la Rivière le Tarn   



 

 

La Rivière le Tarn

 

 

 

Le Tarn traverse le canton de Villemur sur 9 km de Mirepoix (limite avec Bessières) à Villemur (limites avec Varennes. Plusieurs villages  sont dénommé « sur-Tarn » : Villemur, Layrac, Mirepoix, La Magdelaine. Mirepoix, au milieu du XVIII, était déjà  ainsi désigné (BMS) : Mirepoix-sur-Tarn.

Tel lieu-dit en avant de Sagnes, où la rivière engage une grande courbe, porte le nom de « Courbetarn ».

 

Le Tarn est une voie navigable et commerciale

Au XVIIIe siècle on considérait les rivières  affluents de la Garonne comme navigables qu’au moyen de chaussées de pierre ou de bois retenant les eaux et empêchant la rapidité de leur écoulement.

Villemur dispose d’une commerce portuaire

 

1923, fin de la navigation sur le Tarn avec la fermeture des écluses. Le dernier bateau à franchir le Tarn est une péniche à vapeur : le Charlot.

Sources : AVH- les grandes dates de l’histoire de Villemur

 

Divers aspects ont été abordés dans l’étude des voies de communications :

- les bacs

- les ponts

- le transport par bateaux

 

Ici, trois autres aspects retiennent notre attention

- les métiers de la rivière

- le cours de la rivière : digues et chaussées, pèche, inondations

- les moulins

 

1 / Les métiers de la rivière

 

 

A Villemur comme ailleurs on appelait les gens de la rivière, les marins.

En mars 1793, 193 matelots sont partis, 30 autres doivent partir au dernier jour du mois ou le surlendemain. La ville doit fournir 150 hommes (cf. AM-Villemur, délibération).

On trouve par exemple l’expression  gens de mer  dans la délibération du 11 mai 1777. En 1804, Pierre Pendaries est-il désigné comme ancien syndic des gens de mer.

 

A / Les métiers de la rivière

 

Les mariniers :

A Villemuron les appelait les marins. Non sans raison, car ils étaient couchés sur les registres de l'inscription maritime établie par Colbert. Le roi levait dans la ville un fort contingent de matelots pour ses vaisseaux de haute mer. La durée du service était de 5 ans, puis les marins étaient mis en disponibilité. Leurs fils, inscrits à leur tour sur les rôles de l'inscription maritime, prenaient à leur majorité le chemin de Rochefort ou de Toulon. En 1761, on évalue à plus de 400 le nombre de Villemuriens servant dans la marine royale et à 700 ou 800 les hommes rentrés dans leurs foyers et restés en disponibilité. Leur service sur les vaisseaux du roi et leur séjour dans les ports eurent de graves conséquences sur eux-mêmes et pour a cité tout entière. En 1733, 1752, 1762, les consuls s'émeuvent de la situation sanitaire de la ville. Les matelots, disent leurs rapports au conseil, « rentrent chargés d'infirmités de blessures et surtout atteints de scorbut. Cette terrible maladie fait périr presque tous les les marins, infectant et entraînant la mort de leurs femmes et de leurs enfants ».

[NDA : le scorbut qui frappait les marins n'est pas contagieux. Ce mot devient dans ce texte un euphémisme désignant une maladie vénérienne considérée comme honteuse].

Marcel Peyre, op. cit., p, 47-48

 

 un certain nombre de métiers découlent de la situation villemurienne :

- liés au transport

- au passage de la rivière (bac)

- à la fabrication des bateaux

- à la pêche.

- aux moulins

 

 

Le Tarn concentre un certain nombre d’emplois,  avec  la pêche, la navigation fluviale[1] et le transport de vivres[2], comme également la construction de bateaux. On constate un grand nombre de gens qui, à Villemur, vivaient de la rivière : patrons de bateaux, maîtres de bateaux,  matelots. En 1793 il y avait plus de 180 matelots Villemuriens sous les drapeaux. Il y avait un « syndic des gens de mer »[3]. Il y a donc un grand nombre de mariniers appelés « les marins »[4]. Ce terme de marins  est ordinairement en usage alors, en maints lieux,  pour désigner cette catégorie professionnelle.

 

Les métiers de la rivière sont liés à la navigation fluviale (fabrication de barques, navigation, commerce), mais aussi à la pèche.

Ceux-ci voient se constituer une sorte de notables et de lignées : les Durand, les Sabatié, les Chaulet, les Galan.

 

Relevé sur les années 1745-1750

 

Patron des bateaux

Maître des bateaux

Faiseur de bateaux

radeliers

Mariniers

ou marins

 

1740-175

Les Durand : Pierre, Joseph, Michel, Alexandre, Barthélemy

--

les Chaulet vidal

--

Sabatié : Joseph, Pierre

--

Pierre et Jean Benech 

--

Pierre et Jean Malpel 

--

Pierre Vincens

--

Jean Chaubard

Jean Blanc

--

Arnaud Gourdou

--

François Astoul

--

Pierre Balade

--

Jacques Pendaries

Jean-Antoine, Pierre, Jean et Joseph Sabatié

--

Jean Pendaries

--

Jean, Antoine et joseph Gibert

--

Barthélemy, Pierre 

Michel

 et Jean Durand

--

Vidal, Gaspard, Jean  et Mathieu Chaulet 

--

Pierre  Bosc

--

Antoine Brusson

--

Pierre Benech

Jean et Antoine Galan

--

Dominique et Jean Ricard

Salvi, Pierre, Antoine, Vidal

Jean

Galan

--

Antoine Alzonne

--

Jean Fourtanié

--

Jean Castela

--

Antoine Rieux

--

Hugues Brusson

--

Jean Malpel

--

Antoine et Joseph Hugonenc,

Jean Menestral

Arnaud et Benoit Gourdou

Gaspard Chaulet 48

Pierre Pendaries

Pierre Rouquié

André Rouzières

Jean Durand

Jean Blancal

Jean Gay

Jean Malpel

Pierre Bosc

Jean Malpel

--

matelots

Barthélemy et Jean Brusson

Pierre et Jean  Malpel

Pierre Galan

Jean Valade

Jean et Pierre Alzonne

Pierre et Antoine Chaubard

Jean Faure

Jean Valade

Henri Pélissier

Lean Lacroix

Hilaire Malbert

Jean Montamat

Guillaume Dental

Bernard et Jean Maury

Jean Gay

Jean Durand

Nicolas Sérié

Etienne Esquié

Jean Rouzié

Joseph Sabatié

Jacques Vernière

Jean Terral

Joseph Darbieu

 

Pécheurs : Pierre Brusson 

 

NB Nautonnier désigne la personne qui conduit une embarcation et notamment, au sujet du bac, la personne qui la charge de faire passer la rivière en bac aux personnes et animaux comme au chars.

