pendant la Révolution   



 

            des temps difficiles

   les Teysseyre au temps de la Révolution

 

 

 

Monographies de Bouloc, Villeneuve-lés-Bouloc  et Vacquiers , canton de Fronton   

par Adrien  Escudier, 1933, Fournié, Toulouse p 114-121

 

 

La région de Vacquiers sous le Directoire[1]

 

 

Deux mois après, la Convention avait cessé d'exister. Avant de se séparer, elle avait voté la Constitution de l'An III qui organisait un pouvoir exécutif de cinq membres, appelé Directoire, nommé pour quatre ans (5 Brumaire, An IV [27 octobre 1795] ).

Le nouveau Gouvernement s'empressa de faire désigner dans chaque commune des agents municipaux qui lui fus­sent dévoués. Il nomma dans chaque canton un commissaire provisoire avec mission d'inviter les agents à se rendre au chef-lieu « pour prendre place à l'Administration munici­pale et procéder à la nomination du président ».

Ils étaient chargés, en particulier, de purger la contrée des prêtres insermentés, dit « Réfractaires », qu'ils devaient ar­rêter et livrer à l'autorité centrale du département.

Cette importante réunion fut tenue à Fronton, le 29 Bru­maire suivant, à 10 heures du matin, dans la salle de la mai­son commune, située alors sur la place du Marché, à l'en­trée de la rue de la Ville.

Il fut prescrit que les séances se tiendraient à Fronton, où résidaient et la brigade de gendarmerie et  le citoyen Pierre Baville, maire, nommé commissaire titulaire du Di­rectoire exécutif pour le canton de Villemur, composé de quatorze communes, à savoir :

Villemur, Bessières, Bondi­goux Fronton, Layrac, La Madeleine, Le Born, Magnanac, Le   Terme, Mirepoix, Sayrac, Vacquiers, Villaudric, Villematier.         

 

Cette nouvelle Administration municipale était subordon­née aux directives administratives du département qui, à leur tour, étaient tenues d'observer toutes les directives mi­nistérielles.

Mais l'histoire locale restant muette sur les suites qu'au­rait du entraîner cette réunion vis-à-vis des prêtres réfrac­taires, il est à croire qu'il ne s'en trouva point dans la région frontonnaise. C'est d'ailleurs ce que certifia, l'année sui­vante, le commissaire de Fronton à l'Administration cen­trale du département.

 

Il n'en fut pas de même aux environs de Villemur.

En effet, après avoir été investi de ses fonctions, le commissaire Baville informa officiellement le citoyen Roques, juge de paix de Bessières, qu'il venait d'être prévenu que, le 4 du courant (25 décembre 1795), à Bessières il s'était pro­duit un mouvement insurrectionnel occasionné par deux prêtres réfractaires, à la suite duquel l'autorité publique avait été méconnue en la personne du citoyen Flottes, agent municipal du lieu.

 

Dans sa lettre il ajoutait : « Cette infraction à la loi étant répréhensible et les auteurs devant être connus, vous devez envoyer le procès-verbal que vous dresserez au commissaire du Directoire exécutif du département chargé de poursui­vre rigoureusement les coupables et de surveiller l'exécution des lois. »

 

Dès que le juge de paix de Bessières fut en possession de la lettre du commissaire Baville, il s'empressa d'en informer l'Administration centrale du département par une longue lettre dont nous reprodisons le passage principal

 

« Le fanatisme a levé une tête audacieuse dans la commune de Bessières, deux prêtres réfractaires dont l'un est  porté sur la liste des émigrés qui paraissent avoir dans cette commune beaucoup de partisans, il est urgent de  prendre des mesures pour l'arrestation de ces deux prêtres et procéder sur-le-champ contre les auteurs, fauteurs et complices, sans quoy il est à craindre que le poison ne se répande dans les communes circonvoisines. »

 

Des recherches furent faites aussitôt, et il fut établi que le prêtre dont il était question n'était point comme on le soupçonnait, le nommé Escouboué, originaire de Montjoire, et porté sur la liste des émigrés, mais qu'il s'agissait « d'un « autre qui a dit une messe de minuit et une autre le 4 au « matin ».

 

D'autres dénonciations furent portées au commissaire du Pouvoir exécutif près l'Administration du canton de Ville­mur, séant à Fronton.

On affirmait qu'il existait des prêtres réfractaires dans plusieurs paroisses et notamment dans les communes de Vacquiers, de Bessières et de Mirepoix.

