NAUROIS (de)   



 

 

René de Naurois

 

Prêtre,  chercheur CNRS

Résistant, aumônier de Commandos [Kieffer ]

Compagnon de la Libération.

 

lire la notice nécrologique du diocèse de Toulouse

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René de Naurois est né le 24 novembre 1906 à Paris. Il a grandi sur la propriété   familiale  de ses parents au château de  Saint-Maurice (Maganac) dans un milieu catholique résolument républicain. IL est ordonné prêtre en juin 1936. Nommé aumônier adjoint de la colonie de langue française à Berlin de 1937 à 1939, il peut  observer in situ l'application de la doctrine nationale-socialiste au pouvoir en Allemagne. Mobilisé en qualité de lieutenant de réserve pendant la campagne 1939-1940, il est démobilisé en août 1940. Décidé à gagner Londres, il en est dissuadé par Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, qui sera, lui aussi, fait compagnon de la Libération.

 

Il devint l'aumônier du couvent toulousain de N.D. de la Compassion, ce qui lui permit de réaliser des ''opérations de sauvetage'' et de participer au réseau ''Combat'' qu'il contribua à former à Toulouse. Précieux sera son témoignage sur les débuts de la résistance dans cette ville.

 

De 1940 à 1942, l’abbé de Naurois est l'aumônier de plusieurs groupements universitaires en France et, parallèlement, à partir de la fin de l'année 1940, participe activement à la Résistance en zone libre, à Pau, à Grenoble, à Toulouse au sein du mouvement Vérités, qui deviendra le mouvement Combat, animé par son fondateur Henri Frenay. Il fait de nombreuses prédications contre le national-socialisme, notamment à l'école des cadres d'Uriage, dont il est chassé en juin 1941 sur l'intervention de l'amiral Darlan.

 

A partir d'octobre 1941 à Toulouse, René de Naurois constitue un noyau de résistance groupant des étudiants et des ouvriers et vient en secours aux victimes de la législation antisémite du gouvernement de Vichy. Il entre également en décembre 1941 dans le mouvement de résistance Témoignage chrétien. Au cours de l'année 1942, il organise le sauvetage d'israélites en leur faisant passer la frontière suisse à Argentières en Haute-Savoie. La police de Vichy s'intéresse à ses activités et, en novembre 1942, il est recherché par les Allemands.

 

L’abbé de Naurois, traqué par la Gestapo et cette fois autorisé à se rendre en Angleterre par Mgr Saliège, réussit à franchir la frontière espagnole en décembre 1942 et à gagner l'Angleterre, où il arrive en mars 1943 (via Gibraltar). Engagé dans les Forces françaises libres en avril 1943 et bien que d'une santé fragile, il demande à rejoindre les commandos en qualité d'aumônier, mais il est nommé à la direction de l'aumônerie générale en Grande-Bretagne. Pourtant, sur une nouvelle demande, il obtient d'être affecté aux commandos pour les opérations de débarquement.

 

En qualité d'aumônier du 1er bataillon de fusiliers marins commandos (1er BFMC), le commando (Philippe) Kieffer, il débarque en Normandie, à Ouistreham, le 6 juin 1944, faisant partie, ce jour-là, avec ses 176 camarades, des seuls Français à avoir posé le pied sur le sol natal [1]. Le 1er novembre 1944, relevant à peine de maladie, il participe, avec son unité, au débarquement sur l'île de Walcheren et à la prise de Flessingue encore occupée par l'ennemi.

De fin novembre 1944 à mai 1945, René de Naurois, qui a affronté des situations extrêmes sans y avoir été vraiment préparé, est soigné pour une dépression dans un hôpital en Angleterre "après les fatigues et les deuils des deux campagnes de Normandie et de Hollande". Le 2 mai 1945, il est de retour au 1er BFMC aux Pays-Bas. Fait compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945, il sert à Berlin dans l'armée d'occupation jusqu'en mars 1946.

 

Démobilisé, l’abbé de Naurois retourne au diocèse de Toulouse, où il enseigne à la faculté de l’Institut Catholique. Promu lieutenant-colonel de réserve, il fait des découvertes ornithologiques importantes, en 1959 et 1960, en Mauritanie, qui lui valent d'entrer au CNRS en 1960 dans la section biologie animale. En 1969, il soutient sa thèse de doctorat d'Etat intitulée Peuplements et cycles de reproduction des oiseaux de la côte occidentale d'Afrique et est nommé correspondant du Muséum national d'histoire naturelle à Paris.

 

Il participera aux Équipes sociales fondées par Robert Garric.

En 1989, il est fait ''juste parmi les nations''.

En exergue de ses Mémoires, publiés en 2004 chez Perrin sous le titre Aumônier de la France libre, René de Naurois écrivait : "Et que l'on ne m'accuse pas de tiédeur. J'aurai mené mon existence avec feu, parfois avec excès."

 

René de Naurois est décédé le  jeudi 12 janvier, à Brunoy (Essonne). Il était âgé de 99 ans. Il était juste de retour de Toulouse où il avait eu à se soucier de son frère Louis[2], prêtre, professeur de droit canonique à l’Institut Catholique de Toulouse, décédé 15 jours après son frère René.

 

article du journal ‘’Le monde’’ 14 janvier 2006 (repris avec quelques modifications et additions).



[1] Le commando, au soir du 6 juin,  aura perdu presque 25% de ses effectifs.

[2] Louis de Naurois


une rue de Toulouse au quartier des Sept-deniers constitue l'acte de  mémoire de la ville de Toulouse.

 

              

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Louis de Naurois

  

Louis de Naurois né le 24 août 1909 à Saint-Maurice, Magnanac, 31340 Villemur

2° de 5 garçons.

descendant de Turgot par sa grand-mère paternelle

-         de Racine par son grand père paternel

-         de Jeanne d’Arc par Jean de Vouthon, oncle maternel

-         Claude Louis Jacobé de Naurois, directeur de la Manufacture de Saint Gaubain sous la Révolution.

 

Le père exploitait la propriété (200 hectares) acquis par ses ancêtres peu de temps avant la révolution. La maison d’habitation datant des années 1800 

Une de ses grand-mères est morte à 107 ans 

 

ordonné prêtre le 17 mars 1945

professeur à la Faculté de droit canonique de l'Institut Catholique de Toulouse, Chargé de Cours des Facultés de Droit  

ses interventions peuvent se répartir en  5 champs :

-         la règle de droit,

-         le droit et la morale,

-         le droit et les prérogatives de la personne humaine,

-         le fait religieux en droit français,

-         le mariage en droit français et en droit canonique

 

retraité en 1979.

décédé le 1er mars 2006, Mercredi des Cendres ; obsèques le 6 mars 2006 ; inhumé au caveau familial de Magnanac.


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