RICARD   



 

 

Mgr Louis RICARD

 

Evêque de Nice

 

Louis Ricard – 1868-1929

Louis Ricard est né à Bondigoux le 23 Novembre 1868 ; prêtre en 1892 ; prof au Grand Séminaire de Toulouse. Fondateur de l’œuvre de St Louis d’Anjou pour les lycéens ; curé de St Pierre à Toulouse ; Evêque auxiliaire de Mgr Chapon (1923) ; Evêque de Nice (1926) ; décédé à Nice le 22 Octobre 1929

                                           

                                              Photo Semaine Catholique de Toulouse

Louis Ricard – déclaré Jean Marie Germain Louis - est né à Bondigoux le 23 novembre 1868 à 21 h [acte 198]. Il est le fils de Jean Ricard et de Magdelaine Delbosc[1]. A sa naissance, son père a 42 ans, sa mère 32. Il a deux autres frères aînés : Jean Marie Elisabeth Antoine né en 1857 et François  Jean Marie né en 1858. On notera que chacun des enfants a pour prénom Jean-Marie. La profession du père reçoit des déclarations diverses lors des naissances : boulanger en 1857, marchand épicier en 1858,  cultivateur dix ans plus tard.

 

C’est le curé de Bondigoux, M. l’abbé de Saint-Plancat qui sera l’éveilleur de sa vocation. Lors de son sacre en 1923, Mgr Ricard louera en premier lieu ce « saint abbé, curé de Bondigoux, neveu  de prêtre confesseur de la foi »

 

Louis entre au Petit-Séminaire de l’Esquile. Il obtint le bac Lettres et le bac Sciences[2]. A l’âge de 19 ans, il entre au Grand Séminaire. Il poursuivra ses études au Séminaire Saint-Sulpice. Il obtiendra  une licence canonique en droit canonique. Il est ordonné prêtre le 11 juin 1892.

 

Il est d’abord vicaire à Saint-Exupère (organisateur d’un patronage). Il est le fondateur de l’œuvre de St louis d’Anjou pour les lycéens (externes). Il est nommé curé de Saint-Pierre en 1916, puis directeur au Grand Séminaire où il enseigne la théologie dogmatique. Il a publié divers articles au sujet de la pastorale des vocations et de la formation du clergé dans la revue « recrutement sacerdotal » entre 1908 et 1914.

Il est un directeur d’ œuvres  (en 1905, il crée les « conférences Ozanam ») et un prédicateur apprécié (Rodez, Poitiers, Orléans, Agen, Fréjus, Chambéry, La Rochelle, Pamiers, Rennes, Tarbes, Carcassonne…).

Il sera proche du  Sillon, aumônier du « Sillon Catholique »[3].

 

Le chanoine Ricard est nommé  évêque auxiliaire de Nice par le pape pie XI le 16 octobre 1923. Il sera sacré évêque dans la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, deux mois après le 15 décembre 1923 à 9 h.. Il recevra la consécration épiscopale de son archevêque Mgr Jean-Augustin Germain, assisté de deux  évêques issus du clergé toulousain : Mgr Marceillac évêque de Pamiers, ami de 40 ans et Mgr Raynaud, auxiliaire de Toulouse [ils avaient été sacrés le 28 octobre 1916]. Mgr Ricard est le 9° évêque sacré par Mgr Germain.

 

Mgr Germain  présente ainsi  Mgr Ricard : «  un des prêtres les plus éminents de ce diocèse, par sa piété, sa science, son éloquence, son entente des affaires, son talent d’organisation » (p.1190). C’est bien ce qui est communément reconnu et retenu.

 

La nomination et le sacre de Mgr Ricard constituèrent un évènement marquant. La semaine catholique de Toulouse a publié divers articles consacrés à ce sujet d’octobre à décembre 1923.

q       L’annonce de sa nomination conduit le rédacteur de la Semaine Catholique à cette présentation élogieuse (p.1023) : « les nombreuses fonctions qu’il a exercées dans le ministère paroissial et les groupements de jeunesse, dans l’enseignement et la prédication, à l’Association des prêtres de Jésus-Hostie, au chapitre métropolitain, à l’officialité diocésaine ont montré en Mgr Ricard, un prêtre d’intelligence, d’élite, de piété profonde, d’infatigable dévouement ».

q       Mgr Germain fait lire le dimanche 18 novembre  sa lettre circulaire du 11 novembre annonçant au clergé et aux fidèles de son diocèse la nomination de M. l’abbé Louis Ricard, chanoine titulaire de la Métropole Saint-Etienne, en qualité d’Evêque de Marciana, auxiliaire de Mgr l’Evêque de Nice.

q       Les annonces de la célébration, la présentation du rituel de la consécration des évêques, l’organisation de la célébration.

q       Le compte-rendu développé de la célébration ayant duré deux heures. Celui-ci énumère les personnalités présentes : pour la famille, on mentionnera le général Ricard, frère du nouvel Evêque. NN SS les archevêques et évêques : E. Ricard, archevêque d’Auch, Cézerac, archevêque d’Albi,  Rivière, archevêque d’Aix, Vauroux, évêque d’Agen, Giray, Evêque de Cahors, Durfort de poitiers, Castel de Tulle, Champavier de Marseille, le R .P. Abbé de la Trappe,  Mgr Breton, recteur de l’Institut Catholique, etc…Une délégation du clergé de Nice représentait Mgr Chapon. Une délégation de malgaches. On rappelle avec quel dévouement Mgr Ricard s’était occupé d’eux.

