la conférence de la paix   



 

 

 

 

la Conférence de la paix 1621

à Villemur

 

7/12 octobre 1621

le Connétable Charles de Luynes et Henri de Rohan

(1er siège de Montauban 18 août -6 novembre 1621)

 

Villemur, Ville de la paix

 

 

nouveaux combats

Les guerres de religions, après maints édits de pacification,  trouvèrent  enfin leur terme avec l’Edit de Nantes le  30 avril 1598 (signé ce jour à Nantes, après de longues étapes de pourparlers minutieux et complexes).

 

En 1620 Louis XIII  pour limiter les revendications protestantes liée à la restitution des biens du clergé en Béarn (dont ils demandent l’annulation)  et le soulèvement général du Midi qui s'ensuivit, intervient militairement, d’abord en Béarn, puis le 15 mai 1621, il  fait mettre le siège devant  Saint-Jean-d’Angély (la ville se rend le 24 juin), enfin Luynes met le siège[1] devant Montauban qu'il ne put prendre (18 août - 6 novembre 1621), la cité étant puissamment fortifiée et bien défendue par les milices bourgeoises. Montauban ne sera prise que l’année suivante (1622) avec une autre stratégie.

Entre temps Luynes, le connétable est mort alors  qu’il attaquait la place de Monheur, il meurt de maladie devant elle le 15 décembre 1621.

 

Le siège

Donc le siège commença le 18 août 1621 ; Louis XIII le lèvera le 6 novembre[2]...Le roi surveillait les opérations depuis le village de Piquecos[3] sur une pente abrupte où il s’était installé au château, villa de l’évêque  (château assez étroit, bâti sur les coteaux de l’Aveyron, dominant la plaine). Ce château pouvait servir de point d’observation à Louis XIII.

Le siège met en présence Charles duc de Luynes (1578-1621), connétable de France et Henri de Rohan (1579-1638), chef du parti protestant, conduisant la résistance de la ville de Montauban. Le duc de Mayenne trouvera la mort le 22 septembre 1621 en tentant de s'emparer de Montauban défendue par le duc de Rohan.

 

Henri de Rohan conduit la résistance de Montauban

Henri de Rohan, de famille protestante, protestant convaincu  est un petit-fils du roi de Navarre, petit cousin d’Henri IV. Il devient un chef du parti protestant et alors que Louis XIII met de l’ordre dans son royaume, Rohan soutient la résistance des villes protestantes : Castres et Montauban. Il est présent dans cette zone où il exerce son influence, son commandement, sa détermination protestante dans la confession de foi calviniste.

 

Les armées de Luynes  échouèrent dans ce siège[4]. Après maintes tentatives, il fallut se rendre à l’évidence.

Le Maréchal de Lesdiguières participa à ce combat dans les troupes du Roi, Il attaque le Moustier[5].

 

récits du siège de Montauban :

Notes sur le siège de Montauban CLIC

et

siège de Montauban l'univers -dictionnaire encyclopédique CLIC

voir aussi la page : Lesdiguières CLIC

Lesdiguières, serviteur de la paix

 

Les conférences de la paix dans les mémoires du duc de la Force  CLIC

 

 

La conférence de paix

C’est durant de premier siège de 1621, qu’une tentative de paix eut lieu. Une conférence de paix  ou colloque fut envisagé pour convenir d’une paix séparée. Rencontre entre Luynes et Rohan avec la présence discrète d’un protestant royaliste : François Bonne de Lesdiguières[6], Vicomte de Villemur (alors présent dans cet espace de l’action royale). Rohan vient de Castres où il a été approché, Luynes de Piquecos.

 

 

Date

Bassompierre dans ses Mémoires (chronologie quotidienne) donne le 17 octobre 1621 - dâte reprise en divers lieux [cf site sur les 400 coups, le siège de 1621]. Les rédacteurs des notes de l'Histoire Générale du Languedoc démontrent qu'il y a là une faute d'impression, qu'il faut lire le 7. Un autre écrit du même auteur comme divers mémorialistes et autres chroniqueurs donnent les 11-12 octobre (cf encadrés ci-dessous). Si Rohan arrive le 8, on peut admettre que la rencontre eut lieu les 11-12.

