ESQUIÉ   



 

 

ESQUIÉ

 

Jacques-Jean Esquié, architecte

 

Le père de  Jacques-Jean Esquié était originaire de Villemur.

Né à Toulouse 29 octobre 1817 – décédé le 2 janvier 1884 .

Jacques-Jean Esquié est le fils de Pierre Esquié, né à Villemur en 1790, venu à Toulouse (il était cuisinier) et de Anne Françoise Couret (épousée en 1816) [ information : Sylvie Bécamel, Marcel Esquié] .

Après de courtes études au lycée de Toulouse, Jacques-JeanEsquié devint commis dans un magasin de papeterie et suivit les cours du soir de Sciences industrielles d'U. Vitry. Remarqué par son maître, il fut ensuite, de 1833 à 1837, élève architecte de l' Ecole des arts (réunie en 1833 à celle des sciences industrielles) de Toulouse, et formé par U. Vitry et J.-A. Raynaud.

A Paris, il entra en décembre 1838 dans l'atelier de Félix Duban. Il y resta jusqu'en 1844.

A partir de 1844, il fut architecte adjoint à la Ville de Toulouse - adjoint de Jean Bonnal, puis du 11 août 1847 au 26 février 1848, architecte en chef de la Ville.

Il fut en outre inspecteur des travaux de restauration des Monuments historiques à Toulouse, sous la direction de Viollet-le-Duc du 23 octobre 1860 au 4 septembre 1874.

En 1848, il est désigné architecte diocésain de Toulouse, fonction qu'il conserve jusqu'en 1868.

Il restaura sous la direction de Viollet-le-Duc la basilique Saint-Sernin (1860 - 1874) et le collège Saint-Raymond (1862 à 1870).

En 1849, il succède comme architecte départemental à Edmond Chambert, destitué pour raisons politiques ; c'est à ce titre qu'il construit l'asile de Braqueville (1850-1864).

.À l'exposition des produits des Beaux-Arts et de l'industrie en 1850, il obtient une médaille d'or pour l'église de Saint-Martin du Touch, construite de 1846 à 1847.

Il est en même temps désigné secrétaire du conseil départemental des bâtiments civils.

Constructions

- de la maison départementale d'arrêt, de justice et de correction pour les hommes (prison Saint-Michel) de 1854 à 1867 ; en 1854, il conçoit les projets pour la maison d'arrêt de Toulouse qu'il réalise en 1862

 

- aménagements divers de 1850 à 1867 à la préfecture, la cour d'assises (avec

construction d'une nouvelle entrée rue des Fleurs),

- la prison des femmes, l'Académie.

- en 1852, il réalise divers établissements scolaires, une mairie-école à Noé et une halle à Launac

- et les abattoirs de Grenade (achevés en 1863).

- il réalise encore quelques écoles à Carbonne, Aussonne et Rieumes (où il construit aussi la halle).

 

 

Il restaure et entretient les églises de :

-         Longages,

-         Lherm,

-         Martres-Tolosanes,

-         Venerque,

-         Saint-Lys-Fenouillet,

-         puis Saint-Léon

-         et Saman en 1856.

 

 En 1856, il conçoit aussi trois projets pour Toulouse dont aucun n'a été réalisé : marchés couverts pour la place des Carmes et la place de la Pierre, la halle aux blés, de même qu'en 1858 son projet de grand théâtre en collaboration avec Vitry. En 1860,

 

En 1864, il entre à l'académie des sciences, belles-lettres et inscriptions de Toulouse.

 

Par la suite, il construit quelques immeubles de rapport à Toulouse, notamment le 34, place Mage, le 8, rue Jules-de-Rességuier, le 45, rue Alsace-Lorraine et l'église de Beaupuy. En 1867, il est contraint de démissionner de ses fonctions d'architecte départemental au profit du légitimiste Chambert. En 1869, il devient membre du conseil municipal.

 

En 1874, il perd cette fonction lors de la révocation de celui-ci ainsi que celle d'inspecteur du chantier de Saint-Sernin.
        

Il a également construit les églises de Villemur et de Gagnac, les mairies-écoles de Castelginest et de Lanta, les presbytères d'Auzielle et Villemur.


        Esquié fut considéré comme un excellent architecte ; l'asile de Braqueville fut publié dans la Revue générale d'architecture et des travaux publics en 1865 et 1866 ; l'abattoir de Grenade, la halle de Launac et l'école de Castelginest dans l'ouvrage de Narjoux : Architectures communales, 1870, 2 vol.
        Son fils, Pierre-Joseph, obtint le grand prix de Rome d'architecture en 1882 et devint professeur à l'école nationale des Beaux-Arts.

 

Bibliographie :

- Congrès archéologique de France, Paris 1934, p. 269-270.
Bauchal, p. 650 ; Delaire, p. 152.