 

[1] Le transport des marchandises par la route coûte très cher, 20 fois plus cher que par la voie d'eau.

[2] Cf. Marcel Peyre, op. cit., p. 42. Par voie d’eau, on transporte des grains, notamment du seigle, et aussi du vin, qui de Bordeaux était vendu en Angleterre et en Flandres, comme également le pastel. Dès 1316, le conseil de ville interdit l’importation de vins étrangers, sous peine de confiscation des futs et de leur contenu. Le transport de Villemur à Bordeaux demande trois semaines et davantage pour le retour. La gabarre était un des bateaux utilisés, grande barque à fond plat - 18, 40 m de long, 2 m de large, 1,18 m de hauteur, pouvant transporter des cargaisons de 30 tonnes.

[3] On trouve par exemple l’expression  gens de mer  dans la délibération du 11 mai 1777. En 1804, Pierre Pendaries est-il désigné comme ancien syndic des gens de mer.

[4] Marcel Peyre, op. cit.,pp. 47-48 : « A Villemur on appelait les mariniers, les marins. Non sans  raison, car ils étaient couchés sur les registres de l’inscription maritime établie par Colbert. Le roi levait dans la ville un fort contingent de matelots pour ses vaisseaux de haute mer. La durée du service était de cinq ans, puis les marins étaient mis en disponibilité. Leurs fils, inscrits à leur tour sur les rôles de l’inscription maritime, prenaient à leur majorité le chemin de Rochefort ou de Toulon. En 1761, on évalue à plus de 400 le nombre de Villemuriens, servant dans la marine royale et à 700 ou 800 les hommes rentrés dans leurs foyers et restés en disponibilité. Leur service sur les vaisseaux du roi et les séjour dans les ports eurent de graves conséquences sur eux-mêmes et pour leurs proches comme aussi pour la ville, car ils rentraient souvent ‘’chargés d’infirmités, de blessures et surtout atteints du scorbut’’ ». En mars 1793, 193 matelots sont partis, 30 autres doivent partir au dernier jour du mois ou le surlendemain. La ville doit fournir 150 hommes (cf. AM-Villemur, délibération).

 

En 1831, le curé Bergerot fait mention de la confrérie Sainte Catherine : « Il y avait une confrérie en l’honneur de sainte Catherine que les marins ont prise pour leur patronne[1]. Elle avait formé une association pour l’entretien de la chapelle et pour le soulagement des marins infirmes ou hors de service. Elle ne compte presque aucun membre. La fête patronale a été transférée par l’ordinaire au dimanche après l’assomption de la Sainte-Vierge elle n’est depuis trois [ans] célébrée que le 25 novembre, presque sans pompe ».  

 

 

B / Commerce et transport

 

 

Les marchandises transportées

 

« A la fin du XVIIIème siècle, grâce au carnet de comptes de G. Galan (déjà cité), nous connaissons avec précision la nature et l'importance des cargaisons des gabarres. On exportait vers l'aval, des céréales surtout le seigle (rarement le blé) et le vin. Ainsi en 1787 Galan transporta à Bordeaux 428 sacs de seigle (environ 30 tonnes). A partir de 1794, il se livre surtout au transport du charbon de terre. Ce charbon, provenant du bassin de Carmaux récemment mis en exploitation était embarqué à Gaillac ou à l'Isle. L'unité de mesure : le ferrat (seau) contenait 10 kg.  Galan note un chargement de 33116 ferrats soit environ 31 tonnes qu'il vendit par fractions tout le long de son voyage jusqu'à La Réole. Un autre chargement, en 1795, fut transbordé à Bordeaux sur une galiotte hollandaise". Au retour le fret était constitué par le sel, vendu par « mines ». Une mine de sel valait 38 litres. Ce sel était livré principalement à Montauban ou à Lavaur. Galan achète aussi à Bordeaux, par centaines

des barils de petites sardines salées (sardous), très appréciées par nos aïeux. Il note aussi quelques transports de tabac et de laine.

 

Ce maître de bateaux avisé et méthodique enregistre aussi le prix des denrées transportées. On peut suivre ainsi la chute verticale de la valeur réelle de la monnaie avec l'a multiplication des assignats. Le blé qui valait 20 sous (1 livre), le sac en 1781 est payé 24 livres en 1796. La mine de sel passe de 8 livres 10 sois en 1791 à 22 livres en 1794 puis à 180 livres en 1795. En 1796, un chargement de charbon payé 600 livres en bonne monnaie est vendu 600 000 livres (1000 fois plus) en assignats. Ainsi le prix est très différent selon que le paiement est effectué en bonne monnaie de métal ou en billets. Le quintal de charbon se paie 24 livres en bonnes espèces et 4 500 livres en assignats.

 

En 1850 furent édifiées les chaussées et les écluses actuelles qui découpaient le cours de la rivière en biefs suffisamment profonds. Les gabarres à faible tirant d'eau furent remplacées par de vraies péniches tirées par des chevaux progressant sur le chemin de halage. Au début de ce siècle on vit même des péniches à vapeut. Ces péniches rendirent de grands services en 1914. L'armée mobilisait les wagons pour acheminer vers le front hommes, vivres et munitions. Le gouvernement demanda aux industriels d'utiliser en priorité, pour les transports, la route et la voie d'eau. A Villemur, M. Antonin Brusson fit appel à la batellerie pour approvisionner son usine en charbon et en cartonnages. Il fit même remettre en état le Triomphant, une péniche achetée d'occasion. Pour son voyage il la confia à un certain Malpel, plus connu par son surnom : lou Catet dé la Ménino. La péniche obéissant mal à son pilote manqua l'entrée de l'écluse des Dérocades et s'écrasa sur la chaussée. Il n'y eut pas de victimes dans ce naufrage qui marqua la fin du Triomphant ».

Marcel Peyre, op.cit., p. 49-50.

 

Le Pastel ?

