GAY & MARTY de Montjoire   



 

 

GAY  et  MARTY

de MONTJOIRE

         Montjoire

 

la maison Gay de Montjoire

à Montjoire demeurait Anne Léontine Gay,  née Marty, aux Millets

                                                                   

 

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        Les Millets - Sayrac/Villemur

  

les millets-Sayrac, maison Guillaume Marty (père de Jeanne Marty épouse Teysseyre et de Anne Léontine épouse Gay de Montjoire) - de gendre en gendre : Gay des Millets, Couderc de Villaudric, Marty de Montjoire, Teysseyre de Sayrac. Elle est la maison Gay (des Millets)

NB les Gay des Millets (Sayrac)  et ceux de Montjoire n'ont pas d'ascendance commune Gay. Ceux de Montjoire provenant de Bondigoux, et ceux des Millets - avec ceux d'Entourettes, nous étant toujours connus là. 

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 Montjoire : les condoms

à Montjoire la maison Marty se trouvait au hameau des  Condoms

Les Marty appartiennent à une vieille famille de Monjoire, une des plus anciennes connues, même si une tradition orale les disait être venus d'Auvergne. Toute une lignée de forgerons aux condoms.

La dénomination du lieu provient, nous dit-on, que fut là le lieu où l'inquisition réunissait les adeptes cathares (les condamnés).  

 

 

                

                                     Montjoire vu des Condoms  

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L’héritage des saints

 

Sœur Isabelle des Anges (Julie Marty)

 

                           Sœur JEANNE JULIE ISABELLF DES ANGES

                                         décédée le 1er   Mai 1854

 

Ma Révérende et très honorée Mère,

 

                   Paix en Notre- Seigneur qui, dans le temps où nous célébrons sa glorieuse Résurrection, a exigé de nos   Cœurs un sacrifice bien douloureux en appelant à lui notre bien chère sœur Isabelle des Anges, novice professe de notre maison, âgée de 25 ans (née en 1829) et de religion 4 ans[1].

 

                  Cette chère sœur était née à Montjoire[2], diocèse de Toulouse, de parents très vertueux (Laurent Marty, propriétaire à Montjoire et Marie-Anne Favarel originaire de Condel),  dont le zèle et le dévouement pour notre sainte religion les a rendus très recommandables. C’est au sein d’une famille aussi estimable que notre chère sœur  fut instruite dés sa plus tendre enfance, des principes de la vertu. Sa pieuse mère s’appliqua à former son jeune cœur  à  l'amour du bien et à orner son intelligence des vérités les plus pures de notre sainte Foi. Cette chère enfant mit soigneusement à profit des leçons aussi précieuses.

 

                 A mesure qu'elle grandit, on voit reluire dans sa conduite une sagesse admirable avec une maturité de jugement qui surpassait la portée de son âge. Douée d'un caractère excellent, d’une angélique douceur, cette chère enfant faisait les délices de ses parents qui ne pouvaient assez bénir Dieu de ses heureuses dispositions.

 

Sensible à cette tendre affections elle les chérissait ardemment et leur donnait en toute occasion des marques d'un respectueux attachement ; bonne envers ses frères et sœurs  elle sut gagner leur affection et leur confiance  et elle en profitait pour les encou­rager dans une pratique de la vertu.

 

La chère enfant désirait ardemment de s’unir à son Dieu ; tous ses vœux étaient offerts pour obtenir cette insigne faveur. Le Seigneur exauça ses désirs et bientôt elle mérita de s'asseoir avec bonheur au banquet des élus. Fortifiée par le vin qui fait germer les vierges elle comprit dès lors que le Seigneur voulait l'appeler à Lui par la vocation religieuse ; fidèle à la voix de la grâce elle s'appl­iqua de toutes ses forces à mériter cette faveur. Alors elle redoubla de zèle pour remplir tous ses devoirs : on la voyait se livrer sans ménagement à tout ce qu’il y avait de plus pénible afin de trouver des sujets de se mortifier et se priver de toute satisfaction.

 

Une circonstance fâcheuse vint  mettre son dévouement à l'épreuve: son aïeule déjà très avancée en âge fut atteinte d’une mala­die grave qui dura plusieurs années. Notre chère sœur  s’attacha aux soins de sa respectable grand’Mère avec la plus constante assiduité. Rien ne fut capable pendant cette terrible maladie de diminuer sa charité et les soins qu'elle ne cessait de lui prodiguer. La Chère malade lui donnait en retour des marques de la plus tendre affection

 

Notre chère Sœur , ma Révérende Mère  édifiait ainsi sa famil­le par l'éclat de ses vertus ; la grâce qui agissait dans son âme la rendait précieuse aux yeux du céleste Epoux. Attirée à Lui par une voie de crucifiement, elle portait en silence les peines de cet état dans une entière conformité à son bon plaisir. Le désir de se retirer dans la solitude l’occupait uniquement. Elle obtint enfin de ses parents la permission de venir nous demander une place. Mous n’eûmes point de peine à nous rendre à ses désirs, connaissant son mérite, ses qualités qui nous parurent très propres à la vie du Carmel.

La Communauté se félicitait de posséder une de ses cousines[3] qui était pour nous une règle vivante ; nous eûmes la douleur de la perdre peu de temps après son. entrée.

              Heureuse d'avoir réussi dans sa démarche notre chère Sœur partit toute joyeuse pour faire ses derniers  adieux à sa famille et hâter  le jour de son entrée qui fut très prochain. Quelle ne fut pas sa joie, et son bonheur lorsqu'elle se vit isolée de tout ce qui pou­vait la séparer de son Dieu ! Dès le premier début, elle marcha avec une si grande prudence dans le sentier de 1a vie religieuse qu'il nous était difficile d'apercevoir les moindres imperfections ; tout en elle annonçait une âme recueillie et attentive à la voix de Dieu.

