LAYRAC   



 

 

LAYRAC

 

 

 

                                           photo crédit paroisse Villemur

 

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 paroisse

Diocèse

 civil

(au sein des Sénéchaussées)

Diocèse ecclésiastique

avant 1803

 

Saint Patron

Patronage

Possession de

LAYRAC

 

MONTAUBAN

MONTAUBAN

 St Blaise

 Le chapitre

 St Sernin

 [2/3 dîme]

il possédait la métairie « l’infirmerie »

 

 

 

L’étymologie renvoie aux lieux se terminant en « ac ». Il s’agit d’un toponyme d’origine gallo-romaine. Albert Dauzat donne comme origine le nom propre romain Larius, et  Ernest Nègre, d’Hilarius. Ainsi, Layr/ac : villa + Larius ou Hilarius  (propriétaire)

La dîme appartenait au chapitre St Sernin  [2/3 dîme] et au curé [1/3]

Le droit de nomination à  la cure revenair : pour la présentation au chapitre de Saint-Sernin de Toulouse ; quant à la collation, à l ‘évêque de Montauban.

Le seigneur temporel est le Vicomte de Villemur

 

L’église élevée, à flanc de coteaux, surplombe le village. Celui-ci semble trouver son existence au pied de l’église tutélaire et s’établit, en contre-bas, au carrefour des routes, en bordure du Crève-Corps. Jean Catalo  note dans L’occupation du sol dans le nord-est toulousain jusqu’au XIIIe siècle, op.cit., p. 154 : « le village se divise en deux parties ; l’église se situe sur une hauteur dominant une autre partie organisée autour d’un carrefour ». Cette  occupation du sol peut conduire à considérer Layrac comme  un ‘’village-ecclésial’’.

 

Le point culminant de la commune se situe à hauteur de la Mongiscarde à 213 m, tandis que l’altitude la plus basse, sans la plaine du Tarn, à l’Escalère, est de 100 m.

Le premier suspendu  est décrété en février 1842. Le pont actuel a remplacé le pont suspendu qui  a  été posé après les inondations de 1930. Un port jadis existait là : le port de l’Escalère.

 

Saint Blaise – fête le 3 février

Saint Blaise est un saint particulièrement vénéré. Il naquit, vécut et mourut, dit-on, en Arménie. Il était médecin quand il fut choisi comme évêque de Sébaste. Il fit d'une caverne du mont Argée sa résidence épiscopale et y guérissait aussi bien les hommes que les bêtes sauvages. Dénoncé au gouverneur, il fut interrogé et torturé. Le gouverneur, le voyant inflexible, ordonna de l'attacher à un chevalet, puis il fit apporter des peignes de fer, avec lesquels on lui déchira le dos et tout le corps. Il fut ensuite jeté dans le lac voisin pour y être noyé ; mais il fit le signe de la Croix et marcha sur les eaux comme sur un terrain solide, à la grande admiration de tous les témoins de ce prodige. Il eut enfin la tête tranchée. sa mort eu lieu vers 316-320 , sous Licinius, en Arménie. Tandis qu'il était en prison, on lui avait amené un enfant sur le point d'être étouffé par une arête de poisson. Blaise le guérit. C'est sans doute pour ce fait qu'on l'invoque spécialement pour les maux de gorge.

Sa fête est le 3 février. Son culte fut très répandu au Moyen Âge en orient et en occident. Martyrisé par des peignes de fer, il est patron des cardeurs, des tisserands, des peigneurs de chanvre, des tailleurs de pierre. Il est aussi traditionnellement le patron des laboureurs.

Saint Blaise était un saint particulièrement vénéré. Plusieurs églises des coteaux voisins l’ont comme titulaire. La confrérie de Saint-Blaise existait dans telle ou telle paroisse de la contrée

 

    

  

    Saint Blaise - buste-reliquaire

 

                                     Château fort et bastide

 

Des sondages archéologiques ont permis de situer les fondements d’un château fort à l’emplacement  de l’église et du presbytère. Un castrum a du précéder la création d’une bastide.

 

Layrac est une des bastides probablement fondées par Alphonse de Poitiers, gendre de Raymond VII, comte de Toulouse, mentionnée avec Sayrac et Le Born dans le saisimentum de Villamuro et bajulia ejus du 10 des calendes de décembre 1271, [dimanche 22 novembre 1271] : bastida de layraco. Jean Catalo  dans son travail sur le canton de Villemur :  L’occupation du sol dans le nord-est toulousain jusqu’au XIIIe siècle, op.cit., p. 154, citant O. de Saint-Blanquat, écrit  : « Layrac est une bastide fondée par Alphonse de Poitiers sur une terre achetée par Raymond VII ».

