Souvenirs d'antan - religion : pratique et fêtes   



 

Souvenirs d'antan

 

Laurent TEYSSEYRE

 

 

IV La religion - pratique et fêtes

 

 

La religion avait une place importante dans la vie des individus et des familles à l'époque concernée. On priait en famille, surtout le soir, les femmes en particulier en faisant leur travail récitaient quelques prières, ayant parfois un chapelet dans la poche de leur tablier ou de leur blouse. On disait une prière au moment où la famille réunie se trouvait autour de la table. La miche ou boule de pain n'était pas entamée sans que la mère de famille n'y trace dessus un signe de croix avec son grand couteau.

 

Chaque village avait son église et son curé (son ritou chez nous). Divers registres anciens relatent une forte pratique. Tous les matins le prêtre célébrait la messe entouré de certaines pieuses personnes. Le dimanche dans chaque paroisse il y avait une messe chantée parfois précédée par une simple matinale: la messe « basse ». L'après midi avaient lieu l'office des vêpres et la bénédiction du Saint Sacrement.

 

La fête de la Nativité était particulièrement suivie, on s'y rendait à pied, en famille. La messe débutait à minuit c'est ce qui explique qu'à Noël on parle, encore de nos jours, de messe de minuit. L'annonce de la naissance de Jésus était faite des semaines avant Noël, à la nuit tombée par une sonnerie particulière des cloches dite « Nadalet ».

 

Pour les rameaux l'église était archi comble, personne ne souhaitait manquer la bénédiction de sa (ou ses) branche de laurier ou de buis (lou romp) qu'on allait déposer, en partie, la messe terminée sur la tombe familiale, au bout d'un champ, d'une rangée de vigne, à la porte de l'étable et bien sûr au crucifix de Ici maison. C’est peut-être encore de nos jours un mélange de religiosité et de superstition.

 

Les cérémonies de la semaine sainte, chemin de croix et autres étaient très suivies. On pratiquait le carême au point de vue alimentaire, le Vendredi Saint était particulièrement respecté. Notons en passant que pendant cette période la morue était très utilisée.

 

La grande fête de Paques se situant généralement avec l'arrivée des beaux jours était le point central de la pratique religieuse de l'époque, gros off lux à l'église en ce jour. Cette fête en dehors de son c6té é religieux car alors la communion pascale était une obligation précédé de la confession, cette fête purement religieuse avait toutefois des incidences dans la vie des gens.

 

Pour la fête de Paques les messieurs mettaient le costume neuf, tondis que de leur c8té les dames se revêtaient de toilettes plus seyantes et légères. En famille le repas prenait un caractère festif, c'était aussi le jour ou on

 

 

sortait le saucisson nouveau qu'on avait conservé dans du papier et recouvert de cendres.

 

Diverses cérémonies religieuses, prières et processions intervenaient dans le courant de l'année. Outre le chemin de Croix pendant le Carême, au mois de mai, le mois de Marie réunissait les jeunes filles et femmes pour des chants et la prière mariale du chapelet.

 

Pour la saint Marc, il y avait les rogations :

 

Il s'agit de processions de prières dirigées vers les croix placées au croisement de chemins elles étaient faites pour demander la bénédiction de Dieu sur les fruits de la terre. A la saint Jean des branches, gros bois et fagots étaient ramassés pour constituer un gros tas, un bûcher placé au milieu d'un champ. A l'entrée de la nuit le prêtre et les enfants de choeur suivis des fidèles s'y rendaient en procession il procédait à sa bénédiction ensuite on mettait le feu au bûcher. Alors la flamme augmentait, la nuit resplendissait de cette clarté, l'ardeur du feu obligeait les participants à prendre du recul. Lorsque l'intensité du feu baissait des jeunes gens essayaient de sauter le brasier. Sur la f in, certains cherchaient un bout de branche (tison) qui ne soit pas entièrement consumé pour l'emporter à la maison. Fétiche ? Qui sait ?

 

Il fut aussi une période où se firent des bénédictions du bétail. Comme sur un champ de foire étaient alignés des boeufs réunis par le joug, des vaches

 

ou des chevaux tenus à la corde bénite après une prière particulière.

 

, le prêtre passait en les aspergeant d'eau

 

Grande fête de la foi était la Fête-Dieu qui consistait en particulier en une procession au cours de laquelle le Saint Sacrement passait don:s le village. Le prêtre revêtu d'une belle chape blanche ou dorée portait l'ostensoir marchant sous un dois porté par quatre hommes. Les enfants de choeur encensaient durant le parcours qui se déroulait dans un cadre parsemé de fleurs, le sol jonché de pétales et de feuilles. Tout en avançant, des fillettes vêtues de blanc lançaient des pétales de roses en direction de l'ostensoir. Il y avait généralement deux ou trois arrêts en des lieux préalablement préparés et tendus de draps blancs là, se trouvait une table ornée et fleurie pour que le prêtre puisse y déposer le Saint Sacrement enchâssé dans l'ostensoir. Ce lieu prenait le nom de reposoir. Après un moment de prière et d'ac3oration la procession reprenait pour aller au suivant et finir en regagnant l'église. Cette pratique de foi et de dévotion qui se déroulait publiquement était parfaitement admise à l'époque. D'autre part une autre manifestation de foi était plus du domaine privé puisque c'est à l'église qu'elle avait lieu. ZI s'agissait d'une journée d'adoration avec messe le matin, vêpres l'après midi, chaque paroisse la célébrait, toujours en semaine, les prêtres du cloyenné y participaient ce qui faisait dire aux incroyants : c'est la fête des curés.

 

Nous avons pu découvrir que la fête du saint patron de la paroisse était scrupuleusement observée aussi bien à l'église que sur le Plan civil, A l'époque on ne connaissait pas les congés, aussi l'Ascension et Pentec8te étaient des fêtes pour lesquelles on ne manquait pas de se rendre à l'église.

 

La Toussaint regroupait, fidèles ou non, ceux qui avaient le culte des morts. On assistait à la messe après avoir préalablement fleuri tombes et tombeaux et on revenait au cimetière avant de regagner la Maison. Le lendemain on célébrait la messe pour les défunts ensuite on se rendait en procession au cimetière pour Ici bénédiction des sépultures. Il n'était pas envisagé de travail pour la matinée du deux novembre.

 

Dans la semaine qui précédait Noël quelques personnes confectionnaient à l'église une crèche, sorte de cabane faite en planches ou de grotte réalisée avec du carton et du papier rocher. Toute crèche était ornée de verdure de saison, de branches de sapin, de guirlandes festives, d'étoiles scintillantes. A l'intérieur y étaient déposés des personnages traditionnels faisant l'admiration et la joie des jeunes enfants. Plus modestement chaque famille réalisait aussi sa crèche pour marquer la fête de Noël.

 

 


© 2017 CT