Ménoire de Beaujau   



 

 

 

Guy Ménoire de Beaujau

1730-1812

 

vicomte de Villemur

 

 

 

 

Négociant

Conseiller, Secrétaire du Roi 1768

Président de la Cour des Aydes 1769

Vicomte de Villemur 1775-1790

 

 

M. Ghislain de Beauregard, descendant de Guy Ménoire, a eu l’amabilité de nous communiquer quelques remarques. A son avis, « Guy Ménoire a seulement acheté les terres de la vicomté (avec moulins,... projets d'autres moulins plus modernes, ...) ». Il ne lui paraît pas que Guy Ménoire ait acquis le titre nobiliaire de vicomte de Villemur quand les historiens villemuriens, Amédée Sevène et Marcel Peyre, parlent du vicomte [13 février 2009]. Ce point demanderait à être élucidé.

M. de Beauregard ne croit pas non plus que Guy Ménoire "se soit jamais dit vicomte de Villemur, ni "marquis de Barbe" [désigné ainsi par Sevène NDLR]. J'imagine, dit-il,  qu'au XVIII°, les titres étaient davantage contrôlés que ce qu'en ont fait les généalogistes et historiens qui ont suivi ! Il fallait des lettres Patentes signées du roi, au risque d'être usurpateur".

 

M. Stéphane Minvielle [UFR Histoire - Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3)  a publié aux Editions Sud-Ouest (mars 2009) "Dans l'intimité des grandes familles bordelaises du XVIII°". Des pages évoquent la famille Ménoire. Voir encadré ci-dessous.

Pour lui, à sa connaissance, « sous l’Ancien Régime, le titre de noblesse est attaché à la terre, et non aux personnes. A ce titre, si la terre de Villemur avait été érigée en vicomté avant que Guy Ménoire ne l’achète, il avait donc toute la légitimité pour prendre le titre de vicomte, sans avoir à l’acheter en plus de la terre » [note personnelle de l'auteur, 13 avril 2009].

Les principaux thèmes de recherche de Stéphane Minvielle : la démographie historique, l’histoire de la famille - famille et patrimoine, les élites bordelaises au XVIII°.

 

 

Guy Ménoire de Beaujau est le dernier vicomte de Villemur.

Déjà au cours du siècle on avait vu de riches financiers acheter la vicomté, additionnant  le pouvoir politique et financier. Certains bénéficiaient de fonctions à la Cour.

 

Guy de Ménoire témoigne de ces nouvelle générations de parvenus et d’une nouvelle culture de l’argent et du pouvoir. Riches bourgeois ayant acheté quelques terres et seigneuries.

 

Guy de Ménoire réussira cette opération, fils de négociants fortunés de la roture, il passe à la noblesse. Deux facteurs : les charges exercées et les alliances matrimoniales jouent un rôle non négligeable dans cette entreprise de conquête sociale.

 

Ainsi à la fin du règne de Louis XIV, Pierre Ménoire [fils de Pierre Ménoire et de Marie Eymeric]  originaire du Lot-et-Garonne arrive à Bordeaux vers 1680 lors de son mariage avec Marie Delage. Une sœur de celle-ci épousera un frère de Pierre : Jean-Joseph, qui reste vivre en Lot-et-Garonne

Pierre et Marie Delage auront 10 enfants. Trois d’entre eux se marieront, 2 garçons et une fille :

La fille aînée de Pierre Ménoire et Marie-Thérèse Delage, Marie Thérèse Ménoire, épouse en 1719 François Antoine de Mons (seigneur de La Tour à Soussans -Margaux), dont une fille : Marie Catherine Thérèse de Mons, dame de Soussans, épouse le 30 août 1740 : Jean Baptiste de Secondat de Montesquieu 1716-1795, fils aîné de Montesquieu.

 

Le fils aîné nommé Jean-Joseph[1] comme son oncle, né en 1690, poursuit une carrière commerciale comme son père. Il  épouse Marie-Louise Coiffard en 1724. Ils auront à leur tour 10 enfants, dont : 

-          Jeanne née vers 1724, épouse le 30 avril 1748 François de Kater,

-          Pierre Joseph.

