Nohic & Orgueil   



 

 

 

NOHIC & ORGUEIL

Eléments pour une histoire 

 

Nohic et Orgueil

 

Deux communautés aux limites de la vicomté : Orgueil et Nohic, appartenant au Languedoc.

Avant la Révolution, les deux églises de Nohic et Orgueil - tout comme Magnanac - ont pour patron le Grand prieur de Toulouse. Celui-ci nomme à la cure et posséde la dîme.

Ces deux paroisses aooartenaient au diocèse de Toulouse avant 1317.

Elles appartiennent au diocèse de Montauban en 1318 

(Orgueil connaitre un va-et-vient - dés 1318 rattachée au diocèse de Montauban, puis retournée au diocèse de Toulouse au XVe siècle).

 

Le 15 floréal an VII les deux communes de Nohic et Otgueil son rattachées au canton de Villebrumier (précédemment appartenant au canton de Grisolles).

 

 

Nohic

 

 

Eglise Saint-Saturnin de Nohic – sancti Saturnini de Noyco

A la présentation du commandeur de Fronton

A la nomination du Grand prieur de Toulouse (1744)

Noyco, Noïg, Novigo (1000),

Le prieur de Nohic prend l’entière dîme  

Le grand Prieur est seigneur temporel et spirituel, et curé promitif donnant et conférant le bénéfice (portion congrue).

 

Nohic, avant 1317, dépend du diocèse de Toulouse;,  est rattaché en 1318 au diocèse ecclésiastique de Montauban

On relève des vestiges gallo-romains

 

Autour de l'an Mil : Saint-Sernin... Saint-Etienne... Hospitaliers

L’église de Noïg en 844-1200 dépend de l’abbaye Saint-Sernin de Toulouse (Moulencq)

Il passe ensuite au chaître de la cathédrale Saint-Etienne

En octobre 1120  les seigneurs de Villemur donnent l’église et la ville de Nohic au commandeur de Fronton (Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem).

 

Vers l'an 1000 Nohic - Novigo - est devenu un chef-lieu d’un des ministéraiats établis précédemment par Charlemagne (emprunté à l’organisation administrative des wisigoths).

 

 

Sauveté et Bastide

Un don est fait pour y faire une Sauveté (salvetat) 

Alphonse de Poitiers érige en 1241 une bastide le lieu de Nohic situé dans la baillage de Villemur

 

Village non fortifié, au moment du danger, il fallait alors se réfugier à Fronton.

 

Guerres civiles et religieuses

En 1628, le village est livré aux flammes. L'église qui sert de fort, tombe au pouvoir des protestants et les habitants se réfugient à la citadelle de Fronton.

 

 

L’ordre de Saint Jean de Jérusalem y a des possessions très vite après sa fondation.

 

 

Commanderie des Hospitaliers de Nohic
 

Deux ans avant la donation de Fronton à l'Ordre de Saint-Jean, ce dernier avait déjà un établissement dans la contrée. Le 22 octobre de l'année 1120, dame Bellissende et ses fils Pierre-Hugues, Géniès, Raymond de Montaigut et d'autres seigneurs voisins donnèrent, « avec l'assentiment d'Amélius, évêque de Toulouse, d'Arnaud-Raymond, prévôt du chapitre, de Raymond-Guillaume archidiacre, ainsi que des autres frères de l'église Saint-Etienne, » à l'hôpital de Jérusalem, à Gérard, hospitalier de Toulouse, l'église Saint-Saturnin de Nohic (de Novigo) avec ses dîmes et ses droits, ainsi que tout le fief pour en faire « une Salvetat de Dieu. »

En janvier 1524 le grand- prieur est Didier de Tholon de Sainte-Jalle seigneur et baron de Fronton, Nohic  et Orgueil et syndic des habitants de Nohic d’autre  part.

Les consuls contestent  au Grand prieurs ses droits de haut moyen et bas justicier

Une transaction est établie le 6 janvier 1524  des différents concernant les droits seigneuriaux

 

A cette première donation vinrent dans la suite s'en ajouter de nouvelles; parmi ces dernières nous citerons celles que firent en 1208, Wilhelm-Athon de Villemur et son fils Jourdain de la juridiction de Nohic, qui leur avait été cédée quelques temps auparavant par Wilhelm-Hunaut de Lantar; en 1210, Athon de Marquefave de la rente de 2 sols tols, que lui faisait l'hôpital pour le droit de captein de cette ville; et enfin, en 1270, le chevalier Garnier de Gavarin, des droits de queste et d'albergue que lui devaient les habitants de Nohic.


