LE BORN   



 

 

LE BORN

                                           

                                              Photo crédit paroisse Villemur

voir autre page sur Le Born

 

 paroisse

Diocèse

 civil

(au sein des Sénéchaussées)

Diocèse ecclésiastique

avant 1803

 

Saint Patron

Patronage

Possession de

LE  BORN

A pour annexes

Fraysse

La Rouquette

 

MONTAUBAN

MONTAUBAN

Ste Foy de Conques

 Chapitre cathédral

de Montauban

[1/2 dîme]

                   

On rencontre comme dénominations : Bornum (1060), Borgn (1269), bastida de Born (1271),

Borno (vers 1317), Bornim (1352), ecclesie de Borno (1500).

L'étymologie renvoie à ''limite'' ? ''source'' [allemand brüne] ? anthroponyme germanique ? Pour Dauzat et Nègre, Born viendrait d’un mot allemand brüne : ''source, puits'' [provenance celtique : trou, cavité naturelle, gauloise ; caverne, abreuvoir, latin  borna: source, trou d´eau] – donc localité riveraine d’une source ; pour d’autres, il s’agirait d’un  anthroponyme germanique Borno. D’autres, encore, avancent que le nom  viendrait en fait de sa localisation car, situé en Haute-Garonne, il est également limitrophe avec les départements du Tarn et du Tarn-et-Garonne, c'est un "village-borne" (diverses publications). Village borne peut-être, mais davantage entre le Quercy et le Pays toulousain, au risque autrement d’entretenir un anachronisme… Quant aux limites du Quercy, elles se situent, en effet,  le long du Tescounet, 15 km plus haut, au pied de la Salvetat-Belmontet et de Monclar-du-Quercy. Le Pays des Cadurques comprenait en particulier les canton de Monclar et de Villebrumier, à l’exception la rive gauche du Tescou, qui relevait des Tascons.

 

L'église est sous la titulature  de sainte Foy, vierge et martyre (6 octobre)

Avant 1317, le Born appartenait au diocèse de Toulouse (archidiaconé de Villemur ou Cant) ; de 1318 à 1790 il est dans  diocèse de Montauban, et depuis 1790  dans le diocèse de Toulouse.

La dîme était perçue par le chapitre cathédral de Montauban – mense St Martin [1/2 dîme] et le curé (cf. 1790).

Le droit de nomination à  la cure appartenait à  Mgr l’Evêque de Montauban.

Le Seigneur temporel est M. le marquis de Tauriac, seigneur de Tauriac, Beauvais, Montvalen le Born au XVIIIe siècle, après avoir dépendu d’abord de la baronie de Villemur, puis de la vicomté ; c’est le Comte de Belle-Isle, vicomte de Villemur, qui en 1720, aliène les seigneuries de Montvalen et du Born, y compris la justice, en faveur du marquis de Tauriac.

Le Born dépend encore  de la Vicomté de Villemur en 1596.

La Born est un consulat. L’altitude du village est de 208 m.

 

Le village semble s’organiser, autour de l’église, dans une structure assez lâche.

 Le Born, pense-t-on, présente un site d’occupation ancienne, par sa position sur les coteaux entre la vallée du Tarn et celle du Tescou. Sans doute doit-il à cette position son maintien particulier. On relève une occupation des lieux antérieurs, avec deux sites préhistoriques.  D’ailleurs parmi les peuplades gauloises se partageant le sol occupé aujourd’hui dans le Tarn-et-Garonne se trouvaient les Tasconi qui en tenaient des deux côtés du Tescou, les Cadurques se situant au-dessus (Monclar) et au-dessous (Villebrumier).

 

Le Born dans l’Histoire

 

1270

La première mention connue de la communauté du Born (Borgn) se trouve dans la correspondance administrative d’Alphonse de Poitiers, et date de 1269  pro alberga nostra de Borgn.

Le Born est une des bastides mentionnées avec Sayrac et Layrac dans le saisimentum de Villamuro et bajulia ejus (1271) bastides érigées  sous Raymond VII.  bastida de Born. Elle  appartient aux bastide de Raymond VII [1222-1249].

