les lieux de la bataille   



 

 

les lieux

 de la bataille

 

19 octobre 1592

 

Joyeuse avait disposé ses hommes sur les 2 rives du Tarn, reliées par un pont de bateaux. Les toulousains impatients d’enlever la citadelle de Villemur aux religionnaires  et d’ouvrir un accès facile sur Montauban encourageaient Joyeuse, ne lui ménageant ni provisions de bouche, ni munitions de guerre. Malgré le conseil officieux de Thémines lui-même, et l’opposition de ses frères le capucin Ange  de Joyeuse et le cardinal François de Joyeuse, archevêque de Toulouse, le duc tenta un assaut définitif le 19 octobre 1592.

 

Prise entre deux corps de troupes,

-   l’un placé à l’orient de Villemur, près d’une forêt qui coupait le passage

l’autre commandé par Thémines, faisant irruption hors de la ville, l’armée des catholiques, imprudemment engagée se débanda et perdit environ 2.000 hommes.

La défaite fut désastreuse pour le parti ligueur toulousain dont Joyeuse, avec sa réputation de haute bravoure, était l’orgueil et l’espérance. Il succombait devant Thémines. Or selon le mot de Lafaille :  «  le siège de Villemur était devenu un siège de réputation ».

 

Un espace assez restreint se développe entre le Tarn et les coteaux, sur la rive droite, tout  près de la ville. C’est sur ce périmètre étroit que furent poussés pêle-mêle, dans le feu de l’action huguenots et catholiques. Ceux-ci, désemparés – et au milieu d’eux Joyeuse qui fut superbe de vaillance et de courage malheureux – essayèrent de passer sur la rive opposée, soit à l’aide du pont de bateaux, soit à la nage. Joyeuse et bon nombre de ses soldats furent noyés.

 

Particularités inédites du siège de Villemur - Présentées par M. l’abbé Jean Lestrade, 1903

   Nous présentons ici,  avec son autorisation,  le plan  de la bataille établi par Jean-Claude-Marie François de l'AVH pour l'exposition 2012. Avec notre reconnaissance [20/04/2013].

 

      bataille de villemur, figure 1 © JCM François             bataille de villemur, figure 2 © JCM François

 

 bataille de villemur, figure 3 © JCM François                   bataille de villemur figure, 4 © JCM François

 

 bataille de villemur figure, légendes © JCM François                 bataille de villemur, synthèse © JCM François

Le livre terrier dressé en 1779 pour la reconnaissance des rentes foncières seigneuriales (Arch. de la mairie de Villemur) donne le nom de « valat bataillé » à la voie publique qui, s'ouvrant sur le quai Saint-Jean, longeait l'enclos des Pères capucins à l'époque de la confection de ce livre et fait actuellement accéder au quai Saint-Jean les routes du Born et des Filhols. La dénomination donnée par ce document à la voie dont il s'agit et sa situation donnent tout lieu de présumer qu'elle occupe l'emplacement de l'un des retranchements qui furent disputés en 1592.

Sevène - notice sur Villemur page 39

les condomines - camp de Joyeuse (principal quartier).

« Les Condomines » sur la rive droite du Tarn, en aval de la ville :  espace - au-dessus du cimetière - compris entre la rue de la briqueterie et la route des Filhols (plans). La terre des Condomines descendait en fait jusqu'au bord du Tarn. Un port dénommé des Condomines se touvait là, propice à certains embarquements (bois). Il y eut une terre des Condomines, longtemps bien communal - il en était encore ainsi à la fin du XIXe siècle.

Joyeuse occupait les 2 rives du Tarn. Un pont de bateaux joignait les 2 rives.

 

         

 

Notes  du rédacteur

- les camps du duc de Joyeuse se situent au quartier St Jean des 2 côtés du Tarn [espace après le cimetière  les condomines rive droite et  le long de la côte du Born],

-  les armées des Royaux  venant de la vallée du Tescou (Saint-Nauphary), arrivant sur le plateau du domaine de la forêt, après le Born, attaquant et faisant reculer les armées de la ligue,

- les  réfugiés de la ville sortant et prenant en tenaille les troupes de la ligue,

- les ligueurs, pris en tenaille, n’ayant pas d'autre solution que de repasser le pont de bateaux à hauteur du cimetière, dans la précipitation.

 

 

 

 

La bataille de Villemur, vue et analysée  en 2008

 

« Sur le déroulement même du siège, nous ne savons que peu de chose. Il se résolut dans une bataille finale que les royaux livrèrent le 19 octobre au petit jour. Si  Villemur était visé par Joyeuse, c'était la place montalbanaise qui tirait les fils de la mise en défense. Son gouverneur, Pons de Lorière, seigneur de Thémines, cherchait à polariser sur la petite ville du Tarn l'ensemble des effectifs militaires qu'il put faire venir en Haut-Languedoc. En juillet 1592, il dut le salut de la place à l’armée du duc d'Épernon alors de passage. En octobre, il remporta la victoire décisive grâce au rassemblement extraordinaire de forces dont il bénéficia. Montmorency-Damville envoya près de 3000 soldats commandés par ses fidèles colonels Lecques, Chambaud et Montoison. Si Matignon ne put répondre à cet appel, le gouverneur d'Auvergne vint avec quelques gendarmes et arquebusiers. Dans un camp comme dans l'autre, l'entreprise sur Villemur fut un temps d’intense concentration militaire, la bataille par laquelle il s'acheva n'étant de fait qu’un prolongement logique à cette convergence de forces sur ce petit périmètre. Le combat fut décidé par les royaux et consista à une prise en tenaille par surprise de l’armée adverse. Au petit matin du 19 octobre, l'avant garde des royaux commandée par le gouverneur d'Auvergne contourna le terrain d'opération par la forêt et surprit les avant-postes de Joyeuse qu'il renversa sans grande résistance. La bataille et l'arrière-garde de Lecques et Chambaud sortirent alors de la ville et prirent à revers le duc de joyeuse qui organisait la résistance ; il chercha à joindre ses positions d'artillerie en attendant l'arrivée de sa cavalerie qui campait imprudemment loin, mais en traversant le Tarn, le pont de bateau se rompit et il fut  happé par le courant ; le poids de son armure fit le reste. La débandade des Ligueurs fut alors totale : cette armée mal payée et recomposée au terme de cinq mois de campagne s'évanouit dans la nature, abandonnant armes, artillerie, vivres et chevaux. »

 

Souriac Pierre-Jean, Une guerre civile, affrontements religieux et militaires dans le Midi Toulousain (1562-1596), Ed Champ Vallon, coll  Epoques, fin octobre 2008, p. 261

 

 

 

 

 

On considère que la tête de pont de bateaux se situait à hauteur de Grèse

 


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