du berceau à la tombe - au long de la vie   



 

du berceau à la tombe

par Laurent TEYSSEYRE

I / Les grandes étapes de la vie

 

Du berceau à la tombe

 

C'est bien ainsi que pour chacun de nous débute et prend f in notre parcours terrestre. Toutefois diverses étapes interviennent généralement en cours de route, nous avons retenu les principales à savoir

 

- la naissance

 - vers 1'âge adulte

- au bout de la vie

- l'enfant va à l'école

- on fonde un foyer

 

La vie se déroule en majeure partie au sein de la famille. En introduction à ce chapitre voyons comment elle se présentait alors. La famille, groupée sous

 

un même toit, se composait généralement des anciens, disons des grands parents, des parents les seniors actuels et des jeunes enfants parfois même arrivés à l'âge adulte.

 

On vivait ainsi, cohabitation sans problèmes ? Peut être pas, mais certainement sans trop de heurts. C'était comme çà... les anciens restaient

 

décideurs (maîtres) souvent jusqu'à un age avancé, ils étaient respectés. Chacun avait sa place, mais parfois celle d'une belle-fille n'était pas des plus aisées. A ce sujet un ami plein d'esprit disait . que voulez-vous « les brus sont jeunes » jeu de mots sur la célèbre fabrique de pâtes alimentaires qui fit en son temps Ici renommée de Villemur. Il y avait du travail pour tous, jeunes et anciens, et lorsque le travail occupe il n'y a de place pour les chamailleries.

 

En définitive de prime abord la famille se présentait bien, elle était une sorte de nid chaud dans lequel on se serrait.

 

a) La naissance

 

A l'époque concernée on naissait à la demeure des parents car il n'était Pas Possible que le moment venu la parturiente puisse être conduite en carriole à cheval à l'hôpitel (il n'y avait pas d'ambulances pour faire le trajet à 130km à l'heure)

 

La future mère accouchait donc là où elle vivait. Si elle était belle-fille, et pour le premier enfant, elle se rendait dans les jours qui précédaient à la maison de ses propres parents pour être aidée par sa mère, elle était aussi plus confiante.

 

 

Si l'évènement arrivait durant la mauvaise saison, les maisons n'étant pas chauffées, dans la mesure où il y avait une cheminée dans la chambre c'était celle qui était occupée pour la circonstance et on allumait du bois afin que la maman et le bébé ne prennent pas froid.

 

Le médecin n'intervenait pas dans tous les cas. Dans chaque village il y avait une femme qui avait « la pratique », on recourait à son aide. A la campagne il n'y avait pas de sage-femme et c'est vrai que pour elle comme pour le docteur, établi au chef-lieu de canton, les moyens de locomotion n'étaient pas assez rapides, il fallait faire avec les possibilités locales.

 

Lorsque les douleurs se manifestaient, Ici famille remplissait d'eau un grand récipient et faisait grand feu dessous, la portait à ébullition pour qu'elle soit stérilisée et le moment venu utilisée pour la toilette.

 

Après la délivrance l'accouchée était surveillée afin qu'elle reste éveillée, car dans le cas contraire on redoutait une hémorragie. Elle pouvait se produire subrepticement, c'est pourquoi on lui faisait boire du café très fort.

 

La toilette du bébé faite, il était langé, emmailloté et placé dans un petit lit souvent assez rustique en bois ou en osier, parfois du type bercelonnette permettant de bercer l'enfant. La couche était faite à partir d'une poche de toile généralement remplie de balle d'avoine, nous n'étions pas encore à l'époque du matelas mousse!

 

Le bébé était nourri au sein de la mère. Les laits spécifiques utilisés actuellement n'existaient pas et le lait de vache même coupe n'a jamais été conseillé. Le lait de jument assez proche de celui de la femme aurait été utilisé, parait-il, dans les cas extrêmes. Dans ces conditions, pour soulager la maman, très t6t les jeunes enfants étaient alimentés avec de petites soupes. Il est vrai que la soupe était la base de l'alimentation des ruraux.

