LESDIGUIÈRES   



 

François de Lesdiguières

vicomte de Villemur

 

François de Bonne, seigneur de Lesdiguières [des Diguières], duc de Champsaur, marquis de Treffort, vicomte de Villemur, baron de Coppet, seigneur d'Oysens, la Mure, Claix, Serres, Saint-Jean-d'Embornay, vallée de Beauchenne et plusieurs autres places, conseiller du Roi en ses conseils privés et d'Etat, capitaine de 100 hommes d'armes de ses ordonnances, maréchal de France, lieutenant et administrateur pour le Roi au gouvernement du Dauphiné. [cf  son 1er testament du 31 juillet 1613 passé à Grenoble].

 

 

François de Lesdiguières

est né à Saint-Bonnet-en Champsaur [Hautes-Alpes] le 1er avril 1543. Il est le fils de Jean de Bonne (notaire) et de Françoise Castellane.

Il meurt le 28 septembre 1626, à 83 ans, à Valence [Drome]. Il sera inhumé au château de Diguière.

 

Après des études de droit, il opte pour la carrière militaire et devient archer de la compagnie d’ordonnance du baron de Gordes, lieutenant-général du Roi en Dauphiné.

 

Homme aux nombreux surnoms : « le roi des montagnes » ; « rusé comme un renard »

 

Il épouse en 1ère noces Claudine Berrenger le 11 novembre 1566

En 2° noces Marie Vignon en 1617 (auparavant sa maîtresse)

 

La château des Lesdiguières construit par François de Bonne de Lesdiguière se trouve dans la commune de le Glaizil [Hautes-Alpes]  (où se trouve le village des Diguières)

 

Personnalité étonnante, un des hommes les plus considérables de son temps, une réussite impressionnante :

-         Il a la passion des armes. Il sera un chef militaire, chef des protestants du Champsaur. Son autorité ne va cesser de grandir  au sein du Dauphinois protestant.

-         Il a su traverser  les guerres de religion sans encombre, s’adaptant aux rois successifs (il en connut 7) « Chef militaire hors pair, diplomate et négociateur habile, ‘’rusé comme un renard’’ (selon les dires de Henri IV) ».

-         homme d’argent, il a une immense et exceptionnelle  fortune, un des personnages les plus riches de France, sans être parmi les premiers [il donnera 700.000 livres de dot à ses filles]. Sa fortune il l’a acquise au jour le jour obstinément, de longue lutte. Il achètera diverses possessions ; Serres (1576), Villemur (1596). 

 

     « 1608 marque la dernière grande vague d ’investissements avec plus de 70 000 livres de biens acquis en terres et seigneuries. En 1610 toutefois, c’est encore l’achat du marquisat de Treffort et, en 1615, celui de la baronnie de Pont-de-Veyle… ».

 

     " Progression rapide, parti de biens, consistant jadis en 2 petits arrières-fiefs les Diguières et Laye en Champsaur - seul héritage transmis par son père, il est devenu très rapidement immensément riche  : le duché de Champsaur composé de plus de 20 paroisses, Serres, Rozans, Vizille, l'Oisans, Moirans, Maubec et une foule d'autres seigneurires en Dauphiné; Coppet en Suisse; Treffort, Pont-de-Veyle et Châtillon en Bresse ; Pont-d'Ain en Bugey, Villemur en Languedoc, Seyne en Provence, etc...(introduction des Actes et Lettres)"

 

Sa vie exprime une certaine réussite. Il vend, il afferme, il achète ;  c’est un acheteur   insatiable. Il y a chez lui une forme de rationalité, d’intelligence de la gestion et des situations : un « avoir sainement géré, celui de l’économie et de l’épargne»,

« Les dépenses, généralement établies à tout venant, font, elles aussi, mais dans une moindre mesure, apparaître des postes particuliers, comme celui attribué à l’argentier en titre ou au Maître d’hôtel de Lesdiguières : 24 600 livres en 1617. Pour la vicomté de Villemur,  il est explicitement dit que « Monseigneur se fait donner compte particulier». Ce qui confirme l’existence de comptabilités secondaires, indépendantes de celle de Jérémie Mathieu, et dont le détail par conséquent échappe à l’historien ».[1]

-         Il est aussi « un artisan de progrès et un bâtisseur de paix ». Il suscite des entrevues,  participe à de nombreuses tractations de paix.

 

voir notamment le colloque de paix de Villemur - CLIC

 

et Lesdiguières, serviteur de la paix - CLIC

Lesdiguières inetrvint en médiateur en d'autres moments et lieux.