Les Hospitaliers ayant ainsi acquis l'entière juridiction sur cette ville et son territoire, furent obligés à plusieurs reprises de la défendre contre les tentatives d'usurpation des consuls.

Ainsi nous voyons en 1338 Aycard de Miramont, Grand-Prieur de Toulouse, obtenir la sauvegarde royale pour maintenir à l'hôpital son droit de justice haute, moyenne et basse sur le lieu de Nohic; et en 1345 son successeur, être déclaré par sentence du juge de Villelongue, seul seigneur justicier de Nohic malgré les prétentions des consuls.
 
 

Plus loin les archives nous montrent en 1524 les consuls « allant de porte en porte, » pour convoquer les habitants à une assemblée générale dans le but de régler avec le Grand-Prieur cette question depuis si longtemps en litige.
Après s'être fait reconnaître pour seul seigneur justicier, le chevalier, « de sa libérale volonté, » concède aux consuls la réglementation et l'inspection de la police, le pouvoir « de placer des bornes ou bouzzols entre les champs contestés; » la faculté d'avoir sous leurs ordres et à leur solde, « un sergent, 4 messiers et 3 estimaires pour expertiser les dommages commis dans les récoltes; » la connaissance des petites causes civiles, « à la condition qu'ils procéderont sans apparat à la manière des prud'hommes » (1524).
Malgré cet accord, il fallut que le Grand-Conseil, saisi en dernier ressort de cette affaire, la terminât définitivement par sa sentence de 14 juin 1563, qui confirma les articles conclus précédemment entre les deux parties et régla certains détails, qui avaient soulevé des difficultés : « Si quelqu'un est pris prisonnier à Nohic, il sera conduit dans les prisons du chasteau de Fronton... Le Grand-Prieur peut recevoir ou faire recevoir le serment des consuls, et celuy, qui sera envoyé par lui pour recevoir ledict serment, doibt estre défrayé de son disné et repas par les dicts consuls. »

Cette localité qui n'était pas, comme ses voisines, protégée par des fortifications et dont les habitants devaient se réfugier dans Fronton ou dans Orgueil au moment du danger fut dévastée plusieurs fois pendant les guerres de religion.
Mais, grâce à la libéralité des Grands-Prieurs qui diminuèrent pendant ces temps de crise les redevances qu'ils avaient à leur payer, grâce aussi à la fertilité de ce territoire, les habitants, délivrés par la paix de 1638 de toute crainte pour l'avenir eurent bientôt réparé les désastres subis pendant cette longue période.

Liste des Commandeurs du membre de Nohic

1515-1518. Jean Palisse.
1519-1520. Jean Sicart, trésorier du Grand-Prieuré.
1622. Marcelin de Mars-Liviers.

Sources : Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur : L. Sistac et J. Boubée (Toulouse) : 1883

 

 

 

 

 

la communauté

Les consuls apparaissent dés la fondation de la bastide

Un charte municipale existe antérieurement à 1338.

Les consuls reconnaissant que le seigneur commandeur est seigneur justicier.

Convention du 22 octobre 1554   

Vers 1554 les habitants de Nohic sont assignés par Claude de Gruel de Labourel, Grand Prieur pour inexécution des clauses de ladite transaction.

 

 En 1561, le territoire est arpenté. Un arrêt du Grand Conseil termine le différend entre consuls et Grand-Prieur au sujet de la délimitation des terrains.

 

Le four banal appartient au seigneur sur  le chemin de Nohic à l’église - 

 

l'église

1- une permière église : Vers l'an 844-1200 l'église de Nohic (Novigo) dépend de l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse. Elle se situe un peu à l'ouest du village.

 

2 - l'église du XIIIe siècle  dont subsiste aujourd'hui la façade occidentale et sans doute la base des mures.

En 1368, le seigneur Brun-Deupouy de Nohic donne aux Hospitaliers  tous les droits qu'ils avaient sur l'église Saint-Orens de Nohic. saint Orens est le titulaire de ette éflise, encore emntionné en 1374.

L'église est ruinée pendant la guerre de cent ans

 

Le service religieus est confié en 1504 par le Grand-Prieur - seigneur spirituel de l'église "à frère Jean de La palisse, prêtre et religieux de l'Ordre de Saint-Jean".

