MIREPOIX   



 

 

MIREPOIX

 

 

photo crédit paroisse Villemur

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 paroisse

Diocèse

 civil

Diocèse ecclésiastique

avant 1803

(au sein des Sénéchaussées)

Saint Patron

Patronage

Possession de

MIREPOIX

 

a pour annexe Roquemaure

 

MONTAUBAN

MONTAUBAN

 St Cyr

et Ste Julitte

 L’archiprêtre de Roquemaure

[2/3 dîme]

 

Le chapitre  cathédral de Montauban

[1/3 dîme]

 

 

La commune de Mirepoix  est dénommée Mirepoix-sur-Tarn (déjà fait en 1804) ; dénomination ancienne, rencontrée avant la Révolution.

Les habitants  sont les mirapiciens.

La paroisse avant 1317 appartenait au diocèse de Toulouse ; de 1318 a1790, elle est dans le diocèse de Montauban ; après 1790 dans le diocèse de Toulouse.

Avant 1790, la paroisse de Mirepoix était annexe de Roquemaure (archiprêtré)

L’église a été jusqu’après la Révolution sous la titulature de saint Pierre, et par la suite (avant 1841) de saint Cyr et sainte Julitte.

Mirepoix était un consulat avant la Révolution et par la suite commune.

 

Les dénominations ancienne sont : Mirapiscensi (vers 1317), Mirapisceto (1441), Mirapeis (cartulaire Conques).

L’étymologie : mira/regarde ; peis/poisson - regarde les poissons.  Ernest Nègre,  dans Toponymie générale de la France, tome 2, p. 1125. Celui-ci fait observer que le nom a pu d’abord exister dans sa forme diminutive, Mirapisceto, [1441]. Certains sont tentés de lire Mira/pech [regarde le sommet]. L’énoncé régional (prononciation, énonciation, graphie)  renvoie davantage à peis qu’à pech.

La  dîme appartenait au chapitre de Montauban [1/3] et à l’archiprêtre [2/3].

Le droit de nomination à  la cure revient à l’évêque de Montauban.

Le Seigneur justicier : M. le Vicomte de Villemur, et directe : M. le baron de Roquemaure.

L’altitude varie  entre la plaine [mini. 85 m] et le coteau [maxi. 221 m].

 

 Ancien habitat 

 La communauté de Mirepoix nous est connue pour la première fois, lors de l’honneur de Mirepoix en 1232, puis en 1271, dans le saisimentum de Villamuro et bajulia ejus diœcesis Tolosæ. Mirepoix est alors désignée comme « castrum », c’est-à-dire doté d’un fort, comme Villemur, Tauriac et Roquemaure.

 

L’église possession vraisemblable de Conques

L’église de Mirepoix apparaît dans le cartulaire au XIIe siècle de l’abbaye de Conques parmi les possessions de cette abbaye. Dans l’énoncé des églises du diocèse de Toulouse, une main semble avoir ajouté de Mirapeis. Gustave Desjardins, auteur de la publication du cartulaire de  l'abbaye de Conques, ainsi que Frédéric de Gournay, historien des possessions de Conques, considèrent cette lecture plausible.

Hormis le cartulaire où la mention de Mirepoix n’est pas totalement assurée, seule la bulle d’Innocent IV adressée à l’abbé de Conques, de 1245, mentionne par ailleurs l’église de Mirepoix (Mirumpiscem)  avec celle de Sayrac et celle du Born.

Hormis le cartulaire où la mention de Mirepoix n’est pas totalement assurée, seule la bulle d’Innocent IV adressée à l’abbé de Conques, de 1245, mentionne par ailleurs l’église de Mirepoix (Mirumpiscem)  avec celle de Sayrac et celle du Born.

 

Le catharisme

Mirepoix fait partie des  lieux désignés comme lieux de refuge pour les hérétiques cathares ; l'on peut en juger par l'ensemble les dépositions où l’on voit les fugitifs aller demander à ces consulats de fraîche date une sécurité relative, mais d'assez courte durée. Sont  mentionnés parmi ces lieux : Saint-Sulpice, Rabastens, Mirepoix, le Born. On dénombre à Mirepoix dix-huit parfaits (dix hommes et huit femmes) dont  un certain Jean Capus. Plusieurs appartiennent à la famille ou aux relations de Guillaume Aliguier, fils de Guillaume aîné, de Mirepoix. L’inquisition prononce les peines : certains  sont envoyés « au mur », d’autres reçoivent la croix (simple pour la plupart, mais Arnaud Duprat est libéré du mur avec des croix doubles), tel autre doit accomplir un pèlerinage.

Entre 1307 et 1323, Mirepoix-sur-Tarn comme Grenade et Montastruc, est désigné comme un lieu de refuge.

 

 

Bernard Aldiguier, fils de Guillaume « a vu plusieurs fois des hérétiques chez son père. Il a écouté leur prédication et leur doctrine […] après la confession de ces fautes et d’autres …après avoir obtenu l’absolution des chaînes de l’excommunication, après l’abjuration de l’hérésie, il a vu, écouté et accompagné, de nuit, l’hérétique Pierre Autier. Il nia cette rencontre ; c’est un autre qui l’accompagnait, qui l’a accusé ». Quant à Guillaume, il a vu Pierre Authier, Jacques Amile, Pierre Raimond.