 

où eut lieu cette conférence ?

La réunion fut donc fixée à Villemur, petite ville entre Montauban et Castres[7]. D’ailleurs on nous précise que Rohan partit pour Villemur,

mais cette conférence de la paix  va d’abord être localisée entre Montauban et Villemur :

o       Rivière[8] disent certains récits (à une lieue de Montauban)

o       Reviers comme on le lit dans le Récit de l’Histoire Règne de Louis XIII[9] ou dans les Mémoires de Bassompierre ou encore chez Henri de La Garde[10] lorsqu’il évoque la rencontre programmée au château de Révier près de Piquecos.

o   ou Reyniès, comme cela est indiqué par d’autres[11] dont les rédacteurs des notes de l'Histoire Générale du Languedoc [transcription de Reviers de Bassompierre en Reniés ou Reyniez].

pour aussi se dérouler à Villemur[12] : " les pourparlers de paix que nous avons vus s'amorcer à Reyniès, puis à Villemur, entre Rohan et le connétable de Luynes." cf Janine Garrisson [Louis XIII et les 400 coups , 2002, p. 121] . De même Daniel Ligou [Le protestantisme en France de 1698 à 1715 ; sedes  1968, p. 78] évoquant les pourparlers entre Rohan et de Luynes écrit :" De son côté Rohan, durant le siège de Montauban avait tenté de négocier avec Luynes (conférence de Reyniès, entrevue de Villemur)".

 

Ce fut, on le devine un événement, la puissance militaire était forte - les canons,nous dit-on, oeuvraient bien plus qu’au temps des guerres de religion du siècle précédent. Il y a tant d’espoirs attachés à ces rencontres de paix. Tous deux veulent la paix. Un traité tente de convenir  de la paix –mais ces tentatives ne recevront pas l’approbation du Roi.

Les deux hommes sont des personnages. Le dialogue que nous en donne le récit de l’Histoire du Règne de Louis XIII les révèle.

Ils sont par ailleurs alliés (par mariage), Rohan ayant épousé la cousine de Luynes[13].

 

Les récits de cette rencontre nous font  témoins  en quelque sorte de ce qui a pu caractériser cette heure d’attente où les manœuvres  n’étaient pas absentes. Ils nous font les spectateurs  de l’histoire de la France qui s’écrit par des personnalités hors du commun, à ce moment, ici

aux portes de Montauban...  Sainte-Beuve évoque cette rencontre et le récit qu’en fait Rohan : « il nous donne, dit-il, leurs deux discours, celui de Luynes et sa propre réponse. Ces deux discours sont fort bons, mais ils ont plus de relief que les actions qui s'y rattachent ».

 

Déconcerté par une résistance à laquelle il était loin de s’attendre, Luynes propoa à Rohan une entrevue qui eut lieu à Regniès, le 12 octobre 1621. Ce fut en vain que le nouveau con,étable employa tour à tour les séductions et les menaces pour amener le duc à abandonner le parti des rebelles. Il ne put éveiller dans son cœur ni l’ambition, ni la crainte ; la réputation d’honneur et la loyauté de Rohan sortit pure de cette épreuve. Luynes, le trouvant inébranlable, alla, dit-on, jusqu’à lui offrir « carte branche pour son particulier », mais Rohan dont le caractère était d’une trempe vraiment antique, lui répondit simplement « que sa conscience lui ordonnait de n’entendre qu’à une paix générale.

Furieux de l’échec que ses armes reçurent sous les murs de Montauban, Louis XIII, par lettres patentes données à Bordeaux le 27 décembre 1621, déclara Rohan criminel de lèse-majesté ; mais Sillery et Jeannin, tous deux partisans de la pais, réussirent à en faire différer la publication et l’enregistrement. On chargea même Lesdiguières d’entamer avec le redoutable chef huguenot des négociations pour la paix.  

La France protestante ou vie des protestants français, MM Eugène et Emile Haag tome 8, 1858 - article Rohan page 480.

 

 

Rohan partit donc de Castres, se rendit à Villemur et delà à Reviers  [en marge, on lit ou Regnier, selon le Mercure français ]il  arriva le 8 octobre.

