récit d\'Ambres   



 

 

le récit d'Ambres

 

Extrait du baron d’Ambres

Des guerres de la Ligue en languedoc, table chronologique  -

 

1590


Novembre [41] Momtmorency avec six cents maîtres et trois mille hommes, sous les régiments de Perault de Montbazin, de Serignan, de Jayle, de Gasque, et les troupes de Daudou , de la comté de Foix, les compagnies de Montmorenci, d'Aussemont, de Daudou, de Pugeol, maréchal de camp, de Fliche, de Jacques de Luquo, de Francisco Bebio, de Montesson, du vicomte Montfa, de Caderousse, et des Essarts, deux doubles canons, trois canons et deux couleuvrines, assiègent Quarante, lieu très-mauvais, n'ayant de fossé que deux toises.

Joyeuse qui n'avait que dix-huit cents Lansquenets en garnison, et cent maîtres, se loge à Ginestas , à deux lieues. Il va voir tous les jours les assiégés, et y fait entrer des vivres et des munitions. Montmorency manquant de balles et de poudre, en envoyé chercher à Béziers, et fait tirer dix à douze cents coups de canon. Repoussé à deux assauts, il veut en venir à la sappe, et fait loger ses  gens dans le fossé, qui en font délogés par tes assiégés. Ceux-ci, commandés par les capitaines Garnier et Tels, font des sorties nuit et jour. Montmorency  n'ayant plus ni poudre ni balles, levé le liège au bout de quinze jours.

 

1591

 

Mars, Fiac, à une lieue de Lavaur et d'Ambres , pris par Ambres. Les habitants huguenots sont tués.


19 mars. Six compagnies de gens de cheval Espagnols , chacune de cinquante  hommes, et conduits pat dom Jean de Nape, arrivent. Dom Francisco d'Armengol, Alcaide de Salses , qui mené un régiment d'Espagnols, fait des bravades  et méprise les Français.

9 avril. Joyeuse fait faire dégât aux environs de Carcassonne, et  couper les blés jusqu'aux portes de la ville. Il prend Pezens ; assiége Arsens , défendu  par les cinq cents meilleurs hommes de Mirepoix. Ils soutiennent l'assaut; mais s'étant brouillés, ils sont emportés. Arsens forcé et brûlé, et  tous tués. Cavast, ordinaire du feu roi, a une main coupée d'un éclat de canon, et est seul sauvé.
Ambres prend Roquevidal, lieu fort près de Lavaur. Joyeuse se saisit de quelques lieux entre saint Félix et Carcassonne. Auriac, tenu par les religionnaires, est quitté et brûlé ; Cambon de même, et quelques autres lieux.

Montmorency, appellé par ceux de Carcassonne, est renforcé par le colonel Alfonse, depuis maréchal d'Ornano, qui lui amené quatre cents maîtres , où se trouvent du Poet, Gouverner, et le comte de la Roche, II va par le côté de  Minerve à Alonzac, avec quatre mille arquebusiers et six cents maîtres des compagnies de Montmorency, de Caderousse, de Pujols, des Essarts, de Bebio, et  de Luquo. 

 

Joyeuse se parque à Aselle. Francisco d'Armengol ,avec la cavalerie Espagnole, sachant que l'on va donner bataille , s'en va en Espagne, sans dire adieu, et fait dix lieues sans s'arrêter. Le comte de Lodron, colonel des Lansquenets,  très fâché de cet événement, déclare au conseil qu'il veut combattre.


Le connétable ne pouvant passer pour aller à Carcassonne fans combattre, prend Maillac et assiége Azillanet , situé fur un rocher , n'ayant qu'une fausse braye, et défendu par deux cents hommes. Le canon fait brèche, et Joyeuse s'avance pour secourir. Alfonse avec  des arquebusiers dans une église , entre Cesteras et le chemin , où Montmorency vient se parquer , ayant laissé mille arquebusiers au siége. Joyeuse se met en bataille avec cinq cents quatre-vingt-dix maîtres, ayant à sa droite Hauterive et Montberaud, avec lui Honnous, le comte de Caraman, la cornette blanche portée par le baron d'Ambres, puîné de la maison, et à gauche Cornusson, Pordéac, Ambres, Clermont-Lodeve, et la Cortête.

 

Les [42]  troupes d'Alfonse ayant chargé et ayant été bien reçues par celles de Joyeuse, prennent a droite. Alfonse tait parquer cinq cents arquebusiers a l'église qui dominait les troupes de Joyeuse. Ils démontent les deux compagnies de Cornusson  et de Pordéac. Joyeuse fait tirer deux moyennes sur la cavalerie  de Montmorency :  l'escarmouche dure plus de trois heures, le passage étant trop étroit, Joyeuse ne le peut percer. La nuit survient, chacun le retire. A huit heures du soir, Joyeuse apprend qu'Azillanet est rendu.

