missions paroissiales   



 

 

 

Les missions paroissiales

 

 

 

Les missions paroissiales appartenaient à une stratégie pastorale. Des prêtres extérieurs (capucins, lazaristes, prêtres du Calvaire congrégation de missionnaires diocésains…)  venaient assurer des séries de prédication adaptées aux différentes catégories sociales. Ces missions duraient environ une dizaine de jours.  Ces prédications visaient un renouvellement de la foi (réveiller l’adhésion) et des pratiques chrétiennes ( la messe et les sacrements). Les prédicateurs rendaient visite à toutes les familles. Au terme de la mission, on érigeait en souvenir une croix dite croix de la mission, un oratoire. A Sayrac nous avons connu la dernière mission mise en place par l’abbé Touzel en 1954 (du 14 au 28 novembre). A Toulouse il y eut une mission pour l’ensemble de la ville en 1957.

 

En 1931, une enquête comme il en existait régulièrement (ici une enquête décanale c’est à dire menée par le doyen dans les différentes paroisses du doyenné, soit en l’occurrence par  M. le curé de Villemur.

Parmi les questions :  de quand date la dernière mission ?

Villemur

Noël 1924

[faisant suite à celle de 1910]

auparavant : 1899

Le Terme

Pas de réponse

Magnanac

1894 (cité en 1907), 1900 (cité en 1931).

Sayrac

Autres sources : 1868, 1901

Villematier

1905 - [une mission fut préchée par les RRPP  Roux et Pagès lazariste].

La Magdelaine

Plusieurs triduums ont été donnés, mais de mission proprement dite,  depuis 1886 (ciré en 1907).

Mirepoix

??

Layrac

Vers 1908

Bondigoux

Impossible de préciser la date

Le Born

1896

 

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 érections de croix de la mission

  • Villemur : 26 avril 1836 (lettre du curé)
  • Bondigoux : croix de 1853 (jardin de l'église) ; vierge,  mission janvier 1859
  • Sayrac : 1838 devant l'église

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Mission de Villemur, 1924

Villemur clôturait une belle Mission le jour de Noël. La dernière qui avait eu lieu il y a 14 ans, avait provoqué chez un vieux professionnel cet aveu : «  c’est la mission la plus consolante que j’ai prêchée ». Les temps ont changé depuis. La population a été profondément bouleversée par une grève, par une installation organisée de plaisirs, par des agitations intérieures habilement exploitées, si bien qu’on pouvait se demander, s’il valait mieux donner la mission ou s’en abstenir dans l’intérêt même du bien. Se plaçant au point de vue purement surnaturel, on s’est décidé à donner la mission et on pu voir ce que peut la grâce divine. Pendant trois semaines de beaux auditoires se sont pressés autour de la chaire de cette vaste nef. Malgré les divertissements et spectavles profanes comme l’a fait observer finement observer le prédicateur au sermon des adieux, la mission ayant été  dés longtemps à l’avance annoncée et souvent rappelée, on a eu, dés le commencement une assistance convenable. Mais dés que l’on a vu à l’œuvre les missionnaires, qu’on a subi le charme de leur entraînante et pieuse prédication, la foule est devenue de plus en plus nombreuse. On a pu faire des réunions spéciales de jeunes filles, de jeunes gens de mères chrétiennes, d’hommes seuls.Aux dernières réunions, le jour de la clôture, on ne s’apercevait pas que cette vaste église avait été bâtie pour recevoir une population autrefois plus nombreuse d’un tiers. Mais ce qu’il importait de constater, c’est le succès final qui n’est plus seulement celui d’une éloquente parole, ou des cérémonies touchantes, pas même celui de répondre avec empressement pour couvrir par des  dons des frais aujourd’hui considérables d’une mission, le succès final, c’edst le rendez-vous à la table sainte. Le jour de la clôture a été consolant. Les retours ont été nombreux. Aussi grande a été la joie des fidèles, des missionnaires et du pasteur, après une mission que le P. Dunoyer, si apprécié à Toulouse, a caractérisé de « si bonne et si fructueuse ». BA

Semine catholiqiue de Toulouse 1924, p. 46

 

Récit d’une mission : Le Born 1896

 

Jubilé national du 4 au 13 décembre 1896 

 

A la date du 28 février de l’an de grâce 1896, en la fête de la sainte lance et des clous de NSJC MM les abbés Andrieu et Bernadet et J. Rouzaud, vicaire capitulaire de Toulouse (le siège vacant) adressèrent aux fidèles de l’archidiocèse toulousain une lettre circulaire pour la publication du jubilé national accordé par NSP le Pape Léon XIII à l’occasion du 14° centenaire du baptême de Clovis L’abbé Doumer, curé de la paroisse Ste Foi du Born saisit avec empressement cette bonne occasion pour procurer à ses paroissiens les bienfaits d’une petite mission pour affermir les justes dans le bien et pour ramener au bercail les brebis égarés.