 

               Avec de telles dispositions, ma Révérende Mère nous ne nous ne différâmes de lui donner  le Saint Habit qu'elle désirait ardemment; revê­tue de ces saintes livrées, le 22 Octobre 1850, notre chère sœur fit de nouveaux efforts pour se disposer à  s’unir a tout jamais à l'Epoux de nos âmes. Exacte, fervente, silencieuse dans tous ses devoirs, nous admirions avec la plus douce consolation le trésor que la Providence nous avait envoyé. Nous étions loin de penser qu'il nous serait si tôt ravi.

 

Ma Sœur   Isabelle ayant terminé les épreuves de son noviciat f'ut admise

avec la satisfaction de la Communauté à faire sa  profession le 3 Novembre 1851. Qu'il fut heureux ce jour pour notre chère Sœur : les dispositions dans lesquelles elle avait taché d’entrer  lui méritèrent des faveurs toutes particulières de la part de Jésus a qui  elle s’est consacrée avec le plus généreux -abandon, disposant son cœur  sur i'autel de l’holocauste  afin que désormais il en fit une victime de son pur amour. Au comble de ses vœux, notre chère Sœur  comprit toute l’étendue de ses engagements, aussi rentra-t-elle dans le plus intime de son âme pour les considérer à loisir et les observer avec plus de perfection. Cette vue ne fut point stérile : elle s’appliqua avec plus de soin à se tenir en la sainte présence de Dieu, se considérant comme étant seule avec Dieu seul. Cette pratique lui facilitait le moyen d'acquérir un esprit de mort absolu pour tout ce qui n'était point de son devoir. A cet égard, elle se reprochait l'ombre de la plus légère  faute.

 

Que n'aurions-nous pas à vous dire, ma Révérende Mère, de son esprit d'obéissance pour laquelle elle ne s'est jamais permis la moindre réflexion, se rendant  fidèlement avec promptitude au moindre signe de la volonté de sa Prieure, considérant toujours dans sa per­sonne Notre Seigneur Jésus - Christ, grand moyen qui n’a pas peu contribué à la faire arriver à la haute perfection où elle est parvenue.

C'est  avec raison que nous pouvons lui appliquer ces paroles de la Sainte-Ecriture: "Le juste fournit une longue carrière dans un  petit nombre d’années."

                 Il nous serait difficile de dire quelle était sa vertu distinctive tant était grande sa vigilance  pour la pratique de chacune d’elles.

                 Nous pensons néanmoins que la charité comme reine des vertus brillait d’un plus vif éclat. Pénétrée de zèle pour la Gloire de Dieu, elle s’offrait sans cesse en victime pour réparer les outrages faits à sa divine majesté.

               

                 Les anéantissements de Jésus au Saint Sacrement étaient constamment le sujet de ses adorations; son cœur était navré à la vue de l’indifférence des mauvais chrétiens.  Pour obtenir  le salut des âmes, que de prières et de mortifications n'offrait-elle point au Seigneur! Charitable envers ses sœurs , elle avait pris la résolution de ne refuser aucun service autant que cela serait compatible avec ses devoirs; fidèle a cette pratique elle s’affligeait extrêmement lorsqu'elle était obligée de donner un refus. Son égalité de caractère  et le calme qui résultait lui facilitaient le moyen  d'agir avec une très grande pureté d'intention ; ses lumières, à cet égard étaient bien supérieures au commun des âmes.

La foi la conduisait dans toutes ses actions, ce qui l’unissait toujours plus intimement à Dieu. Cette union continuelle mettait tou­tes les puissances de son âme dans une adoration incessante en vue de glorifier ses divins attributs.

Notre chère Sœur  Isabelle, ma très Révérende Mère était un fruit mur pour le Ciel ; il fallait qu'il fut cueilli. Sa santé était bonne, Nous n'avions jamais eu la moindre crainte à ce sujet. Elle a constamment observé notre sainte Règle jusqu'à sa dernière maladie qui s'est déclarée quelques mois avant sa mort. Dans le premier moment, le mal ne parut point grave, mais bientôt il fit des progrès qui nous alarmèrent.

Notre chère Sœur  comprenait tout le danger de son état et ne doutait pas

que sa mort fut prochaine. Dans sa dernière retraite elle avait reçu des lumières qui la confirmaient dans ce sentiment. Cette connaissance produisait dans son âme la paix, le bonheur ,et la joie qui sont l’avant-goût de l'éternité. Dans ces dispositions, elle a mis à profit le temps de sa maladie. Quels exemples de patience et de résignation n'avons-nous  point eus à admirer! elle ne se plaignait jamais, elle souffrait en silence les douleurs excessives qui la consumaient ; elle unissait soigneusement ses souffrances à celles de notre divin Sauveur qui lui donnait la force de les suppor­ter avec joie.

Le terme de la vie de notre chère Sœur  -approchait; sa fai­blesse extrême nous annonçait que le moment allait venir; l'hvdropi­sie vint se joindre à l’affection de poitrine et la mit hors d’état de marcher.

 

Pendant le Carême nous la  fîmes mettre  à l'infirmerie; ses souffrances étaient extrêmes. Les soins assidus de notre médecin ain­si que les bontés et attentions de nos chères sœurs  les infirmières, ne pouvaient les adoucir. Notre chère malade désirait ardemment de recevoir les derniers sacrements pendant qu'elle avait toute sa con­naissance ; ses désirs furent exaucés ; M. notre aumônier  qui est notre confesseur, vint avec la plus grande bonté, lui donner consolation. Avec quelle foi et quel amour s’unit-elle à son Dieu ! Elle tacha d’entrer dans les dispositions les plus parfaites, profitant de tous les instants qu’elle avait à passer sur la terre pour purifier les légères fautes qu’elle se reprochait sans cesse.

