MONTJOIRE   



 

 

MONTJOIRE

 

Eléments pour une histoire de Montjoire

 

  

Nous quittons la Vicomté de Villemur et les consulats  qui la constituent  pour  aller au-delà et aborder un consulat limitrophe de celui de Villemur (paroisse de la Magdelaine) : Montjoire.

 

De la plaine du Tarn, pointe au loin le clocher de Montjoire, comme aussi se présente la large vue de la plaine depuis le sommet.

 

  

 

                           

 

Cistac, instituteur de Montjoire,   écrit dans sa monographie que « le nouveau Montjoire porta quelque temps le nom de Villenouvelle ». 

La (les) source(s) ayant conduit à cette affirmation nous est/sont inconnue(s).

 

 

Le village est aujourd'hui constitué de deux parties : le village et la faubourg (le Barry).

 

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données générales

Montjoire, consulat avant la Révolution devient une commune comprenant une municipalité en 1790. Elle appartient au canton de Bruguières en 1790, de Fronton en l'an IX, puis de  Montastruc à partir de 1922

Les habitants se nomment les Montjoviens (et Montjoviennes)

 

Seigneurie des Clarac de Roqueserrière, puis de plusieurs seigneurs et co-seigneurs.
Le patron de la paroisse est Saint-Sernin

L’église et l’ancien village se situaient à hauteur de Saint-Martin. 

Puis translatés au « fort ».

 

L’église a été à nouveau translatée et reconstruite à la fin du XIXème 

L’altitude est de 240 m sommet le plus haut de cette région – en correspondance avec les sommet du plateau des coteaux au-dessus-de Villemur entre Tarn et Tescou (le Born)

 

 

   

Un récit, écrit avec passion par Célestin Barrat,  rassemble des  traditions  locales orales sur l’histoire de Montjoire (1950) :  « un aperçu du vieux Montjoire »

 

" puisque je ne puis avoir ces écrits qui se sont perdus, je vais ramasser tous les sujets de con­versation qui me sont restés et que je vais tâcher de mettre avec le plus d'ordre possible".

 

Une véritable épopée montjovienne, empreinte de beauté lyrique et d'émotion.  

Cependant l'histoire de Montjoire aura besoin d'autres sources.                       

   

 

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occupation ancienne [romaine] et étymologie

Le nom de Montjoire viendrait du latin Monte Jovis, qui signifie Mont de Jupiter. Cette lecture toponymique est communément faite. 

Cependant le linguiste Ernest Nègre, familier de cette région -  prêtre enseignant au Petit-Séminaire de Saint-Sulpice, avant d'enseigner à l'Institut-Catholique de Toulouse - propose une autre étymologie :  Mont + nom de personne [Jovius  dérivant de Georgius].

 

 

Première mention de Montjoire <1156-1167>

le premier document  qui nous soit connu mentionnant Montjoire se trouve dans le cartulaire de l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse. Il s'agit de la liste des 128 églises relevant de l’archidiaconé de Villelongue, indiquant pour chacune d’elles le montant du droit synodal (sens) payable en argent ou en nature.

Cette liste   se situe entre 1156 et 1167 (commencement du cartulaire)

Ecclesia   de  Montjoures  IIII denarios tolosanos   (Cartulaire, P. Gérard, tome II volume 1, page 467 acte n°1)


 

un castrum [1250]

Dans le Saisimentum  de 1250 désigné comme castrum avec Vacquiers, Paulhac et Bessières et Mirepoix, Roqemaure, Tauriac et bien sûr Villemur.

 

 

possession du chapitre St Etienne du Tescou de Montauban

Dans le cartulaire de Saint Sernin, Montjoire  appartient à l’archidiaconé de Villelongue

relevant du diocèse ecclésiastique de Toulouse ( archiprêtré de Montastruc)

 Le Chapitre de l'église collégiale Saint-Etienne de Tescou, à Montauban, est prieur, il partage les dîmes par portions égales, avec le recteur, mais l'archevêque de Toulouse confère la cure de plein droit.

 

Montjoire appartient par ailleurs au diocèse civil de Toulouse

 

 1 / Montjoire le Vieux

 

 

Montjoire le vieux se trouvait sur un autre site, entre Montjoire et Vacquiers

- l’église au lieu dit Saint-Martin

- le village dans le massif nommé « le vieux Montjoire » à 218 m.

 

 

Le castel nau a été construit vers 1173  à l'endroit dénommé  aujourd'hui "le fort", au point le plus élevé  (240m)..

le castrum de Montjoire n'est autre que le point culminant 240 m de cet espace entre Tarn, Garonne, Montauban et Verfeil.

Il n’apparait que tardivement dans las actes puisque la première mention est de 1253 mais 2 décennies avant  un document évoque la glesia de montjoire lo velh que l’on retrouve dans la toponymie actuelle à l’ouest du castrum, et qui n’est autre que l’église Saint Martin située au pied de la butte qui accueillait  la forteresse primitive. Or en 1173, le comte Raymond V donne en fief à des membres de la lignée éponyme  le castrum et la villa de Gémil,  situé à 6 km de là  sur la frange sud de la forêt de Buzet. Les arguments d'une telle cession ne sont pas évoqués, mais on imagine mal une absence de raison ;  ne sert-elle pas de dédommagement à l'édification et à la prise de contrôle  par le comte du  nouveau castrum de Montjoire, castel nau sur le plus haut point de tout cette partie du haut-toulousain qui vide de sa sustance Montjoire lo velh.  Didier Panfili, Aristrocraties méridionales Toulousain-Quercy XI-XIIIe siècles, p74.

Le castel  vielh de Montjoire lo velh fait écho à une fortification individuelle. Le castel nau de Montjoire probablement créé par le comte Raymond V, sans doute peu après 1173 , est érigé à un peu plus d’un km à l’est du castel vielh et bénéficie d'un atout stratégique  indéniable : être implanté sur le point culminant de tout l’espace compris entre Montauban et Verfeil. - Didier Panfili, Aristocraties méridionales Toulousain-Quercy XIe-XIIIe siècles.p 301cf. AN J 33 n°16

 Montjoire, La vielle église, le vieux Château, le castel nau, la Bourelle - reprenant le plan dressé par Didier Panfili

Un seigneur de Montjoire?

En1200, les terres d’Azas sont données au Comte de Toulouse par confiscation aux deux Seigneurs : Armand de Montjoire et un bourgeois de Toulouse, tous deux condamnés pour meurtre. Raymond VI comte de Toulouse se sentant attaqué par les troupes de Simon de Montfort avait demandé pour défendre ses terres de construire des forts pour se protéger. [Source : présentation d'Azas : site de la mairie]

 

   

   site deSaint-Martin (gauche) - la bourelle (droite)

Un consulat est établi

 

2 / Montjoire au temps de Simon de Montfort

 

Les historiens  de  la croisade.

Trois  grands  textes  présentent  le  récit  de  la  croisade  albigeoise :

 

Pierre  des  Vaux-de-Cernay,  Hystoria  albigensis,  P.  Guébin  et  E.  Lyon  éd.,  Paris,

3  vol.,  1926-1939.  Traduite  par  P.  Guérin  et  H.  Maisonneuve,  Paris,  1951.

 [La Chanson  de  la  croisade  albigeoise,  E.  Martin-Chabot  éd.,  Paris,  1989

L’Hystoria  albigensis  du  moine  cistercien  Pierre,  de  l'abbaye  des  Vaux-de-

Cernay, ayant suivi en partie la croisade (présent en 1211) [rédaction 1213 / 1218]

 

Guillaume de Puylaurens,  Chronique  (1203-1275),  J.   Duvernoy éd.  et  trad.,  Paris, 1976]

- rédaction 1273], originaire de Toulouse, prêtre, curé de Puylaurens de  1237 à  1240.

moins  détaillé pour la période  1209- 1219.[rédaction en 1273 ?]