 

 Jean Ménoire[2]- père de Guy - né le 11 juin 1694,  homme d’ambition, était un petit boutiquier du quartier de La Rousselle. Enrichi dans le commerce sucrier et anoblie [selon les indications de Denise Bège], il fut élu juge de la bourse en 1744 (jurat en 1745) ; il fit fortune dans le commerce sucrier.

 

Il épouse  Jeanne Cholet en 1724.

Ils ont 8 enfants. Ses 2 garçons, Pierre et Guy, tous deux achètent des offices du roi, puis Guy résilia son office comme secrétaire du Roi en 1768, ayant l’opportunité d’entrer à la cour des Aydes en 1769.

-         Guy

-       Pierre[3] né le 24 août 1726 - Bordeaux, épouse en 1764 Eleonore de Cayla, décédé le 24 septembre 1785.

-         Catherine Eleonore épouse en 1763 Jean Joseph Cazes.  

 

les Ménoire - une famille bordelaise

 

De leur côté, les Ménoire permettent également d'observer le passage des négociants les plus fortunés de la roture à la noblesse et, si leur processus d'ascension sociale est un peu différent, cette famille ne semble pas, quant à elle, sur le point de disparaître à la fin du XVIIIe siècle. A la fin du règne de Louis XIV, Pierre Ménoire est un homme nouveau à Bordeaux. Né dans l'actuel département du Lot-et-Garonne, il ne semble s'installer dans la capitale de la Guyenne qu'à la fin des années 1680 lors de son mariage avec Marie Delage. Remarquons qu'une de ses sœurs, Marie Thérèse, épouse, toujours en 1688, un frère de Pierre Ménoire, prénommé jean joseph, qui repart vivre dans le Lot-et-Garonne avec sa femme. Sur les 10 enfants qu'ils ont vu naître entre 1689 et 1703, Pierre Ménoire et Marie Delage, en marient 3, deux garçons et une fille. Toutefois, les destins de l'aîné et des deux cadets sont assez divergents. jean joseph, né en 1690, poursuit une carrière commerciale, son union avec Marie Louise Coiffard en 1724 étant bénie par la naissance de 10 enfants et son fils étant négociant comme lui. Il devient noble puisque, à la fin de l'Ancien Régime, il se déclare écuyer lors du mariage de ses deux filles. Mais, la branche aînée risquant de tomber en quenouille, Pierre joseph marie sa fille cadette à son cousin François joseph Ménoire.

 

Le passage dans la noblesse de cette famille a commencé dès les années 1730, une génération seulement après l'arrivée de Pierre  Ménoire à Bordeaux. En effet, Marie Thérèse, fille de Pierre Ménoire et de Marie Delage, épouse en 1719 François Antoine Démons, qui se qualifie d'écuyer dans son acte de mariage, l'une des filles de ce couple se mariant même en 1740 avec le fils aîné de Montesquieu, conseiller au parlement de Bordeaux. Les enfants de jean joseph Ménoire et de Marie Louise Coiffard se rapprochent aussi du second ordre puisque Jeanne, née en 1720, convole en 1747 avec Louis Granier, un négociant sur le chemin de l'anoblissement, tout comme François Kater, uni à Jeanne Ménoire en 1748. Dans la première moitié du XvIlle siècle, cette famille a donc commencé par nouer des alliances avec des familles nobles grâce à trois de ses filles sans doute bien dotées.

 

Toutefois, le passage de la roture à la noblesse est surtout assuré par le fils cadet de Pierre Ménoire et Marie Delage, prénommé jean. Né en 1694, il épouse en 1724 Catherine Cholet, issue d'une famille dont nous avons déjà noté la présence dans la descendance féminine des Saige.

 