 

Sa maladie se prolongea encore quelques jours après la récep­tion des derniers sacrements; elle eut la consolation de recevoir le St.Viatique une seconde fois avec toute sa présence d'esprit. M. notre respectable et bon père Supérieur est venu lui donner sa bénédiction et l’encourager par ses charitables avis.

 

Notre chère Sœur , Ma Révérende Mère, avait entièrement perdu ses forces et nous vîmes qu'elle baissait sensiblement ; ses faiblesses étaient fréquentes ; le soir, elle eut une crise qui nous fait crain­dre qu'elle expirait. Nous lui fîmes alors les prières de l'agonie auxquelles elle s’unit avec une pleine connaissance. Nous avons passé la nuit auprès d’elle, lui répétant les prières, lui suggérant par intervalles des pensées propres à la soutenir dans ce pénible moment. A  cinq heures du matin, une nouvelle crise survint, alors elle perdit la parole et !a connaissance; à 7 heures, elle rendit sa belle âme à son Créateur dans la paix et le calme des enfants de Dieu, une par­tie de la Communauté, et nous, présentes.

 

                 Bien que nous ayons la confiance que cette âme si pure jouit déjà de la vue de Dieu comme le Seigneur juge les justices même, nous vous prions, ma Révérende Mère, de lui faire rendre au plus tôt les suffrages de notre Ordre. Par grâce une communion de votre sainte communauté, une journée de bonnes œuvres, l’indulgence du via Crucis . Son âme vous en sera très reconnaissante ainsi que nous qui avons l'honneur d'être avec un très  profond respect, au pied de la Croix, Ma Révérende et  très honorée Mère.

 

                                  Votre très humble servante

                                  Sœur  Elisabeth du Saint Esprit r.c.i..

De notre Monastère de 1'Enfant-Jésus et de Notre Mère Ste Thérèse

des Carmélites de Montauban.

Le 9 Mai 1854.

 

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Mère Séraphine (Gratienne Gay)

soeur bleue de Castres

  

 

NOM RELIGIEUX : Séraphine

NOM DE FAMILLE : GAY

Prénoms : Gratienne

Naissance : le 16 juillet 1897 à Saint-Sulpice (Tarn)

Profession temporaire : le  5 septembre 1911 à Castres

Profession perpétuelle : le 24 août 1913 à Castres

Décès : le 26 janvier 1970 à Castres                                    Castres, 30 janvier 1970

 

            

 

 

Mes bien chères Mères et Sœurs, 

Depuis des mois nous voyions notre chère Mère Séraphine se détacher doucement de tout ce qui est d'ici-bas. Elle a franchi le seuil de l'éternité, le 26 à midi, pendant que la communauté récitait l'office et l'Angélus en l'honneur de Marie. Sans plaintes, sans secousses, elle a glissé paisiblement vers cet univers mystérieux où l'avait ancrée sa foi.

Cette foi, elle la développait depuis son baptême, reçu en 1887, dans l'église de Saint Sulpice-la-Pointe. Fille unique, elle avait vaillamment sacrifié ce qui lui promettait une vie agréable pour se donner totalement au Seigneur dans l'enthousiasme de ses 21 ans.

Son noviciat au Couvent Bleu se fit sous la conduite affectueuse et ferme de l'inoubliable Mère Marie. Gratienne Gay était primesautière, pétillante d'intelligence. Son âme d'artiste vibrait intensément. Fine et délicate, elle percevait rapidement jusqu'aux moindres nuances. Elle pénétra et s'enracina profondément dans l'esprit, dans les structures de la Congrégation.

Un an après sa prise d'habit, elle fut envoyée à Acqui comme maîtresse de piano. La communauté était composée, en grande partie, de jeunes soeurs. La difficulté des communications, les pénuries du moment, l'œuvre à peine commencée où il fallait engager toutes ses forces, l'élan commun vers un même idéal nouèrent des liens de solide amitié dans le noyau des fondatrices. La joyeuse novice s'y inséra aussitôt et elle évoquera toujours avec une saveur spéciale les péripéties de cette première étape.

La profession faite le 5 septembre 1911, la jeune sœur travaille en terre italienne jusqu'en 1918. C'est dire qu'elle y vit les années pénibles de la grande guerre, avec les déchirements durement ressentis par son coeur sensible.

Sa santé fragile commence à se délabrer. Rappelée en France, elle passe quelque temps au pavillon St Joseph.

Le Chapitre de 1921 confie le Supériorat Général à notre bonne Mère Sylvie. En 1923, Mère Marie meurt. C'est Mère Séraphine qui va la remplacer dans la charge de maîtresse des novices. Avec dévouement et compétence, la nouvelle formatrice inculque à ses élèves les principes fondamentaux de la vie chrétienne et religieuse, l'amour de Dieu et de la Congrégation. Elle développe leur zèle apostolique, Elle leur enseigne à puiser les éléments de leur vie spirituelle dans le cœur du Christ et celui de Marie.

La fatigue physique l'oblige parfois à un demi repos. Alors, Mère Sylvie prend une part de la formation, avec sa vigueur ardente et contagieuse. Mais la Mère Maîtresse accomplit vaillamment son ministère d'accueil, de bonté, d'encouragement, de correction...

