Souvenirs d'antan - les coutumes   



 

 

Souvenirs d'antan

 

Laurent TEYSSEYRE

 

 

III Les coutumes

 

 

Une première remarque vient à l'esprit en considérant ce qui se vivait à l'époque qui nous intéresse et la période actuelle c'est la place que tenait l'entraide.

 

Bien que placée ici en tête des coutumes en fait il rie s'agit pas de reproduire ce qu'on a toujours fait mais surtout d'une disponibilité spontanée devant un besoin, une situation. Cette entraide nous la découvrons particulièrement lors de battages qui ne peuvent s'effectuer qu'avec l'apport de nombreux bras pour alimenter la machine. Et ainsi chacun à tour de r8le va rendre le service rendu.

 

C'était vrai, en partie, pour les vendanges mais seulement pour les exploitations situées dans des secteurs où la vigne n'est cultivée que pour les besoins de la famille. Les vignobles avaient coutume de faire appel à de la main d'oeuvre parfois étrangère.

 

On a toujours parlé de Ici soi-disant fête du porc où d'ailleurs, lui M'était pas à la fête, et pour cause. Dans ce cas, outre l'exécutant (le soigneur) l'entraide était surtout féminine pour participer aux diverses étapes de l'opération, du lavage des boyaux à la confection du boudin, de la saucisse, des patés, jambons et autres.

 

C'était aussi le cas lorsqu'on « faisait » les oies ou les canards, il y avait toujours des aides et des compétences pour venir en renfort.

 

D'autres circonstances relatives à un travail plus lourd ou à une circonstance de la vie ont bénéficié d'entraide spontanée: pour rentrer du foin en présence d'une menace d'orage, pour tailler la vigne du vigneron malade, pour éteindre un feu d'herbes gagnant un champ de blé. Nous avons déjà fait état de la forme d'entraide prise par les voisins lorsqu'un décès intervenait dans une famille. Cette description faite de l'entraide, avec un brin de louange, voyons maintenant ce qu'on peut considérer comme coutumes d'antan.

 

Au nouvel an, se souhaiter une bonne année , çà a toujours existé à l'intérieur même de Ici famille mais il était aussi de coutume qu'une bande d'enfants, généralement des familles peu fortunées, vienne frapper à votre porte pour présenter les voeux en occitan : « une bien bonne année accompagnée de plusieurs autres ». En contre partie, ils recevaient quelques pièces de monnaie ou quelques bonbons.

 

Parfois pareille visite était-elle faite par quelque simplet venu du village ou d'un village voisin, encouragé maladroitement par ceux qui connaissaient l'usage de payer la « goutte » à celui qui vient souhaiter la bonne année.

 

Le facteur pour sa part se présentait aussi le jour du nouvel an avec les voeux à la bouche, le calendrier à la main, le képi de travers à cause des « gouttes » prises, mais ce n'était pas des gouttes de pluie.

 

Pour Pâques il était de tradition que les enfants de choeur, munis de paniers passent de maison en maison pour recueillir des oeufs ou quelque argent. La collecte faite, la mère de l'un vendait les oeufs et leur en partageait le montant avec la bienveillance de monsieur le Curé. C'était leur récompense d'avoir servi l'autel durant l'année. Mais à l'époque comme la sonnerie des cloches était manuelle il y avait un carillonneur (un compagné) qui n'était pas rétribué pour cette fonction aussi passait-il à P8ques en concurrence avec les enfants de choeur pour Ici quête des oeufs. De plus à Toussaint il passait pour recevoir du blé, cinq litres d'un c8té, cinq litres de l'autre, il arrivait en fin de tournée à proposer à son boulanger facilement deux sacs de blé.

 

