Les malheurs du temps   



 

 

Les malheurs du temps

 

Les malheurs  accompagnent la vie des hommes ; Ils appartiennent à la chronologie des individus et des communautés : «  le temps des malheurs », en alternance avec d’autres moments plus heureux ou paisibles.

Avec « les malheurs du temps », on situe les particularités de périodes, comme aussi d’une certaine fatalité avec le retour régulier des désastres de toutes sortes qui ont accompagné la marche de l’humanité à travers les âges. La vie est un don, mais aussi un combat contre toute forme d’adversités minant la vie. Les hommes ont inlassablement été animés d’une énergie pour assurer la vie. Ils n’ont pu le faire qu’ en oeuvrant  ensemble.

 

Il s’agit  des évènements véhiculant la violence collective des hommes, luttes armées de partis,

Les épidémies : peste, choléra [maladies touchant les gumeins et celles touchant le bétail]

les  effets du temps : grand froid, sécheresse,  pluies, orages destructeurs, inondations

les temps de disette

autres fléaux : 

A ce tableau, il faut ajouter toutes les guerres qui réclamèrent des soldats, comme aussi toutes les formes de dévastation dues aux guerres  et combats qui  se déroulèrent dans  le pays Villemurois : meurtres, violences,  destructions de maison,  de récoltes, incendie de biens et de récoltes, rapine, etc… Cela va des temps les plus reculés qui nous soient connus aux  tueries de la seconde guerre mondiale : La Magdelaine [le jeune Paul Futter], Le Born… avec tout près de nous Buzet, Villaudric.

 

Année

Violences destructrices

épidémies

grands froids

disettes

Inondations

Et autres fléaux

 

1209

Lundi 22 juin

Les habitants de Villemur mettent le feu à la ville  par crainte des croisés.

 

 

 

 

1348

 

Peste arrivée en France en 1347, à Toulouse en 1348,  on estime que la moitié de la population en périt

 

 

 

1436

Pendant la guerre de cent ans,

Villemur est prise par la compagnie de Rodrigo de Villandraut comte de Ribadéo

 

 

 

 

1522

 

 

 

 

crues

7 novembre

La rivière emporta les moulins

1566

 

 

 

 

crues

13 octobre

1573

 

 

 

 

crues

1592

octobre

Siège de Villemur par Scipion fde Joyeuse

 

 

 

 

1609

 

 

 

 

crues

11 novembre

1629

 

Peste en 1628 à Toulouse, en 1629 à Bondigoux

 

 

 

1652

 

 

 

 

crues 24-25 juillet

 

 

 

 

 

 

1709

hiver

 

 

grand froid  

(sur tout le pays)

 

[moulins emportés]

1712

 

 

 

 

[maladie contagieuse sur le  bétail de labour]

1766

 

 

 

 

crues  18 septembre, puis 15-20 novembre – les eaux s’élèvent de 16 cm et pénètrent à l’intérieur de la ville. Le niveau de

cette crue a été gravé. sur une pierre. Les tours aux portes de la ville s’effondrèrent

1772

 

 

 

 

crue plus importante encore – jeta à bas la plupart des murs des quais

1788

hiver

 

 

 

 

[la débacle emporte la digue-chaussée ; disparition du moulin du Pas]

1808

 

 

 

 

crue

1830

 

 

gel – le 1er janvier   Germain Galan passe le Tarn sur la glace à Port-haut ave 2 charettes

 

 

1930

 

 

 

 

Grandes crues : nuit du 3 mars 1930 – 6 morts, 52 immeubles détruits

1990-2010

 

 

 

 

[désastre industriel – fermeture d’entreprises, réduction considérable d’emplois  (Brusson, Molex) ]

 

Inondations

 

-

- 1709 –

Froid dans tout le pays (Versailles compris) - le vin gèle dans les tonneaux , les arbres fruitiers  et la vigne sont décimés. La famine et les maladies font de nombreuses victimes.[AVH]

