Roquemaure   



 

 

 

 

ROQUEMAURE

 

Eléments pour une histoire de Roquemaure

 

 

 

 

Avant 1317 du diocèse ecclésiastique de Toulouse, l'église Sainte-Quitterie dépendant de l'abbaye Saint-Théodard. Après 1318, du diocèse ecclésdiastique de Montauban.

Est un archiprêtré (un des trois du diocèse de Montauban).

La cure de Roquemaure comprend les annexes de Réal, Mirepoix

Le titulaire de l’église est sainte Quitterie

La nomination à la cure revient à Mgr l’Evêque de Montauban

Seigneurie qui est une baronnie  qui a dépendu de la vicomté de Villemur.

Le seigneur temporel est le baron de Roquemaure.

La dîme est partagée entre Mgr l’Evêque, le chapitre Saint-Martin de Montauban, le chapitre Saint Etienne de Toulouse et l’archiprêtre de Roquemaure.

 

Archéologie

 

Seigneurs

 Roquemaure fut donné par le Comte de Toulouse au Vicomte de Bruniquel

En 1271, le saisimentum. Cite le castrum de Eoquemaure – Bertrand de Bruniquel tenait le château de Roquemaure

En 1389 dénombrement de Roquemaure par le comte de Comminges au  roi

8 mars 1393 (1394) les libertés, coutumes et privilèges  accordés par les prédécesseurs sont confirmés aux vasseaux

Roquemaure est réuni à la couronne avec les domaines de la maison de Comminges au milieu du XVe siècle et rattaché à la judicature de Villelongue

 

En 1540 et 1554 Jean Deymier, conseiller au parlemen dénombre Roquemaure auparlement de Toulouse avec la justice haute, moyenne et basse et le four bannier.

En 1540 Jean de Roquemaure dénombre au roi des directes.

 

La seigneurie est rentrée peut-être dans le domaine royal.

Inféodée ensuite, la seigneurie de Roquemaure est hommagée en 1674 par Guillaume Déjean, conseiller au parlement de Toulouse, et Guillaume Daurens, co-seigneurs, et en 1675, par le même Déjean et Catherine de Rességuier, veuve sans doute de Daurens.
Guillaume Déjean devient possesseur de l’entière baronnie que son fils vend à Boyer de Castanet, marquis de Tauriac le 19 février 1718.

 

Les Boyer de Castanet de Tauriac conserveront cette possession jusqu’à la Révolution.

 

Château

Un vieux château. : l’ancien castrum.

Le fort comprenait des fossés qui  sont demeurés, entourant le château de tous côtés (Elie Rossignol, p. 231).

 

Vers la fin du XIVe siècle, il est occupé par les routiers, sans doute avant leur défaite sous les murs de Rabastens en 1380 – Elie Rossignol).. La charte d’origine a été enlevée par les routiers.

Ruiné et pillé il est relevé , il redevient florissant sous  la protection du seigneur de bruniquel, qui en était seigneur et confirme en 1395 les privilèges de ses habitants afin de repeupler le village

 

 

La communauté

La constitution municipale a été approuvée par Roger de Comminges.

Les consuls sont au nombre de 3 (le 4° de la catégorie des nobles étant sans doute  disparu) ; nommé par le juge sur une liste de 10 candidats présentés par ceux qui sortaient de  charge.

En 1674 et 1683 la communauté est toujours administrée par 3 consuls, n’ayant aucune juridiction

 

Le sieur Gineste a été condamné à 100 livres d’amende pour avoir chassé sur les terres de Roquemaure ; il est ensuite cutorisé à chasser les bêtes rousses et noires, à la condition de donner au marquis de Tauriac, baron du lieu, l’épaule droite et 3 côtes de toutes celles qu’il prendrait – et ce conformément à la charte de 1395.

 

Il ya un hôpital à Roquemaure. Ses revenus étaient importants. L’archiprêtre de Roquemaure fit un legs en sa faveur e, 1730. Ses biens furent évalués en 1790 à 18.138 livres.

 

L'archiprêtré

Roquemaure est un des trois achiprêtrés du diocèser de Montauban, formé lors de la constitution du diocèse, comprenant une cinquntaine de paroisses.

La paroisse de Roquemaure avait pour annexes les églises de Saint-Pierre de Réal, de Grazac, de Condel et de Mascale. Le curé, avant la Révolution, avait deux vicaires qu'il pensionnait. Le prêtre qui assurait Grazac prenait une part des dîmes.

Il ya avait aussi une chapellenie

 

l'église

1 - l'église la plus ancienne connue (située à côté du château)

2 - l'église reconstruite après les guerres civiles et religieuses, déplacée vers le nord-est (Elie Rossignol.p. 231), vers 1610 ?

3 - l'église reconstruite  vers 1850. Au-dessus de la porte est un écusson portant une croix potencée et la date de 1610, qui indique sans doute la date de la construction précédente.

A une toute petite distance du village, vers le midi,  se trouve le plateau de Saint-Felix, où était situé, dit-on, dans son enceinte entourée de fossés, l'ancien cimetière de la paroisse (Elie Rossignol, p. 231).