Montmorency le retire a Olonzac, et forcé par les grandes pluies d'y séjourner douze jours, il y consume les vivres destinés pour Carcassonne. Aussemont  tombe malade , et va à Pezenas, où Montmorency le rend quelques jours après.

Alfonse va en Dauphiné.
Joyeuse retourne en la cité de Carcassonne ; les habitants de la ville basse s'étant saisis d'un clocher qui dominait la citadelle, le reçoivent enfin le 16. de décembre. Trois jours après ils font entrer Joyeuse, qui d'abord fait démolir la citadelle, où Laudanec, fils de Mirepoix , commandait.

1592

13 mai. Montoison, avec trois régiments, faisant quinze cents hommes et trois cents chevaux , sous Montfa, Luquo, Felise ??, et  Tanus  veut surprendre Lautrec. Joyeuse, averti par Ambres, vient a Ambres avec les gendarmes de son  père sous Honous, et six cents fantassins sous Bidon, maître ne camp. La Garde  commandait dans Lautrec. Montoison diffère l'exécution au lundi 25 mai.

Joyeuse envoyé contre eux quatre cents hommes fous le baron d'Ambres, puîné, et Ausitz , maître de camp  et lui avec le reste de ses troupes et le baron d'Ambres tombe sur la cavalerie des protestants , qui avoient été repoussés devant Lautrec. Ambres met en déroute la compagnie de Luquo et toute la cavalerie qui avait repassé  le ruisseau. Ils perdent cent cinquante chevaux ; et  Tanus , gouverneur d'Albigeois. Vieule, Jacques de Luques, et Gondin, maître de camp, sont pris. Une des trois troupes des protestants se retire dans le château de la Trape : ce château ayant été battu par une couleuvrine qu'Ambres avait fait faire a Lautrec, les quatre cents hommes qui étaient dedans se rendent, vie sauve. Ils font menés a Toulouse le 19.

 La cavalerie perd trois cents hommes, et Ambres est blessé a la cuisse.


Joyeuse requis par ceux de Toulouse d'assiéger Miremont, qui était de leur diocèse , ville et château fort vers le comté de Foix, défendu par cent cinquante hommes, est repoussé à l'allant ; mais la féconde troupe prend le lieu par la brèche et par escalade. Les assiégés se retirent dans le château, mettent le feu dans la ville ; ce qui empêche de changer la batterie de deux jours. Lorsqu'on  y travaille , les assiégés, faute de vivres et de secours , s'en vont de nuit. Le comte de Carman a le visage brûlé, le feu s'étant mis à quelques caques de poudre.

Juin. Joyeuse va prendre plusieurs lieux vers Castelsarrasin, au bas du diocèse de Montauban. Mausac , château fortifié de quatre éperons, rendu vie sauve et armes, après qu'il eut essuyé cinq cents coups de canon, qui ruinèrent les éperons et abattirent le couvert du château. Les assiégés avaient mis une caque de poudre et deux pétards dans la maison du jardinier du château, dans l'espérance d'y attirer Joyeuse et de le faire sauter. Un soldat allant prendre de nuit des herbes dans le jardin, découvre la traînée de la poudre sous des tuiles courbes.

Joyeuse passe le Tarn à Villemade et prend aux environs de Montauban une trentaine de lieux et plus de cents maisons où il y avait des guérites.

 

Le lendemain du jour qu’il avait logé à Saint-Nauphary et à Corbarieu,  il assiège Villemur avec quinze cents Lansquenets, deux mille fantassins du régiment de Bidon , et trois cents maîtres des compagnies de Joyeuse, Chalabre, Ambres, Montberault, la Garlete, et Caravelles de chevaux-légers. Le canon tire trois cents coups. On apprend qu'Epernon s'approche à trois lieues de Villemur avec quatre mille cinq cents hommes pour faire lever le siége : Joyeuse laisse son canon à Gaillac. Ses ordres mal exécutés, et  une pluie terrible pendant la nuit , empêchent qu'on ne conduire au fort de la Bornerie une couleuvrine qui battait le moulin du Tarn. Les troupes d'Epernon s'en emparent.

Epernon arrivé à Villemur, poursuit Joyeuse, parqué à l'entrée de la forêt de Villemur avec son canon , qui tire deux volées. La nuit s'approche et chacun va à son quartier.
Ceux de Montauban prient Epernon, logé à Saint Nauphary , d'aller assiéger quelques petits lieux près de Montels, et lui offrent des vivres et des munitions.
Epernon ne veut pas y aller, et leur prête le régiment du baron de Bordeille et un autre.

