VILLEMUR   



 

 

VILLEMUR

 

                                                                        photo crédit paroisse Villemur

 

  

« Patrimoine des communes de la Haute Garonne »

M-P  Flohic éditions, tome 2, 2000

Archives diocésaines  (2008)

 

Le premier édifice construit à l’emplacement actuel est dédié à St Jean, amis jugée trop petite l’église subit des transformations. A la fin du XIV0 elle est reconstruite dans le style gothique, selon les plans de Jean Maurin. Les guerres de religion la détruisent en partie et l’évêque de Montauban dont dépend Villemur reçoit un arrêté concernant l’état de l’église de Villemur.

 

En 1856, le projet de construction d’une nouvelle église prése,nté par lr curé Fieuzet est adopté. Les travaux commencent, en 1857, sous la direction de l’architecte départemental Pierre Esquié. Brusson aîné chargé de la construction termine la nef et le chœur en 1856. Sous l’égide du curé Robert se termine l’aménagement de la nef et l’édification du clocher en 1875.

 

Le cul-de-four [voûte qui a la forme d'une moitié de coupole] de l’abside peinte par Bénézet (1835-1897) fait l’objet d’un contrat signé en mai 1862. Cette peinture murale traite

-         du combat des bons anges contre les rebelles mettant  en valeur St Michel,

-         des scènes de la création

-         le sermon sur la montagne (en dessous)

deux panneaux sur le côté, se faisant face :

-         la chute du paganisme

-         le triomphe de l'Evangile 

Eglise du XIX° - 1857-1859

*Bénédiction de la 1ère pierre

le 24 juin 1857

* Bénédiction  de l’église

le 2 juin 1859 (Ascension) [devant être consacrée plus tard] par Mgr. Mioland  qui décédera subitement le 16 juillet 1859,  présents M. Roger vg, François Fieuzet, curé, Antoine Brusson maire.

* Consécration de l'église

le mardi 3 novembre 1863 par Mgr Desprez. 

 

voir  le récit de ces évènements

sur cette même page, ci-dessous.

 

 

 paroisse

Diocèse

 civil

(au sein des Sénéchaussées)

Diocèse ecclésiastique

avant 1803

(Evêché)

 

Saint Patron

Patronage

Possession de

VILLEMUR

 

MONTAUBAN

MONTAUBAN

St Michel

 

Eglise St Michel :

 l'évêque de Montauban partageant la dîme avec le curé et le chapître St Etienne de Toulouse

(cf Bullet. arch. T-G 1913 p. 117)

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Ancienne

 église St Jean:

[évêque de Montauban]

 

 paroisse

Diocèse

 Civil

(au sein des Sénéchaussées)

Diocèse ecclésiastique

avant 1803

 

Saint Patron

Patronnage

Possession de

Stes ECARIETTES

Annexe de Villemur

 

MONTAUBAN

MONTAUBAN

Annexe de Villemur

 

 Chapitre St Etienne Toulouse

[3/4 dîme]

 

 

 

Quelques repères

concernant l'église Saint-Michel

 

Cette présentation historique reprend – avec quelques additions – celle qui fut éditée dans un dépliant  par  l’office du Tourisme de Villemur, à partir des éléments rassemblés par Marcel Peyre dans « Villemur du passé au présent. ».  

 

Cet édifice religieux est le quatrième sanctuaire construit en ce lieu même .

 

La première église, dont on ne sait rien était consacrée à St jean. Devenue trop petite, elle fut transformée puis en grande partie reconstruite à la fin du XIV°' siècle et placée sous la protection de St Michel.

 

Jean Maurin, maître d'œuvre  de cette nouvelle église était un artiste prestigieux qui fit d'importants travaux aux  Jacobins de Toulouse ? 

 

Au cours des guerres de religions, L’église eut beaucoup à souffrir. Mutilée au cours des combats saccagée par les huguenots, elle fut fermée au culte pendant plusieurs décennies.

 

A la renaissance du catholicisme, l’état de délabrement de l'église nécessita de nouveaux travaux qui débutèrent en 1615. Cette reconstruction fut entreprise par étapes, sans plan préalable, avec des moyens insuffisants

 

Un tel édifice ne pouvait défier les siècles.

 

En 1856 la reconstruction s'impose aussi pour une autre raison : c'est que l'église est devenue trop petite pour une paroisse en pleine expansion démographique. Cette année là, la reconstruction d'une église nouvelle à la place de l'ancienne est décidée. Le projet, cher au curé-doyen Fieuzet, curé de la paroisse depuis 1834, va   enfin se réaliser.

