VIGUIER   



 

Une famille d'hommes de loi

Les VIGUIER

 

et les trois prêtres Viguier au temps de la révolution

 

Les prêtres Viguier avaient retenu depuis longtemps notre attention, puisque un aïeul Jean Teysseyre en avait caché  deux d’entre eux à l’escalère (Layrac), au temps de le la clandestinité des prêtres réfractaires. La mémoire de ces heures est restée présente, jusqu’à ce jour. Mais qui étaient ces Viguier ? CT

Ils sont originaires de Villemur. Plusieurs membres de cette famille seront prêtres. Deux d’entre eux  seront curé et vicaire à Layrac et La Magdelaine.

Leur nom apparaît lors des  diverses procédures de contrôle de la période révolutionnaire.

- Jean-Baptiste Viguier,  prêtre, né le 20 septembre 1728,  curé de Layrac. Prêtre réfractaire, exerçant clandestinement le culte. Incarcéré en1798, à l’âge de 70 ans. Il est remis en liberté le 19 messidor an VIII 58 juillet 1800]. Le Préfet demande  cependant que soit exercée une surveillance étroite, compte tenu « des renseignements recueillis sur son compte ».

- Jean Gabriel,  prêtre, son frère, né en 1736, vicaire de La Magdelaine. Prêtre réfractaire, en fonction jusqu’au 7 juin 1791. En l’an II, il est déclaré ‘’émigré’’ par la municipalité de

Villemur. Il est trouvé mort, lors d’une visite domiciliaire, il est alors exposé dans une bière dans une rue de la cité, le 2 nivôse an III [22 décembre 1794]. 

- Jean François, prêtre, né le 21 mai1763, prêtre non assermenté, neveu des précédents, « fanatique, dangereux, surpris l’an dernier dans la commune de Buzet où l’on présumait qu’il exerçait le culte où il fut arrêté par la garde nationale, après s’être évadé par une fenêtre et s’étant fracturé la jambe ». Il est arrêté chez Jean Teysseyre de l’Escalère à Layrac, le 28 juillet 1796. Il était prêtre consorciste à Villemur.  En l’an VII, il réside à Villemur ; il est reconnu pour être tranquille. Il est estropié. Après la Révolution, il demeure à Villemur. Jean-François Viguier, fils de Pierre et de Marguerite Ribayrol  prêtre, né le 21 mai 1763, décédé le 29 août 1832 à 20 h à l’âge de 69 ans dans sa maison à Villemur, prêtre surnuméraire en sa qualité d’ancien prêtre. Il est le frère de Jean-Pierre-Louis Viguier, émigré. Comme prêtre consorciste, il n’est pas considéré comme un fonctionnaire, exerçant des fonctions publiques et ne relève donc pas des lois les concernant.

 

une question :

- Jean Baptiste Viguier, dit Malaret, né en 1765, originaire de Villemur, clerc minoré, en 1790, en même temps que Jean Pierre Monnereau. Il a un frère prêtre depuis l’année précédente. En mai 1798, Jean-Baptiste Viguier, est découvert à Toulouse au bas de l’immeuble de Pontié qui vient d’être fouillé. Les policiers somment Viguier et Monnereau de les suivre à la maison commune. Il se dit étudiant en médecine et instituteur chez Pontié, rue Ninau ; il exhibe un congé absolu par l’inspecteur général des équipages des vivres, à Montpellier, 2 ventôse an IV. Il est incarcéré à la Conciergerie, prison de la maison commune de Toulouse. A-t-il été ordonné prêtre ?  Un seul document laisserait supposer que Jean-Baptiste Viguier a été ordonné, mentionnant deux Jean Viguier, neveux de Jean, tous deux prêtres. Nous perdons sa trace et ignorons ce qu’il devient par la suite.

 

Le père de Jean-François et Jean-Baptiste est Pierre Viguier, juge. Parmi les trois autres enfants de celui-ci, il y a Gabriel Marie, dit Mirabel, célibataire, Jean Pierre Marie Louis, dit Renouard. émigré, juge de paix – un de ses fils est prêtre. Tous deux sont régulièrement élus au Conseil de fabrique ; enfin,  une des soeurs épouse Frédéric Malpel, maire (voir famille Malpel).