Les fêtes locales dénommées « baloches » dans la région toulousaine avaient leurs coutumes. En premier lieu elles se situaient toujours dans la semaine de la fête de saint patron de la paroisse. La fête durait trois jours, de samedi au lundi. Le samedi après midi, la mise en route débutait par des jeux pour les jeunes, en soirée le bal animé par quelques musiciens des environs était surtout fréquenté par les jeunes et les moins jeunes de la localité. Le dimanche matin, on allait à la messe, messe solennelle comme il se doit en un tel jour, puis chacun regagnait sa maison pour le repas familial et recevait des invités. L'après midi, l'intérêt pouvait se porter sur quelques forains avec leurs jeux et tirs à la carabine, le programme était peu chargé, en dehors du bol qui reprenait quelques heures avant le déclin du jour. La soirée était celle du grand bal fréquenté par des jeunes venus des villages voisins. Localement on y venait en famille, tandis que les mères surveillaient leur fille, les hommes faisaient la manille au café à moins qu'ils ne viennent prendre part à quelques danses anciennes, le quadrille en particulier. La fête se poursuivait tardivement, un peu en fonction des participants à la danse. Le lendemain, donc le lundi matin une messe était célébrée pour les défunts, après la guerre de 1914/1918 elle prit le nom de messe de Pequiem (célébrée en latin) et ensuite pour honorer la mémoire de ces soldats on se dirigeait vers le monument aux morts de la guerre. Le lundi après midi la fête s'essoufflait un peu, quelques jeux pour les grands enfants et pour les jeunes et peu de danseurs avant le repas du soir. La dernière soirée était suivie surtout par les habitants du village avec plus de calme, c'est évident la fête ne pouvait pas toujours durer. Dans tous les cas la réalisation de la fête locale était l'oeuvre de la cité ou du village, la municipalité n'y participant que pour verser la somme allouée. En définitive on peut dire que la désignation de fête locale avait tout son sens car elle était bien la fête du lieu, la fête de tous, avec ses guirlandes et décorations pour une joie commune.

 

Parmi d'autres festivités pour le carnaval des jeunes utilisaient des masques parfois grotesques, s'accoutraient de curieuses façons et venaient en bande se montrer au village faire parfois quelques espiègleries surtout s'ils étaient d'in village voisin. Dans certains cas avec un cérémonial particulier, ils arrivaient juchés sur une carriole tirée par un cheval enrubanné, portant un « carnaval » sorte de bonhomme réalisé avec des habits bourrés de paille. Ce personnage devait être ensuite jugé pour les méfaits effectués en passant, jugé et brûlé sur la place publique. Ainsi réalisait-on une animation locale avec de petits moyens.

 

Lors de l'annonce d'un mariage, si l'un des deux époux était veuf, une semaine ou deux avant le mariage, le soir, à la nuit tombante, les jeunes armés de bidons de poêles et de casseroles allaient chez l'un et l'autre des époux en faisant un grand tintamarre. C'était « le charivari » et cela durait jusqu'à ce que le futur époux leur ouvre la porte et leur offre à boire ou donne un peu d'argent pour qu'ils aillent au café.

 

Une autre coutume faite de simplicité et de convivialité intervenait avec la foire de la saint Martin de Vacquiers (qui se perpétue). Les jeunes s'y rendaient en bande pédestrement, après avoir visité la foire, ils procédaient à l'achat de chataignes et de quelques mètres de saucisse, pour qu'une fois rentrés au village ils envisagent de passer, entre eux, une agréable soirée arrosée de vin nouveau.

 

La fête de Noël, religieusement suivie, n'avait rien des cadeaux et des festivités qui comptent plus de nos jours que le c8té religieux. Toutefois il y avait une coutume particulière, celle de la bâche de Noël... une bâche, certes mais pas en chocolat. En effet il s'agissait, avant de partir pour la messe de minuit, de mettre dans l'atre une bûche (dénommée par certains Tusosouquet-pagèlo) la plus grosse possible car, désirait-on, la braise devait tenir jusqu'au Nouvel An !

 

Il fut un temps ou les personnes et les familles n'étaient connues que par leur sobriquet. Un sobriquet, bien sûr en occitan, qui n'avait pas en général un lien avec leur état de vie et leur patronyme.

 

Ainsi parmi ces sobriquets nous avons relevé ceux-ci : 

Moulinié de meunier ; Pescaïre de pécheur; Casset : de petite casserole; Cabouillet de petit épis de maïs (caboul); Toupèro de petit pot en terre , Saouclet de sarcloir, Clobélou de petit clou; Toutmiou de tout à moi ; et il y en a bien d'autres...

 

Pour terminer ce rapide tour sur certaines coutumes allons sur la lune. Et oui, la lune a toujours intéressé le monde. Les jardiniers y font attention pour semer les carottes et autres légumes ainsi que pour planter les pommes de terre Sur un plan personnel certains y regardent avant de procéder à la coupe des cheveux. Disons donc, que jadis il y avait des pratiques lunatiques qui ont subsisté puisqu'on les retrouve de nos jours.

 

 

 


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