 

Ordre fut immédiatement donné au commandant de la brigade de gendarmerie, en résidence à Fronton, de procéder a des recherches minutieuses dans ces trois communes, d'ar­rêter les prêtres en question et de les traduire devant le juge de paix ou devant l'accusateur publie du Tribunal criminel du département.

 

Voici la réponse qu'après enquête négative, le commissaire Baville fit parvenir à l'Administration centrale du départe­ment.

Nous la reproduisons presque en entier

 

« Je regrette que le rapport fourni par la gendarmerie ne m'ait pas donné de bons résultats; ainsi à Vacquiers, où il y avait le nommé Gayral, prêtre, il n'a pu être découvert.

 « Les personnes chez qui les gendarmes firent des visites  domicilaires leur répondirent que Gayral avait quitté la commune depuis quelque temps, fait assuré par l'agent  municipal[2]

« Ayant demandé de plus fort s'il n'y avait point d'autres prêtres réfractaires dans la commune? Et si d'après les menées actives qu'ils mirent dans cette inspection, ils n'avaient rien appris?

 

Ils répondirent : « Qu'ils avaient découvert le nommé Denaude, cy-devant chevalier et pensionné par le cy-devant  Ordre de Malte lors de la réunion des biens de ce corps  à ceux de la Nation. »

« Ils l'arrêtèrent alors, mais dans une triste position, pour être conduit à Toulouse, puisqu'il était dangereusement malade et joignirent comme pièce à l'appui l'attestation  du citoyen Onazat, médecin de Toulouse, donnant le détail de la maladie. »

 

Le procès-verbal dressé par la gendarmerie fut également transmis par le commissaire Baville à l'Administration cen­trale du département.

 

Sur ces entrefaites, l'agent municipal de Vacquiers se ren­dit à Fronton pour informer le commissaire du Directoire exécutif qu'il avait eu soin de placer deux gardes nationaux auprès du prêtre Denaude pensionné pour le garder, mais que ceux-ci étant cultivateurs, préféraient aller travailler leurs terres que de rester auprès de lui, qu'il n'avait point de fonds pour payer ces gardiens et que le prêtre n'en avait point non plus.

 

L'agent municipal ajouta : « Si le prêtre eut été bien por­tant, son arrestation aurait été toute simple, il aurait été « conduit tout de suite à Toulouse. »

Dans sa lettre, le commissaire demande à l'Administra­tion centrale des éclaircissements propres à ce dernier objet et prie l'Administration de lui tracer la conduite qu'il doit tenir.

 

Après avoir perquisitionné à Vacquiers, les gendarmes se rendirent à Bessières, où un prêtre soupçonné de n'avoir point exécuté les lois de 1792 et 1793, fut découvert.

Ils l'arrêtèrent aussitôt, mais comme il était lui aussi ma­lade, il fut mis par l'agent municipal sous la sauvegarde du commandant de la Garde nationale de la commune qui leur fit « descharge ».

Pièce justificative transmise aussitôt à l'autorité compé­tente, « car est-il dit », cecy mérite une instruction de votre part. »

 

Après Bessières restait encore la commune de Mirepoix, où la brigade de gendarmerie se livra également à de sérieu­ses recherches.

Des renseignements furent pris, auprès des habitants; on fouilla un peu partout dans les maisons; mais peine per­due; les gendarmes durent déclarer n'avoir découvert aucun réfractaire.

Ils se retirèrent, emportant avec eux « de grands soub­çons qu'il y en a un de caché, de même qu'à Lairac, avec l'espoir de tâcher de les arrêter à la première occasion. »

 

            

Le commissaire du Directoire exécutif continuant sa let­tre, s'exprime ainsi :

« Je vous confirme ma dernière du 12 Ventôse (12 mars 1796), relative aux volontaires de la première réquisition, qui en. voyant les gendarmes dans la tournée qu'ils ont fait contre les prêtres, se sont cachés pour éviter leur arrestation, j'ai ymaginé un stratagème que je mettrai à exécution demain.« Si je suis bien secondé par les agents municipaux, il  n'en échappera pas un; comme aussy s'il ne réussit pas  j'enverrai des gendarmes en garnison chez leurs parents. »Et il ajoute en terminant : « Je n'aurais jamais cru, lors qu'ils prirent leurs feuilles de route, qu'ils eussent été  aussi tenaces à deffendre leur patrie. »

 

La loi du 18 Messidor, An IV (6 juillet 1796), prescrivait des visites domiciliaires à faire pendant un mois après l'application de cette loi.

