Etat des églises XVIe-XVIIe   



 

 

Etat des églises du Villemurois

pendant et après les guerres de Religions

 

DESTRUCTION DES EGLISES

 

Diocèse de TOULOUSE

Sayrac

* incusrsions ruineuses

en 1580 (dévasté),

* le 26 septembre 1590 l'église est déclarée toute découverte (sans toit) et dévastée, sans autel, ni fonts-baptismaux cloches et ''images'') [Lestrade]

n’est mentionnée

ni  brûlée,

ni détruite,

ni en ruine

(visites pastorales, Baccrabère)

Villematier

* Eglise brulée en 1570

* incusrsions ruineuses

en 1580 (dévasté),

Baccrabère et Lestrade

La Magdelaine

Eglise brulée en 1570

 

 

 

 

 

 

 

 

Villaudric

Eglise brûlée en février 1570

il ne reste que murailles et une chapelle,

tout le reste a brûlé.

Les vicaires y furent tués.

Baccrabère PV visite

et Lestrade

St Jean de Montégut

Eglise brûlée en 1570

Baccrabère PV visite

Orgueil

Eglise brûlée en 1570

village brûlé  en juin/juillet 1628

 

Moulencq 

Paulhac

Eglise brûlée en  janvier 1570

Lestrade

Montjoire

Eglise brûlée en  janvier 1570

(un bel oratoire)

Lestrade

 

 

Diocèse de MONTAUBAN

Villemur

* s'est dégagé de l'étreinte Huguenote en 1567

* Villemur prise par les protestants en 1572

 

les 2 églises St Michel en 1608 et St Jean en 1612 sont connues à l'état de patus

 

Stes Esacriettes

?

détruite

 

Le Terme

1588 (incident) ?

1628 juillet, village incendié

par le gouverneur de Montauban Saint-Michel.

 

Moulencq p 429

Magnanac

Eglise brûlée en 1570

 

Layrac

* pris par les Huguenots en novembre 1568

* incursions ruineuses

en 1580,

 

Mirepoix

pris par les Huguenots en novembre 1568

 

Bondigoux

* pris par les Huguenots en novembre 1568

* en 1586, la levée de la dîme y est estimée dangereuse.

 

Le Born

?

en partie détruite, cf toiture - voir travaux de 1680.

 

 

RECONSTRUCTION DES EGLISES

 

 

état au 18/08/2012

 

église

date

référence

Villemur

St Michel

est en état de patus en décembre 1608

 

10 mai 1673

Jean Dagan doyen du chapitre cathedral de Montauban et vicaire général de Montauban, Pierre de Cominhan chanoine archodiacre et célérier,  Mathieu Boulay chanoine et député du chapitre cathédral de Toulouse et M. Beauvestre notaire dudit chapitre, Antoine Delery curé de Villemur MM Serin, Tremolet, Regimont, Hugonnet, Bories – Martin SaintMartin maçon de Montech, Barthelémy Meric me maçon de Catalens : démolir l’église et en bâtir une au même endroit sur les anciens fondements

Guailleaume Pendaries

3 E 21762, f° 316

Pi erre Custos,

3 E 21852  f° 112

Villemur

 St Jean

l'église joignant le cimetière

est  en état de patus  en 1612

Pierre Custos

3 E 21840, f° 255

et  Guillaume Pendaries

 3E  21764 , f°260v

Villemur

St Roch

Eglise existant en 1610,  lors de la mort d’Henri IV, on y sonne la cloche de l’église où s’assemblaient les catholiques - [ sert  au culte catholique en l'absence de St Michel et St Jean en état de patus]

Guillaume Pendaries, 1610 f°100

Villemur

Dominicaines

Couvent et prieuré  – Ste Marie

2 juillet et 4 décembre  1564

Prieure du monastère : Jeanne de Rochefort-

Couvent et église  hors les murs ; on y enterre en 1655

Jacques de Pinu

3 E 26861

Temple protestant

On le bâtit en 1599

Coté rue St Rémisy

 

Canet

8 juin 1650

Bernard Delafon chanoine église métropolitaine St Etienne de Tse, à la demande instante des habitants du rpeiuré – Jean Pierre Maynier charpentier, Jean Maury, Piertre Crousy Me maçons Tse, Bertrand Crousy  Me charpentier de Villemur : rebâtir l’église dudit prieuré conformément aux articles dressés par le chapitre et agréées par Antoine Savières, syndic des habitants de Canet.