 

On compte seulement sur les dons et offrandes des paroissiens pour, en un premier temps, édifier les murs extérieurs et poser la couverture.

 

Un nouveau local affecté provisoirement au culte est aménagé en un temps record à l’hospice St Jacques Greniers du Roy). Les services religieux sont assurés avec la même pompe par M. le curé assisté par ses trois vicaires. Le service d'ordre comprend un suisse, deux sacristains et un bedeau.

 

La construction de la nouvelle église commence en 1857 sous la direction de l'architecte départemental Pierre Esquié que l’on dit avoir des ascendances villemuriennes ; M. Brusson aîné entrepreneur, est chargé de la construction Malgré des moyens financiers limités, le gros oeuvre de l'édifice, en deux ans, sera en place. De mai 1857 à juillet 1859, furent construits, le chœur  les murs extérieurs de la nef et le toit.

 

Les donateurs furent nombreux  Les humbles contribuent à la construction de l'église, en journées de travail ou par des dons en nature, notamment des gerbes de blé.

 

En juillet 1859 fut célébrée la première messe par M. le curé Fieuzet peu de temps avant sa mort (août 1859). L'église n'étant pas encore terminée, c’est au curé Robert, son successeur, qu'incombera la charge de terminer l’édifice.

 

La pose des vitraux et la construction de la voûte furent les prochains travaux.

En 1862 un lustre central est installé au-dessus du chœur.

 

Il reste à décorer les murs du chœur. On fait appel à un peintre toulousain célèbre: Bernard Bénézet, auteur de très belles peintures murales des églises , du Taur et de St Nicolas.

 

Le maître autel tout de marbre et d'onyx oeuvre du sculpteur toulousain Sicardou, est mis en place en 1863. Le curé doyen et ses conseillers croient bien faire en surmontant ce maître autel d'un immense ciborium qui  masque en grande partie les peintures du chœur. Furieux, le peintre Bénézet défigure les personnages à qui il avait donné les traits de certains villemuriens. Il les remplace par d'autres personnages peu flatteurs. Il faut attendre le milieu de ce siècle pour que le curé Mittou parvienne à enlever le ciborium permettant de découvrir l’œuvre  de Bénézet.  En 1863 l'aménagement intérieur de l'église est complété par un lambris de boiserie placé autour du chœur, il est l’œuvre  d'un artisan villemurien Gourdou.

 

Le clocher est édifié en 1875 il reçoit la grosse cloche appelée "le souc" (le billot). C'est la pièce la plus ancienne du monument car elle provient de l'église précédente ainsi que la cloche plus petite qui aurait été refondue en 1874. Deux cloches nouvelles viennent prendre place entre ces deux ancêtres : l'une Augustine , don des fabriciens, l'autre Marquise, offerte par les fidèles. La grande cloche, baptisée Germaine sera mise en service en 1892.

 

M. François Mayzen, successeur de M. Mittou, réalisa l’aménagement du sanctuaire, conformément aux normes liturgiques de Vatican II (autel en fer forgé, en marbre ensuite).

 

Le Père Philippe Bachet, chargé de la paroisse fit restaurer l’orgue de Maurice Puget. La restauration a été effectuée par Gérard Bancells. L’instrument rénové fût inauguré  le dimanche 17 février 2008 en présence de Mgr Hervé Gaschignard, évêque auxiliaire de Toulouse [nouvellement ordonné, le 6 janvier], de M. Fauré, maire de Villemur et d’élus. Mgr Gaschignard fût reçu à la mairie où lui fut remise la médaille de la ville. Un concert fut donné l’après-midi par M. Stéphane Bois. On ne peut oublier que Villemur est la patrie de M. joseph Darasse dont le fils Xavier fut un musicien, organiste et   compositeur de renom[1]. C’est Xavier Darasse qui le 18 juin 1961 avait inauguré solennellement le nouvel instrument créée pour l’église de Villemur (1960).

 

          Lien site Réussir Villemur-Historique  CLIC  (maquettes - les Amis du Vieux Villemur Historique)

               et  Office duTourisme Villemur - CLIC

                



[1] Directeur du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris 1991-1992. En 1966, il avait créé la classe d’orgue du Conservatoire de Toulouse.