 

situation religieuse

et position au cours des guerres civiles et religieuses

 

- Il est né catholique, élevé dans la foi catholique (collège d’Avignon)

connut Henri de Navarre au collège de Navarre à Paris (où il étudie la philosophie et le droit),

 

- Elu à la tête des troupes protestantes du Dauphiné dés 1569, Chef militaire protestant à partir de 1576. Il mène des combats dans la région de Gap, s’appuie sur les vaudois (défaite des Catholique de Gap en 1575). En mai 1676 une paix nouvelle met fin aux hostilités, Lesdiguières est élu chef du parti protestant du Dauphiné. En 1577, il reprend les hostilités à Gap. EN 1574, le conflit s’élargit. Le duc De Mayenne est nommé en juin 1588 gouverneur [ligue] du Dauphiné avec pour mission de liquider Lesdiguières, mais l’accès d’Henri IV au trône de France donne plus d’assise à Lesdiguières : il a pour mission de faire entrer le Haut-Dauphiné dans le « giron » royal. Il met le siège devant Grenoble qui se rend (fin 1590). Depuis 1589 Lesdiguières concentre ses efforts contre le Duc de Savoie (en Maurienne)

  

- Lesdiguières abjure le protestantisme le 25 juillet 1621 à Grenoble sous l'influence de sa femme, Marie Vignon. On dit que sa conversion ne serait pas sans relation avec le titre de connétable qui lui fut conféré.

"De Luynes étant mort, Louis XIII offrit à Lesdiguières l'épée de connétable sous la condition qu'il abjurerait le protestantisme".

 

On a attribué cette conduite de Lesdiguières à l'offre de l'épée de connétable. MM. Haag pensent que ses principes politiques suffisent pour expliquer le refus de Lesdiguières. Cependant ils avouent qu'un grand changement s'était opéré dès lors dans l'esprit du vieux maréchal ; mais ce revirement ils l'attribuent moins aux séductions de la cour qu'à l'influence de Marie Vignon, femme qu'il avait épousée en 1617, et avec laquelle il avait vécu longtemps dans un double adultère, et dont il avait deux filles. « Circonvenue par les jésuites, gagnée par les faveurs de la cour, suivant MM. Haag, Marie Vignon s'employait avec ardeur à convertir Lesdiguières, et l'amoureux vieillard, qui avait encore voulu se soumettre à la censure des ministres, parce que son mariage avait été célébré selon le rite catholique, prêtait une oreille de plus en plus favorable aux incessantes obsessions de cette femme. Il finit par succomber » . D'autres ont fait honneur de la conversion de Lesdiguières à Deageant. Ce qui est sûr, c'est qu'il promit à cet agent de rentrer un jour dans l'Église romaine. Videl affirme que Lesdiguières changea secrètement de religion dès 1621.

 

Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours avec les renseignement bibliographiques et l’indication des sources à consulter, Editeur Firmin Didot soues la direction de M. le docteur Hoefer, tome 30, 1859, p. 940 .

 

 

Lesdiguières - Rohan

 

Lesdiguières eut avec Rohan une entrevue où l'on prépara un accommodement qui n'eut pas de suite.

 

 

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Sources :

- Conseil Général des Hautes-Alpes (site internet - page sur Lesdiguières)

- Stéphane Gal[2] dans son ouvrage Lesdiguières Prince des Alpes et connétable de France. Il étudie le poids financier de Lesdiguières.

- Actes et lettres - BNF site Gallica



[1]  travail sur les livres de compte de Jérémie Mathieu - Stéphane Gal, Lesdiguières, Prince des Alpes et connétable de France, Collection La Pierre et l’Écrit - voir : http://www.pug.fr/extrait_ouvrage/elesdiguieres.pdf

[2] id.

 

Lire parmi ses biographies

Une littérature abondante présente le duc de Lesdiguières. On a surtout la chance de disposer des « actes et correspondances du connétable de Lesdiguières[1] » –3 tomes, publiés sur les manuscrits originaux par le Comte Douglas et Joseph Roman, Grenoble, 1878-1884.


[1] Que l’on consulter sur le site  de la  BNF- Gallica,

 

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Lesdiguières, Vicomte de Villemur (1596-1621)

 

En 1596 le seigneur de Lesdiguiéres achète la vicomté de Villemur à Henri IV toujours sans ressources.

Il y fit construire une magnifique demeure, dont seuls subsistent les communs sous le nom de « Greniers du Roi. » (édifice de style Louis XIII, construit en brique). Cet édifice  signe un nouveau style de construction seigneuriale (elle est au bas du château, dans la ville).

Louis XIII rachète la terre  et seigneurie de Villemur en 1621 (700.000 livres).

 

Lesdiguière avait acheté le 18 mars 1604  la 1/2 restante de la baronnie de Tauriac [1] déjà passé dans la vicomté de Villemur pour 2/6 le 1er octobre 1501 et de 1/6 le 16 avril 1553.

 

 

Tensions administrative entre le vicomte et la communauté

 

Lesdiguière a pour gouverneur Daniel de Bellujon. Son gouvernement garde trace des tensions nombreuses qui se produisirent entre lui et la communauté.

