Dom Vic et dom Vaissette   



 

 

 

SIÈGE DE VILLEMUR

 

 

Histoire Générale du Languedoc  

 tome IX – p 477 - NOTE VI.

Dom Vic et Dom Vaissette

 

 

Sur quelques circonstances de l'expédition d’Antoine Scipion duc de Joyeuse, aux environs de Montauban, du siège et delà bataille de Villemur, et de labataille de Villemur, et de la mort de ce seigneur.

 

I. Divers historiens contemporains parlent au long de ces événements : mais ils ne  sont pas d'accord entre eux sur quelques. circonstances.

 Gaches s’étend d'abord sur l’entreprise téméraire que firent les royalistes le 25 de mai de l’an  1592 pour se saisir se saisir de la ville de Lautrec, qui tenait le parti de la ligue, trompés par une fausse intelligence, et sur le combat, que le duc de joyeuse qui survint, leur livra auprès du châ­teau de Trape situé aux environs de Lautrec, où les royalistes qu’il défit, s'étaient réfugiés, après avoir  manqué leur entreprise sur Lautrec. On doit rapporter à son témoignage, puisqu’il écrivait alors sur les lieux ; et il faut cor­riger par conséquent M. de Thou[1], qui parle de cette affaire en deux mots, en disant au sujet d’Antoine Scipion duc de Joyeuse ; Is ad Lau­trecum in Albigensi agro astu, mox et vi Trapa expugnata mense Martio proximo afflixerat ; pa­roles obscures que les traducteurs de M. de Thou rendent de la manière suivante. « Après avoir manqué son coup au mois de Mars sur Lautrec en Albigeois , il s’empara de Trape par force et par artifice ».

 Mais 1° on vient de voir que cette affaire se passa au mois de Mai et non au mois de Mars.

Il est certain que la ville de Lautrec tenait alors le parti de la li­gue ; par conséquent le duc de Joyeuse avait garde de faire aucune entreprise sur cette ville. Ce furent au contraire les royalistes qui firent une entreprise sur Lautrec, qu’ils avoient des­sein de surprendre, et qui manquèrent leur coup.

 

II. Le duc de Joyeuse conduisit ensuite son armée aux environs de Montauban, où il prit diverses places.

 La Faille[2] en fait monter le nombre à quinze ou vingt : il aurait eu bien de la peine à en faire l’énumération. Joyeuse mit peu de temps après le siége devant Villemur, petite ville du diocèse de Montauban située sur le Tarn.

Nous trouvons l’époque de son arrivée aux environs de Montauban, dans la relation de son expédition[3], écrite dans cette ville par un contemporain;

et il y est marqué que le duc de Joyeuse se présenta devant Montauban le 22 de Juin ;

qu’il prit ensuite les diverses places dont on a parlé, et qu’il mit enfin le siége devant Vilemur, qu’il leva à l'approche de Thémines, lequel aidé des forces du duc d’Epernon , était mis en marche pour l’attaquer.

« Ensuite Joyeuse ayant appris, que les arquebusiers du duc  d’Epemon marchoient en désordre, fondit sur » eux , disent les traducteurs de M. de Thou,  dans le temps qu’ils s’y attendaient le moins; ce fut vers le milieu de la nuit du 18 de Juin, etc. » ou suivant le texte latin de M. de Thou xiv. cal quintilis ; ce qui répond en effet au 18 de Juin -. mais il faut lire Sextilis au lieu de quintilîs ; et c’est une faute évidente de M. de Thou, à laquelle ses traducteurs n'ont pas fait attention,  puisque Joyeuse n'étant arrivé aux environs de Montauban que le 22 de Juin , et ayant entre­pris postérieurement le sièse de Villemur, il ne put l’avoir levé le 18  de ce mois. Cette action se passa donc au mois de Juillet , et eu lisant dans M. de Thou xiv. Kal. Sextilis au lieu de Quin­tilis, comme on l’a déjà dit, tout s’accorderait ; et l’action se serait passée le 19 de Juillet, comme il est marqué dans Cayet[4], si nous  n’avions des raisons plus fortes de croire que ce fut le 8 de Juillet que le duc de Joyeuse leva le Siège de Villemur.

 

III. L’auteur de la relation dont on a déj parlé, de Thou, Cayet et Faurin dans son jour­nal , disent que lorsque Joyeuse attaqua les troupes du duc d’Epernon , occupées au siège de la Cour, il avait levé celui de Villemur.

