PEYRUSSE   



 

 

Antoine Peyrusse

curé constitutionnel et révolutionnaire

 

 Une figure particulière au ur de la révolution

Antoine Peyrusse est un ministre du culte que l’on rencontre à Villemur.

 Le culte catholique au cours et après la révolution ne le mentionne pas. Par contre le registre des délibérations le mentionne à plusieurs reprises.

C’est un prêtre constitutionnel venu s’implanter à Villemur. Nous apprenons qu’il est né à Muret, que c’est un feuillant et qu’il est qualifié de « terroriste »

 

Parmi les prêtres du diocèse de Toulouse  on relève :

Antoine Peyrusse : 1765 - 1835, né le 7 avril 1765, vicaire à Saint-Béat en 1804, curé de Saint-Béat vers 1810. Il y est mort le 31 mai 1835. [Sources Manière, Archiviste diocésain].

On rencontre un Peyrusse en 1815, curé de Saint-Béat  porté sur une liste des ''prêtres dévoués au gouvernement''. Le même est mentionné en avril 1824. En 1832 l'Evêque est allé à Saint-Béat, Peyrusse lui écrit à ce sujet :" Je vous prie de recevoir de nouveau tous les sentiments de reconnaissance le plus sincère. Votre présence avait porté un baume dans mon coeur. Il demande de s'absenter pour raison de santé; il se retirera dans le diocèse de Limoges chez son beau-frère M. Decaze [dont le neveu le duc Decaze serait à même d'appuyer une demande conjointe auprès du mionistère des cultes]. En juin 1833, le 7 juin, il demande à l'Evêque l'autorisation de prolonger son absence  à Limoges pour le rétablissement de sa santé, assurant l'évêque que ce n'est pas sans motif légitime  qu'il s'absente de son troupeau - il a quitté Saint-Béat le 9 mai.Autorisation accordée le 12 juin.

 

 

L’Eglise constitutionnelle reçoit un prêtre hors norme exerçant le culte. Il s’agit  d’Antoine Peyrusse, prêtre jureur, présent à Villemur en 1794 ; il célèbre à l’église Saint-Michel.

 

Le rapport de l’Etat du diocèse de Montauban de de 1799 nous donne une photographie générale de Villemur dans son histoire religieuse pendant la Révolution : « Villemur :  Peuple généralement assez disposé pour la religion, quoique la minorité se soit horriblement comporté pendant la Terreur. La majorité est  pauvre, mais désire un bon prêtre ; il y a environ 2.000 communiants. Avec le curé légitime M. Rosière, il y avait sur cette paroisse le titulaire de Bondigoux, M. Dézes, M. Viguier, neveu, M. Agar, curé de Nohic, et le P. Desclarau (NDA - lire Desclassan qui était cordelier à Toulouse)  qui  jouit de beaucoup de considération. Les capucins rendaient aussi de grands services. Un intrus, le P. Peyrusse, natif de Muret, feuillant, terroriste[1] ; il était généralement méprisé »[2].

Le prêtre Peyrusse, comme les documents le nomment, est  considéré comme un terroriste[3], se joignant à la Terreur. Il sème le trouble dans la ville à plusieurs reprises, ameute la population, ce qui indispose et inquiète la municipalité. Le 21 janvier 1800, il prête à nouveau serment pour exercer les fonctions cultuelles dans la commune de Villemur ; de même le 17 juillet 1800[4].

 

 

Antoine Peyrusse , un étonnant parcours.