 

Les consuls de 1622 en séance du 10 avril, constatèrent que depuis 50 ans environ, les catholiques avaient été exclus de toutes les charges publiques. L’élection des consuls de l’année 1602 fut l’objet d’un protestation des catholiques , qui voulaient avoir part à certaines charges municipales ; ils portèrent l’affaire par leur syndic devant le Parlement de Toulouse ; les consuls en avaient saisi les chambres de justice de Castres [Sevène page 43].

 

Par transaction du 27 août 1602 (Me Pendaries notaire), on se soumit de part et d’autre à l’arbitrage de Lesdiguières. A la séance du conseil de ville du 14 juillet 1619, M. Guillaume Pendaries, notaire syndic des habitants catholiques, représenta que le duc avait rendu une ordonnance dont l’observation avait été jurée solennellement en la maison commune , en vertu de laquelle le syndic élu annuellement par les catholiques avait le pouvoir d’assister, comme cinquième auditeur des comptes et avec la même autorité que les quatre autres, aux répartitions et cotisations des tailles et aux auditions des élections des officiers de la communauté, d’élire 4 conseillers sur 24, l’un des 2 policiens et l’un des 2 bailes de l’hôpital ; les officiers élus par les catholiques devaient être assermentés et prendre part, comme les autres, à l’administration. Le notaire Pendaries ajoutait que cette ordonnance avait été paisiblement observée jusqu’en l’année 1617, mais que le bénéfice en avait été perdu alors, soit par la malice des uns, soit par la négligences des autres. – [Sevène page 43]

 

 

Le duc de Lesdiguières avait établi pour son gouverneur du château, de la ville et de la vicomté Daniel de Bellujon, seigneur de Grespan dont le caractère était paraît-il, impérieux

[Sevène page 47]

 

 

Un arrête rendu le 22 juin 1604 par le Parlement de Toulouse, à la suite de l’assassinat d’un habitant de Villemur et d’autres excès imputés au gouverneur et à la garnison du château, mit les habitants sous la sauvegarde du roi et de la cour, enjoignit au vicomte, sous peine de confiscation de la vicomté, de pourvoir à la conservation de la liberté et de la sûreté des habitants et défendit, sous peine de la vie, à Bellujon [2] et autres de molester les habitants, en leurs personnes et en leurs biens. [Sevène page 47]

 

Le 17 juillet 1604, de Grenoble,  Lesdiguières écrit au Roi  [3]:

 « Sire, je me plains, justement à votre égard à votre majesté d’une procédure la plus violente et la moins juste qui se puisse dire que votre Cour du parlement de Toulouse a faite, contre mes serviteurs seulement que j’ai à Villemur, mais contre moi-même de qui ils n’ont jamais reçu aucun sujet de mécontentement et vous supplie très humblement, Sire, de m’y vouloir rendre la justice … le récit au long de cette lettre vous en serait trop ennuyeux, Sire, je vous supplie très humblement que le sieur de Bellujon le vous représente ou à celui que vous aurez agréable de commettre ; je me dépêche exprès pour ce sujet à votre Majesté , afin que par même occasion il la puisse rendre bien édifiée de ses déportements, contre les blâmes de ceux qui portent à regret de me voir posséder cette terre de Villemur ont porté contre lui jusqu’aux oreilles de votre majesté  concezrenant M. le maréchal de Bouillon, pour vous rendre suspect la fidélité qu’ila toujours gardé à votre service et dont je vous ai ci-devant donné témoignage et me prive du service qu’il m’ utilement rendu en ce lieu de Villemur après avoir longuement servi votre majesté près de moi. … je vous en supplie très humblement de vouloir encore ouïr ledit Bellujon sur les difficultés qui se présentent en la convocation des Etats de cette Province afin que par le règlement que votre majesté y donnera, votre service y soit mieux avancé. L’état aussi auquel cette ville est réduite, Sire est infiniment dangereux, je supplie très humblement votre majesté d’y faire pourvoir selon la nécessité qui y est et que ledit de Bellujon vous représentera, s’il plait à votre majesté etc…»

 

Le 22 mai 1605, de La Verpillière, Lesdiguières écrit à Mgr le Chancelier[4] :

« Monseigneur, je garde toujours la mémoire  entière de la bonne justice que vous m’avez rendue à l’évocation du procès que j’ai contre mes sujets de Villemur en la connaissance de cette affaire, vous reconnaîtrez si je n’avais juste désir qu’elle fut vidée par devant vous, car cela étant, je ne puis aucunement douter que la justice ne me soit rendue et conservée. Je l’attends de votre intégrité accoutumée etc… »

 

Des différents nombreux surgissent entre les consuls et le duc de Lesdiguières. Le duc obtint du Conseil d’Etat, le 28 juin 1605, un arrêt attribuant toutes les causes intéressant ses domaines et ses intérêts au Sénéchal du Quercy au siège de Montauban en première instance et au Conseil d’Etat lui-même en appel.