 

Le Born, village cathare

 

Le Born, au temps du catharisme, devient un véritable nid d'hérétiques albigeois. Il est cité comme un des foyers les plus actifs de la région avec Verlhac. Un des parfaits du Born est un des membres influents du terrefort toulousain et tarnais vers 1250. Dans les cahiers de l’inquisition : Raimond Azema. Le 22 février 1244, il raconte avoir vu, huit ans plus tôt,  Géraude Gamarre femme de Guillaume du Born apportant des affaires de couchage à deux parfaits qui avaient été trouvés en route pas loin de Roquemaure et qui ont été recueillis à la ferme d’en Prunet. Il termine son témoignage en disant que lorsqu’il était enfant, il a vu des parfaits résidant publiquement à Roquemaure, à Villemur et à Rabastens, et par tout le pays.

Le Born fait partie des quelques hauts-lieux où l’inquisition convoque des villages entiers comme dans ces mêmes villages, Montaillou, Verdun-en-Lauragais ou Prunet. « Plus de quarante personnes y furent arrêtées, et une maison ou campmas ruinée de fond en comble, lorsque les procédures inquisitoriales, paralysées un instant dans le pays toulousain, par la fermeté de quelques agents royaux, eurent repris un essor plus libre après l'excommunication du sénéchal Vidame de Pecquigny ». 

Le 24 novembre 1305, les habitants du Born et des villages voisins déposent à leur tour à Toulouse auprès du tribunal de l’inquisition, après avoir été convoqués.

Dans les sentences  de l’inquisiteur, on nous rapporte qu’une femme du Born, Jeanne femme de R. Ivernat, condamnée à porter les croix en 1307, refuse de porter ces marques infamantes et qu’elle s’enfuit. Elle sera arrêtée deux ans plus tard, mise en prison préventive et mourra en prison en 1319. Le tribunal décidera qu’elle aurait été condamnée à la prison si elle avait vécu. La densité de parfaits dans la bourgade du Born paraît être tout à fait comparable à celle de Montaillou. Bernard Barral, fils de Durand, fut en mars 1309 envoyé au mur (1 an, 3 mois). Quant à Ricarde veuve de Guillaume Domergue, hérétique jusqu’à la fin, les inquisiteurs ordonnent la destruction de sa maison. Entre 1308-1321 six croyants du Born  sont condamnés au bûcher. Au Born, comme ailleurs, les sentences de Bernard Gui sont familiales, c’est-à-dire qu’elles concernent un ensemble familial, parents et alliés. Quelque temps auparavant, Sans Mercadier, tisserand du Born, avait été reçu parmi les parfaits à Verlhac. Un parfait ne pouvait mentir. Cela constituait une chute. Le seul recours était le suicide, par la grève de la faim. Sans Mercadier est un des deux cas connus d’une telle mort.

 

On fait observer l’importance d’émigrés au Born constituant la communauté cathare, telle que confessions et sentences la font apparaître entre 1307 et 1323 : « L'élément d'émigration qui dominait dans la commune du Born, paraît avoir été un élément espagnol. La maison condamnée à périr, pour devenir un réceptacle d'ordures après avoir été un réceptacle de perfides, est appelée Domus seu campmasium yspanorum, et la majeure partie des personnes arrêtées portent le surnom d'Espanhol : Raymundus Fabri, espanhol, Guillelmus Arnaldi Fabri espanhol, Bernardus Fabri espanhol, Johanes Fabri espanhol ».

 

 

Les peines ou pénitences prononcées par l’inquisition :

*sentence capitale ou bûcher

* être envoyé  « au mur »,

peines de mur étroit (prison ferme)

   le plus souvent être emmuré vivant

peines de mur large (assignation à résidence)

* recevoir la croix : port de la croix (jaune)

Simple ou double (sur la poitrine et dans la dos).

*faire un pèlerinage

 

 

 

 

le portail

 

L’ÉGLISE DU BORN 

 

On peut situer  quatre périodes

 

1 – au moyen âge comme possession de Conques  XIe-XIIIe siècles

 

Une première mention de Sainte-Foi du Born ne porte aucune indication de date : S. Fé de SP de Born ». L’église du Born apparaît dans les  relevé des possessions du XIe siècle de l’abbaye bénédictine de Conques,  possessions relevées dans le cartulaire  établi au XIe siècle : ‘’de Ecclesia de Serraco, […] Ecclesia de Borno,  Ecclesia de Bondiguos, Ecclesia de Tauriac’’. Parmi ces églises, Le Born, la seule du canton, avec celle de Tauriac, conserve un acte d’acquisition passé dans les années 1061-1065.