- O. Foucaud, Jacques-Jean Esquié, 1817-1884, architecte toulousain, Doctorat, Toulouse II, 1989.

- O. Foucaud, Jacques-Jean Esquié, architecte de fonction toulousain, 1817- 1884, Toulouse, catalogue d'exposition, musée Paul-Dupuy, 1992, 112 p.
-"L'architecte toulousain Jean-Jacques Esquié, 1817-1884, et le rationalisme architectural du XIXe siècle", dans Les annales du Midi, t. 98, n° 174, avril-juin 1986, p. 237-255.
- "La ville nouvelle des aliénistes, la ville de Braqueville aujourd'hui centre hospitalier spécialisé Marchant", dans Toulouse, les délices de l'imitation, Bruxelles, 1986, p. 145-151.
- "L'asile de Braqueville, un chef-d'œuvre du fonctionnalisme architectural du XIXe siècle à Toulouse", dans Actes du Cent dixième congrès national des sociétés savantes, études languedociennes, Paris, 1985, p. 443-460.
J.M. Leniaud, "Un champ d'application du rationalisme architectural : les asiles d'aliénés", dans L'Information psychiatrique, vol. 52, n° 6, juillet 1980, p. 747-761.
- "Plaidoyer pour l'architecture psychiatrique", dans la Revue des Monuments historiques, n° 114, 1981, p. 56-58.
- "La cité Utopie ou l'asile dans la première moitié du XIXe siècle", dans Conférences d'histoire de la médecine, cycle 82-83, Lyon, 1983, p. 129-144.

 

 

 

 

Les ESQUIÉ

Prêtres et missionnaires

 

 

Les abbés Esquié[1] ne sont pas des Spiritains[2], mais ils ont fait leurs études au séminaire du Saint-Esprit (appelé séminaire colonial[3] à un certain moment de l'histoire).

 

Joseph ESQUIÉ

De l'abbé Joseph Esquié (Raymond sur deux listes), il n’ a pas été trouvé de   dossier.

Sur les listes du Séminaire Colonial, il est marqué (sans prénom) entré le 10 octobre1857 et prêtre le 19 février 1861.

Dans l'almanach religieux de l'île Bourbon ou de la Réunion, de 1864), un abbé Esquié (sans prénom) est signalé comme prêtre professeur au collège Saint-Benoît, dans la petite ville du même nom.

L'ordo de 1868 le place comme curé de Saint-Jean-Baptiste, dans la commune de Saint-André.  Dans l'Annuaire de l'Ile de La Réunion de 1879, l'abbé Esquié est curé de Saint André (commune de 9 000 habitants environ à l'époque). Dans l'annuaire de 1882, il est curé de la paroisse N.D. du Rosaire, dans le canton de Saint-Louis[4].

Il y est toujours en 1884 et 1885, d'après l'Ordo du diocèse. Il n'est plus sur l'état du clergé de 1886 ni dans l'ordo de 1887. Cela doit correspondre à son retour en France.

Les souvenirs paroissiaux des curés du Born mentionnent l'abbé Esquié, ancien curé de lîle de la Réunion assurant l'interim de la paroisse du Born, de février à juin 1899.

 

Jules ESQUIÉ

Jules Barthélémy Esquié, fils de Jean Esquié et de Elisabeth Soldadié (mariés le 30 juillet 1871), il est né le 14 juin 1872, baptisé le 23 juin 1872 à Villemur (diocèse de Toulouse),

entre au petit séminaire de l'Esquile où il demande déjà d'aller au séminaire colonial. On lui conseille de faire tout d'abord une année au grand séminaire de Toulouse.

Il quitte celui-ci avec une lettre élogieuse du supérieur, datée du 06 septembre1895, pour se préparer à travailler dans les "colonies".

Il est sous-diacre en 1897 et part en Guadeloupe comme prêtre en 1898.

Il est nommé à Saint-François puis Grand Bourg (île Marie Galante, qui dépend du diocèse de Basse-Terre) avec des interim comme curé.

En congé en France : départ sur le "Versailles" le 11.04.1905 et retour en Guadeloupe le 20 mai1906.

Curé de Deshaies puis de Gustavia (île St Barthélémy) et de l'île de St Martin entre 1906 et 1911.

A cette date, il revient en Guadeloupe comme curé de l'Anse-Bertrand  et de Sainte-Anne. Parti pour un deuxième congé le 26 juillet1913, il rentre en Guadeloupe le 02 août  1914, devient curé de Baillif puis de Gourbeyre le 8 avril1915. Il rentre définitivement en France le 22 juillet1916 par le "Haïti".