 

Une naissance était généralement bien accueillie surtout pour le premier et s'il était du sexe attendu. Cette joie feutrée restait à l'intérieur de la famille, donc dans la simplicité, pas de faste, pas de faire-part. Il faut savoir que la maman était condamnée à rester couchée une bonne dizaine de jours.

                                                                                                                                                         

C'est dans ce contexte qu'il fallait envisager le baptême de l'enfant, d'autant plus qu'en raison de la mortalité infantile et des pratiques religieuses de l'époque le baptême intervenait dans le cours de la semaine de naissance.

                                                                    

b) l'enfant va à l'école

 

Pour les générations d'alors, plus que pour celles d'aujourd'hui, la première prise de contact avec l'école était un évènement. Il faut dire qu'il n'était pas coutume que le jeune enfant sorte beaucoup du contexte familial, c'est-à-dire du périmètre de la maison. Il est vrai que pour les parents, tout était relatif, ils ne faisaient pas de grands voyages, les moyens de locomotion ne le permettaient pas non plus.

 

Donc l'enfant vivait en quelque sorte « accroché » aux jupes de sa mère jusqu'à l'age de cinq ans, parfois même six ans si la demeure des parents était dans les terres et éloignée du village. Le premier jour et au besoin durant une fontaine, les parents faisaient la navette pour le conduire à l'école et le reprendre. Heureux, lorsque sur le même parcours un « grand » pouvait l'accompagner et en somme le prendre en charge. Toutefois il fallait qu'il arrive à se débrouiller tout seul et comme tous les enfants n'ont pas la chance de résider auprès de l'école il fallait qu'il soit apte à faire la route. De nos jours, on vient en voiture déposer l'enfant devant la porte de l'établissement scolaire et le soir un groupe de parents est régulièrement en attente du petit » à la sortie de la classe (la vie est un changement parait-il !)

 

Donc au jour de la rentrée l'enfant regagnait l'école du village qui regroupait, dans les petites localités à la campagne, grands et petits autour d'un seul enseignant. Il fallait d'abord faire connaissance, une institutrice rassurait un peu le jeune écolier, mais si c'était un «maître » bonjour le repli craintif !

 

Les jeunes enfants parlaient peu, d'une part parce que dons les familles les conversations étaient réservées aux grandes personnes et que les enfants n'avaient pas s'y mêler et d'autre part parce que, dans les campagnes en particulier, il fut une époque ou dans les familles on s'exprimait en patois local, même si on parlait le français. C'est donc au moment de sa scolarité que l'enfant devait se familiariser avec la langue française. L'école était bien une fenêtre ouverte sur le monde.

 

Les affaires vestimentaires et d'équipement étaient assez simplifiées: des tabliers (ou blouses) pour garçons et filles formaient la tenue sinon règlementaire mais du moins généralisée en raison du c6té pratique.

 

D’assez austères à une époque lointaine, ces vêtements au f il des ans sont devenus plus seyants par leur forme ou leur couleur, en particulier pour les  filles.

 

Les chaussures furent pendant longtemps les sabots de bois pour la période hivernale (sabots ou galoches) chaussures bruyantes, surtout si le sol de la classe était du parquet. Pour la belle saison, à la sandale de corde était préférée la sandalette de cuir, chaussure tenant mieux au pied et plus solide.

 

Pour se protéger du froid la pèlerine, qui était effectivement une bonne protection, fut longtemps l'apanage de l'écolier présenté dans les images (avec un capuchon 1) la pèlerine servait aussi à se protéger de la pluie, mais il y avait aussi pour les enfants de simples imperméables du type ciré. On n'allait guère nu-tête, la coiffure dominante était le béret, parfois un bonnet, éventuellement un chapeau au moment des plus fortes chaleurs.

 

Un écolier sans cartable n'aurait pas été un écolier. Le cartable ou serviette n'avait pas besoin d'être d'un grand format, sans doute avait-on moins de livres à transporter mais il y avait tout de même les devoirs à faire à la maison et les leçons à apprendre.

