Paroisse de La Magdelaine   



Paroisse de la Magdelaine

 

 

LA MAGDELAINE

 

Eléments pour une histoire de La Magdelaine 

 

Les seigneurs de La Magdelaine

 

-Les Quentin-Beaujeu sont seigneurs de la Magdelaine. Un Guillaume de Quentin,  seigneur de La Magdelaine, fait le dénombrement de ses fiefs nobles devant les capitouls le 5 avril 1689. Les Armes des Quentin-Beaujeu sont : d’'argent, à trois aiglettes de sable, allumées de gueules.

-On rencontre aussi la famille de Busquet, établis sur La Magdelaine au XVIIe siècle. Denis, écuyer, docteur-avocat, maître particulier des eaux et forêts (1623), capitoul en 1621-1622, a 7 enfants dont Jacques de Busquet, maintenu noble en 1668 et porté demeurant à Villemur, et Pierre, sieur de Fonblanque qui épouse Anne de Pagès.

François de Busquet, un fils de ces derniers, épouse avant 1692 Lucrèce de Roland. Leurs enfants sont baptisés à La Magdelaine. Une de leurs filles, Anne, née le 18 décembre 1692, demeurant à la Busquette, épouse Alexandre de Casteras de la Rivière sous-aide-major au régiment du Beaujolais. Alexandre de Casteras de la Rivière épouse en 2ème noces Anne Joséphine d’Aubuisson de Voisins,  née en 1771, fille de Jean-François d’Aubuisson de Voisins et de Jeanne Françoise Dassié, famille demeurant à Sayrac, paroisse voisine.

 

Du mariage Busquet/Casteras naissent deux filles, l’une, Bernarde, décédée en bas-âge, l’autre Elisabeth-Françoise-Jeanne qui épousera en 1799 Tristan-Jean-Joseph-Henri de Ferrand-Visols. Ce dernier, électeur du département de la Haute-Garonne, membre du conseil de l’arrondissement de Toulouse, est nommé Président du canton de Villemur en août 1813. Il fait partie des grandes fortunes toulousaines sous la Révolution. En 1816, Henri de Ferrand-Visols est le président de la Fabrique de La Magdelaine[1].A son décès, sa fortune s’élève à 147 500 fr. Ils n’avaient pas moins de 7 métairies, dont  le château de la Busquette, les métairies de Jammetous, Mellets, Camparol, Martigne, La Peyroutoune. Cf. Jean Sentou, Fortunes et groupes sociaux à Toulouse sous la Révolution, 1789-1799, Essai d’histoire statistique, Privat, Toulouse, 1969, p. 190. De ce mariage, nait une fille unique, Alexandrine-Antoinette-Henriette-Elisabeth de Ferrand-Visols.

 

Avant la Révolution

Les fruits décimaux de la Madeleine perçus par l’abbaye de Saint-Sernin représente 1.500 livres.

Au lieudit Camparol, le collège Sainte-Catherine de Toulouse a une terre de plus de trois hectares. environ [5 arpents ½].

 

Un peu avant 1777 le territoire de cette paroisse avait été réuni à celui de Villemur pour tout ce qui regarde l’administration de la communauté, et le restera jusqu’en 1882 où fut créée la commune de la Magdelaine-sur-Tarn. 

 

A la Révolution

Le 30 mai 1794 [11 prairial an II], il est décidé que les tuiles et débris provenant des pointes des divers clochers qui ont été abattus seront vendus aux enchères, ce qui est fait, après annonces écrites et criées le 15 prairial an II [3 juin 1794]. Les débris du clocher de La Magdelaine sont adjugés 80 livres à Vieusse.

 

 Le 4 nivôse an V [24 décembre 1796], des habitants  de La Magdelaine demandent la permission d’ouvrir l’église pour le culte à la suite de Villemur. Le 19 pluviôse an V [7 février 1797], des habitants demandent à nouveau l’ouverture de l’église de La Magdelaine au culte, à la suite des demandes similaires faites par des habitants de Villemur pour leur église, quelque semaines plus tôt.   

 

 

La Magdelaine devient la commune de La Magdelaines-sur-Tarn en 1882

La demande d’érection de la Magdelaine en commune est une vieille affaire. Toutes les paroisses revendiquèrent cela à un moment ou l’autre, seules ou groupées.

La Magdelaine se constitua en municipalité en 1790, faisant retour à la commune de Villemur  à la fin de l’année 1790. Entre 1802 [an X] et 1804 [an XII], La Magdelaine est à nouveau comptée parmi les municipalités.

En 1812 un projet de division de la commune de Villemur envisage quatre municipalités dont celle de Villematier, composée de Villematier, La Magdelaine (234 habitants), Sayrac, l’ensemble comprenant 988 habitants.

La Magdelaine, après Bondigoux et avant Villematier, y parvient le 28 mars 1882.

Les motifs invoqués lors du débat parlementaire : « il en résultera forcément un accroissement de population et un développement de prospérité tels qu'il ne serait pas téméraire de dire que, dans un court délai, la commune de la Magdelaine aura doublé d'importance ». Elle a 678 hectares, 245 habitants.