 

la Chanson  de  la  croisade - Canso de la Crosada - écrite  en  occitan  pour cette partie – prise de Lavaur en 1211 -  par Guillaume de Tudèle, clerc établi à Montauban  

La Chanson  de  la  croisade  albigeoise,  E.  Martin-Chabot  éd.,  Paris,  1989 [Rédaction de Guilhem de Tudela entre 1210-1213]

Il y a par ailleurs une Chronique rimée de Claude Fauriel  1834/1837, chargé par Guizot de traduire la canson de la crosada - Claude Fauriel, Histoire de la croisade contre les hérétiques albigeois écrite en vers provençaux par un poëte contemporain -  C. Fauriel, Paris, Imprimerie royale (Collection de documents inédits sur l'histoire de France. Première série: Histoire politique), 1837

 

Récits ultérieurs :

Guillaume de Catel, Mémoires Historiques sur le Languedoc, édité en 1633

Dom Joseph Vaissette, Histoire Générale du Languedoc, 1737 - l'édition annotée par du Mège 

 

la bataille de Montjoire d'avril 1211 ?

 

On dit que Montjoire fut le théâtre d'une bataille entre croisés et troupes du Comte de Toulouse, bataille ayant de terribles conséquences pour la communauté, avec la destruction du village et la mort de ses habitants. 

 

L’armée toulousaine du Comte Raymond VI défait les croisés Alamans à "Montjoire", regroupés  dans un charnier, mais Simon de Montfort revient peu de temps après et fait massacrer toute la population de Montjoire.  Tel est le récit qui se rencontre.

 

Montjoire s'identifie à ce moment de  grand malheur. Tout ce que l'on peut savoir de cette étrange  et sanglante bataille ssemble rencontrer là  parfaitement son champ d'application. C'est ainsi que les générations anciennes de Montjoire  constituaient leur mémoire collective. La  croix de la bourelle n'était-elle pas le témoin silencieux et permanent de cette lointaine époque?

 

 

Cependant ce qui parait si assuré dans la mémoire collective fait l'objet d'un débat depuis la moitié du XIXe siècle. Depuis de nombreuses années à partir du texte de la chanson de la Croisade, deux localisations sont données : Montjoire ou Mongey. Montjoire doit sa position à Dom Vaissette,  et bien d'autres auteurs, cf. par ex l’Histoire de l'inquisition en France de Étienne-Léon de Lamothe-Langon. Du Mège (1837) contestera cette interprétation et avancera Mongey, plus  satisfaisant à ses yeux. Depuis les historiens font leur l'analyse pertinente des éléments du dossier faite par lui.

voir le site le combat de Montgey

voir l'épopée toulousaine de la guerre des albigeois  (Florentin Ducos , avocat toulousain, membre de l'Académie des Jeux floraux [+1873] - création de 1'épopée en 1850 ; ne peut rendre compte du débat historique. Se situe dans la ligne des récits de Catel et dom Vaissette. A ce moment, il ignore le renouvellement de perspective introduit par du Mège.)

 

       

              la croix de la Bourelle

 

                                                  Localisation du lieu de la bataille

 

                                             

 

           à Montjoire

à Montgey près de Puylaurens

- Guillaume Catel (1633)

- Joseph VaissetteHistoire Générale du Languedoc, 1737

- d’Aldiguier, Histoire de la ville de Toulouse, 1834

- Etienne Léon de Lamothe-Langon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Dutil en 1929 se fait encore l'écho. de la traduction non-fondée de la chanson.

-  NB : l'instituteur Cistac n'établit pas de lien formel entre le massacre raconté à Montjoire et le combat de 1211 près de de Lavaur-1885

- (site Wikipedia à partir du récit de C. Barrat [1950]- hors cette page,  la localisation à Montjoire n'est plus retenue)

 

 

 

 

- Jean Antoine Clos, Notice Historique sur Sorèze et ses environs, 1822

- Chevalier du Mège – notes de l’ Histoire Générale du Languedoc, ed.  1837/1840

- Florentin Ducos, l’épopée toulousaine de la guerre des Albigeois, tome 1, Toulouse, 1850

- Mgr Elie Griffe

- Michel Roquebert, l'épopée cathare, l'invasion (I), Tempus, p. 358-360

- Pierre et Sophie Bouyssou, Le combat de Montgey ; Revue du Tarn, été 1977 , p. 177-196

-Dominique Paladilhe, Simon de Montfort, Lib Ac Perrin, 1988,p. 141-147

- Georges Bordenove , La Tragédie Cathare, Paris, Pygmalion - coll. « Les Grandes Heures de l’Histoire de France », 1991, p. 209-210

 

 

 

- (site Wikipedia)

 

  Les textes sources

 

La chanson de la croisade

Pierre de Vaux Cernay, moine

Ed 1213-1218 [source du Nord]

Petrus Vallis Cernaii historia Albigensium


si com ditz la canson

Can foro a Mont Joi armeros li baron

E van trastuit rengat com a profession

Mas lo coms sel de Fois qui a cor de baron

E cels quab lui foron nols an mis a razon

Mais que los envaziron dentorn e denviron

Pero bes defenderon  l Alaman el Frizon

Una mot granda pessa de josta I boisson

Mas can venc a la fin sapchatz ses mentizon

Se laicheron tuit vencer per malvada ochaison

Lai moriron li plu senes sonfession

Li vila de la terre e li tasur garson

Los ausizian ab peiras ab pals o ab baston

Per que Mont Jois ne fo mes en destruction

 

Caput L

Peregrini multi proditorie a comité Fuxensi, instigante Tolosano interficiuntur

 

Dum fieret colloquium ; sicut diximus, prope Vaurum, de pace inter comitem Tolosae et sanctam Ecclesiam reformanda veniebat mulitudo peregrinorum de Carcassonna ad exercitum, illi autem doli ministri, traditionis artifices, comes dilelicet Fuxensis ; Rogerus Bernardi filius ejus et Geraldus de [606 B] Pepios et multi de hominibus comitis tolosae posuerint se in insidiis cum infinitis ruptariis in quodam castro quod vocatur Mons-Gandii prope Podium Laurentii quo cum peregrini  devenirent, illi insurrexerunt in eos et quia in ermes erant  et proditionis ignari, ex ipsis innumerabiles occiderunt, omnemque occisorum pecuniam tolosam deportantes, ibi inter se diviserunt.  

 

La  traduction  ci-dessous n’est pas en rapport [NDLR]

Pierre de Vaux Cernay è Histoire des Albigeois traduction François Guizot 

Chapitre L

Comme quoi pèlerins en grand nombre furent tués traitreusement par le comte de Foix à l’instigation du Toulousain

Durant qu’on tenait colloque devant Lavaur, ainsi que nous l’avons dit, pour rétablir la paix entre le comte de Toulouse et la Sainte Eglise, une multitude de pèlerins venaient de Carcassonne, l’armée, et voilà que ces ministres de dol et artisans de félonie, savoir, le comte de Foix, Roger Bernard, son fils, Gérard de Pépieux, et beaucoup d’autres hommes au comte de Toulouse,  se mettent en embuscade, avec nombre infini de routiers, dans un certain château nommé Montjoyre, près de Puylaurens ; puis, au passage des pèlerins, ils se lèvent, et, se  jetant sur les pèlerins  désarmés et sans défiance, ils en tuent une quantité innombrable, et emportent tout l’argent de leurs victimes à Toulouse, où ils le partagent entre eux.