Le noviciat est peuplé à cette époque. II arrive qu'il dépasse la soixantaine. Chaque fille a pourtant sa place dans I'intérêt et le cœur de la mère ; et lorsqu'une novice, transformée en jeune professe, s'éloigne du centre de première formation, elle aime recevoir les petits billets aux lignes denses, à l'écriture fine, régulière, élancée... elle sait qu'elle y trouvera une orientation surnaturelle et affectueuse pour continuer la marche en avant.

En juin 1928, Mère Séraphine est nommée Conseillère Générale et lorsque, en 1936, Mère Sylvie transmet sa charge à Mère Marie Agathe, elle est désignée comme assistante de cette dernière. A ces postes de responsabilité comme dans ses relations personnelles, la chère Mère manifeste toujours compréhension, bonté, discrétion, prudence, exquise courtoisie. Elle applique son intelligence et son dévouement aux affaires de la Congrégation comme à chaque problème, général ou individuel, qui se présente à elle. En tout, elle apporte sa foi, son sens surnaturel, le rayonnement de sa vie intérieure. La mort de notre Mère Marie Agathe laisse reposer, pour un temps, sur ses épaules, le poids de la Congrégation entière.

La santé de Mère Séraphine supporte mal tant de travaux et de soucis. Lorsque le Chapitre de 1947 la libère, elle prend quelque temps de repos à Clermont. Bientôt, la difficile mission de conduire l'œuvre clermontoise lui est confiée. Un bref supériorat encore à Redon et elle doit se résigner au repos absolu. Passés 3 ans, elle fait un nouvel essai à Clermont, mais le mal qui la mine et contre lequel on a toujours lutté s'avère définitivement vainqueur.

En 1957, le docteur ordonne l'isolement à Saint Joseph. C'est là que la chère Mère a vécu les dernières années de sa vie. Elles n'ont certainement pas été les moins fécondes... Presque 13 ans d'une impuissance qui s'accroît de jour en jour ! 13 ans d'une souffrance physique et morale, imprégnée d'oblation et de prière !... Cela vaut sans doute beaucoup de nos agitations.

Nous l'avons vue, souriante et attentive, accueillir aimablement ses visiteurs, désireuse d'un contact intellectuel et moral qui la tienne aux écoutes du monde.

Nous avons entendu ses questions pleines d'intérêt, ses réparties spirituelles, le rappel d'agréables souvenirs ; et si nous avons parfois souri des précautions dont elle s'entourait et de certains raisonnements relatifs à sa santé, nous avons toujours constaté en elle une remontée, presque instinctive, au plan surnaturel.

C'est pourquoi il nous a été douloureux d'assister au déclin d'une vie dont le niveau s'était révélé supérieur. Progressivement, chacun des biens qui semblent inhérents à l'existence humaine abandonnait la malade. C'était le suprême dépouillement. A la fin, il semblait ne rester que l'accueil du sourire, un éclair de délicatesse dans ses yeux brillants, et même si elle ne nous reconnaissait pas, ces expressions aimables qu'elle avait acclimatées sur ses lèvres : "bonjour, chère amie !"  "je vous remercie..."

En octobre, elle avait reçu le sacrement des malades. Nos aumôniers la visitaient régulièrement et lui portaient la communion. Dernièrement, nous la voyions si faible, si épuisée, que nous craignions de la trouver morte chaque matin. Le Seigneur n'a pas permis que nos ayons cette peine. Il nous a laissées murmurer à ses oreilles les prières qu'elle ne pouvait plus prononcer et il l'a sans doute accueillie comme elle avait l'habitude d'accueillir: "De la même mesure dont vous aurez mesuré, on vous mesurera" (Mat. 7,2 )

Nous avons ramené son corps à la chapelle de la Maison Mère pour la messe des funérailles. Son petit cousin l'a célébrée. L'ordination de ce jeune prêtre avait été une des dernières joies de la défunte. Elle aimait les membres de sa famille naturelle et ceux de sa famille religieuse ; elle leur sera, de là-haut, plus bienfaisante encore.

Nous l'avons conduite au cimetière en beau cortège. Elle repose, maintenant, tout à côté de notre chère Mère Marie Clément.

Que celles qui ont participé, hier, à nos joies, à nos soucis, à nos désirs, veillent encore sur la Congrégation où elles ont usé leur vie dans le don total d'elles-mêmes ; qu'elles lui obtiennent de se survivre en de généreuses et solides vocations.

Bien affectueusement unie à vous.

                                                                                    Sœur Marie Louis

 

 

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Léon-Bernard Baron

 

"le saint abbé Baron"

 

1848-1912

 

Il était le cousin de Laurent Gay,

le père de ma grand-mère Marie-Georgette Gay épouse d’Emmanuel Teysseyre.

 

 

Léon-Bernard Baron naquit en janvier 1848 à Villebeuce-les-Bouloc, fils de Joseph Baron  et d’Elisabeth Massonnié. Il fut baptisé dans cette paroisse par M. Andrieu qui resta curé fort longtemps, jusqu’après son ordination. Son père était régisseur dans une des grandes familles de la région, en même temps qu’il s’occupait de faite valoir ses propres biens [notamment à Saint-Cézaire]. Ses travaux l’absorbaient. Aussi ce fut sous le regard et la vigilance de sa pieuse mère que cet enfant béni grandit dans l’innocence et la piété. Il eut le bonheur de conserver longtemps cette mère et l’entoura de respect et de soins assidus. Il l’affectionna beaucoup, aimant, dans l’intimité, à rappeler les bontés et les tendresses dont elle vait entouré son enfance. Qaund il la perdra, il sera comme inconsolable. La providence donne ordinairement de saintes mères à ceux qu’elle appelle au sacerdoce. Il eut donc le bonheur de conserver longtemps cette mère devenue infirme et aveugle, qu’il entoura de soins et de piété filiale.