Un premier texte nous apprend, en effet, que l’abbaye de Conques a reçu en possession  l’église et l’alleu du Born, dans le diocèse de Toulouse, vers 1060, de Pons fils de Bernard,  seigneur de Villemur, et de plusieurs autres seigneurs, Atton fils d’Hugo et les fils de Bernard Arnaud.

Un deuxième texte indique que Géraud de Cépet donna avec Aton Isnard, vers 1096-1100, à l’abbaye de Conques, un alleu situé au Born, sur le conseil d’Isarn, évêque de Toulouse.

La bulle d’Eugène III en 1153 et  celle  Innocent IV en 1245 mentionnent l’église du Born (ecclesia de Borno). Cependant on peut penser que Le Born peut avoir fait partie des 49 églises perdues avant 1153.

C’est de cette période que datent les vestiges de la première églises avec les 4 chapiteaux attribués à l’époque romane. Cf  Christophe Balagna. Un débat entre historiens les conduit à se demander si l’abside de l’église actuelle n’est pas d’origine romane ; l’état actuel de l’édifice ne permet malheureusement aucune vérification.

 

 

Le pouillé de 1500 du diocèse de Rodez, parmi les possessions de l’abbaye de Conques, selon un   descriptif ancien, relève l’église du Born [ecclesia de Borno] ; de même, la pancarte de Conques, ou inventaire, de 1510, « selon une ancienne présentation ». Qu’en est-il réellement , à ce moment-là ? La référence à Conques ne nous est pas apparue dans les données du XVIIe et XVIIIe siècles. Par contre, on constate, alors, la dépendance du Born et de ses annexe, le Fraïsse et La Rouquette, vis-à-vis du chapitre cathédral de Montauban, en 1395. Par ailleurs, comme l’observe Frédéric de Gournay : « il faut se méfier de la continuité affichée par les documents ecclésiastiques, les bulles de 1061-1065, reconnaissent [et portent] encore des possessions perdues »

 

2 / Le prieuré du Born, uni au chapitre cathédral de Montauban (1379)

reprise de l'édifice au  XIVe

En 1906,  à la question de savoir à  quand remonte l’église, il est répondu que la bâtisse remonte à 300 ans. L’instituteur Ulysse Bédé, quelques années auparavant, dans les années 1885, dans une monographie sur le village, note que l’église « remonte en  1662 et que d’après la tradition, elle a été construite par les Anglais », tradition quelques fois admise et reprise comme un fait assuré, sans preuves apportées. L’auteur ajoute : «  la solidité de ses murs n’ont demandé, depuis sa construction que quelques médiocres réparations », Ce qui ne demande pas à être pris au pied de la lettre.

 

Un prieuré se trouve mentionné à la fin du XIVesiècle, époque où semble avoir eu lieu une reconstruction partielle de l’église si on considère l’architecture de l’édifice.

C’est, en effet, dans les toutes dernières années du XIVe siècle que l’évêque de Montauban, Bertrand Robert, [1379-1403], demanda à l’antipape d’Avignon de vouloir unir à son église cathédrale, le prieuré du Born et les cinq annexes, en faveur de ses religieux dont l’indigence était extrême. 

  

C’est dans les toutes dernières années du XIVe siècle que l’évêque de Montauban, Bertrand Robert, [1379-1403], demande à l’antipape d’Avignon de vouloir unir à son église cathédrale, le prieuré du Born et les cinq annexes, en faveur de ses religieux dont l’indigence était extrême. Par ailleurs, l’évêque étendait ainsi le domaine de son chapitre de ce côté du diocèse.

De nombreux actes concernant l’église du Born et la paroisse se retrouvent dans l’inventaire du chapitre cathédral de Montauban du XVIe siècle.  Le premier est de 1371, le dernier répertorié est de 1482. D’autres documents sont mentionnés : quittances dues au prieur du Born, lettres royales au sujet du bénéfice du Born.