Marcel Peyre mentionne le pastel parmi les marchandises transportées.  Il précise : « Le pastel était cultivé dans nos coteaux et traité sur place. Un quartier de Bessières s'appelle : le Pastellier. Dans la première moitié du XVIème siècle, le pastel a fait la fortune de notre région. Nos bateliers Villemuriens ont longtemps participé à cet important trafic … la culture du pastel déclina très rapidement pour disparaître de façon définitive. La sécheresse exceptionnelle de 1559 compromit gravement la récolte ». Marcel Peyre, op. cit., p. 49. Jeannette Lagarde emprunte la mêm azpproche.

 

Le transport du pastel albigeois a, en effet, descendu le Tarn en direction de Bordeaux à partir de 1520, dans une troisième période de développement commercial [cf tableau établi par Christian Cau, le pastel, Loubatières,1998, p. 15]. Par contre le Villemurois n'a pas été  un espace producteur de pastel., celui-ci, d'ailleurs relatif, dans une extension de la zone productrice première, s'arrête à Saint-Sulpice-la-pointe, à la pointe du diocèse de Lavaur. Pas de culture du pastel dans le diocèse ecclésiastique de Montauban dont Villemur fait partie)..
Voir notre présentation détaillée à : Agriculture

 

 

 

la navigation

 

 

Les bateaux

Les gabarres – il ne s’agit pas d’un terme générique, mais d’un type de bateau. Ce sont de grandes barques, à fond plat , relevées aux extrémités, de dimensio variable, mais de même profil. Elles sont longues pour avoir un tonnage suffisant, mais étroites pour franchir les écluses. Nous connaissons leur structure par les descriptions apportées notamment par Germain Galan, à la fois constructeur et maître de bateaux.

Ainsi en 1781, une gabarre qui vient d’être construite, mesure 10 cannes et 2 pans de long [18,45 m] et 9 pans de large [2,02 m] et 5 pans ¼ de hauteur [1,18 m]. elle jaugeai 25 tonneaux, pouvant transporter des cargaisons de 30 tonnes. Telle autre, quelques années après, plus petite, mesurait 15,30 m de long,  1,90 de large et 1,12 de haut. On construisait aussi de petites gabarres (gabarrots), destinés aux pécheurs de sable ou de poisson [une construite pour un pécheur de Mirepoix mesure 9,90 de long, 1 m de large, 0,56 de haut]. Les gabarres faisant de longs trahjets comportaient un  compartiment couvert.

Cf Marcel Peyre, op.cit.,p. 48

 

 

un naufrage

Le 3 février 1786, bateau de Pierre Lafage de Villemur, " Le Renougagne ", coule en face de Sainte-Raffine, vers 3 heures de l'après-midi. Le constat de ce naufrage est fait devant Jean-François Gerla, notaire de Villebrumier qui en fait la relation en ces termes : " Il survint un coup de vent si furieux, mêlé de neige et de pluie, qu'il fit entrer plusieurs lames d'eau dans le bateau, au point qu'il coula à fond malgré que les comparants fissent tout leur possible pour l'éviter de sorte que les dits comparants furent obligés de se sauver à la nage.... " Les 3 mariniers, le patron du " Renougagne " et ses 2 matelots, ont réussi à réchapper de ce naufrage.

Site internet « entre nous » Villebrumier

 

2 / le cours de la rivière

 

Le débit  ordinaire du Tarn est de 189 m3 seconde.

Au XVIIIe siècle on considérait les rivières  affluents de la Garonne comme navigables qu’au moyen de chaussées de pierre ou de bois retenant les eaux et empêchant la rapidité de leur écoulement.

 

 

A – écluses, digues et chaussées

 

On dénombre deux écluses en 1865 : celle de Villemur et, 1 km en aval, celle de Dérocade. Et une autre à l'Escalère (Layrac)

L’écluse du « Vieux Moulin » est le vestige le plus visible aujourd'hui du trafic fluvial qui s'exerçait sur la rivière depuis des temps immémoriaux.

A Villemur, il y a une chaussée et une écluse de 5 à 6 m de largeur

 

Des travaux de modernisation pour la canalisation du Tarn seront alors nécessaires et l'Etat les attribuera par adjudication à l'entrepreneur en charpente et en maçonnerie Antoine Brusson, dit Jeantet.

La débâcle des eaux suite aux gelées de janvier 1789 et celle du 23 janvier 1830 ont ruiné les ouvrages antérieurs, la chaussée, le moulin et l'écluse rive gauche.

Il fallait donc reconstruire une digue et une autre écluse, cette fois sur la rive droite.

 

 

L’administration des Ponts et chaussées p 180 qui a pris à sa charge l’écluse établie rive gauche par Ménoire, décide de la désaffecter et de construire une écluse de l’autre côté du Tarn,  rive droite.

Antoine Brusson obtient l’adjudication du nouvel ouvrage (136.520, 28 fr) travaux commencés en 1838.

Le 7 mai 1844 18 m de la partie rectiligne de la chaussée s’effondre brusquement   à l’endroit de la jonction avec la partie la plus récente. Les propriétaires sont excédés, l’Etat les somment de reconstruire le barrage. Ils refusent. Démélées de ‘ ans entre le ministère du Commerce, le Préfet de la Hte-Gne, La direction Générale des ponts et chaussées  et les propriétaires des moulins. Pour l’Etat la navigation  est la priorité n°1. devant l’attitude de Tauriac et de ses associés, l’Etat décide de faire  construire une nouvelle chaussée pour laquelle il leur réclamera une quote-part de 72.000 fr plus 500 fr par an pour frais d’entretien Antoine Brusson obtient l’adjudication construit le bel ouvrage toujours présent de 1846 à octobre 1848 (350.000 fr) [op. cit., Gérard Brusson,p 180]

 

Les chaussées : La rivière était coupée par des chaussées (paissières). Ces ouvrages, moins nombreux qu'ils ne le sont aujourd'hui étaient destinés à aménager des chutes d'eau fournissant l'énergie hydraulique aux moulins. A Villemur cette chaussée était située un peu en aval du barrage actuel, à la hauteur de la Tour de défense. Quelques uns de ces pilotis sont encore visibles aux basses eaux. Construits partie en maçonnerie et partie en bois, ces ouvrages résistaient mai à la poussée des eaux lors des fortes crues au à la débâcle des glaces consécutive au dégel à l'a suite de froids exceptionnels. Ils furent plusieurs fois en partie emportés ainsi que les moulins comme en 1709 et en 1789.