La communauté faisant  opposition à l’exécution de cet arrêt, saisit le Sénéchal de Toulouse des différends soulevés. Une transaction intervint, cependant, et fit l’objet, après approbation du conseil général, en sa séance du 21 octobre 1606, d’un acte retenu  le 2 novembre suivant par M. Carrery, notaire à Vacquiers [Sevène page 48]

 

C’est durant de Lesdiguières que le château de Villemur fut ensanglanté en juin 1607 par le meurtre de Lambert Deymier, surnommé le capitaine Caravelles.  [Sevène page 48]

 

Le conseil général avait désavoué, dans sa séance du 16 décembre 1610, la plainte dirigée contre Bellujon, déclarant que la ville était aussi paisible et aussi peuplée qu’elle ne l’avait jamais été, les catholiques y vivant en toute liberté avec les protestants. Il attribuait les dénonciations qui s’étaient produites à la malveillance de certains habitants de Toulouse, par l’influence desquelq il était dit que les catholiques de Villemur s’étaient syndiqués pour tenter de resaisir l’administration des affaires. Des plaintes portées devant le duc de Lesdiguières contre son gouverneur, en 1611, par le sieur Charles, ministre protestant et par d’autres habitants syndiqués, furent l’objet de semblable désaveu[5]. Cependant le mécontentement gagna l’administration communale en 1612

A l’assemblée du 1er juillet 1612 furent dénoncées les tracasseries du gouverneur, qui pour obtenir le remboursement de certaines créances du vicomte et de quelques autres prétendues par lui-même, s’était emparé de canons, de mousquets, de livres terriers et d’actes, de papiers dérobés dans le coffre de la maison commune.

Au conseil du 5 août, le syndic accuse le secrétaire et les autres officiers précédemment en charge d’avoir été à la discrétion du sieur de Bellujon et la situation se complique, à la séance du 31 juillet, d’un différents sur le droit de disposer des clés de la ville.

A l’assemblée du 30 septembre, Jean Prunet, procureur du vicomte, se présenta, du mandement du gouverneur , pour interdire la tenue du conseil, qualifiant l’assemblée de tumultueuse et prétendant qu’elle avait été convoquée à l’insu de Bellujon. Le conseil de ville ne voulut  voir dans cette démarche qu’un prétexte pour couvrir les infractions que ce personnage commettait journellement aux clauses de la transaction de 1606 et il tint séance, malgré la protestation du procureur. La communauté se biérar de sa dette envers Lesdiguières et la solution des différents et procès imminents entre elle, d’une part, le vicomte et son lieutenant, d’autre part,  fit l’objet d’une transaction qui a été transcrite dans le registre des délibérations consulaires à la date du 5 octobre 1614 . Le don de 3000 écus fait par le roi, à la suite du siège de 1592 n’avait pas encore reçu son effet ; de Bellujon en détenait les provisions. Il fut stipulé que la communauté lui abandonnait le profit du don, pour en poursuivre le paiement à ses risques et dépens, moyennant la somme de 1500 livres payables dans le délai de 2 ans, quelque fut le résultat de ses diligences. Bellujon prétendait ne payer les 1500 livres qu’après avoir fait rétablir le don et le premier argent qu’il en trouverait ; la communauté déclara se tenir aux termes proposés de la transaction[6]

Nous ne savons pas si le gouverneur parvint à obtenir quelque tempérament à cet égard ; il résulte des termes de plusieurs délibérations prises dans la suite que la transaction de 1614, eut son effet tout au moins dans son ensemble[7].

A partir de cette époque, les rapports de la communauté avec Bellujon, qui fut d’ailleurs fréquemment remplacé par son lieutenant, Pierre du Bousquet, paraissent s’être améliorés sans être toutesfois exempts de certains conflits, notamment en la matière des élections consulaires, qui mettaient en contact le privilège des habitants et la prérogative du seigneur, et en la matière criminelle à l’égard de laquelle le partage de juridiction, entre les consuls et le juge donnait ouverture à des difficultés[8]. [Sevène page 51-52]

 

Daniel de Bellujon, acquit la Baronnie de Roquemaure de Pierre de Peyrol[9]. Elle fut sans doute cédée bientôt  à Lesdiguière, car elle  fut au nombre des biens que ce seigneur vendit au roi en 1621. Les consuls prêtèrent serment le 2 août 1620

 

Le maréchal acquit sous pacte de rachat à exercer dans le délai de 6 ans, le 14 juillet 1621, Timbal[10] notaire, au pris de 25.000 livres, à Jonathan du Bousquet, seigneur et baron de Verlhac, Montgaillard et autres lieux, la seigneurie de Villebrumier[11], relevant de la vicomté de Villemur et dont la justice appartenait au duc de Lesdiguières.  [Sevène page 53]

 

La résistance des Montabalnais lassa les assiégeants qui décampèrent le 14 novembre. Le veille la vicomté de Villemur était passé aux mains du roi.