Bernard Gui, Livre des sentences de l’inquisiteur Bernard Gui,1308-1323, 2 volumes, éd. et trad. Annette Palès-Gobillard, 2002.

 

Le consulat de Mirepoix

Celui-ci est connu par ses relations avec Villemur. La Baronnie de Villemur, en 1319,  a pour annexes les lieux de Layrac, Mirepoix, Le Born. En 1342, puis en 1596 la vicomté de Villemur  a ces mêmes  consulats pour annexes.  

Les consuls de Mirepoix prêtent serment entre les mains du vicomte.

Les droits de justice dans les consulats du Born et Mirepoix, etc. sont aliénés sous pacte de rachat perpétuel par le domaine royal à la fin du XVIIe siècle.

 

Le chapitre de Montauban

L’ecclesia Mirapiscenci apparaît à un moment dans les relevés de l’abbaye/cathédrale Saint Théodard de Montauban. Les archives du XVIe siècle du chapitre cathédral de Montauban font état, sans indication de date, des réparations de l’église de Mirepoix, Tauriac et Vilette. Suit l’estimation du dommage pour Tauriac et Mirepoix, dommage que ces édifices ont subi, à la suite des guerres civiles et religieuses.

 

Le chapitre de Montauban en affermant le prieuré de Mirepoix, se présente comme prenant les fruits de Mirepoix. Nous connaissons l’existence de baux passés pour les années 1645 et 1646. Cette mention  fait apparaître l’existence d’un prieuré  dépendant dudit chapitre.

 

En 1721, le fermier des dîmes du chapitre est Pierre Taillefer, boulanger de Montjoire, qui a affermé la paroisse de Mirepoix avec celles de Réal et Mascale, par un même bail.

Mirepoix est compté parmi les bénéfices dépendant de la mense du chapitre cathédral de Montauban.

 

Cette même monographie mentionne un ancien usage religieux perdu et ignoré en 1880, « l’usage d’aller en procession à l’église Notre-Dame de la Colombe à Grazac, autre annexe de Roquemaure, pour demander à Dieu la conservation des fruits de la terre ».

 

Guerres civiles et religieuses

Durant les guerres civiles et religieuses, les protestants se saisissent, en novembre 1568, de Layrac et Mirepoix.

Au XVIIe siècle, les Lazaristes sont chargés de missions, à Mirepoix du 20 mai au 4 juin 1674 (2 pères). Leur compte-rendu, après la mission de 1674, mentionne 500 catholiques en âge de communion. « Pas d’hérétique. Peuple fort docile. Presque tous firent leur devoir. Les missionnaires y trouvèrent le confrérie du Rosaire ».

 

Seigneurie : les Clarac

Les Clarac sont seigneurs de Mirepoix. Leur présence est attestée au cours du XVIe siècle. François de Clarac y est né  et y fut baptisé en 1637. Il épouse en  1659 Angélique de Sers (du château de Sagnes). Leur fils Louis-Valentin né le 9 juin 1677 épouse en septembre 1721 Gabrielle Rosalie Daire de Lavaur. Il est baron de Roquesérière et de la Soulade, seigneur de Mirepoix et coseigneur de Layrac et Montvalen, Il est Amiral.

 

Ainsi, François de Clarac a deux enfants  : Louis-Valentin et Angélique. Le  22 juin 1677.

-Louis-Valentin de Clarac, est baptisé à Mirepoix, il est le père de  Roger-Valentin de Clarac. Relevons en date du 8 juin 1700, l’extrait mortuaire de François de Clarac : « L'an 1700 et le 8e jour du mois de juin est décédé d'apoplexie dans son château, en la communion de notre mère Ste Eglise; Messire François de Clarac, seigneur et baron de Roquesérière, duquel le corps a été inhumé dans la chapelle de Notre-Dame, érigée dans l'église de Saint-Pierre de Mirepoix au tombeau de ses ancêtres ».

-son fils « Messire Jean Pierre de Clarac de Roquesérière, baron de Mirepoix et seigneur d'autres places, lieutenant de vaisseaux, capitaine de cent hommes », meurt Le 7 juillet 1716 à 54 ans et est enseveli aux cordeliers de Rabastens.

Précédemment, le 13 mars 1651, noble  Ciprian de Clarac, meurt  noyé dans le Tarn.

Valentin de Clarac épouse Gabrielle Rosalie Daire - le contrat de mariage est passé  le 26 septembre 1721 au château de Mailhoc (Tarn).

-Roger-Valentin de Clarac, comte de Clarac, maréchal de camp des armées du Roi, chevalier de l’Ordre de Saint-Louis, fils de ces derniers, est né en 1729 à Toulon. Il est  comte de Clarac, baron de Roquesérière et La Soulade, seigneur de Buzet, Bessières, Montjoire, Montastruc, Gémil, La Rouquette, coseigneur de Layrac et Montvalen. Il devient propriétaire de la châtellenie de Buzet en 1771 ; il épouse à Paris en mars 1772 Thérèse Chaumont de la Millière ; il connaît de graves et irréversibles difficultés, en 1791, dans son château de Buzet.