Jean Bascoul

3 E 21808, f° 130

Favayroles

 

 

Le Born

1680-1682 (cf. clés de voûte)

bail  du 13 mai 1680 avec Jean Savignac et Rymond leygue, maitre-maçons de Mmontauban - démolijtion du toit de la toiture sur 11 m (6 cannes) ensuite remettre le toit de la toiture du choer de l'église au niveau des murailles. - recouvtit l'église, les chapelles, la sacristie, faire le fondement des piliersn, les bâtir, couvrir ce qui est à la porte du cimetière, carreler... [300 livres]

ADTG , G 422,

Bondigoux

 

 

Layrac

 

 

Mirepoix

 

 

La Magdelaine

 

 

Villematier

13 novembre 1616

Jacques Roumagnac lab de Villematier , Cledier de Saignes – Arnaud Constans,  Jean Auriole Jean Bosc, Jean Ormières - réquisition concernant la poursuite des travaux (on a commencé d’élever les murs)

Guillaume Pendaries

3 E 21766 f° 204

Sainte Escariette

Saignes

 10 avril 1611

les travaux commencés  se sont pas achevés du fait d’un contentieux entre la communauté paroissiale et le chapitre cathédral St Etienne de Toulous – accord avec Jean Taillefer dit cadet, syndic des habitants et paroissiens

Pendaries

3 E   21 763 f° 70

Sayrac

 

Magnanac

11 et 13 juin  1617

 André Roumagnac syndic des habitants et paroissiens de Magnanac – Jacques Laboisse chanoine  église métropolitaine de Toulouse et Pierre Fournier hab de Fronton pour le grand prieur de Fronton – Antoine Golces, Jean Viernes maçons Rabastens, Arnaud Bordes maçon et Jean Miquel Me charpentier de Fronton :

bâtir et construire l’église de Magnanc (prendre la tuile provenant de la démolition)

Guillaume Pendaries

3 E 21767 f°133, f° 136

Ste Raffine

 

 

Le Terme

avant 1611 ?

Guillaume Pendaries

3 E 21763 f° 2

1er janvier 1611

Antoine Gairal de Rodez a rompu la cloche

 

 

 

 

 

 

Chanoine Gayne

La reconstruction des églises dans le diocèse de Montauban au XVIIe siècle.

Mélanges IV, p. 67

 

1 / Destructions

 

 

Certaines régions ont été particulièrement touchées par les destructions, et parmi elles Montauban et tous les environs.

 

A partir de 1561, avec l’occupation des édifices religieux par les calvinistes, on commence à « brûler les images », c’est à dire les statues et les objets du culte, à détruire les autels, à l’intérieur même des églises. On comprend aisément que les bâtiments aient souffert de l’incendie et du pillage, avant d’être eux-mêmes plus ou moins détruits.
Au début en effet, on ne s’attaque pas aux bâtiments , mais les assauts répétés finirent par les dégrader profondément ou entrainer leur abandon. En fait le mobilier ne fut pas brûlé : ne furent livrés aux flammes que les objets « qui ne pouvaient être changés sans qu’il en reste trace de superstition » ; les autres qui pouvaient être convertis commodément « en usages licites » furent enlevés et partagés entre les œuvres charitables, les frais de guerre et les soldats, à moins que les catholiques ne les aient  préalablement emportés.

