Historiographie   



Historiographie

 

Mémorialistes et Historiographes

Mémorialistes 

 

Mémoires de Sully

P 370-375

 

le Roi ne devait pas plus compter  sur d’Epernon que sur les autres. On peut en juger par ce qui se passa au siége de Villemur[1]. C'est l'unique action que je particulariserai, sur des Mémoires dont je garantis la vérité.


Le duc de Joyeuse, zélé partisan de la Ligue en Languedoc, ayant rassemblé cinq ou six mille hommes de pied, et huit ou neuf cents chevaux, aux environs de Toulouse, s'avança le 15 juin de cette année 1592, vers Montauban, pillant les bourgades et le plat-pays ; et après avoir exercé toutes les cruautés qui étaient passées en coutume dans ce temps malheureux , il vint mettre le siége devant Villemur. Le sieur d'Ariat , qui est celui dont je tiens ce détail, et les bourgeois de Villemur  eurent recours à Thémines[2], qui tenait pour le Roi dans la province, et le sollicitèrent de leur amener promptement un puissant secours. Thémines qui ne se sentait pas assez fort, s'adressa  au duc d'Epernon ; et en attendant le renfort que celui-ci lui promit, il détacha quelques petits pelotons d'infanterie et de cavalerie, qui entrèrent avec beaucoup -de peine dans Villemur, les cavaliers à pied, parce qu'ils ne purent se servir de leurs chevaux, tant la ville était étroitement resserrée.


Joyeuse avait fait une faute dont  il fut rudement puni, comme on va le voir ; c'est d'attaquer Villemur du côté de la ville, au lieu de commencer par le château, qui, plus fort en apparence, l'était beaucoup moins en effet : sans doute qu'il ne connaissait pas assez bien la place, ou qu'il eut dessein de profiter des magasins de blé et d'autres munitions, dont il savait que la ville était pleine. D'Epernon envoya un corps de troupes assez considérable ; mais comme il leur avait donné ordre de n'agir que faiblement, et surtout de ne pas courir les risques d'un combat, quoiqu'en arrivant ces troupes fissent fort grand bruit, elles se débandèrent, abandonnèrent leur poste, et nuisirent plus par leur mauvais exemple, qu'elles ne servirent aux autres soldats royalistes. Joyeuse qui ne manquait pas de bravoure, surtout lorsqu'il s'agissait d'un coup de main, trouvant l'occasion favorable, et peut-être se doutant de l'intention du duc d'Epernon, fondit sur ces gens, les surprit , et en aurait fait un grand carnage, si Thémines ne fût accouru assez à temps pour sauver le reste. Il ne laissa pas d'y en avoir sept ou huit cents de tués ; et il n'en fallut pas davantage
à d'Epernon[3]
  pour les lui faire rappeler tout-à-fait. Thémines eut beau après cela le solliciter, aussi bien que le maréchal de Matignon, ni l'un ni l'autre ne l'écoutèrent, et il n'eut plus d'autre parti à prendre que de se jeter lui-même dans Villemur avec d'Ariat, deux cent cinquante arquebusiers, et environ cent ou cent vingts cavaliers, pour soutenir les assiégés que Joyeuse pressait plus vivement qu'auparavant. Il en fît sortir  Renier qui en était seigneur par engagement, mais qui était devenu trop infirme pour faire les fonctions de gouverneur en cette occasion, et il résolut de s'y défendre jusqu'à l'extrémité, comptant que le Roi, auquel il fit savoir sa situation, ne le laisserait pas périr.
En effet, ce Prince écrivit aussitôt aux ducs de Montmorency et d'Epernon, de prêter main forte à Thémines. Ce dernier, accoutumé à désobéir, ne fit aucun état de cet ordre : pour Montmorency,  il fit partir
Lecques[4] et Chambaut,   avec de fort bonnes troupes protestantes. Elles  étaient encore en trop petit nombre pour tenir contre l'armée de Joyeuse, nouvellement renforcée par les Toulousains. Lecques et Chambaut eurent recours à
Messillac[5]
, lieutenant du Roi en Auvergne, et au vicomte de Gourdon, aussi connu par sa valeur et sa fidélité,que par sa grande laideur. Ces deux officiers ne balancèrent pas à marcher au secours de Villemur, avec huit cents arquebusiers et deux cent quatre-vingts chevaux.