 

Début 1600 les contestations intervinrent sur les points suivants :

-         le vicomte revendiquait la juridiction criminelle en faveur de son juge concurremment avec les consuls,

-          il invoquait l’autorité des ordonnances royales pour attribuer à son juge banneret la préséance sur le consuls en tout lieu et la présidence des assemblées publiques et particulières,

-          les consuls se fondaient sur leur privilège et le coutume pour prétendre être les juges pour le seigneur et sous son autorité, en toutes matières criminelles,

-          exercer la police,

-          connaître des matières civiles de peu d’importance, dites sommaires, telles que salaires, taxes, dommages,

-          et avoir droit, dans l’exercice de ces attributions à un greffier ssermenté par eux et à un sceau particulier,

-         En matière de préséance, les consuls soutenaient que les ordonnances royales n’avaient point dérogé aux coutumes locales ; que le juge n’avait jamais été, à Villemur, en possession de la présidence des assemblées communales, où il n’avait que vois délibérative, comme habitant, ni d’aucune préséance dans les lieux publics sur les consuls qui y ont toujours eu « leur banc et siège à part », ces magistrats municipaux étant les égaux du juge  en autorité par la dévolution qui leur avait été faite de la juridiction criminelle.

-         le Seigneur déniait le droit prétendu part les habitants ? sur le fondement d4un usage immémorial, de prendre du bois mort à la forêt, de faire pacager le bétailk sur les terres après l coupe des premières herbes, de chasser dans ses garennes ; taillis et autres terres ;

-         la communauté contestait au Seigneur le caractère de banalité de ses moulins sur la rivière du Tarn, l’un d’eux, contre le pied de la muraille de la dite ville, appelé la tour, l’autre au-delà de la rivière appelé le pas et ses forges

-         la légitimité ou la quotité d’un certain nombre de droits ; elle soutenait notamment que le consulat de Villemur avait toujours été exempt du droit de fouage et n’y était assujettie par aucun titre..

-         Le seigneur prétendait que certains que certains bientenants omettaient depuis plusieurs années de lui payer la rente à laquelle leurs biens étaient assujettis et de lui en fournir reconnaissance ; il proposait de substituer une seule rente proportionnelle à la multiplicité des redevances qui lui étaient servies sous les noms de rentes, oblies, champarts ; agriers. Les consuls répondaient que la province de Languedoc était un pays de franc alleu où l’affranchissement pouvait résulter d’une longue possession exempte de rente ou autre charge et qu’il n’était pas possible, pour égaliser les rentes d’aggraver la charge des tenanciers qui payaient la moindre : que l’existence de certains droits au profil des seigneurs autres que le vicomte mettait, en outre, obstacle à cette égalisation.

 

Toutes ces controverses donnèrent lieu à un règlement consenti par le vicomte et par la communauté sous forme de transaction qui fut constaté par un acte dressé par M. Carreri, notaire à Vacquiers, à la date du 2 novembre 1606. [Sevène page 81-82]

 

A la suite de la transaction dont la teneur se trouve dans la notice d‘Amédée Sevène[12] , le registre consulaire de 1610 à 1620 permet de constater qu'un certain nombre d'assemblées de la maison commune furent présidées par le gouverneur, lieutenant du vicomte; qu'il n'était plus nommé de notaire de la ville, mais un secrétaire-greffier agréé par le conseil général en même séance que les autres officiers, y compris les policiens qui furent élus annuellement. Le choix du trésorier de la communauté eut lieu sur la présentation de deux candidats faite par les consuls.

 

Une des clauses d'un accord dont le texte est inséré dans une délibération du 29 septembre 1614 régla le droit d'intervention des officiers du seigneur aux assemblées de la communauté dans des circonstances particulières :

« ... En cas de contestation ayant pour objet les demandes adressées par le maréchal à la communauté ou par la communauté au maréchal, ou en cas de procès entr'eux nécessitant une délibération, les consuls et les habitants pourront délibérer sur ces affaires hors de la présence des officiers du dit seigneur, mais sans pouvoir le faire sur toute autre affaire sans l'assistance de ces officiers, qui seront rappelés au conseil aussitôt après que sera finie la délibération relative à l'affaire particulière entre le seigneur et la communauté ».

 

Les consuls avaient anciennement, paraît-il, la disposition des clés de la ville. Le droit leur en fut contesté en 1612 par les officiers du due de Lesdiguières. Par la dite transaction de 1614, il fut sursis à la solution du différend pour permettre aux parties de trouver les bases d'un accord ou d'en référer à la décision du dite, et la garde des clés fuit provisoirement laissée, comme par le passé, aux consuls, à la condition de reconnaître qu'ils les tenaient de l'autorité du vicomte et de son gouverneur. Il fut convenu plus tard que, chaque année, les consuls entrant en charge présenteraient les clés de la ville, lors de leur prestation de serment, en témoignage de ce qu'ils les tenaient du seigneur [13].

 

 

Daniel de Bellujon

gouverneur de Villemur

 

Il s’agit de la famille Bellujon[14]originaire de Provence.