Pour procéder à ces visites obligatoires dont le but prin­cipal était de rechercher les réfractaires, le commissaire du Directoire exécutif du canton se rendit dans la commune de Layrac, accompagné des citoyens Crubilhé, agent munici­pal de cette commune, et de Cabié, agent municipal de Vil­laudric, suivis d'un détachement de quarante hommes de la Garde nationale.

Leur première opération fût d’investir, dans la nuit du 10 au 11 thermidor[3], la maison du nommé Jean Teysseyre, habitant de Lescalère, attendant qu’il fit jour pour visiter sa maison et arrêter les gens suspects qu'on es­pérait y découvrir.

 

Etant entrés sans résistance, les trois agents demandèrent à parler au maître de la maison, Jean Teysseyre, qui se trouva absent.

Ils ordonnèrent alors que tous les habitants de la maison leur fussent présentés : ce qui eut lieu aussitôt.

 

Mais les agents durent reconnaître qu'il n'y avait là que les sœurs et les enfants de Teysseyre et trois domestiques de labour.

Ils interpellèrent une de ses sœurs  : « Portant la parole si son frère ne donnerait point azile à Viguié, prêtre sexagé­naire, ex-curé du dit Layrac; elle répondit peu sur cette question, mais assura qu’il n'était point dans la maison; pour nous en convaincre nous fouillâmes avec le plus grand soin et ne le trouvâmes pas. »

Mais étant parvenus à une chambre et après l'avoir ou­verte, ils trouvèrent un individu dans un lit et lui demandè­rent qui il était, il leur déclara aussitôt être François Viguié, prêtre, neveu du curé. Il leur dit s'être fracturé une jambe dans la commune de Buzet.

Les agents lui déclarèrent alors qu'il tombait sous le coup de la loi du 18 Messidor (6 juillet 1796), et le mirent en état d'arrestation.

Ne pouvant être transporté à Toulouse à cause de son « incommodité », ils placèrent provisoirement auprès de lui une garde de six hommes jusqu'à ce que l'autorité supé­rieure en eut ordonné autrement.

Voilà comment cette modeste maison de l'Escalère est en­trée dans l'histoire régionale jusqu'au 2 mars 1930, jour mémorable, où une crue du Tarn sans précédente l'emporta dans ses vagues furieuses  [4]

 

D'autres maisons du village, désignées par l'agent municipal de Layrac comme suspectes, furent également inspectées; mais aucune d'elles ne renfermait des personnes visées par la loi et arrêtés précités.

 

Il en fut de même dans les communes environnantes qui furent visitées minutieusement avant la rentrée des trois agents à leur domicile.

 

De tout ce qui précède, procès-verbal fut dressé et envoyé a l'Administration départementale.

 

On y précisait surtout ce qui avait trait à l'arrestation de François Viguié, prêtre, et à la menace du commissaire du Directoire exécutif à la famille Teysseyre et qui est ainsi conçue : « J'ai promis à la famille Teysseyre que s'ils donnaient azile au vieux Viguié, ex-curé, toutes les précautions seraient prises pour qu'il fut arrêté et que Teysseyre lui-même le serait aussi pour être jugé en exécution de la loi du 22 Germinal, An II, qui déclare complices des prêtres déportés les citoyens qui les recèlent. »

 

On lit en post-scriptum :

 « La Garde nationale, dans ces visites, s'est conduite en républicaine vertueuse et l'article 3 de l'Arrêté du département du 27 courant a été strictement observé » (Registre de correspondance du commissaire Baville, propriété de l'auteur).

 

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Voir biographie : famille VIGUIER   CLIC

 

 

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 Les Teysseyre de Layrac 

au temps de la Révolution

 

Génération 1

Jean TEYSSEYRE voit le jour en 1755 à Layrac-sur-Tarn (31340).

Il est le fils légitime de François TEYSSEYRE [né le mardi 14 octobre 1721 à Layrac-sur-Tarn (31340) – Grinde, fils de Jean Teysseyre et de Marie Arnal  ; décédé à 81 ans le 14 juin 1803]

et de Jeanne AUDEBAUT.

 

Il s'unit avec Jeanne BASTIDE, la fille légitime d'Antoine BASTIDE et de Françoise CHAUBARD.

Ce couple aura six enfants :

-François né en 1784.

-Jean né vers 1787.

-François né en 1787.

-Jean-François né en 1787.

-François né en 1789.

-Jeanne née en 1793.