Joyeuse leur envoya offrir le combat qu'ils refusèrent, profitant du malheur arrivé aux troupes de d'Epernon, et ne s'occupant que de leur objet. Après ce refus , la cavalerie des assiégeants qui se trouvait trop pressée dans ses lignes, demanda à Joyeuse la permission de s'écarter dans les villages des environs : ce que ce général accorda avec peine, et contre l'avis des sieurs d'Onous et Montberaut. Il tira parole des officiers qu'au premier signal qui leur serait donné, ils se rendraient au camp sans perdre de temps. Messillac, Lecques et Chambaut, voyant que cet éloignement de la cavalerie avait extrêmement affaibli l'armée des assiégeants, séparèrent tous leurs gens de pied en quatre bandes, à chacune desquelles ils joignirent cinquante gendarmes, auxquels on fit mettre pied à terre. Un régiment de huit cents hommes fut laissé en bataille, à la vue des retranchements , avec ordre de donner à certain signal. Quatre cents hommes attaquèrent le premier retranchement, et furent appuyés des quatre troupes. Il n'y avait ordinairement pour le garder que deux cents fantassins ; mais Joyeuse qui avait des espions chez nous,  Averti peu de moments avant l'attaque, y en envoya quatre cents autres ; et en même temps fit tirer les trois coups de canon qui étaient le signal convenu avec sa cavalerie. Soit paresse à obéir , soit promptitude de la part des protestants, cette cavalerie n'arriva qu'après l'action commencée.


Les nôtres s'avancèrent avant le soleil levé, et s'attachant au premier retranchement, ils couchèrent par terre cent de ceux qui le défendaient. Les autres prirent la fuite vers le second retranchement; et n'y portant que leur peur, ce second retranchement, quoique beaucoup meilleur que le premier, fut forcé de même, et avec une perte considérable.

Thémines regardant le tout de dedans la place, seconda les attaquants, et fit une sortie si à propos,  qu'elle acheva de tourner la tête aux assiégeants.


Leur cavalerie se fit voir en ce moment à la tête de leur camp ; mais au lieu d'arrêter le désordre, elle n'eut pas plutôt aperçu que les huit cents hommes de réserve avec trois cents chevaux, s'ébranlaient pour venir contr'elle , qu'elle prit le mouvement de tout le reste de l'armée, et chercha son salut dans la fuite. La peur croissant à chaque moment, ce ne fut bientôt qu'une déroute générale , qu'il ne fut pas possible à Joyeuse d'arrêter. Entraîné lui-même avec les fuyards, il gagna un pont de planches et de cordes qu'il avait fait jeter sur le Tarn. Le nombre de ceux qui se précipitaient de ce côté ayant surchargé ce pont,  il fondit en ce moment sous Joyeuse, et l'engloutit dans la rivière, sans qu'aucun de ceux qui étaient avec lui en réchappât. La peur aveuglait si fort le reste de ces troupes, que s'imaginant encore voir un pont à la place oùil n'était plus , elles se jetaient dans les flots en cet endroit de la rivière. Il périt en cette occasion, par l'épée ou par l'eau, plus de trois mille hommes de pied et de quatre cents chevaux : perte énorme pour une armée si peu considérable, au lieu que les royalistes ne perdirent pas trente hommes. Les bourgeois de Villemur regardaient de dessus les remparts ce spectacle étonnant, avec une joie mêlée de surprise et d'horreur, qui leur faisait comparer un effet de la peur qui tient du prodige, avec ce que l'histoire sacrée nous rapporte des Egyptiens au passage de la mer Rouge.

 

Mémoires de Sully, principal ministre de Henri-le-Grand de Maximilien de Béthune Sully. Le témoignageproduit  provient du sieur d'Ariat de Montaubaun, qui dans une lettre adressée faisait mention de diverses factions de guerre qui s’étaient passées en Languedoc à cause du siège de Villemur, en la plupart desquelles il disait s'être trouvé



[1] Ville du Languedoc

[2] Pons de Lauzières de Cardaillac, depuis maréchal de France

[3] Tout ceci est si positif qu’il peut balancer  l’autorité de M. de Thou, qui est très favorable au duc d’Epernon sur ce fait, et celle de l’auteur de l vie de ce duc qui soutient que ses soldats chassèrent ceux de la ligue devant Villemur, et mirent cette place en état de se défendre p 134. D’ailleurs la chronologie Novennaire se trouve ici en tout d’accord avec nos mémoires, liv. 4, page 63, aussi bien que les Mémoires de la Ligue, tome 5.