 

Léon Bernard Baron, enfant, fut confié à l’instituteur de Montégut Il y avait là une vieille tante infirme, très pieuse. Il s’attacha à elle. Il la vit mourir avant de quitter Montégut. Les études primaires terminées, à 12 ans, il fut placé à Toulouse dans la famille Bernès, ayant pour nouvel instituteur Guillaume Bernès. Il lui apprit le latin. Léon-Bernard sera ensuite admis au lycée en classe de quatrième. Dés le début sa place fur parmi les meilleurs élèves ; il la conservera jusqu’à la fin…. Son professeur de rhétorique l’engageait à entrer à l’Ecole Normale supérieur, mais M. Baron lui ayant répondu qu’il avait résolu d’enter au séminaire, son professeur n’insista pas. Il allait souvent prier le soir avec un ami à Notre-Dame la Daurade. Il partageait sa chambre avec un parent logeant, dans la maison Bernès,  rue des Paradoux, apparentée à la famille de M.Baron. Chaque jour avant de partir pour la classe, il assistait à la messe et y communiait.

 

Bachelier, il pensait bien entrer au séminaire, mais son père, bien décidé à faire de lui un notaire, s’y opposa formellement et l’obligea à étudier le droit. Il dut se soumettre. Etudiant il aura pour confesseur l’abbé de Gauléjac, vicaire de N-D la Dalbade. Il va s’installer rue Saint-Remesy dans une chambre en entresol.

 

A 21 ans il entre au séminaire.

Ordonné prêtre en juin 1873 par l’Evêque de Montauban (Mgr Desprez, étant indisposé). Il célébrera sa première messe à Villeneuve-les-Bouloc.

 

Ses ministères :

-         vicaire à Notre-Dame du Taur [1873-1876]

-         vicaire à la métropole i.e. cathédrale Saint-Etienne [1876-1881]

-         curé de Saint-Sylve [1881-1897]

-         supérieur du Petit-Séminaire de l’Esquile [1897-1899]

-         curé de Saint-Jérôme [1899-1912]

 

Extrait de la « Notice biographique de M. le chanoine L-B Baron curé de Saint Jérôme à Toulouse par un prêtre de l’union apostolique », A.M.D.G. Toulouse, ed J-M Caussé, 1915

 

                  

                            le chanoine Léon-Bernard Baron

 

 l'annonce  de sa mort  le 9 mai 1912

Nous apprenons, au moment du tirage, la mort dé M. le chanoine, Baron, curé de Saint-Jérôme, qui rendait; à Dieu sa sainte  âme jeudi [NDLR 9 mai 1912] , vers les 10 heures du soir.

 

Dimanche dernier, déjà fort affaibli par nue reprise du mal qui, il y a quelques années, avait failli l'emporter, il voulut recevoir dans sa chère église, Monseigneur l'Archevêque venu pour présider les fêtes du Jubilé et, ce même jour, surmontant sa faiblesse; il adressait une allocution au- pèlerinage de l'Institution Alquier, de Bonboure.

 

Cet effort imprudent et dont les instances affectueuses de son entourage n'avaient pu le détourner aggrava son mal et il parut, bientôt, qu’il était sans remède  Mais nous aimons à le penser, réservait à son fidèle serviteur la joie de clôturer le Jubilé de la Sainte-Croix, dans le Paradis.

 

Ce n'est pas le moment d'écrire ce que perd le clergé du diocèse en  la personne de celui qui fut, partout et toujours, son modèle et son honneur, ni combien il est regretté à Saint-Jérôme qui perd; aujourd'hui, un pasteur vigilant, saintement passionné pour la gloire Dieu et le salut des âmes ; prêtres et paroissiens de Saint-Jérôme prieront pour le repos de son âme, et, c'est le seul témoignage de reconnaissance bonne et salutaire qui convienne en ce moment.

 

Les obsèques de M. le chanoine Baron seront célébrées sur la paroisse Saint-Jérôme demain, lundi [NDLR 13 mai 1912], à 10 heures précises.

 

 

Les obsèques le 13 mai 1912

 

  

M. Baron, curé de Saint-Jérôme, est mort le jeudi soir, 9 mai. Dès; le samedi, il a fallu enfermer ses restes bien-aimés. La mort faisait son oeuvre! Là sainte dépouille est restée exposée à la vénération des fidèles dans une chapelle ardente, L'entrée du presbytère ne portait point de tentures. Pourquoi alimenter la caisse officielle qui ne reconnaît: pas l'enfant du pauvre, s'il fréquente nos écoles?

 

Lundi, 13 niai, les funérailles. Il est dix heures du matin, Le corps, avait été préalablement déposé à l'entrée du presbytère, dans un encadrement de tentures funèbres.

 

Monseigneur, en tournée pastorale, s'est fait représenter par M. le grand vicaire Dubois. Une foule considérable se presse autour du représentant de Sa Grandeur on prend place dans le cortège. Cette cérémonie présente un caractère ecclésiastique très accusé. Ses confrères sont venus de tous les points du diocèse; quelques-uns même sont arrivés des diocèses voisins, de Pamiers et de Montauban. On remarque dans l'assistance M. le supérieur du Grand Séminaire, Mgr Breton, recteur de l'Institut Catholique, accompagné de M. le chanoine Maisonneuve, doyen de la Faculté de théologie ; de M. le chanoine Valentin, doyen de la Faculté libre des Lettres et de M. Cheminat, supérieur du Séminaire de l'Institut, MM. les chanoines Bepmale, supérieur du Caousou, et Doumerc, supérieur du Petit Séminaire.