 

Les enfants qui habitaient à l km et plus de l'école ne rentraient pas chez eux pour le repas de midi. Or comme les cantines n'étaient pas encore généralisées les parents devaient leur remettre un repas très souvent déposé dans une gamelle. A l'hiver le chauffage de la classe étant assuré par un poêle à bois ou à charbon, le moment venu il servait à faire réchauffer soupe et fricot contenus dans la gamelle.

 

C’est dans ce contexte que le jeune écolier à travers exercices et leçons, entrecoupés de joyeuses récrés devait franchir les diverses étapes de la vie scolaire pour arriver au certificat d'études. Cette feuille de papier, ce a certif » était le but. Il fallait l'avoir, c'était la reconnaissance d'un certain favosr mais aussi le moyen de pouvoir postuler à certains emplois. Les parents comme les enseignants y tenaient beaucoup et encourageaient l'enfant pour qu'il arrive à le décrocher.

 

Souvent les études s'arrêtaient à ce niveau, le jeune retournant alors à la ferme paternelle ou en apprentissage.

 

Toutefois si la grande majorité des jeunes n'allaient pas plus loin que l'école primaire il y a toujours eu quelques élèves généralement assez doués poussés par leurs parents ou leurs maîtres qui se dirigeaient vers des études supérieures. C’est ainsi que par la suite des jeunes originaires du milieu rural, appelés à diverses fonctions dans des administrations se sont éloignés du pays natal.

 

c) Vers l'âge adulte

 

L'adolescence passée une nouvelle étape va marquer la vie des jeunes filles comme des garçons, une étape préparatoire à la vie adulte. Pour les jeunes filles ce sera préparer son trousseau en vue de son mariage et s'initier à la tenue de la maison. Pour les garçons il s'agira de satisfaire aux obligations militaires après avoir commencé à s'orienter professionnellement.

 

Pour la jeune fille - Il fut un temps où il n'était pas convenable qu'une jeune fille ne prépare pas son trousseau en vue de son mariage. Dans les familles disons quelques peu aisées ce trousseau était assez conséquent comprenant le linge destiné à la table soit nappes et serviettes ainsi que celui relevant de la literie draps et taies d'oreiller - voire chemises de nuit. Dons les familles plus modestes on se limitait d'un trousseau composé surtout de draps de lit.

 

Les femmes d'alors et les jeunes filles en particulier n'avaient pas d'emploi aussi une occupation de ces dernières consistait en partie à préparer le trousseau. La famille ayant fait l'achat du tissu il restait à en assurer la broderie. Suivant les possibilités cette broderie était souhaitée importante et fine, elle consistait en motifs festonnés, mais aussi le marquage de la lingerie aux initiales brodées de la jeune personne.

 

Lorsque la mère avait des compétences en la matière, une bonne vue et des doigts fins, c'est elle qui initiait et dirigeait les travaux souvent assez longs et minutieux. Ce n'était pas en une journée que la réalisation pouvait intervenir. Faute de qualification dans l'entourage familial, il fallait alors voir à l'extérieur ? En effet jusqu'au début du siècle il existait dans certains villages des « ouvroirs », généralement tenus par des religieuses ou des dames patronnesses, sorte de centre d'apprentissage à la couture et à Ici broderie. Il y avait ainsi une possibilité d'acquérir un savoir faire dans ce domaine particulier et de pouvoir préparer son trousseau.

 

D'autre part du fait que la jeune fille restait à la maison familiale et passait le plus clair de son temps à la cuisine en compagnie de sa mère, tout naturellement une initiation à la préparation des repas s'opérait ne serait-ce qu'en voyant faire. Il en est de même de la tenue de la maison au sens large du mot, allant du soin du linge, lavage, repassage et rangement à l'entretien des locaux et des meubles. Si en fonction des lieux, l'existence d'une basse-cour était possible, le petit élevage familial de poules, lapins, pigeons était le domaine de la femme et donc la jeune f ille pouvait y être intéressée.

 

A travers ses diverses activités la jeune fille de la maison pouvait rêver du prince charmant, mais parait-il tout vient à point à qui sait attendre.