Un prêtre hors norme. Une sorte d’agitateur, de citoyen terroriste, au moment de la Révolution. On ne sait top comment il arrive à Villemur. Il y arrive en 1794, après avoir été à Lagardelle et Cornebarrieu, avec la recommandation du Préfet qui écrit au Maire : « Peyrusse se rend dans votre commune pour des affaires particulières. Vous voudrez bien veiller à ce qu’il ne soit point inquiété en aucune manière ». Meneur de troubles, anarchiste, perturbateur, tels sont les qualificatifs le désignant. Les responsables politiques le dénoncent et le craignent. Il est mis le 1er juillet 1800 en possession de l’église de Villemur. Il conduit des mouvements populaires au lieudit du Pech, le 12 juillet 1800, ses amis criant « nous voulons M. le curé, malgré les municipaux et ce commissaire de police, il faudrait le tuer ». Nouveau mouvement le 15. Il est vu, place Saint-Jean,  lors d’un attroupement de vingt-cinq hommes environ. On l’a vu entrer dans la maison de Girou[5], anarchiste notoire. Malpel, maire,  demande à l’autorité départementale de refuser ou du moins d’ajourner la demande qu’il a faite de l’église Saint-Michel pour exercer le culte catholique. Il  est venu à la mairie « escorté de quatre hommes qui l’accompagnaient et avaient l’air de satellites et de quatre autres restés dans le corridor pour y faire la sentinelle » ! En juillet 1800, le calme revient. Malpel propose qu’éventuellement on lui accorde l’église de Magnanac. Peyrusse est un homme surveillé, les rapports sont nombreux à son sujet. Pourtant, le 13 août 1800, Peyrusse rentrant de Toulouse  où il a vu le Préfet, est accueilli triomphalement. Malpel le considère comme un homme dangereux, ayant trop d’influence sur le peuple qu’il égare, notamment les marins. Pour éviter   des troubles « une guerre civile[6] », il faut  appeler des forces à plusieurs reprises, il en est ainsi, avec 20 soldats au  début 1801. La municipalité n’a de cesse de demander au Préfet l’éloignement de Peyrusse. Cette mesure est décrétée le 23 janvier 1801 [3 pluviôse an IX]. Peyrusse doit se rendre à Muret, sa ville natale, et y rester jusqu’à nouvel ordre. Le courrier le désigne souvent par ces initiales « le p.p. », i.e. le prêtre Peyrusse. La municipalité, un mois plus tard, craint qu’il ne soit autorisé à revenir, et peut-être réintégré, et qu’il ne compromette, dès lors, la paix retrouvée. Ne s’est-il pas « vanté souvent de devenir quelque jour maire de Villemur ». En juillet de cette même année, une  pétition, adressée au préfet, demande, en effet, le retour du prêtre Peyrusse. Au Concordat, Antoine Peyrusse fait partie de ces prêtres réintégrés. Il est vicaire, puis curé à Saint-Béat.

Il est né le 7 avril 1765 à Muret, Il a été religieux feuillant avant la Révolution. Il est mort le 31 mai1835 à Saint-Béat.

 

 

 



[1] Antoine Peyrusse, prêtre ayant prêté les serments, venu à Villlemur et y demeurant.  Une présentation est faite par ailleurs de ce prêtre hors norme. Les Feuillants sont une congrégation religieuse fondée en 1145 à Feuillant près de Muret, dans le diocèse de Rieux, par le comte Bernard  IV de Comminges et rattachée à l’ordre de Citeaux (saint Bernard). Notre-Dame de Feuillant est ensuite réformée par Jean de la Barrière (abbé : 1577-1600). En 1789 l’ordre ne comportait plus que 24 maisons et 162 religieux. L’ordre est dissous en 1791. Une communauté avait été fondée 1563, à l’actuel séminaire de Toulouse, rue des Teinturiers. Quatre feuillants ont été chassés de ce monastère à la Révolution.

[2] Cet état du diocèse de Montauban est sans concession, plutôt sévère. Il y décrit l’état humain et religieux du pays, le positionnement des prêtres, la disposition des fidèles pendant la Révolution et notamment au temps de la Terreur, le nombre de communions.

[3] Ce qualificatif est employé dans le rapport fait par le diocèse de Montauban. « Etat du diocèse de Montauban rédigé en 1799 » in Camille Daux, Histoire de l’Eglise de Montauban, op. cit., tome 2,VII, p. 78 sq.

[4] Ces informations proviennent des registres des délibérations de Villemur – an VIII p.177-178.