 

              

                    à partir du cadastre de 1812 - BR

 

                   l'église possession de l'abbaye de Saint-Sernin

 

 Layrac et La Magdelaine (alors Leus) deviennent possessions de l’abbaye Saint-Sernin de Toulouse. Ceci nous est connu par un document antérieur à 1079 : Isarn "Dalaisa", faute d'héritier charnel, lègue au bienheureux Saturnin de Toulouse et à ses clercs, pour le compte de leur mense (tabula), son domaine allodial (hereditas), les églises de "Leus" et de Layrac et leurs dépendances, y compris les dîmes, les prémices et les revenus ecclésiastiques, les alleux qu’il possède dans le ressort (parrochia) de ces églises, dont il précise la composition. Legs fait au chapitre de Saint-Sernin. Cette paroisse est parmi les plus anciennes.

 

Ces deux églises de Layrac et de Leus figurent aussi dans les possessions par la suite confirmées à l’abbaye par le pape Alexandre III, le 30 mars 1175.

En 1238, l’église de Layrac demeure bien possession de Saint-Sernin, à la suite d’un compromis entre l’Evêque de Toulouse et l’abbaye Saint-Sernin.

 

Le chapitre de Saint-Sernin possède à Layrac en premier lieu un prieuré et aussi  une métairie « l’infirmerie » qu’il vend 3.500 livres le 6 juin 1570 à Mme Gaillarde de Chaulnes, veuve de M. de Lancefoc, bourgeois à Toulouse. Comme l’observe Lestrade : « cette appellation l’infirmerie, démontre que l’union de cette métairie au chapitre de Saint-Sernin est antérieure à la sécularisation. Le chanoine infirmier en employait les revenus à soigner les chanoines infirmes ou malades qui vivaient alors en communauté ».

 

Le curé est à la nomination du chapitre de Saint-Sernin de Toulouse.

  

Les archives départementales conservent dans le fonds des « Archives Saint-Sernin », divers actes impliquant le prieuré de Layrac  au XVIe siècle.

En 1521, le prieur de Layrac achète une maison dans le village

Le 19 février 1575 est donné le « jugement des députés généraux du clergé de France établi à Paris portant que le prieuré de Layrac situé dans le diocèse de Montauban, appartenant au chapitre de Saint Sernin sera cotisé au diocèse de Toulouse pour les décimes » - ordonnance redonnée le 15 mars 1585, le prieuré de Layrac est  incorporé au diocèse de Toulouse pour le fait des décimes.

Entre1564-1570, diverses procédures concernent le prieuré de Layrac.

En 1597, est prononcée la Sentence du Sénéchal de Toulouse déclarant comme noble  et exempte de taille une métairie de Layrac.

Un inventaire de 1620 de l’abbaye fait état des biens possédés à Layrac dont un acte du 21 août 1612 passé chez Me Guillaume Pendaries (bornages). Un acte en janvier 1655.

On trouve aussi, parmi ces documents, des mises en demeure concernant le versement de la dîme des vendanges (1714-1718).

 

Deux dossiers particuliers  :

- le procès entre le chapitre de  Saint-Sernin et le seigneur Grolier, entre 1545 et 1568, au sujet de la possession du prieuré  de Layrac; suivi d’un arrêt de 1568, du Grand Conseil, en faveur du  chapitre de Saint Sernin, relatif au différent ci-dessus mentionné, avec les pièces de procédure.  

- des questions au sujet de la dîme : ainsi, en 1717, a lieu un procès entre le syndic du chapitre de Saint-Sernin et les habitants  de Layrac au sujet des dîmes sur les grains [Salvy Crubilhé est particulièrement visé par cette procédure, d’allure inquisitoriale]. L’année suivante, se trouve pris un arrêt du Parlement de Toulouse concernant la dîme sur la vendange et le grain à Layrac Le  bornage des limites des limites du dîmaire de Layrac et Mirepoix se trouve consigné en 1612.

 

Conques

Par ailleurs, l’abbaye de Conques n’était pas sans inscrire aussi son bien  dans cette communauté ; en 1792 se trouve vendu une terre de l’obit de Conques, adjugée 2.400 livres (deux arpents, deux pugnères, soit 1,46 ha).

 

 

                                           Seigneurs de Layrac

 

Les Clarac sont seigneurs de Mirepoix. Ils sont aussi co-seigneurs de Layrac et Montvalen. Ainsi Louis-Valentin de Clarac né le 9 juin 1677 épouse en 1721 Gabrielle Rosalie Daire de Lavaur. Il est « baron de Roquesérière et de la Soulade, seigneur de Mirepoix et coseigneur de Layrac et Montvalen ». Il fait son hommage le 11 septembre 1722.

 

Le Comte de Belle-Isle, vicomte de Villemur, céde en 1720 les seigneuries de Montgaillard et du Born, y compris la justice, au marquis de Tauriac, auquel il céda le 12 septembre 1729, les seigneuries  de Montgaillard et Vilette en échange de la forge banale de Layrac. L’acte d’échange est confirmé en 1740.

 

                                                   Consulat

 

Layrac est mentionné comme consulat de la Vicomté de Villemur.

Les assemblées consulaires se tiennent dans l’église, comme en témoigne un procès-verbal de 1603.