 

Les fruits décimaux  du Born, La Rouquette et le Fraïsse appartiennent au chapitre cathédral de Montauban (mense Saint-Martin).

 

3 /  reprise de l’édifice au XVIIe siècle (1662)

 

Il ne paraît pas au premier abord que l’église du Born ait gravement souffert de dégradations au temps des guerres civiles et religieuses et qu’il ait fallu, en conséquence, la rebâtir. Bien que proche de Verlhac qui possédait un temple protestant et de Tauriac qui fut attaqué, on ne relève pas d’incursions notables, excepté le passage des troupes des royaux en direction de la forêt de Villemur, l’arrière les troupes du duc de Joyeuse, en 1592, lors du siège de Villemur.

Cependant, la façade fortifiée en briques, comprenant de faux machicoulis à la base du clocher, tout comme le portail  témoignent d’une nouvelle étape de cette église. Elle a été en effet presque entièrement reconstruite au XVIIe siècle, vers 1682. A l’intérieur, en effet, la voûte porte la date de 1682, même si des éléments plus anciens ont été remaniés ou réemployés. Cette date doit correspondre aux travaux effectués suivant le bail passé en 1680 avec Jean Salvignac et Raymond Leygue, maîtres maçons de Montauban, pour réaliser les réparations convenues à l’église du Born[1][4], dont la démolition du « toit de la toiture du chœur de l’église de la longueur de 6 cannes [11 m], pour ensuite remettre le toit au niveau des murailles »

En 1707 ont lieu des réparations : « recouvrir l’église, les chapelles, la sacristie, faire le fondement des piliers, les bâtir, couvrir ce qui est à la porte du cimetière, carreler les endroits nécessaires »[2][5]. Sans doute donnant suite et prolongeant les travaux mentionnés : « le toit de l’église, le rehaussement du pavé, la porte à deux battants en dedans, le mur de la porte du cimetière, la petite galerie de la cloche avec le toit qui la couvre », travaux constituant une dépense de 300 livres.

 

 

 

      le blason encastré dans le mur et en clef de voûte

 

4 / travaux au XVIIIe-XIXe siècles

Au XVIIIe siècle, en 1769 les délibérations mentionnent des réparations à faire « au toit et à la nef qui n’a pas été remaniée depuis longtemps, d’autant que la foudre endommagea il y a quelque temps le clocher». En 1771, des réparations sont encore à faire à l’église et à la chapelle Sainte-Foi. En 1773, c’est un contrefort qui menace d’une chute prochaine. Des travaux sont au programme en 1782 : la réfection du toit, du mur soutenant la voûte, faire des réparations au sanctuaire et à la sacristie. Cette même année,  un maître doreur a doré le devant d’autel

  

Des travaux sont au programme en 1782 : la réfection du toit, du mur soutenant la voûte, faire des réparations au sanctuaire et à la sacristie. Cette même année,  un maître doreur a doré le devant d’autel

 

Deux blasons identiques en témoignent, portant la date de 1662 l’un gravé sur une pierre  encastrée dans le mur sud-ouest, et  l’autre en clef de voûte [écu à un chevron au-dessus d’un cœur, rayonnant surmonté de la croix latine On ne peut dire quelle armoiries ils représentent. Plusieurs éléments peuvent conduire à penser qu’il s’agit d’un personnage religieux de quelque façon ou d’une institution religieuse]. La voûte est de cette période.

 

Mais c’est surtout au XIXe siècle que des travaux importants doivent être réalisés

Après que la foudre soit tombée sur le clocher en 1802, et 1826, celui-ci doit être relevé, aux frais de la commune. En 1802, la chute du clocher a écrasé la moitié de la voûte. C’est depuis qu’un plafond prend place dans cette partie de l’église.

Le 22 mai 1836, la municipalité  adresse une demande de subvention à SM Louis-Philippe 1er, roi des Français, pour la réparation du clocher et de l’église. Cette correspondance rappelle les conséquences désastreuses de la foudre tombée en 1826, à savoir cinq grosses lézardes de 15 cm de largeur du mur, côté midi, le plafond de la nef qui croule, la pluie qui entre. Le devis estimatif de réparation du clocher est établi le 22 août 1849.

