Communautés religieuses   



 

les communautés religieuses

 

CONGRÉGATIONS MASCULINES

 

1 / les capucins

 

 

Par arrêt du conseil du roi du 23 janvier 1647, il est ordonné que la bâtiment du temple soit donné aux pères minimes de Toulouse. L’autorisation royale se faisant attendre, la communauté de Villemur se substitua à eux et vendit les matériaux.C'est cette situation qui conduira à une substitution : les capucins remplaçant les minimes.

 

Les capucins[1] acquirent le temple destiné aux Minimes sous le nom d’Adrienne de Vergie, veuve Prouho en vue de leur installation.

Quatre pères capucins étaient dans un premier temps venus en mission perpétuelle à Villemur vers 1680, à la demande de la communauté.

Le roi avait été sollicité dés 1686 afin de régulariser leur établissement (délibér. 17 dec 1679, 24 mlai 1682, 10 mars 1686).

 

Les capucins furent enfin autorisés par lettres patentes du mois d’octobre 1726. Le prix des matériaux leur fut remboursé et ils s’installèrent au faubourg Saint-Jean.

 

Leur maintien, chaudement réclamé par la communauté, fut obtenue de la commission instituée en vertu de l’édit d’avril 1767 pour la réformation des ordres religieux et ils furent conservés jusqu’à l’exécution du décret du 4 août 1792 qui prescrivit l’évacuation et la vente des maisons religieuses[2] p.63 Sevène

Il assurent le service dans les paroisses voisines avec le titre de vicaire, ainsi à Bondigoux, ou pour assurer une période d’absence du curé cf  Sayrac.

La rue arrière du couvent sur lequel on a construit le théâtre après 1936, se dénomme : rue des capucins. Au devant, le couvent longeait le quai Scipion de Joyeuse.

En 1792 au moment de l’inventaire  des biens nationaux, 5  religieux à demeurer à Villemur. On estime que 3 d’entre eux seraient « capables » de prêter le serment constitutionnel[3].

La valeur des biens est estimée à 10.494 livres[4].

Par ailleurs l’auteur de l’Histoire des Capucins de la province d’Aquitaine – à laquelle appartenait le couvent de Villemur,- indique que malgré toutes les démarches entreprises, il n’ a pu trouver à leur sujet le moindre renseignement sur l’inventaire de 1790 ni sur le récolement . Seules une liste des pensionnaires du district de Toulouse sous la rubrique capucins de Villemur et un état certifié par le Provincial d’Aquitaine qui nous fait connaître les noms des 5 religieux qui formaient cette communauté au moment de sa suppression

3 prêtres :

-         Martin d’Issendolux [Jean Pierre Martin] 47 ans, gardien

-         Maurice de Ggnac [Jean Joseph Saligné] 77 ans

-         Jean-Louis de Négrepelisse [Jean Delfios] 60 ans. C’est lui que l’on retrouvera quelque temps à Sayrac, y assurant le ministère de mars à août 1791..

2 frères

-         Barthelémy de Castelsarrasin [Jean Verdier] 58 ans

-         Arsène de Capdenac [Antoine Caminade] 42

Tous des religieux ont opté pour la vie commune. Les der,niers habitants du couvent de Villemur allèrent fixer leur résidence à Toulouse (le couvent  Villemur bien qu’étant de la Province d’Aquitaine, du fait de sa présence en Haute-Garonne, fut rattaché à Toulouse, comme les autres capucins établis dans le département). On pense qu’ils ont persévérés.

 

Auparavant  d’autres frères du couvent des  capucins de Villemur nous sont connus par le service qu’ils remplissent à Villemur ou dans les paroisses voisines, soit occasionnellement, soit pour une période exerçant la fonction de vicaire (registres paroissiaux).

Ainsi 

-         Fr André de Figeac, gardien, 1754, Bondigoux, vicaire

-         fr Louis Gautier Rgx observ. vicaire régent Bondigoux, 1754-1757

-         fr Joseph capucin, 1757 Bondigoux

-         fr Séraphim,capucin vicaire, 1757

-         fr J.B. Desclassan de l’observ et vicaire,1767-1670

-         fr Eugène capucin 1753-1754

L’église et le réfectoire du couvent des capucins serviront ensuite pour des réunions ou des assemblées  (la section Saint Jean) au temps de la Révolution.

 

2 / les minimes

 

Un projet d’établissement des pères minimes avait fait l’objet d’une ordonnance rendue le 3 juillet 1629 par le prince de Condé, pendant la durée d’un séjour qu’il fit à Villemur.

Des lettre royales du 30 janvier 1631 avaient confirmé cette ordonnance, à l’exécution de laquelle les consuls s’étaient intéressés pendant un certain temps. Il ne parait pas toutefois que ce projet ait reçu sa réalisation, et c’est, vraisemblablement, son insuccès, qui amena la substitution des capucins aux minimes[5]

Ces derniers religieux ont seulement possédé une métairie, dite de Pétusou, située partie dans le territoire de la paroisse de Sayrac, partie dans celui du consulat de Villaudric. p.63 Sevène

Métairie relevant de la censive du marquis d’Aussonne, seigneur de Reygades

 

3 / les Frères des Ecoles chrétiennes de Jean-Baptiste de la Salle

(frères de la Doctrine chrétienne)

Ecole congréganiste.