 

En janvier 1791, une vive tension entre le Comte et des révolutionnaires conduit à un incident irrémédiable. La population se rassemble près du château, l’envahit, le pille et le brûle. Des proches du Comte sont tués. Le comte est arrêté, au sortir du souterrain et  conduit à Toulouse où il est momentanément emprisonné.  Pendant ce temps son château est rasé. Bénéficiant de relations, il est par la suite acquitté. Il émigre en Suisse, puis en Italie. On perd sa trace jusqu’à ignorer la date de sa mort. Bien des recensions de ce drame parlent de « malheureux événement », car il s’agit d’un ensemble de données irrationnelles, de circonstances successivement fortuites et maladroites, même si les rancoeurs à l’égard du Comte étaient grandes et puissantes, du fait « de son despotisme féodal », depuis qu’il est devenu possesseur de la Châtellenie de Buzet en 1771. Cf. la Gazette nationale ou Le Moniteur universel du 21 janvier 1791. Cf. aussi, Raymond Faure, XX siècles d’histoire en Pays toulousain, des Celtes à la Révolution, 1ère partie, Lecha, Toulouse,  2e éd., 1975, pp. 94-97 [il s’agit d’une notice  historique sur Bessières-Buzet] et Françoise Sabatié-Clarac, Buzet-sur-Tarn, des origines à la Révolution, découverte historique d’un village, Jouve, Partis, 2006, pp. 133-152.

 

-Son fils, Charles-Othon-Frédéric-Jean-Baptiste de Clarac  (1777-1847) est né le 24 juin 1777 à Paris. Enfant, à l’âge de 9 ans, son père l’emmène avec lui en Allemagne et en Italie. Durant la Révolution, il sert à l’armée de Condé, puis il gagne la Russie pour y étudier les langues et les antiquités. Il est  par la suite [1808-1814] précepteur des enfants du maréchal Murat ;  dirige les fouilles de Pompéi  et d’Herculanum en 1813.  En 1815, il parcourt les deux Amériques à la recherche des antiquités. Il est un archéologue de renom, conservateur du Musée des antiques du Louvre {[1818-1847]. Il reçoit du roi Charles X une indemnité compensatoire pour les événements passés. Il est notamment chevalier de Saint-Louis, chevalier de Malte, décoré de l’ordre de Saint-Anne de Russie. Il meurt le 21 janvier 1847.

Le château de Mirepoix, est vendu à la Révolution comme bien national.  

Cf. Salomon Reinach,  « Documents nouveaux sur Frédéric de Clairac », Revue historique, 1907, p. 304-307.  Ces documents concernent notamment des « litiges familiaux  et les ancêtres de Clarac », documents déposés « aux Archives du Louvre ».

 

 

La Révolution

L’inventaire des biens nationaux

L’inventaire porte des terres, appartenant à la Fabrique d’une valeur de 4.400 livres et appartenant à l’obit de l’église du lieu, la métairie de Capoulade et des terres, d’une valeur  de 5.104 livres. Les ornements et linge d’église sont estimés 76 livres, 2 sous.

Le 3 juillet 1791 une terre de 2 arpents, 2 pugnères [1,38 ha] de l’obit du lieu, estimée 1.350 livres. Dans l’inventaire de Mirepoix, se trouve aussi mentionnées des terres de l’« obit et de la  table de l’église de ‘’Layrac ‘’  et de la ‘’Madelaine’’ » estimées 5.820 livres.

est adjugée 1675 livres à Prunet, négociant. Le 7 janvier 1811, 8 pièces de terre d’une contenance de 10 arpents, 5 pugnères, de l’obit du lieu, sont adjugées 4.400 livres à Bousquet, cultivateur à Bessières.

 

 Hors les biens d’Eglise mentionnés, la plupart des biens de Mirepoix sont des biens des nobles émigrés, appartenant en grande part au Comte de Clarac, émigré. L’inventaire comporte le château de Mirepoix, les métairies de la Bourdette et de la Grande Borde, un moulin, une tuilerie, la forge et des dépendances, le tout représentant 135 arpents, d’une valeur de  88.420 livres  ; le château de Mirepoix [28 arpents, soit 16,40 ha], adjugé 42.500 livres à Cabos, cultivateur à Verfeil, le 1er nivôse an III, ainsi que la métairie  de la Bourdette de 40 arpents [soit 23,45 ha], celle de la Grande Borde de 61 arpents [soit 35,75 ha] et une autre métairie de 45 arpents ½.[soit 26,66 ha].  Boyer de Tauriac possédait aussi  à Mirepoix une terre ayant une superficie de 55 ares, estimée 1.000 fr.

Henri Martin, Documents relatifs à la vente des biens nationaux. Département de la Haute-Garonne, district de Toulouse, op. cit., p. 451.

 

 

 

Donnant suite à l’ordre donné par l’agent du district de Toulouse au sujet des cloches, l’agent national Lauzeral écrit à celui-ci le 6 fructidor an II [13 août 1794] : « dans notre commune nous n’avons qu’une petite cloche qui cependant, je la crois suffisante ». 

Au mois de thermidor an X [juillet 1802], les marguillier de l’église de Mirepoix, Honoré Causse et  Jean Galy, maçon rendent compte des objets du culte qu’ils gardaient.