 

                                        ********************

L’église du Born est orientée (est - [120°], sud-est, quasi-orientée).

Ses mesures dans  œuvre[1] sont  en longueur : 21,60 m  [23 m tribune comprise], en largeur  nef : 6,60 m, en hauteur : 6,64 m [nef] et 6,35 m [entrée du sanctuaire[2],  la profondeur du sanctuaire ; 6,35 m, la hauteur du clocher : 27 m [3]



[1] En 1853, ces mesures sont données lors d’un devis estimatif :  la nef ayant 19,50 m de longueur, 5,50 de largeur, le sanctuaire 6, de longueur et 5,50 de largeur ;  la chapelle ayant 4,5 m de longueur et 3,5 m de largeur ; les fonts baptismaux, 3 m  de longueur, et 2 m de largeur.

[2] 122 pieds de hauteur [37 m], hauteur donné dans la lettre de la communauté du Born au Roi Louis- Philippe.

[3]  27 m, hauteur communiquée par M. le maire du Born (2011). La monographie de l’instituteur du Born, Ulysse  Bédé, vers 1880, indiquait 25 m. Une lettre de la municipalité en 1836, annonçait 122 pieds soit 37 m., et un devis en 1849, 28 m.

 

 

 

    

 

 

                                               ********************

L’église du Born était-elle sur le chemin de pèlerinage ?

 

On semble parfois le supposer. Mis aucun document ne le laisse penser. Les chemins repérés sont connus. Aucun ne mentionne Le Born. Rien n’autorise à penser que le Born était une halte entre Conques et Toulouse en direction de Compostelle ou de Moissac. Car au moyen-âge, les lieux de pèlerinages comme destination sont multiples. Tous les pèlerins n'allaient pas à Compostelle comme l'enthousiasme des premiers chercheurs contemporains l'a laissé croire. Au Moyen Age, ils se rendaient en de nombreux lieux y vénérer des reliques. Saint-Sernin, Moissac, Conques ne sont pas à considérer seulement comme des étapes, mais sont de véritables destinations retenues comme telles. Aussi convient-il vraisemblablement de relativiser tel propos d’un historien local : « Le prieuré du Born, fut au Moyen-Age un des nombreux relais des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle ». Le lien avec Conques n’est pas assuré. N’oublions pas que les possessions de Conques connaissent une érosion dés le XIIe siècle. Le Born cesse d’être possession de l’abbaye de Conques, au plus tard, à la fin du XIVesiècle. Par contre, cet espace du Nord-Toulousain s’est trouvé, un moment, au carrefour d’influence des abbayes de Saint-Sernin,  Conques et Moissac.Par ailleurs, Mme Denise Péricard-Méa, médiéviste, spécialiste des cultes à Saint-Jacques,  interroge une conception récente des chemins de Saint-Jacques démonte cette géographie des chemins de Compostelle, construction pour une grande part au XIXe siècle. Dans les siècles passés, les pèlerins empruntaient les chemins et les routes de tous les autres voyageurs, ils fréquentaient les mêmes auberges, étaient reçus par les mêmes hôpitaux.

Il faut sans doute renoncer à voir en tout lieu des chemins de Saint-Jacques.

 

 

Les guerres

 

- Lors de la guerre de Cent ans, les  Anglais se trouvent en bordure du Quercy, le long du Tescounet,  vers Monclar. Qu’en est-il dans les pays limitrophes, comme la vallée du Tescou et des villages des coteaux : Le Born, Montgaillard, Beauvais ? On peut penser que, armées et barons et vicomtes, défenseurs du royaume de France, veillent à assurer le maintien de l’envahisseur dans les frontières définies. En tout cas on relève que la vicomté de Villemur n’est pas particulièrement inquiétée, du fait sans doute de l’engagement de ses seigneurs contre les  Anglais.

- Les guerres de religion ensuite : Si des destructions concernant Le Born ne sont pas mentionnées, on sait, par contre, que les armées des royaux lors du siège de Villemur en 1592 arrivent de Saint-Nauphary et se dirigent vers la forêt de Villemur. Le lundi 19 octobre 1592, Clusel et 500 arquebusiers s’efforcent de se saisir de la forêt de Villemur. Fortes de 500 arquebusiers, elles occupent momentanément cet espace. 