 

Nous avons les plans de la chaussée en 1816. Elle comprend une partie en bois. L'écluse est aménagée près de la rive gauche. Cette chaussée ainsi que les moulins disposés aux deux extrémités étaient des biens propres de M. de Ménoire dernier seigneur de Villemur. La Révolution avait enlevé au vicomte le bénéfice de ses droits seigneuriaux mais, comme il n'avait pas émigré, ses biens personnels lui furent laissés. En 1816, Louis XVIII confirma le titre de propriété à ses héritiers. A cette époque, l'ouvrage était en mauvais état, faute d'entretien. Les propriétaires refusaient d'effectuer les réparations indispensables qui, disaient-ils, incombaient à l'Etat, puisque la chaussée servant à la navigation était d'intérêt public. Un long procès s'ouvrit, opposant l'administration et la petite fille de M. de Ménoire, Mme de Brivazac. Ce procès, aux péripéties diverses, avec de nombreux appels et recours fit l'objet d'arrêts contradictoires.

Lassée sans doute, la propriétaire abandonna ses droits à l'Etat en 1843.

Marcel Peyre, op.cit. p. 48

 

 

VILLEMUR

 

chaussée de Villemur 

-  une chaussée parait trouver place sur le Tarn à Villemur au temps de Pierre de la Voir  [cf. Sevène, op. cit., p. 138]. Elle est mentionnée au début du XVIIIe siècle ; n'est-elle pas souvent emportée par les crues ou par la débacle des glaces consécutive au dégel, à la suites de froids exceptionnels : ainsi en 1709 et 1789 [cf M. Peyre, op.cit., p. 48],  alors située un peu en aval du barrage actuel, à hauteur de la tour de la défense.

 

- l’écluse de Villemur,

L'écluse s'inscrit avec la création de la chaussée pour permettre la navigation.

* une écluse existait-elle sur la rive gauche, à hauteur du Pas [le Pas comme toponyme, renvoie-t-il au passage du Tarn par le bac ou au pas de l'écluse, près du moulin qui se trouvait à ce niveau jusqu'à sa mise hors service à la suite de la rupture de la digue des moulins en  jancier1789 - débâcle des glaces]. Puis ensuite reconstruite à  proximité du moulin de la rive gauche ?  faisant 5 à 6 m de largeur. Ne lit-on pas en 1839 : "l'écluse de Villemur, établie à l'extrémité droite du barrage, livrée à la navigation le 22 octobre 1839, en remplacement de celle qui existait à l'extrémité gauche et qui tombait en ruines"

l’extrémité droite du barrage. L' écluse de navigation menaçant ruine est alors reconstruite, et livrée à la navigation le 22 octobre 1839.

 

 

 

En 1850 furent édifiées les chaussées et les écluses actuelles qui découpaient le cours de la rivière en biefs suffisamment profonds [Marcel Peyre, op.cit., p. 50]

Au XIXe siècle seront édifiées les chaussées de Bessières, Escalaire (Bondigoux), Villemur [reconstruite], Dérocade. [voir ci-dessous]

 

 

 Le barrage de l'Esaclère ou Escalaire

 

Lors de la création de la Société du moulin de Bessières en 1841 (reprise des statuts formés en 1837) - le marquis de Lostange, déclare avoir « le barrage de l'Escalère, situé dans sa propriété, du côté des deux rives du Tarn » (commune de Bondigoux).  Son édification est décidée en 1837, achevée avant 1841.

1838 : construction de l'écluse (cf AD Tarn  3 S 2/8), avec celle de Bessières et Saint-Sulpice.

 

A plusieurs reprises (2010, 2011), il a été question ces dernières années de la suppression de cette chaussée, selon la demande de la société Rouleau Guichard (entre autres société de production d’électricité)  pour faire progresser le débit d'eau et augmenter la production  hydroélectrique de sa micro-usine installée à Bessières. Projet qui suscite  des inquiétudes avec les conséquences graves qu'entrainerait la baisse inéluctable du niveau de la rivière Tarn sur l'irrigation des cultures, le risque de pollution,  la sécurité incendie des usines Lagrange (Lapeyre) riveraines..(cf La Dépêche du Midi 26 octobre 2011). Les diverses parties hostiles à ce projet demandent la réhabilitation du barrage.

 

 

Le barrage des Dérocades est  en cours de réalisation en 1841, terminé en 1845.

 

 

 

suivi des travaux

 

 

Procès verbaux chambre des députés session mars 1837 p (225) –  rapport N° 120

Rapport – exposé des motifs et projet de loi sur l amélioration des rivières par M. le ministre des travaux publics de l’agriculture et du commerce séance du 8 mars 1837

 

Il existe trois barrages éclusés sur 51 km ou 13 lieues à L’Isle, Rabastens et Villemur [de 5 à 6m de largeur, situées à L'Ile, Rabastens et à Villemur] et 6 en Tarn et Garonne. Ces ouvrages sont loin de suffire pour assurer la continuité de la navigation du Tarn inférieur. Dans l’état actuel des choses, la circulation est complètement interrompue aux époques de sécheresse. En tout temps le manque de profondeur d’eau, les écueils que l’on rencontre dans le lit de la rivière, la rapidité de son cours sur un grand nombre de points rendent la navigation difficile et incertaine, les bateaux venant d’Albi ne pouvant continuer leur marche au-dessous de Gaillac qu’après avoir opéré des transbordements toujours fâcheux pour le commerce.

Partout où l’influence de ces retenues se fait sentir, c’esdt à dire à 5-6 km en amont de chacune d’elles, la navigation est facile et continue, mais sur tout le reste de la rivière elle rencontre des obstacles souvent insurmontables. on se propose de faire disparaitre ces entraves au moyens de  nouveaux barrages , éclusés qui compléteront le système de canalisation de la rivière ; Montans, Lastours (entre Gaillac et le barrage de l’Isle), 3 entre Rabastens et Villemur, le premier à l’embouchure de l’Agout, près de Saint-Sulpice-la-pointe, le second près du village de Bessières et le dernier à l’Escalère (en Tarn-et Garonne deux barrages seulement  sont nécessaires dont le premier  près de Saliens entre Villemur et Corbarieu).

 

1° Entre Gaillac et l'Isle deux barrages dits de Lastours et de Montans; 2° le barrage de Saint-Géry entre l'Isle et Rabastens; 3° de Rabastens à Villemur, entre les barrages existants, ceux dits de Lescalère, de Bessières et de la pointe Saint-Sulpice.

La commission d'enquête ayant proposé de changer l'emplacement des écluses de Lastours et de Montans, cette circonstance exigera probablement un nouvel examen de l'affaire; les formalités d'expropriation, qui ne sont pas encore sur le point d'être terminées, auraient d'ailleurs retardé l'exécution de ces écluses.

