le prénom de baptême au XVIII°   



 

 

le choix du prénom de baptême

 au XVIII°

 

Au sujet des prénoms de baptême[1] et des baptêmes.

 Les remarques suivantes concernent principalement la fin du XVII° et la première moitié du XVIII°

 

Le choix du prénom peut souvent correspondre à celui du parrain et de la marraine. On sait que qu’il n’est pas exceptionnel de voir certains prénoms se répète, ex  Jean, Jean 2° de nom, Jean 3° de nom ; idem avec Antoinette  – même si le décès de l’un de ceux-ci n’est pas intervenu.

Bien sûr le décès d’un enfant peut conduire à redonner le prénom de celui-ci (parfois avec le mêmes parrain et la même marraine).

 

Une série de  prénoms caractérisent et identifient des familles et leur parenté (parrain/marraine). Ainsi, ces réseaux familiaux se repèrent, par ces transmissions de prénoms, dans un espace géographique  plus vaste, et  favorisent la migration du prénom.

 

On relèvera aussi des prénoms en rapport avec le saint patron  de la paroisse : les seules paroisses où cela soit vérifiable sont Layrac avec Blaise, Le Born et Sayrac avec Foy, exceptionnellement Julitte [et non Juliette]à Mirepoix Les autres paroisses se prêtent moins à ce repérage, ayant pour saint patron : Pierre (Villematier et Magnanac), Etienne (le Terme), Michel, (Villemur), Madelaine pour Marie-Madelaine (La Magdelaine), prénoms d'usage assez commun, appartenant au fond disponible. Orens à Bondigoux ne semble pas conditionner le choix du prénom, sauf exception.

 

Certains prénoms viennent de quelques prénom d’un  notable choisi pour parrain ou marraine : ex Lucrèce. Ce notable peut être noble, bourgeois, marchand, officier public, prêtre. Le curé  est parfois sollicité pour parrain, mais le plus souvent il s’agit des nobles et  grands propriétaires comme à Bondigoux (Blazy) ou de marchands comme à Layrac [on est surpris par le nombre de marchands résidants à Toulouse, ayant pied à terre  à Layrac, présents dans les actes]

 

D’autres prénoms trouvent dans un village un espace délimité et unique sans qu’on sache exactement pourquoi et par qui. On constate sa diffusion par parenté et parrainage : ex Fortis à Layrac porté par des membres des familles  Brégail, Jouve, Roques.

 

Par contre des prénoms s’installent aussi  provenant  de venues d’un village et de son Saint patron, ex : Martin, patron de plusieurs paroisses des coteaux de Rabastens. De même les paroisses des confins de l’Albigeois  exportent Cécile – patronne du diocèse d’Albi ou telle sainte vénérée localement dans ce diocèse, ex : Martiane, ou Salvy. Il en sera de même plus tard avec le culte de Ste Germaine dans l’espace toulousain : Germain ou Germaine.

 

 

Jean, Pierre, Guillaume, Antoine, Raymond, Arnaud, François, Bertrand, Salvi,Jacques, Barthélemy, Louis, Bernard  sont les prénoms les plus répandus pour les garçons fin XVII° et au XVIII°. IL y a aussi : Gabriel, Michel, Georges, Jérôme, Henry…

et Jeanne, Marie, Antoinette, Guillaumette (et variantes), Catherine, Anne, Perrette ou Peyronne Raymonde, Barthélemie (et variantes),  Marguerite, Salvie, Cécile, Françoise  les plus donnés aux filles. Il y a aussi Marthe, Claire, Martine, Elisabeth ou Isabeau.

A cette période,  il y a occasionnellement un prénom double avec Jean ou Jeanne comme premier prénom, usage exceptionnel dans les villages.

 

 

Les apôtres  constituent un réservoir premier :   Pierre, Jean, Jacques, Philippe, Barthélemy, Thomas, André. Moins usités : Mathieu et Simon ;  peu présents : Jude.  Quant aux évangélistes : Marc et Marque (pour les filles au XVII°) est seul usité.

Nous avons noté que 2 archanges sont aussi souvent retenus comme protecteurs : Michel et Gabriel.

 

Au sujet des baptêmes on relève un détail fréquent dans la lecture des actes, à savoir que les Saintes-Huiles n’ont pu être données au cours de mois de mars/avril  (onction postérieure qui suit le don de l’eau du baptême – ablution baptismale), le prêtre n’ayant encore pris au doyenné  (i.e. avant la révolution, à  l’archiprêtré de  Roquemaure pour le diocèse de Montauban, et à l’archiprêtré de Montrastruc pour le diocèse de Toulouse) les Saintes-Huiles, nouvelles, consacrées par l’Evêque le Jeudi-Saint.

 



[1] Il s’agit d’observations empiriques et non d’une étude statistique, méthodique.


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