 

Au XVIIIe siècle

 

Les missions confiées aux lazaristes à la suite des guerres de religions et de l’implantation  calviniste  se déroulent  entre 1674 et 1712. Trois  intéressent le Born, en 1676, 1693, 1712. Un rapport de la première indique environ 250 communions environ.. Une appréciation quelque peu sévère suivie de ce constat : « le peuple fut cependant fort assidu aux prédications et exercices et tous firent leur devoir sauf 5 ou 6. Les hérétiques n’avaient point prêché dans cette paroisse ».

 

A la Révolution

 

L’église et des terres sont estimés d’une valeur de 6.250 livres. La table du luminaire, de même, possède des terres et prés d’une valeur de 950 livres. Les revenus déclarés par la fabrique sont de 1.466 livres, les charges s’élèvent à 93 livres.

Le presbytère et des terres d’une contenance de 6 arpents, 1 pugnère, 6 boisseaux  [3 hectares, 65 ares] furent vendus comme bien national, à  la révolution, adjugé 6.250 livres à Faure, propriétaire à Villemur.

Ambroise Fauré, agent national en l’an III, est dénoncé dix ans plus tard pour n’avoir pas remis les ornements et effets du culte comme il devait le faire alors. Le maire Chaubard certifie que cette affirmation est fausse et relève d’une délation mue par l’esprit de vengeance.

 

En 1799, l’État du diocèse de Montauban à la fin de l’Ancien Régime, indique « 100 communiants. M. le curé Bellegarrigue a rétracté le premier serment, et tout caché qu’il est, rend d’excellents services à ses paroissiens ».

Avant la Révolution, l’état du diocèse dénombre 28 familles, 336 habitants et 120 communiants. Au moment du Concordat on compte 100 communiants.

En 1820, lors d’une enquête diocésaine, il est précisé qu’il y a 22 habitations éparses et deux hameaux.

 

Après la Révolution

 

C’est  vers 1833  que la forêt  de Villemur, qui est à 1,5 km environ du Born, a été défrichée et a vu sept métairies se bâtir. Bien que de la paroisse de Villemur, les gens des métairies, soit 53 habitants,  se considèrent de la paroisse du Born, ceci avec le consentement de M. le curé de Villemur.

Le 22 mai 1836, la municipalité  adresse une demande de subvention à SM Louis-Philippe 1er, roi des Français, pour la réparation du clocher et de l’église. Cette correspondance rappelle les conséquences désastreuses de la foudre tombée en 1826, à savoir cinq grosses lézardes de 15 cm de largeur du mur, côté midi, le plafond de la nef qui croule, la pluie qui entre. Le devis estimatif de réparation du clocher est établi le 22 août 1849.

 

La première partie du Second Empire voit de nombreuses construction ou réparations d’églises. La nécessité était là pour une part. C’est à l’initiative de M. Gasc, conseiller d’État, habitant le château de la Garrigue à Magnanac, que des travaux à l’église du Born sont alors rapidement décidés et exécutés.

 

 

En 1848 apparaît un contentieux au sujet du banc des élus. Le nouveau conseil municipal veut un banc pour les dix conseillers. Ainsi, le 17 août 1848, le curé écrit-il à l’Archevêché :  « Le nouveau conseil municipal du Born voudrait remplacer par un banc nouveau, le banc de l’ancien maire qui tombait en lambeaux, étant tout vermoulu ; jusque-là,  pas de difficulté, parce que généralement on tolère dans les églises un banc pour les autorités, quoique d’après la loi, on ne puisse pas l‘exiger ; mais le conseil municipal du Born voudrait innover, et faire faire un banc pour les 10 conseillers ; or ce banc dans une petite église comme celle du Born, va devenir plus qu’un embarras ; dans bien des occasions,  il empêchera  habituellement un grand nombre de fidèles de se placer convenablement pendant les offices. Ma fabrique qui est bien pauvre perdrait annuellement une douzaine de francs par suite du placement de ce banc ». Le curé, considère que ce banc « dans une petite église,  va devenir un embarras et dans bien des cas, il empêchera un grand nombre de fidèles de se placer convenablement pendants les offices ».