[4] Antoine du. Pleix , sieur de Lecques,

[5] Raymond de Messillac de Rastignac

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Historiographes

 

Henri Catherin Davila

Histoire des guerres civiles de France

tome II  pages 313-316

 

Le Duc d'Espernon vint cependant  en Provence. La mort de son frère en fut le principal sujet ; après laquelle  il se voulut conserver cette province, dont il avait été gouverneur dés le temps de Henri Troisième et feu La Vallette son lieutenant. Il s’ y en alla donc avec toutes ses forces ; ert ne trouvant pas beaucoup de résistance recouvra Antibes, réduisant en sa puissance jusque à la rivière du Var, toutes les villes des environs, qui pour leur faiblesse étaient faites la proie tantôt d’une faction, et tantôt de l’autre. Or bien qu’il y en eut plusieurs dans la province qui n’étaient point de son côté, quoi qu’ils tinssent pour le roi, lui néanmoins s’assurant aux forces qu’il avait menées, ne laissa pas d’appliquer entièrement ses soins à soumettre à son gouvernement toutes les villes qui en dépendaient. Les affaires di roi avaient encore un fort bon succès dans les Provinces de Gascogne et de Languedoc. Antoine Scipion , duc de Joyeuse, frère d’Anne, mort à la bataille de Coutras, et chef des forces de la Ligue en cette Province, ayant gagné plusieurs victoires, pris diverses places, et rendu son nom redoutable en ce pays là, avait enfin mis les siège devant Villemur lieu grandement fort, assez proche de Montauban, avec dessein qu’aussitôt qu’il l’aurait pris, et ravagé tout le pays, il s’en irait à Montauban, retraite assurée, et dont il y avait plusieurs années que les Huguenots faisaient leur Place d’armes. Mais pource que le duc d’Epernon passa par là en même temps, avec l’armée qu’il menait en Provence, et qu’il s’écarta un peu de son chemin pour aller secourir cette ville, Joyeuse se sentant trop faible, leva le siège et se retira dans les Places de son Parti, en attendant qu’après que le duc d’Epernon se serait remis en chemin, il put retourner à villemur, pour y continuer l’entreprise commencée. Il n’ y avait dans Villemur que 300 hommes de pied, garnison trop faible pour soutenir un siège si fort : à raison de quoi Thémines, qui était alors à Montauban avec 200 arquebusiers, 120 (six vi*gts)chevaux et un bon nombre de Gentils-hommes d’élite, il prit la route par divers chemins éloignés de l’ordinaire, si bien que par des lieux couverts et difficiles, il se rendit enfin à Villemur, jugeant que s’il pouvait empêcher que l’ennemi n’y entrât, il aurait  moyen après de travailler plus sûrement à secourir Montauban. Déjà le Duc de Joyeuse ayant abattu toutes  les défenses, et gagné le fossé avait dressé huit canons, avec lesquels il battait furieusement les murailles :  à quoi certes il se portait avec tous les soins que saurait avoir un bon et vaillant Capitaine ; Et d'autant que la Ville de Toulouse lui fournissait abondamment toutes les choses qui pouvaient hâter la prise de cette place, il en pressait fi fort le siège, que déjà le péril était grand, et il fallait de nécessité se résoudre promptement, ou de la secourir, ou bien de la laisser prendre. Aufli arriva-t-il que Henry d'Anville,  Duc de Montmorancy, Gouverneur pour le Roi en cette Province-là, ne voulant point recevoir cet affront devant ses yeux, assembla à son secours toute la noblesse d’Auvergne, qui était proche de là, envoyant Lecques, Chambaut et Montoyson, pour essayer ou de faire lever le siège ou de jeter dans la Place de quelque façon que ce fut, u,n secours qui fut capable de la défendre. Mais le duc de Joyeuse, ayant su que ces chefs s’assemblaient à Bellagarde, laissa l’infanterie devant la Place, et lui avec la cavalerie et quelques nombres d’arquebusiers, les alla charger de furie. L’attaque fut rude du commencement, et ceux du Parti du Roi commencèrent à lâcher le pied, mais Lecques ayant fait mettre le feu à 2 coulevrines et à deux autres moindres pièces qu’on avait eues de Montauban, arrêta si bien les assaillants, qu’à la fin ils furent contraints de se retirer sans avoir rien fait. Ainsi le duc de Joyeuse s’en retourna à son logement, où il continua le siège de Villemur, avec tant d’assurance et de mépris de ses ennemis, qu’il logea par-ci par-là  sa cavalerie aux villages d’alentour, afin qu’il put subsister, avec moins d’incommodité, à cause de la stérilité du pays. Néanmoins pource qu’en même temps le vicomte de Gourdon vint au secours de ceux du Parti du Roi, ils reprirent courage, et se sentant augmentés de forces pour avoir 1800 chevaux et environ 4000 hommes de pied, résolurent d’attaquer à l’improviste les retranchements du duc, jugeant comme ils se le promettaient de la valeur de Thémines que si les assiégeants faisaient une sortie et venaient à les charger à dos, ils gagneraient facilement les tranchées, et feraient entrer du secours dans la Place. Sur cette résolution, le soir du 19ème octobre  s’étant glissés dans une forêt de large étendue, et par où l’on va jusqu’à Villemur, ils arrivèrent le lendemain matin si près du camp du duc de Joyeuse, qu’il chargèrent ceux des premiers retranchement, avant qu’il eussent pris leurs armes, tant ils étaient nonchalants à se tenir sur leurs gardes.

