du berceau à la tombe - la mort   



 

du berceau à la tombe

Christian et Laurent TEYSSEYRE

 

         La mort autrefois dans nos villages

       

 

 

Quand la mort apparaissait à l’horizon d’une maison, d’une communauté, on demandait au prêtre de venir donner les derniers sacrements que l’on réduisait à l’extrême onction, elle-même réduite à être donnée lorsque venait toute extrémité, et non au temps de la maladie. Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle on manque fort rarement à faire donner les derniers sacrements. A l’époque on ne note pas la formule que l’on trouvera plus tard dans les registres de sépultures ou dans les faire-parts de décès : « muni des sacrements de l’Eglise », tant il est vrai que toute personne voyant la mort venir sollicite le ministère de l’Eglise. Au contraire, mourir sans les sacrements caractérise les morts subites, souvent accidentelles. N’avoir pu remettre son âme à Dieu est un malheur qui vient s’ajouter au malheur de la mort ; ceci constitue un objet d’inquiétude quant au salut de l’âme du défunt qui n’a pas été en mesure de « remettre son âme à Dieu ». Certains disaient avec malice pour évoquer la venue du prêtre auprès d’un défunt : « le curé est venu lui cirer les bottes ».

 

Quand la mort intervient, il convenait de la constater. Dés que l’on percevait que la personne ne respire plus, pour s’assurer de son trépas, on présentait un miroir mis devant le visage  (la preuve étant donnée par l’absence de buée) ; cette pratique était alors d’un usage courant. A ce moment on appelait les plus proches voisins car toute la communauté était concernée par le deuil.

 

Les plus proches voisins avertis prenaient la charge du deuil et les différentes actions, interventions qui en découlaient. Les familles connaissaient cette charge les unes à l’égard des autres. Ils venaient à la maison présenter leurs condoléances à la famille et se mettaient à leur disposition. Ainsi, à la campagne, ils soignaient les bêtes, assuraient la traite des vaches, éloignaient les chiens pour qu’ils ne hurlent pas. Chez un artisan ou pour un petit commerce local, on fermait l’atelier ou la boutique.

 

Une des premières taches consistait dans la toilette du défunt et son habillement. Les vêtements pour ce moment étaient retenus et gardés depuis longtemps. Le défunt avait pu donner ses instructions à ce sujet. Lorsqu’il s’agissait d’un homme, on lui mettait un costume qui avait été souvent mis de côté, réservé pour ce dernier voyage pour quelques noces lointaines. D’ailleurs ce pouvait être le costume du mariage. On veillait à la meilleure présentation possible, puisque le défunt allait être présenté à tous : parenté, voisinage ; à toux ceux qui allaient venir le visiter.

Les bras reposaient posés sur  le corps, mains jointes et doigts repliés, sur le drap du lit, un beau drap, gardé pour cet usage. Le chapelet entourait les mains jointes et reposait sur le drap.


Près du corps sur une table de nuit, on avait disposé une nappe . Dessus : le crucifix, un cierge et une coupelle contenant de l’eau bénite et un bout de rameau ramené de l’église le dimanche des Rameaux.

Dans la chambre mortuaire il est souvent de tradition de voiler la glace de l’armoire. Ne pas faire que l’image du défunt s’inscrive et soit renvoyée ?  signifier que la coquetterie n’a pas de place en ces heures de chagrin ?

On ferme les volets de la chambre mortuaire, tout y est dans la pénombre. On évite que la lumière et chaleur ne viennent accélérer la corruption du corps. L’obscurité qui convient si bien et le maintien de la fraîcheur pour la conservation du corps. C’est l’ensemble des volets de la maison qui se trouvait entrecroisé comme une marque de deuil, comme le symbole de la fermeture à la vie externe.

 

Une autre tache première était d’avertir  le carillonneur : la sonnerie du glas répandait la nouvelle en déchirant l‘espace ; elle portait l’annonce d’une bien triste nouvelle, immédiatement identifiable  Ces sonneries étaient codifiées : trois coups pour les hommes, deux pour les femmes.  Au son du glas, on pressentait que tel décès plus ou moins prévisible venait de se produire. Sinon c’était l’interrogation : et qui est mort ? Le glas sera sonné jusqu’à la sépulture.

Il convient ensuite de fixer l’heure des obsèques. Dans notre contrée, l’inhumation n’était pas hâtive. Plus de 24 h s’écoulait entre le décès et l’inhumation. Le moment des obsèques, en effet,doit être envisagé en tenant compte de l’éloignement de la parenté et en accord avec le curé de la paroisse contacté à son tour (dans nos campagnes les enterrements civils étaient rarissimes).