 

 

Crouzet, confesseur de la foi

 

Jean-Pierre Crouzet  qui a été vicaire de Mirepoix, puis curé-archiprêtre de Roquemaure, et à ce titre curé de Mirepoix est déporté au temps de la Révolution. Son mobilier de maison est estimée 5.123 livres. Après le Concordat, il est nommé à la succursale de Mirepoix. A la Révolution, l’abbé Jean-Pierre Crouzet, archiprêtre de Roquemaure et aussi curé de Mirepoix, son annexe, est exilé. Au sujet de son  retour, il nous est dit : « le vénérable M. Crouzet a été reçu avec enthousiasme à sa rentrée de l’exil. Le Père Félix de l’ordre des carmes déchaussés, y a fait du bien ’’quoiqu’il n’entendit pas assez l’idiome du païs ‘’».

Pendant la Révolution, un carme déchaux,  le P. Félix, se trouve  à Mirepoix. L’Etat du diocèse de Montauban précise que grâce aux bonnes instructions des archiprêtres et notamment du dernier, « le peuple s’est conservé ».

Se trouve à Mirepoix un prêtre ayant prêté le serment. Jean-Baptiste Maury, né à Castelsarrasin est vicaire à Mirepoix en mai 1791, s’acquittant de la charge de vicaire, payé comme fonctionnaire, « à la charge pour lui de justifier qu’il a satisfait au serment prescrit ».

Puis il est déclaré domicilié à Toulouse et mentionné dans la liste des émigrés, il a alors 36 ans.

 

 

En 1885 a lieu une mission ; à cette occasion une statue de la Vierge est érigée, celle que l’on trouve à l’embranchement des routes - vers les Places, et vers l’église.

 

Familles et patronymes de Mirepoix

Parmi les noms de familles de Mirepoix, on relève : Arnal, Bonnet, Bourgarel, Bregail, Causse, Esculié, Estabes, Fauré, Favarel, Fieuzet, Gailhaguet, Galy, Gay, Lauzeral, Mestre, Plasse, Prunet, Richard, Rouzet.

 

 

Vie paroissiale

Au milieu du XIXe siècle, comme dans la plupart des paroisses, la messe de paroisse est célébrée à 10 h et les vêpres à 15 h. En 1831, on compte 250 communions (pour 550 habitants)

 

Les délibérations du Conseil de fabrique de décembre 1857 font état du personnel d’église ; celui-ci comprenait bien sûr un carillonneur, mais aussi un suisse.

 

En avril 1867, une offre d’un tableau est faite à Mirepoix, comme à Magnanac, Au vu des frais accessoires à couvrir, la fabrique renonce.

 

Le 21 août 1868, Mlle Jeanne Marie Fauré, de Mirepoix, fait don à la fabrique d’une pièce de terre située au local de Penchenat[1][1],Confrontant du levant le chemin de l’église, du Midi terre de Gay, du couchant terre de Charbonnière et du nord terre de Bonnet. pour être employée à un établissement de sœurs, une église ou un presbytère ou pensions de ces établissements si faire se peut. Cette libéralité est acceptée. Ce don sert à la première destination envisagée, celle-ci confirmée en octobre 1880, au temps du curé Charbonnière. Ce sont bien les filles de la Croix de Saint-André, qui vont bénéficier de ce legs, à la condition que la somme d’une vente éventuelle revienne à la Fabrique, si les sœurs devaient quitter Mirepoix. Une école congréganiste est dés lors établie à Mirepoix.


 

Saints Cyr et Julitte – fête le 16 juin. 

Cyr et sa mère Julitte étaient d’Icône en Lycaonie. Julitte fut martyrisée comme elle se rendait à Tarse, en Cilicie, sous l’empereur Dioclétien,  Cyr jeune enfant de 3 à 5 ans, voyant sa mère cruellement battue avec des nerfs de bœufs , devant le juge Alexandre, se mit à pleurer avec de si grands cris, qu’on ne put l’apaiser. Alors jeté avec violence contre les degrés du tribunal, il y fut brisé et expira en l’instant même, Un autre récit nous dit que  Cyr se faufila dans le tribunal en criant: "Moi aussi, je suis chrétien." Il courait dans les salles du tribunal et personne ne pouvait le rattraper. Il fallut plus d'une demi-heure pour que le juge mette la main dessus. Devant les exclamations de l'enfant, il lui fracassa la tête contre un mur. Julitte, après de cruelles flagellations et des tourments atroces, acheva son martyre en ayant la tête tranchée. Événements qui eurent lieu dans les années 230.

Saint Amateur, évêque d’Auxerre, à la suite d’un voyage en Orient, ramena des reliques des saints Cyr et Julitte. Le culte de ces saints martyrs se répandit alors en Gaule et en Occident. Une église de Rome est dédiée aux saints Cyr et Julitte, près des Forums impériaux.

 


L’ ÉGLISE DE MIREPOIX   

 

 

 

1 - L’église du XIIe siècle.

Une église nous est connue par une incertaine mention dans le cartulaire de l’abbaye de Conques. de 1271. C’est ensuite le silence. Aucune mention nouvelle, connue, n’en est faite jusqu’à l’heure des guerres civiles et religieuses du XVIe siècle.