A la génération suivante, le destin le plus intéressant est celui de Guy, né en 1730. Il s'agit du fils cadet qui a abandonné l'activité du négoce, poursuivie par son frère Pierre, au profit d'une carrière d'avocat, qui est sa profession lors de son mariage, en 1766, avec Marguerite Beaujau, celle-ci lui apportant 130 000 livres de dot. Cette union avantageuse augmente considérablement sa fortune personnelle, qu'il utilise pour devenir noble, d'abord grâce à une charge de secrétaire du Roi au parlement payée 95 000 livres en 1768, puis à un office de président à la cour des aides qu'il acquiert l'année suivante pour 38500 livres. A cette époque, il hérite aussi d'une parente de sa femme, ce qui le met à la tête de deux habitations sucrières à Saint-Domingue et d'autres propriétés immobilières, la valeur de tous ses biens étant évaluée à près de deux millions de livres à la veille de la Révolution française [cf  S. HALLAOUY, La noblesse et les îles au XVIII, siècle: l'exemple des plantations Ménoire de Beaujau Saint-Domingue (1765-1812), Bordeaux, T.E.R., dactyl., 2000]. En 1787, il est ainsi capable de bien doter sa fine Catherine Eléonore, née en 1769, qui est sur le point d'épouser Charles François Larroque, chevalier de Saint-Louis, et il achète deux ans plus tard pour son fils aîné jean, encore célibataire et avocat au parlement de Paris, une charge de chevalier d'honneur à la cour des aides payée 31500 livres aux Majance de Camiran qui la détenaient jusque là.

 

Le négoce est donc un moyen privilégié pour s'élever dans la société bordelaise et atteindre le sommet des honneurs en siégeant dans l'une des cours souveraines de la capitale de la Guyenne.

citation faite avec l'agrément de l'auteur.

Stéphane Minvielle – dans l’intimité des familles bordelaises, Editions Sud-Ouest, 2009,  p. 442-444

 

 

 

 

 

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Guy de Ménoire[4] est né le 9 décembre 1730[5] . Il est le fils de Jean Ménoire et de Catherine Cholet.  Il est décédé le 15 janvier 1812 , à l'âge de 81 ans.

 

 

Il dirige d’abord quelques années la maison de commerce fondée par son père (1762-1768).

En 1768, il abandonne le commerce et achète une charge de conseiller secrétaire du roi près le Parlement de Bordeaux (charge revendue 95 000 livres).

 

 

Il devient président à la cour des Aydes  de Guyenne le 21 juin 1769 [achat du 2 mai 1769, 35.000 livres[6]], office qu’il exerça jusqu’à la suppression de cette cour en 1791[7].Il est une personnalité marquante de cette Cour, a joué un rôle actif dans la vie politique locale malgré l'opposition conjuguée de l'Intendant (Tourny) et du Parlement. Devant le Tribunal révolutionnaire, Ménoire  de Beaujau se disculpe aisément en affirmant qu'il avait choisi cette sorte de magistrature parce qu'elle était tout à fait populaire et qu'elle servait de sauvegarde aux citoyens contre les agents des financiers.

 

 

Guy  épouse le 20 novembre 1766 Marguerite Beaujau, née à Casseneuil [47] (fille de Jacques Beaujau, bourgeois et de Françoise Barreau),décédée en 1823.

Guy Ménoire ajoute à son nom celui de la cousine de sa femme Jeanne Angélique Beaujau[8], qui l’avait institué héritier universel (testament du 31 mars 1767, ouvert le 30 septembre 1768) .

 

Il s’établira à Saint-Domingue de 1765 à 1812[9]. Habitant Limonade vers 1775 et le quartier Morin (révomte générale du 23  août 1791).

 

Ils ont six enfants - trois nous sont connus : l'aîné et deux filles :

      -    Jean

-         l’aînée des filles, Catherine Eléonore , née en 1769, épouse Charles François Armand de la Roque-Budos[10] - on écrit aussi Larroque -  le 14 avril 1787 (dot de 300.000 livres). Elle est décédée   le 8 juillet 1792 à Bordeaux, 10 rue Margaux, à l'âge de 26 ans.

ils auront deux filles (1788 et 1792) ; l'une d'elles épousera M. de Brivazac

-         la cadette, Jeanne qui  épouse  Joseph de Lalyman de Varennes,  le 9 août   1787,  (dot à sa fille de 600 000 livres).

Au mariage de ses filles, il se déclare écuyer.

  


le 17 juillet 1774, Guy Ménoire  achète  142 000 livres  + 3 000 livres de pot de vin : le château de Barbe  (Villeneuve-sur-Gironde[11] - 33710) à la Veuve Duvergier de Barbe, marquise de Barbe : Marguerite de Poncharral de Pauliac. Exempt de taille pour ce domaine. Il fait modifier le château par l'architecte Louis.

Le château restera dans la famille des descendants de Guy de Ménoire jusqu’en 1993.