 

 Au reste, si l'intérêt privé s'est ému des changements que l'on doit apporter dans l'ancien étal de choses, les intérêts généraux du commerce et de l'industrie se sont fait entendre à leur tour.

Le conseil municipal de Gaillac, la chambre consultative des arts et manufactures d'Albi, les Commissions d'enquête ont proclamé d'une voix unanime l'importance de l'amélioration du Tarn-Inférieur et haie de Unis leurs vœux l'exécution de ce travail. Elles ont rappelé que le Tarn dirige sur Bordeaux le produit des riches houillères 'de Carmaux, qu'il sert de voie de transport aux céréales et surtout aux vins que la commune de Gaillac expédie sur Paris; que sa navigation se lie intimement à celle de la Garonne; enfin , que les travaux d'amélioration exécutées à grands frais entre Albi et Gaillac, ne pourront porter leurs fruits, tant que la partie inférieure du cours de la rivière restera dans l'état d'imperfection où elle se trouve aujourd'hui.

Sans doute cette voie navigable, même dans sa position actuelle, est utilisée par le commerce; mais doit-on en conclure, comme l'ont fait quelques insensés qu'elle suffise à tous ses besoins? non, sans doute : car, en se prêtant aux imperfections dé la navigation du Tarn-Inférieur, en surmontant à force de temps et de dépenses, tous les obstacles qu'elle lui opposait, le commerce n'a cessé de réclamer contre un état de choses qui lui impose de pénibles sacrifices.

 

Situation des travaux au 31 décembre 1842,

administration générale des Ponts et chaussées et des mines, imprimerie royale, 1843 p. 322.

 

Les travaux entrepris dans ce département consistent dans la construction d'une nouvelle écluse au barrage de Villemur, l’établissement d’un chemin de halage longeant la ville, la construction d’un barrage éclusé au lieu dit les Dérocades, à 2323 mètres en aval de celui de Villemur, et dans la réparation de ce dernier barrage.

L’écluse de Villemur, située à l’extrémité droite du barrage, en remplacement de celle qui existait  à l’extrémité gauche et qui tombait en ruine, est entièrement terminée et a été livrée à la navigation le 22 octobre 1839

Le chemin de hallage indispensable pour assurer en tout temps la navigation et le facile accès de la nouvelle écluse, est en partie fondé à l’aval ; on construit en amont, le pont de communication avec la berge, et ce travail pourra être terminé dans la campagne prochaine.

Le barrage éclusé des Dérocades, destiné à former, à l’aval de la chaussée de Villemur, un bief qui puisse en toute saison, offrir un tirant d’eau de 1,20 m  au moins, aurait pu être terminé dans la campagne dernière, si les crédits eussent été suffisants. La maison d’éclusier est terminée ; l’écluse est fondée et prête à recevoir son couronnement et ses portes. Le barrage qui doit avoir 120 m de longueur, est fondé sur 108 m et couronné sur 96. La majeure partie des matériaux est approvisionnée à pied d’œuvre.
Les dépenses faites au 31 décembre dernier, dans le de département de la Haute-Garonne, s’élèvent à 308,684 F.

 

 

Travaux de 1845

Les travaux entrepris dans le département de la Haute-Garonne consistent dans la reconstruction de l'écluse de Villemur, l'établissement d'un chemin de halage longeant la ville, la construction d'un barrage éclusé au lieu dit les Dérocades, à 2,323 mètres en aval de celui de Villemur, et dans la reconstruction de ce dernier barrage.

 

Ecluse de Villemur

L'écluse de Villemur, établie à l'extrémité droite du barrage, en remplacement de celle qui existait à l'extrémité gauche et qui tombait en ruines, est entièrement terminée et a été livrée à la navigation le 22 octobre 1839.

 

Chemin de halage

On vient de terminer le chemin de halage, indispensable pour assurer en tout temps la navigation et le facile accès de la nouvelle écluse; mais il reste à reconstruire le barrage qui a été emporté en 1844 par une crue du Tarn.

 

Barrage éclusé des Dérocades

Le barrage éclusé des Dérocades, destiné à barrer, a l'aval de la chaussée de Villemur, un bief qui puisse en toute saison offrir un tirant d'eau de 1 mètre 20 centimètres au moins, est aussi terminé. .

Les dépenses faites au 31 décembre dernier, dans le département de la Haute-Garonne, s'élèvent à  473,982 F

Ministère des travaux publics – administration générale des Ponts et Chaussées et des Mines – situation des travaux au 31 décembre 1845 |[Paris, imprimerie royale, mai 1846, p. 176]

 

 

 

En 2009 était à l'ordre du jour figurait l'arasement des deux chaussées de Derrocades et de l'Escalaire. Ces projets de suppression rencontrèrent un nette opposition. En effet, ils auraient entraîné une baisse importante du niveau des eaux du Tarn, dans certaines localités, et remettant en question toute activité liée à la rivière : pêche, irrigation et navigation. Il est à noter l'opposition unanime des élus des communes riveraines du Tarn à ces projets. Voir ci-dessus au sujet de l'Escalaire.

Source La Dépêche du Midi.

 

 

contentieux moulins (propriétaires) et  navigation (mariniers)

au sujet de la chaussée 

 

 

N° 2. Moulin de Villemur sur le Tarn. —Ouvrages uniquement destinés à l'usage de la navigation, et ne devant pas être à la charge des usines. — Décision ministérielle annulée

 

Dans le barrage des moulins de Villemur, situés sur le Tarn , département de Tarn-et-Garonne,  , et ayant une existence très ancienue, il existe une écluse de navigation. — Une ordonnance royale du 8 octobre 1815, fixant le règlement de cette usine, met à la charge du propriétaire « l'entretien de la chaussée et autres ouvrages d'art, dans la forme et les dimensions qu'ils ont actuellement. » —Des plaintes ayant été élevées, en 1823, par les mariniers, sur les difficultés qui résultaient pour la navigation, dans cette partie de la rivière, de la forme du barrage, aux abords de l'écluse des moulins de Villemur, le préfet intervint et le ministre de l'intérieur rendit le 27 août 1825 une décision ainsi conçue:

 

« Il est ordonné aux propriétaires des moulins de Villemur, tant dans leur intérêt particulier que dans celui de la navigation, de rétablir promptement, en ligne droite. la portion de digue oblique en charpente, qui réunit leurs usines; de combler l'affouillcment qui existe au pied du bajoyer de droite de l'écluse aliénant à cette digue, et de consolider les fondations de ce bajoyer, au moyen d'une risberme remplie en maçonnerie de béton, et défendue par une file de pieux jointifs »