L'hiver de 1709, sans doute le plus cruel de notre histoire fut d'une rigueur extrême dans tout le pays. A Versailles, le vin gelait sur la table du roi. Notre région ne fut pas épargnée. On trouve sur les registres paroissiaux de Virlebrumier une relation très précise et réaliste de ce froid exceptionnel qui débuta le 7 janvier. .La température était si basse nous dit le chroniqueur, la couche de neige si épaisse et si générale que les perdrix se laissaient capturer sans difficulté et que les pigeons, ne trouvant pas d'eau pour boire, périrent en grand nombre. La chute de neige fut suivie d'une période de froid extraordinaire. Tout gelait dans les maisons, quelques précautions que l'on prit : le vin gelait dans l'es tonneaux ; le pain que certains plaçaient entre deux « couettes » pour le protéger gelait quant même. Les chênes, en grand nombre se fendaient sous l'effet du gel. La plupart moururent cette année-là ; d'autres, tarés, disparurent dans les années qui suivirent. Noyers, figuiers, amandiers périrent en totalité. Quelques rares cerisiers et pommiers survécurent pendant quelques années puis moururent des nécroses profondes causées' par le froid. Seules les vignes basses, protégées par la neige ne gelèrent qu'en surface. Taillées à ras de terre, elles repoussèrent ensuite *, mais il n'y eut guère de vin pendant plusieurs années. Durant une courte période, le temps se radoucit. La neige fondit, mais les blés qu'elle ne protégeait plus moururent lors d'une nouvelle offensîve de froid. Pendant 2 ans, le froment fut rare et très cher : jusqu'à 20 et 22 livres le sac.

Les registres paroissiaux signalent qu'à la fin de l'hiver, on sema, à la place des blés gelés,

 

- les 18 septembre et 15-20 novembre 1766 (les eaux s'élevèrent de 16 m),

 Les eaux s'élevèrent de plus de huit toises au-dessus de l'étiage et pénétrèrent dans l'intérieur de la ville jusqu'à la hauteur de cinq pieds et demi. Un certain noifflire de maisons furent renversées ou à peu près détruites, un plus grand nombre plus on moins endommagées. Les tours des portes Saint-Jean et Notre-Dame furent mises en ruines, et, à la suite de ce sinistre, on substitua les simples piliers en briques aux anciennes portes de la ville [Sevène p.145].

- hiver 1772, (crues les plus terribles : les eaux s'élevèrent de 1 pied de plus qu'en 1766)

cette inondation détruisit, ébranla on endommagea nu grand nombre de maisons et nécessita la reconstruction d'une - grande partie des murs des quais.[Sevène p. 145].

-hiver 1788 (en 1789, la débâcle des glaces rompit la digue-chaussée des moulins)

l'hiver de 1788 à 1789 fût très rigoureux. Le Tarn est gelé.  Barthélemy Galan passe sur la rivière gelée  avec deux charrettes le 1er janvier 1789. La misère d'une partie de la population obligea la communauté à intervenir pour assurer la subsistance des nécessiteux et, dans ce but, à créer des chantiers de travail, à faire des achats de grains, à fournir du pain à prix réduit. Au mois de janvier 1789, la débâcle des glaces sur la rivière rompit la digne des moulins. Cet accident fut suivi de la reconstruction en regard du moulin de la rive droite de celui de la rive gauche, qui était, auparavant, lu lieu-dit le Pas [Sevène p. 145].

-en 1808,

- puis l’inondation du 3 mars 1930.  

Les inondations  ont eu pour tragique bilan : 6 victimes,  52 immeubles détruits ou gravement endommagés, le pont emporté.

 

Ces crues du Tarn (los aïgats)  sont restées mémorables, tant les dégâts furent chaque fois considérables. Et notamment la toute dernière en 1930.

cf Marcel Peyre, op. cit., p.40-41

 

Maladies contagieuses

les hommes

peste

 

 

La peste noire

Le fléau atteint Toulouse dans l’été 1348, Montauban l’année suivante

La terrible peste noire appelée souvent aussi par les contemporains « mal caut » (mal chaud) fut apportée d’Asie par des navires génois. Elle se déclara en Sicile à leur escale (octobre 1347), et de là gagna l’Italie, la France méridionale et finalement l’Europe entière où elle fit périr peut-être uj tiers de la population. Le fléau atteint Toulouse dans l’été 1348, puis  Montauban