 

MM. les Curés de la ville, en étole, se groupent autour de celui qu'ils aimaient à proclamer leur modèle. M. le chanoine Delpech, archiprêtre de la cathédrale, préside; il est deux fois qualifié pour ce douloureux honneur et par sa situation, et par l'amitié qui l'unissait au vénéré défunt.

 

C'est lui qui fait la levée du corps et conduit, à travers la paroisse, le pasteur qui la parcourait jadis à pied, nue tête, portant le bon Dieu aux malades.

 

Le cortège, en s'éloignant de la rue Duranty, prend la- rue SaintAntoine-du-T., arrive à la place Saint-Georges, suit les rues Cantegril, des Arts, de la Pomme, d'Alsace-Lorraine et rentre dans la rue Duranti..

 

L'église a pris le deuil : des tentures au chiffre de M. le curé Baron règnent autour de l'édifice et ferment le confessionnal, le confession-nal si fréquenté où l'abbé Baron a reçu tant de confidences et donné tant de consolations.

 

La Maîtrise, à la formation de, laquelle M. Baron avait contribué personnellement, fait entendre les chants liturgiques, ces chants qui pleurent, prient et aussi espèrent.

 

Après la messe, l'absoute ! Le saint Curé prend congé définitivement de son église, de son confessionnal, de sa stalle, de son. sanctuaire, de la chaire où il savait si bien s'élever et élever les âmes avec lui... Il se rend, accompagné d'une foule considérable, au cimetière de Terre-Cabade. La croix marche en tête et dirige le cortège qui comprend, sous la Croix de la Congrégation des Enfants de Marie, les pensions Caussanel ci Angremy les filles des catéchismes et des écoles, une délé­gation des écoles de Saint-Sylve, le Catéchisme de Persévérance, la Congrégation. en voiles, le Tiers-Ordre, la Confrérie du Saint-Sacre­ment, les élèves de l'école libre de garçons, le Cercle, l'Union catholique, l’Union du personnel des chemins de fer, la Confrérie de Sainte-Epine, tous ces groupements avec leurs insignes, draps d'hon­neur ou drapeaux, puis la Maîtrise, une délégation du Petit Séminaire, et enfin le clergé.

 

M. l'archiprêtre Delpech, assisté de MM. les abbés Laye et Roucolle qui, avec l'abbé Costes, étaient lea privilégiés du pasteur disparu.

 

Le char funèbre arrive ensuite, un char de quatrième classe, simple, austère, sans une lieur, sans une guirlande, n'ayant d'autre ornement qu'un crucifix qui corrigeait la neutralité blasphématoire du fourgon officiel. M. l'abbé Baron l'avait ainsi disposé, il a été obéi.

 

    Derrière le char marchaient les Soeurs de Saint-Vincent-de-Paul, les Petites Sœurs  des Pauvres et des religieuses appartenant à divers ordres avec leurs élèves. Le deuil est conduit par MM. les vicaires.

Ousset et Cabanac. Après eux marchent les membres du Conseil pa­roissial, suivis eux-mêmes de nombreux ecclésiastiques. La famille les  accompagne. De nombreux amis complètent le cortège. Le défilé parcourt les rues Duranti, Saint-Jérôme, le boulevard Carnot, la rue de la Colombette, passe le pont et arrive à sa douloureuse destination, tra­versant une ville toute retentissante encore des luttes de la veille et donnant à toutes ces passions qui éclatent encore sur les murailles une leçon qui ne sera guère entendue!

 

Sur le passage, la foule s'incline. Les tramways s'arrêtent respectueusement. Dirons-nous que tout le monde se découvre ?  Hélas ! plusieurs saluent la croix, d'autres attendent pour saluer l'arrivée du char funèbre, d'autres restent obstinément couverts. On arrive au cimetière. M. l'Archiprêtre. prononce d'une voix affaiblie par l'émotion les suprêmes prières et le saint abbé Baron prend place dans le caveau des curés de Saint-Jérôme, auprès desquels, dans la silencieuse intimité du tombeau, il va dormir son dernier sommeil et attendre la résurrection, dont il n'a rien à craindre, car il a été un vrai pasteur, un pasteur selon le coeur de Dieu et de l'Eglise  L. V.

 

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Testament spirituel de l'abbé Baron

 

Le vendredi soir, à l'exercice de la clôture du Jubilé (NDLR de la Sainte Croix), les paroissiens de Saint-Jérôme entendaient, avec une émotion qu'il est aisé de comprendre, la lecture qui leur était faite, du haut de la chaire, de la lettre suivante à eux adressée par leur très regretté curé, M. le chanoine Baron, qui avait rendu son âme à Dieu, la nuit précédente

 

Au nom du Père, et du Fi Is, et du Saint-Esprit.

 

Je tien s à donner à mes paroissiens de Saint-Jérôme, sans négliger mon ancienne paroisse de Saint-Sylve ni les âmes que j'eus le bonheur, de servir au Taur, à Saint-Etienne, au Petit Séminaire, l'assurance d’un amourr qui ne fut jamais interrompu. Je rends grâces à Notre-Seigneur de m'avoir soutenu au service d'œuvres   que j'ai aimées de tout mon cœur  dès qu'elles m'ont été confiées. Je demande à Dieu et à toutes ces chères âmes, plus particulièrement à mes frères dans le sacerdoce et dans l'Union apostolique, pardon et miséricorde pour toutes mes insuffisances, pour mes scandales, pour mes défaillances si multiples, dont le bien fut paralysé entre mes. mains : que leur indulgence et leurs prières tiennent compte de mon affection qui fut droite et bien intentionnée devant le Seigneur.