 

Avec ses productions antillaises à Saint-Domingue[12], il peut, pour 712.000 livres, acheter la seigneurie de Villemur[13] en février 1775 [avec 2 moulins banaux et des meules sur la rivière]  et se trouver vicomte ! [voir notre note en encadré à ce sujet].

 

A Saint-Domingue, il a son bien vers 1775 à Limonade et au quartier Morin (2 sucreries)[14]

 

Guy Ménoire   le 31 Août 1773  achète à Leblanc de Mauvezin, conseiller au Parlement, son hôtel de la rue du Cancera[15] - n°90 : 48 000 livres.

 

Au moment de la Révolution Guy Ménoire défend la monarchie avec loyauté. 

Il a  effectué plusieurs dons civiques d'une valeur totale de 332 000 livres.

Elu maire de Bordeaux contre François-Armand de Saige au second tour, par 1 768 voix contre 1 356, Ménoire décline cet honneur et remercie la députation, ajoutant qu'il ne pouvait pas profiter de la grâce distinguée dont l'honoraient ses concitoyens (20 décembre 1792). Saige fut alors maire de 1791 à 1793.
Ménoire refusera de participer à la gestion des affaires publiques, et ne consacrera plus ses soins qu'à la méditation silencieuse
.


Dans une évaluation de l'époque révolutionnaire portant sur 27 magistrats qui continuaient à vivre à Bordeaux : le Président Guy Ménoire est imposé à 30 000 livres par excédent du quart de ses revenus, ...les autres magistrats : entre 185 et 4 000 livres[16]. Il est parmi les plus riches fortunes des parlementaires.


Il meurt en 1812, pratiquement ruiné par les désastres de la colonie de Saint-Domingue, lorsque  le commerce colonial s’effondre. Il laissait de surcroît de nombreuses dettes. Ceci fera que la succession sera des plus délicates : la cadette refusant la succession le 1er février 1812, alors que sa nièce [Mme Brivazac], fille de l’aînée,  l’accepte. Un procès s’en suivra. Ce procès est un cas d’école. Les livres de droit commentent l’arrêt.

 

 

 

Sources

- Ghislain de Beauregard – Site Généanet, éléments de généalogie et notes sur Guy Ménoire de Beaujau

- Répertoire méthodique et alphabétique de législation de doctrine et de jurisprudence, Victor Alexis Désiré Dalloz, Armand Dalloz – tome 44, 1ère partie,  1863 (cet article commente le code au sujet des  successions). 

- Stéphane Minvielle, De la pertinence du concept de stratégie en démographie historique.

 http://www-cahmc.u-bordeaux3.fr/Minvielle.doc

Bibliographie

- Franc-maçonnrie à Bordeaux au XVIII° (une note parle de l’acquisition faite de la seigneurie de Villemur, région d’où la famille était originaire [sic]).

- S. Hallaouy, La noblesse et les îles au XVIIIème siècle : l’exemple des plantations Ménoire de Beaujau à Saint-Domingue (1765-1812), Bordeaux, TER dactyl., 2000.

 

 

 

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Vicomte de Villemur

1775-1790

 

 

[Sevène p 70-72]

 

La vicomté de Villemur passa à Guy de Ménoire de Beaujau, chevalier, marquis de Barbe, conseiller du roi, président en la cour des aides de Bordeaux, qui en fit l'acquisition au prix de 712,000 livres, par contrat du 11 février 1775 au rapport de Me Pugens, notaire à Tou­louse[17]. Il fit le 14 juin 1778 son entrée solennelle, dont le cérémonial avait été réglé par délibération du conseil de ville en séance du 24 mai précédent. Le 19 juillet, les notables de Villemur, les syndics et principaux habitants de Bondigoux, les marguilliers et principaux habitants des autres paroisses du consulat s'assemblèrent dans le couvent des capucins, la maison commune étant inhabitable, pour la reconnaissance générale des droits appartenant au vicomte conformément à la transaction du 2 novembre 1606 et il fut dressé, pour l'assiette des redevances seigneuriales, un livre terrier qui fut achevé en 1780[18].

