limites des paroisses   



 

 

les limites des paroisses

 

Au concordat, les 9 paroisses du canton appartiennent dorénavant au diocèse de Toulouse. La 10° la paroisse du Terme sera restaurée en 1863.

Avant la révolution :

-         diocèse de Montauban : Le Terme, Villemur, Le Born, Bondigoux, Layrac, Mirepoix

-         diocèse de Toulouse : La Magdeleine, Villematier, Sayrac, Magnanac.

a disparu Saintes-Escariettes (Port Haut), annexe de Villemur.

 

Plusieurs querelles eurent lieu sur les limites des paroisses au cours du XIX°

-         entre Villematier et la Magdelaine : maisons de la martigne

-         entre Villematier et Magnanac : maisons de Pechnauquié

-         (litige moins marqué entre Villematier et Sayrac au sujet de la Bordasse, les Bétirac ayant traversé la route, passant sur Villematier)

-         entre  Magnanac, le Terme, Sainte Rafine en 1863. voir le Terme

 

Le plus souvent ces ''querelles'' concernent les curés, le fait qu’ils annexent de facto à leur territoire paroissial un groupe de maisons (cf obsèques, mariages). Elles nous sont connues alors par une correspondance avec l’Evêché à ce sujet (le vicaire général, l’archevêque aussi). Les paroissiens sont cités comme témoins, prouvant l'ancienneté des faits.  

Il arrive aussi que les groupes de paroissiens s’organisent. Ils interviennent directement, adressant leur pétition : la question des limites opposant le Terme, Magnanac et les 2 camps de Sainte Rafine en constitue un bonne illustration. 

Pourquoi des conflits  entre paroisses au sujet des limites ?

On pourrait penser que les raiosns sont d’ordre économique (casuels provenant des mariages, des sépultures). Cela n’apparaît pas et ne semble pas enter en ligne de compte ; il s’agit de quelques maisons  à peine généralement (comme entre Villematier et la Magdeleine), cependant en d’autres cas, il s’agit  du nombre d’habitants  constituant la paroisse et de ce fait  des possibilité financières  de celle-ci (on le voit dans l’argumentation de Magnanac protestant contre l’amputation de Sainte Rafine et de 71 habitants).

Il y a aussi  le fait  que des  familles vont plus tôt à telle église (le plus souvent plus proche). Au nom de ce fait le curé  considère  l’habitat de ces personnes comme relevant de sa paroisse surtout si depuis des décennies, outre la pratique dominicale  les évènements de la vie (baptême, mariage sépulture), sont célébrés en son  église, sorte de « droit coutumier ».

Un motif sous-jacent se trouve concerne  la charge curiale et le pouvoir de célébrer les offices  et la fonction du curé comme véritable et légitime pasteur. Le curé ne peut célébrer que pour ses paroissiens, sinon  Il lui faut une autorisation. Ce  point de vue du droit de l’Eglise (droit canonique) et du pouvoir sacré  est sans aucun doute très présent et conditionne le désir de clarification (ceci est bien présent dans les explications des curés).

Il y a  des aspects familiaux et sociaux, relevant de la mémoire paroissiale et familiale : peut-on déplacer les paroissiens de leur paroisse ancestrale, là où eux-mêmes et leurs pères ont vécu leur vie chrétienne (sacrements reçus, là où on ils ont  été baptisé),  et là où sont enterrés leurs morts et où ils reposeront prés d’eux ? (arguments de Mme de Vaquié et de M. Gasc conseiller d’Etat, tous deux de Magnanac).

Il  faut aussi  relever  l’hostilité entre villages, un mal fréquent à la campagne (aspect présenté par un pétitionnaire).

Il  y a enfin  la considération et  la définition  des  limites elles-mêmes : quelles limites ?  – ici  il s’agit de la correspondance des  limites paroissiales et communales, de l’héritage des limites au temps de la révolution française, des cadastres qui font foi…ce n’est pas la moindre affaire ! L’argumentation du curé de Villemur au sujet de Villematier et du Terme est fort éclairante à cet égard. Sous-jacente la question ;  quel cadastre suit-on ?  Et en dernier lieu : peut-on changer de critères  de définitions des limites ? De nouveaux critères, comme dans l’organisation de la paroisse du Terme, à savoir la proximité pour les habitants de Sainte Rafine de l’église du Terme, apparaissent dés lors comme mettant en question les limites reçues, constituant en conséquence  un désordre, que les querelles sont censées démontrer. M. David le pro-curé de Villemur  développe cet argument (cf ci-dessous).

 

21 septembre 1875

Fauré, curé de Villematier – à M. le vicaire général

Permettez-moi de venir vous demander un mot d’éclaircissement sur cette fameuse question des trois maisons (les instances des personnes interrogées m’y obligent).
Sur la demande du conseil municipal de villemur, M. le Préfet a décidé que deux de ces maisons appartenaient à Villematier et que M. Maury seulement restait à la Magdelaine – nouvelle officielle transmise par M. le maire de Villemur.