 

2 - L’église après les guerres civiles et religieuses, 

L’église de Mirepoix réapparaît dans le contexte des guerres civiles et religieuses, alors mentionnée parmi les églises sinistrées et reconstruites. L’église de Mirepoix fait partie avec celle de Layrac des églises reconstruites. Le chanoine Gayne précise dans sa notice : « le district de Roquemaure où se trouvaient 25 églises, fut le plus touché, car il n’y avait guère que des églises rurales qui étaient davantage exposées. Il n’en est aucune qui n’ait été épargnée – sauf Mézens » cf. la reconstruction des églises dans le diocèse de Montauban au XVIIe siècle, op. cit. :

L’église d’alors se trouve à coté du cimetière plus précisément sur l’avancée du cimetière actuel, au-dessus du ruisseau du Lauzat, au lieu-dit la plane. Sa situation nous fait comprendre les graves dommages qu’elle connaîtra du fait de l’humidité.

  

Pendant  la Révolution

Aucune particularité n’est relevée au sujet de cette église. 

 

Après la Révolution

 A ) les travaux de 1849

En 1846, lors de l’enquête diocésaine faite sur l’état des églises, la reconstruction de l’église

apparaît déjà comme une nécessité et une détermination : A la question concernant son état, il est répondu : « sous le rapport de l’art, elle n’offre aucun intérêt. Elle laisse bien des choses à désirer pour son ornement, mais la fabrique ne peut pas y suffire, n’ayant ni rente, ni fondation. […] la reconstruction est indispensable, l’urgence en est reconnue par tout le monde. En effet elle est top basse, n’ayant que 5 m d’élévation. Aussi on y étouffe en été. Elle est trop humide en hiver, étant trop enfermée dans la terre. Aussi tout  se gâte, tout se pourrit, les dorures, les ornements, les linges, ce qui fait désirer depuis longtemps une grosse réparation, mais les moyens pécuniaires manquent » ».

Mais pour le moment, il faut se satisfaire de l’église dont la paroisse dispose.

Des grosses réparations sont réalisées en 1849 : la construction du sanctuaire, l’élévation des murailles, l’achat d’un autel en marbre. Enfin, début septembre, la confection d’une voûte en plâtre a lieu et la réfection du lambris du sanctuaire engagé.

En 1852, il est question d’entreprendre le carrelage de toute l’église.

 

B ) nouveaux aménagements de 1852 : les fonts baptismaux

Le 27 octobre 1852 la Fabrique demande au Préfet  que des fonts baptismaux  soient construits sur le cimetière attenant à l’église qui « aurait plus de grandeur et les fidèles y contiendraient plus facilement pendant les saints offices ». Le 7 novembre suivant, la construction des nouveaux « fonts baptismaux », jugée nécessaire pour agrandir l’église est décidée.

le Conseil de fabrique, le 9 novembre 1852, redit son projet de changer les fonts baptismaux de place et de les transférer au cimetière - 3m x 3 avec fonts au milieu - dans la continuité de la chapelle sur la gauche de l’église, les nouveaux fonts baptismaux venant joindre le mur extérieur du porche, et se trouvant à coté du clocher ; la chapelle, elle, va  jusqu’à hauteur de l’abside et le cimetière jouxte la chapelle.

 

local de l'ancienne église                                                                Plan de l'ancienne église après1852 - B. Rousse

à partir du cadastre de 1812 - BR

 

 

Comment était cette église ?

La visite pastorale de 1831 nous donne un aperçu :

« L’autel était en bois peint et doré, de même que le tabernacle. Une garniture en bois doré avec la croix comme croix d’autel, les gradins de l’autel étaient peints. En 1831 le plafond était constitué d’un plancher peint à l’huile. La charpente et la toiture étaient en bon état […] Il y a 8 ornements de différentes couleurs dont quelques-uns sont fort jolis et les autres propres. Une chape de toute couleur en fort bon état…les registres de baptêmes, mariages,  sépultures sont en règle, depuis 1802. On mentionne un petit autel dédié à Notre-Dame : tout y est en règle excepté que le tabernacle n’est pas garni ».

La structure de l’édifice, si on considère le dessin du plan de 1853, reproduit ci-dessus et la photographie ci-dessous présente une nef de plan rectangulaire terminée par un mur en arrondi, au niveau du sanctuaire. Il n’y pas de voûte. Un clocher-mur à trois baies réparties sur deux étages, avec une tourelle, côté nord, s’élève au-dessus d’un porche d’entrée, précédé d’un profond avant-porche.

 

                                            

                                                

                                                photo de l'ancienne église au bord du Lauzat

 

3 - une nouvelle église sur un nouveau site : projets, 1895

A la fin XIXe siècle,  cette église tombe en ruine. Le 6 janvier 1895, le Conseil de fabrique est alerté  sur l’état de délabrement et d’insolidité.  

 

 « D’une part, le plafond est tombé en maints endroits, sur une surface totale de plusieurs mètres carrés ;il se détache très souvent des morceaux de plâtre dont la chute, si elle se produisait pendant les offices, pourrait occasionner de graves blessures aux fidèles. Tout récemment il s’en est détaché un morceau qui est tombé, pendant la nuit, à coté de l’harmonium, et dont le poids n’était pas inférieur à quatre kilogrammes. Si ce plâtre était tombé pendant un office, un des chantres aurait été certainement blessé.

D’autre part, les murs de l’église sont lézardés, en un grand nombre d’endroits , notamment dans le sanctuaire où il existe deux fentes s’élevant du sol jusqu’à la voûte qui est elle-même entamée. Le chevet de l’église semble se détacher du reste du bâtiment par un travail lent mais constant, comme il est facile de s’en rendre compte en remarquant l’élargissement progressif de ces lézardes. Devant cet état de choses, M. le curé propose au Conseil d’inviter M. l’architecte diocésain à venir à Mirepoix procéder à un examen attentif de l’église.