 

 

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Voici quelques éléments au sujet des VIGUIER

 

1ère  génération

 

Jean-François Viguier, notaire   

Praticien, notaire royal & apostolique, tabellion, garde notes,
successeur de Bertrand Hugonenc, lettre de provision du 11 mai 1725, notaire 1725-1771

Il épouse Jeanne-Marie Hugonenc

 

Ils ont pour enfants :

-         Jean, prêtre, né le 20 septembre 1728, baptisé le 23 septembre – a pour parrain Jean Viguié Paulhac, pour marraine Marie Anne Sabatier de Mascale. Curé de Layrac.    

24 messidor an 3 -  certificat de résidence – « Jean Viguier[1] prêtre ci-devant  curé de layrac 66 ans taille de 5 pieds  un pouce, visage long, bouche moyenne, nez long, et aquilin menton ordinaire, yeux enflammés et châtains, cheveux chatains noirs front large, réside ou a résidé sans interruption dans la commune dudit Villemur, maison appartenant audit Pierre Viguier et à ladite Jeanne Darbieu depuis le mois de septembre 1791 (VS) jusqu’à ce jour ». page 47

« Jean Viguier fils aîné prêtre non assermenté fanatique, dangereux, surpris l’an dernier dans la commune de Buzet où l’on présumait qu’il exerçait le culte où il fut arrêté par la garde nationale, après s’être évadé par une fenêtre ; il est d’ailleurs frère d’émigré et neveu de prêtre réfractaire ».              

  •   « du 6 au 7 floréal an VI  des inconnus coupèrent un arbre de la liberté dans la commune de Layrac. L’enquête fait   apparaître qu’un prêtre septuagénaire exerce clandestinement les  fonctions du culte dans cette commune : selon les autorités il entretient les habitants  dans le fanatisme le plus outré et sa présence porte le trouble dans les familles et le division parmi les citoyens ».
  •  ''Jean Viguier est incarcéré à Toulouse à la fin de prairial an 6 (70 ans)". La vie religieuse en Haute Garonne sous la révolution 1789-1801, Jean-Claude Meyer, p.480         

-         Pierre  ci après

-    Gabriel, né le 7 septembre 1731, baptisé le 9 - parrain : noble Gabriel Murat; marraine : Jeanne Pouderous

-    Gabriel, né le 5 juillet 1735 - baptisé le 6, parrain : Gabriel Agar, Me chirurgien juré, marraine: Claire de Gay, décédé le  12 août 1737 (2 ans)

-        Jean-Gabriel prêtre, vicaire à La Magdelaine - né le 4 août 1736, baptisé le 9 - parrain : Gabriel Gardettes ; marraine :  Marie Viguier, sa soeur 

    

     Le 24 messidor an 3 -  certificat de résidence –«  feu Gabriel prêtre prêtre ci-devant vicaire de La Magdelaine  âgé d’environ 59 ans  réside ou a résidé sans interruption dans la commune dudit Villemur maison appartenant audit Pierre Viguier et à ladite Jeanne Darbieu depuis le mois de juin 1791 (VS) jusque au 1er nivôse de l’an 3 jour de son arrivée dans la maison de la dite Darbieu ainsi qu’il couste du mortuaire qui nous a été exhibé ».

 

 

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2° génération

 

Pierre Viguier, avocat au Parlement et juge de la Vicomté de Villemur,

né vers 1735,  décédé le 21 novembre 1815 à 80 an,

Il épouse Marguerite Ribayrol, née à Montech, fille de  Jean-Pierre et de Anne Boyer,

décédée le 3 juin 1829 à 9 h à 85 ans (née vers  1744).