 

Le duc n’apprit pas si tôt la venue des ennemis, et le fuite de ses gens, qu’il envoya 200 carabins, pour amuser l’ennemi, et par 3 coups de canon ayant fait signe à la cavalerie de se rendre promptement au camp, se mit en bataille avec toute son armée, entre le premier et le second retranchement, pour recevoir l’attaque des Réalistes, lesquels encouragés par le bon succès qu’ils avaient eu déjà, l’investirent hardiment , et ne furent pas soutenus de lui avec moins d’assurance. Le choc dura 1 heure ½ , sans qu’on put juger à qui demeurerait la victoire. Cependant Thémines avec la plupart de la garnison, fit une sortie par les canonnières de la place, et avec un petit, mais valeureux escadron, se mit à charger en queue le gros du duc, qui résistait bien à peine : d’où il s’ensuivit que l’infanterie ne pouvant soutenir la charge des 2 côtés, prit incontinent la fuite, et courut passer un pont, qu’on avait jeté sur des bateaux  en la rivière du Tarn, pour la commodité de l’armée, Mais pource que le pont se trouva faible et trop chargés par ceux qui la passaient à la foule, il se rompit sous un si pesant poids (faix) si bien qu’il se noyèrent tous misérablement. Durant ces choses, le duc, qui monté à cheval avait fait tous les devoirs d’un bon capitaine, pour seconder ses soldats, s’étant retiré avec quelques Gentils-hommes, toujours combattant jusque sur le bord de la rivière, comme il voulut se hâter, le courant se trouvant trop fort et son cheval trop faible, il tomba dedans, n’étant point malheureux que ses gens l’avaient été. La cavalerie ne manque pas de s’assembler cependant, dés qu’elle entendit (ouï) le canon ; mais trouvant son général mort et les tranchées prises de toutes parts, elle ne pensa plus qu’à  sauver le reste des fuyards, et se retira sans attaquer l’ennemi. Ainsi l’armée de la Ligue étant défaite, avec la mort de 2000 soldats, et la prise de 22 drapeaux, et de toute l’artillerie , le siège de Villemur fut levé, et les armes du Roi eurent un grand avantage.

 

313-316 Henri-Catherine Davila, Histoire des guerres civile de France tome 2 –traduction Baudouin

 

Enrico Caterino Davila Famille dune famille d’origine lointaine espagnole, puis installée à  Chypre est né près de Padou. Il vécut en France à la cour (page) proche de Henri III et de Catherine de Médicis. Il servit ensuite Henri IV pendant les guerres civiles (dites de religion). Il se retirera en Italie. Il publie (1630) l’année précédant sa mort (1631) cette histoire des « guerres civiles de France » [1559-1598] en 15 livres, rédigée en italien, successivement traduite en français par Baudouin en 1642 et  par l’abbé Malet en 1757.  La critique fait observer sa lecture « princière » des évènements, à la gloire du Roi – et particulièrement de Marie de Médicis, sa protectrice. Il est un historien apprécié. Il n’a pas toujours été juste avec les protestants, parce qu’ils ne sont pas royalistes. Nous avons suivi la première édition.

 

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Abrégé chronologique  de l’ Histoire de France

 par le sieur de Mezeray, historiographe de France ,

nouvelle édition augmentée,

tome III (Henri IV),

Amsterdam, 1740

 

 

page 474.                        