M. le président, tout en constatant le bien fondé des observations de M. le curé, croit devoir faire remarquer, afin que le Conseil de fabrique ne puisse pas être accusé d’incurie ou de manque de vigilance, que la question avait déjà été soulevée en 1887. A cette époque, à la suite d’une réunion officieuse du Conseil municipal et du Conseil de fabrique dans la salle de la mairie, il fut décidé que le Conseil de fabrique prierait un architecte de lui fournir un projet de reconstruction de l’église avec devis. Celui-ci ayant été trouvé trop élevé et les agriculteurs traversant alors une période de mauvaises années, le projet fut ajourné ; mais il fut convenu qu’une restauration de notre vieille église pouvant être considérée comme un gaspillage de fonds, la fabrique n’y ferait que des réparations courantes d’entretien.

M. le curé écrira à M. Lacassin, architecte, inspecteur des édifices diocésains pour l’inviter, au nom du Conseil de fabrique à venir examiner l’église de Mirepoix et à lui fournir un rapport.

Il sera donné avis au Conseil Municipal du jour et de l’heure de la visite de M. l’architecte afin qu’il puisse, s’il le juge à propos, assister à l’examen de l’église ».

 

Il est intéressant de prendre connaissance du rapport de M. Lacassin du 11 février 1895.

Il nous décrit la dernière église qui, en fin de compte, sera démolie  :

 

 « Cette église qui n’a aucun caractère architectural est établie sur le flanc d’un tertre au pied de ce tertre et à 9,50 m de profondeur est un ruisseau. Un passage de 1,50 m environ en plate forme permet de longer le mur latéral de l’église, et la déclivité du sol vers le ruisseau se produit immédiatement et suivant une pente très accentuée.

Cette église est composée d’une nef principale qui a 18 mètres de long depuis la porte jusqu’aux marches du chœur, sur 6 m de large et d’une nef latérale de 17 m de long sur 2,80 m de large. Le mur séparant ces deux nefs est percé d’arcatures ; le chœur est terminé en abside ; tous ces murs sont pleins, sans contreforts ; des croisées ordinaires sont percées dans le mur du coté du ruisseau.

La voûte est un plafond formant anse de panier au-dessus d’une petite corniche, contournant toute l’église, qui est à 6m au-dessus du carrelage ; la hauteur sous plafond, au milieu, est de 6,90  m.

La façade de l’église est gothique pour la porte d’entrée et le clocher, en éventail, se compose de trois arcades superposées : une tour placée sur le coté gauche enferme l’escalier montant au clocher.

En avant de cette façade est un porche composé de deux murs et une façade dans laquelle est une ouverture en plein cintre.

En entrant dans l’église nous avons remarqué que les murs latéraux sont détachés de la façade, une lézarde verticale est à la jonction de ces murs avec la façade.

A première vue, ceci ne nous a pas impressionné mais ce qui nous a paru très grave, c’est l’état du pilier de gauche de l’entrée de l’église qui est entre cette entrée et la porte donnant accès dans l’escalier du clocher.

Ce pied droit qui a 1,20 m de largeur est partagé en trois, par des lézardes verticales dans toute la hauteur ; à notre avis ces lézardes sont très graves ; Au-dessus du plein cintre de l’entrée est une lézarde qui monte jusqu’au plafond faisant voûte ; les arcatures du clocher sont aussi lézardées à leur clé.

Tous ces désordres sont dangereux et font craindre pour la sécurité des fidèles.

Les lézardes inférieures sont de plus si rapprochées que le pilier est divisé en quatre bandes de 0,30 m de large dont les matériaux qui les composent s’arrachent à la main dans certaines parties. Ce pilier porte tout un coté du clocher.

A la jonction des murs latéraux avec le mur circulaire de l’abside, sont également des lézardes. Celles du coté du ruisseau est très forte et beaucoup plus en avant dans l’église ; celle de l’autre coté est beaucoup plus en arrière que la précédente et correspond au mur de la sacristie qui est aussi détaché du mur de l’église.

Nous avons voulu nous rendre compte de l’état du plafond formant voûte. Ce plafond est tombé dans plusieurs de ses parties et une grande quantité d’autres parties menacent.

En cherchant à nous rendre compte de la cause de la chute de ces plâtres, nous avons remarqué que les formes dont les entraits portent sur des corbeaux* inférieurs, ont poussé les murs latéraux. Ainsi un bouclement s’est produit sur toute la longueur du mur, du coté du ruisseau, sur 0,50 m de hauteur, immédiatement au-dessus des linteaux des croisées. Ce bouclement, comme nous l’avons déjà dit, est dû à la poussée des entraits des formes et semble indiquer qu’à un moment donné la toiture pourrait, si ces poussées s’accentuaient, produire de graves accidents.

Il y a lieu de remarquer que les poinçons portent actuellement sur les entraits et que ces entraits sont courbés.

Les briques qui sont dans la zone horizontale contre laquelle la poussée s’est exercée, ne sont plus reliées entre elles, les joints ne les tiennent plus et, à notre avis, il ne faudrait pas un grand effort pour produire une catastrophe.