Vers 1650,  l’assemblée solennelle de la communauté de Villemur comprend deux consuls de Layrac et deux syndics particuliers de Bondigoux qui y ont droit de séance. Par une note de dépenses du cahier de délibérations, nous apprenons que le maire de Villemur, le  procureur du roi et leur greffier se rendaient annuellement à Layrac pour la mutation consulaire de cette localité.

 

 

 

                                       Au temps des guerres civiles et religieuses

 

En 1581, un dégrèvement des taxes décidé par les Trésoriers généraux de France en la province du Languedoc comprend « le prieur et recteur de Leves [leues, Leus] et Layrac » comme allégement des charges, suites aux difficultés causées par les guerres civiles et religieuses. Le vicaire habite une ferme à la suite de la destruction de la maison curiale. D’ailleurs en 1596, le visiteur, en arrivant à Layrac, ne trouve personne, pas même le clergé. Lors de la visite de Mgr de Montchal, fin janvier 1643, on note que les habitants effrayés se sont dispersés dans les métairies.

En 1603, une délibération du Conseil général de Layrac est prise dans l’église de Layrac.

Après les guerres, fin XVIIe - début XVIIIe siècle, vont avoir lieux les missions des Lazaristes. Celles-ci se déroulent à Layrac, en 1674, 1694, 1703.

 

                                             A la Révolution

 

En 1788, François Teysseyre fut nommé syndic du Conseil de la communauté et élu maire de Layrac, le 7 mars 1790, par les membres du Conseil municipal.

  

Avant la Révolution, l’état du diocèse dénombre 70 familles, 360 communiants.

Au moment du concordat, on compte 220 communiants. A l’évidence, les chiffres enregistrent une diminution. La paroisse de Layrac a connu de vives tensions entre les deux églises et clergés (constitutionnel et réfractaire).

 

Le 1er avril 1792, les « catholiques » de Layrac réclament instamment de la municipalité le soutien contre ceux qui, au mépris des droits de l’homme, voudraient les forcer à entendre la messe d’un curé constitutionnel. Les « catholiques » du lieu, s’organisent et protestent contre les menaces et interventions qu’ils ont subies (démolition d’une bâtisse, pillages, attaques des biens des propriétaires, intimidations, menaces de les priver de la vie s’ils ne se rendent pas aux offices du curé constitutionnel de Layrac : or, « nul ne doit être inquiété, même pour ses opinions religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre établi par la loi ». Ils font valoir leurs droits, prenant appui sur les lois.

 

une vingtaines de pétitionnaires, représentant les principales « maisons » de Layrac, se plaignent de menaces de mort, « d’éprouver des menaces de la part d’un grand nombre de leur concitoyens à l’effet de les contraindre de contribuer, par leur argent, à la dépense qu’occasionnent les troupes, appelées volontaires, que ces menaces n’ont été rien de moins que d’aller manger et piller dans leurs maisons et qu’elles ont été même suivies de la démolition d’une bâtisse et de l’enfoncement d’une fenêtre de l’un des requérants » Aussi ils réclament de jouir de la loi, à savoir que «  nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre établi par la loi […] les exposants auraient-ils alors la liberté d’exercer le culte auquel ils sont attachés, si comme on les en a menacés, ils étaient traînés à la messe de ce curé par ceux qui étaient jadis leurs bons et paisibles voisins ». Les principaux signataires de cette pétition remise au maire Jean-Baptiste Amat sont : Jean Teysseyre, Jean-Baptiste Bories, François Jouve, François Lagarde, Pierre Teysseyre, François Brégail.

 

L’inventaire des biens nationaux relève une métairie, déjà rencontrée, ses dépendances et des terres, appartenant au chapitre Saint-Sernin, d’une contenance de 42 arpents, 14 pugnères, 4 boisseaux [soit 26, 73 ha], estimés 19.200 livres sont vendus, en 1796, 20.300 livres, adjugés à Dumas, homme de loi à Toulouse et à Amat, notaire à Layrac.

Entrent aussi dans l’inventaire du chapitre les droits en fruits décimaux d’une valeur de 3.169 livres.

Les religieuses de Sainte-Claire du Salin de Toulouse ont aussi une métairie. Elle est estimée 6.380 livres.

L’obit de Conques possède une terre estimée 2.000 livres.

L’obit et table [de Layrac] ont des terres d’une valeur de 5.820 livres.

Ce même Amat achète le presbytère du lieu, un jardin et des dépendances, soit 6 boisseaux ½, [12 ares], adjugé 2.400 fr. le 30 mars 1807.