C’est le chanoine Loubet, secrétaire-général  de l’archevêché qui lit les lettres Apostoliques portant nomination du Saint Père, le pape Pie XI, de Mgr Ricard.

Le compte-rendu décrit ensuite la réception à l’institut Catholique et les toasts qui y furent prononcés – celui de Mgr Ricard retient  l’attention pour l’excellence du genre et pour les personnes citées, ayant jalonné sa vie. Au Grand Séminaire, il reçoit les prêtres qui ont assisté à son sacre.

 

Dans ses armes épiscopales il y a la croix du Languedoc et une rose évocatrice de Germaine de Pibrac.

                                  

 

Il sera reçu en  dans sa paroisse de Bondigoux le 16 octobre 1924, un an jour pour jour après sa nomination épiscopale. Cette réception  constituera une fête mémorable. Le récit en a été donné dans la Semaine Catholique de Toulouse (cf ci-dessous).

 

A Nice, il assiste Mgr Chapon qui avait été contraint par sa santé à solliciter l’aide d’un évêque auxiliaire. Mgr Chapon connaissait le chanoine Ricard. Peu de temps après le Saint Père lui donnait les pouvoirs d’administrateur apostolique i.e. ayant la charge du gouvernement du diocèse.

En 1926, il succède à Mgr Chapon, comme évêque titulaire de Nice.

 

Il meurt subitement[4] au sanctuaire de N-D de Laghet où il donnait aux petits séminaristes du diocèse les exercices de la retraite annuelle.

 

Mgr Saliège dans un style bien différent de Mgr Germain qui avait été le « père » de Mgr Ricard, lui rendra hommage dans une lettre circulaire au clergé et aux fidèles de son diocèse le 24 octobre 1929. Il rappelle  les liens étroits qui l’ unit à Mgr Ricard ; il l’avait notamment connu lors de retraites que prêchait Ricard à Saint Flour. Il souligne son « désir ardent d’organisation et d’apostolat qui tenait sa volonté sans cesse tendue » . Mgr Saliège admire en lui une vive intelligence des besoins des âmes, une connaissance approfondie de notre temps, etc… ». Sa physionomie pouvait parfois porter trace d’inquiétude «  c’est qu’il était à la recherche d’une solution à une difficulté, à un problème… ». Il loue sa variété d’aptitudes : «  on aurait dit qu’il avait des aptitudes innées à toutes les fonctions ecclésiastiques. Vicaire, professeur, prédicateur, journaliste à ses heures, curé, directeur, rien de ce qui intéressait les âmes ne le laissait indifférent. Il se mouvait à l’aise dans ses différentes fonctions  ».  S’il avait des idées « précises à arêtes vives »  pour ce qui touchait au débat d’idées et aux questions débattues, « il savait aussi reconnaître la valeur des conceptions autres que les siennes et accorder sans ménagements son estime et son affection à ceux qui allaient avec lui avec leur cœur, tout en gardant l’indépendance de leur pensée . Il savait ce qu’il voulait. Les idées générales lui étaient familières. Il concevait facilement un plan d’ensemble, et s’employait activement à mettre en jeu les moyens de le réaliser…Mgr louis Ricard qui a mis au service de l’Eglise les brillantes qualités de son esprit et les richesses de son cœur».

Mgr Saliège se propose d’assister aux obsèques qui ont lieu le mardi 29 octobre à Nice.

 

Une messe de requiem sera célébrée à la cathédrale Saint-Etienne le mercredi 6 novembre à 9 h. pour le repos de son âme (messe pontificale).

Et le 23 novembre, un service funèbre à sa mémoire à Bondigoux en présence de sa famille.

 

A Bondigoux, dans l’église, un buste de Mgr Ricard a pris  place dans la  chapelle de la Vierge pour garder sa mémoire.

 

Sources :

-         Semaine catholique de Toulouse, 1923 : 1072 ;1087-1088 ; 1190 ; 1210-1222

-         Id : 1926 : p. p. 347 

-         Id : 1929 : p 1039-1041

-         Jeannette Lagarde,  ‘’Raconte-moi Bondigoux’’

 

Mgr Ricard à Bondigoux le 16 octobre 1924

 

Le 16 octobre dernier [NDLR, 1924, au jour anniversaire de sa nomination épiscopale], la modeste bourgade de Bondigoux célébrait une fête peu commune. On nous demande de la décrire. Il faut donc faire connaître le pays, le héros et les diverses cérémonies de ce jour.