 

Traduction d’après le texte original suivant l’édition de la Bibliothèque de Cîteaux – traduction de François Guizot , Paris in Guizot, Collection des Mémoires relatifs à l’histoire de France, Paris, 1824,

p. 138

 

Guillaume de Puylaurens [source du Midi] – chapitre 17 : siège de Lavaur

Le comte de Foix surprit une bande de pèlerins qui venaient à l’armée et marchaient sans défiance, et il en massacra un grand nome dans le bois 

Lagarde traduisant cette chronique en 1864, alors qu’’aucune mention de lieu n’est faite,  met en note  p 78 : « cette rencontre eut lieu à Montjoire, entre Rabastens et Lavaur (NDLR !!] : près de 5000 croisés, la plupart allemands ou frisons, y périrent

 

Les deux auteurs à qui l’on doit  la désignation de Montjoire comme localisation de la bataille :

- Guillaume Catel : Mémoires Historiques sur le Languedoc, 1633

« Montjoire est un château et bourg, à trois lieus de Toulouse, duquel fait mention la chronique par nous ci-dessus alléguée, qu’il nomme mons jovis  , auquel lieu le comte de Foix et Roger Bernard son fils, firent mourir plusieurs pèlerins croisés, qui venaient secourir Simon comte de Montfort tellement que quelque temps après l’armée des Croisées s’approchant dudit château, ils virent une colonne luisante de feu qui tombaient sur le corps des meurtis (sic) qui gisaient à l’envers, ayant les yeux bers le ciel et les bras étendus en forme de croix, ce qui fut vu par Foulque, évêque de Toulouse »

- Dom Joseph Vaissette, Histoire Générale du Languedoc, 1737

 Lire  ce passage :

 

 

 

L’épopée  montjovienne  -  CISTAC & BARRAT

On notera la différence de présentation entre Célestin Barrat et l’instituteur Cistac.

Si tous deux regrettent de ne disposer d’aucun document à ce sujet, et prennent appui sur la tradition orale locale et les ossements régulièrement découverts, Barrat accorde crédit totalement à ces traditions. Cistac est plus circonspect. Il nr parle pas de Simon, mais d’un des seigneurs du Nord..  Méthodiquement, Cistac essaie d’accorder : tradition orale locale, témoignages archéologiques (les ossements) et ce que rapportent alors les historiens.

Tous deux dépendent de la tradition orale locale, dont ils savent l’importance. Cistac prend acte de l’accord de cette dernière avec  la présentation d’historiens  - il cite l’Histoire de France d’Anquetil [tome I, p. 161-162], selon la lecture (reconnue aujourd’hui erronée) reçue de Dom Vaissette

Cistac (instituteur)  - 1885

Célestin Barrat - 1950

[13] Quant à l’histoire locale, les archives de la mairie sont muettes sur le évènements dont la commune a pu être le théâtre.

Il est à croire  qu’à une époque assez reculée sans doute, Montjoire …sur le sommet d’une colline assez élevée, d’où la vue d’étend très loin au large et de tous côtés, a pu jouer un rôle plus ou moins important dans les guerres dont le Midi a été le théâtre.
Quoi qu’il en soit, il est certain que des combats ont du se livrer autour du village, puisqu’on découvre fréquemment soit en creusant des fondations,  soit rn labourant les champs de nombreux ossements humains.

 

…[14] A 800 m environ de Montjoire, se trouve un second mamelon, désigné sous le nom de Montjoire-Vieux. Si l’on interroge les gens du pays, tous vous diront que c’est principalement sur le plateau à l’ouest que se trouvait bâti le Vieux-Montjoire. Ils vous diront aussi qu’il n’est pas de jour que le soc de leur charrue ne ramène à la surface du sol, soit des ossements humains plus ou moins bien conservés, soit des briques résultant des habitations de leurs ancêtres. Pour peu que vous insistiez, vous apprendrez qu’un des seigneurs du Nord qui [15] accompagnaient dans le Midi le farouche Simon de Montfort, indigné de la résistance qu’il rencontra auprès des habitants dont la plupart faisait partie de la secte des Albigeois. ordonne que tous ceux qui ne feraient pas amende honorable fussent sur l’heure livrés au bûcher. Des femmes, des enfants au berceau furent égorgés sans pitié par les hordes qui suivaient ce fanatique forcené, tandis que le village devenait la proie  des flammes.

Nous sommes heureux de constater que la tradition se trouve d’accord  avec l’Historien Anquetil qui raconte à la page 162, tome 1 de son Histoire de France qu’ à Montjoire on tua tout, homme, femme et enfant, et plus loin page 162 « de grands massacres furent faits dans la forêt de Montjoire »

 

Célestin Barrat dans un récit épique  nous raconte la bataille mémorable indiquée comme précédant le siège de Lavaur.
La troupe des allemands arrivait par Bondigoux et Layrac, passant le bac à La Magdelaine. Le champ de bataille est délimité entre « en Brousse » et « la Bourelle ».

 

Puis après le  siège de Lavaur, Barrat

raconte la destruction de Montjoire- Vieux par les armées des croisés qui y mettent le feu.

 

Après cela, vient le récit de l’inquisition

« les convertis à la foi étaient séparés des autres et réunis en un lieu  qui s’appelle encore aujourd’hui ‘’les conbertidos’’, le convertis. Tandis que ceux qui étaient restés fidèles à la vraie foi, on les mit en face, en un lieu appelé ‘’Coum Doms’’, condoms qui s’est conservé jusqu’à nos jours ». Les uns et les autres provenaient du hameau des Broussats épargné par Simon de Montfort et des quelques rescapés de Saint-Martin de Montjoire ; Les hérétiques brulés à la Boureille, là où les croisés allemands avaient été enterrés.. « Bientôt le lieu du supplice  fut changé et transporté près du château au lieu dit  "côte de la Crémantino’’, c’est-à-dire lieu où l’on brûlait les gens. ».

On ne sait comment analyser et comprendre cette concentration de mémoire collective. ?

S’il convient d’exclure dorénavant que la bataille aux portes de Lavaur d’avril 1211 ait eut lieu à Montjoire. Peux-ton penser que la mémoire collective n’a d’existence  qu’à partir des écrits de Dom Vaissette et des historiens, ses héritiers, laissant des traces indélébiles ?  Tout un chacun aura été attentif aux découvertes d’ossements. Comment considérer la désignation de la Croix de la Bourelle ?

Si Rabastens a été un lieu fréquent de passage des armées des  croisés et de celles du comte de Toulouse, nous n’avons aucun indice nous permettant d’envisager leur présence à tel ou tel moment dans cette région de la plaine du Tarn entre  Saint-Sulpice et Villemur. La seule possibilité réside, semble-t-il,  au tout début de l’invasion des armées des croisés, en 1209, lorsqu’elles sont dans ces parages, jetant la panique (cf. incendie de Villemur de juin 1209). Peut-être encore éventuellement au retour de Rocamadour sur Toulouse, Simon de Montfort fut-il dans la proximité de Villemur (cf. D. Paladilhe). Les historiens contemporains ignorent Montjoire.

 

L épopée  de Célestin Barrat, véritable poème, est une authentique œuvre épique  dans la veine des chansons  ; l’étude de cette œuvre  demanderait un  minutieux travail de  recherche des sources de l’auteur, des lectures et récits  qui ont pu nourrir son imaginaire, faisant jaillir un si émouvant récit épique. On peut penser que l’œuvre de Barrat doit beaucoup, comme il le suggère, aux récits familiers qu’il a entendu au long de sa vie, à son instituteur qui n’est autre que Cistac lui-même.

 

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l'action et les marques de l'inquisition ?

 

Divers éléments permettent de  croire à une présence cathare sur Montjoire à un moment donné.

Des assemblées d'hérétiques se sont tenues, semble--il, à Montjoire, au temps du diacre Engilbert.

 

Cependant, ici aussi, presque rien n'est dit de Montjoire. On connait les  foyers qui se trouvaient à Villemur, le Born, Mirepoix et à Roquemaure (une maison de dames cathares). On observe aussi une communauté à Paulhac en relation avec celle de Verfeil (cf Griffe).