Celle décision a été attaquée devant le Conseil délai par les sieurs de Tauriac et Roques, propriétaires de ces moulins, qui ont soutenu:

« 1° Que la digue ou chaussée actuelle de cette usine, n'avait jamais existé entièrement en ligne droite, et que dans le principe, sa construction n'ayant pu être achevée en maçonnerie, il en avait été exécuté une partie en charpente, telle qu'elle se trouvait en ce moment; — 2° Que l'ordonnance royale du 8 octobre 1815, quia maintenu leur vendeur, dans la jouissance desdits moulins et de leurs dépendances , ne leur imposait d'autre obligation que d'entretenir la chaussée et les ouvrages accessoires, dans la forme et les dimensions qu'ils avaient à cette époque. »

 

Le ministre de  l'intérieur fit observer « Que des dernières vérifications faites sur les lieux par les ingénieurs, il résultait : que le barrage en maçonnerie n'avait jamais été terminé entièrement; qu'il n'en avait jamais existé d'autre que le barrage actuel en charpente. « ayant la forme d'un chevron brisé; que dès lors, comme l'ordonnance de 1815 n'oblige les propriétaires des moulins de Villemur, qu'à entretenir la chaussée de ces moulins et autres ouvrages en dépendant, dans la forme et les dimensions qu'ils avaient à cette époque, on ne pouvait les forcer à rétablir un état de choses qui n'avait jamais existé. »

 

C'est d'après cela qu'est intervenu l'arrêt suivant, sur le rapport de M. Legrand, maître des requêtes: 6 juin 1830 (Sieurs de Tauriac et Roques)

 

Charles, etc.

Sur le rapport du comité du contentieux;

En ce qui touche le changement d'état de la chaussée, — Considérant qu'aux termes de l'ordonnance royale du 8 octobre 1815, les propriétaires des moulins de Villemur ne sont tenus que d'entretenir la chaussée et autres ouvrages dépendants de ces moulins, dans les formes et dimensions qu'ils avaient à l'époque de ladite ordonnance, et qu'ils ont encore aujourd'hui;

En ce qui touche la consolidation de l’un des bajojers de l'écluse,—Considérant que l'obligation imposée aux requérants d'entretenir la chaussée et autres ouvrages, ne peut s'étendre à [écluse à sas, uniquement destinée au service de la navigation et dont la réparation ou le perfectionnement doit être une charge publique;

Art. 1". — « La décision de notre ministre de Pin teneur, en date du 27 août 1825, est annulée. »

 

Source : Nadault de Buffon (Benjamin-Henri, M.), Des usines sur les cours d'eau développements sur les lois  et  réglements qui régissent cette matière, ed Carilian-Goeury et Vr Dalmont, Paris, 1840-1841.

 

 

 

 

 

 

B- pèche

 

la pèche a fait l’objet d’une exposition à la tour de défense de Villemur.  

 

Nous reprenons des éléments du témoignages de Mme Marguerite Belmontet née Brusson[1] recueilli par M. Georges Labouysse et le Dc Henri Grimal, rapporté par Mme Jeannette Lagarde. 

il s'agit de décrire le travail d'un des dernier pécheurs professionneles : M. Brusson dit Fuseau , père de la narratrice, vivant à à l’Escalère. La description porte sur les sortes de poissons, les lieux de vente, et le matériel de pèche.

 

poissons:

Sophies, sièges, barbeaux, gougeons, anguilles, carpes

 

lieu de vente

« Le poisson était vendu dans les campagnes ( grosses carpes pour les dépiquages), au marché Victor-Hugo à Toulouse où l’on apportait des gougeons avec la diligence, à Monclar-de-Quercy où l’on se rendait avec une ânesse »

 

matériel

-la nasse en osier de 1,5 de longueur, monté sur un arc de 0,5 m,à 0,6 de diamètre – utilisée surtout en été pour attrape la sophie, la siège et le barbeau.

-Le bartuel ou gougeonnier, sorte de nasse à filet que l’on plaçait au milieu du Tarn ; gougeons et petit poissons à la fin août, fait séchés pour être consommé l’automne ou l’hiver

-les simplous les très mailles et les banièges surtout en été pour à partir de juin capturer de gros poissons (carpes de 20 à 26 kg), la siège , la sophie, le barbeau

-l’épervier ou filet de course utilisé souvent de nuit pour la pêche à bras quand le Tarn grossissait.


[1] Jeannette Lagarde, Raconte-moi Bondigoux, Page 157 bis et ter

 

 C – inondations

 

De nombreuses inondations ont lieu.

Marcel Peyre dit qu’ « on en compte en moyenne deux par siècle » (p. 40). 

-le 7 novembre 1522,

-le 13 octobre 1566,

-janvier 1573

-le 11 novembre 1609,

-les 24-25 juillet 1652,

-hiver 1709

-les 18 septembre et 15-20 novembre 1766 (les eaux s'élevèrent de 16 m),

 Les eaux s'élevèrent de plus de huit toises au-dessus de l'étiage et pénétrèrent dans l'intérieur de la ville jusqu'à la hauteur de cinq pieds et demi. Un certain noifflire de maisons furent renversées ou à peu près détruites, un plus grand nombre plus on moins endommagées. Les tours des portes Saint-Jean et Notre-Dame furent mises en ruines, et, à la suite de ce sinistre, on substitua les simples piliers en briques aux anciennes portes de la ville [Sevène p. 145].

-hiver 1772, (crues les plus terribles : les eaux s'élevèrent de 1 pied de plus qu'en 1766)

cette inondation détruisit, ébranla on endommagea nu grand nombre de maisons et nécessita la reconstruction d'une - grande partie des murs des quais.[Sevène p. 145].

-hiver 1788 (en 1789, la débacle des glaces rompit la digue-chaussée des moulins)

l'hiver de 1788 à 1789 fût très rigoureux. La misère d'une partie de la population obligea la communauté à intervenir pour assurer la subsistance des nécessiteux et, dans ce but, à créer des chantiers de travail, à faire des achats de grains, à fournir du pain à prix réduit. Au mois de janvier 1789, la débâcle des glaces sur la rivière rompit la digne des moulins. Cet accident ftit suivi de la reconstruction en regard du inouli il de la rive droite de celui de la rive gauche, qui était, auparavant, lu lieu-dit le Pas [Sevène p. 145].