La paroise de Nohic fait d'abord partie de l'archiprêtré de Villelongue, puis de Roquemaure.

 

2 - l'église est rebâtie au début du XVIe siècle par Victoir de Tholon de Sainte-Jalle (commandeur de Fronton - 1523-1526).

En novembre 1574, le vocable de l'église est Saint-Saturnin

 

Elle souffrit des guerres de religions en 1621 et 1628. Elle sert de fort

En 1628, le village est livré aux flammes. L'église  a été endommagée.  elle perd sa voûte ainsi qu'une partie des murs latéraux, notamment au midi?

 

"Cette église était bâtie de hautes er fortes murailles de briques, mesurait 16 cannes de long et 5 de large, n'avait pas de vuten ni de sacristie. Le clocher fait en pinacle était au fond de l'église, et avait 5 ouverures et 2 cloches garnies de leur contrepoids".

Cette église remonte à la même époque que celle de Fronton. Au-dessus de la porte elle a deux écussons

 

l'église est restaurée au XVIIe siècle, remaniée au XIXe siècle. La nef est refaite en 1862.

Eglise classée en 1813.. Les peintures du choeur ont été réalisées par Pedoya.

Le cimetière est à côté de l'église située au nord du village, à l'endroit même où était bâti jadis l'antqie église de Nohic

 

Vers 1850 on a découvert près de l’église quelques cercueils anciens, portant une inscription   (écussons mutilés à la Révolution).

 

Orgueil

 

 

L'église d'Orgueil est mentionnée un moment comme possession de l'abbaye de Conques. On sait l'érosion rapide des possessions de cette abbaye.

 Deux églises mentionnées sur le territoire en 844 et 1200 comme dépendant de l’abbaaye de Saint-Sernin Au commencement du XIIe siècle, l’église d’Orgueil est donnée aux hospitaliers avec son annexe Saint Jean

Le prieur d'Orgueil prend l’entière dîme  le Gran-prieur de Toulouse est seigneur temporel et spirituyel et possède le droit de patronage.

Orgueil, avant 1317 dépend du diocèse de Toulouse, en 1318, est rattachée au diocèse ecclésiastique de Montauban, puis est retourné au diocèse de Toulouse en 1464.

 

Le premier village

une bastide est créée, dotée d'une charte de coutumes.

 

Fort

Le 6 mai 1399 le commandeur de Fronton inféoda aux consuls et habitants d’Orgueil un emplacement pour bâtir un fort et ce pour pourvoir à l’assurance desdits habitants contre les courses des ennemis et voleurs ». Cet emplacement confrontait d’un côté avec l’église, de l’autre  avec la maison ancienne de l’Ordre de Saint-Jean ;  la place où l’on devait bâtir le fort avait une longueur de 33 brassées du coté de bise, 25 du coté de l’église, 29 du côté du cimetière et 25 du côté du ruisseau d’orgueil. Des habitants peuvent bâtir une maison dans le fort.  Avec des fossés « larges et profonds ».

On doit constater un état déplorable du lieu quelques années après : « la localité exposée sans défense, les habitants de cette contrée réduits à la misère, dans l’impossibilité de payer les redevances à leur seigneur et les aides dus au roi ».

 

Un nouveau village

es guerres civiles et religieuses les habitants quittent les bords du Tarn et forment un nouveau village sur le plateau à proximité de la route nouvellement tracée. 

 

L'église

1 / une première église : celle de 844  comme dépendant de l’abbaye de Saint-Sernin.

En 1135, l’église d’Orgueil est donnée aux Hospitaliers avec son annexe Saint Jean.

 

  • son premier vocable est saint Thomas (cf.sentence arbitrale du 4 mai 1254, l’église d’Orgueil)
  • A une époque non déterminée, le titulaire devient saint Paul
  • et à une autre période ; saint Cyr et sainte Julitte  - attestée en 1513.
  • et enfin plus tard saint Férréol.                        

Ces changements d'après le chanoine Gaynbe s'expliquent  sans doute par le changement d'emplacement au cours des reconstructions successives. Située primitivement au bord même du Tarn, puis à côté du cimetière actuel

 

2 /  plus tard  léglise saint Férréol. La vielle église démolie par les Montalbanais  est reconstruite à côté du cimetière actuel. C’est probablement à cette occasion que les habitants d’orgueil choisissent pour leur nouveau patron Saint Férréol (cf visite pastorale 1643). En 1643 p 235, il n’existait pas d’autre église ou chapelle dans le consulat.