 

Les voisins, chargés du deuil allaient faire les démarches :: faire enregistrer le décès à la mairie, avertir les gens de la communauté. Deux par deux, ils allaient à pied ou à vélo, de maison en maison, annoncer le décès  intervenu et l’heure des obsèques. Ils se rendaient aussi dans des villages voisins y porter la nouvelle à la parenté. Si toutefois quelque parent fort éloigné devait être avisé, il ne restait plus que la solution d’aller à la poste et y faire partir un télégramme (aux mots comptés), suivant les indications de la famille.

On les appelait les « porteurs » (porteurs de mauvaises nouvelles). Les voyant arriver, nul de la communauté  n’était surpris.

Dés lors la vie du village se trouvait au ralenti. Toute la vie s’emblait s’arrêter, dans la proximité du mort et de la mort venu chez l’un d’eux. 

 

A la maison du défunt la vie s’est  carrément arrêtée, dans les activités bien sûr, mais aussi dans ce qui symbolise la vie et le travail. Diverses traditions existent à ce sujet. Le symbole de cet arrêt se trouve notamment dans l’horloge arrêté. Les aiguilles sont immobiles. Non seulement le temps s’est arrêté à l’heure du décès, mais on peut dire qu’il n’existe plus. Il n’y a plus de mesure de temps. Le temps vécu se trouve démesurément long, dans une autre dimension .

 

La visite mortuaire, visite du mort et des siens était un devoir important à rendre. Les visites s’échelonnaient ainsi sur les 24 heures. En arrivant on rencontrait dans une salle commune ceux qui étaient sortis déjà de la chambre du défunt, puis on se trouvait introduit dans celle-ci. On y trouve des personnes qui  se tiennent en présence du disparu : veuve , enfants. La douleur des femmes se fait plus expressive à l’arrivée du visiteur. On y accomplissait ensuite les gestes rituels de bénir le corps, traçant sur celui-ci le signe de la croix ou quelque chose qui pouvait y ressembler, avec le rameau trempé dans l’eau bénite. Ce geste pieux était suivi d’un silence plus ou moins long, fait de prière silencieuse ou de recueillement. Puis un échange avec la, les personne(s) qui accompagnai(ent) les visiteurs, échange sur les derniers instants, quelque considérations générales sur la vie et la mort, quelques traits au sujet du défunt, des souvenirs rappelés. Dans la salle commune des visiteurs s’attardaient, buvant un café, un verre de vin. Là on y discourait de choses et d’autres du temps, partageant des nouvelles des uns et des autres.

 

La veillée constituait un élément du programme du deuil. Elle avait pour but d’assurer une présence auprès de la personne défunte et de permettre à la famille de se reposer en prévision de la dure journée des obsèques. In ne convenait pas de laisser le défunt seul. Même si on se tenait dans une pièce à côté, discutant. Initialement il s’agissait de veiller le défunt dans la prière.

 

La préparation des obsèques était assurée par les voisins chargés du deuil : prévoir le creusement de la tombe ou l’ouverture du caveau, Les femmes venaient à la maison pour  s’entendre sur le repas de funérailles,  éventuellement faire les achats nécessaires, s’organiser, dresser la table, préparer le repas, servir, remettre en ordre…car après les obsèques qui se déroulaient généralement dans la matinée, au sortir du cimetière, la parenté ne repartait pas, alors qu’il n’était pas loin de midi et de l’heure du repas. Elle restait. Il convenait qu’elle reste. Le repas était un moment rituel comme tel. Les obsèques constituaient une occasion de réunion de famille, dans un contact plus long que les jours de foire ou de marché où l’on avait pu se croiser à Bessières ou dans quelque autre lieu.

 

Un des moments forts était la mise en bière. Ce n’était pas nécessairement au tout dernier moment, avant de quitter la maison que ce rite intervenait. C’était  généralement au matin de l’enterrement. Le corps pouvait ainsi demeurer un temps exposé dans le cercueil. Puis viendrait la fermeture du cercueil, moment particulièrement éprouvant, chacun savait qu’il ne verrait plus le visage du défunt. Cependant, il arrivait aussi que la fermeture intervienne juste avant le départ pour l’église, ce qui permettait à quelque personne éloignée de voir une dernière fois le visage de la personne décédée. Durant la fermeture du cercueil, effectuée par les  voisins préposés avec le concours du menuisier ou du fossoyeur, la famille se retirait.

 

Le glas sonnait au moment de l’angélus trois fois par jour, même dans les villages où l’angélus ne se trouvait pas sonné. Le glas du matin était de très bonne heure.

 

Puis venait la célébration des obsèques, la messe d’enterrement.

Pour la cérémonie de sépulture, la famille revêtait les habits de deuils, les hommes en costume sombre, chemise blanche et cravate noire, avec un crêpe noir au bras gauche de leur veste. Les femmes toutes de noir vêtues, dans des tenues sobres, portant un chapeau, un voile noir tombant sur le devant du visage  et le cachant pour cacher la douleur et se trouver en quelque sorte hors du  monde.