 

En 1789, Villemur envoya quatre délégués à Toulouse pour prendre part à l'élection des députés aux Etats Généraux du royaume. La délibération consulaire du 8 mai donne les noms de ces quatre personnages, qui furent : MM. Subsol de Puylauron, premier consul ; Pierre Viguier, juge en chef ; Ratier, greffier de la maîtrise des eaux et forêts ; Vieusse, receveur contrôleur des domaines.

 

Une alarme caractéristique de ces temps troublés, causée par la peur d'une invasion de brigands[19], se produisit le 3 août. Elle prit naissance aux environs de Lisle d'Albi, gagna rapidement Rabastens, Villemur, et se propagea de village en village, au son du tocsin, dans tout le pays situé entre Albi, Lavaur, Toulouse et Montauban. Le bruit s'était répandu qu'une troupe de scélérats rassemblés dans l'Agenais et le Périgord commettait les excès les plus effrayants. Ce danger imaginaire mit sur pied la population de tout le pays compris entre le Tarn, l'Aveyron et la Garonne, qui se couvrit d'hommes en armes prêts à défendre le passage des rivières. La fausse nouvelle que la ville de Villemur était attaquée par une horde de sauvages parvint à Toulouse, d'où l'on se hâta d'expédier mille fantassins et de la cavalerie, sous les ordres du maréchal de camp de Cambon, général de l'armée patriotique de Toulouse. Ce général arriva jusqu'à Villemur avec la maréchaussée et une troupe de cavaliers volontaires[20].

 

Les décrets d'août et de novembre 1789 et de mars 1790 abolissant le régime féodal mirent Guy de Ménoire en l'état d'un simple particulier n'ayant plus que des droits civils de propriété. Il avait su éviter de froisser la population dans l'exercice de ses droits seigneuriaux : aucun sentiment d'hostilité ne paraît s'être élevé contre lui après la déchéance de ses prérogatives vicomtales. Il est mort à Bordeaux, en janvier 1812.

 

[Sevène p 153]

Le corps de ville s’établit  après s’être établi dans la maison du greffier consulaire Vieusse, s’établit au titre de location dans la maison du vicomte de Ménoire, où il était encore à la Révolution de 1789, époque à laquelle il trouva provisoirement l’hospitalité dans les bâtiments du couvent des capucins.

 



 

[1] Décédé en 1749.

[2] Jean, né le 11 juin 1694 , décédé en 1772 , à l'âge de 78 ans, Jurat de Bordeaux en 1745, juge de la Cour de la Bourse, négociant Marié en 1724 avec Catherine Cholet. Ils ont pour enfants :   Guy Ménoire de Beaujau, vicomte de Villemur 1730-1812 ; Pierre Ménoire  1736-1785 ; A lexis Ménoire ; Thomas Ménoire ; Casimir Ménoire ; Catherine Eleonore Ménoire ; Louise Ménoire.

[3] Il appartenait à une des familles les plus riches du commerce bordelais, qui a donné nombre de juges de la Bourse, des directeurs du commerce, des secrétaires du roi, etc., et s'est alliée aux Cholet, de Mons de la Tour, Chavaille de Fougeras, etc... Il était fils de Jean Ménoire, bourgeois de Bordeaux, négociant, juge de la Bourse en 1744, et de Catherine Cholet. Il fut élu troisième consul de la Bourse en 1765, et l'année suivante premier consul. Directeur de la Chambre de-Commerce en 1767 et 1779, il avait été nommé juge de la Bourse en 1778. Il s'était allié, par contrat du 18 septembre 1764, avec Elisabeth-Victoire Caila, soeur de l'avocat général près la Cour des Aydes Pierre Caila.

[4] Ascendances agenaises  -  Génanet : né le 9 décembre 1730, décédé le 15 janvier 1812, à l'âge de 81 ans, Secrétaire du roi, président de la Cour des Aydes et Finances de Guyenne.  Ces dates de naissance et de décés sont aussi données par Ghislain de Beauregard.

[5] Sources Ghislain de Beauregard.

[6] Informations Ghislain de Beauregard. "Guy Ménoire de Beaujau, a 38 ans et 6 mois, et n'a pas à solliciter de dispense d'âge pour l'achat de sa charge de Président de la Cour des Aydes".

[7] Suite aux décrets des 6 et 11 Septembre 1790, la Cour des Aydes n'a plus qu'une existence nominale. Ghislain de Beauregard.

