les fêtes religieuses et le temps liturgique   



 

 

les fêtes religieuses 

& l'année liturgique

 

Le  Carême

 

Le carême comprenait

-         les pratiques de Carême[1] de pénitence : le jeûne et l’abstinence, tels qu’ils étaient codifiés alors (cf ci-dessous),  jeûne et abstinence (sous peine de ‘’péché mortel’’ (rituel 1839 Paris… mais approche et obligation graduée selon les situations des personnes[2])

*Quant au jeûne[3] : « tout le carême excepté le dimanche pour toute personne n’ayant pas 21 ans, qui n’en est pas légitimement dispensée »

*quant à l’abstinence, c’est à dire l’ abstinence de viande - pour tous - du mercredi des cendres au samedi saint inclus, interdiction de l’usage de la viande, de tout aliment gras - même si des accommodements existaient (dispenses et assouplissements),

ainsi le carême présentait des pratiques repérables ;

-         les 4 temps : mercredi, vendredi, samedi 24, 26-27 février [pas d’apparition le vendredi] – jours pénitentiels pour y vivre une attitude d’offrande et de consécration (du printemps) : comprenant le jeûne,

-         ce que l’Eglise disait à haute voix pour accompagner ces pratiques (par ex : ce que le rituel prescrivait comme annonce ou comme pratique de piété à mettre en œuvre durant le carême.  Ainsi la lecture et l’explication du canon du 4° concile de Latran au prône de la messe paroissiale du 4° dimanche de Carême, 

-         les dévotions : deux particulièrement

* les exercices du chemin de la croix exercice qui s’est développé en France surtout après la révolution [voir notre présentation – page  sur les dévotions], ardemment recommandé par l’autorité ecclésiastique. 

* les 40 heures - exercice né au XVI° consistant à une présence permanente  auprès de l’eucharistie exposée dans l’ostensoir, les 40 heures précédents l’entrée en Carême, le mercredi des Cendres [le dimanche de la quinquagésime, le lundi et le mardi gras]. Elles visent à se préparer à entrer en pénitence ; elles ont aussi une signification réparatrice (cf  le carnaval). 40 heures se référant à l'origine de la dévotion aux 40 heures qui séparent la mort du Christ de sa résurrection [cf symbolique du chiffre 40 : traversée].

Les chrétiens étaient invités à méditer quotidiennement sur les souffrances et a passion du Christ.

 



[1] Un temps et une pratique : 40 jours et le temps de la sexagésime qui précédait. Il sera présenté plus en détail ultérieurement.

[2] Des dispenses existent – à Tarbes en 1858 : «  Ceux qui bénéficient des dispenses des art 3 et 4 s’acquitteront d’une offrande de 10 sous par personne à partir de 10 ans ». – Tarbes 1858 : « art 1 -ceux de nos diocésains qui sont dans l’habitude de faire leur repas à 4, 5 ou 6 h du soir, satisfont à la loi du jeûne en faisant la collation vers les 11 h du matin ».

[3] faire un seul repas après 15 h et une légère collation  le soir tolérée –Tarbes : mandement 

 

 

 

Règles du Carême

 

Le jeûne est obligatoire tous les jours de Carême, excepté les dimanches.

 

La viande est prohibée

1° les mercredis et vendredis du carême, à tous les repas ainsi que le samedi des quatre-temps,

2° les 4 derniers jours de la semaine sainte, à tous les repas,

3° tous les jours de jeûne à la collation.

Elle est permise

1° le dimanche, à tous les repas

2° les lundis, mardis, jeudis et samedis, au repas principal jusqu’au mardi saint inclusivement.

 

La graisse est prohibée à tous les repas le jeudi saint, le vendredi saint et le samedi saint.
Elle est permise à tous les reps jusqu’au mardi saint inclusivement.

 

Les œufs sont prohibés les 2 derniers jours de la semaine sainte, même au repas principal.[NDLR la collecte des oeufs de Paque dans les campagnes trouve là sa source : ces oeufs disponibles, exclus de l'usage alimentaire]

Il sont permis tous les autres jours, même pour la collation.

 

Le lait, le beurre et le fromage sont permis tous les jours de carême, et à tous les repas sa,ns exception.

 

Le poisson est prohibé tous les jours de carême dans les repas où l’on use de la viande, même le dimanche.

Il est permis tous les jours de carême sans exception, pourvu qu’au même reps on n’use pas en même temps de viande et de poisson.

 

Nota : les fidèles légitimement dispensés de jeûne peuvent, à tous les repas, user des permissions données pour le repas principal à ceux qui sont obligés de jeûner.

Semaine Catholique de Toulouse (1888, 1898).

 

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 l'adoration perpétuelle

Née à la fin du  XVI° et au début du XVII° [Rome], l’adoration perpétuelle se présente comme une extension des 40 heures (voir à Carême) – une adoration solennelle se poursuivant toute l’année, chaque jour sans interruption, d’église à église. Restaurée après la révolution, existant  à Rome en 1810, à Paris en 1851. En 1896, 75 diocèses de France l’avaient adopté pour le jour.

 

Date de la journée d’adoration perpétuelle 

dans le doyenné de Villemur (dates de 1956, comparées avec 1880-1890)

 

Villemur

8 mai

[et le 17 septembre à l'hospice]

Le Terme

2 mai

Magnanac

13 janvier

Sayrac

15 novembre

Villematier

19 mai

La Magdelaine

7 décembre

[précédemment placée le 16 juin]

Mirepoix

11 septembre

Layrac

6 août

Bondigoux

30 janvier

Le Born

19 octobre

[précédemment placée le 9 septembre]

Le matin une messe solennelle à laquelle participaient des prêtres voisins (ou amis du curé), le doyen de Villemur était présent. Un prêtre du doyenné ou invité assurait la prédication [le sermon]. Le Saint Sacrement était exposé - dans l'ostensoir, placé au-dessus de l'autel -au long de la journée et les personnes se relayaient pour assurer une présence permanente.

Dans l’après-midi, les vêpres clôturaient la journée avec le salut et la bénédiction du Saint-Sacrement.

Le curé gardait ses confrères la journée et à sa table à midi (cf les repas d’adoration).

 

Le manuel liturgique à l’usage du diocèse de Toulouse – Cardinal Mathieu, 1899 – page 553

"Le dimanche précédent, il faut annoncer en chaire la fête de l’Adoration ; indiquer l’heure des offices, exhorter les fidèles à s’approcher des sacrements de Pénitence et d’eucharistie et faire connaître les indulge,nces qu’on peut y gagner – plénière pour ceux qui communient.

Pendant 3 jours on prélude à cette fête par des exercices préparatoires. On les termine chaque soir par la bénédiction avec le saiint ciboire.

La veille, à midi et le soir, le son des cloches annoncera la fête. L’église sera parée comme aux plus grandes solennités. Les ecclésiastiques auront soin de donner bon exemple en venant dorer le Saint-Sacrement.. Les confréries seront invitées à envoyer à tour de rôle 2 de leurs membres, et autant que possible on dressera à l’avance des listes d’adorateurs.

Le Saint-Sacrement exposé le matin à 6 ou 7 h selon la saison demeurera  sur le tabernacle jusqu’au déclin du jour". [NDLR L’exposition commence au terme d’une messe basse célébrée de bon matin. La messes solennelle du Saint Sacrement est chantée].

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