 

Le prêtre, revêtu de la chape noire,  venait à la maison pour la levée du corps, précédé par des enfants de chœur, en tête la croix..

Il récitait quelques prières puis le cortège funèbre gagnait l’église.

Le prêtre n’allait pas dans les fermes reculées. Il y avait des traditions et usages bien installés qui indiquaient le lieu précis où il se rendait à la rencontre du cortège venant des fermes éloignées ou des hameaux ou écarts, le cortège prenant alors la direction de l’église. Le prêtre  généralement seul chantait les psaumes prévus par la liturgie. Beaucoup de gens attendaient l’arrivée du cortège au porche de l’église

 

Le corps était porté sur un corbillard (souvent dans nos villages un char léger à 3 ou 4 roues), tiré à bras d’hommes par les « porteurs » ou parfois  par un cheval quand la distance entre la maison et l’église était trop importante. Pour les morts proches et de toute façon lorsqu’on  arrivait au porche de l’église, le défunt était déposé et porté sur une litière : le baillard, tenu par quatre hommes. Le défunt était ainsi placé au bout de la nef, tourné vers le sanctuaire        (seuls les prêtres, se trouvent placés tournés vers l’assemblée, rappelant ainsi leur fonction de pasteur).

 

L’église était parée d’ornements noirs, tentures noires avec des larmes blanches, voile sur le cercueil, six chandeliers de deuil mis autour du cercueil, une grande croix en bout.

Les chants de la messe des funérailles, en latin, toujours chantés par le  prêtre et le chantre donnaient à entendre ce que chacun reconnaissait et qu’il y identifiait de ce que l’Eglise exprimait à ce moment de la mort, du jugement, du passage au ciel : le requiem de l’introït, le kyrie de  la messe des morts, le dies irae, dies illa, poignant, tout comme le libera lors de l’absoute. Selon la coutume, les femmes se tenaient d’un côté, les hommes de l’autre.

Au moment de l’offertoire prenait place un grand rite, celui de l’offrande (« aller à l’offrande »), reliquat d’une ancienne pratique liée à la présentation de l’offrande de la messe. Ici on venait donner un baiser au Christ, le prêtre se tenant à l’entrée du sanctuaire et présentant « l’instrument de paix », ici un crucifix. La procession commençait partant du côté des femmes ou des hommes, selon que le défunt était un homme ou une femme ; longeant le cercueil, on vénérait le crucifix présenté par le prêtre, après quoi on mettait une offrande dans le plat, puis on regagnait sa place par l’autre côté faisant le tour du cercueil. C’était un moment marquant, qui prenait du temps, où l’on voyait défiler toute l’assemblée.

 

Au terme de la messe, il y avait l’absoute. Celle-ci comprenait le chant du libera me, le rite de l’aspersion et de l’encensement. Il y avait un enfant de chœur pour assurer le service funèbre. Il y avait un modus vivendi avec l’instituteur ou l’institutrice laïque pour permettre la participation d’un ou plusieurs enfants de chœur  pour l’accomplissement du service funèbre.

 

La cérémonie achevée. On se rendait au cimetière en cortège.  La plupart des gens qui avaient pris part à la célébration religieuse, se trouvaient dans la procession. Le recueillement était moins soutenu en queue de celle-ci. Le prêtre, toujours revêtue de la chape, reprenait la psalmodie prévue, avec un ton coutumier à cet office.

 

Au cimetière selon le degré des liens, chacun s’approchait de la tombe ou se tenait plus à l’écart. Le prêtre  y prononçait de nouvelles prières. Il  y bénissait une nouvelle fois  le corps descendu dans la fosse. La descente dans la fosse présentait parfois des difficultés particulières qui gênaient un peu tout le monde, et dans cette tension nerveuse pouvait conduire à quelque fou rire. En certains lieux existait la coutume universelle de jeter de la terre dans la fosse sur le cercueil, comme symbole de séparation.  Le prêtre s’étant retiré avec l’enfant de chœur, la famille se tenait quelques instants en silence  et  aussi dans les larmes et les pleurs. Elle s’écartait. Alors les personnes présentes passaient devant la tombe ou devant le caveau, et saluait la famille (les condoléances) : plus que la poignée de mains, les personnes avaient coutume de s’étreindre en signe d’affection et de compassion. Les condoléances pouvaient avoir lieu aussi à la sortie du cimetière.

 

Le repas rassemblait la famille et la parenté lointaine. Ce repas qui ne devait pas être festif comportait un  menu rituel : potage, sardines à l’huile, haricots blancs, morue, fromage, mais pas nécessairement le café. Ce n’est que sur le déclin de cette coutume que le menu a été moins rigoureusement observé, que la viande a été introduite.  Le repas terminé, le maître ou la maîtresse de maison invitait à une prière soit sur place, soit dans la chambre mortuaire, on récitait le Notre Père ou le De Profundis.  En se séparant on se donnait rendez-vous pour la messe de neuvain, en principe célébrée dans les huit-dix jours suivants.