 

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 Consécration de la nouvelle église le mardi 3 novembre 1863

 

 

On nous écrit de Villemur :

Notre ville vient d’avoir une magnifique fête [NDLR 3 novembre 1863], celle de la consécration de son église. La population attendait avec impatience ce jour, que Mgr l’archevêque lui avait promis lors de sa visite pastorale [NDLR : le dimanche 15 mars 1863].
Toujours digne de sa religion et fidèle à son antique piété, cette paroisse  a voulu être à la hauteur des touchantes cérémonies et des riches bénédictions qui devaient embellir son temple. Cette maison de Dieu avait été admirablement préparée par le talent de l’architecte Esquié et par le pinceau de M. Bénézet, qui ont dignement répondu aux généreux sacrifices des habitants de Villemur. On peut dire que les onctions sacrées ont trouvé des murs dignes d’elles, et que les bénédictions du Pontife sont tombées dans un sanctuaire dont la richesse ferait envie aux grandes cités. On a remarqué surtout le maître autel et les sculptures de son ciborium tout en marbre, œuvre de M. Sicardou de Toulouse.
La veille de cette fête, Mgr l’archevêque fut reçu aux portes de la ville par la population tout entière et accompagnée triomphalement à l’Eglise, au milieu des chants de joie. Sa grandeur a été complimentée par M. le curé-doyen, et lui a elle-même adressé quelques paroles pleines d’à-propos.

Un grand nombre de prêtres et de laïques du voisinage s’étaient rendus à la solennité. On remarquait, parmi ces derniers, M. Gasc, conseiller d’Etat. Le sermon a été prêché par le R.P. Vert, prêtre du Sacré-Cœur de la maison de Toulouse.

Semaine catholique de Toulouse – 1863 – p. 413

 

 

Bénédiction de l'église le 2 juin 1859 

 

2  juin 1859 - Bénédiction de l’Eglise de Villemur

 

L’an de grâce et le deuxième jour du mois de juin, fête de l’Ascension, notre nouvelle Eglise dont la première pierre avait été posée le jour de St Jean 1857, après la démolition totale de l’ancienne, fut reconstruite en entier, par la charité des fidèles, et par le zèle et le dévouement de M. Brusson aîné, Maire de Villemur, sur l’assise de la vieille dans l’ espace de 67 semaines de travail, sans y comprendre la saison des 2 hivers précédents. Elle se compose de 4.600 mètres cubes de maçonnerie, toute à chaux et à sable, ayant coûté 43.000 francs sauf les voûtes, le clocher et l’ornementation qui doivent se faire plus tard. L’église n’étant encore carrelée, qu’avec du mortier de béton, ne fut point consacrée, elle fut seulement bénie par Monseigneur Jean Marie Mioland assisté de M. Roger Vicaire Général et Jean François Fieuzet, curé-doyen de Villemur.

 

Après cette cérémonie, Mgr qui était arrivé la veille, dit la sainte messe à 8 heures, et administra le sacrement de confirmation à 180 personnes qui avaient fait en grande partie quelques jours auparavant la première communion. Monseigneur se proposait de venir consacrer plus tard notre Eglise, lorsque une mort presque subite et prématurée vint l’enlever au diocèse de Toulouse et à notre affection le 16 juillet 1859.

En foi de quoi les jour, mois et an que dessus.

 

 5 juin 1859 : Premier baptême célébré dans la nouvelle église : Anne Pélissier

13 juin 1859 : Premier mariage célébré dans la nouvelle église : Pierre Maux et Jeanne Gay.

 

 

 

Bénédiction de la première pierre de la nouvelle église

24 juin 1857

 

 

24 juin 1857 - Bénédiction de la première pierre de l’église de Villemur

Bénédiction et pose de la première pierre de l’Eglise St Michel de Villemur.

L’an de grâce mil huit cent cinquante sept, et le vingt quatre du mois de juin, fête de Saint Jean Baptiste, sous le glorieux pontificat de notre Saint-Père le Pape Pie IX et sous le règne de l’empereur Napoléon III, Nous Jean François Fieuzet, curé-doyen de Villemur, diocèse, archidiaconé et archiprêtré  de Toulouse, délégué par Monseigneur Jean Marie Mioland, Archevêque, à l’effet de bénit et de poser la première pierre de la nouvelle église à construire sur l’emplacement de l’ancienne qui menaçait de s’écrouler, pour nous conformer aux cérémonies prescrites en pareil cas par le rituel, avons commencé par planter la veille à l’endroit où doit être établi le maître-autel une croix de bois, tout en nous rendant en procession au lieu où devait être béni le feu de la Saint-Jean, puis le susdit jour vingt quatre juin, quatre hommes portant une plaque de marbre blanc formant un carré de 50 cm, ayant une croix gravée aux 4 angles avec cette inscription :