 

Plusieurs  témoignages indiquent la présence d'hérétiques à Montjoire et l'intervention de l'inquisition. Ainsi le  3 juin 1246, à Toulouse dans le cloitre de St Sernin,  une sentence est prononcée  par laquelle Ar. Doais de Montjoire est condamné à la prison perpétuelle. Le 14 juin 1248, un autre habitant de Montjoire, P.W  Testor est  condamné comme hérétique.

 

 

Par ailleurs on note  qu' Arnaud Hug était  aussi diacre de Montjoire (cf Napoléon Peyrat Histoire des Albigeois : les  Albigeois et l’inquisition vol 2 p. 34). Ceci semblerait indiquer la présence d'une communauté cathare.

Au sujet d' Arnaldus Hugonis – Un témoin déclarait en 1245 aux inquisiteurs que "12 ans auparavant il avait vu à Montjoire Arnaldi Hugonis diachonum haereticorum et socium ejus" - Jean Guiraud Histoire de l’inquisition au Moyen-âge, 1935 , p.214.

 

On

 

La toponymie de trois lieux-dits évoque et corrobore,  quant à elle, la situation et position de Montjoire. Elle peut en effet  renvoyer  à  la lutte contre le catharisme. Stigmates indélébiles de l'espace lui-même, traces langagières comme protestation mémorable :

- les Convertigues  comme  lieu où l’Inquisition réunissait les nouveaux convertis,  

- les Condoms serait en revanche le lieu où l’Inquisition réunissait les fidèles cathares (les condamnés),

- la côte du Cramantino [à l'arrière du village actuel] tiendrait son nom du lieu où l’on brûlait les hérétiques.

source : Célestin Barrat, "Montjoire".

 

 

 3 / Montjoire au temps des guerres de religion

 

la paroisse avant les guerres 

La paroisse Saint-Sernin de Montjoire est possession du chapitre de la Collégiale Saint-Etienne du Tescou de Montauban. En 1536, comme cela survient fréquemment le recteur  n'exerce pas directement le ministère, celui-ci étant à la charge de un ou plusieurs prêtres: ici on mentionne 3 prêtres - ce qui est assez important.

 

4. - Le recteur de l'église Saint-Sernin, du lieu de Montjoire [Montejorio]  – Pouillé du diocèse de Toulouse 1538.

Il a les cas pour 4 prêtres. - Jean Terreri, recteur, dispensé de résider, est le trésorier du seigneur évêque de Condom. [les vicaires sont :] Pierre Turoque, Jean Lapierre et Pierre Audoubert. Le Chapitre de l'église collégiale Saint-Etienne de Tescou, à Montauban, est prieur, il partage les dîmes par portions égales, avec le recteur, mais l'archevêque de Toulouse confère la cure de plein, droit. Elle vaut 250 liv.

 

L’abbaye Saint Sernin possédait une métairie à Montjoire  [ADHG 101 H 615, documents sur la métairie de Montjoire 1560-1578].

 

les guerres de religion

 

l'église brûlée

l'église comme bien d'autres  a té brûlée. ainsi que celle de Paulhac, Sainte-Croix - déposition d'Antoine Carrery, notaire de vacquiers Pinel.- La Magdelaine, les cloches pillées [p. 88]

 

"Raymond Castanhyé, laboureur de Montjoire, 30 ans, déclare que fin janvier 1570, les ennemis mirent le feu à l'église dudit lieu "ensemble à ung beau oratoire et feurent entièrement brulés". Etienne-Pons Rouche, travailleur de Montjoire, 35 ans et Pierre Jehannynet, item (déposition du 23 avril 1570)

 

En 1581 intervient un dégrèvement arrêté par les Trésoriers Généraux de France en la Province du Languedoc. Montjoire est compris ainsi que Bessières, pour le tiers de leurs taxes (d'autres l'étaient soit totalement, soit pour moitié).

Cf. Lestrade, Les Huguenots dans les paroisses rurales du diocèse de Toulouse, Toulouse, 1939.

 

Vantadour à Montjoire - 1595

 Au début 1595, le duc de Ventadour, lieutenant-général en Bas-Langueoc établit son camp à Montjoire, poste excellent d'où il observait et commandait la plaine, tandis que ses troupes vivaient sur le pays. Il y accorde sauvegarde pour Gargas. Il se rend ensuite aux portes de Toulouse du côté de Saint-Roch.

[RHT, Année 1924, vol 12-13 p.139]

 

4/ au  XVII-XVIIIe siècle

l'église reconstruite

L'église de Montjoire est par la suite reconstruite. La plupart de ces églises endommagées l'ont été au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle.  

les moulins

On ne s'étonnera pas du nombre important de moulins sur la paroisse. Moulins qui nous sont connus par les mentions des noms des meuniers dans les registres paroissiaux (BMS), mais aussi par celles portées sur la carte de Cassini.

Cf. relevons les trois moulins tout près du village de Montjoire et celui de Lacour, mais aussi deux se trouvant au-dessus de Villariès, et le moulin de Pigre comme celui entre Aygouse et Friques, et  un encore en-dessous de Gargas.

les seigneurs

les seigneurs possesseurs de Montjoire sont les Clarac de Roqueserrière. Ainsi Roger-Valentin de Clarac. Cette dénomination de seigneur de Montjoire ne se retrouve pas chez ses descendants. Les ADHG possèdent un document sur les usages, privilèges et possessions de la communauté, au temps de Roger-Valentin de Clarac.

Emmanuel de Trimbrune, seigneur de Montjoire, marié à Marguerite d’Agasse de la Maison de Saint-Urcisse (abandon de ses droits – Me Vernet de Montjoire le 9 août 1642.

[ on relève Louise Antoinette de Trimbrune, femme de Pierre de Gineste, seigneur de Saint-Urcisse,  1679

Louise de Trimbrune de Valence, demeurant à Saint-Urcisse, co-seigneuresse de Saint-Urcisse, épouse séparée de biens et de corps de Gineste, sieur de Conque (acte de séparation Me Garrigues, Bessières). Leur fille Marie épouse  Jean Olivier, fils de Jean, capitoul de Toulouse - CM 13 mars 1674].

 

Jacques De fossé, avocat au parlement, en 1659

 

18 juillet 1675 - acquisition de la seigneurie de Montjoire.

Vente par inféodation du domaine de Montjoire adjugé à :

- Jean d’Olivier, seigneur de Lafaurie,

- Me Pierre Anthoine Dussaux, avocat à la cour du parlement de Toulouse,

- Me Géraud Lobies, procureur à la cour du parlement de Toulouse,

- Bernard Azermières (ou Azinières), habitant de Toulouse,

avec  justice  haute,  moyenne,  basse,  greffes,  amendes,  confiscations,  lods  et

ventes, oublies et autres droits ; faire administrer la justice civile et criminelle en

leurs noms, 18 juillet 1675. Un cahier relié plein parchemin, 14 folios 

ADHG - 2 E 10227    S 3

Une autre division en 1692 ? [cf. Dutil].

  

la communauté

Les consuls  possédaient  la justice tant civile que criminelle (1753)  [cf Dutil]

Documents sur Montjoire :

Expéditions d’hommages au roi pour des terres sises au lieu de Montjoire, 24 juin
1667, 8 novembre 1680, 23 juin 1732. 4 pièces plein parchemin - ADHG 2 E 10228, S 11    

 Reconnaissance de la terre de Montjoire : table des emphytéotes et droits qui sont
tenus d’être payés annuellement au Roi, 6 avril 1674. – État du fief, s.d.  ADHG 2 E 10228, S 18  

 Documents  imprimés.  Lois,  actes  et  instructions  émanant  du  pouvoir  central.
(Affiches). Gazette du 13 février 1736 et du 5 février 1757 - ADHG 2 E 10229, S 10
   

Règlement fait par les gens des trois États du pays de Languedoc assemblés par
mandement du roi, janvier 1776. 1 cahier imprimé, 36 pages   - ADHG 2 E 10230, S 12   

 

    5 / la Révolution

 

Documents de 1789 sur Montjoire

-Cahier  des plaintes et doléances de la sénéchaussée de Toulouse, délibérées les 30, 31 mars et 1er avril 1789. 1 cahier imprimé, 24 folios  en mauvais état

-Mémoire  concernant  un  four  hydraulique  propre  à  faire  éclore  les  vers  à  soie, présenté à la société royale des sciences de Montpellier, 1789. 1 cahier imprimé, 11 folios

-Délibération de la commission intermédiaire du tiers-état de la ville et du diocèse de Toulouse, 31 mars 1789. 1 cahier imprimé, 4 folios.