 

On aura vu combien Lesdiguières s’appuyait sur Bellujon, son homme de confiance, gouverneur de Villemur. Il le chargera de diverses mission, notamment dans les instances protestantes. Ainsi est-il mandataire de Lesdiguières[15]  porteur d’une procuration à l’Assemblée de Chatellerault  (1610) qui s’est ensuite transportée à Saumur (mai 1611) et qui se réunit le 27 mai 1611, Duplessis-mornay, nommé modérateur.

On aura vu aussi combien son gouvernement fut source de tension avec la communauté de Villemur. Peut-être y avait-il quelques causes relevant des mutations sociales d’alors, mais les facteurs personnels et locaux paraissent devoir être retenus.

 

Honorine de Bellujon fille de Daniel, seigneur de Roquemaure et avocat au Parlement d’Orange épousera Michel de Gilier[16].



[1] A Bernard Farfal, ayant droit d’autre Bernard Farfal, son frère qui l’avait acquise des héritiers de Pierre de Castanet, héritier lui-même, sous bénéfice d’inventaire, d’Antoine de Lapeyre, suivant un acte passé devant Me Carréry, notaire à Vacquiers, sui contient l’exposition des faits qui précède, le duc de Lesdiguières, à la date du 27 octobre 1606, déclara n’avoir rien à prétendre sur le tiers qui avait fait l’objet du contrat de 1501, mis à  néant par un arrêt du Parlement de Toulouse, et céda les 2 autres tiers(2/3) de la baronnie au prix coûtant sous réserve de l’albergue de 5 livres 10 sols établie au profit du vicomte de Villemur, sur la communauté de Tauriac , à Antoine de Castnet – Amédée Sevène, Notice sur Villemur, page 180.

[2] Archives du Parlement de Toulouse, R 222, f° 262.

[3] Actes et Lettres du duc de Lesdiguières, ; [617] p 483.

[4] Actes et Lettres du duc de Lesdiguières, ; [634] p 4898

[5] Délibération du 26 juin et 31 juillet 1611.

[6] Délibération du 29 mai et 15 juillet 1612, 3 février, 1er et 29 septembre, 20 et 21 octobre 1613, 4 septembre et 5 octobre 1614.

[7] Délibération des 5 avril et 21 octobre 1615, 10 juin 1618, 30 août 1620

[8] Délibération du 23 novembre 1614, 7,24 et 28 janvier 1618, 21 mai, 23 juin, 7 et 14 juillet 1619

[9] la seigneurie de Roquemaure acquise de Pierre de Peyrol, sieur de Salles et de Suzanne de Peyrol, femme de Jean de Respide par cate de Me Isaac Bolux, notaire à Villemur( 15 avril 1619)

etde Jean du Pont, seigneur de la Chapelle-Rouzot, agissant en son nom et au nom de François Barguin Delguy et de Michel Pierre de Mauléon, par acte du 21 juillet 1620 ME Jacques Thieus de Montauban.

[10] Acte du 3 août 1620, Timbal, notaire Villemur.

[11] Il est dit p 68  que « la seigneurie de Villebrumeir fur acquise sous la faculté de réméré par le duc de Lesdiguières »  -  la vente  à réméré, avec faculté de réméré, réside dans la vente d’un immeuble faite sous la condition que le vendeur pourra racheter dans un délai convenu.

[12] Page 82-96, texte de la transaction.

[13] Délibération des 3 février 1613,  5 octobre 1614 et 6 septembre 1619.

[14] Sevène orthographie : Belluion. 

[15] Le 3 août 1611, l’assemblée protestante de Saumur prie Bellujon de se départir de l’instance qu’il fisiat au  nom de Lesdiguières, pour avoir évocation au grand conseil de toutes les affaires relatives à la baronnie de Villemur. Bellujon refuse et l’assemblée décide d’écrire à Lesdiguières à ce sujet  [note de la lettre du 18 juillet  des Lesdiguières au duc de Bouillon].

[16] Bulletin de Société d'archéologie et de statistique de la Drôme, Valence – 1885, page 146

 

 

 

Daniel de Bellujon

 

Il était le fils de Denis Bellujon [gentilhomme Bourguignon, calviniste, qui retourna à  Orange dont la famille originaire - il y fut conseiller au Parlement, puis receveur-général du prince d’Orange ; il échappa pas à un massacre de protestants] et de Honorade de Bestez .

 

Daniel de Bellujon Il fut proposé au Roi par le duc de Bouillon, pour assister, comme député général des calvinistes, a l'assemblée de Chatellerault (1605) avec du Plessis-Mornay et deux autres. Il avait la réputation  d'un homme d'esprit, et offrait, dit Pilhon-Curt, plus de litres et de  qualités qu'un autre, pour aspirer à celle députation ; mais il était attache au sieur de Lesdiguières, et ce motif le fit exclure. Néanmoins en juillet 1605, le roi l'employa pour négocier avec le sieur de Blacons la restitution de la principauté d'Orange dont celui-ci était gouverneur et que ce prince rendit à la maison de Nassau. Bellujon devint ensuite conseiller d'état et acquit quelque baronnies au pays de Vaud (Suisse). Il testa à Dijon en 1629.