 

Dans la nuit du 6 au 7 floréal an VI [25-26 avril 1798], des inconnus coupent un arbre de la liberté dans la commune de Layrac. L’enquête révèle qu’un prêtre réfractaire septuagénaire exerce clandestinement les fonctions du culte. Selon les autorités « il entretient les habitants dans le fanatisme le plus outré et sa présence porte le trouble dans les familles et la division parmi les citoyens ». Aussi malgré son âge, Jean-Baptiste Viguier est-il incarcéré à Toulouse le 23 prairial an VI [11 juin 1798] comme perturbateur

  

Le maire de Layrac, Crubilhé, demande au préfet – dans une lettre non datée, sans doute dés son élection en 1800 - la sonnerie de l’angélus. Son argumentation ? Celle-ci accélèrerait les travaux ruraux (sic) et éviterait bien ces discussions entre propriétaires et ouvriers. Ainsi s’agirait-il de sonner le matin, pour annoncer le départ des ouvriers, à midi pour annoncer l’heure du repas, le soir pour annoncer la fin de la journée

 

Familles et patronymes de  Layrac

Une branche des Chambon de la Barthe se rencontre sur Layrac et Bondigoux, fin XVIe- début XVIIe siècle. Pierre de Chambon est désigné comme sieur de la Générale. La famille Dufau de Felzins possède le château de Layrac après la Révolution.

Parmi les familles de Layrac, on relève : Amat, Arnal, Bories, Bregail, Calmels, Coulom, Crubillhé, Gary, Jouve, Laffont, Lagarde, Plasse, Rouzet, Segur,Teysseyre.


 

Simon de Chambon dans son testament du 28 février 1613 désigne ses biens situés à « Layrac, Moujet-Mouret, Mirepoix et dans la vicomté de Villemur ». Son petit-fils,  François, fils de Pierre, né en 1631 ou 1633 épouse  en 1668 Antoinette de la Barthe. Jean, frère de Pierre, habitant Layrac, épouse en 2ème noces Marguerite d’Adémar de Cransac. Pierre de Chambon, sieur de la Générale, né en 1629 à Layrac épouse en 1660 Marie de Ramondy ; leur fils aîné Jean Bernard, né en 1661 à Layrac, veuf de Anne Louis du Chêne, épouse, en 1707 à Layrac, Marguerite-Marie de Py de Marc de Lavaur, dont les enfants sont nés à Bondigoux. Un  autre fils de Pierre,  Joseph, est né à Layrac en 1670. Les BMS de Layrac conservent plusieurs actes.

[1][1] Raymond Dufau, baron de Felzins, fondateur et président du comité de direction de la Caisse d’Épargne de Toulouse est décédé au château de Layrac le 15 octobre 1913. Les Dufau de Felzins réside à Toulouse à l’hôtel de Felzins, au 22, rue de la Dalbade [cet immeuble a été acheté vers 1794 par Raymond Dumas, procureur au Parlement dont la fille, Marie Thérèse Sophie, épouse Louis Dufau de Felzins].

 

 

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L’ÉGLISE SAINT-BLAISE

 

1 - une église attestée au  XIe siècle

Une première église nous est connue par le legs fait par Isarn "Dalaisa" à l’abbaye de Saint-Sernin.

 

2 - au temps des guerres de religion : reconstruction

La prise de Layrac par les huguenots en novembre 1568, et le dégrèvement de l’année 1581, succédant aux incursions ruineuses de l’année précédente font entrevoir les dégâts intervenus et le coût des remises en état. L’église de Layrac est comptée parmi les églises du district de Roquemaure qui ont dû être rebâties au XVIIe siècle.

 

Réparations au XVIIIe siècle

En 1732, le clocher menace de tomber à terre. Jean Calmel se charge des réparations à faire à l’église, au clocher et au cimetière. En 1778, un cri d’alarme est poussé : « le plafond de l’église est entièrement pourri, il est indispensable de le refaire en entier, comme aussi le corps du logis dépendant du presbytère ».

En 1788, c’est « le plafond [qui est] entièrement pourri, menaçant partout une ruine prochaine et qu’il est indispensable de le refaire entièrement, réparations des plus urgentes ».  .Une seule cloche semble présente au XVIIIe siècle.

 

 Arès la Révolution

Nous savons que l’église n’a ni fonts baptismaux, ni chapelles.

 

Reconstruire l’église ?

L’idée de la reconstruire l’église s’impose et va faire son chemin.

Le 7 janvier 1846, à l’enquête diocésaine sur l’état des églises et des presbytères, le curé répond : «  rien de plus triste, ni de plus délabré que l’église de Layrac. Construite dans le plus mauvais goût du monde, elle est petite pour la population depuis surtout que les habitants des  paroisses voisines la fréquentent. Ce qui arrive tous les dimanches, parce qu’elle est au centre de quatre paroisses : Montvalen, Bondigoux, Mirepoix, La Magdelaine ».

 

3 - au XIXe siècle, reconstruction de l’église : 1849- 1854

 

A – de la demande de  reconstruction (1839)  à l’autorisation d’exécution (1849)

Vu son état de délabrement, l’église demande, non une réparation importante, mais une reconstruction. « La maison de Dieu devenait de jour en jour de moins en moins convenable ».

Le 13 octobre 1839, le curé se fait un devoir de représenter au conseil de fabrique l’urgente nécessité de remédier  à un pareil état de choses « et il fut délibéré qu’un homme de l’art serait appelé pour tout examiner et dresser les plans et devis nécessaires. Quelques jours après M. Peyrusse, conducteur des Ponts et chaussées qui s’était occupé d’églises dans le diocèse d’Albi, se rendit sur les lieux ».