 

La paroisse de Bondigoux n'a pas d'histoire. Elle est située aux portes de Villemur, non loin du Tarn, à la boucle de la route qui longe la rivière aux flots paisibles. Le matin, elle s'éveilla, joyeuse, comme en un jour de Pâques. Des arbustes bordaient les rues, des oriflammes flottaient au vent, çà et là s'élevaient des ores de triomphe, partout un air de fête. On attendait la première visite de Mgr Ricard à son pays natal, après son élévation à l'épiscopat.

 

C'est à Bondigoux en effet que trouva son berceau, il y a un demi-siècle, l'enfant privilégié qui devait devenir évêque de Marciana et auxiliaire de Nice. A côté du berceau, il trouva encore des parents très chrétiens et un prêtre de choix, M. l'abbé Saint-Plancat, pour faire éclore sa vocation naissante. Quand les années du Séminaire seront venues, le vieux curé-, fier de son élève, dira un jour, sur un ton prophétique, au clergé du doyenné « Voilà un séminariste d'avenir! »

 

L'église, beau vaisseau, en style du treizième siècle; avait été parée avec goût, comme en un jour de Dédicace, grâce aux efforts combinés de M. l'abbé Moussié, dernier curé, et de M. l'abbé Suau, chargé du service.

 

Voici le héros de la fête. Revêtu de son. habit de chœur , coiffé de la mitre et armé de la crosse, Mgr Ricard se rend processionnellement du presbytère à l'église. Il est entouré de chanoines, de curés de la ville, de M. le Doyen et des prêtres du canton, des vocations locales : ornatissima adstantiurn corona, selon là vieille formule scolastique.

 

Sur le seuil de l'église, le Conseil municipal, dont fait partie le général Ricard, reçoit le prélat, et M. Rémy, maire, chevalier de a Légion d'honneur, lui adresse une belle harangue. Monseigneur remercie avec effusion et rappelle qu'à Nice, pays par. excellence de l'union sacrée, le pouvoir civil et le pouvoir religieux se rencontrent et fraternisent toujours, pour le plus grand bien de tous.

 

La messe pontificale commence et se déroule avec toutes les cérémonies des cathédrales, sous la direction avertie de M. Viaule, curé de Villaudric, tandis que M. Cassac, curé de Buzet et chevalier de la Légion d'honneur, dirige les chants.

Les vêpres ressemblent à la messe. Mgr Ricard, qui avait fait l'homélie du matin, donna encore l'allocution du soir. Du haut de son trône, avec l'autorité et l'aisance qu on lui connaît, il exprima les sentiments de reconnaissance qui emplissaient son âme, et rappela à la population attentive deux grands devoirs bien urgents à cette heure  l'amour du sol natal et le soin des vocations ecclésiastiques.

 

Ce qui donna à la cérémonie du soir un cachet particulier, ce fut la prière au monument des morts et la procession au cimetière. Après l'absoute devant la croix centrale, Mgr Ricard bénit, non sans émotion, la tombe  de ses chers parents et celle de son ancien maître et curé M. l'abbé Saint-Plancat, à la grande satisfaction de toute l'assistance, visiblement heureuse de cet acte de piété filiale.

 

Ce serait une lacune d'omettre la clique vaillante, venue de Villaudric. Elle ouvrit et ferma le ban devant le monument, des morts et salua de ses clairons et de ses tambours le moment de la bénédiction.

 

M. l'abbé Maurette, curé-doyen de Villemur, qui avait offert. l'eau bénite au prélat, à l'entrée de l'église et exprimé dignement, au presbytère, les souhaits du clergé, félicita la population d'avoir : si bien fait son devoir en ce jour et montré qu'elle demeurait à la tête des paroisses du doyenné.

 

     Si la paroisse de Bondigoux n'avait pas encore d'histoire, elle en aura une maintenant. On s'y souviendra longtemps de la visite de Mgr Ricard, comme on s'y souvient encore du passage de Mgr d'Astros, qui reçut le plus cordial accueil au château très hospitalier de Vergnes.         

S. Couzi.

 

Semaine Catholique de Toulouse, 1924, p.1023-1024

 

 

 

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Le général François Ricard

 

1858- 1941

François Jean Marie est né le 19 décembre 1858 à 13 heures à Bondigoux. (acte 85).

Il fut Inspecteur-Pharmacien de l’Armée.

Retiré à Bondigoux, il fut très présent à la vie locale ( participant aux évènements de la vie du village, présent sur plusieurs photos de noces de l’époque[5]). Il  devint aveugle à la fin de sa vie.

Il habitait sur la route de Montvalen.

Il est décédé en 1941.

Il est inhumé à Bondigoux, dans la caveau familial.

 

Sources :

Jeannette Lagarde, ‘’Raconte-moi Bondigoux’’



[1] Etat-Civil Villemur

[2] Jeannette Lagarde

[3] idem

[4] il serait mort d’un infarctus,  alors qu’il était pressenti, selon la rumeur, comme archevêque de Paris (Jeannette  Lagarde)

[5] Cf Jeannette Lagarde et site Roux ;
Jeannette Lagarde : Simple, d’un o tact facile, nous le retrouvons jouant aux cartes avec les Bondigounais et sur la plupart des photos des noces villageoises.

 


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