Vers 1680 l'église est rebâtie sur de vieilles murailles de briques qui marquant encore les r=**traces de la voûte démolie par les protestants en 1628 - elle a 16 cannes de long et cinq de large - le cloher fait en pinacle a 3 ouvetures et une cloche

Le presbutère  avait jardin et enclos attenant

 

 

3 / nouvelle église  au centre du nouveau village : 1776-1779

Réalisée sur les plans de l'architecte Dutour,  selon Escudier et Gardelle selon Gayne, dans le style néogothique - et Pierre Bardy, entrepreneur de Fronton.

l'annexe ou chapelle  saint Jean

 Avant les guerres religieuse :

Une chapelle « lé founds del Riou » à coté du Tarn, chapelle ou annexe en l’honneur de saint Jean

En 1680 il ne reste de cette chapelle que les fondations.

Il en était de même  der la Grande Tour tombé à l’état de ruine ou de masure (1680).

 

 

La communauté

1250-1268 coutumes accordées

 Au XIIIe siècle,  il est créé une salvetat et bastide.

En février 1279 le grand prieur  reçoit une députation des habitants d’Orgueil et sur leut demande il dresse la réglementation de la forge banale  récemment construite

 

Les habitants élisent  trois consuls  chaque année sur la  nomination de 6 habitants.

 

En 1322,  les hospitaliers obtiennent du maître des eaux et forêts  (Guillaume de Villars) l’autorisation  d’établir un port à cet endroit. « en s’obligeant à y entretenir pour les piétons une nef et pour les charrettes un bac »  privilège contesté

On note un port d’orgueil en 1338 «  panonceau royal avec les fleurs de lys ».

 

Un Moulin mentionné vers  1400.

 

17 janvier 1461 le grand prieur donne en fief la tuilerie d’Orgueil située ptès du moulin coté « avec le fleuve du Tarn, chemin qui va du port d’orgueil à Moulis entre deux » du Tarn. Délabrée, sa reconstruction est décidée en 1705 paroissiale (le four banal placé non loin de l’église -1680, 1705).

 

Reconnaissance du 13 juillet 1698 en faveur de Messire Frédéric de Berre-Colongue grand prieur de Toulouse, baron de Fronton sey seigneur d’Orgueil reconnu comme « ayant toute justice haute moyenne et basse directe et foncière, seigneurie spirituelle et temporelle, auquel il nomme le vicaire perpétuel"

 

Une école congréganiste  de filles était tenue par les Filles de jésus de Vaylats.

 

Commanderie d'Orgueil, et la seigneurie de Reyniès


Vers 1135 la paroisse est donnée aux Hospitaliers de Fronton qui en font une sauveté. A l'époque le Tarn est une rivière navigable et Orgueil est un asile sûr construit sur les bords du Tarn, en bas de la colline où il est situé actuellement.

Une charte qui n'est pas datée, mais que les divers caractères font attribuer à la première partie du XIIe siècle, nous apprend que Pierre-Raymond de Saint-Audard, donna au Saint-Sépulcre, à l'hôpital de Jérusalem, à ses seigneurs et à Bernard de Gaujag le fief Orgueil, commanderie d’Orgueil
 avec tous ses droits.
Ce parchemin porte avec la signature de Pierre-Raymond, celles de Bonne de Saint-Audard et d'Aymar de Saint-Léofari son neveu.
A cette donation vint s'ajouter celle que fit à l'hôpital de Fronton le seigneur Sicard de Villemur de tous ses droits sur la chaussée d'Orgueil (1196).

En 1211 Simon de Montfort met à feu et à sang les terres occitanes, Orgueil appartient alors au Comté de Toulouse. Quand le Roi de France prend possession du Comté de Toulouse, Orgueil devient une bastide, le Comté de Toulouse est dotée d’une charte de coutumes. Orgueil est cependant toujours la propriété des Chevaliers de Saint Jean, moines hospitaliers, il devient une commanderie de l'ordre.

Dans le courant de ce siècle, les Hospitaliers firent élever sur leurs fiefs d'Orgueil une ville qui se peupla rapidement grâce à la proximité du Tarn, source de richesses pour ses habitants.