Gaches, suivi par la Faille , prétend au contraire, que ce fut pendant le siége même de Villemur que Joyeuse avant laissé une partie de son armée pour le continuer, attaqua à l'improviste avec sa ­cavalerie les troupes du duc d'Epernon , qui ne s'attendaient à rien moins, et qu’après les avoir défaites, il retourna à Villemur, dont il poussa le siège avec vigueur, jusqu’à ce que le duc d’Epernon et Themines l'obligèrent enfin de le lever. Mais le baron d'Ambres, qui servait ac­tuellement dans l'armée du duc de Joyeuse, contredit Gaches dans ses mémoires manuscrits qui nous ont été communiqués par M. le mar­quis d’Aubays.

 

 « Le duc de Joyeuse ayant assiégé Villemur, dit le baron d’Ambres apprit  que le duc d’Epernon était à huit lieues de-là avec cinq cens chevaux et quatre mille hommes de pied, que son dessein était de venir à Montauban à trois lieues de Villemur, et de faire lever le siége : le duc de Joyeuse ne jugeant pas à propos de l’attendre, décampa le lendemain, et retira son canon qu’il laissa à  Gaillac avec une partie de la cavalerie et un régiment. Comme il avait une coulevrine de l'autre côté du Tarn , qu’il avait fait venir pour  battre le moulin de Villemur, il commanda le soir de la conduire à un fort nommé la Bor­nerie; mais la pluie qui était tombée en abondance pendant toute la nuit, empêcha d’exécuter cet ordre, et les troupes du duc d’Epernon qui n’était qu’ à mille pas, s’en saisirent, et la jetèrent sur le bord de l'eau. Le duc d’.Epernon s'étant ensuite rendu à Villemur, se mit à la poursuite du duc de Joyeuse campé sur  les bords de la forêt de Villemur. Il y eut là une escarmouche, que la nuit qui survint ter­mina : chacun se retira ensuite dans son camp. M. d’Epernon alla loger à S. Naufari, où ceux de Montauban vinrent le supplier d'aller pren­dre quelques petit lieux du côté de Montels, avec promesse de fournir des vivres et des  moyens pour cette entreprise ;  mais il refusa d'y aller : il leur prêta deux régiments, dont l'un était celui du baron de Bourdeille et quelque cavalerie , qu’ils joignirent  aux troupes du pays. Le duc de Joyeuse, après avoir fait un voyage à Toulouse, avant appris qu’ils avoient investi un fort près du-dit Montels, y alla de  nuit, tailla en pièces le régiment de Bourdeille, mit le reste en fuite, et prit deux moyennes  coulevrines en revanche de celle que le duc d'Epernon avait prise , et qu’il mena à M de  Montmorenci. Le 8 de Juillet 1592 ce dessus  fait et dit, de Joyeuse s’en retourna en Albi­geois, et alla assiéger le lieu de la Guepie, etc. » Ce témoignage est si précis, que nous avons cru devoir le suivre.

 

IV. La Faille[5] assure que le château de la Cour, où Joyeuse défit une partie des troupes du duc d'Epernon, était une petite place auprès de

Montauban. Faurin auteur contemporain dit aussi que la Cour était situé près de Montauban ;  et suivant Cayet[6], la Cour était une maison cham­pêtre dans la plaine de Montauban. Gaches ne marque pas la situation de ce château; et on n'en connait aucun de ce nom aux environs de Mon­tauban.  Mais nous trouvons sa véritable situation tant dans les mémoires du baron d'Ambres, dont on vient de donner l’extrait, que dans d’Aubi­gné[7],  qui dit qu'il était situé près de Monteils. Or Monteils  est un autre château auprès de la petite rivière de Vere en Albigeois, situé à six ou sept lieues de Montauban, et à quatre ou cinq de Villemur.

 

V. Joyeuse, après la levée du siége de Ville­mur, mena ses troupes en Albigeois, où îl entreprit le siège de la Guepie, qu’il soumit le premier d'Août, suivant le journal de Faurin; ce qui con­vient très-bien. Il revint ensuite remettre le siége devant Villemur, et suivant l'auteur de la rela­tion qui est dans les mémoires[8] de la ligue, il campa devant cette place le 10 de Septembre.

