonne fin, je prie Votre Grandeur de vouloir bien agréer l’expression du profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être Monseigneur, votre très humble  et très obéissant serviteur.

Fieuzet, curé de Villemur.

 

16 février 1857

Brouillon de lettre à M. le Préfet ; s’agit-il d’une lettre de l’Evêque ?

J’ai l’honneur d’appeler votre attention sur un projet qui intéresse vivement la paroisse de Villemur : l’église de cette paroisse, comme vous le savez est malsaine, peu convenable et insuffisante pour la population. Il n’ y a qu’une vois pour reconnaître la nécessité de reconstruire ou du moins d’agrandi r cet édifice, mais l’exécution de ce projet demande des ressources considérables . La commune n’en a que de très restreintes et entièrement insuffisantes. Affligé par cet état de choses, le curé de la paroisse, M. l’abbé Fieuzet, qui est un prêtre riche, zélé, généreux et qui a doté en grande partie à ses frais la commune d’un double établissement de frères et de sœurs, voués à l’enseignement …se présente et demande à s’occuper du projet de restauration et d’agrandissement de l’ église. Il offre de se concerter avec M. le maire, de se mettre à la tête de l’entreprise et d’en assurer l’exécution soit avec ses propres ressources, soit avec celles qu’il pourra se procurer . Mais il met pour condition à son offre , qu’il ne sera pas obligé d’observer toutes les formalités prescrites en pareil cas, et qu’il sera autorisé par nous à faire exécuter en régie tous les travaux nécessaires. Je conçois qu’une offre semblable puisse au premier coup d’œil exciter quelques défiances, mais elles sont bientôt désarmées quand on connaît M. l’abbé Fieuzet, son zèle, sa maturité, sa générosité, quand on sait ce qu’il a déjà fait pour le bien de sa paroisse.

Pour moi, M. le Préfet, sans connaître autrement que d’une manière très vague les projets de ce vénérable curé. Je suis bien aise de vous dire que je leur donne d’avance mon approbation et que je verrai avec plaisir qu’il vous soit possible de les seconder. Je suis convaincu qu’ils seront couronnés par le succès …..

Une partie est biffée (italique, brun), remplacée par :

Qui a voulu y apporter un remède. Il n’a pas hésité à vous manifester le vif désir qu’il éprouve de contribuer à une œuvre  si belle et si utile à la Religion et il vous a communiqué ses projets. Ce désir ne m’étonne pas de la part d’un pasteur zélé, riche, généreux, qui a déjà doté, en grande partie à ses frais la commune, d’un double établissement de frères et de sœurs voués à l’enseignement de la jeunesse et au soin des pauvres. Il lui donne de nouveaux droits à mon estime et à la reconnaissance des paroissiens. Pour moi (suite comme ci-dessus)

 

17 mai 1859, lettre de la préfecture, reconstruction de l’église, demande de secours,à Mgr.l’Archevêque.

Monseigneur,

J’ai l’honneur de vous transmettre ci-joint le dossier d’une demande formée de la commune de Villemur dans le but d’obtenir un secours de 24384 fr. destiné à couvrir avec d’autres ressources à la dépense des travaux de reconstruction de son Eglise paroissiale.

Je prie votre grandeur de vouloir bien examiner cette demande et de me renvoyer le dossier le plutôt possible avec son avis sur le secours demandé.

Veuillez agréer

 

31 juillet 1862, Préfecture de la HG 2° division – secrétariat Général  à Mgr l’archevêque concernant la demande de la fabrique  d’autorisation d’aliéner une rente de 111 fr sur l’Etat et d’en employer le capital au paiement de la soulte due au trésor à  raison de la conversion et à la dépense des travaux projetés à l’église

Note  dépêche transmise  à M. le curé le 4 septembre 1862

 

17 octobre 1862, Préfecture de la HG 2° division – secrétariat Général  à Mgr l’archevêque concernant la demande de la fabrique  d’autorisation d’aliéner une rente de 111 fr sur l’Etat et d’en employer le capital au paiement de la soulte due au trésor à  raison de la conversion et à la dépense des travaux projetés à l’église

Note – écrit à M. le curé le 20 octobre 1862

 

11 mars 1863, Préfecture de la HG 2° division à Mgr l’archevêque

L’emploi du produit de la  vente de cette rente Melle de Vacquié  partie remboursement de la soulte due au trésor à raison de la conversion d’autre rente et le surplus au paiement des travaux effectués à cette église

 

7 décembre 1863 – le Curé  Robert à Monseigneur

J’ai l’honneur d’envoyer à Votre Grandeur les titres des vicaires Collion er Sabatié  et de la prier de proroger leur pouvoir. J’ai l’honneur de solliciter de votre grandeur l’autorisation d’ériger dans mon église le chemin de croix, déjà existant au cas qu’il ait perdu sa bénédiction par la démolition de l’ancienne église dans laquelle il était établi ;

L’autorisation d’ériger dans la chapelle de la congrégation des filles de Villemur le chemin de croix  afin que ces filles puissent gagner les indulgences qui y sont attachées, lorsqu’elles pratiqueront l’exercice du chemin de croix dans leur chapelle

Daignez agréer.

 

 

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1382

 

Dans les registres de Me Bertrand de Cans de Toulouse [découvert par Jean Contrasty]

Le 18 aout 1382 Jean Maurin s’obligeait vis-à-vis de Pierre Mélet, prêtre demeurant à Toulouse, originaire de Villemur, à construire jusqu’à complet achèvement le chevet de l’Eglise Saint Michel, conformément au plan d’une église dédiée à St Jean, érigée en ce même lieu. IL était stipulé que le nouvel édifice serait plus large de demi brasse et plus élevé en proposition. Pierre Mélet fournit ciment, charpente, cintres, ferrures, plomb, pierres gafonnières pour le scellement des gonds et la clef du ciborium (ici notre  Lestrade, il s’agit du point central du chevet où viennent se grouper les arcs de la voûte). Il ferait aiguiser les outils et ferait creuser les fondements, mais ceci sous l’expresse surveillance du maître d’œuvres. Un immeuble avec 2 lits serait tenu à la disposition de J. Maurin et de ses serviteurs. Pierre Mélet restait chargé d’ approvisionner d’eau les constructeurs pour fabriquer le mortier et ‘’éteindre la chaux’’. Le sanctuaire achevé on devait dresser trois autels de brique. Délai accordé, un an à partir de la Toussaint prochaine. Prix : 300 fr d’or payables, 100 fr immédiatement, 100 fr dés que la maçonnerie atteindrait l’emplacement réservé aux chapiteaux, 100 fr dés que se dessineraient les ogives de la voûte. Sauf les ‘’pierres gaffonnières’’ pour scellements,  l’entière construction admettait la seule brique plane, à la voûte comme aux murs. Pour ce motif le 29 août 1382, Jacques Bonaud et Jacques Dupuy promettaient à J. Maurin 8.000 briques au pris de 28 florins d’or, aussitôt payés, avec engagements de fournir en temps opportun, le reste des briques nécessaires.

 

Présentation par Jean Lestrade de deux artistes toulousains du XIV°: les frères Jacques et Jean Maurin

Revue Historique de Toulouse janvier 1922, p. 10 (Lestrade) et actes en lation produits par Contrasty p.17-18.

 

L’église de Villemur a fait l’objet d’une publication d’une brochure

« Les églises de Villemur sur Tarn »

éditée par l’Association des Amis de Villemur Historique, 2007

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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