Sur la demande qui nous a été adressée par quelques-uns de ces messieurs présents de voir s’il n’y aurait pas lieu de tenter une restauration, nous disons :

Que cette restauration serait très coûteuse […], que pour faire une restauration convenable, il faudrait exhausser les murs, établir des contreforts et faire une voûte soit en briques et plâtre, soit à la Philibert-Delorme ; faire des reprises en sous-œuvre au pilier supportant le clocher et des chaînes à toutes les parties lézardées.

Or la construction de contreforts du coté du ruisseau serait très coûteuse, car nous croyons qu’il faudrait descendre la fondation à une très grande profondeur.

A notre avis, il serait malheureux de dépenser une grosse somme à ces travaux qui ne seraient jamais qu’incomplets.

Tel est notre rapport, dressé à Toulouse le 19 février 1895 ».

 

Au vu du rapport rendu, dès février, la gravité du danger est manifeste. La reconstruction de l’église est le seul moyen. Le Conseil municipal s’est refusé à assister à l’examen de l’église. Il est alors consulté sur les suites. Pour la Fabrique, la décision est prise : la reconstruction (unanimité moins M. Richard, opposé au projet et M. Antoine Prunet, absent) : l’église n’est pas solide et il serait malheureux de dépenser une somme importante pour des réparations. Le Conseil de fabrique donne mission à M. Lacassin, architecte, de dresser un plan d’église  pour la commune de Mirepoix.

 

Au début de 1896 le président du Conseil de fabrique décide d’inviter l’architecte Inspecteur des édifices diocésains, à venir en examiner la solidité et à lui fournir un rapport. Les conclusions de ce rapport sont à nouveau que « l’église n’est pas solide que les désordres constatés dans la construction font craindre pour la sécurité des fidèles… qu’il ne faudrait pas grand effort pour produire une catastrophe… », dés lors il convient d’accélérer les démarches : les plans et devis dressés par M. Lacassin, architecte, sont communiqués au Conseil municipal et approuvés par lui. Une souscription publique et volontaire est ouverte en vue de la reconstruction de l’église. 

 

En août 1901, l’urgence de la reconstruction est toujours à l’ordre du jour, vu les nouveaux rapports produits :

«  le clocher menace ruine, les murs et la charpente sont en très mauvais état, que tous ces désordres sont dangereux et font craindre pour la sécurité des fidèles…qu’ils pourraient produire de graves accidents… » (Rapport de M. Lacassin) – vu que l’église est en fort mauvais état et doit être reconstruite à bref délai…, que l’état du porche est tel que sous l’influence d’une cause extérieure telle qu’un vent violent ou un orage, un écroulement peut se produire et occasionner une catastrophe, qu’il est donc indispensable de le démolir sans délai » (Rapport de M. Thillet). M. Galand [architecte à Toulouse], appelé a dû prescrire d’urgence pour soutenir le clocher, la construction de deux contreforts dont l’un ferme la moitié de l’unique porte d’entrée ; pour tous ces motifs graves engageant la responsabilité du Conseil de fabrique celui-ci, après entente complète avec le Conseil municipal, décide, en ce qui le concerne, de faire toutes les démarches nécessaires pour arriver d’urgence à la reconstruction de l’église, attendu qu’une réparation est absolument impossible ». 

 

 

 

Aussi, le Conseil de fabrique confirme ses approbations et renouvelle ses décisions.

Les  plans  d’une nouvelle église sont dressés le 1er août 1901 et approuvés le 11 août 1903.

 

Le devis estimatif établi en 1901 par Lacassin  donne une certaine représentation du projet.

« Cette église sera de forme ogivale , sa longueur sera de 24 m entre murs , sa largeur serra de 14 m 65 dont 7 m de nef. Sa hauteur sous clef de voûte à l’arc triomphal sera de 10 m de chaque coté de l’église seront deux chapelles dont les arcatures en ogives seront supportées par une grosse colonne en pierre. A la suite de  ces chapelles seront les sacristies. Le niveau des carrelages de l’église sera élevé de 1 m au dessus du sol naturel. Le clocher sera placé à l’axe de la façade principale et en avant de l’église. Le dessous du clocher servira de vestibule.

Extérieurement et en façade à  droite et à gauche seront 2 tours , l’une servant à l’escalier conduisant à la tribune, et l’autre de fonts baptismaux et à la hauteur de la tribune2 petites pièces de réserve. Au dessus de cette tribune sera l’horloge et au-dessus encore le beffroi. On accédera de la tribune à la chambre de l’horloge et au beffroi par une échelle fixée au mur.

Une flèche en maçonnerie couronnera ce clocher ».

 

L’ Adjudication du 5 août 1903 est approuvée par le préfet le 1er septembre  suivant,  en faveur de Jean-Baptiste Constans, entrepreneur à Bessières, pour 22.986, 34 fr. On s’étonne de voir apparaître dans quelques notices sur l’église de Mirepoix le nom de Constans Brique, comme entrepreneur (sans source donnée).

 

 Le 19 septembre 1904 à lieu l’achat d’un lopin de terre « de forme triangulaire à 50 et 52 de la section C au lieudit « l’enclos », rue du chemin creux, d’une contenance de 14 ares 50 ca à prendre au midi d’une plus grande contenance et confrontant au nord et au couchant le vendeur,  au midi chemin de grande communication n°22, au levant chemin de Montvalen , tel qu’il est, est déjà occupé par la commune pour l’érection de la nouvelle église ».