L’individu touché par le mal, après l’apparition de bubons sous les bras et aux aines, voyait avec effroi, son corps devenir entièrement noir ? Et la mort était rapide

p.73, par Jean-Claude Fau in Histoire de Montauban dir. Daniel Ligou,Privat, 1992

 

 

 

Le culte de saint Roch, saint guérisseur de la peste et des maladies de peau, est attesté dans le Villemurois. On le relève à Bondigoux. Il y est ici devenu patron secondaire de la paroisse.

 

choléra

 

 

Le bétail

- En 1712, le pays connut de nouvelles épreuves. Une maladie contagieuse sévissant sur le bétail de labour compromit les ensemencements et mit obstacle aux charrois pour la réparation de la chaussée. La remise en état de cet ouvrage emporté en 1709 par les places sur une longueur de 30 cannes s'imposait pour rétablir l'activité des moulins qui conditionnait fa vie économique de la ville. De nouveau apparut le spectre de la famine. Les boulangers ne trouvaient pas de grain et il fallut acheter à prix d'or des céréales pour la subsistance de la population et permettre les ensemencements.

 Le conseil fit un emprunt de 1500 livres afin de pourvoir à la subsistance des pauvres.

- l’épizootie de 1774 (épidémie chez les animaux), frappant les animaux à cornes et laine. Est-ce la fièvre aphteuse ? Elle apparait a Fronton. Un cordon sanitaire ets aussitôt établi le long des paroisses de Sayrac, Magnanac  et le Terme. Un cordon de troupes monte la garde sur les routes et chemins. Ce fléau sera ainsi épargné à Villemur.

 

 

Maladies touchant l'agriculture

Divers sinistres sont à relever : par exemple l’invasion des chenilles de 1796, dévorant arbres et arbustes,

 

quant à la vigne,

il y a d’abord l’oïdium en 1854,

puis en 1878, une légère invasion de phylloxera a lieu, ensuite de mildiou  (Jusqu'à l'invasion du phylloxéra, la vigne était plantée franc de pied, c'est-à-dire sans le support d'un porte greffe - Note Marcel Peyre).

enfin en 1894, le black-rott.

 

 

Récits

 

Hiver 1709

 

L'hiver de 1709, sans doute le plus cruel de notre histoire fut d'une rigueur extrême dans tout le pays. A Versailles, le vin gelait sur la table du roi. Notre région ne fut pas épargnée. On trouve sur les registres paroissiaux de Virlebrumier une relation très précise et réaliste de ce froid exceptionnel qui débuta le 7 janvier. .La température était si basse nous dit le chroniqueur, la couche de neige si épaisse et si générale que les perdrix se laissaient capturer sans difficulté et que les pigeons, ne trouvant pas d'eau pour boire, périrent en grand nombre. La chute de neige fut suivie d'une période de froid extraordinaire. Tout gelait dans les maisons, quelques précautions que l'on prit : le vin gelait dans l'es tonneaux ; le pain que certains plaçaient entre deux « couettes » pour le protéger gelait quant même. Les chênes, en grand nombre se fendaient sous l'effet du gel. La plupart moururent cette année-là ; d'autres, tarés, disparurent dans les années qui suivirent. Noyers, figuiers, amandiers périrent en totalité. Quelques rares cerisiers et pommiers survécurent pendant quelques années puis moururent des nécroses profondes causées' par le froid. Seules les vignes basses, protégées par la neige ne gelèrent qu'en surface. Taillées à ras de terre, elles repoussèrent ensuite, mais il n'y eut guère de vin pendant plusieurs années. Durant une courte période, le temps se radoucit. La neige fondit, mais les blés qu'elle ne protégeait plus moururent lors d'une nouvelle offensîve de froid. Pendant 2 ans, le froment fut rare et très cher : jusqu'à 20 et 22 livres le sac.