 

Faurin dit que ce fut le 12. de ce mois  et qu’il  commença à battre en brèche le mercredi 16 du même mois.

M. de Thou prétend qu’il ouvrit la tranchée le 10 de Septembre, et Gaches assure qu’il ne commença à rattaquer que le 17. de ce mois ;  mais tout cela revient à peu près au même.

 

VI. Suivant M. de Thou, Messillac gouver­neur d'Auvergne pour le roi, ayant marché au secours des royalistes, et s’étant joint à Lecques, Chambaud et Montoison , se rendit à Bellegarde (château situé en Querci, à, une lieue de Mon­tauban vers le Levant, et à trois lieues au Nord de Villemur) ou Joyeuse , après avoir laissé une partie de son armée pour la continuation du siège, alla les attaquer à la tète de sa cavalerie et de ses arquebusiers. Tous les autres historiens, Cayet et d’Aubigné[9] en particulier, assurent, que Messillac était pas encore arrivé, lorsque Joyeuse alla attaquer Chambaud et Lecques à Bellegarde: ils ajoutent, que, le dessein de Joyeuse était de combattre ces derniers , avant que Messillac les eût joints. Nous nous en rapportons à leur autorité.

 

VII. M. de Thou dit qu’on comptait 1500 cuirassiers à cheval, et trois mille arquebusiers dans l'armée des royalistes, lorsqu'elle, attaqua le duc de Joyeuse devant Villemur, et que celle de ce duc était composée de quinze cens chevaux et de quatre mille hommes d'infanterie, y com­pris quinze cents Allemands. L’armée des royalis­tes n'était pas si nombreuse, suivant l’auteur de la relation, Cayet et Gaches, qui ne leur don­nent en tout que cinq cents maîtres et deux mille cinq cens arquebusiers : mais la Faille a tort de réduire leur armée à deux mille six cens hom­mes en tout, tant de pied que de cheval.

Quant aux ligueurs, l’auteur leur de la relation , Cayet et Gaches , ne leur donnent que six cents maîtres, et quinze mille hommes de pied, y compris qua­torze cens Lansquenets.

 

 

 

VIII. Il est certain que l’action se passa le lundi 19 octobre de l’an 1592. ce qui s’accorde fort bien avec la lettre dominicale. M. de Thou est donc trompé , ou plutôt il y a une faute dans son texte. où il est marqué. que ce fut xiv.  Kal. Decembris qui in lunæ diem incidebat, ou le lundi 20. d'Octobre, comme le disent les traduc­teurs de cet historien.

 

IX. Les circonstances de la mort du duc de Joyeuse sont rapportées différemment par les mêmes historiens.

M. de Thou dit, suivant la traduction Française, « qu’il se retirait en bon  ordre, avec un petit nombre de gentilshommes, à Condomines, il avait mis son artil­lerie, et que trouvant qu'on avait rompu le pont de batteaux , qu'on avait jeté sur le Tarn,  il poussa son cheval dans cette rivière , malgré les efforts de Courtete et de Bidonnet , et s'y noya, »

 

Voici le texte Latin de M. de Thou : Jousa ad Condominas , ubi tormenta deposuerat , cum servato ordnie cum paucis è nobilitate se reciperet, ruplo ponte , quem ex avigiis in Tarni straverat  frustra Curteto et Bidoneto eum reti­nentibus rapiditate fluminis haustus est ». On croi­rait, en lisant la traduction Française de M. de Thou , que Condamines est un village ou un hameau : mais ce n’était rien moins que cela, et Condamines  ou Condomine, dans le langage du pays est  un champ qui appartient au seigneur[10] : en sorte qu’il fallait traduire à Condamines ou aux condamines, comme le rapporte Cayet Au reste, il paraîtrait par-là, que cette condamine où était le parc de l'artil­lerie , aurait été située à la gauche du Tarn; car J'action se passa à la droite de cette rivière.

 

X. M. «de Thou a pris cette circonstance, ainsi que plusieurs autres, de la relation imprimée dans les mémoires de la ligue dont on a parlé. 11 y est marqué[11] que Themines qui commandait dans Villemur, ayant fait une sortie pendant l’action, Joyeuse ne pouvant plus résister, vou­lut se retirer aux Condomines, était son camp et son artillerie, « que le pont qu’il avait bâti sur le Tarn étant coupé, causa la mort de pres­que tous ceux, qui avoient quitté la terre,  pour réfugier à J'eau    De ce pas, continue  cet auteur, il s'achemina au Tarn. Les  sieurs de la Courtete et de Bidon le tindrent  quelque temps par la main mais le Tarn par  le violent de son randon  le ravit d’entre les  mains de ceux qui le tenaient, etc. ».