La vie des hommes illustres de la France continuées par M. l’abbé Pérau licencié de la Maison et  Société Sorbonne, tome 21, Amsterdam, 1758

 

L’échec

Cette conférence sera un échec parce que Rohan ne pouvait convenir d' une paix séparée. Seule une paix générale pourra établir la paix, mais le roi n’en voulait pas. On dit aussi que les démarches de Luynes furent inconsidérés et maladroites et « que lorsque celles-ci arrivèrent aux oreilles du Roi, Louis XIII eut une vive colère. Il dit publiquement que le connétable n’aurait pas du traiter avec le duc de Rohan[14] ». Louis XIII dit-on encore ne pardonnera pas à Luynes son échec cinglant, militaire et diplomatique[15].Luynes meurt avant d’être disgracié.

 

Achat de la vicomté de Villemur par le roi

Le siège levée, le roi partant et passant par Montbeton, il fit l’acquisition des vicomté, châtellenie, terre et seigneurie de Villemur, consistant en une ville close, château et maison forte, avec bourgs et billages en dépendant, de la terre de Villebrumier et de la baronnie de Roquemaure avec la paroisse de Réal.(acte passé par  Pierre Valès notaire à Montech  pour 700.000 livres  dont 100.000 attribuées à M. de Belluion (notamment pour récompense pour son gouvernement). Le roi en prit possession le 16 novembre[16].

 

Sur le chemin difficile de la paix, Villemur est venu inscrire son nom comme ville de paix même si les échanges vont en fait commencer  ailleurs, peut-être là où l’un rencontre l’autre. En effet  ces échanges "s’amorcèrent[17] à Reyniès puis  à Villemur", prenant place dans ces multiples et permanents pourparlers  et entrevues entre les 2 camps (s'aboucher comme on disait). On nous rapporte ces rencontres de la paix qui portaient l'espoir de voir la guerre  et ses malheurs s'éloigner et la paix enfin régner.


 


[1] Les dates varient selon les auteurs si le début est bien le 17 (passé) avec l’arrivée du Roi, la levée du siège est parfois datée du 18 novembre  (Bassompierre ; Rohan) alors que les articles des sites Wikipedia et des 400 coups http://www.400coups.org/histoire_montauban/siege_de_1621.php indiquent le 6 novembre, l'auteur des notes de l'Histoir Générale du Languedoc donnant lui le 7. Quant à la levée du siège, Sevène, dans  sa notice sur Villemur p.53, dit que les assiégeants décampèrent le 14 novembre.

[2] cf note précédente.

[3] L’épouse du Roi et celle de Luynes demeurent à Moissac.

[4] En grande partie, du fait de son incompétence, note-on..

[5] Mémoires de Bassompierre.

[6] « Finalement Luynes se décidé à ouvrir de nouvelles négociations en les confiant à Sully et Lesdiguières. Le connétable espérait que Sully ferait pression sur son gendre et que Lesdiguières, par sa position de protestant loyaliste, serait un atout sérieux dans son jeu ». cf Divers aspects de la Réforme au XVI° et XVII° : études et documents , Jacques Allier, Société de l'histoire du protestantisme français (France), Société de l'histoire du protestantisme français, 1975, page 481.

[7]Id : Divers aspects de la Réforme au XVI° et XVII° siècle – études et documents p 481.

de Jacques Allier, Société de l'histoire du protestantisme français (France), Société de l'histoire du protestantisme français - 1975 - 645 pages. Villemur est à trois lieues Montauban.

[8] Mémoires de Rohan ; Revue des 2 mondes, 1877 ; collection des mémoires relatifs à l’histoire de France (Petitot, 1822).

[9] Michel Levassor, 1700.

[10] Le Duc de Rohan et les protestants sous Louis XIII,1884, page 40.

[11] Cf Janine Garrisson ; Société de l’Histoire de France p. 345 citant Bassompierre « il s’en alla à 4 lieues de Picacos au château de Renies où il avait donné sûreté à M. de Rohan » . Cf aussi  «  Entre nous » n°52 de Villebrumier, http://entrenous.free.fr/en52/chateau.htm  .