Ce terrain est la  propriété de Vernhes

 

 

 La construction d’une nouvelle église : 1905-1907

 

Lors de l’inventaire du 14 mars 1906, il nous est dit que la réception de l’église n’est pas encore faite, les offices sont encore dits dans un édifice appartenant à M. Dubourg, ancien desservant de la paroisse.

Le 13 mai suivant, le Maire indique que les travaux de reconstruction de l’église sont terminés. La dépense est définitivement fixée à 21.528, 67 fr.

La  réception définitive des travaux a lieu le vendredi 5 avril 1907 en présence de M. Calmels maire, Gay adjoint au maire, Richard Conseiller municipal, le décompte définitif des travaux accomplis par Constans date du 20 avril 1907.

En décembre 1907,  le Conseil de fabrique est dissous, conformément aux lois.

Le curé Jules Cussac qui a terminé les travaux entrepris par le curé Louis Dubourg.

 

La date de la dédicace ou la bénédiction de la nouvelle église n’est connue. On relève par la suite une visite pastorale de l’Archevêque à  Mirepoix, le 18 mai 1911.

 

                   

 

L’église est orientée [115°, est/sud-est, quasi orientée]

Les mesures dans œuvre sont ; en longueur, 24  m [27 depuis le porche], en largeur, 7,20  m, en hauteur,  9, 65  m ; la  surface est de  320 m².

 

  

 

La recherche d’un local provisoire pour célébrer, source de tensions.

 

Un vif débat va avoir pour objet le lieu de culte ad interim  à trouver, l’exercice public du culte étant supprimé dans la commune de Mirepoix, depuis l’arrêté municipal du 2 février 1903, notifié le 10, à la suite de l’interdiction de l’église, ce qui cause un préjudice grave, notamment dans la perspective des fêtes pascales à venir.

D’où la nécessité  de trouver un lieu ad hoc pour célébrer le culte.

Le choix d’un local existant ou à construire va susciter une débat, vif et long. 

-il est prévu un moment de construire un local dans l’enclos du presbytère. Cependant, la construction d’un local provisoire entraînerait des dépenses considérables et plus tard inutiles.

-une délibération municipale du 21 juin 1903 propose le local Galy ou Lauzeral. Cette solution est désavouée par le Conseil de fabrique. Celui-ci dans cette même délibération du 5 juillet se propose  de faire construire un local pour le culte selon le plan dressé par M. Lacassin, architecte, inspecteur des édifices diocésains.

-en septembre 1903, on remet à l’ordre du jour les propositions Galy-Lauzeral.

-le 12 novembre 1903, le Conseil municipal décide  « d’affecter à la célébration des offices religieux  l’immeuble provenant des legs Taillefer et Fauré », c’est à dire le couvent naguère occupé par les sœurs, fermé au cours de l’été 1903. 

-en fin de compte, le Comité fit bâtir, avec des fonds provenant en grande partie du quatre cinquième environ des habitants, et sur le plan dressé à cet effet par M. Lacassin architecte Inspecteur des édifices diocésains, un local de 24 mètres de long sur six de large. Le Comité a mis gracieusement ce local à la disposition de la fabrique qui y a fait les aménagements nécessaires à sa destination et les offices y sont célébrés depuis le 2 août 1903.

-en décembre 1903 le Préfet écrit à l’archevêque pour soutenir la position du Conseil municipal et lui dire son incompréhension de l’opposition faite par la fabrique à cette proposition naturelle.

- à la même époque, M. Lauzeral, président du Conseil de fabrique fait connaître au Conseil qu’en qualité d’héritier de M. Taillefer et de Mlle Fauré, il vient d’engager, vis-à-vis de la commune, une action en justice, en résolution de legs portant sur l’immeuble devenu le couvent, pour cause de non-exécution des conditions. L’action en résolution de legs sera inscrite sur la feuille d’avertissement du Tribunal de 1ère instance de Toulouse pour être plaidée à une prochaine audience au début 1905.

- le débat se poursuit : le Préfet revenant à la proposition communale. Par délibération du 29 juin 1904, le Conseil municipal de Mirepoix-sur-Tarn a décidé la désaffectation du presbytère actuel et son remplacement par l’immeuble anciennement occupé par les Filles de la Croix de Saint-André. Le Conseil de fabrique s’oppose  résolument à la décision du Conseil municipal.

- c’est  bien un local provisoire qui est construit. L’Inventaire de 1906 indique : « Les offices sont dits dans un local appartenant à M. Dubourg, ancien desservant de la paroisse ».

 

 

Bibliographie

-Gramboular, Monographie de Mirepoix (des instituteurs),  ADHG -  Br 4°589

-Christian Teysseyre, Arec, Églises et chapelles du canton de Villemur-sur-Tarn, ed. Empreinte, Portet-sur-Garonne, 2011

 

 

 

Le moulin de Mirepoix

Celui-ci, appartenant à M. de Clarac, est porté dans l'inventaire des biens nationaux, en 1789

Il se trouve sur le Lauzat à 150 m de sa jonction avec le Tarn. Il est alimenté par un étang, sorte de réserve, le débit du ruisseau n’étant pas considérable. Cf Monographie de l'Instituteur Gamboular.

On relèvera le chemin du moulinas (toponyme témoin sans doute)

 

 

 


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