Dans cette dernière délibération une demande de secours est faite pour la reconstruction de l’église qui menace ruine « afin d’éviter une chute prochaine ». Le conseil de fabrique, dans sa demande, avait fait valoir le danger du clocher mitoyen sur le presbytère. la délibération  du 14 avril 1844 transmise au Préfet, ; celui-ci donne ordre à M. Chambert, architecte du département, de se rendre à Layrac pour examiner l’état des choses. Chose faite à la fin de février 1845. Son rapport du 2 mars conclut à la reconstruction totale de l’église, « soit à cause de l’irrégularité choquante de sa construction, soit à cause de son peu d’élévation qui la rendait malsaine, soit à cause de l’impossibilité d’y faire aucune des réparations ou augmentations nécessaires sans compromettre sa solidité ». 

 

Le Maire écrit au Préfet le 4 mai 1849 ; il indique « l’urgence de la réparation réclamée -  pour éviter un danger dont on ne peut pas prévoir les suites ». On est toujours au stade du constat, des lamentations et des vœux pieux.

 

Alors le Maire et le Conseil municipal demandent à M. Bresson, entrepreneur de travaux publics de présenter un devis. Pendant le temps des travaux, la messe dominicale est célébrée dans une  vaste remise, appartenant à Mlle Lautier, pas très loin de sa maison à la suite de la demande de permission faite le 10 septembre 1849.

 

B -  du début des travaux (1849) à  l’intervention préfectorale arrêtant les travaux (1850).

 La vieille église est ensuite démolie à l’exception du mur accolé au presbytère, et qui soutient tant bien que mal le clocher. Mais par la suite  ce mur même sera reconstruit.

 

Depuis le Carême 1850, la messe dominicale est célébrée à « la nouvelle église, qui n’est couverte que par un mauvais toit et qui conserve encore en place une partie de l’ancien carrelage ».

 

C - l’arrêt des travaux et les ennuis administratifs (1850)

Le12 juillet 1850 le préfet demande au Maire, Ferdinand Crubilhé, de faire cesser les travaux pour se mettre dans la légalité. Qu’est-il reproché ? En fait, le dossier n’a pas été correctement établi ! Il daut déplorer ses irrégularités à déplorer, surtout celle d’avoir fait  exécuter les travaux, sans autorisation administrative, et celle de n’avoir pas procédé à une offre contradictoire.

Par ailleurs le Maire se trouve empêché dans l’exercice de son mandat depuis l’été 1849, éloigné de Layrac, ce qui ne simplifie pas le suivi du dossier [Jean-Ferdinand Crubilhé, est acquitté au terme d’un procès en novembre 1850].

 

En  août 1850, l’architecte Laffon, neveu, de Toulouse est  choisi pour établir le décompte et le devis des travaux restants. En cours de travaux, il s’avère indispensable de démolir une partie de mur qui devait être conservé. Nouvelles dépenses ! Nouvelle indemnité, nouvelle souscription ! La situation ne peut durer : les paroissiens ont subi les rigueurs de l’hiver, le propriétaire veut réutiliser sa grange. Le curé charge deux toulousains, originaires de Layrac, d’intervenir. L’abbé Teysseyre, chanoine honoraire et Amat, notaire à Toulouse, veulent bien se rendre sur sa demande au Préfet Besson, successeur du Préfet Delmas, pour réclamer la subvention promise de 1.000 fr.

 

D - Procédures administratives  à  mettre en œuvre et attente d’autorisation (1850-1852)

En ce mois d’avril 1851, alors que les beaux jours reviennent, il est urgent de reprendre les travaux et de les achever.

Le 1er décembre 1851, le Préfet  autorise, par arrêté,  la commune à  faire exécuter par voie d’adjudication publique les travaux d’achèvement de son église paroissiale.

Comme l’écrit le maire au Préfet alors  « la commune de Layrac depuis longtemps privée d’église éprouve le besoin urgent de voir continuer incessamment les travaux et de mettre fin aux graves inconvénients de toutes sortes qui résultent de l’incomplète célébration du culte catholique ».

 

Le 4 avril 1852, le conseil municipal organise une adjudication, mais le Maire Crubilhé, dévoile les soumissions déjà déposées auprès de Antoine Brusson, afin qu’il propose la meilleure offre. Lorsque d’autres entrepreneurs découvrent la manœuvre, ils protestent et  font annuler l’adjudication. Cette nouvelle irrégularité nécessite une nouvelle adjudication, retardant de quelques mois l’exécution des travaux.

 

E– La fin des travaux. (1852-1854)

La seconde adjudication ayant eu lieu le avant le 7 juillet 1852, les travaux sont finalement confiés à Arnaud Brusson qui termine la voûte et reconstruit le clocher-mur, d’après les plans de l’architecte Laffon réalisés en 1850.

 

L’édifice est achevé en 1853. Une première réception des travaux a lieu en décembre 1853[1][5]. La réception  définitive en est faite avant mars1854.