- Procès-verbal  d’assemblée  de  la  communauté  (9  mars  1789)  et  cahier  de doléances (1789)  en mauvais état- 2 E 10230 , S 2 

Les biens nationaux

Source : Henri Martin - documents relatifs à la vente des biens nationaux - district de Toulouse, Privat, 1916.

Le Chapitre Saint-Sernin posséde la métairie de "Monges" estimée 8.944 livres [page 9]

la fabrique de Montjoire :  le presbytère et jardin estimés 2.460 livres

les obits de Besombes et de Bousquette : terres 3.344 livres [page 50]

les fruits décimaux sont estimés à 2000 livres  et les ornements et linges d’église 1.131, 05 livres [page 51]

Les Dames de Fourquevaux ont des rentes féodales s'élevant à 200 livres [page 89]

Table de N-D de Pitié de l’église ND du Taur : terre estimée 36 livres

 

Dufaur dit Bérat, premier page du roy – possède le domaine du Colombier terre , bois, près, etc ... 40 arpents 3.634 livres [page 164] et  Papus Bérat, à cette même métairie 53 arpents : 4.136 livres.

 

Gabriel Gaulet, curé de montjoire, son mobilier de maison est estimé 538 livres.

Bernard Dufaut, son vicaire a des biens à Aucamville (82), 2 arpents.

 

 

Le clergé et le culte

Feuilleraccuré constitutionnel, par la suite abdicataire et marié. A l'instigation de Feilleurac, le 27 février 1792, la garde nationale de Montjoire oblige les membres de la municipalité à revêtir leur écharpe  et à se mettre en tête pour assister à la messe du curé constitutionnel. 

Malgré cela,  et son mariage, Feuillerac est dénoncé au mois de vendémiaire an III ; il est envoyé en détention à Toulouse. Le 7 frimaire an III (27 novembre 1794), sur l'avis du comité de surveillance de la commune de Toulouse, il est mis en liberté le 7 décembre 1794, et il perçoit une indemnité pour les frais occasionnés par sa détention : "il ne faut pas qu'il soit la victime des animosités particulières", alors qu'il s'est marié  - les autorités considérant le mariage comme un signe de patriotisme même postérieurement au 9 thermidor an II, et qu'il a abdiqué . ses fonctions antérieurement )à la fermeture des églises. [AQDHG L 4023, Jean-Claude Meyer,  La vie religieuse en Haute-Garonne sous la Révolution,1982, p.175, 271, 348],

Le 9 prairial an III (28 mai 1795), la commune de Montjoire porte encore le curé Feuillerac sur la liste des personnes à désarmer comme « agent de la tyrannie », il aurait été « principal moteur et instigateur de pillages et de vexations des citoyens » - rapport 1799 [id. p. 275].

 

Escouboué, d'une famille notable de Montjoire était vicaire à Vacquiers avant la Révolution. Le 4 nivôse an IV, il est porté sue la liste des émigrés, s'étant permis, la veille, de venir à Bessières vers 11 h du soir pour y célébrer une messe.

 

Au Concordat le curé nommé est l'ancien vicaire, Bernard Duffault.

cession de terrains communaux

Le premier nivôse an XIII, un décret de Napoléon autorise le maire de Montjoire à vendre de la terre  à  35 personnes (chaque lopin de terre a généralement une contenant de quelques centiares à 3 ares maximum).On y trouve les principales familles de Montjoire : Veuve Buisson, Bernard, Jean et Pierre et Jeanne Timbal (9 ares), Raimond Caseneuve, Vital Garipuy, Lucas Tannu, Mathieu Assali, Jean Vignier, Jean Durenos, Pierre Bardy, Dejean, Jean Gairaud, Pierre Lafon, sieur Liétard, Dominique Gay, Jean Jolibert, Silvain Vials, Laurent Marty,Pierre Penalle, Pierre Auriolle, Jean Bousigues, Guillaume Gay, André Piaffe, Pierre Vaisse, dit Vaisson, Vital Audu, Jean-François Jouve, Jean Chaubard, Jean-Pierre Marty, Marie lauzeral femme Pierre Arnal, Antoinette Beauté, Antoine Gary, Antoine Teysseyre, Antoine Marty,  Jean Labau.

 

6 / Montjoire au XIXème siècle

 En 1812

le cadastre de 1812 présente l'organisation du village avec son chemin en faisant tout le tour.

L'église se trouve en bordure du chemin conduisant au cimetière, le chevet de l'église contre le cimetière, le presbytère au-devant.

Dés 1875 une commission épiscopale conduite par le doyen de Fronton constatait l'état de l'église, les murailles lézardées.  Un projet de reconstruction apparait alors, chiffré  entre 60.000 et 65.000 F. Le bâtiment comme cela est constaté partout, manque d'air, est insalubre, vétuste. 

Une plaque indique que là était l'église ; "Hic erat domus Dei." 

 

 

 ADHG Cadastre 1812 - église de Montjoire avant sa reconstruction à la fin du XIXème siècle

 construction d'une nouvelle église

Le projet de reconstruction était apparu dés 1875. C'est un legs de 8.000 F fait par Mlle Raymonde Campagnac - née à Montjoire et décédée à Paulhac en janvier 1876 -  qui va permettre la concrétisation du projet et sa réalisation. Ce legs était fait  pour la reconstruction d'une église, et comprenait 1.000 F pour l'acquisition d'une horloge, à la condition que les travaux soient entrepris avant le 10ème anniversaire de son décès.

C'est en 1880 que l'architecte Raynaud est contacté. A son décès en 1881, M. Dargassies prend le relais, conservant les plans déjà établis. Le premier devis établi en 1883 s'élève à 48.997 F.

L'ancienne église ayant été démolie, les offices ont été célébrés quelque temps chez M. Gay du Fort (Baladier/Gaubert). Les matériaux de l'ancienne église apporteront 4.505 F. Vu le coût, la mairie va différer la construction du clocher En mai 1881, les habitants de Montjoire consultés se prononcent par 172 voix   contre 47 pour la reconstruction en lieu et place de la nouvelle église. Une autre approche présidera à la recpnstruction.

Après maintes hésitations, on décide de reconstruire l'église Saint Saturnin  sur un petit promontoire  sur un terrain pentu, en bordure du chemin montant de la Bourelle.  Ce terrain est  acheté en janvier 1886 pour 3.600 F. à Mme Taillefer, épouse Seignour, il est situé sur le "plateau de Seignour". Les travaux doivent commencer de toute urgence si on ne veut pas dépasser le délai mis comme condition au legs. D'où la décision commune et rapide de la Mairie et de la Fabrique, communiquée par le Préfet à l'Archevêque le 18 janvier 1886.

La construction dura d’avril 1886 à février 1892.

Une première tranche des travaux est achevée fin 1886- début 1887. En avril 1888, la voûte et l'enduit sont terminés. En 1889, on se soucie du clocher. Les travaux sont achevés en février 1892 . Pour faire face aux dépenses la municipalité décide de faire payer un droit d'entrée à tout visiteur qui veut admirer le paysage du haut du clocher.