[5] Girou, en 1794  était membre du comité de surveillance de la commune de Villemur. Cf. AM-Villemur, 1 P 2 24 Ventôse an II [14 mars 1794].

[6] Cette formulation excessive employée par le Maire, dans sa lettre au Préfet, souligne avec force le danger que fait courir Peyrusse.

 

on a déjà croisé ce personnage présenté par M. Marcel Peyre - voir ci-dessous

 

 

 

L’état du diocèse de Montauban en 1799 décrit ainsi la situation à Villemur :

« terriblement comportée pendant la Terreur. La majorité est pauvre, mais désire un bon prêtre ; il y a environ 2000 communiants. Avec le curé légitime M. Rosières, il y avait sur cette paroisse le titulaire de Bondigoux M. Dèzes, M. Viguier neveu, M. Agar curé de Nohic, et le P. Desclarau[1] qui jouit de beaucoup de considérations. Les capucins rendaient aussi de grands services. Un intrus, le P. Peyrusse, natif de Muret, feuillant, terroriste ;  il était généralement méprisé ».


 

 

30 germinal an 7 [19 avril 1799], Antoine Peyrusse ministre du culte, p 111

 

L’état du diocèse de Montauban en 1799 décrit ainsi la situation à Villemur :

« terriblement comportée pendant la Terreur. La majorité est pauvre, mais désire un bon prêtre ; il y a environ 2000 communiants. Avec le curé légitime M. Rosières, il y avait sur cette paroisse le titulaire de Bondigoux M. Dèzes, M. Viguier neveu, M. Agar curé de Nohic, et le P. Desclarau[1] qui jouit de beaucoup de considérations. Les capucins rendaient aussi de grands services. Un intrus, le P. Peyrusse, natif de Muret, feuillant, terroriste ;  il était généralement méprisé ».

 

 

Peyrusse, prêtre - soumission

Cejourd’hui premier pluviôse l’an 8  [21 janvier 1800] de la République française une et indivisible, l’administration municipale de la commune de Villemur             assemblée au lieu ordinaire de ses séances, présents les citoyens Caussé président, Girou, Seignouret, administrateurs municipaux, le commissaire du gouvernement présent

A comparu le citoyen Antoine Peyrusse prêtre ministre du culte catholique habitant de cette commune lequel nous a déclaré vouloir continuer d’exercer ses fonctions religieuses dans les églises situées dans l’arrondissement de cette commune ce qu’il ne pourrait faire s’il ne faisait le serment prescrit par l’arrêté des consuls  de la République du 7 nivôse dernier ; en conséquence il offre de se conformer tout présentement au susdit arrêté et de suite ledit Peyrusse a dit « je promets fidélité à la constitution

Signature

       celle-ci en l' an VII à Villemur

                                                                   à comparer avec celles ci-dessous 

Suit

 

L’administrateur municipal vu la déclaration ci-dessus ensemble la loi du 11 prairial an III celle du 7 vendémiaire an IV , le tout relatif à l’exercice du culte ensemble l’arrêté des consuls de la République du 7 nivôse dernier  sur le serment a prêté par les ministres du culte,

Le commissaire du gouvernement entendu, arrête que l’heure du culte catholique demeure fixé dans la présente commune à compter du 1er vendémiaire jusqu’au 1er germinal, à savoir pour l’avant-midi à 7 et 11 h du matin et pour l’après midi, 1 h à 3 h, et depuis le susdit jour 1er germinal jusqu’au 1er vendémiaire, pour l’avant-midi à 6 et 10 h du matin et pour l’après midi, à 1 h à 3 h et de tout ce dessus avons donné acte au citoyen Peyrusse et l’avons invité à se conformer aux lois et arrêtés présentés ?? relatifs à son exercice, ainsi a été délibéré.

 


[1] Ne faut-il pas lire Desclassan.

