Histoire des Capucins de Toulouse   



 

 

vu par les capucins

 

Ce récit est un raccourci., de ce fait il  comporte, semble-t-il, de grands oublis ou ignorances : notamment l’éloignement de Joyeuse au terme d’un premier siège levé – non pas vers la forêt de Villemur comme cela est dit, mais vers la Guépie, ensuite la place décisive des armées royales lors de l’offensive, Thémines se trouvant dans la place de Villemur et en sortant par la suite. Par contre, le récit de la nomination du frère Ange (capucin) [Henri de Joyeuse] comme chef de la Ligue est plus détaillé.

 

 Le duc d’Epernon, après sa nomination au gouvernement de Provence, était parti d’Angoulême le 5 juin, ayant pris sa route par le Périgord et le Quercy, conduisant une petite armée, et, sur la prière de Thémines, il avait débloqué Montauban. C’était faire les affaires des Huguenots encore plus que celles du Roi : la double parenté d’Epernon avec les Joyeuse[1] ne laissait pas de jeter un caractère assez odieux sur cette conduite. Le Père Ange, parti d’Arles le 23 juin, et arrivé à Toulouse se hâta de se rendre auprès de lui. Il le conjura de ne pas prêter au marquis de Thémines un aide auquel rien ne l’obligeait. « Il n’oublia ni les respects de la religion ni ceux de l’amitié et de l’alliance et d’amitié pour rendre ce qu’il devait au service du Roi[2] ». « Le service du Roi », prétexté ici par le panégyriste du duc d’Epernon, n’était pas ce qui préoccupait le plus ce seigneur ; Peu après, il se mit en pleine rebellion, et voulut agir en souverain dans la province qui lui était confiée.  Ceci obligea Henri IV à l’en faire chasser par Guise et lesdiguières[3]. Ce dernier le battit sans coup férir, par un habile emploi de la tactique de Fabius Cunctator. Mais il était dans les desseins de Dieu que les Joyeuse honorassent la foi catholique par leurs infortunes autant que par leur dévouement et leurs victoires.

 

Le duc Scipion continuant sa campagne, vint, le 10 septembre 1592, mettre le siège devant Villemur. Le 17, il commença de battre les murs avec 8 canons pour ouvrir une brèche. Les assiégés n’auraient point pu lui résister si Thémines n’était pas survenu à son insu, introduisant dans la place un renfort considérable, au moyen duquel il repoussa victorieusement l’assaut le 20 septembre, et obligea le duc de Joyeuse à s’éloigner avec ses troupes, jusqu’à la forêt de Villemur, où il campa, se fortifia et demeura jusqu’au 18 octobre.. Dom Vaissette s’appuyant sur les mémoires de Gaches dit ceci : «  On assure que le Père Ange, capucin, son frère, s’étant rendu au camp de Villemur quelques jours avant la bataille du 19 octobre), tâcha de lui persuader de lever le siège, et que le duc lui répondit qu’il eut atteint l’âge du feu maréchal leur père, ajoutant que les troupes qu’il avait à combattre étaient la plupart du bas-languedoc, et qu’il était accoutumé à les vaincre. Sur cette réponse, le Père Ange  se retira après avoir célébré la messe pour la prospérité du parti de la Ligue. Le 19 octobre, Thémine alla surprendre le duc de Joyeuse dans son camp et le serra entre deux deux. La panique s’empara des ligueurs, qui fuirent en traversant le Tarn, les uns à la nage, les autres sur un pont de bateaux. Le duc fir des efforts héroïques dans le but de sauver  son artillerie, mais abandonné des siens, il fut contraint de fuir, lui aussi, à l’aide du pont de bateaux, qui se rompit et le laissa tomber dans le Tarn où il se noya.

 

 

Toulouse chrétienne

Histoire des capucins

Par le P. Apolinaire de Valence, Toulouse, Privat 1897, 2 tomes

Accord de Toulouse chrétienne donné par C. Douai

page 32



[1] Le gouvernement de Provence fut donné à Guise pour réprimer d’Epernon et la lieutenance du Roi à Lesdiguières pour avoir l’œil sur Guise

[2] Girard, Histoire de la vie du duc d’Epernon, 2° ed, 1, p.328

[3] Le gouvernement de Provence fut donné à Guise pour réprimer d’Epernon et la lieutenance du Roi à Lesdiguières pour avoir l’œil sur Guise

        

 


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