 

            « bâtie en juin 1857

             sous l’invocation de St Michel

           Curé Jean François Fieuzet

           Maire, Antoine Brusson »

 

Accompagnés des Autorités de la ville, des membres composant le Conseil Municipal et le Conseil de Fabrique, nous sommes partis processionnellement à 9 heures du matin de l’église provisoire pour nous rendre devant la croix de bois plantée le jour précédent. Là, après avoirt chanté le psaume quam dilecta tabernacula …avoir jeté de l’eau bénite sur le lieu où la croix était placée et chanté l’oraison pour bénir l’emplacement choisi pour la construction de la nouvelle église, nous nous sommes rendus aux fondations creusées pour le clocher, nous avons béni la susdite plaque de marbre, devant servir de première pierre et nous l’avons placé au milieu des dites fondations en y déposant une médaille de l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge, une pièce de Cinq francs à l’effigie de Napoléon III, de deux francs, d’un franc, de cinquante centimes, de vingt, de dix, de cinq, de deux, et d’un centime, recouvrant le tout d’une autre pierre d’égale dimension.

 

Ensuite, nous avons béni les fondations ouvertes en les aspergeant d’eau bénite, pendant qu’on chantait en chœur  le psaume  85 fundamenta ejus…l’aspersion terminée, nous nous sommes rendus devant la croix où nous avons chanté les versets, répons et oraisons marqués dans le rituel.

 

Lecture faite, séance tenante, du présent procès-verbal, les autorités et autres membres ci-dessus désignées l’ont signé avec nous et nos vicaires. Après nous sommes rentrés dans le même ordre dans notre église provisoire en chantant le Te deum.

Fait à Villemur,les jour, mois, an que dessus.

Brusson, maire (en tout une cinquantaine de signatures – dont le curé du Born)

 

 

 

Un orgue à Villemur au XVI°

 

1556 vit un orgue trouver place dans l’église de Villemur.

C’est un événement marquant dans l’histoire de la cité.

Il témoigne d’une approche nouvelle de la liturgie et de la musique sacrée,

comme aussi d’une manière dont la ville de Villemur se considère et se met en scène

dans un espace  « culturel » nouveau par rapport aux autres villes de la région toulousaine,  albigeoise ou montalbanaise.

 

 

Orgue de Villemur

 

1556 en le 8 juillet André de la Costure compositeur d’orgues à Galan ?? en Comenge a confessé avoir passé marché  en commande sur serment avec monsieur Vaissié consul-connu et Simon Godinelle rendu de la ville de Villemur au diocèse de Montauban …jurant et arguant de leur jeu bien en discours et payant dans 6 semaines prochaines venant  la trompe que concerne - premièrement 3 portenom pour le bon jeux des flûtes en leurs orgues de l’eglise de Villemur aménagée,   requierent :  plus ? fer au jeu de  timbales d’étain et l’orbe souscelle de tout orgue en nature d’accord aucun prix si le besoin en est possible - en le  couvert leur tournerons plus haut 2 leviers en dessus 7/12 ?? pour nettoyage et réparations – si ordre boucherons ? ? 28 d’étain et 18 de plomb pour faire es jeux de timbale et régler ?? les anches plus que moins mauvais sur orgue et elles auront ? taille en réduction 12 ou 10 seulement et le reste payerons comme continuera le besoin coupelles et échassier par Albert dans les 6 semaines, ce jour le frère Pierre … faisons,

….Despumette de Este demeurant à Borbone (houlborne) de Sougre à Carbonne,

 Lev de La Costure, Pierre et Mathurin Cosin de Villemur et Johan Rabineau etc 

Sources : relevé d’un chercheur, AD  Haute-Garonne – copie aimablement communiquée par M. Sengès

 

 

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   Correspondance au sujet de l'église 

 

29 décembre 1856

Lettre à Mgr l’archevêque, Monseigneur

J’ai l’honneur d’adresser à votre grandeur copie d’une délibération du conseil de fabrique de l’église de Villemur, demandant l’autorisation de célébrer jusqu’à nouvel ordre dans un autre local les offices divins et d’y faire ce qui se rattache au service paroissial, il s’agit du rez de chaussée de l’hôpital qui, indépendamment de trois ou quatre pièces occupées par les sœurs, permettre  de donner au public un espace d’environ 30 m de longueur sur 10 de largeur, soit 300 m2