 

 

 

Jules ESQUIÉ

 

        

 

 Le  1er  février, l'abbé Jules Esquié rendait soit âme à Dieu sur la paroisse de Pelleport, dont il était curé depuis un peu plus d'un an. Ce prêtre doux et modeste était né le 14 juin 1872 à Villemur, riche pépinière de  vocations.

 

D'une santé délicate en apparence, il entra  au Petit-Séminaire ; appliqué,  pieux, aimé de ses condisciples et de ses maîtres, il annonce déjà un bon et saint prêtre. Au  Grand-Séminaire, où il ne fait que passer. il se sent appelé  au  ministère fatigant et souvent ingrat des missions; il va s’y préparer au séminaire colonial, à Paris, où il reçoit l'ordina­tion sacerdotale, le 10 juillet 1898. Ses supérieurs l'envoient aussi­tôt après à la Guadeloupe. C'est là que pendant près de dix-huit ans - long espace de temps, surtout dans cette région la plus montagneuse de l’île, - il montrera ce que peut un prêtre animé du zèle des âmes. Successivement vicaire, curé, en dernier lieu curé-doyen d'une paroisse importante, il est chargé en même temps au service d'une chapelle, située à dix kilomètres du chef-­lieu; pour s'y rendre il devra user du cheval, du canot et de... ses jambes. Ce ministère surchargé et pénible, mais un climat chaud et malsain, eut à la fin raison de sa santé et de sa bonne volonté. Sur le conseil de son docteur, il revint au pays natal pour refaire ses forces épuisées. Le repos, les soins d'une mère tendrement aimée semblèrent  tout d'abord avoir répondu au désir de tous. Notre missionnaire repart, mais la fièvre, un instant conjurée, l'attend sur ces plages insalubres et le reprend, dès son arrivée, plus fort que jamais. Il résiste pendant quelque temps, mais en vain. Son état s'aggrave, il comprend alors qu'il doit renoncer définitivement à ce ministère tant aimé Mais trop laborieux pour lui, et, avec l'autorisation de son Evêque, il regagne, non sans regret, la terre de France. Il se remet et bientôt  l'oisiveté lui est à charge ; à cette heure où tant de paroisses sont privées de leurs prêtres mobilisés il veut se rendre utile et, sur sa demande, l'ad­ministration diocésaine veut bien lui confier une paroisse, celle de Pelleport.

                   

Là, sa vie douce, silencieuse, cachée, enfermée dans l’accom­plissement de son devoir lui en eut vite acquis la confiance et l'es­time de ses nouveaux paroissiens ; cette confiance, cette estime, ces derniers la lui ont manifestée souvent, très souvent durant le peu de temps qu'il est resté au milieu d'eux, mais à la nouvelle de sa mort elle s'est traduite, par des regrets et par des larmes.  Le jour de ses obsèques. toute la paroisse était présente. Après la cérémonie à laquelle assistèrent ses confrères, sa dépouille mor­telle fut portée à Villemur pour  être ensevelie dans un caveau de famille. La encore une assista,nce nombreuse et recueillie, les parents, les amis, les enfants des écoles, les religieuses de la ville et le clergé, du doyenné lui ont rendu les derniers devoirs disant ainsi, à leur tour, que ce bon  prêtre était aimé de Dieu et des hommes : Dilectus Deo et hominibus.

 

J. B. notice nécrologique (Semaine Religieuse de Toulouse, 1918 p 125)

 

 

 

 

 



[1] Renseignements aimablement communiqués par le Père Gérard Vieira, archiviste de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit.

[2] Ils n'ont jamais appartenu à la congrégation du Saint Esprit

[3] Ce séminaire a été fondé par Claude François Poullart des Places en 1703 pour fournir des prêtres à toutes les situations difficiles pour lesquelles les diocèses ne trouvaient pas de volontaires. Assez rapidement, il a été chargé par les rois (et cela a été confirmé après la révolution) de former aussi les prêtres des petites colonies, c'est à dire la Guyane, les îles des Antilles françaises, la Réunion... Comme les séminaristes n'étaient pas en nombre suffisant, le supérieur du Saint Esprit était chargé de recruter des prêtres dans les diocèses de France pour ces missions-là. Après la fusion, en 1848, entre la congrégation du Saint-Esprit et celle fondée par le P. Libermann, ce même rôle a continué avec deux formations parallèles : celle de la congrégation (avec noviciat etc...), celle du Séminaire colonial dont les membres restaient incardinés dans les diocèses (soit d'affectation, soit d'origine).  

[4] En 1884 est curé de la paroisse Notre Dame du Rosaire à  La Rivière-Saint-Louis (Ile de la Réunion) : « C’est en 1884, que pour répondre à la grande dévotion des paroissiens, le père Esquie construira une église plus grande sur l’emplacement actuel de l’église de la Rivière » Site de l’Ile de la Réunion .

 


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