 

Pour le garçon - La période scolaire terminée, chez les agriculteurs le garçon restait à la ferme pour travailler sans trop regarder vers d'autres horizons. Pour les autres il fallait s'orienter vers un apprentissage : travail du bois, menuiserie, charpente- travail du fer, forge, serrurerie. En raison de 1'89e peu de possibilités en rural en dehors d'un artisanat assez développé. En fait l'orientation professionnelle du garçon prenait consistance après qu'il ait été dégagé des obligations militaires.

 

Donc à vingt ans tous les garçons préalablement recensés étaient invités à se présenter au « Conseil de Pévision » qui siégeait au chef lieu du canton pour l'appel de la classe correspondant cà l'année concernée.

 

Ce conseil ou commission était tenu par des officiers de recrutement de I*armée et des majors (médecins militaires) en présence des autorités locales. Après les formalités administratives d'ordre général : état-civil, situation familiale, profession, dipl8mes etc. arrivait l'examen de santé. Les - conscrits » étaient invités à se déshabiller et passaient dans le plus simple appareil devant la commission médicale après avoir été pesés, et toisés, subis des tests d'audition et vision. Cette commission donnait son avis et le jeune était déclaré sur le champ « Bon pour le service » s'il était jugé apte à faire un soldat. Parfois pour des raisons familiales ou de petite taille un jeune pouvait être « Exempté ». C’était seulement pour des motifs sérieux de contre indication qu'un garçon était porté « Réformé ».

  

La séance terminée, tous les conscrits se regroupaient pour terminer joyeusement la journée. Le commerce ne perdant jamais une bonne occasion des camelots venaient proposer à la sortie des cocardes tricolores et des macarons qui à travers leur clinquant portaient la mention « bon pour le service »-« Bon pour les filles ». Alors drapeau en tête commençait le défilé à travers les rues du pays, défilé animé, chanté qui s'interrompait pour faire halte à chaque bistrot, reprenant de plus belle ensuite dans un vacarme grandissant. Parfois la joyeuse bande de conscrits se rendait dans un village voisin, il était alors préférable de ranger les pots de fleurs et autres accessoires se trouvant sur leur passage et pouvant subir leurs espiègleries.

 

La soirée avait pour tradition de comporter le repas de la classe qui réunissait en principe tous les conscrits de la circonscription. Ce repas avait lieu généralement au chef lieu de canton mieux équipé au point de vue restauration et salles. Inutile de dire que ce repas était copieux et bien arrosé. Dans les périodes où le climat de la France était serein le bal des conscrits succédait au repas, parfois il se déroulait une ou deux semaines après dans une ambiance plus calme. Il est aussi arrivé que le repas de la classe s'achevant certains conscrits partaient vers la grande ville pour terminer par une nuit de dévergondage.

 

Après le Conseil de Pévision restait à attendre l'appel et l'affectation à un régiment. Il a été un temps ou l'Infanterie et l'Artillerie composait les deux grandes branches de l'armée française avec en leurs seins des ramifications: chasseurs alpins - génie - régiments coloniaux etc. L'affectation attribuée ne correspondait pas toujours au souhait du futur soldat. Il en était de même pour le lieu où le jeune appelé devait rejoindre son régiment car il y a toujours eu ceux qui souhaitent rester près de chez eux et ceux qui ont envie de voir du pays.

 

Donc la convocation reçue il ne restait plus qu'à préparer les affaires personnelles du futur militaire. La mère avec soin et attention s'en chargeait conseillée par le père qui pair expérience savait ce qui serait nécessaire ou pas. Parfois un repas d'adieu réunissait quelques bons copains avant le départ, parfois aussi une visite à la petite amie.

 

Et c'est ainsi qu'après avoir accompli le service militaire, le garçon pouvait être considéré comme un homme, c'est vrai que la vie militaire est une école : discipline, obéissance, vie communautaire dans une chambrée, une section. Le service militaire accompli un jeune homme pouvait faire des projets.

 

d) on fonde un foyer

 

Il vient un temps où à juste titre les jeunes vont songer à fonder un foyer, ne dit-on pas qu'il n'est pas bon que l'homme soit seul, et sans doute la femme aussi !