Pour vous fixer un peu, Mgr, sur notre projet de reconstruction de l’Eglise, permettez-moi d’entrer dans quels détails. Déjà M. le maire avait commencé de s’occuper de cette affaire à la Préfecture et avait envoyé avec le plan de l’église projetée, un dossier qui s’est trouvé de beaucoup incomplet. On devait s’y attendre. Mais dans le renvoi de ce dernier à M. le maire, il était facile de voir, par la lettre de M. lke Préfet qui l’accompagnait, qu’il fallait à peu près renoncerà cette entreprise, ou du moins subir une kyrielle de formalités interminables ou de dossiers qui finiraient par la renvoyer aux calandes grecques. Alors, je me déterminai, il y a 15 jours à écrire à M. le Préfet la lettre suivante dont je vous prie de vouloir bien prendre connaissance.

 

M. le Préfet

Depuis bientôt 24 ans que je suis curé de Villemur, une pensée n’ a cessé de me préoccuper : la reconstruction de l’église qui est loin d’être proportionnée à la population de ce lieu et qui blesse, en outre, son esprit religieux…il est vrai aussi de dire, qu’élevée tout au plus de 9 mètres, elle n’offre nullement les conditions de salubrité qu’exige l’agglomération considérable, des personnes qui s’y réunissent. Aussi, n’est-il pas rare, surtout en été, que de nombreux accidents ne s’y produisent. Plusieurs Préfets qui l’ont vue ont été surpris que Villemur eut une église si pauvre et si chétive.

Diverses raisons m’ont empêché jusqu’ici de réaliser le vœu  de mes paroissiens, le déplacement de l’église que j’ai cru longtemps nécessaire, par suite l’augmentation des dépenses et puis surtout, l’exiguïté des ressources… Villemur – comme tout le monde sait – est un pays pauvre quoique les habitants soient très laborieux.

Mais examinant les choses de plus près, je me suis convaincu qu’en conservant l’emplacement de l’église actuelle, et convertissant en nef une grande partie des chapelles existantes, la nouvelle église serait notablement agrandie.

Voilà ce me semble une grande difficulté levée, je veux dire celle qui résulterait du transfert de l’église dans un autre endroit, moyen tout à fait impraticable par les frais trop dispendieux qu’entraîne l’expropriation des maisons dont l’achat deviendrait nécessaire.

Quant à celui que j’ai l’honneur de proposer et de recommander à votre haute bienveillance, il ne me paraît pas irréalisable, bien loin de là, je le crois dans l’espèce, seul possible. Nous l’avons étudié M. le maire et moi, et nous nous sommes rencontrés, soit pour la manière de voir, soit pour le mode d’exécution.

Après avoir doté la commune de Villemur de trois établissements charitables, qui fonctionnent à la grande satisfaction de tous, pour le plus grand bien et qui ne lui ont presque rien coûté, je ne désire qu’une chose, de lui procurer uine Eglise co,nvenable, je pourrais presque dire de première nécessité.

Il ne s’agirait pas M. le Préfet pour le moment d’exécuter le projet en question dans son intégrité, mais seulement de bâtir et de couvrir les murailles d’une Eglise de manière à pouvoir ensuite, dans un temps plus ou moins rapproché y jeter une voûte.

Certainement, lorsque je suis arrivé à Villemur, si j’avais trouvé une telle église, je l’aurais depuis longtemps terminée. Les trois établissements fondés à Villemur ont coûté plus de 50.000 fr y compris l’appropriation des locaux, les frais de premier établissement, le matériel, le mobilier et les autres accessoires.

Les immeubles seuls figurent pour 24.000 fr. La commune n’est intervenu dans tout cela  que pour 6.700 fr, produit de la vente d’un lopin de terre et d’une vieille maure ayant appartenu à un ancien hôpital actuellement rétabli.

Si vous me demandez comment nous pensons pouvoir construire les murailles et la toiture de l’Eglise sauf le clocher et la voûte réservés pour une autre campagne , le voici :

D’après le relevé des m3 de maçonnerie, y compris le couvert de l’Eglise, fait par M. Brusson, entrepreneur de travaux publics et maire de Villemur, les frais se portent de 31 à 32.000 fr

J’ai, à peu près, entre les mains et en espèces cette somme qui se compose, ainsi qu’il suit :

1° de dons faits par plusieurs personnes : 6 .621

2° de mille francs qui m’ont été remis pour bonnes œuvres 1.000 fr

3° de 20.000 fr que je servirai au fur et à mesure que les travaux s’exécuteront

soit donc espèces : 27.621

Je ne comprends pas dans cette somme les souscriptions qui jusqu’à ce jour se portent à 4.070