[avocat au Parlement et juge de la vicomté 1771 & 1776 ; juge 1767 & 1773]

  • Pierre Viguier « juge seigneurial, père d’émigré, père de prêtre réfractaire, frère de prêtre réfractaire, royaliste prononcé, ayant dans plusieurs occasions usé des plus violentes menaces ». Ses biens  : « A villemur : La maison et métairie de Malaret et 15 arpents, 26 razes, 34 boisseaux (estimées 16.440  livres). A Montvalen : Les métairies d’Axea et de Sicard 100 arpents de terre environ (estimées 26.553 livres). Cf Henri  Martin [p.247] qui note à son sujet que son fils Jean-Pierre-Louis est émigré ».
  • Marguerite Ribairol, « femme Viguier, mère d’émigré de prêtre réfractaire, propageant  le fanatisme s’étant constamment déclarée l’ennemi de la république». 

    Pierre Viguier et Margueite Ribayrol ont pour enfants :

-         Jean François, prêtre, né le né le 21 mai 1763 . A son baptême ila pour parrain Me Jean Francois Viguier, et pour marraine, Anne Boyé

    décédé le 29 août 1832 à 20 h à l’âge de 69 ans dans sa maison à Villemur, prêtre surnuméraire en sa qualité d’ancien prêtre.

certificat de résidence [24 messidor an 3] de Jean François Viguier fils de Pierre homme de loi, prêtre 32 ans, taille de 5 pieds 2 pouces visage rond et plein, le front large, bouche et nez bien faits, menton rond, les yeux bleus, cheveux et sourcils châtains  réside ou a résidé sans interruption dans la commune dudit Villemur, maison appartenant audit Pierre Viguier et audit Bertrand Darasse depuis le mois de septembre 1790 (VS) jusqu’à ce jour.

Arrêté à l’escalère chez les Teysseyre où il se cachait ainsi que son oncle Jean Viguier, curé de Layrac la nuit du 28 au 29 Juillet 1796 [10 au 11 thermidor an IV]

-         Jean Pierre Marie, né le 14 novembre 1764, baptisée le 18 – a pour parrain Jean Pierre Ribayrol ; pour marraine Marie Hugonenc – baptême fait par Viguier prêtre et vicaire

est émigré durant la révolution

-         Jean Baptiste Bernard né le 3 décembre 1765, baptisé le 5 – a  pour parrain : Jean Baptiste Viguier prêtre curé de St Martial et pour marraine Bernarde Piquepe de Toulouse – un autre Viguié, prêtre vicaire confère le baptême. 

§        « Jean Baptiste Viguier de  Malaret frère d’émigré, de prêtre réfractaire désigné dans unelettre interceptée adressée à Pouzols comme devant se réunir à Montauban, lieu indiqué par les conspirateurs, d’ailleurs réquisitionné ??, s’étant refusé sous divers prétexte… s’étant réfugié à Toulouse ».   

§        « Jean Baptiste Viguier originaire de Villemur est minoré le ??, en même temps que Jean Pierre Monnereau. Il a un frère prêtre depuis l’année précédent.

     Jean Baptiste Viguié  âgé de 29 ans [en 1794]  est découvert au bas de l’immeuble de Pontier qui vient d’être fouillé. Les policiers somment Viguié et Monnereau à les suivre à la maison commune. Il se dit étudiant en médecine et instituteur chez le dit Pontié ; il exhibe un congé absolu par l’inspecteur général des équipages des vivres, à  Montpeliier, 2 ventôse an IV».   

-         Anne Marie Antoinette née le 24 mai 1767, baptisée le 26 mai  - parrain Me Antoine Boyé, bourgeois Toulouse ; marraine Anne Marie Pendaries – 2 signatures Viguier prêtre, vicaire.

     Célibataire - elle est décéde à Villemur dans la maison du sieur Pendaries le 24 juin 1846 [5 h du matin]

-         Jeanne Sophie née le 27 septembre 1770, baptisée le 20 septembre – parrain Jean Boyé marchand habitant Toulouse ; marraine Jeanne Murat Bordeaux.

-         Jean Baptiste Marie, né le 30 janvier 1771, baptisé le 1 février – a pour parrain Jean Pendaries bourgeois Villemur, marraine Jeanne Darolles de Finhan

-         Anne Marie Antoinette Catherine, née le 13 octobre 1673, baptisé le 16 – parrain Jean François Viguier étudiant, marraine Catherine Mathieu qui porte pour Anne Marie Antoinette Viguier absente (page 21)

-         Jeanne Marie Anne Victoire, née le 24 février 1776, baptisée le 25 février – parrain Jean Pendaries bourgeois, marraine Jean François Pendaries, avocat au Parlement, habitant Villemur.