La bénédiction de la nouvelle église Saint-Blaise a lieu le 3 mai 1854  présidée par M. l’abbé Jean-Baptiste Teysseyre, chanoine honoraire, originaire de Layrac, du lieudit de Grinde.

 

 

        

 

  

   

                                   

 

 

État des travaux de 1854

Exhaussement des murs et reprise ; charpente et voûte à la Philibert Delorme

Construction  du clocher, des fonts baptismaux et deux chapelles. Couverture et carrelage

 

 

Variations au sujet du clocher, qui en fait sera reconstruit

 

[état  de la construction en 1851, travaux réalisés]

« Une nouvelle église a été élevée sur les anciennes fondations

Le chœur a été un peu agrandi. Deux chapelles ont été ajoutées et un emplacement pour les fonts baptismauxIl ne reste de l’ancienne église que le mur contre lequel est adossé le presbytère et le clocher qui sur monte ce mur. Le chœur a été un peu agrandi. 2 chapelles ont été ajoutées et un emplacement pour les fonts baptismaux » - ADHG, 2 O  724

«  la vieille église a été démolie à l’exception du vieux mur qui soutient tant bien que mal le clocher » - Rapport du curé Bonnes à Mgr l’Archevêque le 28 avril 1851 – ADT, Layrac.

« L’ancienne église soit qu’elle ait été trouvée trop petite et trop basse ou reconnue  insolide a été démolie jusqu’au niveau du sol, une nouvelle église a été élevée sur les anciennes fondations, le chœur a été un peu agrandi, deux chapelles ont été ajoutées ainsi qu’un emplacement entouré de constructions élevées contre le mur latéral de cette église en face de la porte d’entrée destinée aux fonts baptismaux et a un escalier devant arrêter au clocher il n’est resté de l’ancienne église que le mur contre lequel est adossé le presbytère et le clocher qui surmonte ce mur. La sacristie a été nouvellement reconstruite.», cahier de charge établi par l’architecte le 10 août 1850 ». 

 

[nouveaux travaux, nouveau devis]

« C’est avec ces données en nous conformant au programme dressé par le Conseil municipal que nous avons dressé le projet et devis d’achèvement de cette église, ainsi qu’on peut le voir. Une voûte d’arête à la Philibert Delorme sera construite sur l’entière église et sa chapelle, et pour cela, le comble actuel de la nef et du chœur sera démoli pour être replacé en contre-haut de ce qu’il est aujourd’hui, de 1 m 70 après que les murs d’exhausser d’une égale hauteur.
Il est facile de voir que la construction déjà exécutée, le clocher se trouve en partie enseveli dans le mur et que la position du clocher est telle qu’on est contraint à cause du bruit assourdissant qui en résulte dans l’intérieur de l’église de s’en interdire l’usage pendant les offices.

Par l’effet de l’exhaussement projeté pour donner à la voûte une proportion convenable […] cet état de chose nécessite la démolition du clocher qui sera reconstruit [comme indiqué]. La partie circulaire de l’abside sera rendue polygonale à l’intérieur afin que les ogives servant de directrices aux voûtes soient sur une surface plane. Contre les pilastres existants il sera appliqué de nouveaux pilastres pour supporter les arcs doubleaux en charpentes formant la séparation des voûtes d’arêtes » – Copie du cahier de charge[2][3], dressé par l’architecte, 10 août 1850, enregistré le 22 juillet 1852.

 

«  dans le cours des travaux la démolition d’une partie du mur qui devait être conservé ayant été reconnue indispensable, il y fut consenti par le conseil municipal » - Rapport du curé Bonnes à Mgr l’Archevêque le 28 avril 1851 (ADT, Layrac).

 

 

L’église est orientée [130°, sud-est, quasi-orientée].

Les mesures dans œuvre sont : pour la longueur,  15 m ; la largeur, 9,20 m ; la hauteur, 9,40 m ; la  surface : 200 m².

 


 

Bibliographie

-Senseby, Monographie de Layrac (monographie des instituteurs), BR 4° 587

-Christian Teysseyre, Églises et chapelles du canton de Villemur-sur-Tarn, ed. Empreinte, Portet-sur-Garonne, 2011.

 

Construction de la nouvelle église

 

Cette lettre du curé Bonnes  apporte  maintes informations

au sujet de la reconstruction de l’église paroissiale de Layrac.

 

18 avril 1851, M. Bonnes prêtre desservant à Mgr l’archevêque.