Le 8 mai 1268, le Grand-Prieur de Saint-Gilles, Féraud de Baras, tenant dans les salles du manoir de Fronton son chapitre provincial, reçut une députation composée des consuls et des principaux habitants d'Orgueil, qui venaient lui demander de compléter la charte de commune octroyée à la ville lors de sa fondation. Le Grand-Prieur, après avoir reçu l'assentiment de l'assemblée, accéda à la requête des habitants d'Orgueil et leur concéda les mêmes coutumes dont jouissait la ville de Fronton depuis l'année 1248.
Onze ans plus tard, le successeur de Féraud de Baras, Guillaume de Villaret, reçut également dans le château de Fronton une nouvelle députation des habitants d'Orgueil, et à leur demande, il dressa la réglementation de la forge banale qui venait d'être construite dans cette localité.

Une des principales sources de revenus pour la commanderie de Fronton, était la rivière du Tarn. A cette époque où les routes étaient peu nombreuses, peu sûres, et fort mal entretenues, le commerce se faisait surtout par eau; dès lors les seigneurs possédant quelque place forte sur les bords d'une rivière bénéficiaient rapidement de cette situation. D'autre part, au moyen des moulins qu'ils y construisaient dès que leurs ressources leur permettaient d'en augmenter le nombre, les Hospitaliers se procuraient d'immenses revenus des habitants de toute la contrée avoisinante.

En 1298 le sénéchal Eustache de Beaumarchais chargea Jean de Termes, « maître des oeuvres de l'illustre seigneur, Roi de France, dans la sénéchaussée de Toulouse et d'Albi. » (Titre correspondant à celui de nos ingénieurs) d'aller faire une enquête sur le projet qu'avait le précepteur de Fronton de construire un moulin à Orgueil. Les Hospitaliers obtinrent en 1332, de Guillaume de Villars, conseiller du Roi, et maître des eaux et forêts, l'autorisation d'établir un port en cet endroit et de jouir du droit de passage, « en s'obligeant à y entretenir pour les piétons une nef et pour les charrettes un bac. » Ce privilège dût être vu d'assez mauvais oeil par les commerçants dont les bateaux descendaient ou remontaient fréquemment la rivière et qui craignaient de voir gêner par là la circulation. C'est pourquoi le Grand-Prieur Aycard de Miramont fut obligé de requérir le sergent, délégué par le Roi pour sauvegarder les prérogatives de l'Ordre dans la contrée, à l'effet d'élever sur le port d'Orgueil, en signe de protection, « le panonceau royal avec les fleurs de lys » (1338).
Dès lors les commerçants se contentèrent de veiller à ce que les Hospitaliers entretinssent le passage dans les conditions prescrites, de manière à ne pas entraver la navigation; nous trouvons, par exemple, une vérification du niveau et du passage d'Orgueil faite en 1507 par le « syndic de la bourse commune des marchands, fréquentant les rivières du Tarn et de la Garonne. Les produits de la pêche de cette rivière poissonneuse étaient aussi un des revenus des Hospitaliers, qui achetèrent au prix de 250 florins le monopole de la pêche, à la chaussée d'Orgueil, des lamproies et des clauses (lampredas et colacos).

Les Hospitaliers venaient à peine de terminer leurs travaux de fortifications pour la ville de Fronton, que des soins analogues durent les occuper pour celle d'Orgueil.


Vers la fin du XIVe siècle, le Commandeur, Arnaud de Ranulphe, adressa au sénéchal de Toulouse une requête, dans laquelle il lui représentait que cette localité, renfermant pourtant un assez grand nombre de feux, se trouvait par suite du manque absolu de fortifications exposée sans défense « à toutes les dévastations des gendarmes qui y faisaient séjour dans leurs marches militaires, » que ses habitants, réduits à la misère, après avoir inutilement tenté de ceindre leur ville de murailles, entreprise que leur pauvreté les avait empêché de conduire à bonne fin, se trouvaient dans l'impossibilité de payer, non seulement les redevances à leurs seigneurs, mais même les aides dus au Roi. Un délégué du sénéchal se rendit sur les lieux, pour ouvrir une enquête à ce sujet. Les habitants interrogés ne répondirent qu'en montrant leur pays « naturellement agréable et fertile et maintenant désolé, dévasté, et abandonné par un grand nombre de paysans. » Le sénéchal s'empressa d'accorder l'autorisation demandée et le Commandeur entra aussitôt en pourparlers avec les consuls d'Orgueil pour régler les conditions de ce travail. Il leur concéda dans l'intérieur de la ville et près de l'église l'emplacement, sur lequel ils construiraient le fort, qu'ils devaient entourer de murailles avec leurs hourds, leur chemin de ronde et leurs fossés; ils se chargeaient de la construction des murs et autres défenses autour du château des Hospitaliers. Les consuls devaient entretenir un certain nombre de sentinelles et de guetteurs, sous les ordres de capitaines, chargés par les Hospitaliers du commandement de la place.
La proximité du Tarn augmentait la force de cette citadelle, dont les fossés pouvaient être inondés, nous voyons en effet la défense faite aux habitants d'y prendre des poissons.
Ce fort devait être construit dans l'espace d'une année (mai 1399). Malgré leurs promesses, les consuls d'Orgueil, entravés sans doute par le peu de ressources dont ils pouvaient disposer, ne poussaient pas activement les travaux, puisque deux ans après, Raymond de Lescure, Grand-Prieur de Toulouse, délégua le chevalier Arnaud de Rivière, précepteur de Sarjac, pour les sommer de se conformer à l'accord de 1399 (8 mai 1401).