Total 31.691

Comme vous pouvez le voir M. le Préfet, je ne demande et je n’ai jamais eu l’intention de demander ni à la fabrique, ni à la commune, ni au département, ni au gouvernement. J’espère, même ne jamais avoir à leur demander. Si on me laisse un peu les coudées franches  et si vous voulez bien m’accorder une autorisation de confiance pour exécuter le projet en question sous la responsabilité du dit M. Brusson, qui non seulement s’engage à faire sans aucun bénéfice pour lui, tous les travaux qui concernent son état, mais qui a souscrit encore pour mille francs. Autrement dit je demande qu’il n’y ait point d’adjudication pour les dits travaux et que M. Brusson en ait la direction exclusive par voie de régie

Quant aux 27.621 frs on l’exige, je déclarerai par acte public que le dépôt en est effectué entre mes mains, m’engageant à l’employer à la reconstruction de l’Eglise de Villemur, conformément au plan dressé par M. Esquié, architecte du département.

L’emploi des dits fonds reçus ou à recevoir, serait contrôlé par une commission de 6 membres pris par égale portion dans le conseil municipal et le conseil de fabrique, comme aussi les travaux pourraient être visités par un envoyé de M. le Préfet.

Si je demande pour cette entreprise la voie de régie, c’est :

1° pour avancer en besogne

2° parce que l’ayant employée pour les établissements de Villemur, les dépenses se sont portées par ce mode d’exécution, à un tiers de moins qu’elle ne l’eussent été par adjudication. Je me souviens qu’étant desservant de Tournefeuille en 1822, je fis faire un devis pour réparer la toiture de l’église qui menaçait ruine. Les dépenses montaient d’après le devis à 2.000 fr . Je fis faire moi-même cette réparation à la journée. Elle ne coûta que 600 fr.

Si l’on veut bien acquiescer à ma demande, je ne crois pas être téméraire en avançant que, dans la construction projetée, nous irons plus loin que nous ne pensons. Incontestablement d’autres sommes déjà promises arriveront, j’en ai la certitude fondée. De plus, les personnes qui n’ont pu donner de l’argent, ont souscrit pour des journées, chaux, briques et sable, la manoevrerie se réduira à bien peu de choses.

Déjà sans chauffer la matière, elle a produit en réalité plus de 27 mille francs , que sera-ce quand les fers seront au feu.

Pardon, M. le Préfet, vous voudrez bien, j’en ai la confiance excuser la longueur de ma lettre et combler les vœux d’un prêtre qui désire ardemment, après 37 ans de ministère assez pénible faire quelques sacrifices pour donner à Dieu un temple moins indigne de lui.

Si j’ai tant insisté pour obtenir l’autorisation que je sollicite auprès de vous, c’est que l’occasion pour réaliser l’importante entreprise projetée, me paraît on ne peut plus favorable ; jamais peut-être, elle ne se représentera, tandis que un accueil bienveillant de votre part comblera les désirs d’un bon peuple, nous mettre à  même de mieux bénir le Seigneur et de prier pour tous ceux qui auront contribué à cette bonne œuvre … »

 

En vous priant Monseigneur d’autoriser le local ci-dessus désigné pour servir provisoirement d’église et de patronner au besoin notre projet de reconstruction, j’ai l’honneur de vous dire que M. le maire de Villemur se transporte chez M. le Préfet deux ou trois jours après que je lui eus adressé ma lettre et que ce magistrat parut prendre  en considération les explications que je lui avais données. Ce fut lui-même qui indiqua la nouvelle marche à suivre, pour activer la nouvelle réalisation du projet

« s’il me couste, dit-il, qu’il y ait urgence que l’église actuelle soit abandonnée pour cause d’insolidité et que Monseigneur l’Archevêque appuie la demande de reconstruction, il ne faudra pas recourir au Gouvernement et l’affaire restera exclusivement dans mes attributions ; à Paris on ne dispense pas des devis ni d’aucune adjudication régulière »

M. le Préfet me paraît donc assez bien disposé. Mais je crains que M. Martineau, chef de la 2° division des Bureaux de la Préfecture – c’est un terrible et redoutable et intraitable formaliste, il m’a bien souvent fait suer, non pas du sang, mais de l’eau pour la confection des nombreux dossiers, qu’il ne cessait de me réclamer, lorsque je m’occupais des établissements de Villemur. Je n’aurai pas actuellement le même courage et la même constance d’alors, car je renoncerais à mon projet.