 

 

 

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3° génération

 

-         Jean-Pierre Marie avocat et juge de paix

Il épouse Marie Françoise Justine Tolosany

§       Jean François Marie Jules, né le 28 avril 1811, 10 h ; acte 67, décédé le 26 août 1811, 4 mois dans la maison de son père.

 



[1] La loi du 18 Messidor, An IV (6 juillet 1796), prescrivait des visites domiciliaires à faire pendant un mois après l'application de cette loi.

Pour procéder à ces visites obligatoires dont le but prin­cipal était de rechercher les réfractaires, le commissaire du Directoire exécutif du canton se rendit dans la commune de Layrac, accompagné des citoyens Crubilhé, agent munici­pal de cette commune, et de Cabié, agent municipal de Vil­laudric, suivis d'un détachement de quarante hommes de la Garde nationale.

Leur première opération fût d’investir, dans la nuit du 10 au 11 thermidor, la maison du nommé Jean Teysseyre, habitant de Lescalère, attendant qu’il fit jour pour visiter sa maison et arrêter les gens suspects qu'on es­pérait y découvrir.

Etant entrés sans résistance, les trois agents demandèrent à parler au maître de la maison, Jean Teysseyre, qui se trouva absent. Ils ordonnèrent alors que tous les habitants de la maison leur fussent présentés : ce qui eut lieu aussitôt.

Mais les agents durent reconnaître qu'il n'y avait là que les sœurs et les enfants de Teysseyre et trois domestiques de labour.

Ils interpellèrent une de ses sœurs  : « Portant la parole si son frère ne donnerait point azile à Viguié, prêtre sexagé­naire, ex-curé du dit Layrac; elle répondit peu sur cette question, mais assura qu’il n'était point dans la maison; pour nous en convaincre nous fouillâmes avec le plus grand soin et ne le trouvâmes pas. »

Mais étant parvenus à une chambre et après l'avoir ou­verte, ils trouvèrent un individu dans un lit et lui demandè­rent qui il était, il leur déclara aussitôt être François Viguié, prêtre, neveu du curé. Il leur dit s'être fracturé une jambe dans la commune de Buzet. Les agents lui déclarèrent alors qu'il tombait sous le coup de la loi du 18 Messidor (6 juillet 1796), et le mirent en état d'arrestation. Ne pouvant être transporté à Toulouse à cause de son « incommodité », ils placèrent provisoirement auprès de lui une garde de six hommes jusqu'à ce que l'autorité supé­rieure en eut ordonné autrement.

Voilà comment cette modeste maison de l'Escalère est en­trée dans l'histoire régionale jusqu'au 2 mars 1930, jour mémorable, où une crue du Tarn sans précédente l'emporta dans ses vagues furieuses 

D'autres maisons du village, désignées par l'agent municipal de Layrac comme suspectes, furent également inspectées; mais aucune d'elles ne renfermait des personnes visées par la loi et arrêtés précités. Il en fut de même dans les communes environnantes qui furent visitées minutieusement avant la rentrée des trois agents à leur domicile. De tout ce qui précède, procès-verbal fut dressé et envoyé a l'Administration départementale.

On y précisait surtout ce qui avait trait à l'arrestation de François Viguié, prêtre, et à la menace du commissaire du Directoire exécutif à la famille Teysseyre et qui est ainsi conçue : « J'ai promis à la famille Teysseyre que s'ils donnaient azile au vieux Viguié, ex-curé, toutes les précautions seraient prises pour qu'il fut arrêté et que Teysseyre lui-même le serait aussi pour être jugé en exécution de la loi du 22 Germinal, An II, qui déclare complices des prêtres déportés les citoyens qui les recèlent. »

Adrien Escudier -  monographies de Bouloc, Villeneuve-lés-Bouloc et Vacquiers, canton de Fronton, 1933, Fournié, Toulouse, p 114-121.

La région de Vacquiers sous le Directoire

 


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