Souvenirs d'antan : les métiers d'autrefois   



 

 

Souvenirs d'antan

 

Laurent TEYSSEYRE

 

 

VI les métiers d'autrefois

 

 

De nombreux métiers d'autrefois ont disparu de nos villages et ceux qui les exerçaient ne viennent plus parcourir nos chemins pour proposer leurs services. Parmi eux citons :

 

le sabotier «I' escloupié » de sabots : « esclops ». Il faisait lui-même des sabots qu'il vendait en magasin. A partir de certaines essences de bois (hêtre ou charme) il formait des sabots forts ou légers de différentes tailles qu'il vendait avec ou sans brides

 

Le tonnelier qui confectionnait ou réparait fûts et tonneaux de diverses grandeurs ainsi que des comportes qui servaient pour la vendange, il assurait le cerclage de toute cette futaille.

 

Le chaisier qui, avec des bois choisis (acacia, frêne ou hêtre), réalisait le montant de la chaise qui devait être équilibrée pour recevoir le siège composé sur place, soit avec une fine planche de bois, soit avec des sortes de joncs préalablement torsadés.

 

Le rempailleur était donc celui qui refaisait les sièges présentés lors de son passage dans les villages.

 

Le faiseur de jougs il arrivait que renouvelant une paire de boeufs de travail, l'ancien joug ne convienne pas, il fallait alors faire appel à un simple cultivateur connu pour son coup de main. D'un tronc d'arbre qu'il choisissait lui-même il réalisait un joug,

 

le charron qui à partir de chevrons et de planches (souvent de l'orme du frêne ou de l'aulne) confectionnait ou réparait charrettes ou tombereaux munis de timons ou de brancards suivent que le véhicule devait être tiré par des boeufs ou un cheval. Ce qui était le plus délicat, sans conteste, était la fabrication des roues et leur cerclage.

 

Les vendeurs de balais qu'ils composaient eux-mêmes avec la paille d'une sorte de sorgho qu'on appelle mdis à balai. Ils passaient de maison en maison.

 

Le tailleur qui après avoir soigneusement pris les mesures de son client confectionnait le vêtement demandé et réalisé à partir du tissu qu'on lui apportait.

 

La modiste qui confectionnait chapeaux et coiffures pour dames.

 

Les chapeliers -ils étaient nombreux à Villemur les fabricants de chapeaux pour homme, en souvenir une rue en porte le nom, de           plus lors de leur cessation d'activité une chanson est restée

"A Bilomu battant la dècho      [A Villemur, cést /a dèche]

Toutis les capéliès s'en bon"    [Tous les chapeliers sén vont]

 

Le cordier qui utilisait des fibres du genre ficelle pour tisser

   des cordes et des c6bles de diverses longueurs et épaisseurs,

   son atelier s'étendait sur une grande distance.

 

La repasseuse qui à demeure dans sa boutique repassait volontiers le beau linge blanc comme la lingerie délicate avec auprès d'elle un poêle spécial pour chauffer les fers.

 

Le matelassier qui formait un cadre en bois à la mesure du lit auquel il était destiné, il y déposait à l'intérieur, soit des ressorts, soit un rembourrage et recouvrait le tout d'une forte toile bien tendue et clouée sur le c6té du cadre.

 

Le forgeron « faouré » (origine des patronymes Faur – Fauré / Fabre en Albigeois) qui affutait le soc des charrues, pioches et houes dénommées chez nous « foussou », il assurait toutes sortes de travaux sur du fer. De plus il était aussi maréchal ferrant, plaçant les fers aux pieds des chevaux ainsi qu'aux boeufs et vaches de travail ceux-ci étaient bloqués dans une sorte de fort cadre dit « travail ».

 

Le ferblantier qui soudait les marmites trouées, les casseroles, les seaux et autres articles domestiques. Après celles en t6le, il fut à l'origine des dalles en zinc.

 

L'étameur « l'estamdire » ambulant il passait pour recouvrir d'étain certains ustensiles ménagers qui étaient en fer: cuillers, fourchettes et autres. Très souvent il était en même temps rémouleur et donc aiguisait sur place couteaux et ciseaux d'où le surnom de « lazugou ». A cette époque, homme à tout faire, il réparait par agrafes fdience et porcelaine.

 

Le chiffonnier passait à domicile pour récupérer les vieilles étoffes, vêtements hors d'usage, les plumes et les peaux de lapin. Avec sa corne il annonçait son arrivée en criant « Peilharot ».

 

Le « Coiffa » ou les « Debre » genre d'épiciers ambulants qui venaient à domicile poussant une sorte de caisse sur trois roues pour proposer du café, du thé, de la biscuiterie, des articles un peu particuliers provenant d'un organisme central.

 

Les marchands de lunettes qui venaient souvent de l'Ariège avec une valisette garnie de diverses montures de lunettes, qu'ils proposaient d'essayer aux personnes agées.

 

Les montreurs d'ours. souvent, eux aussi, des ariégeois, ayant capturé un jeune animal et l'ayant un peu domestiqué, allaient le montrer dans les villages pour un peu de monnaie.

 

Le distillateur ambulant allait dans certains villages pour, à poste fixe auprès d'un point d'eau, offrir ses services pour faire de l'alcool à partir du vin, de prunes, ou de marc de raisin. Des règlementations successives ont mis f in à son activité.

 

Le garde-champêtre, si la fonction est un peu identique de nos jours, c'est le « type », son allure, ce qu'il représentait qu'on ne retrouve plus.

 

Le cantonnier l'homme à la faux le long des routes, l'homme à la pelle pour les prestations communales, il a complètement disparu avec le progrès.

 


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