-en 1808,

puis l’inondation du 3 mars 1930.

Ces crues du Tarn (los aïgats)  sont restées mémorables, tant les dégâts furent

chaque fois considérables. Et notamment la toute dernière en 1930.

cf Marcel Peyre, op. cit., p.40-41

 

 

 

Bilan des  inondations 1930

Les inondations  ont eu pour tragique bilan :

6 victimes,  52 immeubles détruits ou gravement endommagés. Le pont emporté.

 

Inondation du 3 mars 1930

Cependant l’inondation de mars 1930 a détruit la partie basse de la ville. Le Tarn a vu le  niveau d’eau monter de 18 mètres dans la nuit du 3 mars et détruire rapidement un certain nombre d’immeubles. On a dû déplorer six victimes, en dépit de la réaction extrêmement rapide  de la population devant le danger croissant. 

 

Un exposition de photos a eu lieu à Villemur les 23-25 avril 2010. Une publication de l’AVH relate ces évènements : « l’inondation du 3 mars 1930 à Villemur-sur-Tarn et ses environs – témoignages et histoire » (2010).

 

Une manifestation religieuse rassemble le 3 mars la population éprouvée :

 « devant l’ampleur du désastre, la population en proie au plus profond désespoir, implora la miséricorde divine. Le lundi 3 mars à 15 h, les cloches appelaient les habitants à l’église. Ils y vinrent nombreux et assistèrent à un émouvant chemin de croix. M. le curé Maurette exhorta ensuite ses paroissiens à avoir foi en la puissance de Dieu. Puis il les invita à suivre la procession du Saint-Sacrement jusqu’au lieu du sinistre. M. l’abbé Chabbert, vicaire de la paroisse, portait l’ostensoir et pendant le chant du Parce Domine, le prêtre traça avec le Saint-Sacrement, le signe de la croix sur les eux en fureur, pendant que la sœur Péqueux, supérieure de la communauté de Saint-Vincent de Paul, animée d’une foi profonde, jetait des médailles [NDA de la médaille miraculeuse, à la suite des apparitions de la rue du Bac, à Paris]  dans les flots. Les assistants, à genoux, pleuraient et priaient ! L’étale s’était produite, l’eau ne devait plus monter. Vers 17 h, elle commençait à baisser [2] ».

 

 Six victimes, demeurant au quartier Saint-Jean, sont à  déplorer. Les obsèques ont été présidées par Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, le jeudi 6 mars, en présence d’une nombreuse assistance, les chants dirigés par M. Darasse. Aux portes de la ville, M. Ourgaut adresse aux victimes de l’inondation un émouvant salut, suivi par le représentant du préfet, le conseiller général, le député. Les cercueils sont ensuite portés au cimetière du Born, celui de Villemur, se trouvant envahi par les eaux. Le Président de la République, Gaston Doumergue, M. Tardieu, président du Conseil  visitent les villes sinistrées. Le samedi 8 mars, le cortège présidentiel, après Reyniès se rend à Villemur en passant par Villebrumier et Varennes. Il y arrive à midi. Le Président de la République est reçu à la jonction des routes de Varennes et du Born[3]. La visite se déroule en commençant par la rue de la Bataille et se poursuit par les rues Saint-Jean, Saint-Michel, et la place de l’Hôtel-de-Ville. Le dimanche 9 mars, le curé Maurette célèbre la messe sur la rive gauche, dans l’entreprise Brusson : «  toute la population ouvrière était présente et remercia M. le curé de son gestes et ses paroles ».

De partout des secours affluèrent. Le diocèse lance une souscription. Le dimanche 6 avril, Mgr Saliège revient à Villemur pour présider un service funèbre solennel pour les victimes de l’inondation, en présence du Conseil municipal, des autorités et personnalités locales et de toute la population. Mgr Saliège avant de quitter Villemur, veut visiter les quartiers les plus ravagés par l’inondation.

 

Dans la chapelle de la Vierge de l’église Saint-Michel, sur le côté gauche, une plaque de marbre  blanc veiné, constitue l’ex-voto déposé à l’occasion de l’inondation : «  inondation, 1er mars 1930 – gage de protection de M.I. ».

 

 



[1] Amédée Sevène, op.cit., p.141-142 « Le 11 mai 1777, le conseil politique de Villemur concède à cette corporation un local pour y établir une chapelle sous l’invocation de Sainte Catherine, sa patronne, à la condition de reconnaître la tenir de la communauté, et en signe de ce, d’inviter les officiers municipaux à la fête annuelle de la confrérie et d’offrir à chacun d’eux le pain bénit à la messe et un cierge pour la procession ». En 1764, une délibération les évaluait à plus de 400.

[2] Semaine Catholique de Toulouse, 1930, pp. 251-252. Récit repris par Adrien Escudier, Histoire de Fronton et du Frontonnais, op. cit., tome 2, pp.179-180, et par Marcel Peyre, op. cit., p. 41.

[3] Id, op.cit., p 178. Le Président de la République est reçu à Villemur par le Préfet, son Chef de cabinet, M. Ourgaut, maire et président du Conseil général, M. Brusson, l’abbé Maurette et l’abbé Chabbert, M. Adrien Escudier, maire de Fronton et la plupart des maires de la région.

 

        

                 Villemur -  le Tarn - le moulin

 

 

3 / les moulins

 

voir notre page sur les moulins

 

L'origine des moulins villemuriens est très ancienne. le vieux moulin, peut-être du temps même de Pierre de la Voie [Sevène p.138]

 

rive droite

Un moulin très ancien se tient dans les fortifications de la tour de défense, pour la production de farine.

 

rive gauche

Un premier moulin se trouve au Pas [toponymie en rapport avec "le pas", lieu où l'on doit passer].

Après la débacle de 1789  (et la rupture de la digue des moulins) , le moulin de la rive droite  - alors  au Pas - est reconstruit au regard de la rive droite.

En 1886, achat des moulins et usines de la rive gauche à Jean et Jean Elie Brusson aînés, à Melle Claire de Lostanges et à sa sœur Anne (qui épousera M. de Laya).

 

Avant la Révolution, une chaussée s'étend sur près de 1 km, entre la tour et le moulin du Pas  (750 m en amont, rive gauche). 

 

Le moulin de la Tour abrité dans la fortification. C’est à la base de la tour que s’enracine la chaussée indispensable au mouvement des meules.. Faisant gonfler l’eau en amont, elle forme un bief aussi bien utile à la batellerie qu’à la minoterie.(p.12]

Avant la Révolution, la chaussée s’étend sur près d’1 km de long, entre la tour du moulin du Pas, 750 m en amont rive gauche.

