les Soeurs   



 

 

les deux sœurs religieuses

MADELAINE-CLAUDINE (ou CLOTILDE) 

(1èrede nom)

 Sœur Brigitte

Madelaine-Claudine (ou Clotilde)

Notice nécrologique :

Dieu seul !

Née de parents très chrétiens, d'une famille toute patriarcale, à Layrac (Hte Garonne), avant déjà un frère prêtre, missionnaire du Sacré Cœur, à Toulouse, la jeune Clotilde se sentit attirée à la vie religieuse et entra au Monastère des Bénédictines à Toulouse. Bientôt, les jeûnes fréquents, l'abstinence habituelle et le cloître changé contre l'air pur et libre de la campagne, eurent raison d'un tempérament plus fort en apparence qu'en réalité. Il fallut rentrer dans la maison paternelle, mais après quelques mois de séjour à la campagne, les forces étant revenues, et les aspirations de la jeune Clotilde étant toujours les mêmes, elle demanda et obtint son admission è Castres, dans la Congrégation de l'Immaculée Conception.

Son noviciat terminé, la Sr Brigitte (c'est le nom qu'avait pris Mlle Teysseyre à sa prise d' habit) fut envoyée à Palaminy (Hte Garonne) où sa santé se fortifia encore, et après quelque temps de séjour dans ce bon pays, on put exaucer le vœu de cette jeune sœur et l'envoyer en mission.

Le Gabon devait être le théâtre de son zèle et, de tout cœur , elle chercha à s'y rendre utile malgré les difficultés d'un climat inclément et l'ignorance d'une langue barbare qui ne s'apprend qu’à la longue. Notre chère Sr Brigitte savait pourtant se dévouer et le fit peut-être avec excès, car après un an de mission, prise d'une fièvre qu'on ne connut pas assez tôt, et se refusant elle-mime à prendre les remèdes indiqués, après quatre jours de maladie, elle rendit sa- belle âme à Dieu, à 34 ans, le 28 février 1858.

Sr Brigitte TEYSSEYRE

Naissance  : 13 novembre 1818 à Layrac

Profession an. : 5 août 1848 à Castres

Profession perpétuelle : 8 septembre 1852 à Castres

Décès : 24 février 1858 à Libreville

 

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JEANNE MARIE CLÉMENCE

Sœur Clémence Marie des Anges

Jeanne Marie Clémence

Sœur Clémence Marie des Anges

Notice nécrologique :

Sœur Clémence des Anges  (née Teysseyre, décédée le 12 Décembre 1892)

 

Paix et humble salut en Notre-Seigneur.

C’est pendant l'Octave de la belle fête de l’Immaculée-Conception qu’il a plu à Dieu de nous imposer un douloureux sacrifice, en appelant à Lui notre chère Sœur Clémence-Marie des Anges, professe de cette maison, âgée de 70 ans et de religion 43.

Notre regrettée sœur appartenait à une famille éminemment chrétienne, sur laquelle le Ciel répandit ses meilleures bénédictions. .Deux de ses frères sont dans l'état ecclésiastique, tout dévoués à à la gloire de Dieu. Une de ses sœurs , après s'être consacrée à Notre-Seigneur, dans le pieux institut des Religieuses de l’Immaculée-Conception, est morte, dans les missions étrangères, pleine de mérites et de vertus.

Dans ce foyer béni, celle que nous regrettons si sincèrement, puisa les sentiments de foi et de piété qui l'ont toujours animée. De bonne heure se manifesta en elle la pensée de se donner à Dieu ; néanmoins, elle ne comprit pas d'abord quel était le port désiré où son âme trouverait dans l’éloignement du monde, cette vie cachée en Dieu, qui l'attirait avec une mystérieuse puissance.

Elle sut attendre et prier. Enfin vint 1’heure où la lumière d’en-haut lui montra le carmel. Son âme, pressée de désirs avivés par l'attente, ne mit point de délai à se rendre à l'appel divin. Elle avait 27 ans quand elle sollicita et obtint une place dans ce monastère.

Les grandes difficultés que notre chère Sœur trouva au chant et à la récitation du saint Office lui fournirent de vraies épreuves dés le début. Parfois la pauvre postulante croyait se voir en face d'un obstacle infranchissable et une désolation profonde s'emparait d'elle.