 

 Il paraît par-là , que Courtele et Bidon soutenaient le duc de Joyeuse, pour l aider à passer la rivière  au lieu que suivant M.de Thou et ses traducteurs, il se précipita dans la rivière, malgré ces deux officiers, qui voulaient l'en empêcher.

Le baron d’Ambres, qui était dans l'armée de Joyeuse, et qui dans ces mémoires manuscrits [12]  dit que ce duc avait fait rompre le pont sur le Tarn, afin d'ôter l'espérance de fuir, raconte sa mort de la manière suivante. « Le duc de Joyeuse . dit d'Ambres, voyant ses troupes en désordre, met la main a l'épée, fait di­vers efforts pour les rallier, mais il lui fut impossible, et se trouve avec trois gentilshommes, qui étaient M. de Mossolens (François de St Jean), maréchal de camp, M. de St  Geri, fils du sieur de la Roquebouillac, , et de M. de... Rouergue[13].

 

Mossolens dit à Joyeuse : «  il faut se sauver. Joyeuse lui répondit: il faut mourir. Mossolens répliqua : l'on ne meurt pas quand l’on veut ; vous seriez Prisonnier et mené à Béziers ; tachez de vous sauver , et demain nous les battrons. Cela les fit résoudre eux quatre d'aller au pont , et au bord de celui-ci ils -ce désarmèrent au préalable : et d'autant que le pont était rompu, ils vousîrent aller du long de la corde en nageant , et allèrent jus­ques au dernier batteau, que une pièce de bois tomba sur ce jeune seigneur qui le fit noyer. Mossolens se sauva à nager ; les autres deux gentilshommes demeurèrent qui ne savaient nager. Ils furent pris prisonniers. Il y eut deux cens hommes de morts , etc.

 

XI. D’Aubigné[14]  fait entendre que le duc de Joyeuse se précipita dans le Tarn pour se sauver.

Joyeuse dit cet historien, se voyant venir la charge à dos ne voulut pas combattre avec ce désavantage et aux harquebusades des assié­gés ; il change de camp, en s’éloignant aux Condomines où était son artillerie. Quelque cavalerie des siens ayant pris sa démarche pour fuite, la prennent, et donnent l'épouvantement à toute l'infanterie; de telle façon » que ce fut à qui gagnerait la rivière: la foule fut si grande sur le pont de bateaux qu’elle s’enfonce, si bien que n’ayant plus espoir qu'à la nage, il s'en perdit grand nombre dans l'eau : de ce nombre enfin fut Joyeuse, qui  sauta du chantier dans le Tarn et se noya ».

 Ce qu'il y a de vrai, c'est que le duc de Joyeuse ce noya dans le Tarn, en voulant se sauver, comme le témoigne le duc de Montmorenci. dans la let­tre[15] qu’il écrivit quelques jours après au roi t pour lui rendre compte de cet événement.

 

 

XII. Gaches raconte d’une manière toute diffé­rente les circonstances de la mort du duc de Joyeuse. Il dit que les royalistes avant poussé le gros de l'armée des ligueurs vers la rivière de Tarn , le duc de Joyeuse ne pouvant arrêter la déroute; et ayant demandé à un officier nommé St. Martin le Roux. ce qu'il y avait à faire,  celui-­ci lui avait répondu qu'il fallait aller mourir au canon. « Comme il y allait, ajoute-t-il, avec cent vingt hommes d'armes pour s'y rendre, ils s'évanouirent tous en marchant, sans combat, et Joyeuse demeura avec Mousoulens et Villegli.

 

Il prit le chemin du pont qu’ il trouva rompu. Dans ce grand désordre, ils lui présentèrent la croupe de leurs chevaux pour passer à la nage ; mais n'y ayant jamais pu monter, et étant fort troublé, il se jeta dans le Tarn où il se noya  bientôt, n'avant ni force pour résister, ni adresse pour se sauver ».