Dictionnaire historique, biographique et bibliographique du département de vaucluse

C-F-H Barjavel, Carpentras, tome 1, 1841

 

Il fut baron de Copet et de Villeneuve, dans le pays de Vaud, était fils d'un autre Daniel Bellujon Bellugeon, originaire d'Orange, longtemps au service du connétable de Lesdiguieres, et chargé par lui de plusieurs missions importantes.

La femme du baron de Copet se nommait Louise de Reffuge : il en eut une fille, mariée dans la bonne maison de Chastenay-Lanty, qui vient de finir très-honorablement avec la comtesse Victorine de Chastenay.  Le baron de Copet avat aussi des terres en Bourgoge, comme le dit des Réaux, puisque Wulson de la Colombièe le classe parmi la noblesse de cette province.

Les historiettes de Tallemant des Réaux    par MM. De Mommerqué et Paulin Paris, tome 9°, Paris 1860

 

Le 10 avril 1621, Daniel de Bellujon, baron de Villeneuve et de Roquemore, obtint du duc de Lesdiguières la terre de Coppet [voir note 1 ci-dessous] par échange. Le 27 juin 1657 les Bellujon furent obligés de la vendre au comte Frédéric de Dohna, gouverneur d'Orange, pour le prix de 50.000 écus. Le comte reçut le droit de bourgeoisie à Berne et occupa une place parmi les magistrats de ce canton ; il donna pour précepteur à ses trois fils le célèbre Bayle, alors âgé de 23 ans, qui habita Coppet dès 1670 à 1672.

 

 

France protestante de MM. Haag  p.163

Il s’attacha de très bonne heure au service du roi de Navarre.
Au rapport de l'Armorial de Bourgogne, il fut créé, en 1596, maître des requêtes, et, l'année suivante, il remplit l'emploi d'intendant de l'armée. La Pise prétend, au contraire, qu'en 1507
il était déjà auprès de Lesdiguièrcs en qualité de secrétaire. Il fut, en effet, cette année même, envoyé par le chef protestant du Dauphiné à l'Assemblée politique de Saumur pour protester, en son nom, qu'en toutes circonstances il emploierait ses armes et sa vie au service des églises, et pour l'exhorter à ne pas se relâcher du ses justes demandes. En 1603, Bellujon fut député au Synode national de Gap. En 1605, Lesdiguières, qui mettait en lui une entière confiance, travailla à le faire élire député général par l'Assemblée politique de Chàtellerault ; mais Sully fit échouer un projet que la Cour voyait avec déplaisir. Ce qui prouve d'ailleurs que Henri IV appréciait les talents diplomatiques de Bellujon, c'est que, vers le même temps, il le chargea de négocier avec Blacons la remise de la ville d'Orange. Depuis cette époque, Bellujon s? dévoua à la fortune de Lesdiguièree, qui lui confia la garde de sa ville de Villemur, et qui, en plusieurs circonstances, eut recours à son habileté, à son adresse, à sa prudence. En 1611, le maréchal l'envoya, comme son représentant, à l'Assemblée politique de Saumur, eu lui donnant vraisemblablement pour instructions de seconder les efforts du duc de Bouillon, qui voulait entraîner le parti réformé dans de nouvelles voies politiques. Ce qui est certain, c'est que Bellujon trempa dans les intrigues du duc et qu'il s'attira ainsi l'inimitié de Rohan, qui le fit exclure de l'assemblée. Les instances de Bouillon, jointes a celles de Sully lui-même, finirent cependant par obtenir la radiation de la censure prononcée contre lui. Dans la même assemblée, Bellujon eut à se défendre d'accusations calomnieuses portées contre lui par Pierre Blanchard, qui prenait la qualité de  syndic des habitants réformes de Villemur. Les procès- verbaux mss. de cette assemblée se taisent sur la nature des actes qu'on lui reprochait ; tout ce qu'il est permis de conclure  du récit fort laconique qui y est fait de toute cette affaire, c'est que Bellujon s'était adressé aux tribunaux pour demander réparation. Apres d'infructueuses tentatives de réconciliation, l'assemblée invita les sieurs de  Lusignan, Villemade, Gardesi  et Rançons à passer par Villemur afin d'essayer une dernière fois de rétablir l'harmonie et la paix.

 

En 1614, Lesdiguières confia à Bellujon une mission d'un intérêt plus général. Par son ordre, ce dernier se rendit à Sedan auprès du  prince de Condé pour l'engager à conclure la paix avec la reine. Il eut une grande part aux négociations relatives à cet objet, et l'on peut dire que le traité de Sainte-Menehould fut jusqu'à un certain point son ouvrage.