Il est vrai que d’après le concordat la partie civile ne semble pas tout à fait hors-de-cause dans cette question ; Quid ?

A communiquer à M. le curé de La Magdelaine.

 

10 juillet 1874

David pro-curé de Villemur à M. le vicaire Général

Cette affaire de Magnanac est absolument semblable à celle de la Madeleine et il me semble qu’il faut la résoudre d’après le même principe . Car si vous aviez 2 poids et 2 mesures, on ne manquerait pas de crier à l’injustice.

Mgr Primat a décidé en 1802 que les fidèles appartiendront à l’église paroissiale qui leur aura été assignée par la circonscription civile. Voilà le principe il est incontestable et incontesté. Permettez-moi seulement d’ajouter, sans vouloir en aucune manière manquer de respects à la chose jugée que l’application de ce principe à la Magdelaine et que vous êtes obligé de faire à Villematier par voie de rigoureuse conséquence, ne me paraît pas tout à fait exacte. En effet quelles ont été les limites des circonscriptions civiles dont s’est servi Mgr Primat pour les paroisses qu’il a faites en 1802 ? Ce ne sont pas celles du plan cadastral nouveau élaboré en 1812, sans le concours de l’autorité ecclésiastique, mais celles de l’ancien cadastre, qui était en vigueur du temps de Mgr Primat et qui l’ été jusqu’en 1812. Vous me demanderz si les limites que vous indique M. le curé de Magnanac sont bien les limites tracées par Mgr Primat ? Je crois pouvoir vous répondre affirmativement et sans hésitation. Je vous donne en preuve la concordance de la tradition populaire avec l’ancien plan  cadatral de 1802. M. Vieusse, maire de Villemur a sa propriété dans le hameau de Pechnauquié actuellement en litige.Or il prétend que toujours sa propriété  a été de la paroissse de Magnanac. Son père, frère de M. Vieusse, l’ancien directeur du Grand Séminaire ne lui a jamais dit une parole qui lui indiquât l’ombre d’un doute. Et cette croyance n’est pas l’effet de l’usage ni d’une concession faite entre curés voisins. Car à Villemur 2 hameaux sont desservis par concession à cause de l’éloignement l’un par le Born, l’autre par Varennes, mais nos paroissiens ne l’ignorent pas, ils se disent vivants de Villemur et morts de Varennes, tandis que à Magnanac, ils se regardent comme véritables paroissiens et leur tradition est entièrement conforme au plan de l’ancien cadastre que j’ai consulté moi-même sur les limites contestées et dont M. le curé de Magnanac vient de joindre une copie authentique  à ce dossier. Je puis en dire autant de toutes les 5 paroisses qui forment les sections de la commune de Villemur, sauf le Terme dont l’érection est toute récente. leur tradition concorde avec les circonscriptions de l’ancien cadastre, et non avec celle du nouveau. Vous me direz peut-être que le nouveau cadastre a détruit l’ancien . oui pour le civil, non pour le religieux. En 1812 les géomètres ont fait leur nouveau cadastre au nom de l’Etat, mais rien ne prouve que l’autorité religieuse soit intervenue  et les paroisses se trouvent dans leur statu quo. Vous me direz encore, il convient que les limites des paroisses soient les limites communes. Cela est vrai. Encore faut-il que l’autorité religieuse intervienne. Voilà pourquoi je presse M. le curé de Bondigoux, dont la section a été érigée en commune il y a 4 ans, de faire décider que les limites de sa paroisse seront les mêmes que celles qui ont été données à sa commune, mais quand c’est une très grande commune qui embrasse plusieurs paroisses, il n’y a pas une aussi grande importance puisque la même autorité civile dessert toutes les paroisses de son ressort.

En résumé et en fait, si vous suivez le nouveau cadastre si vous continuez de décider comme vous avez commencé pour la Madeleine, vous changez les limites de Mgr Primat. Vous en faites de nouvelles. Le trouble que vous avez causé dans Villematier  et dans Magnanac, vous l’augmenterez. Magnanac réclamera sur Villemur la rive gauche du Tarn. Ce ne sera pas une petite affaire. Vous révolutionnez Villemur. Je prévois une agitation dont je porterai tout le poids avec vous et plus que vous. Je ne serai pas étonné que ces têtes exaltées, qui pour supprimer le péage d’un pont le jettent à l’eau, ne se portent à des excès, ne refusent baptêmes, mariages, sépultures à Magnanac. Je crains un grand désordre  et il est de mon devoir de vous le signaler, car déjà l’agitation a commencé.

Au contraire si vous voulez partout conserver partout les anciennes limites de Mgr Primat, vous n’aves qu’à dire à Magnanac à Villematier et aussi à la Madeleine (toutes sont annexes) : restez comme vous étiez avant toutes ces réclamations et continuez de faire comme vos prédécesseurs. Alors la paix est assurée. Recevez, M. le Vicaire Général…

 

        

 

  plan de 1865 : Magnanac, le Terme, et la partie en litige Sainte-Rafine.

 


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