 

Le duc d’Espernon passant avec 3000 hommes par la frontière du Languedoc, trouva le duc de Joyeuse qui assiégeait  Villemur sur le Tarn, à la prière de ceux de Toulouse, qui par là voulaient brider les couses de ceux de Montauban. Le bruit de sa marche fit bien vite déloger les assiégeant : mais dés qu’il fut passé outre, Joyeuse, pressé (si on peut le dire ainsi) par son mauvais destin, recommença le siège. Le maréchal de Montmorency, craignant que sa puissance ne s’accrut trop dans ce pays là fit un corps de ses meilleures troupes, dont il donna le commandement à Lecques, à Chambaud, et à Montoison. Messillac, ci devant nommé  Rostignac, gouverneur d’Auverne, les joignit avec quelque cavalerie. Tous ensemble, ayant eu avis que  le duc avait envoyé logé la sienne dans les villages, résolurent de l’attaquer le dix-neuvième octobre. Au même temps qu’ils donnaient, Témines, il s’était jeté dans la place avec bon nombre de noblesse, fit aussi une grande sortie les forces des retranchements du duc mettent ces gens en désordre et ne déroute, en assomment un grand nombre, en font noyer un plus grand nombre dans le Tarn et le Duc, même le pont ayant fondu sous lui par la trops grande multitudes de fuyards.

Cette nouvelle causa une consternation incroyable  dans Toulouse. Lorsque  chacun y eut plaint la perte générale et sa perte particulière, il fallut penser à choisir un autre chef. Le défunt duc avait encore deux frères,  tous deux enrôlés dans le service de Dieu, l’un cardinal et l’autre capucin, que l’on nommait le frère Ange. Le premier qui était fort habile dans la conduite des affaires,  voulait bien se charger de cette partie du gouvernement., mais il s’excusa du commandement des armées, on le déféra à son frère qui avait autrefois fait ce métier. Ce ne fut pourtant pas sans beaucoup de peine qu’il se résolut à l’accepter.

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Historiens

 

Histoire de France de Lavisse

Lavisse – Histoire de France - tome 3, p. 219

 

Le duc Scipion de Joyeuse vint le 10 septembre 1592 mettre le siège devant Villemur.

Le 17, il commença de battre les murs avec 8 canons pour ouvrir une brèche. Les assiégés n’auraient point pu lui résister si Thémines n’était pas survenu à son insu introduisant un renfort considérable avec lequel il repoussa victorieusement l’assaut.

Le 20 septembre il obligea le duc de Joyeuse à d’éloigner du camp avec ses troupes.

Le Père Ange, capucin, son frère s’était rendu au camp de Villemur quelques jours avant la bataille (du 19 octobre), il tâcha de lui persuader de lever le siège et que le duc lui répondit qu’il ne le quitterait jamais, dut-il demeurer jusqu’à ce Qu4il ait atteint l’âge du feu maréchal leur père, ajoutant que les troupes, qu’il avait à combattre étaient la plupart du Bas-Languedoc et qu’il était accoutumé à les vaincre. Sur cette réponse, le père Ange se retira après avoir célébré la messe pour la prospérité des armes du parti de la ligue.

Le 19 octobre, Thémines alla surprendre le duc de Joyeuse dans son camp et le serra entre 2 feux. La panique s’empara des ligueurs qui fuirent en traversant le Tarn, les uns à la nage, les autres sur un pont de bateaux.

Le duc fit des efforts héroïques dans le but de sauver son artillerie, mais abandonné par les siens, il fut contraint lui aussi de fuir, à l’aide d’un pont de bateaux, qui se rompit et le laissa tomber dans le Tarn où il se noya. 

 

Lavisse – Histoire de France -tome 6, p. 352

Le duc de Joyeuse voulait s’emparer de Villemur qui lui eut ouvert l’entrée du Quercy et permis l’invasion de la Guyenne. Or à l’approche de l’armée du duc d’Epernon, il avait du lever le siège, le rejoint le 10 septembre 1592. L’un des héros d’Issoire, le sieur de Rastignac, gouverneur de la Haute-Auvergne se mit à l’avant-garde. Le pont du Tarn s’effondra.

3000 hommes périrent – les vainqueurs de n’avoir que 10 morts. La défaite de Villemur brisa l’élan de la ligue.

 

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