 

Jean TEYSSEYRE est décédé le mercredi 12 avril 1809, à l'âge de 54 ans, à Layrac-sur-Tarn (31340).

maire de la commune de Layrac. [Janvier 1808].

 

 

Génération 2

1

François TEYSSEYRE voit le jour en 1784.

Il est le fils légitime de Jean TEYSSEYRE, et de Jeanne BASTIDE.  

 

François TEYSSEYRE est décédé en 1787, à l'âge de 3 ans.

 

2

Jean TEYSSEYRE voit le jour vers 1787.

Il est le fils légitime de Jean TEYSSEYRE, et de Jeanne BASTIDE.

né vers 1789-90.

 

Jean sera propriétaire cultivateur.

 

Il s'unit avec Madelaine BRESSOLES, la fille légitime d'Antoine BRESSOLES et de Jeanne GARY.

Leur mariage religieux est célébré  le jeudi 28 mars 1811 à Tauriac (81630). Branche de TAURIAC

Ce couple aura six enfants :

-Jeanne Marie née en 1813.

-Jean Antoine né en 1815.

-Jean François né en 1817.

-Léon François Elphège né en 1820.

-Jeanne Marie Apollonie née en 1821.

-Jean Pierre" Irénée" né en 1829.

 

 

3

François TEYSSEYRE voit le jour le mercredi 28 février 1787 à Layrac-sur-Tarn (31340).

Il est le fils légitime de Jean TEYSSEYRE  et de Jeanne BASTIDE.

 

François TEYSSEYRE est décédé le mercredi 14 mars 1787, à l'âge de moins d'un an, à Layrac-sur-Tarn (31340).

Note : jumeau de Jean-françois.

 

 

4

Jean-François TEYSSEYRE voit le jour le mercredi 28 février 1787 à Layrac-sur-Tarn (31340).

Il est le fils légitime de Jean TEYSSEYRE, âgé de 32 ans et de Jeanne BASTIDE, âgée de 24 ans.

 

 

5 - Sosa : 16

François TEYSSEYRE voit le jour le dimanche 22 mars 1789 à Layrac-sur-Tarn (31340).

Il est le fils légitime de Jean TEYSSEYRE et de Jeanne BASTIDE.

 

 

Il s'unit avec Pétronille FAURÉ dite Perette, la fille légitime de Jean Baptiste FAURÉ et de Catherine FAURE.

François TEYSSEYRE et Pétronille FAURÉ concluent un contrat de mariage le 12 août 1812.

cf Partage de 1850 i

 

Ce couple aura douze enfants :

-Jean né en 1814.      branche des Teysseyre de Layrac (Barbe/Pradine/Pélissier)

-Jean-Baptiste né en 1815.

-Marie-Bathilde née en 1817.

-Madelaine Claudine 1ère de Nom née en 1818. sœur bleue de Castres (Gabon)

-Césaire Jean-Marie Auguste né en 1821.

-Jeanne-Marie-Clémence née en 1822. religieuse carmélite, monastère de Montauban

-Jean né en 1824. prêtre, professeur et économe Petit Séminaire (l’esquille)

-Jean-Baptiste né en 1827.  Branche des Teysseyre de Sayrac

-Jean-François né en 1829.

                    Branche des Teysseyre/Jouet./Grimal de Bessières/Villemur

-Marie née en 1830.

-Jean-Antoine né en 1832. , prêtre du diocèse d’Alger, puis curé de La Magdelaine 31

-Madelaine Claudine 2° de Nom née en 1833.

 

  

6

Jeanne TEYSSEYRE est née en 1793.

Jeanne TEYSSEYRE est décédée en 1796, à l'âge de 3 ans.

 

 



[1] l’orthographe des documents cités a été reproduite.

[2]  C'est ce même abbé Gayral qui, sommé de comparaître devant la municipalité de Vacquiers, y fit, le 4 Brumaire (26 octobre 1795), la déclaration suivante :

« Je reconnais que l'universalité des citoyens français est le Souverain et je promets soumission et obéissance aux lois de la République.

« Signé : Jean-Gabriel GAYRAL, curé, âgé de quarante ans. »

[3]  c’est à dire la nuit du 28 au 29 Juillet 1796 [NDLR]

[4]  La propriété de 1’ Escalère, située dans la communauté de Lay­rac, appartient à la famille Teysseyre depuis un temps immémorial. . En 1788, François Teysseyre fat nommé syndic du Conseil de la communauté et élu maire de Layrac, le 7 mars 1790, par les membres du Conseil municipal (Registres communaux).

 


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