 

 Ces sentiments s'adressent bien spécialement à mes supérieurs ecclésiastiques. Je ne voulus jamais les offenser; et si par mes paroles et mes actes j'ai causé quelque peine soit à Monseigneur l’archevêque, soit à ses éminents auxiliaires, j'en ai, bien que je ne l'aie jamais voulu, un profond regret et m'en humilie à leurs pieds, Mais je tiens à affirmer que je les ai toujours voulu honorer et aimer; que je meurs en parfaite communion de foi, de confiance, de charité, de dévouement avec eux, et pleinement soumis à toutes les directions de la sainte Eglise romaine et du Souverain Pontîfe. Que la bonté de Notre-Seigneur tienne compte de cet indéfectible amour, pour le salut de mon âme.

 

En ce qui concerne ma sépulture, je veux qu'elle demeure simple et humble, si je suis encore curé de Saint-Jérôme, et à plus forte raison si je ne le suis plus. Je demande le char funèbre de 5° classe, tout au plus de 4°.

 

A l'intérieur, je désire une messe chantée, et je supplie mes fidèles de m'accorder leurs saintes communions et les indulgences qu'ils pourront appliquer à mon âme.

 

Je ne veux ni fleurs ni couronnes, mais un simple crucifix sur mon cercueil par dessus les insignes du sacerdoce.

 

Je désire qu'on ne fasse ni de vive voix, ni par écrit dans la Semaine catholique ou ailleurs des éloges qui manquent de fondement. Dieu seul sait l'abondance de ses grâces et celle de ma misère. On se tromperait à les interpréter. Je prie qu'on laisse en paix mon jugement, et qu'on m'accorde les prières infiniment nécessaires pour moi devant le Souverain Juge.

 

Mon dernier mot est un mot de confiance et d'amour pour tous ceux qui m'ont rencontré dans la vie : que le Dieu de bonté les comble selon ma demande. Dés ce moment j'off re, avec le sacrifice de Notre-Seigneur, 'la part de souffrances qu'il me réserve dans sa bonté pour le bonheur de toutes les âmes qui me furent confiées. Que nulle ne périsse de celles que j'ai un jour, une fois, atteintes dans mon ministèft. Ce sera, j'espère, ma dernière prière et, j'espère, la meilleure de mes expiations.

 

Dans la nuit du 28 an 29 mars (1908), sous la protection de la Vierge Immaculée, de saint Joseph et de tous mes chers saints.

 

L. B.Baron, prêtre, curé de Saint-Jérôme.

 

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En mémoire de  l'abbé Baron

 

Respectueux des dernières volontés de M. l'abbé Baron, nous nous abstiendrons d'insérer, ici, la notice élogieuse qu'il méritait, que la pieuse sympathie de nos lecteurs attendait.

 

Toutefois, s'il ne nous est pas permis de le louer, en donnant libre cours à l'admiration, à la vénération et à la symnathie universelles qu'il s'était si légitimement acquises, nous avons le devoir d'enregistrer, dans nos Annales diocésaines, quelques notes utiles à conserver pour l'historique des oeuvres qui doivent à ses libéralités et à son zèle leur création, leur développement et leur prospérité.

 

La publication de ces notes que nous devons à son digne successeur à Saint-Sylve et à ses chers vicaires de Saint-Jérôme, n'a rien de contraire à sa volonté du vénéré défunt et si, à la vérité, ces notes constituent son meilleur éloge, on conviendra que l'éloge jaillit tout eu1 dé ses oeuvres et non de notre plume : laudant eum opera ejus

 

1 - Les oeuvres deM. l' abbé Baron à Saint-Sylve

 

Lorsqu'en novembre 1891, M. l'abbé Baron succéda à Saint-Sylve à M. le chanoine Calvet, de grande et sainte mémoire, il trouva une paroisse en formation et une église composée de quatre murs, à mi­-hauteur et mi-longueur, ouverte à tous les vents et à la pluie, sans pla­fond, carrelée de briques moitié crues avec un mobilier à l'avenant.

C'était, dans toute la réalité, la pauvreté de Bethléem; et encore, cette pauvre église avec le presbytère y attenant, était sous le coup d'une saisie-arrêt et allait être vendue quelques jours plus tard par licitation.

 

M. Baron n’eut pas un instant d'hésitation. Il racheta église et presbytère, y consacrant toute sa fortune disponible et empruntant le reste. Puis, sans désemparer, à l’aide de nouveaux emprunts, il fit ajouter quatre chapelles, entr'autres celles de saint Bernard et de sainte Germaine, qu'il orna de belles statues en pierre,dues au ciseau du célèbre sculpteur toulousain Maurette. Enfin, il munit sa sacristie d'un mobilier très convenable, presque luxueux. Et dans cette église il reproduisit, autant que cela lui était possible, les belles cérémonies qu'il avait admirées pendant son vicariat -à la Métropole.

 

En ce qui concerne le temple spirituel, son œuvre  ne fut ni moins prompte, ni surtout moins féconde. Instructions plutôt longues à chaque réunion paroissiale, catéchismes multipliés, associations pieuses. pour toutes les catégories de fidèles, congrégation de jeunes filles, ,congrégation de mères chrétiennes, conférences d'études pour les hommes, sociétés de Secours mutuels, visites incessantes aux écoles ou dans les familles, retraites, missions, rien, absolument rien de ce qu'un zèle intelligent peut suggérer ne fut négligé. Doué d'un talent remarquable d'organisation, il put, avec l'aide d'un seul vicaire suffire à tout. Il faut dire cependant que bien souvent il employait les nuits à la besogne et, maintes fois, les cheminots, ses paroissiens. allant à la gare ou en revenant, longtemps après minuit, ont vu la lumière filtrer à travers les fentes des volets fermés.