J’ai remis à M. le maire de Villemur une double copie de la délibération du conseil de fabrique ci-jointe. S’il fallait, pour activer les formalités que M. le Préfet exigera, que l’église actuelle fut interdite, j’aurais l’honneur  d’en informer votre Grandeur en temps utile.

En m’accordant l’autorisation de célébrer dans le nouveau local les offices divins, etc… veuillez me laisser une certaine latitude du rez-de-chaussée. Il me faudra porter les classes au 1er étage et disposer le tout  aussi bien que possible, ce qui demandera du temps. D’ailleurs, je pense qu’il serait bon de ne rien toucher, avant de voir un peu clair dans la nouvelle tournure que prendront les choses à la Préfecture.

Enfin, si votre Grandeur se trouve dans les dispositions prises, des obstacles que je n’ai pas su prévoir ou quelque irrégularité qui pourrait en arrêter les bons résultats, je lui serai très reconnaissant de me les indiquer, me faisant un devoir de les mettre à profit au dmeurant.
Je suis bien loin de croire que j’ai tout prévu. Plusieurs incidents surgiront sans doute et des difficultés ne manqueront pas de se produire. Mais, les bonnes œuvres sont souvent celles qui sont les plus éprouvées. Si cette consécration leur manquait, elles ne porteraient pas le cachet qui les fait bénir du ciel.

En recommandant à votre honorable patronage, celle que je désire conduire à bonne fin, je prie Votre Grandeur de vouloir bien agréer l’expression du profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être Monseigneur, votre très humble  et très obéissant serviteur.

Fieuzet, curé de Villemur.

 

16 février 1857

Brouillon de lettre à M. le Préfet ; s’agit-il d’une lettre de l’Evêque ?

J’ai l’honneur d’appeler votre attention sur un projet qui intéresse vivement la paroisse de Villemur : l’église de cette paroisse, comme vous le savez est malsaine, peu convenable et insuffisante pour la population. Il n’ y a qu’une vois pour reconnaître la nécessité de reconstruire ou du moins d’agrandi r cet édifice, mais l’exécution de ce projet demande des ressources considérables . La commune n’en a que de très restreintes et entièrement insuffisantes. Affligé par cet état de choses, le curé de la paroisse, M. l’abbé Fieuzet, qui est un prêtre riche, zélé, généreux et qui a doté en grande partie à ses frais la commune d’un double établissement de frères et de sœurs, voués à l’enseignement …se présente et demande à s’occuper du projet de restauration et d’agrandissement de l’ église. Il offre de se concerter avec M. le maire, de se mettre à la tête de l’entreprise et d’en assurer l’exécution soit avec ses propres ressources, soit avec celles qu’il pourra se procurer . Mais il met pour condition à son offre , qu’il ne sera pas obligé d’observer toutes les formalités prescrites en pareil cas, et qu’il sera autorisé par nous à faire exécuter en régie tous les travaux nécessaires. Je conçois qu’une offre semblable puisse au premier coup d’œil exciter quelques défiances, mais elles sont bientôt désarmées quand on connaît M. l’abbé Fieuzet, son zèle, sa maturité, sa générosité, quand on sait ce qu’il a déjà fait pour le bien de sa paroisse.

Pour moi, M. le Préfet, sans connaître autrement que d’une manière très vague les projets de ce vénérable curé. Je suis bien aise de vous dire que je leur donne d’avance mon approbation et que je verrai avec plaisir qu’il vous soit possible de les seconder. Je suis convaincu qu’ils seront couronnés par le succès …..

Une partie est biffée (italique, brun), remplacée par :

Qui a voulu y apporter un remède. Il n’a pas hésité à vous manifester le vif désir qu’il éprouve de contribuer à une œuvre  si belle et si utile à la Religion et il vous a communiqué ses projets. Ce désir ne m’étonne pas de la part d’un pasteur zélé, riche, généreux, qui a déjà doté, en grande partie à ses frais la commune, d’un double établissement de frères et de sœurs voués à l’enseignement de la jeunesse et au soin des pauvres. Il lui donne de nouveaux droits à mon estime et à la reconnaissance des paroissiens. Pour moi (suite comme ci-dessus)

 

17 mai 1859, lettre de la préfecture, reconstruction de l’église, demande de secours,à Mgr.l’Archevêque.

Monseigneur,

J’ai l’honneur de vous transmettre ci-joint le dossier d’une demande formée de la commune de Villemur dans le but d’obtenir un secours de 24384 fr. destiné à couvrir avec d’autres ressources à la dépense des travaux de reconstruction de son Eglise paroissiale.