 

Les guerres civiles et religieuses

Roquemaure

 

 

Annales de Toulouse P. 440

 

Au reste sous le nom de Caravelle est péri, et que dans la suite il sera souvent mention de Caravele, il ne sera pas hors de propos de dire ici qui il était. Caravelle était un gentilhomme, Seigneur de Roquemaure, qui est une petite, mais ancienne baronnie, à 3 lieues de Toulouse, tirant vers le Rouergue. Il suivait le parti de la ligue, il en paraît, mais il le quitta depuis, pour prendre celui des royalistes, et se saisit du lieu de Buzet, d’où il faisait des courses jusqu’aux portes de Toulouse. Il fit une fin malheureuse. La paix faite, il lui arriva de tuer par imprudence, et sans dessein, Daverane, lieutenant particulier au Présidial de Toulouse. Ce fut la cause que le Parlement, qui lui en voulait, rendit contre lui un arrêt, qu’il serait pris mort ou vif. On lui détacha le Prévôt, qui le surprit dans le château de Villemur [NDLR en juin 1607], où il s’était réfugié, et le tua de sang froid. Il ne laissa point de postérité

 

 

 

 

Josse Lambert-D'Aymier (capitaine Caravelles) - en 1592,  sert la Ligue.

 

On mentionne qu’il changeât de camp au cours de ses combats, au long de sa vie.

Mais en 1592, il est au service de la ligue. Plusieurs récits le mentionne dans le commandement des retranchements.

 

* Il convient de ne pas le confondre avec DEYME ou DESMES qui se porta au secours – en 1592 – de la place de Villemur et qui  y entra  [cf : Pierre Victor Palma Cayet, chronologie novenaire, p.388 le sieur de Desmes avec quelques foces alla s'enfermer dans Villemur]

 

*Josse Lambert d'Aymier, dit le capitaine Caravelles  combattit, un temps, avec le duc de Joyeuse, notamment lors du siège de Villemur :

   « nous devons signaler le meurtre de Lambert Deymier, seigneur de Roquemaure, qui avait servi dans l’armée du duc de Joyeuse, au siège de Villemur ; ce personnage surnommé le capitaine Caravelles, s’était réfugié au château de Villemur, où il se fit tuer en se défendant ».

Histoire de Fronton et du Frontonnais, Adrien Escudier, tome 2, p.254.   

 

 

Les Etats du Languedoc (parti du roi alors) décident et financent l'intervention pour se saisir de lui (novembre 1602), ce qui conduira à l'assiéger dans Roquemaure. Il sera tué en juin 1607 dans le chateau de Villemur où il s'était réfugié.

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Josse Lambert d'Aymier, dit le capitaine Caravelles  est le fils de Pierre d’Aymier, seigneur d’Arques et de Lias au comté de Lisle-en-Jourdain et d’Antoinette Nogaret de la Valette

capitaine d’un régiment de chevaux-légers, dit le régiment de caravelle.

 

il est :

*catholique jusqu’à la mort de Henri III [ ?  -1589] [V. larcade]

*puis ligueur [1589- ?], il s'es illustré dans les guerres, [V. larcade]

*royaliste par la suite  [Lafaille] la paix de Folembray en 1596 voit la soumission des ligueurs toulousains, 2 ans avant l'édit de Nantes. Les armes s'étaient en fait quasiment tues dés 1593 après la mort de Scipion de Joyeuse.

*la paix intervenue le plonge dans le désarroi, il sera bandit [1595-1607)

         

« oubli du roi et de son général, n’ayant plus de champ de bataille où il put dépenser on ardeur, plus de villes, de bourgs ou de châteaux où les droits de guerre lui permissent de prendre les vivres et l’argent nécessaires à son entretien, ne voulant pourtant ni végéter ni mourir de faim » (Joseph de Carsalade du Pont 1878). 

 

Une seule issue : se faire bandit. A la tête d’une petite troupe, il s’empare succesivement des villages de Buzet et de Roquemaure. Il s'intitule même baron de Roquemaure. Il renforce les fortifications et fait régner sa loi dans les campagnes alentours.

 

* retranché en 1597 à Buzet

* retranché en 1603 à Roquemaure

* retranché en 1607 à Villemur

 

Après des poursuites rocambolesques, les hommes du lieutenant du Grand Prévôt de Languedoc le capturent. Il est tué dans la mêlée le 11 juin 1607 par les archers.

Le parlement de Toulouse doit prendre des mesures pour protéger ses meurtriers de la colère populaire, car Caravelle s’était taillé une réputation de brigand au grand cœur

 Véronique Larcade – Les capitaines Gascons à l ’époque des guerres de religion, ed. Christian, 1999, p 109-110    

 

sources : voir aussi  : Histoire des croquants – étude des soulèvements populaires au XVII° dans le Sud-Ouest de la France, Yves-Marie Bercé, Droz,1974, page 135 (publication de thèse)   

voir Revue de Gascogne - de carsalade du Pont, Année 1878,p.245-255 

 

 

 

8 Janvier 1595 - Les états du Languedoc (parti de la Ligue) chargent leur syndic :

« de poursuivre la réparation des excès commis par Josse Lambert, dit: le Capitaine Caravelles, qui s'est saisi de Buzet  au mépris de la trêve ».

Jean Lestrade – Les Huguenots dans les paroisses rurales du diocèse de Toulouse, 1939, p366-367

 

 

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Saint-Pierre de Réal

Comme Roquemaure, l'église de Réal était unie à l’abbaye Saint-Théodard.

 

Sources

- Amédée Sevène, Notice sur Villemur, Brusson, 1898

- Elie Rossignol,Monographies commu,nales pou Etude statistique, historique et monumentale du département du Tarn, arrondissement de Gaillac, cantons  de Salvagnac et Rabastens, 1866

- Adrien Escudier, monographies de Bouloc, Villeneuve-lès-Bouloc et vacquiers, Fournier, 1933

 


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