Les registres paroissiaux signalent qu'à la fin de l'hiver, on sema, à la place des blés gelés, de l'orge et du millet qui donnèrent des rendements extraordinaires pour l'époque. Le chroniqueur parle de 9 et 10 sacs pour une rasée, ce qui, exprimé en unité de mesure actuelles représente des rendements de 45,,à 50 quintaux à l'hectare. Ceci paraît incroyable. Ce terrible hiver de 1709 présente une troublante analogie avec celui de 1956. Cette année là aussi les céréales de printemps et le maïs donnèrent des rendements exceptionnels. Dans les deux cas, l'abondance des récoltes s'explique par l'alternance du gel et du dégel qui avait fait subir à la terre sur une importante profondeur une façon culturale naturelle, parfaite, uniforme ... et gratuite.

 

La vague de froid dura environ 3 semaines. La glace qui, sous une épaisseur de 2 ou 3 pans couvrait la rivière, commença à fondre. La débacle des glaces impressionna fort les riverains. Le chroniqueur la relate en ces termes : « Le 23, jour de mercredi, vers 9 heures du soir, la glace se rompit et commença à descendre avec tant d'impétuosité et de bruit, qu'il semblait que la terre tremblât et qu'il y eut de grands tonnerres ». A Villemur, au dégel, les glaces emportèrent les moulins et rompirent la chaussée.

 

La famine était générale, la pénurie de vivres si grande, que l'intendant de la province fit réquisitionner l'es grains chez les propriétaires les plus fortunés pour fournir les avances nécessaires à ceux qui en avaient besoin pour ensemencer leurs terres.

 

Ce terrible hiver eut des conséquences plus tragiques encore que la disette et les dégâts matériels. La population souffrit beaucoup des conséquences d'une alimentation insuffisante, mai équilibrée et surtout carencée en vitamines par manque de fruits et de légumes frais. La mortalité dans les mois qui suivirent augmenta de façon considérable. En juillet et août, nous dit-on, toutes les nourrices perdirent le lait et ifmourut beaucoup de petits enfants. Puis la gangrène fit son apparition. Les registres nous font une description déchirante de ce mal. lis nous relatent les atroces souffrances des malades qui succombaient dans une horrible puanteur ou qui perdaient leurs membres desséchés soit naturellement, soit après amputation. On affirme avoir vu à Villemur une femme qui demandait l'aumône ayant ses deux bras secs et tout noirs ; elle les garda pfusieurs mois en cet état et puis ils tombèrent d'eux-mêmes et elle vécut plusieurs années n'ayant aucun bras. Villebrumier fut épargné par le mal mais il y eut de nombreux cas à Villemur, Villematier et La Magdelaine, beaucoup aussi autour de Montauban, Négrepelisse et Montricoux. Cette description à la fois saisissante et horrible des maux endurés par ces malheureux ne manque pas d'intriguer. La gangrène a pour origine en général une plaie, porte ouverte à ['infection. Le mai ici provient d'une autre cause ( l'agent serait le clariceps purpures). Les manifestations relatées par le chroniqueur permettent d'attribuer son origine à une moisissure contenant une toxine redoutable. Il est probable que ces malheureux avaient consommé des céréales altérées d'un lot qu'en ces temps de pénurie extrême on devait dissimuler jalousement, peut être dans une cave ou une cache dans une atmosphère humide favorable au développement des moisissures. L'intoxication se traduit par des accidents de la circulation consécutifs à la contraction des artères. Il en résulte, pour les nourrices l'a perte de lait par irrigation insuffisante de la mamelle. Les parties du corps situées aux extrémités, les membres, ne recevant plus qu'un afflux de sang insuffisant peuvent, soit s'infecter, soit se dessécher et même se détacher du corps.

 

Ces intoxications étaient courantes au Moyen Age et provenaient du même agent localisé dans l'ergot du seigle, un champignon parasite du grain de cette céréale. Ses manifestations étaient connues sous le nom de - mai des ardents ou de feu de Saint-Antoine en raison de la sensation de brûlures atroces ressenties par les patients.