Bien peu de temps après sa fortification, cette petite ville vit s'ouvrir ses annales militaires. C'était en 1426, profitant d'une trêve, un de ces terribles capitaines de routiers, André de Ribes, qui, sous le nom de bâtard d'Armagnac, était un des plus redoutables soutiens du parti anglais dans le Midi, s'empara d'un grand nombre de villes dans la Gascogne, le Toulousain et l'Albigeois, et entre autres, de la place d'Orgueil qui ne tarda pas à être reprise par les milices françaises réunies en toute hâte pour arrêter cette insolente agression.

 

Il y a un acte de présentation à la vicairie  perpétuelle de Fronton en date du 13 juin 1495



Mais ce fut surtout pendant les guerres religieuses que la place d'Orgueil eut à souffrir. Aussi exposée aux entreprises des protestants que Fronton et possédant moins de moyens de défense, elle vit plus d'une fois ses murs emportés d'assaut. Nous avons déjà dit plus haut comment elle fut prise par les troupes de Montauban en l'année 1573. Dans la deuxième période des luttes au commencement du XVIIe siècle, cette petite ville eut beaucoup à souffrir et son nom revient souvent dans les annales de cette époque. C'est qu'en effet, sa position sur le Tarn à proximité de Montauban devait rendre sa possession excessivement précieuse pour la garnison de cette ville. Aussi c'est vers Orgueil que se dirigent de préférence les sorties de cette dernière. En 1626 c'est le capitaine Montbrun qui met toute cette contrée à feu et à sang, et se rend maître de la ville; nous voyons en effet, après la première pacification, les consuls envoyer une députation au Grand-Prieur, « pour le supplier d'avoir pitié des misères qu'ils avaient souffertes pendant les derniers mouvements des rebelles delà ville de Montauban et autres lieux voysins, qui ont entièrement bruslé le bourg et village d'Orgueil et causé la mort et perte de plus de la moytié des habitants, » et de leur accorder en conséquence, comme aux communautés de Fronton et de Nohic, la remise des paiements en retard et la réduction à 160 livres par an des droits décimaux qui lui étaient dus. Après la reprise des hostilités, la ville d'Orgueil fut de nouveau brûlée et saccagée par le terrible capitaine Saint-Michel, gouverneur de Montauban.

Sur l'autre rive du Tarn presque vis-à-vis Orgueil, s'élevait le petit village de Reyniès dont les Hospitaliers possédaient la seigneurie spirituelle conjointement avec les évêques de Montauban qui partageaient avec eux les dîmes de cette paroisse.


Les archives ne nous fournissent aucun document important à signaler pour cette dépendance de Fronton. Nous nous contenterons de noter un procès soutenu par les chevaliers de Saint-Jean contre noble Gailhart de Grimoart, seigneur temporel de Reyniès qui voulait usurper quelques prérogatives de l'hôpital (1338), et un arrêt du Parlement condamnant les habitants de cette localité à faire les charrois nécessaires pour la construction de leur église qui avait sans doute été brûlée lors du sac de la ville et du château en 1655 et que le Grand-Prieur était en train de relever de ses ruines.

 



Liste lies Commandeurs du membre d'Orgueil.
1250. Dame Wuilhelme d'Alfar, commanderesse.

Sources : Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur : L. Sistac et J. Boubée (Toulouse) : 1883 

 

 

 


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