Je prie votre grandeur de vouloir bien examiner cette demande et de me renvoyer le dossier le plutôt possible avec son avis sur le secours demandé.

Veuillez agréer

 

31 juillet 1862, Préfecture de la HG 2° division – secrétariat Général  à Mgr l’archevêque concernant la demande de la fabrique  d’autorisation d’aliéner une rente de 111 fr sur l’Etat et d’en employer le capital au paiement de la soulte due au trésor à  raison de la conversion et à la dépense des travaux projetés à l’église

Note  dépêche transmise  à M. le curé le 4 septembre 1862

 

17 octobre 1862, Préfecture de la HG 2° division – secrétariat Général  à Mgr l’archevêque concernant la demande de la fabrique  d’autorisation d’aliéner une rente de 111 fr sur l’Etat et d’en employer le capital au paiement de la soulte due au trésor à  raison de la conversion et à la dépense des travaux projetés à l’église

Note – écrit à M. le curé le 20 octobre 1862

 

11 mars 1863, Préfecture de la HG 2° division à Mgr l’archevêque

L’emploi du produit de la  vente de cette rente Melle de Vacquié  partie remboursement de la soulte due au trésor à raison de la conversion d’autre rente et le surplus au paiement des travaux effectués à cette église

 

7 décembre 1863 – le Curé  Robert à Monseigneur

J’ai l’honneur d’envoyer à Votre Grandeur les titres des vicaires Collion er Sabatié  et de la prier de proroger leur pouvoir. J’ai l’honneur de solliciter de votre grandeur l’autorisation d’ériger dans mon église le chemin de croix, déjà existant au cas qu’il ait perdu sa bénédiction par la démolition de l’ancienne église dans laquelle il était établi ;

L’autorisation d’ériger dans la chapelle de la congrégation des filles de Villemur le chemin de croix  afin que ces filles puissent gagner les indulgences qui y sont attachées, lorsqu’elles pratiqueront l’exercice du chemin de croix dans leur chapelle

Daignez agréer.

 

 

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1382

 

Dans les registres de Me Bertrand de Cans de Toulouse [découvert par Jean Contrasty]

Le 18 aout 1382 Jean Maurin s’obligeait vis-à-vis de Pierre Mélet, prêtre demeurant à Toulouse, originaire de Villemur, à construire jusqu’à complet achèvement le chevet de l’Eglise Saint Michel, conformément au plan d’une église dédiée à St Jean, érigée en ce même lieu. IL était stipulé que le nouvel édifice serait plus large de demi brasse et plus élevé en proposition. Pierre Mélet fournit ciment, charpente, cintres, ferrures, plomb, pierres gafonnières pour le scellement des gonds et la clef du ciborium (ici notre  Lestrade, il s’agit du point central du chevet où viennent se grouper les arcs de la voûte). Il ferait aiguiser les outils et ferait creuser les fondements, mais ceci sous l’expresse surveillance du maître d’œuvres. Un immeuble avec 2 lits serait tenu à la disposition de J. Maurin et de ses serviteurs. Pierre Mélet restait chargé d’ approvisionner d’eau les constructeurs pour fabriquer le mortier et ‘’éteindre la chaux’’. Le sanctuaire achevé on devait dresser trois autels de brique. Délai accordé, un an à partir de la Toussaint prochaine. Prix : 300 fr d’or payables, 100 fr immédiatement, 100 fr dés que la maçonnerie atteindrait l’emplacement réservé aux chapiteaux, 100 fr dés que se dessineraient les ogives de la voûte. Sauf les ‘’pierres gaffonnières’’ pour scellements,  l’entière construction admettait la seule brique plane, à la voûte comme aux murs. Pour ce motif le 29 août 1382, Jacques Bonaud et Jacques Dupuy promettaient à J. Maurin 8.000 briques au pris de 28 florins d’or, aussitôt payés, avec engagements de fournir en temps opportun, le reste des briques nécessaires.

 

Présentation par Jean Lestrade de deux artistes toulousains du XIV°: les frères Jacques et Jean Maurin

Revue Historique de Toulouse janvier 1922, p. 10 (Lestrade) et actes en lation produits par Contrasty p.17-18.

 

L’église de Villemur a fait l’objet d’une publication d’une brochure

« Les églises de Villemur sur Tarn »

éditée par l’Association des Amis de Villemur Historique, 2007

 

 

 

 

 

  

 


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