 

Avec le concours charitable d’une personne pieuse de la paroisse,  on fut assez heureux pour pouvoir posséder un missionnaire pendant 10 jours du 4 au 13 décembre. Le TRP Valetx religieux dominicain de la maison de Marseille vint donc ouvrir les exercices le vendredi 4 décembre et fut assez éloquent pour opérer une véritable transformation en convertissant plusieurs personnes éloignées depuis longtemps de leurs devoirs religieux. Pendant les 10 jours de la période jubilaire l’église suffisait à peine à contenir les fidèles empressés de venir entendre la parole énergique et convaincue de l’intrépide missionnaire. Les paroissiens de Labéjeau  se distinguèrent par leur assiduité à l’église et non contents de venir eux-mêmes, ils emmenaient encore plusieurs personnes des paroisses voisines qui tous ensemble priaient avec les villageois pour attirer sur eux, leurs familles et leurs champs la bénédiction du ciel. Le jour de la clôture, dimanche de la solennité de l’Immaculée Conception, fut un vrai triomphe pour JC et sa divine mère Immaculée. L’orateur commenta merveilleusement cette invocation lancée par les chanteuses inspirées, sans doute pour couronner et terminer leurs pieux cantiques  toujours exécutés avec cette précision et mélodie digne des chants des basiliques et des cathédrales : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».

 

Cette invocation si simple fit expliquée et commentée par le pieux prédicateur avec tant d’amour filial et de persuasion que l’auditoire électrisé entonna d’un accord parfait la strophe « Ave Maris Stella, O Marie montrez-vous notre mère, Monstra te esse matrem. La cérémonie se termina par la procession et les placements des tableaux de la  Ste Face de NSJC dans l’église afin de perpétuer le souvenir de ces pieux et trop courts exercices. Réfléchissant sur la  parole d’adieu du missionnaire aux habitants depositum custodis  gardez mes frères le dépôt qui vous a été confié, gardez toujours Jésus en vos cœurs, conservez la grâce de la mission, ne chassez pas Jésus par le péché, mais soyez fidèles jusqu’à la mort. M. le curé crut opportun de fixer l’attention des convertis et des égarés, et distribua comme souvenir de la mission , à tous les demeurants, un crucifix pour placer dans leurs maisons. La bénédiction solennelle et distribution eut lieu le soir de la fête de Noël au chant du cantique Nous voulons Dieu comme bouquet spirituel le bon pasteur proposa à ses ouailles la méditation de ces 3 invocations : « Chritus vincit, Chritus regnat, Chritus imperat ». Que Jésus Christ règne sur nos cœurs, Que Jésus Christ soit victorieux et chasse le démon de nos âmes ; que Jésus Christ soit vainqueur ; que Jésus Christ commande à nos intelligences pour le connaître, à nos cœurs pour l’aimer toujours et à notre bonne volonté pour le servir avec fidélité jusqu’à la mort. Oui mes frères persévérez dans la grâce de dieu, Gardez précieusement ce souvenir de l’amour de Dieu (NDLR le crucifix donné] qui s’est manifesté pendant ces 10 jours jubilaires ; que Jésus apporte dans nos foyers la pacification des esprits, l’union, la concorde et la paix. Ainsi-soit-il.                         

Le dimanche avant l’ouverture des exercices du jubilé (29 décembre 1896) M. l’abbé Doumerc, curé de Le Born, donna lecture du haut de la chaire la circulaire de MM. Les vicaires capitulaires P. Andrieu, A. Bernadet et P. Rouzaud annonçant au diocèse (le siège vacant) la faveur accordée par L éon XIII pape à la nation entière de la France, d’un jubilé national comme condition prescrite pour gagner l’indulgence du jubilé, on prescrivit une aumône pour une œuvre pie. M. l’abbé Doumerc, curé du Born, engage ses paroissiens à vouloir bien contribuer selon leur position de fortune à l’œuvre de la reconstruction de l’église Sainte Germaine de Pibrac, œuvre  recommandé par le bon et regretté cardinal Desprez de pieuse mémoire. L’appel de M. l’abbé Doumerc curé du Born fut entendu et chacun des habitants fut assez généreux pour donner une aumône en rapport de sa position de fortune, espérant ainsi gagner l’indulgence du jubilé dans sa plénitude et attirer sur sa famille l’intercession de la pieuse bergère de Pibrac. 

Semaine catholique de Toulouse.

 


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