récit Faurin   



 

Guerres de Religion

guerre de 1592

 

Récit de Faurin

 in « sur les guerres de Castres »


Le lundi 17 février 1592, l'on commença à Castres, dans une maison, près du clocher de Saint- Vincent, à peser la farine, afin que les meuniers  ne puissent qu'une demi-punière sur chaque setier, ou de trente- deux setier un.


Les royalistes prirent vers le 15 janvier Miremont , près de Toulouse. Quelques jours après Joyeuse assiégea cette place, et la battit avec quatre canons et deux couleuvrines. La garnison se retira dans le château, Il se sauva le samedi dernier février.

Le samedi 21 mars, Bonavene de la Bruguière ayant averti Montmorency des intrigues du baron de Montfa, et ayant eu ordre de lui,  prit avec un pétard le château de Montespieu, qui appartenait à ce baron, lequel se sauva par un lieu commun... 

Le vendredi 27 mars, Themines, gouverneur de Montauban , qui  était parti de cette ville avec de l'artillerie, et mille arquebusiers, prit le château de la Bastide d'Antigeac, la maison d'Almont, et les forts  de la Gardedieu d'Aussac, et de la Motte de Montmilan.

Le lundi 25 mai, la compagnie d'infanterie de Montoison qui état  à la Bruguière, celle de Felisse qui était à Caucalière, celle de Luxe, commandant à Vielmur, le régiment de Gondin de cinq cents hommes,   les troupes des villes royalistes, qui faisaient un corps de dix-huit mille hommes, étant allées donner l'escalade la veille à Lautrec, où il y avait une intelligence ménagée par le vicomte de Montfa, mais qui les trahissait, furent défaits et eurent plus de quatre cents hommes tues ou blessés. Ceux qui se sauvèrent se retirèrent dans le château de la Trape près de Lautrec ; mais ils y furent d'abord assiégés par les ligueurs; le lendemain 26 mai, ils endurèrent un assaut; toutes les troupes de Castres vinrent à leur secours, et ne purent rien faire, de manière que  le mercredi 27 ils se rendirent prisonniers de guerre, au nombre de trois cents dix-huit ; et furent menés à Lautrec les capitaines Portal de Revel, Pelras de Puilaurens, la Boriette de Mazamet, et la Barre de Lombers.

Au commencement et à la première pointe , Bieule , le colonel Gondin , Savazo, dit la Ribauté, Alifat, dit Salvieille , Luxe , et Jacquet de Luc, avoient été pris, et Tanus, gouverneur de Realmont, tué. Joyeuse et Ambres commandaient les ligueurs.

Les ligueurs ayant huit pièces de canon venues de Toulouse prirent  vers le 25 juin Montbequi, Montbeton, Courbeville, Berliac, et Bournac.  Mausac ayant essuyé soixante-douze coups de canon, se rendit vers le 2 juillet aux ligueurs. Thémines, gouverneur de Montauban et le vicomte de Gourdon, ayant repris Mausac, allèrent attaquer les ligueurs qui assiégeaient Villemur, et une tour vers le moulin ; ils les battirent, firent  plusieurs  prisonniers, et eurent une couleuvrine de 15  pans, que Reynies, gouverneur de Villemur, donna à Epernon vers le 8 juillet.


Les royalistes de Montauban ayant assiégé la Court, près de leur ville, les ligueurs les attaquèrent vers le 12 juillet, leur tuèrent quarante-cinq hommes, et leur prirent deux pièces de campagne. Ainsi le siége de  La Court fut levé.

Le 8 juillet, les troupes de Montmorency surprirent Gruissan, près de Narbonne, où il y avait  une grosse somme d'argent, chaque soldat eut quarante à cinquante écus.

Le vendredi 24 juillet, Chambaud arriva à Castres pour être gouverneur du diocèse.

Le 1er août, les ligueurs ayant pris la Guepie , et assiégeant le château, le baron offrit à Joyeuse de le lui rendre ;  Joyeuse lui proposa de se mettre du parti de la ligue, mais il répondit qu'il voulait mourir royaliste. Le château fut emporté d'assaut, et tout passé au fil de l'épée.

Le 12 Septembre, les ligueurs assiégèrent Villemur.

 

Le mercredi 16 ils commencèrent à tirer avec dix canons et deux pièces de batterie.
Chambaud partit de Castres le 22 avec les troupes de Montmorency, de Leques, de Pujol, et la compagnie du comte d'Ossemont. Deime s'était jeté dans Villemur avec quelques argolets.

 

Le lundi 19 octobre, les royalistes gagnèrent les tranchées des ligueurs qui prirent la fuite ; voulant se sauver par le pont qu'ils avoient fur la rivière, il se rompit, huit cents hommes se noyèrent cinq cents Tudesques furent tués.

Joyeuse , chef de cette armée , voulant gagner le gué pour se sauver , se noya ; il perdit cinq canons et  20 enseignes ; on trouva beaucoup d'argent ,  et il y eut un soldat qui attrapa deux mille doubles ducats.

Le 27 octobre, Chambaud retourna de Villemur à Castres, et il en partit le 23 novembre avec fa compagnie de cavalerie , pour aller dans le bas Languedoc. [37]
 

 

Journal de Faurin sur les guerres de Castres

 


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