 

La Faille a peine à ajoûter foi à cette circonstance, et à croire que le duc de Joyeuse fut à pied, à moins qu’il n'ait eu son cheval tué sous lui. Il supposa que Gaches a avancé qu’alors il se jeta de désespoir la tète la première dans le Tarn : mais il fait dire à Gaches ce que Gaches ne dit pas ; et cet auteur fait en­tendre au contraire, que Joyeuse voulant se sauver à la nage, n'eut pas assez de force pour résister à l'impétuosité des flots. Faurin dit d'un autre côté que le duc de Joyeuse, pensant aller au gué, se noya. Enfin Cayet rapporte plus vraisemblablement que tous les autres,  que le duc de Joyeuse,  voyant tous les siens l'abandonner, et que les royaux avaient (dé)ja gaigné  son camp et l’artillerie, pensant traverser le Tarn pour se sauver, accompagné de deux gentils­hommes, ii fut entraîné par la violence de l'eau, et se noya au grand regret des siens, et de tous ceux de son parti.»

 

On doit conclure de ce que nous venons de dire, que l'auteur de la vie du père Ange de Joyeuse,[16] ne mérite aucune créance, lorsqu’il dit que le duc de Joyeuse rompit lui-même le pont qui traversait  la rivière sur des bateaux , pour couper aux soldats le chemin de reculer, se mettant le premier en tète de l’infanterie, une pique à la main , jusqu’ à ce que percé de deux coups, il tomba dans l'eau et y rendit l'esprit, dont le corps retiré par Ies ennemis, ne fut rendu que l'année ensuivant, sur la proposition de la trêve ».

 

XIII. Les traducteurs de M. de Thou changent en tranchées tout ce que les autres historiens ap­pellent retranchement. « Il fallait d'abord, disent­-ils, chasser deux cens hommes de la première tranchée, qui conduite depuis le bois jusqu'à la ville, fermait le chemin, etc. » Ils tombèrent avec tant d'impétuosité sur les troupes déjà effrayées, que la tranchée fut bientôt né­toyée, etc. Le duc de Joyeuse ne se démonta pas et distribua promptement des soldats pour défendre les retranchements élevés  aux angles de la seconde tranchée.  Toutes prétendues tranchées ne sont pas différentes des lignes de circonvallation, on des doubles retran­chements que M. de Thou a exprimés par le mot vallum dans son texte Latin. En effet, en voit dans la lettre que le duc de Montmorenci écri­vit au roi le 25 d'Octobre, pour lui rendre compte de cet événement , que le duc de Joyeuse avait fait des retranchements dans son camp, pour se mettre hors d'insulte de la part des royalistes.

 

XIV. M. de Thou ne fait monter qu’à mille le nombre des morts de la part des ligueurs dans cette action.

Cayet en met deux mille. D'Au­bigné en met trois mille , et ce dernier nombre est confirmé par la lettre[17] du duc de Montmo­renci , dont on vient de parler. L'auteur con­temporain de la relation imprimée dans les mé­moires de la ligue, dit que les ligueurs eux­-mêmes faisaient état d’avoir perdu trois mille hommes; mais que du moins ils en avaient perdu deux mille.

Gaches assure d'un autre côté, que deux mille soldats ligueurs restèrent sur la place, avec la plupart de leurs chefs ; mais comme les deux derniers historiens ~ qui étaient presque témoins faisaient profession de la religion pré­tendue réformée, ils peuvent avoir augmenté la nombre des morts du côté des ligueurs. Enfin un autre[18] historien religionnaire, dit que le pont sur le Tarn ayant été coulé à fond par la multi­tude des fuyards, il s'en noya plus de huit cens, sans (sic) quatre à cinq cents Tudesques qui furent tués.



[1] Liv 103

[2] La Faille, Annales – Toulouse, tome 2

[3] Mémoire de la ligue tome 5, p.168

[4] Cayet, chron. nov. liv. 4. p. 63.

[5] La Faille, a~inales de T. tom. 2. p. 459.

[6] Chron. nov. ibid. p. 63.

[7] 3 Liv. 3. ch. 19.

[8] 1 Page 171.

[9] D’Aubigné, tome 3,livre 3, c.16

[10] V. cong. Glossar.

[11] Mémoire de la ligue tome 5- p. 178. et seq.

[12] Mss. d'Aubays.

[13] Le nom est  en blanc dans le manuscrit.

[14] Liv. 3. c. 16.

[15] Preuves

[16] Brousse, vie du P. Ange, p 23

[17] Preuve

[18] Faurin


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