Lors de la construction de la nouvelle église on a découvert une sépulture d’un homme en armure et  de son cheval (id).

A partir de 1990, d’importants travaux de restauration et de mise en valeur de l’édifice ont été effectués par la commune. 

[Source mairie de Montjoire, site et Bulletin municipal décembre 1993 -  éléments d'hisrtoire présentés par M. Bernard Gay]

Le curé Reynis fait "élever un très bel autel sculpta de ses maison et dans le chêne une magnifique chaire gothique, puis les 14 tableaux du chemin de croix et la table de communion, et fit peindre le sanctuaire et les deux chapelles" [notice nécrologique de l'abbé Reynis] - Semaine Catholique de Toulouse, 1912,p. 297] 

En 1865, des paroissiens se plaignent à l'Archevêché que le curé prêche trop souvent en français (ADT).

l'école congréganiste

Le curé Louis Alexis Gay souhaitait  voir l'installation d'une école congréganiste comme bien des curés de paroisse. Il espère voir venir les soeurs du Plan (congrégation diocésaine des Soeurs de la Sainte-Famille de Nazareth, du Plan près Cazères - elles étaient à Bondigoux depuis 1855). 

En février 1874, le curé Gay fait un legs dans ce but. Il devra d'ailleurs modifier les dispositions pour que le legs soit admis : il émet "le voeu que sa maison qu'il abandonne à la commune, à rente viagère,  pour servir à un établissement d'instruction publique pour les filles, soit dirigé par une congrégation. Cette maison devient alors propriété de la commune, dénommée "la maison des soeurs" comme école publique des filles.

Les religieuses s'installent à Montjoire. Par la suite, en 1876, la directrice fait construire une petite chapelle de 25 m² sur un terrain communal pour le service de l'école. La mairie devient par la suite propriétaire de cette chapelle qui menaçait ruine. En 1998 des travaux ont été décidés qui ont été réalisés en 2000.

Le 13 novembre 1881, une transaction est passée entre la Supérieure générale de la Congrégation de la Sainte Famille de Toulouse et la mairie, autorisant Soeur Anne Marie (Mme Louise Tapie) à recevoir 12 pensionnaires. En 1882, 60 élèves fréquentent l'établissement. La salle de classe est agrandie en 1884.  Suite aux lois interdisant les congrégations, l'école est d'abord fermée, puis rouverte en 1902-1903.  Les soeurs de la Sainte-Famille quittent définitivement Montjoire en octobre 1904.

Sources : Bulletin municipal n°14 - Spécial Histoire de la commune - décembre 1994 ; site de la commune et ADT

    

                                      chapelle  de l'école des soeurs

 Au village 

 

le seul puits communal était situé au centre du village, recueillant les eaux de pluie (eau souvent polluée et impropre avec les maladies infectieuses en découlant cf. typhoïde). Puits réparé en 1908. Une autre source d'eau potable est recherchée au lieu-dit Varennes. En août 1910, voit le jour le projet d'un nouveau puits et d'un lavoir.  Réalisation interrompue par la guerre.  Ce nouveau puits communal se fera enfin en 1921.

La croix du Fort a été construite en 1856 (architecte Delor), succédant à un autre pidestal et croix dégradés par les intempéries.

 

7 / Montjoire au XXème siècle

l'institut Kneipp

Le curé,  l'abbé François Reynis  crée un établissement d'hydrothérapie en 1895, ayant lu  l'ouvrage de l'abbé Kneipp "Ma cure d'eau" et ayant bénficié de ce type de cure avec profit. Cet établissement voit le jour le 6 juillet 1895.

L'établissement comprend très vite quatre bâtiments : [1] prés de l'église, [2] en bas de la côte prés d'une source, ouvert en 1896, [3] à proximité de l'école, [4] un chalet. On y vient de partout en France, mais aussi de l'étranger. En 1905, la municipalité projette de faire passer à Montjoire un tramway à vapeur pour assurer la liaison Toulouse-Bessières. La cure dure en général 30 jours ; on marche pieds nus dans l'herbe couverte de rosée ou dans de l'eau froide.  Des douches sont données. Après la mort du curé, on assiste progressivement au déclin de l'établissement qui ferme ses portes en 1920.

sources :

- livre publié sur l'établissement au temps de sa gloire : "la cure d'eau à Montjoire", Toulouse, Trinchant,1900.

- Bulletin municipal :  Montjoire 360, mai 2012.

  

   l'établissement entre l'église et les Gay de l'ormeau          partie de l'établissement, restant et transformé.

Le curé EtienneFrançois Reynis est né à Vieillevigne dans le Lauragais le 25 août 1838, ordonné prêtre en 1867, vicaire à Montjoire, puis  ensuite curé à partir de 1874. Il sera curé de Montjoire pendant 27 ans.. Il démissionne en 1907, mais demeure à Montjoire. Il y meurt le 27 février 1912.

 

 

Un prêtre originaire de Montjoire, décédé en pleine jeunesse, laissa un souvenir durable et fidèle chez ceux qui le connurent de quelque façon : l’abbé Maurice Rogues Il est né  le 21 septembre 1897, ordonné prêtre en 1922, vicaire à Grenade, puis aux Minimes (Saint-François de Paule) en 1925. Il tombe malade et se retire à Montjoire en 1926. Il meurt le  l8 août 1831.

 

abbé Maurice Rogues

8 / Agriculture - Elevage - Chasse

 

Agriculture -  élevage - chasse

La superficie est de 2016 ha qu’on peut classer ainsi : 800 ha de terres argileuses, 1216 de terre siliceuses. Dans les terres argileuses, le sol est très accidenté, tandis qu’il ne présente aucun de ces caractères dans les terres siliceuses. Dans les premières on cultive avec succès toutes les céréales ; dans les secondes : la vigne et le pêcher donnent de magnifiques produits.
La commune n’est traversée par aucun cours d’eau important, mais  divers ruisseaux prennent en général tous leur source sur son territoire,[3] arrosent le terrain fort, puis la plaine de Montjoire et vont grossir les eaux du Tarn

La superficie des bois non soumis au régime forestier est de 240 ha.

 

 

On trouve dans la commune les produits agricoles les plus divers et les plus variés. Dans la partie comprise sous la dénomination de Terrains forts on cultive  le blé, le maïs et autres céréales : les fèves, les pois, les haricots et autres légumes ; le trèfle, le sainfoin et autres plantes fourragères. Ces produits sont d’excellentes qualité et d’après une statistique faite en 1883 avec le concours d’agronomes distingués, le rendement d’un hectare cultivé en blé est en moyenne de 16 hectolitres de grain du poids de 78 kg chacun et au prix de 19 F l’hectolitre. 25 hectares environ sont consacrées à la culture des fèves et donnent en moyenne 14 hectolitres par hectare au prix de 19  F quintal métrique. La luzerne (sparcette) donne un rendement de 20 quintaux métriques par hectare au prix de 6 F le quintal.

 

Tout récemment on vient d’essayer sur ces mêmes terrains une nouvelle culture sont les résultats ont été magnifiques : je veux parler de la culture de l’asperge d’Argenteuil.. Les premiers essais ont été faits [5] sur une échelle relativement considérable et les produits vendus aux Halles de Paris, au début de la saison ont atteint 25 F la botte. Un hectare d’asperges cultivé en asperges a donne jusqu’à 3.000 F de revenus.

 

 

La partie de la commune que nous avons désignées sous la dénomination de Plaine et qu’occupe une étendue de 1216 hectares est en entier consacrée à la culture de la vigne et du pécher. Les terres en sont légères , admirablement appropriées à ces deux cultures. Aussi les [6] vins de Montjoire jouissent-ils d’une réputation justement  méritée et la culture de la vigne prend-elle tous les jours une plus grande extension. Ces vins sont vendus aux particuliers de Toulouse et des environs ou livrés  au grand commerce qui se charge de  leur expédition.