 

Aussi, quel profond sillon il a tracé durant les seize années qu'il a passées à Saint-Sylve ! Treize ans écoulés depuis son départ ne l'ont pas effacé. M. Baron, pendant seize ans, ne s'est jamais préoccupé de lui-même. Questions d'argent ou d'amour-propre, questions de succès >', ou d'échec ne sont jamais entrées en ligne de compte. Il s'est toujours complètement oublié. C'est une raison de plus pour que ses anciens. paroissiens ne l'oublient jamais.

 

2 - Les oeuvres de M. le chanoine Baron à Saint-Jérôme

 

Œuvres  matérielles : installation de deux reliquaires à l’autel de Sainte Germaine en 1900

Modification et agrandissement du maître-autel (en 1901).

Transformation de la chapelle du Purgatoire en chapelle  de Saint-Joseph (en 1902).

Réparation de l'ancienne chapelle des mariages qui devient la chapelle de Notre-Dame du Bon conseil (en 1902).

Transformation de la chapelle de S,aint-.Jérôme en chapelle du,Sacré-coeur .(1904-1905).

Inauguration des vitraux à la chapelle de la Sainte-Vierge et des statues du curé d'Ars et de Jeanne d'Arc, à la chapelle de Saint-Joseph

Réparation (1905) et liquidation définitive de l'achat de l'Ecole des garçons, place Lucas (1909).

Fondation de la salle de lecture populaire, place Saint-Georges (en 1908).

 

Œuvres spirituelles : Parmi la multitude d'œuvres  spirituelles, à re-tenir tout part i£uli~èreiii.ent celles qui ont donné de bons résultats, quelques-unes en ont fourni d'excellents :

 

Œuvres de propagande : La Croix quotidienne (4oo abonnements),, en 1905.

Le Bulletin paroissial distribué gratuitement aux dix-huit cents fa­milles de la paroisse. Fondé en mars 1900, repris, après une interruption de quelques années, en mars 19010,  à la suite du Congrès paroissial.

oeuvres de charité : L'Association  paroissiale pour soutenir les oeuvres de la paroisse.

Le Vestiaire des pauvres (1901). du trousseau, en faveur des jeunes filles (1911).

 

Œuvres d’apostolat : Les zélatrices paroissiales établies eu chaque rue, intermédiaires entre pasteur et fidèles pour tous les besoins spirituels (1900).

Les catéchismes de persévérance (1900) et les patronages de, garçons et filles (1906).

L'Union des hommes (1902) et celle des jeunes gens (1909).

L'Union des cheminots catholiques (1911).

                     

Œuvres de piété et de religion : Messe mensuelle des oeuvres (le pre­mier dimanche de chaque mois) ; messe de l'apostolat  de la prière (le premier vendredi; le chœur  de sainte Elisabeth (chant); l’association

du saint Enfant Jésus (1900), la confrérie du rosaire (1900); Ia con­grégation du Sacré-Coeur pour les enfants après la première communion (1904); la Fraternité du Tiers-Ordre (1904); l'Association de la Sainte-Famille

des mères chrétiennes (1906); de l’Ave Maria pour les jeunes fi Iles n'appartenant pas à la  congrégation (1907), etc.

 

          Ajoutons enfin, à ces notes, pour n’être pas trop incomplet, que vers Pannée 1884, M. l'abbé Baron fut, dans le diocèse, un des pre­miers promoteurs de l’excellente Association de prêtres connue sous le

nom d'Union apostolique tant recommandée depuis, par Léon XIII et par Me X. Il ne tarda pas d'en devenir le Supérieur et, celle œuvre, chère entre toutes à son âme de, prêtre, il la dirigera et la propagea avec tant de

zèle et de succès qu'elle compte en ce moment, dans  le diocèse, une centaine de membres.

 

Le service de neuvaine, pour le repos, de l'âme de M. le chanoine Baron, sera célébré dans l'église paroissiale Saint~Jérôme, demain lundi [NDLR 20 mai] à 10  heures précises.

 

Semaine catholique de Toulouse, 1912, 483-488


 


[1] Notice nécrologique – reçue du carmel de Montauban.

[2] Son nom de baptême est Julie. Elle est la sœur de Guillaume qui en épousant Catherine Couderc s’eintallera aux Millets.

Les Marty habitaient au hameau  des Condoms de Montjoire.

[3] Il s’agit de Sr Catherine Marie Thérèse de Jésus (Catherine Favarel  née à Saint-Martin de Mours – Rabastens, décédée le 24 février 1852 au Carmel de Montauban, à l’âge de 56 ans, moins 2 mois et de religion 27). « Les parents de notre chère sœur furent, dans les temps désastreux, le refuge des Ministre des Saints Autels, persécutés pour la justice. Le Seigneur s’est polku à récompenser leurt grande charité, en appelant plusieurs de leurs enfants à l’Etat ecclésiastique et religieux. Un d’entre eux esrt allé porter la Foi da,nbs les pays infidèles, où il a souffert de grandes persécutions pour avoir exercé le Saint ministère » [NDLR il a survécu aux persécutions]. Sr Catherine Marie-Thérèse de Jésus entrera d’abord chez les sœurs de Nevers où elle passera 10 ans avant de connaître le carmel de Montauban, passannt par là, et d’y entrer. Portière, Dépositaire, Sous-Prieure pendant 6 ans.

Par ailleurs Jeanne-Marie Clémence Teysseyre – aucun lien de parenté avec les Marty/Favarel – née en 1822, entre  dans ce même carmel en 1849 à l’âge de 27 ans ; elle y meurt en 1892 à l’âge de 70 ans, 43 ans de religion. Elle est de la même génération que Julie Marty – Sr Jeanne Julie Isabelle Des Anges -  née en 1829, entrée au carmel en 1850.

 


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