 

Familles et patronymes du Born

Parmi les familles du Born, on relève : Bernard, Caillol, Caysal, Cassenac, Chaubard, Estabes, Fauré, Izalié, Leymé, Loyssac, Malbert, Maly, Marty, Maury, Péfourque, Pendaries, Proha, Tardieu.

 

chroniques paroissiales

 

Chronique des curés[1] du Born : 1887 - 1904  - André Doumerc et  Jean Marie Rouquié

 

 Plusieurs documents de la paroisse du Born nous donnent une description assez précise de la vie paroissiale au cours du XIX°. Ces récits pourront paraître étranges, par les centres d’intérêts, l’objet  des désaccords et les querelles. Il  faut connaître ce qu’il en était alors, tant du point de vue des fonctionnements des instances juridiques : le conseil de fabrique, la municipalité [nous sommes en période concordataire, la relation à l’Evêque, au Préfet] que du déroulement de la vie paroissiale rt cultuelle dont  les plus anciens retrouveront  dans ces descriptions quelque écho d’une période encore connue d'eux par ouïe-dire ou par quelques survivances au temps de leur enfance, entre les 2 guerres ou juste après..

voir le document à la page : chroniques paroissiales   CLIC
 

 

La vie paroissiale au Born à la fin du XIXe siècle

 

Un cahier de souvenirs paroissiaux, « chroniques du curé du Born » retrace la vie de la paroisse durant quinze ans. Il a été commencé en juillet 1887 lors de la nomination au Born du curé Doumerc et il se termine en 1904. Il  aura trois curés pour rédacteurs. Tout ce qui peut émailler la vie d’une paroisse s‘y trouve, depuis les incidents d’alors entre le curé, ses paroissiens et la municipalité, au sujet  des convois d’obsèques en 1887 ou de l’heure des messes et de  la suppression de la  première messe en 1893, comme aussi les travaux effectués à l’église.

 

Entre 1888 et 1894, le curé Doumerc fait la bénédiction des peintures de la chapelle, à la suite de ces travaux, le dimanche 9 septembre 1894. Il  commente ces paroles « Domine dilexi decorem domus tua  Ps 25,8 – j’ai aimé, Seigneur, la beauté de ta maison ». De même le 16 mars 1895 a lieu l’inauguration des peintures de la chapelle de la Sainte-Vierge. A cette occasion les enfants de chœur chantèrent un chant en l’honneur de l’Ascension du Seigneur, dirigés par leur maître d’école Ernest Méric, frère de Mgr Méric.

 

Le 25 septembre 1895 a lieu la première communion. Ce grand jour pour les dix enfants  est ainsi relaté : «  les enfant se rendirent au presbytère pour se diriger à l’église paroissiale, accompagnés de leurs parents et amis au chant des cantiques. Arrivés aux fonts baptismaux, l’un dira ou plutôt tous ensemble récitèrent l’acte de renouvellement des voeux du baptême et gagnèrent leur place en chantant le cantique ‘’je suis chrétien’’ ». Le vicaire de Villemur Causset, leur adressera une exhortation pour bien se préparer à communier Au moment suprême. Le soir, à vêpres, le prédicateur adresse un nouveau discours. Pour garder mémoire de ce jour une state de saint François d’Assise est offerte.

 

 En 1896, c’est un jubilé qui est rapporté. Il a été concédé par le Pape Léon XIII à l’occasion du XIVe centenaire du baptême de Clovis. Le curé Doumerc profite de cette circonstance pour faire donner une mission  du vendredi 4 au 13 décembre 1896 par le TRP Valetx religieux dominicain de la maison de Marseille. Sa prédication fut particulièrement efficace. Les gens se pressaient pour l’écouter.  La clôture eut lieu le dimanche de la solennité de l’Immaculée conception. Ce fut une célébration émouvante. Elle se termina par la procession et les placements des tableaux de la Ste Face de NSJC dans l’église afin de perpétuer le souvenir de ces jours. Le curé distribua comme souvenir de la mission, à tous les habitants, un crucifix à placer dans leurs maisons. La bénédiction solennelle et distribution eut lieu le soir de la fête de Noël au chant du cantique « Nous voulons Dieu » ; le curé proposa une méditation sur les trois invocations : « Chritus vincit, Chritus regnat, Chritus imperat ».