Marcel Peyre, op. cit., p. 38-39

 

 

Pendaries de Villemur, curé de Villebrumier, consigne dans les registres paroissiaux

"Le 7 janvier 1709, il commença à glacer. La glace continua et augmenta pendant quinze jours jusqu'au 21 du dit mois.IL y eut grande quantité de neige, car depuis le neuf il neigea jusqu'au quinze inclus La neige était si générale et si épaisse que les perdrix se laissaient prendre à la main On en prenait tant, et en vérité si maigres, que l'on n'en baillait pas six liards ou deux sols la pièce . Elles périrent presque toutes et il fut défendu de tuer les rouges durant deux ou trois ans. On prenait aussi quantité d'autre gibier.Il mourut quasi la moitié des pigeons ne trouvant pas d'eau pour boire.11 y eut des pigeonniers ou de quatre vingt, à cent paires, il ne resta que trois ou quatre paires,

 

Cette grande quantité de neige fut suivie d'un froid si extraordinaire qu'il augmenta pendant quinze jours d'une telle manière que tout gelait dans les maisons, jusqu'au pain, quelque précaution que l'on prit. Le vin se gelait dans les barriques et faisait sauter le fond quand il ne sortait pas par la bonde. On ne pouvait laisser un verre plein d'eau que celle-ci se glaçat aussitôt et celle qui tombait par terre, faisait de même, quoique l'on fit du feu dans les maisons.

 

Certains mettaient le pain entre deux couettes mais il ne laissait pas de se glacer. Un jour il tomba un certain brouillard, même dans les maisons, que tous les murs et les parois de l'intérieur luisaient comme de la glace. Le froid ne glaçait pas seulement les choses liquides mais aussi les arbres. On vit quantité de chênes qui se fendaient et se crevassaient au milieu de sorte qu'il n'en résista que bien peu. Tous les noyers , amandiers, figuiers, la plupart des cerisiers , moururent , ainsi que les pruniers et quoique certains de ceux-ci survécurent et eurent des feuilles pendant plusieurs années il ne resta plus que l'écorce au bout d'un certain temps et ils furent emportés quand soufflèrent les vents impétueux.

 

Je ne dois pas oublier les vignes qui moururent presque toutes sauf celles qui étaient basses et couvertes de neige. Ilfallut les couper à ras de terre et elles repoussèrent ensuite, aussi il n ~v eut pas de vin durant cinq ou six ans. Quand la neige eut fondu les blésfurent découverts et il se leva un vent de bise qui lesfit mourir jusqu'à la racine. On fut obligé en plusieurs endroits de semer de l'orgepaumelle ou millet, là où il y avait le blé, et la récolte fut bonne: neuf sacs Pour un, en moyenne .

 

Le 22 janvier, la glace, qui était de deux à trois pans d'épaisseur, commença à fondre dans la rivière le Tarn. Le mercredi 23, vers neuf heures du soir, la glace se rompit et commença à descendre avec tant d'impétuosité et de bruit qu'il semblait que la terre tremblàt et qu'il y eut grand tonnerre. Cela écrasa le moulin de Villebrumier mais il n‘y eut pas de victime.

 

Dans le mois de juillet et aout quasi toutes les nourrisses perdirent leur lait et il mourut beaucoup de petits enfants comme par famine.

 

Outre la perte du lait des nourrisses, il y eut pendant plusieurs mois, à compter de juillet, dans plusieurs lieux un mai de pieds et jambes qui, outre la douleur très aigue et très grande puanteur, pourrissait tellement la chair et les os que, si l'on ne procédait pas à l'amputation, les pieds les bras et les jambes tombaient d'eux-mêmes et certains se trouvèrent sans bras ni jambes. A Villemur une femme qui demandait l'aumône avait les deux bras morts secs et tout noirs ; elle les garda plus d'un mois , ensuite elle se les fit ôter ou ils tombèrent d'eux-mêmes, elle vécut plusieurs années. Ce mai ne vint pas à Villebrumier mais il y en eut à Villemur et beaucoup à Villematier et à La Magdeleine autour de Montauban et surtout à Nègrepelisse et à Montricoux. "

Camille Trégant, Varennes, p. 117-118

 

 