 

Les ravages se ralentirent avec l’abjuration d’Henri IV (1593) et l’édit de Nantes (1598) qui voulait établir la pacification. Mais celui-ci en conservant à Montauban son titre de place de sûreté, reconnu déjà par l’édit de Saint-germain, favorisait la présence et le rassemblement  des troupes protestantes, auxquelles se mêlaient toujours des éléments indésirables, ce n’était que des querelles renaissantes, alors que dans l’ensemble de la France revenait la paix religieuse.

 

Suite à l’échec du siège de Montauban du 1er août 1621 par Louis XIII et le connétable de Luynes, les armées royales se répandirent dans la région et firent payer très chèrement la résistance des Huguenots.. leurs incursions furent nombreuses. Ainsi beaucoup de villages furent le théâtre de sanglants combats, où tout à tour catholiques et protestants triomphèrent et succombèrent, laissant toujours des désastres après eux. La nomination de Saint-André de Montbrun comme gouverneur de Montauban en 1625 amena la reprise de ces affrontements, remplacé ensuite par Saint-michel de la Roche-Chalais, dont les troupes détruisirent de nombreux villages, dévastant toute la campagne en amont de Montauban jusqu’à Fronton et Villemur.
La capitulation de la Rochelle (28 octobre 1628) et la paix d’Alès (27 juin 1629) devaient mettre fin aux troubles religieux. Richelieu vient le 20 août 1629  à Montauban qui lui ouvrit ses portes et lui remit ses clés.

 

Sans doute les documents comportent-ils quelque exagération sur l’état des églises… Sans doute a-ton conclu trop hâtivement qu’il ne subsistait à peu près rien des églises médiévales, là où les enquêtes et le procès-verbaux des visites canoniques ont été conservés, ils laissent l’impression d’une destruction quasi totale. En regardant le près les documents, on s’aperçoit qu’il ne faut pas tout prendre absolument à la lettre. D’abord ils étaient davantage d’ordre fiscal que pastorale – in visait avant tout à attendrir les autorités pour payer moins de taxes. D’autre part, les mots employés ne sont pas toujours aussi clairs qu’ils paraissent. Que signifie au juste : église rompue, démolie, rasée, détruie, brûlée » ? Bien des fois, comme nous l’avons déjà noté, il s’agit des destruction de mobilier auquel on mettait le feu en haine de l’idolâtrie papiste ». Cet incendie entrainait la destruction du plafond, surtout s’il était en bois ou même de la voûte, et aussi de la toiture ; ainsi les murs subsistaient s’ils étaient solidement construits, mais ils restaient à découvert. D’autres églises ne subirent que des destructions partielles.

 

D’ailleurs il est bon de remarquer que les églises souffrirent autant des servitudes de la guerres que ce qu’on a appelé le « vandalisme huguenot » proprement dit. Elles tinrent lieu parfois de refuge et des troupes des deux partis y cantonnèrent (soldatesque souvent portée à détruire). Les troubles prolongés et les destructions partielles entraînèrent l’abandon des édifices religieux qui perdirent aux yeux des fidèles leur caractère sacré

 

Il est difficile de savoir l’état des églises. Les documents sont ici tardifs (visites de 1609 par Anne de Murviel).

 

Le district de Villemur situé dans la basse plaine du Tarn, semble avoir  davantage souffert que les autres : sur 17 églises, la plupart furent plus ou moins détruites, hormis celle de Nohic qui perdit sa voûte. D’autres peut-être ne furent que provisoirement et incomplètement réparée, telles Varennes et son annexe Puylauron, rebâtie au XVIIIe siècle, et la Rouquette, annexe du Born, qui fut l’objet d’un interdit, à cause de sa vétusté, et  12 autres furent reconstruites à peu près entièrement, à commencer par celle de Villemur, qui était la plus importante [Villemur, Sainte-Escariette, Villebrumier, Bondigoux, Le Born, Beauvais, Le Terme, Magnanac, Verhac-Tescou, Bonrepaux, Montdurausse, laVinouse]. 