 

Mais faut il déjà qu'ils se connaissent, qu'ils se découvrent. A l'époque les jeunes gens et les jeunes filles se rencontraient localement, on n'allait pas très loin lorsqu'on n'avait qu'un vélo pour se déplacer. D'autre part il n'était pas admis qu'une jeune fille aille au bal sons être accompagnée de sa mère d'où seulement de furtives rencontres possibles là partir de quelques danses au cours d'une « baloche » (fête locale). En ce temps on célébrait les vêpres dans les paroisses, les jeunes filles y étaient généralement assidues et les garçons s'ils n'allaient pas à l'office trouvaient le moyen de les rencontrer à la sortie.

 

Ainsi au sein du même village ou tout au plus auprès d'une localité voisine se nouaient de tendres idylles qui duraient plus ou moins longtemps, jusqu'au jour où assurés de sentiments réciproques on envisageait la vie à deux dans le mariage.

 

La première démarche consistait à en informer les parents, qui sons conteste avaient leur mot à dire. Toutefois ne brodons pas trop sur les mariages « arrangés » par les familles pour des raisons matérielles, de quelques cas ne faisons pas une généralité... l'union projetée étant admise on pouvait alors envisager les fiançailles en prélude au mariage. Dans les familles d'un certain niveau social Ici cérémonie consistait dans la démarche du père du garçon venant demander aux parents de la jeune fille la main de cette dernière pour son fils. Une cérémonie religieuse était parfois envisagée avec bénédiction de Ici bague de fiançailles offerte alors. Mais beaucoup plus ootivent, sons fastes particuliers, les fiançailles pouvaient consister oomplement en Ici rencontre des deux familles, c'était disait-on « les occordailles », au cours de Ici réunion la traditionnelle bague était remise à la f lancée.

 

Pestait alors a organiser la cérémonie du mariage : choix de la date, contact avec l'Eglise et la Mairie du lieu de résidence de la fiancée. Dresser la li-.te des invités était aussi une chose prenante: membres des deux familles, amis intimes et amis des futurs mariés parmi lesquels il importait de choisir Ies témoins, le garçon et la demoiselle d'honneur. Tout ceci était conditionné Mr l'importance que l'on entendait donner à cette fête et aux moyens dont on disposait car de plus il ne s'agissait pas que d'une invitation pour uniquement la (érémonie mais aussi pour le repas.

 

En milieu rural, qui est le notre, le repas de mariage ne pouvait être qu'un repas charpenté, important. On ne parlait pas alors de traiteurs, restait donc à trouver une personne, souvent une femme, qui avait la pratique une cuisinière, comme on disait, qui se chargeait de préparer le repas avec le concours d'une aide, en particulier pour le service. Il fallait aussi s'assurer des choses nécessaires pour Ici table : nappes et serviettes en tissu blanc, plats et couverts. Et la composition du menu n'était pas une mince affaire puisqu'il devait être important et comprendre toutes sortes d'entrées - poissons volailles - desserts, sans oublier la traditionnelle pièce montée. Le moment venu, restait à se procurer la matière première pour réaliser ce festin. Le lieu où allait se dérouler le repas était vite trouvé, à la compagne une remise, un atelier d'artisan, un hangar d'exploitation agricole, qui recevait sur les murs quelques tentures ou draps ornés de guirlandes de verdure et de fleurs pour décor, faisait parfaitement l'affaire. Parfois au sein d'un village il était possible d'emprunter la salle d'un café.

 

Autre problème à régler la tenue vestimentaire de ce grand jour. Pour le garçon, ce n'est pas très compliqué un costume trois pièces de couleur noire, une chemise blanche et un noeud noir, c'est très courant. Pour la fille cela demande un peu plus de temps pour découvrir la robe de mariée qui convient avec traîne couronne et accessoires, c'est encore vrai de nos jours.

 

Le mariage civil avait lieu généralement la veille du mariage religieux, les parents, frères et soeurs, les témoins des futurs mariés étaient seuls accompagnateurs à

 

la mairie. Ce même jour étaient ornés les résidences des fiancés, guirlandes et couronnes de buis, de verdure, de fleurs y étaient ainsi qu'à l'entrée de l'église. Le mariage religieux avait donc lieu le lendemain en fin de matinée, on y célébrait la messe. Pour se rendre à l'église, faut pas d'éloignement important, on partait à pied de la maison de la future mariée. Le cortège s'organisait souvent sous les directives du garçon d’honneur : la fiancée était en tête donnant le bras à son père, suivaient les invités, en dernier le futur marié accompagné par sa mère.