 

Le deuil avait une durée marquée avec des repères de temps (8/10 jours [neuvaine] ; 30/40 jours  [bout du mois] ; l’anniversaire [le bout de l’an]. Il y avait les marques  vestimentaires grand deuil, suivi du demi-deuil (passage pour les femmes  à des tenues moins austères, du noir au violet ou au gris), le brassard, le crêpe venaient indiquer la perte d’un proche.

 

Le deuil comme tous les évènements de l’existence comprenait un ensemble de propos codés, lieux communs servant la communication des sentiments  indicibles et la compassion, depuis « lo pauvre, la pauvre »…ou « a pagat, nos aous diben » (il-elle a payé, et nous, nous sommes redevables », et tant d’autres.

 

Christian Teysseyre

A partir de ses propres souvenirs et de ceux de Laurent Teysseyre.

 

Ce qu’indiquait le rituel du diocèse de Toulouse, en 1825 : 

Le prêtre qui doit faire l’enterrement est revêtu d’un surplis  et d’une étole noire.
Il part de l’église, précédé de la croix processionnelle portée par un clerc, et ils se rendent en silence à la maison du défunt.
Arrivé à la porte, on allume les cierges, le prêtre s’approche du cercueil, sur lequel il jette 3 fois de l’eau bénite avec l’aspersoir, en disant Requiescat in pace – Amen. Après quoi le prêtre dit le psaume 129. Suit une prière adaptée selon qu’il s’agit d’un prêtre, d’un homme d’une femme.

Le prêtre jette à nouveau de l’eau bénite sur le corps du défunt avec une invocation

 

Puis vient la procession portant le corps du défunt à l’église Pendant celle-ci, on chante le psaume 50.

Ceux qui portent le cercueil s’arrêtent avant d’entrer dans l’église, le prêtre asperge le corps du défunt, en disant en latin  «  ouvrez moi les portes de justice »

 

Si l’enterrement se fait le matin, et s’il n’ya point d’empêchement, on dit la messe In die obitus.
A l’offertoire de cette messe, le prêtre fera baiser la croix pastorale à ceux qui se présentent en disant chaque fois : Requiescat in pace – Amen.

Quand il n’y avait pas de messe, l’offrande a lieu  après l’office , le prêtre ayant dit une oraison

Après quoi l’on chante libera me Domine, puis le prêtre met de l’encens dans l’encensoir sans le bénir. A la fin du chant du libera, le Pater Noster est dit à voix basse.

 Après une génuflexion ou une inclination profonde à l’autel, le  prêtre fait le tour du cercueil marchant sur sa droite, et il aspergera le corps du défunt 3 fois de chaque côté , observant de faire une inclination profonde lorsqu’il passe devant la croix processionnelle (placée à l’arrière de la tête du défunt).S’il y a encensement, il encensera de la même manière

Revenu à sa place , il chante (la dernière demande du Pater) Et ne nos inducas in tentationem et après un dialogue, il dit l’oraison. Suit le chant d’un répons : Ibi homo in domum aeternitatis tuae

 

Le répons fini, le prêtre chante le cantique de Zacharie (le Benedictus), précédé et suivi de l’antienne Veni hora, cantique que l’on prolongera jusqu’au lieu de la sépulture.

 

On met le cercueil sur le bor de la fosse. Le prêtre dit Kyrie eleison, suivi du Pater qu’on dit tout bas, le prêtre pendant ce temps asperge 3 fois le corps.
On chante ensuite le De Profundis (ps 129) pendant ce temps, on descendre corps dans la fosse ; quand on l’y aura descendu, le prêtre jette la terre dessus en forme de croix en disant « revertitur pulvis in terram suam ; undè erat ; et spiritus ad Deum qui dedit illum » ; disant ces paroles, il asperge le corps dans la fosse et si dans la cérémonie, il a fait usage de l’encensoir, il l’encense.

Le psaume terminé, le prêtre dit : Requiescat in pace- Amen. Une oraison. A nouveau Requiescat in pace- Amen

Il ajoute d’une voix médiocre formant un signe de croix avec la main sur la fosse :

Anima ejus et animae fidelium omnium defunctorum, per Misericordiam Dei, requiescant in pace – que par la miséricorde Dieu, son âme et celle de tous les fidèles défunts reposent dans la paix.

Le prêtre se retire avec les clercs  dans l’ordre dans lequel il est venu.

 Rituel du diocèse de Toulouse, publié par l’autorité de son Em. Mgr le cardinal  de Clermont-Tonnerre, Toulouse, 1825.

 

 

 


© 2017 CT