 

Mais nous serions injustes si nous ne revendiquions pas  pour les pêchers la part qui leur revient dans cette aisance même. Nous disons donc que la culture de ces arbres remonte à l’année 1830 et qu’elle a été introduite dans cette commune par notre prédécesseur, M. Grandmaison. Comme tous les innovateurs, M. Grandmaison, ne manqua pas de rencontrer de la part des agriculteurs une forte résistance. Il ne se laissa pas néanmoins abattre, et comprenant tout le parti qu’on pourrait tirer de certaines terres qui jusqu’à ce jour avaient paru rebelles à toute culture, il prêcha d’exemple. Il acheta un petit carré de terre qu’il fit complanter [7]de pêchers. La plantation réussit à merveille et dés la 4ème année, il faisait expédier sur la place de Toulouse les belles pêches vermeilles de son champ. Le passant émerveillé s’arrêta devant ces beaux arbres, chargé de fruits et ne put se défendre de reconnaitre (que le maître d’école pourrait bien avoir raison. Il n’en fallut pas davantage pour gagner la cause au pêcher. Dés ce moment la culture de cet arbre se généralisa et l’on peut voir des champs où seuls, la bruyère, l’ajonc, les genêts poussaient, donner à partir de ce jour de magnifiques revenus.

Nous devons cependant ajouter que le phylloxéra  a depuis 2 ans fait son apparition dans les riches vignobles de Montjoire et que le terrible insecte se propage avec une rapidité qui inspire les plus sérieuses inquiétudes. Il est à croire cependant que l’on pourra conjurer le fléau ; nous en avons pour preuve les opérations faites directement par l’administration et qui ont pleinement démontré sur des vignes phylloxérées que la défense était possible.

 

Nous ne parlerons pas de l’élève du bétail ni des produits industriels qui n’occupent qu’une très petite place dans l’économie domestique, mais nous dirons que le pays est assez giboyeux. Les garennes sont en effet peuplées de lapins toute l’année, les cailles et les perdreaux abondent dans les mois d’août et de septembre et les fontes des neiges de la montagne noire amènent avec elle quantité de lièvres qui seront l’hiver poursuivis sans trêve ni merci. 25 permis de chasse sont en [9] moyenne délivrés tous les ans et procurent à la commune un revenu annuel de 250 F.

Cistac- Monographie de Montjoire (1885)

 

 

9 / Foires et marchés

En mars 1526 une ordonnance royale, prise à Saint-Germain-en-l’Haye, institue deux foires eu marché hebdomadaire à Montjoire

 

Tout le commerce de Montjoire consiste dans l’échange des produits du sol. Nous dirons cependant qu’il y a à Montjoire une belle foire  qui se tient le 29 novembre de chaque année, qu’elle attire beaucoup de marchands, un grand nombre d’acheteurs, toute la jeunesse des villages voisins et que sa création date d’une ordonnance de François 1er en 1540

Par une ordonnance du roi Charles IX, des marchés qui se tenaient tous les lundis sontétablis dans cette localité. Les marchés particulièrement renommés pour la volaille devaient 200 ans plus tard tomber par la faute du Seigneur de l’endroit. Imbu des principes de l’arbitraire et de l’absolutisme, le seigneur [12] Timbroune * [sic] disons le nom puisque la tradition nous l’a rapporté, s’était octroyé le monopole exclusif du choix des volailles. Les autres acheteurs ne pouvaient passer dans les rangs des vendeurs  que lorsque leur Seigneur et maitre avait fait ses provisions. Tout allait bien jusque là et certainement nul n’eut songé à se plaindre de ses agissements quelques vexants qu’ils fussent. Mais ce qui n’était pas du goût des vendeurs , c’était la bastonnade qui leur était administrée dans une des pièces du château par des valets aux gages du seigneur, lorsqu’il se présentaient pour toucher le montant de leur vente. Les peines les plus sévères étaient réservées à ceux qui seraient assez audacieux pour dévoiler la conduite du seigneur. En présence de cette épée de Damoclès sus pendue au-dessus de leur tête, nos paysans rentraient chez eux l’oreille basse, tout penauds, se promettant bien qu’on ne les y prendrait plus. De tels procédés devaient infailliblement être la ruine des marchés de Montjoire.

Disons en terminant que le proverbe patois «  L’estrena de Montjoyré, un cop de bastou de pun sul nas », fort répandu aux alentours tire son origine de la [13]  conduite du seigneur vis-à-vis de ceux qui lui vendaient des volailles

Cistac – Monographie de Montjoire, p. 12-13 - * NB: Emmanuel de Timbrune était en effet seigneur de Montjoire vers 1650.

 

10/ Enseignement

Avant la Révolution française l’enseignement est  confié au clergé paroissial. Une petite chambre mal aérée, aux murs sombres, ne réunissant aucune des commodités de nos écoles modernes était adossé au presbytère. C’est là que les enfants du peuple se réunissaient, 2 ou 3 fois par semaine, pour apprendre les premiers éléments de lecture et de l’écriture. Ajoutons qu’il n’y avait rien de  règlement que les entrées et les *sorties n’avaient point d’heure déterminée et que des mois entiers pouvaient se passer sans que l’école fut ouverte. L’individu privilégié de la fortune envoyait ses enfants dans une des pensions de Toulouse.

Après la révolution, apparaît le premier éducateur laïque, un certain Jolibert  

 Cistac – Monographie de Montjoire

 

 

Les instituteurs

 

-M  Pierre Grandmaison, à qui l’on doit l’établissement du pêcher à Montjoire Ancien hussard de la  de l’Empire enrôlé à 17 ans, 1812-1815], il est nommé instituteur à Montjoire en 1838 ; il s’y trouvait encore en 1866.

M. Cazals écrit : «  Il y a quelques années, la commune de Montjoire était citée parmi celles dont les récoltes étaient les moins productives. Son terroir, les pentes presque abruptes de ses campagnes semblaient interdire aux habitants toute espérance d'améliorer sur place leur situation peu enviable.

Vint un homme attentif, M. Grandmaison, instituteur, qui se donna la peine de réfléchir sur cet état de choses et qui entreprit d'y remédier. Après divers essais, il trouva que le pêcher réussissait à merveille dans les terrains montueux de Montjoire. Il conseilla la culture de cet arbre ; on suivit ses conseils, et aujourd'hui, grâce an pêcher, la commune de Montjoire est riche, et M. Grandmaison, que le gouvernement a décoré de la Légion d'honneur, est un bienfaiteur de la contrée ». Journal des instituteurs 15 juin 1890 – texte antérieurement publié en 1888.

C Mahuzies, inspecteur d’académie retiré écrit  de son côté: «  Entr’autres, il a vulgarisé autour de lui la culture du pêcher et du raisin de table  qui est aujourd’hui pour Montjoire une source de très bons revenus. Nous pourrions citer le nom de plusieurs individus, qui d’après ses conseils et sous sa direction ont de beaucoup augmenté leur aisance et même acquis une petite fortune ... et comme couronnement d'une vie  bien remplie, à l’age de près de 70 ans, il vient de fonder une école du soir, où il a réuni - plus de 30 adultes, auxquels il donne l’instruction gratuite».

sources : le journal de Toulouse

 

-Cistac, auteur de la monographie de Montjoire (1885). Intéressé par la   météorologie. Il a pris part a plusieurs observations d’orage organisées « celui du 29 juin 1885 a duré une heure

et demie et a été d'une violence inouïe. Une vraie trombe  s'est abattue sur la commune ; l'eau est ente dans toutes les maisons, des murs de clôture ont été renversés, les champs ont été ravinés, la grêle a emporté les trois quarts de la récolte du vin ».

 

11/ La population

 

 

Montjoire-Vieux

Cistac estime à 3000 habitants la population de Montjoire Vieux (source non indiquée).