[12] Cf La Mosaïque du midi  publié par Jean Mamert Cayla, 1840, se servant de l’Histoire du Règne de Louis XIII de Michel Levassor, 1700.

Cf aussi Louis XIII et les 400 coups de Hector Joly, Janine Garrisson, Paul Duchein, Govert Basson, page 121. Hector Joly est un comtemporain des évènements.

[13] En 1605 Rohan a épousé Marguerite de Béthune  fille de Maximilien de Béthune, le futur duc de Sully.

[14] Revue historique 1910.selon le récit de Bassompierre.

[15] Vie de Louis XIII de Louis Vaunois, page 247 [même si Luynes a eu en d’autres circonstances des réussites diplomatiques]…sans parler de l’intervention aussi convaincue qu’incertaine du Père Dominique qui conseilla au Roi de faire tirer 400 coups de canon : « Il lui dit qu’il fit tirer 400 coups de canon à coups perdus dans la ville, et que les habitants intimidés, assurément, se rendraient »…ce qui fut fait le dimanche 20 septembre. Il n’en fut rien ; la prophétie n’eut pas d’accomplissement. Là est l’origine de « faire les 400 coupes ». La ville de Montauban commémore et célèbre cet événement – cf : http://www.400coups.org/histoire_400_coups/legende_400_coups.php

[16] Cf Amédée Sevène, Notice sur Villemur, page 54.

[17] Cf Louis XIII et les 400 coups, collectif dont Janine Garrisson, Privat, 2001, page 121. Janine Garrisson, d’origine montalbanaise est une spécialistes du protestantisme. Hector Joly est un comtemporain des évènements. On voudra par ailleurs noter que Reyniès et Villemur sont deux lieux proches de Montauban ; leurs seigneurs, proches,  sont l'un et l'autre engagés dans le siège de Montauban, chacun dans un camp; tous deux sont protestants, même si Lesdiguière est royaliste et modéré.

 

 

documents

 

voir documents :

 

Mémoires de Bassompierre – 2° partie

 

[315]Le samedi 9 octobre [1621] - M. Chaulnes ne nous cella  plus qu’il se traitait entre M. le connétable et M. de Rohan, nous priant de le tenir secret. Il me dit de plus que M. le cardinal de Retz, M. de Schomberg et le père Arnoux contrariaient à l’accommodement, les 2 à cause de leur profession le troisième pour la certaine croyance qu’il [316] avait de prendre dans 8 jours Montauban, qu’il lui avait dit qu’il voulait être déshonoré et ne porte jamais épée à son côté s’il n’était dans 10 jours, au plus tard, dans la ville : ce qui me fit résoudre d’y aller le lendemain matin, et leur en demandai congé. Je ne pus le faire néanmoins pace que le matin, dimanche 10, les ennemis firent une furieuse sortie du côté de Ville-Bourbon, gagnèrent les premières tranchées qu’ils gardèrent assez longtemps [318] – Je m’en revins en notre quartier, plus confirmé que jamais que ces messieurs bâtissaient sur de faux fondements, et le dis à M. le maréchal de Chaulnes, le priant instamment de porter M. le connétable à une bonne paix s’il y trouvait jour, de crainte qu’il ne reçut, et le Roi premièrement, quelque notable dommage et honte. Il fut d’avis de me mener le lendemain lundi 11 à Piquecos avec lui pour en parler moi-même avec M. le connétable ;  ce que je fis fort amplement, et le laissai partir ce jour même fort délibéré de conclure la paix s’il y voyait jour. Il s’en alla à 4 lieues de Piquecos à un château nommé Reviers où il avait donné sûreté  à M. de Rohan de lui venir parler ; ils conférèrent longtemps ensemble et approchèrent toutes choses de l’accommodement. Néanmoins, pour plusieurs respects, M. le Connétable n’y voulut rien conclure sans en avoir eu précédemment l’approbation du Roi et de son conseil. Il en revient seulement le mardi 12, bien tard, en envoya le soir même donner rendez-vous à messiers de Chaulnes et de Schomberg de le venir trouver le lendemain mercredi 13, à Piquecos au [319]  conseil, où ils se rendirent, et M. de Chaulnes voulut que je le suivisse.