"Le sept juin 1712 sur les trois heures du soir il y eut un si grand orage et il tomba une si grande abondance de pluie que de mémoire d'homme on n'en avait vu de pareille au point que le pont appelé des Pountousfut retourné et emporté par l'eau, la moitié du chemin de Villebrumier à Villemur fut éboulé quantité de vignes le long de ce chemin furent englouties ensevelies sous terre ou emportées par la rivière. Le pont des Pountous ne fut rebati qu'en 1714 et parachevé en 1716. "

le curé Pendaries de Villebrumier cité par Camille Trégant, Varennes, p. 118

 

-les 18 septembre et 15-20 novembre 1766 (les eaux s'élevèrent de 16 m),

 Les eaux s'élevèrent de plus de huit toises au-dessus de l'étiage et pénétrèrent dans l'intérieur de la ville jusqu'à la hauteur de cinq pieds et demi. Un certain noifflire de maisons furent renversées ou à peu près détruites, un plus grand nombre plus on moins endommagées. Les tours des portes Saint-Jean et Notre-Dame furent mises en ruines, et, à la suite de ce sinistre, on substitua les simples piliers en briques aux anciennes portes de la ville [Sevène p. 145].

 

-hiver 1772, (crues les plus terribles : les eaux s'élevèrent de 1 pied de plus qu'en 1766)

cette inondation détruisit, ébranla on endommagea nu grand nombre de maisons et nécessita la reconstruction d'une - grande partie des murs des quais.[Sevène p. 145].

 

-hiver 1788 (en 1789, la débâcle des glaces rompit la digue-chaussée des moulins)

l'hiver de 1788 à 1789 fût très rigoureux. La misère d'une partie de la population obligea la communauté à intervenir pour assurer la subsistance des nécessiteux et, dans ce but, à créer des chantiers de travail, à faire des achats de grains, à fournir du pain à prix réduit. Au mois de janvier 1789, la débâcle des glaces sur la rivière rompit la digne des moulins. Cet accident fut suivi de la reconstruction en regard du moulin de la rive droite de celui de la rive gauche, qui était, auparavant, lu lieu-dit le Pas [Sevène p. 145].

 

En janvier 1789, Germain Galan note dans son cahier :

 « Cette année il y a eu une grande gelée, que la glace avait 15 pouces (40 cm) d'épaisseur dans la rivière du Tarn. Cela a duré environ 1 mois. Le 10 janvier, il est venu 5 à 6 pans d'eau sur la rivière qui ont amené la glace et plusieurs bateaux s'en sont allés avec la dite glace. Cela a surpris tout le monde à rapport que c'est arrivé à  une heure après minuit. La dite glace a emporté la chaussée de Villemur, environ soixante cannes (135 m) et pour lors, le vicomte de cette ville a fait construire un moulin de l'autre côté de la rivière avec l'écluse à côté et la chaussée en briques aussi ».

 Le même témoin, arrivé à un âge avancé note encore, cette fois en 1830 :

 « Le 1" janvier, moi Germain Galan, je suis passé sur la glace à Villemur à Port haut avec 2 charrettes de M. Savières dit Patabel ».

Marcel Peyre, op.cit., p. 39-40

 

-en 1808,

puis l’inondation du 3 mars 1930.

Ces crues du Tarn (los aïgats)  sont restées mémorables, tant les dégâts furent

chaque fois considérables. Et notamment la toute dernière en 1930.

cf Marcel Peyre, op. cit., p.40-41

 

 

Les morts des guerres

 

à venir

 

communauté

Soldats morts pour la France

 

Villemur

1914-1918 :

1939-1945 :

Magnanac

1914-1918 :

1939-1945 :

Sayrac

1914-1918 :

1939-1945 :

Le Terme

1914-1918 :

1939-1945 :

Bondigoux

1914-1918 :

1939-1945 :

La Magdelaine

1914-1918 :

1939-1945 :

Layrac

1914-1918 :

1939-1945 :

Le Born

1914-1918 :

1939-1945 :

Mirepoix

1914-1918 :

1939-1945 :

Villematier

1914-1918 :

1939-1945 :

 

 


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