La population en 1885

"La population de Montjoire, depuis le dernier recensement est de 770 hab réparties dans 202 maisons et 209 ménages.
Mais si nous remontons )à la fin du siècle dernier , nous verrons que le chiffre des habitants était de 1.100 et que depuis cette époque les tableaux de recensement accusent une diminution constante. Avant la révolution la moyenne des naissances est environ de 40 par an, aujourd’hui de 12.

La commune se divise en six hameaux qui sont – non compris le village qui a 72 maisons et 250 hab :

-le hameau de Lacour : 20 maisons – 76 habitants

-id la verrière/les Ricards : 26 maisons – 106 hab

-id les Condoms/les Convertigues : 19 maisons – 90 hab

-id les Buscailles/La Plaine :  65 maisons 65 hab

Tous ces hameaux sont reliés avec le chef lieu de la commune par des chemins empierrés et très bien entretenus".

Cistac – Monographie de Montjoire, 1885

 

 

Les Archives de Montjoire

Nous avons déjà évoqué les regrets de Célestin Barrat au sujet des archives de la commune. On trouvera ici ce quil en dit.

Célestin Barrat et les Archives

« …Quand j'étais jeune,  il y avait à l'école, dans le bâtiment de la Mairie, un gros livre de 14 ou 15 cm d’épaisseur bourré de documents concernant toute la commune. Ce  livre , je ne l'ai ja­mais vu, mais c'est de lui que parlait l'instituteur, M. Cistac, en nous disant un jour à propos d'une leçon sur François ler : "Nous possédons le parchemin qui a institué la foire de Montjoire signé : car tel est notre bon plaisir."

Plus tard quand je suis revenu du service militaire, on disait que le Maire M.M...n'avait pas fait réparer à temps la toiture de l’école et que les gouttières avaient détruit ces documents avec d'autres choses. Je l'ai cru pendant longtemps et cela me paraissait naturel. Notre maire en effet , qui l'est resté plus de 30 ans de suite, remplissait très bien ses fonctions de maire, mais son métier de gros proprié­taire - agriculteur le rendait dur à la besogne certes, mais aussi un peu négligent.

Un jour, sur la fin de ma vie, j'ai trouvé sa fille à qui j'ai dit ce que je croyais presque être la vérité, et qui m'a répondu tout de suite "un jour mon pauvre père m'a dit à moi : crois- tu que l’institu­teur qui avait là des meubles avec tout ce qu’il pos­sédait aurait laissé détruire tout cela sans ne plaindre? Ce livre qui était très épais est resté à l'école jusqu'à telle époque (je ne saurais maintenant la rap­porter exactement) puis il a disparu subitement. Il a été enlevé par quelqu'un qui avait intérêt à sa dispa­rition, quelqu'un que ces documents malmenaient."

Mais tout cela est pour moi incontrôlable et ne peut me servir pour écrire un récit. Si je mentionne cela, c'est pour protester contre cette destruction du passé qui me serait si utile, contre cette perte de documents que d'autres avec plus de talent que moi auraient pu mettre à jour. Et je voudrais tant trans­mettre à nos descendants tous les faits qui touchent à Montjoire »  

 

 

 

La perte des archives comme le déplore Célestin Barrat demande  cependant à être relativisée et mise en relation avec les relevés établis par les Archives départementales concernant la commune de Montjoire.

Sans avoir des archives très anciennes, Montjoire dispose d’un fonds substantiel non négligeable.  

Le relevé des Archives départementales permet de connaitre ce précieux fonds conservé à la mairie.  

 ADHG commune de Montjoire

 

Relevés archéologiques sur la commune de Montjoire

-près de la Verrière, petite concentration de tessons de céramique sigillée vraisemblablement de la fin du Moyen-âge, sans présence de tuiles ou de briques.

-Bourdaya : outillage taillé – paléolithique ancien

-les Ricards

-Salazar : tegulae – tuile, brique gallo-romaine

-Tinières – construction – fragments de briques et tuiles canals

 tessons de céramique polychrome, verreries - XVIIIe siècle.

Source : documentation DRAC

 

2 hagiotoponymes anciens: saint Sernin à l'est et saint  Martin à l'ouest.

Vestiges d'un village à Montjoire vieux : Saint-Martin.

 

ANNEXES  - documentation

 

Timbrune, d’Agasse, Gineste, Olivier : Histoire de Familles.

 

Emmanuel de Timbrune, seigneur de Valence, Castelluc, Saint-Philippe, gentilhomme ordinaire de l a chambre du roi, capitaine et gouverneur de Puymirol,.

Emmanuel tue son beau-frère  Jean-Louis de Gelli, seigneur de Montmoure, mari de Marthe d’Agasse, fin 1642 à Saint-Urcisse [Marthe était héritière de son père le 9 mars 1639]

 

Emmanuel de Timbrune épouse

1 /  CM le 2 août 1627 à Saint-Urcisse, Marguerite d’Agasse  de la Motte fille de Jacques et de Gabrielle de Laffon  (son père s’est marié 2 fois, avec  Marguerite Durroux veuve de François Aubérard, puis  Gabrielle Delafon (sa mère étant Louise du Bousquet)

Ils ont trois enfants : Louise Marguerite sui suit, Françoise et Catherine morts sans héritiers

- ‘’Louise ‘’Marguerite de Timbrune de Valence (tabl), dame de Saint-Urcisse qui épouse   Pierre Gineste, seigneur de Conque (rive droite du Tarn, arrière de Buzet). Ce Pierrre Gineste est mentionné en 1662. Louise, coseigneuresse de Saint-Urcisse, y demeurant, épouse séparée de biens et de corps de Pierre de Gineste, sieur de Conques, suivant acte de séparation reçue Garrigues, notaire de Bessières, à Bertrand Cambon, avocat aux ordinaires de Monclar, Lacoste, notaire 18 juin 1671. Pierre de Gineste, est mentionné sgr de Saint-Urcisse en 1679. Louise donnera ses biens à sa filleMarie, la mariant avec M. Jean d’Olivier, baron d'Encausse.

 

2 /  Emmaunel de Timbune épouse en 2ème noces - CM le 2 mai 1650 - la nièce de sa femme Hippolyte de Bonfantan, fille de François de Bonfantan, seigneur de la Boulbenne,  consulat de Puicelsi [ayant pour mère Françoise de Villeneuve]  et de Olympe d’ Agasse.

Dont postérité : 3 garçons et une fille

Lors de ce contrat de mariage (1650), il porte le titre de Seigneur de Saint-Urcisse et de Montjoire. Un acte le concernant est passé à Montjoire en 1662. [Le 23 mars 1662 , Mre Guillaume Marmesse, docteur et avocat d'une part et Marguerite de Bonfantan, fille de feu François, sgr de la Boulbène et d'Olimpe d'Agasse, en présence de Pierre de Gineste, sgr de Saint-Urcisse, Bertrand Calviac notaire].

 

contrat de mariage entre Jean Olivier, sieur de la Faurie, avocat en parlement de Toulouse, fils de feu Jean Olivier, ancien capitoul de Toulouse et de Claude de Rabou, d'une part et Marie de Gineste fille de Pierre de Gineste, sgr de Conques el de Antoinette-Louise de Timbrune de Valence, mariés, séparés de corps et de biens, portant insertion d'articles de mariage, ssp du 13 mars 1674 depuis célébré et consommé, donataire de ses père et mère, notamment des seigneurie et domaine de Saint-Urcisse, et celui des Isseaux. à charge par le futurde libérer ses engagements dont les biens sont grevés, soit 10.500 livres au chevalier de Castanet pour les premiers et 4000 livres à Mr de Laurenx, banquier en cour de Rome et ancien capitoul pour les lsseaux, à Toulouse en présence de François de Clarac, baron de Roquesérière.

Sources : archives des châteaus de Tauriac et Saint-Urcisse

 


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