M. le connétable proposa au conseil secret (je n’y étais pas) les conditions dont il était demeuré comme d’accord avec M. de Rohan, qui étaient avantageuses et honorables pour le roi et utiles pour l’Etat, lesquelles furent trouvées raisonnables par tous ceux du conseil, qui étaient le Roi, M. le cardinal de Retz, M. le connétable [NDLR Luynes], M. de Chaulnes, M. de Schomberg et M. de Puisieux qui n’y était qu’en qualité de secrétaire d’Etat et debout, mais ne laissant pas d’en dire souvent son avis. Mais M. de Schomberg ajouta à son opinion que, bien que les articles apportés par M. le connétable ne fussent à rejeter, néanmoins qu’il ne conseillait pas que l’on les accordât présentement, mais que l’on les dilayât pour 15 jours attendu qu’en ce temps-là le Roi serait maître absolu de Montauban, et aurait les mêmes conditions en sa puissance que l’on lui offrait maintenant, et de plus hautes s’il en demandait ; et comme M. de Chaulnes répliqua qu’en cas que l’on ne prit point Montauban, si on était assuré d’avoir les mêmes conditions, M. de Schomberg dit que c’était un cas qu’il ne fallait pas poser parce que la prise en était infaillible ; qu’il en répondait au Roi sur son honneur et sur sa vie, et qu’en cas que cela ne fut, il voulait que le Roi lui fit trancher la tête. Sur quoi il fut résolu de remettre à quinzaine le traité et de le mander à M. de Rohan qui en attendait la réponse à Reviers.

 

Ce jour même, M. le maréchal de Thémines manda à M. le connétable que son quartier diminuait de gens à toute heure ; et que ses gardes étaient si petites [320] que si les ennemis entreprenaient sur eux ils seraient forcés d’abandonner leurs tranchées ; que pour cet effet, il le suppliait qu’il entrât tous les soirs de notre quartier 600 hommes pour garder le sien.

[331] …(Bassompierre reproche au connétable d’avoir)  « entrepris le siège de Montauban sans dessein , car vous ne vous y êtes embarqué que sur l’assurance que le comte de Bourfranc vous avait donné de trahir la place » – Il me dit lors que c’étais Esplan qu’il l’y avait engagé, et Schomberg empêché de d’en dépêtrer honorablement ; que le roi était bien mal satisfait de lui, et qu’il était fort content de moi, et qu’il me croirait désormais aux choses de la guerre et non lui…

 

Il me commanda ensuite d’embarquer M. de La Force à parler avec M. le duc de Chaulnes, ce que je fis pour le samedi 30 octobre, auxquels messiers de la Force et d’Orval, avec quelques uns des principaux de Montauban, sortirent par la porte de la ville, qui entre le bastion de la Garrigue et les cornes que nous attaquions, et environ à 200 pas de la ville, M. de Chaulnes et moi nous y trouvâmes. Nous nous saluâmes avec beaucoup de tendresse et d’affection ; ils prièrent qu’on ne parlât point en particulier, parce qu’ayant affaire à une ville jalouse et à un peuple soupçonneux, cela pourrait porter préjudice. Il y eut beaucoup de discours de part et d’autre qui, enfin, aboutirent de leur part qu’ils étaient très humbles serviteurs et sujets de sa Majesté, ne respiraient qu’une entière obéissance a ses volontés et commandements, pourvu que le libre et entier exercice de leur religion et les autres choses  accordées par leurs édits, soient ponctuellement observées et M. de Chaulnes conclut sur l’assurance que le Roi les recevrait en bonnes grâces quand ils se remettraient en leur devoir ? Voilà en quoi consista cette conférence et le fruit qu’elle apporta, qui fit bien connaître qu’ils n’étaient pas pour raccrocher le précédent accord non plus que M. de Rohan, qui n’y voulut plus entendre ; ce qui porta le Roi et M. le connétable à se résoudre le mardi 2 novembre, de lever entièrement le siège de Montauban.

 

Note : dans l’Histoire Générale du Languedoc, leurs auteurs indiquent une faute d’impression, car il ne peut s’agir du 17 octobre, mais du 7 qui est bien un jeudi.

 

   


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