Parut enfin le jour qui mit fin à ses craintes; admise à la prise d'habit, puis à la profession, ses vœux les plus ardents furent réalisés. Depuis lors toute la vie de notre chère Sœur Marie des Anges peut se résumer dans ces deux mots ; silence et humilité.

Son amour de la vie commune fut toujours remarquable et c'est en pratiquant constamment les devoirs qu'elle s’est sanctifiée. Il est plus facile d’admirer que de rendre cette vie si simple, si uniforme, mais si sainte part cela même qu’elle était toujours égale. Jamais, en effet, nous n'avons vu de défaillance dans sa marche vers Dieu seul. Il était son but, et tout en elle révélait une séparation complète des choses créées. C’est dans l'obscurité de la cellule, où s'est écoulée cette belle vie, que nous la trouvions toujours laborieuse et zélée pour le travail, pendant que son âme, le mot de nos saintes constitutions, s’acheminait par cette solitude, à ce pourquoi la règle ordonne que chacune demeure à part soi.

A cet amour de la retraite et du silence, notre chère Sœur joignait un grand esprit de mortification. Esclave des moindres prescriptions de la règle, elle s’adonnait encore à de nombreuses pénitences de surérogation. Tout en elle et autour dl elle portait 1 l’empreinte de son grand esprit de pauvreté ; elle était d'une indifférence parfaite pour ce qu’on mettait à son usage : ne rien refuser, ne rien demander, fut son principe fidèlement suivi.

Animée du plus profond esprit de foi, notre bien regrettée Sœur était sincèrement unie à ses mères Prieures et fut ainsi pour toutes un sujet de consolation.

En un mot, ma Révérende Mère, cette belle âme, comme une humble violette, cherchant toujours à disparaître et à être oubliée, ne cessait de répandre autour de nous le doux parfum de ses vertus .

Nous étions loin de penser, quelques jours avant sa mort, que notre chère Sœur allait nous être enlevée. Elle était sujette à une certaine oppression de poitrine, à laquelle le médecin n’avait jamais trouvé de gravité. Trois ou quatre jours avant son décès, elle nous dit sentir, la nuit, de pénibles étouffements ; nous remarquions aussi en elle une fatigue gén6rale. Monsieur notre Docteur, appelé dès le prem,ier jour, ne trouva rien de sérieux dans son état. Le dimanche matin, 11 du courant, notre bonne Sœur assistait à la Messe avec la communauté et y communia. Le soir, vers quatre heures, nous lui proposâmes d’aller se coucher, elle nous pria de lui permettre de recevoir, avant, la bénédiction du Saint-Sacrement, qui se donnait à cinq heures.

Le lendemain, pendant les heures du matin, nous nous sentîmes pressées d'aller nous-même voir notre chère Sœur : « Ma Mère, nous dit-elle, quand nous l'abordâmes, je suis guérie, je ne sais quel saint a fait ce miracle. Nous nous retirâmes complètement rassurée, quand après la Messe l'infirmière vint, en toute hâte, nous avertir qu'elle paraissait s'affaiblir d’une manière effrayante. En effet, nous la retrouvâmes presque sans mouvement ; aux questions que nous lui fîmes, elle répondit : "J'ai bien sommeil, et n'ai besoin que de dormir » telles furent ses dernières paroles. Elle conserva cependant sa connaissance et nous pûmes lui faire recevoir l'extrême-onction. Peu de temps après elle rendit son dernier soupir, si paisiblement qu'à peine avons-nous pu le saisir.

La mort a semblé respecter sa dépouille; aucune altération ne parut sur ses traits, qui semblaient au contraire, prendre une expression de jeunesse.

 

 

La vie si édifiante et la mort si douce de notre bien-aimée Sœur Marie des Anges nous donnent la confiance qu'elle a déjà reçu sa récompense, mais les secrets de la divine justice sont impénétrables. Nous vous prions donc de lui faire rendre au plus tôt les suffrages de l'Ordre. Par grâce, une communion de votre sainte communauté, une journée de bonnes œuvres , et l’indulgence du Chemin de la Croix. Elle en sera reconnaissante, ainsi que nous, qui avons la grâce de nous dire en union avec vos saintes prières.

Ma Révérende et très-honorée Mère,

Votre très humble sœur et servante,

Sœur Marguerite-Marie du Cœur de Jésus

R.C.I.

De notre monastère du Saint-Enfant Jésus et de notre Sainte Mère-Thérèse , des carmélites de Montauban, le 18 Décembre 1892.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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