 

Familles et patronymes de  La Magdelaine

Parmi les familles notables ayant une résidence à La Magdelaine, on relève : Tristan-Henry de Ferrand-Visols, président de la fabrique (1818), M. Dufour, propriétaire de la Busquette (1860), « M. Jalbert propriétaire du château de la Busquette qu’il a acquis deux ans auparavant  de M. de Lostange, a vendu le 13 décembre 1847 chez Me Amat, notaire à Toulouse, la métairie de la Martigne du château de la Busquette au sieur Maury qui en est propriétaire (en 1874) depuis 26 ans ½ ». le Comte Victor d’Adhémar de l’Académie des jeux floraux (1865), demeurant à Lavalette ; la famille d’Adhémar est mentionnée sur une des cloches installée en 1858. 

Parmi les noms de familles de La Magdelaine on relève : Baillès, Coutet, Esculié, Ourmières, Plasse, Ramondou, Terrancle, Timbal.

 



 

Un évêque  du XIXe siècle appartenant à une vieille famille  de La Magdelaine.

 

Jacques Marie Joseph  Baillès appartient à une vieille famille de La Magdelaine. Son oncle y vivait. On connaît un Baillès notamment lors du projet de reconstruction  de l’église en 1776. En 1885, Jacques Baillès,    à Toulouse, le 31 janvier 1798, de Jean-Pierre Baillès, boulanger [  à la Magdelaine en 1765, fils de  François et de Jeanne Coutet] et de Monique Moutet. Il est le neveu de l’abbé Moutet, qui a été fut curé de Fronton, puis Vicaire général de Pamiers, mais qui, au temps de la Révolution, émigré, avait été le compagnon d’intrigue de  Maurice de Roques dit comte de Montgaillard.

Jacques Baillès est ordonné prêtre, puis secrétaire d’un évêque toulousain, Mgr d’Arbois, nommé au siège de Verdun ; il le suit à Bayonne où il est Vicaire général et supérieur du Séminaire. Rentré à Toulouse, il est Vicaire général du cardinal d’Astros. Il est nommé évêque de Luçon en 1845 En 1856, il est conduit à donner sa démission,  à la demande de Rome, sur les instances du gouvernement français. Il se retire à Rome, où il meurt le 17 novembre 1873.

 

 

Une léproserie à La Magdelaine ? Une question posée.

 

Le rapprochement établi entre la dénomination "la Magdelaine" et l’établissement possible d’une léproserie est tentant. C'est ce que fait Marcel Peyre, lorsqu'il écrit « il est fort probable sinon certain que le village était à l'origine une magdelaine, une colonie de lépreux. Ce site convenait très bien au séjour de ces malheureux que l'on voulait couper du monde. Il est masqué, sur la rive gauche du Tarn, par la présence du cimetière originel toujours utilisé ». L’auteur avoue cependant que « l’histoire de ce village est mal connue, en raison des rares vestiges laissés sur son territoire et l’absence presque complète de documents dans les archives de Villemur et de La Magdelaine ».

Faute d’indications probantes, cette probabilité reste sés lors une hypothèse  que rien n'est venu  confirmer à ce jour.

 

Note : Les léproseries s’organisent aux XIIe-XIIIe siècles. Les études sur les léproseries dans le département de la Haute-Garonne ne connaissent pas un établissement à la Magdelaine. Il nous a été récemment indiqué « qu’à ce jour, rien ne permet de localiser une léproserie à la Magdelaine » [M. Didier Paya, communication personnelle octobre 2010].

La lèpre n’est pas alors facile à diagnostiquer (personne présentant des troubles de peau – coloration, taches livides, déformations, tumeurs, certaines mutilations). La personne jugée lépreuse après le diagnostic du médecin assiste à une cérémonie de « séparation ». Rite qui marque la fin d’une forme de vie sociale, l‘entrée pour toute la vie dans une léproserie. La vie y est une reproduction de celle des communautés paroissiales, avec deux juridictions, celle relevant de l’Evêque, celle relevant des autorités communales.

La lèpre existe en France depuis le Haut Moyen Age, mais elle devient au XIIe siècle un fait social. Les léproseries sont des lieux de relégation, d’enfermement social. Cf. Joël Autret, l’hôpital aux prise avec l’histoire, l’Harmatan, Paris, 2004,  p. 36-38.

A Toulouse, il y avait trois léproseries, à Saint-Cyprien, à Arnaud-Bernard et à Saint-Michel. Sept léproseries existaient encore au XVe siècle. Dans la Haute-Garonne, Henri Marcel Fay mentionne  la maladrerie de Castanet, les léproseries à Castanet, Grenade, Sainte-Foy, Montesquieu, Noë, Saint-Félix [cf Lépreux et Cagots du Sud-Ouest notes historiques, médicales, philologiques suivies de documents, éd. H. Champion, 1910]. La lèpre est considérée comme ayant disparue dans les dernières années du XVIIe siècle. Les biens des léproseries toulousaines sont affectés à l'hôpital des Incurables en 1696.

 

 


 

 


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