Conques et Ste Foy   



 

 Conques et Ste Foy

 

Ste Foi 

Le 6 octobre

 

Les récits du Moyen-Age racontent que, vers 290,  une très riche famille noble gallo-romaine d’Agen donne naissance à une première fille : Foy (fides). Confiée à une nourrice chrétienne, elle fait la découverte du message évangélique. Dés lors raconte la chanson de Sainte Foy écrite en occitan au XI°, elle aime assister les chrétiens persécutés par les romains. Caprais, évêque ou guide spirituel de la petite communauté chrétienne, complète son instruction et la baptise. Elle consacrait son temps à prier et à secourir les plus nécessiteux.

Après l’avènement de l’empereur Dioclétien, une nouvelle vague de persécutions commence. Dacien, proconsul romain, applique l’édit avec rigueur - édit qui énonce que "tout chrétien doit être dénoncé et sera châtié sur le champ". Lorsqu’il arrive à Agen en 303, la jeune Foy lui est livrée par son propre père pour s'être déclarée chrétienne. Agée de 12 ans, elle refuse de sacrifier à Diane, déesse tutélaire vénérée à Agen. Dacien la fait alors flageller et ordonne de la brûler. La tradition rapporte que pendant la préparation du bûcher  Foy annonçait le Christ et qu’Alberte, sa sœur cadette, puis Caprais, l’entendant s’étaient offerts au martyre. Tous seront finalement décapités.

Sainte Foi fût ensevelie à Agen dans la petite église du Martrou (« lieu du martyre » en langue d’oc). Ses reliques furent transférées dans une basilique construite en son honneur par saint Dulcide. Vivante, Foy multipliait déjà, dit-on, les évènements extraordinaires. La chanson de sainte Foy évoque d’ailleurs les jeux et badinages de la sainte, qui font sourire ceux qui ont su garder la simplicité du cœur.

Voyant la notoriété de l'abbaye de Conques périclitée, les moines décidèrent de dérober les reliques de sainte Foy. Ceux-ci y parviunerent en 866 et ne furent pas condamnés. En effet la légende veut qu'en ramenant leur larcin, un miracle se produisit : un aveugle retrouva la vue en touchant le sac contenant les reliques de la sainte.

Depuis le 14 janvier 866, les donations affluent au moinastère de Conques. Le miracle de l'aveugle Guibert - vers 985 - entraîne des foules venues de l'ensemble du pays vers Conques.

 

Sources : présentation journal « la croix » - 19-20 août 2006 et le site du diocèse d'Agen

 

 

                                     

                         portail de l'abbatiale de Conques

 

**********************

 

Ste Foi et ses compagnons

un récit hagiographique

 

Sainte Foi, d’une famille très illustre, naquit à Agen la principale ville de la seconde Aquitaine après Bordeaux. Elle eut le bonheur de connaître Jésus-Christ dés son enfance, et de le servir avec fidélité. Elle s’accoutuma à partager tous ses moments entre la prière et les bonnes œuvres. Quoique d’une rare beauté, elle fut insensible aux charmes du monde.

L’empire avait alors pour maître Dioclétien et Maximien. Dacien était Gouverneur des Gaules. Ce cruel ennemi des chrétiens alluma contre eux le flambeau de la persécution. Lorsqu’il fut arrivé dans la ville d’Agen, il ordonna que l’on fit paraître Ste Foi devant lui.

 

La jeune épouse de Jésus-Christ suivit courageusement ceux qui la conduisaient, après avoir formé le signe de la croix sur les différentes parties de son corps.

Elle fit aussi cette prière : «  Seigneur Jésus qui assistez toujours vos serviteurs, secourez-moi, fortifiez-moi et daignez m’accorder la grâce de répondre d’une manière digne de vous ».

 

-         Dacien la voyant en sa présence, prit un ton plein de douceur et lui dit : «  quel est votre nom ? »

-         Foi : « Je me nomme foi et je tache d’être dans la réalité ce que signifie ce nom »

-         Dacien : « quelle est votre religion ? »

-         Foi : « Dés mon enfance, je sers le Seigneur Jésus-Christ, en lui consacrant toute mon âme »

-         Dacien : « Croyez-moi ma fille, ayez égard à votre jeunesse et à votre beauté. Abandonnez la religion que vous professez , et sacrifiez à Diane, qui est une divinité convenable à votre sexe, et qui vous comblera des plus précieuses faveurs »

-         Foi : « les dieux des nations sont des démons ; comment pouvez-vous me conseiller de leur offrir des sacrifices ? »

-         Dacien : « et vous osez appeler nos dieux des démons ? Il faut vous déterminer ou à leur offrir des sacrifices ou à périr dans les tourments. »

-         La sainte se rappelant le courage des martyrs, et la couronne glorieuse promise à ceux qui persévèrent jusqu’à la fin, ne fut point effrayée de ces menaces ; elle se sentit même enflammée d’un nouveau désir de donner sa vie pour Jésus-Christ : « Non seulement, s’écria-t-elle, je suis prête à souffrir toutes sortes de tourments pour mon Dieu, mais je brûle de mourir pour lui ».