Peu de temps après, la guerre ayant éclaté entre la Savoie et l'Espagne, et Lesdiguières ayant été autorisé à secourir le duc Charles-Emmanuel, Bellujon fut dépêché auprès du général espagnol don Pedro de Tolède pour le sommer de faire connaître ses intentions au sujet du traité d'Asti. Les réponses évasives de don Pedro ayant convaincu le maréchal qu'il ne cherchait qu'à gagner du temps, la campagne s'ouvrit sur-le-champ. De rapides succès conduisirent bientôt les alliés aux portes du Milanais, et Lesdiguières s'empressa de faire partir Bellujon pour la Cour en le chargeant de représenter que jamais occasion plus favorable ne s'était offerte de conquérir cette province; mais, tout en le louant de son zèle, le ministère refusa de s'associer à ses projets.

Le gouvernement de Louis XIII avait, en effet, assez de difficultés à vaincre dans l'intérieur du royaume. La reine-mère conspirait sans relâche; les grands ne voulaient se plier sous aucune loi, et les Protestants, las de voir leurs plaintes constamment repoussées, méditaient des projets de résistance. Ce fut dans ces circonstances alarmantes que l'Assemblée politique de Loudun s'ouvrit, le 25 septembre 1619, malgré la défense formelle du roi. Lesdiguières, qui venait d'être créé duc, fit partir Bellujon et Gllier pour lui représenter les suites fatales que devait avoir sa désobéissance. Leurs instances, jointes à la promesse confirmée par Duplessis-Mornay que ses vœux seraient exaucés avant l'expiration de six mois, la décidèrent à se séparer. De Loudun, Bellujon se rendit à Milhau, où, malgré ses efforts secondés par ceux de Des Hippolytes, agent de Châtillon, la guerre fut résolue; puis à Castres, où, toujours dans la louable intention de travailler au rétablissement de la paix, il dressa les articles d'un traité qui fut proposa sans succès aux habitants de Montauban.

 

En 1 624, Lesdiguières l'envoya en Hollande pour obtenir des États-Généraux le secours de leur flotte contre l'Espagne. La négociation réussit; mais la rivalité du vieux connétable et du duc de Savoie, jointe aux mouvements survenus dans l'intérieur de la France, fit abandonner l'expédition contre Gênes, à laquelle cette flotte devait participer. A son retour, Bellujon fut de nouveau nommé député auprès des chefs protestants pour les engager à poser les armes. Ce fut la dernière mission qu'il eut à remplir. Lesdiguières étant mort, il renonça aux affaires publiques et se retira dans sa terre de Crépan en Bourgogne; c'est du moins ce que l'on peut conclure de la date de son testament dressé à Dijon le 5 déc. 1629. En récompense de ses services, il avait été nommé gentil homme de la Chambre en 1611, et conseiller d'État en 1621.

 

Dans ses Mémoires, Rohan fait un portrait peu avantageux de ce négociateur habile. Il le dépeint comme un excellent calomniateur, sans foi et sans honneur, et dont l'esprit fin et souple s'employait à ce qui lui était utile. » On ne doit pas oublier qu'ils suivaient deux partis contraires.

Bellujon eut de son mariage avec Anne Claudine de Montléon [voir note 2 ci-dessous], fille de François de Montléon, gentilhomme de la Touraine, plusieurs enfants, dont l'un, Daniel II de Bellujon, baron de Copet et de Villeneuve, terres acquises par son père, capitaine de chevaux-légers, puis colonel d'un régiment  d'infanterie, épousa, en 1627, Louise de Reffuge, et abjura en 1685.       
 



[note 1] La république de Berne s'empara de Coppet et le vendit le 4 avril 1601 à François de Bonne, duc de Lesdiguières , lieutenant-général pour le roi en Dauphiné, pour le prix de 32,000 écus. Clervant lui devait aussi un capital de 5000 écus. Lesdiguières était un des principaux chefs des réformés de France et un des meilleurs capitaines de Henri IV ; il entretenait aussi d'excellentes relations avec les réformés suisses , surtout les villes de Genève et de Berne, auxquelles il rendit de grands services. - Dictionnaire historique, géographique et statistique de canton de Vaud, D Martignier,Lausanne, 1867.

[note 2]  « En l'année 1643, dame Anne Claude de Mauléon, veuve et douairière de feu Messire Daniel de Bellujon, Seigneur et Baron de Villeneuve et de Copet, fit une donation de la somme de 150 livres annuellement pour l'entretien du ministre de Colex , et à son défaut pour le plus proche au païs de Gex. Et au cas que la Religion Réformée dont elle faisait profession y fut interdite, elle veut et ordonne que cette rente soit payée aux ministres de Genève ou de Copet, sans que pour quelque cause que ce soit, elle puisse être divertie ailleurs. Et pour le fonds de cette rente, elle compta au £r de Gilliers son gendre la somme de 2400 livres, laquelle il promit d'établir incessamment en fonds ou constitution de rente, sous l'obligation générale de tous ses biens présents et à venir, et spécialement des droits et revenus de la terre et seigneurie de la Bastie ».


 

   


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