 

 

L’église de Layrac à cause de son état de délabrement demandait depuis longtemps non une réparation majeure (elle n’en était pas susceptible), mais une reconstruction… Vivement affligé de voir la maison de Dieu dans un état si peu convenable et qui le devenait encore moins de jour en jour, le 13 octobre 1839, je me fis un devoir de représenter en conseil de fabrique l’ urgente nécessité  de remédier à un pareil état de choses et il fut délibéré qu’un homme de l’art serait appelé pour tout examiner et dresser les plans et devis nécessaires. Quelques jours après M. Peyrusse conducteur des ponts et chaussées qui s’était déjà occupé d’églises dans le diocèse d’Albi, se rendit sur les lieux, convaincu de la modicité des ressources de la commune et de la fabrique, je demandai à l’ingénieur une entreprise qui ne dépassât pas le chiffre de 3000 fr et M. Peyrusse ayant tout examiné déclara la nécessité d’une reconstruction générale et 15 mai 1840 remit à la fabrique un plan et un devis portant une dépense de 12680 fr,95. Le conseil de fabrique dans sa session  du 4 octobre suivant, prit connaissance du dit plan et devis, adhéra et prit une délibération pour le renvoi à M. le Préfet et pour demander des secours.


Le 3 avril 1842 une nouvelle délibération dut prise dans les mêmes termes que le précédente et envoyée aussi à M. le Préfet et renvoyée sans doute toujours au conseil municipal qui faute de fonds a répondu d’une manière négative.

Toujours pénétré de mes obligations concernant la maison de Dieu et d’autant plus que si sa dégradation augmentait d’une côté, les ressources pour y parer ne se présentaient que peu à peu de l’autre, je n’aiu cessé d’exhorter et de presser vivement mes paroissiens  publiquement et en particulier. Sur mes instances la fabrique a délibéré sur le même sujet le 23 avril 1843, le 14 avril 1844 et  cette dernière délibération fut transmise par moi à M. le Préfet qui donna ordre à M. Chambert architecte du département  de se rendre à Layrac pour examiner l’état des choses.. Ce monsieur longtemps retenu à Toulouse ne put venir que vers la fin de février 1845. Son apport du 2 mars même année concluait à la reconstruction totale de l’Eglise, soit à cause de l’irrégularité choquante de sa construction, soit à cause de  son peu d’élévation  qui la rendait mal saine, soit à cause de l’impossibilité d’y faire aucune des réparation ou augmentations nécessaires  sans compromettre sa solidité, ce rapport fait aussi mention des craintes que fait éprouver aux habitants du presbytère le voisinage du clocher placé sur un mauvais mur mitoyen, dans les temps d’orage, M. Chambert trouvait convenable pour l’église de Layrac l’adoption d’un plan dressé par M. Delor architecte des hospices civils dont le devis portait la dépense à 24000 fr. Le rapport de M. Chambert transmis au conseil municipal, n’a pu avoir de suite, faute de ressources. J’eus à élever auprès du conseil municipal un erreur existant dans le rapport de M. Chambert qui par mal entendu avait avancé que je lui avais garanti pour l’entreprise de l’église une somme de 12000 fr consentie par plusieurs habitants de Layrac. Cette somme plus en projet qu’en réalité, devait provenir, partie des deniers de la fabrique, partie des quêtes à faire, partie de quelques obligations déjà consenties, mais qui à cause de quelques mal entendus, ont dû être rendues et l’ont été en effet aux souscripteurs pour un bien de paix. C’est ce qu’atteste la délibération du conseil du 30 mars et du 6 juillet 1845.

 

Le 5 octobre 1845, le 19 avril 1846, le 11 avril 1847, le 4 juillet 1847, le 31 octobre 1847 j’ai soigneusement occupé le conseil de fabrique de la nécessité de plus en lus pressante de pourvoir à l’église de la paroisse, et toutes les fois de nouvelles délibérations ont été prises. Enfin sur mes instances réitérées le 27 juillet 1847, M. le Maire de Layrac ayant fait à M. le Préfet une demande de secours. M. le Préfet voulut bien accorder le 1 octobre 1847 sur les fonds départementaux à la commune de Layrac, pour l’Eglise une somme de 1000 fr à certaines conditions qui n’ayant pas été remplies n’ont point encore [… ?].

 

Le 7 juillet 1849  désespérant de pouvoir arriver à de meilleurs résultats et fatigué à l’extrême de l’état d’indécence  où se trouvait l’église, je proposais au conseil de fabrique certaines réparations intérieures , mais les plus grandes possibles selon nos ressources, nous n’avions que 3000 fr, savoir 2766 provenant des allocations des années précédentes et 234 porté dans le budget de l’an 1850. Alors M. le maire et le conseil municipal  encouragés par les offres de la fabriques et par le secours offert par M. le Préfet crurent pouvoir s’occuper efficacement de l’Eglise. Les ressources étaient modiques, une pensée d’économe préoccupa et domina tous les esprits. On chercha et on appela dans la contrée un homme avisé qui par ses habitudes de travaux publics put alléger et servir promptement la commune. Cet homme fut M. Brusson, depuis quelques années entrepreneur de travaux publics à Villemur, jouissant dans sa spécialité d’une certaine réputation d’habileté et d’aptitude. On dit à M. Brusson ce qu’on voulait ; ayant déclaré l’insuffisance des murailles existantes pour supporter une élévation quelconque, il fit ses offres et s’obligea à terminer les travaux pour la somme de 8-àà fr. Une police fit passée entre lui et le conseil municipal, pour payer la susdite somme on comptait :

1)      sur 3000 fr de la fabrique

2)      sur 7000 fr pour lesquels une personne charitable venait de souscrire et qui ont été payées

3)      sur 1000 fr que les paroissiens devaient donner par [… ?]