 

Le jubilé de l’année sainte a été prêché au Born sous forme de mission par deux prêtres, auxiliaires diocésains, de la maison du Calvaire à Toulouse, les TRP Traboul   et   Francazal. Commencé le dimanche de quasimodo, 14 avril 1901, les exercices jubilaires se sont clôturés 15 jours plus tard, le 28 avril. Des visites aux familles sont faites par le curé et le P. Traboul  qui savait rejoindre ces personnes par la connaissance de leur idiome patois, comme de leurs travaux agricoles.

 

L’adoration perpétuelle se célèbre le 19 mars, depuis 1899. Auparavant elle était fixée au même jour que le fête votive, à savoir  au 7 octobre. Dés lors, elle était le plus souvent supprimée, du fait de cette coïncidence.

 

En avril 1901 le jubilé de l’année sainte est prêché au Born, sous forme de mission, par deux prêtres, auxiliaires diocésains, de la maison du Calvaire à Toulouse, les TRP Traboul et   Francazal. Commencés le dimanche de Quasimodo, le 14 avril 1901, les exercices jubilaires se sont clôturés 15 jours plus tard, le 28 avril. Le 23 juin, a lieu le retour de la mission, jour aussi de la première communion.

 

En 1904, dernière recension du cahier, le jubilé du cinquantenaire de la proclamation du dogme de l’Immaculée conception. L’ indulgence jubilaire*  est reçue par les enfants et par quelques personnes de la paroisse, en petit nombre.

 ADT,  Souvenirs paroissiaux, chronique du curé du Born (cahier)

 

 

Chaises d’église à la campagne, points de règlement

22 septembre 1833 délibération des fabriciens (ADT)

L’église dispose de 84 chaises (affermées)

- Chaises avec abonnement, 18 sous par an

- Chaises sans abonnement, deux liards à la messe, deux liards à vêpres (St Sacrement exposé)

un sous messe et vêpres  à Toussaint, Pâques, Noël, Fête-Dieu, Assomption et fête patronale

6° aucun domestique ne pourra occuper la chaise de son maître.

7° il est expressément défendu de s’asseoir deux sur une même chaise, tout contrevenant à cette défense payera double.

8° toute personne qui s’assoira dans l’église sur bancs, escaliers, gradins paiera comme si elle était assise sur une chaise.

9° toute personne qui s’agenouillant sur une chaise ou s’y tenant mal, ou la brisera, paiera 1 fr au trésorier de la fabrique.

11° les personnes d’une même famille quelles qu’elles soient pourront occuper le chaises abonnées. Les chaises occupées, au-dessus du nombre de celles qui sont abonnées par les membres de la famille, payeront selon le tarif.

En 1851 la fabrique accorde à M. le curé quatre places gratuites à quatre chantres qu’il jugera    les plus capables de l’aider à chanter.

ADT-  Souvenirs paroissiaux, chronique du curé du Born (cahier) 

 



[1] Souvenirs paroissiaux au 1er juillet 1899 [étiquette]  paroisse de Le Born, doyenné de Villemur [étiquette], cahier in Archives diocésaines – Archevêché de Toulouse.


 

Bibliographie

-Christophe  Balagna,  Société  archéologique du Midi de la France, communication sur les  « Les chapiteaux romans de l'église du Born (Haute-Garonne) », parue dans Bulletin de la Société Archéologique du Midi de la France, tome LXVII, vol. 2007, 2008. séance du 21 novembre 2006

-Camille Daux, Le Rouergue Montalbanais, 1898, p 236. [Présentation du pouillé de Rodez] 

-Gustave Desjardins, Cartulaire de l’abbaye de Conques en Rouergue, op.cit.,, n°454, citation en introduction CIV et CV et p. 59-60, pour la charte n° 60 et p. 335-336 pour la charte n° 464.

-Frédéric de Gournay, les documents écrits de l’abbaye de Conques, IXe - XIIIe siècles,   op. cit., p. 138-139, 150-152.

-Christian Teysseyre, Arec31, Eglises et chapelles de la Haute-Garonne, ed. Empreinte, Portet-sur-Garonne, 2011. 

 

 

 


© 2017 CT