[8] Jeanne-Angélique Beaujau est aussi une cousine issue de germains du père de Guy Ménoire de Beaujau. Elle est aussi  une cousine issue de germains du grand-père de Marguerite de Beaujau.
Marguerite et son époux ne sont pas cousins, mais ont en commun cette grand'tante Jeanne-Angélique qui les nommera "héritier universel". Information Ghislain de Beauregard. 
En 1768, ils héritent de leur tante commune, Jeanne-Angélique Baujau : 2 habitations sucrières à Saint-Domingue, immeubles et chais aux Chartrons + un hôtel, un domaine à Casseneuil-en-Agénois.

[9] Voir : Messieurs de Bordeaux, pouvoirs et hommes de pouvoir à l’hôtel de ville, Laurent Coste, 2006 Mémoire de maîtrise, p. 306.

[10] Le Procès, lors du procès  lié à  la succession  de M. de Ménoire de Beaujau, parle de M. de Budos. Né vers 1750,  décédé en 1825.

[11] Rive droite de la Garonne, avant Blaye.

[12] S. Hallaouy, La noblesse et les îles au XVIIIème siècle : l’exemple des plantations Ménoire de Beaujau à Saint-Domingue (1765-1812), Bordeaux, TER dactyl., 2000.

[13] L’auteur de l’article  à qui nous devons ces renseignements  ajoute : Villemur dans le Tarn (NDLR confusion fréquente) d’où la famille était originaire. terre (blé et froment).

[14] L’Eldorado des Aquitains : Gascons, Basques et Béarnais aux îles d’Amérique, Jacques Cauina, 1998, p. 231.

[15] Information Ghislain de Beauregard : « au coin de 2 rues, grande maison à 2 étages, surmontée d'un grenier et entouré d'écuries, remises et diverses dépendances, mais privé de jardin, aménagée de façon simple et traditionnelle... décor conventionnel et fruste ».

[16] Ghislain de Beauregard, Extraits de la remarquable thèse pour le Doctorat en Droit de Denise Bège (1974) Université de Paris 1, La Cour des Aides de Guyenne et ses magistrats.

[17] Délibération  des 18 mars 1775, 5 mess. an VI. - Mémoire Imprimé conservé aux archives des moulins.

[18] Archives. de la mairie de Villemur.

[19] V. Thiers, Hist. de la Révol. franç., éd. de 1834, t. I, p. 136.

[20] Reg. consul., à la date du 7 août 1799.

 

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Finances, mariages et promotion sociale : Les Ménoire, une famille exemplaire

 

De leur côté, les Ménoire permettent également d’observer le passage des négociants les plus fortunés de la roture à la noblesse et le rôle des stratégies matrimoniales dans cette entreprise de conquête sociale[1]. Si le processus d’ascension sociale est ici un peu différent, cette famille ne semble pas, quant à elle, sur le point de disparaître à la fin du XVIIIème siècle[2]. A la fin du règne de Louis XIV, Pierre Ménoire est un homme nouveau à Bordeaux : né dans l’actuel département du Lot-et-Garonne, il ne semble s’installer dans la capitale de la Guyenne qu’à la fin des années 1680, lors de son mariage avec Marie Delage. Remarquons qu’une des sœurs de celle-ci, Marie Thérèse Delage, épouse, toujours en 1688, un frère de Pierre Ménoire, prénommé Jean Joseph, qui repart ensuite vivre dans le Lot-et-Garonne avec sa femme. Sur les dix enfants qu’ils ont vu naître entre 1689 et 1703, Pierre Ménoire et Marie Delage en marient trois, deux garçons et une fille. Jean Joseph, le fils aîné né en 1690, poursuit une carrière commerciale, son union avec Marie Louise Coiffard, en 1724, étant bénie par la naissance de dix enfants et son fils étant négociant comme lui. Il devint pourtant noble puisque, à la fin de l’Ancien Régime, il se déclare écuyer lors du mariage de ses deux filles.