 

Le district de Roquemaure où se trouvaient 25 églises, fut le plus touché » de tous, car il n’vait guère que des églises rurales, souvent isolées, qui étaient davantage expôsées. Il n’en est aucune qui ait été épargnée. Seule, celle de Mézens, quazoique ayant sa voûte détruite, ne fuit pas entièrement ruinée.

Les autres furent :

-soit rebâties au XVII e siècle  [Roquemaure, Mirepoix, Réal, Condel, Grazac, Layrac, Grâce, Montlougue, Montvalen, Saint-Gervais, Le Cayre, Montgaillard, Tauriac, Vilette, Saint-Angel],

-soit provisoirement réparées alors et refaites un peu plus tard [Saint-Urcisse, Chaulet, Labouysse, Conques],

D’autres enfin ne furent pas reconstruites et disparurent peu après [Mascale, Lapeyrouse, Saint-Sébastien, Saint-Laurent, Montpélégri].

 

2 / Reconstructions

 

La reconstruction se fit généralement vers le milieu ou dans la seconde moitié du XVIIe siècle – une fois la tranquillité revenue, travaux accomplis selon les urgences et les ressources locales.

 

En plusieurs cas, ce ne furent d’abord que des travaux provisoires tels que le rétablissement de la toiture : ainsi à Villemur en 1613, et le vrai travail de reconstruction ne se fit que plus tard

Travaus s’échelonnant de 1647 ( par ex : Roquemaure) à 1684, avec les années intermédiaires, 1673 pour Villemur, 1680 Le Born.

En 1654 l’évêché fournit 254 pierres d’autel .  Peut-être doit-on les restaurations à l’influence de Pierre de Bertier, évêque de Montauban.

 

Ce travail de reconstruction concerne 102 églises sur 127

En certains cas, on se contenta de la reprise des murs ou à la refection de la couverture.  Travail plus ou moins heureux.

 

L’église de Villemur dut donnée à bâtir par un accor du 10 mai 1673 [3 V 215 f° 112]. Elle fut reconstruites sur les anciens fondements, dans la mesures où ils se trouvaient « assez forts pour soutenir ladite bâtisse »  avec des matériaux pauvres, car à partir d’une canne de haut, le rreste de l’édifice était fait « de mortier de terre », – la couverture en bois de sapi, ne forme d’anse de panier ». – la lecture du bail montre assez éloquemment que le travail se fit dans des conditions plutôt médiocres.

 

Quant aux églises rurales, leur reconstruction se fit en général selon un plan à peu près uniforme, extrêmement simple pour des raisons d’économie dans une région appauvrie, comportant un chœur à trois pans inégaux, une nef rectangulaire, la plupart du temps sans chapelle latérales, couverte d’un lambris ou plancher, avec une tribune rustique au fond, des fenêtres, le plus souvent rectangulaires, garnies de carreaux blancs, et sur la façade occidentale un clocher-mur à une ou plusieurs arcades… les murs se firent souvent en terre battue, du moins pour une bonne part.

On peut donc parler surtout en milieu rural, des constructions fort simples, souvent médiocres, avec une pauvreté imposée à la fois par le manque de ressources et l’urgence des travaux. Le matériau fut souvent du remploi, en général la brique pour ces églises de plaine ou de coteaux argileux.

 

Ces églises dans leur simplicité même constituent une expression humble, mais sincère de la foi ; souvent faites à la campagne à l’image de l’habitat rural, s’apparentant aux fermes et aux maisons voisines, également pauvrement bâties

 

Au XIXe ces églises ont été souvent reconstruites, quelques unes transformées par l’adjonction d’un chœur polygonal ou de chapelles latérales, ou la construction d’une voûte et d’un clocher-tour.


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