 

Joyeuse apprenant que le canon va du côté de Montels, se rend à Toulouse.
II attaque de nuit ceux de Montauban, qui avaient investi un fort près de Montels.
Il met en pièces le régiment du baron de Bordeille, et prend deux moyennes, en revanche de la couleuvrine.

8 juillet. Joyeuse assiège la Guépie, où il fait tirer deux cents coups de canon.
Le lieu est pris d'assaut et rasé, le seigneur du lieu tué et soixante et dix hommes.

Octobre. Joyeuse retourne assiéger Villemur , employant saint Vensa , sénéchal
de Rouergue, Apchier , Montberaud , Moussolens , de la maison d'Honous, Pardaillan , Bidon, saint Couat, Comps, la Courtete de la maison d'Honous , et les chevaux-légers de Caraveles , des volontaires , quatre canons et deux canons racourcis. Il fait battre Villemur, la rivière de Tarn entre deux , mais la brèche ne peut pas être pratiquable.
Le soir même Themines entre dans la place avec trois cents hommes.

Joyeuse passe le Tarn;et serre Villemur, défendu par sept cents hommes.
Chambaud, qui devoir être joint par Rastignac , assiége le château de Belmontel Joyeufe y va et  fait retirer. Une motte, où il y avait eu autrefois un village, donne moyen a Chambaud de se parquer. Saint Ginies a un bras coupé  d'un coup de pistolet de Moussolens, son proche parent.


Joyeuse fait commencer des tranchées , où le baron d'Ambres, depuis vicomte de Montcla, est blessé. Il envoyé Montberraud chercher du canon a Toulouse ; Hauterive et Comps à Castelnaudary  quatre ; et  Ambres et Albi deux.


Il fait avancer toute sa cavalerie , et amasser des vivres pour quatre jours.
Chambaud ne pense qu'à retirer Themines de Villemur. Il se présente à deux heures après minuit , et trouvant des corps de garde, il se retire a mille pas.


Résolu de retourner entièrement , croyant la cavalerie de retour, il renforce ses coureurs. L'escarmouche dure jusqu'a ce que le jour soit clair. Voyant alors qu'il n'y a point de cavalerie, il attaque l'infanterie par tête et par flancs, la met en fuite, et la suit vivement. Prêt à descendre, il fait deux grandes salves aux Lansquenets qui étaient au bas de la plaine. Ceux-ci se voyant  pressés , fuient vers le pont ; mais Joyeuse l'avait fait rompre, afin d'ôter l'espérance de fuir. Joyeuse, voyant ce désordre, va à la tête l'épée à la main, et en tue quelques- uns pour les arrêter. Moussolens, Saint Geri , fils de la Roquebouillac, et un gentilhomme du Rouergue, l'engagent à penser a se sauver. Il va avec Moussolens en nageant le long de la corde. Arrivé au dernier bateau, une pièce de bois tombe sur lui et le fait noyer.

 

Moussolens se fauve à la nage, les deux autres ne sachant nager , sont pris.

Pardaillan , Bidon et  Pradel, dix ou douze gentilhommes et 200 hommes, sont tués.

Honous se retire avec sa compagnie, en combattant pendant une lieue.

 

Les chefs de feu Joyeuse rassemblés à Saint-Sulpice et apprenant que Messilac et Chambaud sont retournés chez eux, vont à Toulouse pour éviter la division.

 

Les commandants des diocèses empêchent qu’aucun village ne se perde.

Les chefs trouvent à Toulouse le cardinal de Joyeuse, nommé gouverneur du pays par la cour et par la ville. Le cardinal fait ses regrets et reçoit ceux de ses amis. On résout de lui obéir, et que le P. Ange de Joyeuse, son frère, quittant l’habit, expose sa vie en cette cause, et même contre les protestants. Les théologiens de tout ordre décident que cela peut se faire en conscience. Les chefs vont au couvent : le gardien [NDLR supérieur] dispute longtemps. Le P. Ange se rend sur les trois heures chez son frère le cardinal. On lui fait des armes, des bottes et les accoutrements nécessaires. Le lendemain montant à cheval, il va à la guerre vers Villemur. A son retour il congédie Saint Vensa, Apchier et les autres capitaines. Un mois après il fait une trêve avec le connétable et la prolonge ensuite. [44]

 

Des guerres de la Ligue en languedoc, table chronologique  - Tome 2 d’Ambres

 


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