 

La cérémonie terminée, après avoir reçu les félicitations et les embrassades des participants, les invités, mariés en tête se rendaient au lieu du repas d'abord pour la photo des mariés qui prend un peu de temps pour les préparatifs et la traditionnelle photo souvenir des participants. Ensuite les mariés pouvaient découvrir las cadeaux qui avaient été déjà exposés, ou simplement déballer les paquets. La mariée débarrassée de sa traîne pouvait alors aller auprès des uns et des autres avant qu'on ne passe à table, tandis qu'une ambiance joyeuse s'instaurait.

 

De toute façon, on n'était pas pressé et lorsqu'on rejoignait sa place, indiquée avec le menu, il aurait été mal aisé de dire à quelle heure on en sortait. Un repas plantureux çà prend du temps, les conversations allant bon train y contribuaient et puis il arrivait parfois que de jeunes enfants présentaient un compliment aux jeunes mariés. Dès lors les jeunes de l'assistance à leur tour chantaient quelques belles chansons d'amour dont les refrains étaient repris par toute l'assemblée. Il arrivait parfois qu'on racontait quelques blagues plus ou moins judicieuses à l'adresse des mariés et de leur nuit de noce.

 

En fonction de la conception de la fête du mariage il pouvait s'agir d'un grand repas à la fin duquel les invités se retiraient au déclin du jour après avoir pris congé des mariés et de leur famille. Mais le plus souvent, le repas et la fête se poursuivaient tardivement. A cet effet quelques musiciens, parfois un accordéoniste avaient été prévus pour permettre à la noce de danser soit à la fin du repas, soit en cours avant le dessert et reprise après. Alors à l'heure où les étoiles brillaient dans le ciel depuis un moment, même si l'on n'avait pas très faim, on revenait à table pour un repas léger qui avait été prévu (un lunch suivant l'expression actuelle)

 

Avant que les invités songent à se retirer, les mariés trouvaient le moyen de quitter la salle de fête sans trop attirer l'attention sur eux afin de regagner la chambre retenue en secret pour leur nuit de noce, en dehors de leur futur logement et de la maison des parents. Ils savaient bien ce qu'ils faisaient en agissant ainsi car il était de coutume que « la noce » cherchait à savoir où ils trouvaient, s'ils étaient découverts elle leur porterait dans la nuit le traditionnel « touril ». Il s'agissait de facéties consistant à leur présenter alors qu'ils sont au lit ce « touril » sorte de potage à l'ail ou une crème épaisse au chocolat à boire à même un vase de nuit (pot de chambre). Après avoir fait un peu de remue-ménage, son exploit réussi, la cohorte se retirait enfin et les mariés pouvaient vivre leur nuit de noce après une rude journée, il est vrai qu'on ne se marie pas tous les jours.

 

e) Au bout de la vie

 

De toujours à toujours, au bout de la vie terrestre il y a eu la mort, c'est Ici loi de la nature humaine. A la période où nous nous situons, et en milieu rural, elle était un évènement pour la communauté locale et déclenchait autour d'elle tout un rituel.

 

Tout d'abord précédant les derniers instants d'une personne il arrivait dans le contexte religieux de l'époque que la famille demande au prêtre de la paroisse de venir auprès du mourant donner les derniers sacrements, « l'extrême onction » comme on disait alors. Avec molice, certains disaient « le curé est venu lui cirer les bottes »

 

En règle générale le mourant rendait son dernier soupir à la maison, au sein de la famille du fait qu'alors plusieurs générations vivaient ensemble, sous le même toit. Dès que l'entourage avait constaté que la personne ne respirait plus, pour s'assurer de son tripes, on présentait une glace à la face du déf unt(e) (preuve par l'absence de buée). Alors on appelait les proches voisins car la communauté devenait concernée par le décès.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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