 

 

Culte Peyrusse - ministre

23 messidor an de l’an 8 [12 juillet 1800], Antoine Peyrusse, ministre du culte catholique, apostolique et romain, lequel pour se conformer à la loi du 21 nivôse a fait la déclaration suivante : « je promets d’être fidèle à la constitutio,n, de quoi lui avons donné acte

 

Aujourd’hui 28 messidor l’an 8 [17 juillet 1800] de la République française une et indivisible, les maires et adjoints de la commune de Villemur assemblés dans le lieu ordinaire de leur séance a comparu le sieur Antoine Peyrusse, ministre du culte catholique, lequel a déclaré qu’il se présente devant nous pour demander la ci-devant église Saint Michel à l’effet d’y exercer le culte catholique conformément à la loi du 11 prairial anIII et à la loi du 7 vendémiaire an IV sur la police des cultes, le dit Peyrusse nous déclarant qu’il avait exercé les mêmes fonctions auparavant dans ladite église..

Sur quoi les maire et adjoint délibérèrent ; vu la lettre du Préfet du département de la Haute Garonne en date du 24 messidor courant reçu ce jourd’hui, laquelle porte qu’on ne pourra à l’avenir accorder aucun édifice pour le culte sans en avoir auparavant prévenu le sous-préfet et avoir obtenu son consentement par écrit.

Arrêtent qu’ils ne peuvent accorder la demande dudit Peyrusse, sans avoir prévenu auparavant le Préfet du département de la Haute-Garonne, et avoir obtenu son consentement par écrit, et que de suite il lui sera écrit à ce  sujet. Ainsi délibéré ledit Peyrusse a signé avec nous.

 

 

 

Une présentation du curé Peyrusse

 

A la fin de la Révolution, un prêtre villemurien déploya une activité particulière. C'est l'abbé Peyrusse, un marginal que nous rangerions aujourd'hui parmi les gauchistes. Pendant la Terreur, il célébrait des messes clandestines à la Tour de défense. Après la chute de Robespierre, avec le Directoire qui succède à la Convention, les persécutions cessent. Mais en 1799, les jacobins succèdent aux modérés et font voter par l'assemblée la loi des otages. Loi terrible qui permet de se saisir des parents ou amis des adversaires de la Révolution, loi qui fait régner l'arbitraire et qui pour cela ne sera guère appliquée dans le pays. Peyrusse prêche le jacobinisme aux Villemuriens. Il recrute parmi les marins ses adeptes les plus nombreux. Il fonde une section locale des Amis de la constitution, club qui réunit les jacobins ardents, et se fait nommer « régulateur » (animateur) de ce club. A ce titre il demande et obtient l’exécution de la loi des otages. Il fait arrêter 40 citoyens, tous adversaires politiques. Peyrusse ne trouve pas à Villemur l'adhésion populaire à ses idées ni l'approbation de ses actes. Il réquisitionne alors dans les communes environnantes une troupe de 500 partisans armés de fusils de sabres et de faux. Avec elle il pénètre dans la ville. Les otages enchaînés sont promenés sur une mauvaise charrette dans les rues de la cité. Peyrusse fait accompagner à Toulouse ce cortège lamentable. Les otages sont incarcérés. Pendant ces événements et dans les jours qui suivirent Peyrusse fit héberger ses partisans chez les particuliers et dans les auberges.

Au procès des prisonniers, le jury de Toulouse n'accordera pas foi aux témoignages à charge des personnes soudoyées ou circonvenues par Peyrusse et tous les otages seront libérés.

La paix religieuse revenue, l'autorité ecclésiastique relégua ce prêtre extrémiste dans les paroisses de Villaudric puis de Sayrac. Les fidèles de ces localités ne semblent pas avoir apprécié ses services car il fut appelé à exercer son ministère dans l'Aude.

Marcel Peyre – du passé au présent

NDLR : Nous n'avons pas trouvé trace de lui  sur Sayrac

 

 

 

 

signature Peyrusse  à Saint Béat en mai 1834                         en juin 1833
    

[1] Ne faut-il pas lire Desclassan.

 


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