-         Dacien plus irrité que jamais, fit apporter un lit d’airain, sur lequel on lia le corps de la sainte avec des chaînes de fer ; ensuite on alluma dessous un grand feu, dont on augmenta encore l’ardeur en y jetant de l’huile et d’autres matières grasses.

-         Les spectateurs furent saisis de compassion et d’horreur : comment, disaient quelques uns d’entre eux peut-on traiter de a sorte une jeune vierge qui est innocente et dont le seul crime est d’adorer Dieu ? »

Dacien en fit arrêter plusieurs et comme il refusèrent de sacrifier dans le temple où ils avaient été conduits, ils furent décapités avec Sainte Foi.

 

Voyez les actes sincères de la sainte, qui sont fort courts. Surius et Labbe ont donné d’autres actes qui sont plus longs, mais dans lesquels il se trouve diverses interpolations, comme des histoires de miracles qui ne sont point appuyées sur de sûrs garants.

On doit consulter surtout les commentaires du P. Chesquière, un des continuateurs de Bollandus – 6 Octobre tome 3 page 263[1]

 

Saint Dulcidius, Evêque d’Agen, qu’on donne pour successeur à St Phébade, qui mourut à la fin du IV° siècle[2], transféra les reliques de Ste Foi dans la nouvelle église qu’il avait fait bâtir dans l’enceinte de la ville.

Quant à celles de St Caprais et des compagnons de son martyre, il les transféra dans une autre église qui était aussi dans l’enceinte d’Agen.

L’histoire de cette translation se trouve dans les actes de Ste Foi que Surius et Labbe ont publiées. On vénère encore le lieu où la crainte des persécuteurs vait fait cacher primitivement les corps de nos saints martyrs.

Vers l’an 886, les reliques de St Vincens d’Agen , martyr et celles de Ste Foi furent portées à l’abbaye de Conques dans le Rouergue[3].

On les transféra dans la nouvelle église de la nouvelle abbaye vers l’an 1050.

Le pape Urvain V fit donner une partie des reliques de sainte foi aux moines de Cucufat en Catalogne vers l’an 1365, et c’était peut-être pour les dédommager du don qu’ils avaient fait à la ville de Montpellier d’un bras de saint Louis de Toulouse. On honorait autrefois à Glastenbury un bras de Ste Foi.

Il y a en France un grand nombre d’églises qui portent le nom de cette sainte. On distingue celle de Longueville en Normandie, qui fut considérablement enrichie par Walter ou Gautier Giffard, comte de Buckingham en Angleterre.

Ste Foi était patronne du prieuré de Morsan dans la province de Norfolk, auquel Henri I accorda de grands privilèges[4]. L’église souterraine de la même Sainte, bâtie sous celle de St Paul de Londres, était aussi fort célèbre[5].

  

Vie des Pères, des martyrs et des autres principaux saints

Ouvrage traduit de l’anglais de feu Alban Butler

Par M. l’abbé Godescard, chanoine de St Honoré, tome 9, Toulouse, 1808 

 

églises - paroisses du diocèse de Toulouse dédiées à sainte Foy

31  Cépet

Eglise Ste Foy

Statue en bois doré

31  Le Born

Eglise Ste Foy

 

31  Sayrac  (comm. de Villemur)

Eglise Ste Foy

 

31 Ste Foy d’Aigrefeuille

Eglise Ste Foy

 

31  Ste Foy de Peyrolières

Eglise Ste Foy

Reliquaire et buste

31  Toulouse

Eglise St Sernin

Reliquaire

 



[1] Quelques martyrologes mettent Saint Caprais au nom des compagnons de Sainte Foi – mais ce saint ne souffrit que le 20 octobre, suivant les meilleurs Mss du martyrologe de Dt Jérôme et suivant Adon, Usuard, Wandelbert et le martyrologe romain moderne.

Les actes de la sainte, publiés par Surius lui donnent aussi pour compagnon ST Prime et St Félicien, mais ses actes sincères ne font aucune mention ni des 2 martyrs, ni de St Caprais. On honore le 8 juin un St Prime et un St Félicien qui souffrirent à Rome, et dont les reliques furent découvertes en 648 sur la voie Nomentane comme le rapporte Anastase dans la vie du pape Théodore. On met à Agen 2 autres martyrs du même nom, et l’on garde dans cette ville une partie de leurs reliques avec celles de Ste Foi.

Les actes de cette sainte, qu’on trouve dans Surius sont du V° ou VI° siècle (Hist. Litt. De la France) et le corps de St Prime avec la principale partie des reliques de ST Félicien de Roime, se gardaient dans cette ville en 846 (Chesquière loc ; Cit p 270) . Il n’est donc point hors de vraisemblance que St Prime et St Félicien d’Agen aient souffert avec Ste Foi ou peu de temps après.

[2] Voyez le bréviaire d’Agen et les auteurs du « Gallia Christ. Vetus et nova ».

[3] Les histoires ce ces translations – dont 2 en proses, et une en vers, ont été publiées par Mabillon et par les bollandistes. Conques est 6 Lieues de Rodez du côté du nord.

[4] Il avait été fondé par Robert Fitz-Walter et par Sibile sa femme – monast. Angleterre t.1 p.415.

[5] Voyez Dugdale dans son histoire de St Paul de Londres.

 

 

 


© 2017 CT