L’agrégation à la noblesse de cette famille a donc commencé dès les années 1730, une génération seulement après l’arrivée de Pierre Ménoire à Bordeaux. En effet, Marie Thérèse, fille de Pierre Ménoire et de Marie Delage, épouse en 1719 François Antoine Demons, qui se qualifie d’écuyer dans son acte de mariage, l’une des filles de ce couple se mariant même en 1740 avec le fils aîné de Montesquieu, conseiller au parlement de Bordeaux. En outre, les enfants de Jean Joseph Ménoire et de Marie Louise Coiffard se rapprochent aussi du second ordre, puisque Jeanne, née en 1720, convole en 1747 avec Louis Granier, un négociant sur le chemin de l’anoblissement, tout comme François Kater[3], uni à Jeanne Ménoire en 1748. Dans la première moitié du XVIIIème siècle, cette famille a commencé par nouer des alliances avec des familles nobles ou anoblies depuis peu par l’intermédiaire de trois de ses filles sans doute très bien dotées.

 

Toutefois, le passage de la roture à la noblesse est surtout assuré par la branche issue du fils cadet de Pierre Ménoire et de Marie Delage, prénommé Jean. Né en 1694, il épouse en 1724 Catherine Cholet, issue d’une famille dont nous avons déjà noté la présence dans la descendance féminine des Saige. A la génération suivante, le destin le plus intéressant est celui de Guy, né en 1730. Il s’agit du fils cadet, qui abandonne l’activité du négoce poursuivie par son frère Pierre au profit d’une carrière d’avocat, qui est sa profession lors de son mariage, en 1766, avec Marguerite Beaujau, celle-ci lui apportant cent trente mille livres de dot. Cette union avantageuse augmente considérablement sa fortune personnelle, qu’il utilise pour devenir noble, d’abord grâce à une charge de secrétaire du Roi au parlement payée quatre-vingt-quinze mille livres en 1768, puis ensuite avec un office de président à la cour des Aides qu’il acquiert l’année suivante pour la somme de 38 500 livres. A cette époque, il hérite aussi d’une parente de sa femme, ce qui le met à la tête de deux habitations sucrières à Saint-Domingue et d’autres propriétés immobilières, la valeur de tous ses biens étant évaluée à près de deux millions de livres à la veille de la Révolution française[4]. En 1787, il est ainsi capable de bien doter sa fille Catherine Eléonore, née en 1769, qui est sur le point d’épouser Charles François Larroque, chevalier de Saint-Louis, et il achète deux ans plus tard pour son fils aîné Jean, encore célibataire et avocat au parlement de Paris, une charge de chevalier d’honneur à la cour des Aides, payée 31.500 livres aux Majance de Camiran qui la détenaient jusque là. Le mariage, bien plus qu’un sacrement religieux, est donc une étape importante dans le destin social des individus et des familles, ce qui justifie parfois le recours à des stratégies particulières.

 

De la pertinence du concept de stratégie en démographie historique[5] - Stéphane Minvielle.

 http://www-cahmc.u-bordeaux3.fr/Minvielle.doc

 



[1] S. Hallaouy, La noblesse et les îles au XVIIIème siècle : l’exemple des plantations Ménoire de Beaujau à Saint-Domingue (1765-1812), Bordeaux, TER dactyl., 2000.

[2] Voir M. Figeac (dir.), Histoire des Bordelais, tome 1 : la modernité triomphante (1715-1815), Bordeaux, Mollat-FHSO, 2002, p. 79.

[3] Pierre Kater, le père de François, est anobli en août 1743 par lettre royale, soit quatre ans avant la date de ce mariage. Voir A. Communay, Les grands négociants bordelais au XVIIIème siècle, Bordeaux, 1888.

[4] Informations tirées de S. Hallaouy, op. cit.

[5] Séminaire du C. A. H. M. C. du 19 février 2002. Voir sa thèse : S. Minvielle, Les comportements démographiques des élites bordelaises au XVIIIème siècle. Les apports d’une reconstitution des familles à l’histoire de Bordeaux, de la Révocation de l’édit de Nantes à la laïcisation de l’Etat civil, Bordeaux, thèse dactylographiée, sous la direction de madame le professeur Josette Pontet, 2003, p. 121-125.

 

note sur Saint Domingue

- nuit du 22-23 août 1791 – révolte des esclaves de la colonie française contre leur maître,

- 18 novembre 1803 – les troupes françaises sont défaites à Saint-Domingue, après 2 ans de guerre d’indépendance. L’indépendance est proclamée le 1er Janvier 1804 (Haïti)

 


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