Les pieux, les poutres, les chevalets de bois, les pierres, la terre compactée, les fascines, les gabions chargés de graver constituent la structure qui souffre à chaque mont »e tumultueuse des eaux. Par là passent les bateaux et radeaux qui amènent les vins de Gaillac ou le bous coupé sur les rives

Prés du moulin de la rive gauche s’ouvre le pas navigal, simple brèche ouverte dans la digue

Ceci est moins coûteux qu’une écluse.
Arnaud Brusson devient adjudicataire des travaux du Tarn.
 

 

[13] Lorsque la débâcle de janvier 1789 emporte les 250 derniers mètres en aval de la chaussée, Guy de Ménoire conçoit un très vaste et très ambitieux projet. Il s’agit d’abandonner l’ancienne chaussée, le moulin du Pas et d’édifier une digue qui traverserait en droite ligne  le Tarn ; du moulin de la Tour à la rive opposée Cela est réalisé au cours de 5 campagnes annuelles (été)

 

Une écluse doit faciliter la navigation  (avant, il fallait s’en remettre à une chaîne de fer reliée à un cabestan pour monter le passelis à contre-courant)

Les travaux de la digue progressent En fin 1793, il ne reste plus qu’une brèche de 24 toises (48 m) entre l’extrémité de la partie construite et l’écluse de la rive gauche. Mais les travaux s’arrêtent durant la Révolution. 12 m de digue seront  à nouveau construits en l’an IX. Le 9 brumaire an IX après diverses péripéties, dont une petite crue, toute cette dernière partie de la digue s’affaisse et s’écroule On revient à la situation antérieure : la batellerie continue à passer par l’écluse en hautes eaux, à utiliser la brèche en étiage. Le halage n’est pas plus difficile que celui pratiqué au moulin du Pas, remis en activités, vu l’état de l’aval. La brèche est enfin obturée en 1812 par un solide dispositif de charpente en forme de fer à cheval. Cependant dés que les eaux montent, le corps de l’écluse est recouvert d’eau, rendant impossible le passage.

Difficile de mettre en conformité l’écluse avec la digue.. En  1824 la petite fille de Guy Ménoire se défait de cet ensemble

Page 15 la débâcle du 23 janvier 1830 emporte une bonne partie du fer à cheval (digue CT ?)

Plus de 1500 bateaux et 300 batelets passent annuellement devant Villemur et doivent franchir l’obstacle – dans un sens ou dans l’ autre. Dans ces années de grands travaux de modernisation sont entrepris, en correspondance avec les nécessités et savoir-faire du temps.

 

Antoine Brusson dit Jeantel dispose du marché des ouvrages de navigations devant Villlemur. Il veut parfaire la digue, construire une écluse.  [16] Les Brusson sont adjudicataires de la partie du Tarn coulant en Haute-Garonne pendant 15 ans  Antoine aîné de 1851 à 1856 et Arnaud jeune de 1857 à 1865

La chanson des blés durs – Brusson Jeune  1872-1972, Loubatières, 1993, Philippe Delvit, p. 12-17

 

 

 

        Glossaire

 

 

 

 

Moulin à nef

Ou moulin-bateau

Moulins amarrés sur des bateaux sur le cours du fleuve ; des roues à arbres tournent sous la poussée des eaux. Moulins autrefois nombreux

 

Moulin à eau

Ne sert pas  seulement à faire de la farine. Cf  à Villemur, des foulons. Il comprend souvent une retenue d’eau sur la rivière permettant une régulation du débit d’eau.  Envoyé dans la roue. Le franchissement de la digue va conduire à inventer l ‘écluse à sas.

 

 

bajoyer

Paroi latérale de l’écluse ou du passolis

bief

Canal conduisant à un moulin, puis portion de rivière entre deux moulins et enfin partie de canal entre 2 écluses.

chaussée

(ou paissière)

Partie fixe d’un barrage

leur édification pour la navigation est une des causes et nécessités.. Mais ils servent aussi à capter l’énergie hydraulique indispensable pour les meuniers, presseurs d’huile ou pour les foulons traitant la laine (cf Villemur, tour-moulin). Cette double finalité entraîne des conflits d’intérêts entre gens de le mer (bateliers et mariniers) et propriétaires des moulins, surtout en période de basses eaux.

 

Les barrages régularisent le cours de la rivière , augmentent le tirant d’eau dans le bief qui constitue un passage difficile à effectuer, à moins qu’il n’y ait une écluse.

 

Ouvrage destiné à fournir de l'énergie hydraulique aux moulins - ici à Villemur  située un peu en aval du barrage actuel, à hauteur de la tour de la défense

chenal

Partie du lit de la rivière qui est assuré par un mouillage suffisant pour la navigation.

écluse

Ouvrage permettant aux bateaux de franchir aisément un dénivelé

étiage

Baisse périodique des eaux - le plus bas niveau  des eaux.

Passolis - pas

Brèche, pertuis pratiqué dans le barrage – plan fortement incliné, revêtu de madrier de chêne, long de 10/15 m, large de 5 m  environ.

Son inclinaison rend difficile le passage (cf. site ATAV).  Synonyme de pertuis. Désigne plutôt un système « à porte courante ».

 

 

gabarre

Etym : coquille. Bateau fluvial à fond plat et étroit, capable de porte de lourdes charges. Chaque rivière a son type de gabarre. 

halage

Chemin longeant le cours d’eau  permettant à des hommes (12 à 15) de tirer la gabarre (bricole). Chemin souvent étroit et périlleux notamment lorsque les coteaux descendent jusqu’à la rivière (berges escarpées de la rive droite). C’est vers 1820 que l’attelage de chevaux au câble de tire modifiera  le mode traction.

bricole

Large harnais mis en bandoulière par le haleur – halage à la bricole = traction effectuée par des hommes

 

 

radelier

Navigateur spécialisé dans la conduite

marinier

Personne transportant des marchandises par voie fluviale avec un bateau dont elle est propriétaire ou la charge

Ailleurs on dit bateliers

 

nautonnier

Personne conduisant une embarcation, en l'occurrence  la personne chargée de faire passer la rivière en bac (cf Port-Haut)

 

    voir  ce site consacré à la batellerie

 

 voir le site de l'Association Tarn Eau vivante TAEV

                                              

                    


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