4)      sur 1000 fr accordés par M. le Préfet

 

Quant au 100 fr qui restaient, l’entrepreneur s’était obligé à attendre 4 ou 5 ans  pendant lesquels la fabrique payerait  par annuité de 400 fr jusqu’à extinction de la somme.

 

Restait la question de l’autorité supérieure. A cela je dois dire que l bonne foi a régné chez tout le monde. A cet égard on avait généralement confiance à M. le Maire qui se montrait on ne peut plus bienveillant pour cette entreprise depuis longtemps désirée, parce qu’elle était nécessaire.. On pensait, moi le premier,  que les autorisations avaient été données par qui de droit.. Et après que j’ai eu demandé et obtenu de Mgr l’archevêque les permissions pour remplir provisoirement ailleurs l’exercice du culte, le 10 septembre 1849 la vieille église a été démolie à l’exception du vieux mur qui soutient tant bien que mal le clocher..

 

Dans moins de deux mois grâce aux nombreux ouvriers et à l’activité de M. Brusson, la nouvelle église a été mise au point où elle est actuellement [NDLR avril 1851] (dans le cours des travaux la démolition d’une partie de mur qui devait être conservé ayant été reconnue indispensable, il y fut consentie par le conseil municipal moyennant une indemnité de 500 fr offertes à l’entrepreneur et acceptée par lui ; pour payer cette somme on avait une nouvelle souscription de 500 fr.

 

(A suivre)

 

Les maires de Layrac en cette période furent :

Hugues Amat 1838 – 1848,

Fernand Crubilhé 1848 – 1852,

Jean-Baptiste Amat 1852 – 1852,

Gabriel Teysseyre 1852 – 1855.

 

Récit de l’arrestation à Layrac de François Viguier, neveu du curé, consorciste :

 

Layrac, dans la nuit du 28 au 29 Juillet 1796 [10 au 11 thermidor an IV].

«  La loi du 18 messidor, an IV [6 juillet 1796], prescrivait des visites domiciliaires à faire pendant un mois après l'application de cette loi. Pour procéder à ces visites obligatoires dont le but prin­cipal était de rechercher les réfractaires, le commissaire du Directoire exécutif du canton se rendit dans la commune de Layrac, accompagné des citoyens Crubilhé, agent munici­pal de cette commune, et de Cabié, agent municipal de Vil­laudric, suivis d'un détachement de quarante hommes de la Garde nationale.

Leur première opération fût d’investir, dans la nuit du 10 au 11 thermidor la maison du nommé Jean Teysseyre, habitant de Lescalère, attendant qu’il fit jour pour visiter sa maison et arrêter les gens suspects qu'on es­pérait y découvrir. Etant entrés sans résistance, les trois agents demandèrent à parler au maître de la maison, Jean Teysseyre, qui se trouva absent.

Ils ordonnèrent alors que tous les habitants de la maison leur fussent présentés : ce qui eut lieu aussitôt. Mais les agents durent reconnaître qu'il n'y avait là que les sœurs et les enfants de Teysseyre et trois domestiques de labour. Ils interpellèrent une de ses sœurs  : « Portant la parole si son frère ne donnerait point asile à Viguié, prêtre sexagé­naire, ex-curé du dit Layrac; elle répondit peu sur cette question, mais assura qu’il n'était point dans la maison; pour nous en convaincre nous fouillâmes avec le plus grand soin et ne le trouvâmes pas. Mais étant parvenus à une chambre et après l'avoir ou­verte, ils trouvèrent un individu dans un lit et lui demandè­rent qui il était, il leur déclara aussitôt être François Viguié, prêtre, neveu du curé. Il leur dit s'être fracturé une jambe dans la commune de Buzet. Les agents lui déclarèrent alors qu'il tombait sous le coup de la loi du 18 Messidor [6 juillet 1796], et le mirent en état d'arrestation. Ne pouvant être transporté à Toulouse à cause de son « incommodité », ils placèrent provisoirement auprès de lui une garde de six hommes jusqu'à ce que l'autorité supé­rieure en eut ordonné autrement. Procès-verbal fut dressé et envoyé a l'Administration départementale. On y précisait surtout ce qui avait trait à l'arrestation de François Viguié, prêtre, et à la menace du commissaire du Directoire exécutif à la famille Teysseyre et qui est ainsi conçue : « J'ai promis à la famille Teysseyre que s'ils donnaient asile au vieux Viguié, ex-curé, toutes les précautions seraient prises pour qu'il fut arrêté et que Teysseyre lui-même le serait aussi pour être jugé en exécution de la loi du 22 Germinal, An II, qui déclare complices des prêtres déportés les citoyens qui les recèlent ». Adrien  Escudier, Monographies de Bouloc, Villeneuve-lés-Bouloc  et Vacquiers, canton de Fronton, Fournié, 1933.

 

 

 

 


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