Leur venue à Villemur est  due au curé Fieuzet[6] en 1849.

Rue des Potiers d’abord (propriété Sicard), puis suite à un incendie vers 1937, aux  Greniers-du-Roy, enfin elle survivra quelque temps aux côtés des Pères Salésiens à la maison Marchet.

Sources:  communication Robert Vignals

 

 

 

6 mai 1849

Lettre de Fieuzet à M. le Prévôt

Près avoir reçu la lettre de M. le colonel Espinasse, que j’eus l’honneur de vous montrer le 26 avril dernier, et qui en m’apprenant que mes propositions relatives à l’établissement des frères avaient été acceptées par M. le Ministre de l’Instruction publique, j’étais fondé à croire que cette affaire allait être enfin expédiée. Quelques jours après, M. le maire de Villemur, ayant reçu de M. l’inspecteur primaire de Toulouse une lettre qu’il me communiqua le 29 avril et qui lui demandait des renseignements, selon moi superflus, je craignais que quelques chefs de bureau de Paris ne voulut encore  entraver une œuvre qui ne lui convenait point. Quoiqu’il en soit, après la réponse de M. le maire de Villemur, l’Inspecteur Primaire se transporta à Villemur, il y a environ trois semaines ; et M. vint me voir. Il ne me fut pas difficile de lui prouver l’urgence de l’établissement que je sollicitais conjointement avec la commune de Villemur. Ce dernier connaissait l’état de souffrance où se trouve l’Instruction primaire dans ma paroisse (ce dont il put aisément se convaincre par l’inspection qu’il fit des écoles) me dit que ma demande était juste et très avantageuse à la commune, que de son côté il n’y mettrait point d’obstacle.

Il ne reste aucun doute que la lettre que j’écrivis par votre Conseil le 27 avril à M. de Falloux et que vous eûtes la bonté d’envoyer et de recommander vous-même à MM Pinel et Berthier, n’ait été envoyée à M. le recteur de l’Académie de Toulouse ,pour que celui-ci eut à donner son avis et peut-être pour enrayer l’affaire.

Dans ces appréhensions, j’eus à nouveau recours à M. Espinasse et je lui écrivis le 5 mai pour le prévenir de cet incident, et pour qu’il voulut bien encore user de son influence auprès de M. le Ministre de l’Instruction Publique et lever au besoin, les nouvelles difficultés que pourraient susciter les divers bureaux sur l’avis demandé à M. le Recteur et transmis par lui. Je n’ai point encore reçu de réponse de M. Espinasse.

Je viens donc encore réclamer vos conseils et votre assistance. Dois-je croire à M. de Falloux. Alors, vous voudriez bien appuyer mes instances auprès de lui ou par vous-même ou par d’autres moyens à votre disposition.

 

22 janvier 1851

Lettre Fieuzet à  M. le Prévôt

J’apprends indirectement que nos chers frères des Ecoles chrétiennes de Villemur au nombre de trois se proposent de demander  son Eminence l’autorisation de conserver la réserve eucharistique dans la petite chapelle de leur maison, ce qui nécessiterait souvent la célébration de la Sainte Messe…

 

 

 

4 / les Pères Salésiens

Ecole libre

L’école Saint-Pierre occupe la maison Marchet, destinée à des oeuvres. Ecole qui disparaît en 1951. Ecole qui fut dirigée par le père Arribat dans les années de la guerre.

 

voir père Arribat

 

 

 

 

 

CONGRÉGATIONS FÉMININES 

 

 

 

 

 

1 / Religieuses dominicaines

 

Couvent de 12 religieuses de l'ordre de St Dominique, fondé par le Vicomte de Villemur en 1551, procès-verbal de visite du 10 août 1551.au 10 octobre 1551, de frère François Poinsson vicaire général du diocèse de Montauban, étant évêque de Montauban Jean de Lettes (informations communiquées par M. Pierre Villa).

 

Connu par un acte de Me Pendaries du 8 août 1601

Religieuses du couvent se St Dominique, qui avait été détruit vraisemblablement pendant les guerres civiles.

Un groupe de catholiques requit, en ladite année, le supérieur de l’ordre en la province de Toulouse de faire rentrer l’abbesse et tel nombre de religieuses que le comportait le revenu de la fondation. Le père provincial déclara être disposé à faire droit à cette réquisition dés qu’on aurait réédifié le couvent ou tout au moins une chapelle, si étant était que le revenu de la fondation y put suffire. Cette restauration ne parait pas avoir été réalisée. Il s’agissait , probablement d’un couvent de repenties qui d’après Catel (Mémoires de Languedoc p. 198)avait été fondé dans la première moitié du XVI° par le sieur d’Esparraos, frère du seigneur de Lautrec, i.e. par André de Foix, sgr de Lesparre et  vicomte de Villemur.p 45

 

le Monastère de Castelsarrasin est appelé à être réformé (trop relâché) par 3 moniales de Ste Catherine à Toulouse partie le 26 octobre 1633 Ce monastère de Castelsarrasin était issu de Prouille

 

Or vers 1447 la reine de France Marie d'Anjou femme de Charles VII, vendit le comté de Villemur qui faisait partie de son apanage, à André de Foix, qu'elle chargea de fonder à Villemur un monastère de religieuses dominicaines sous le vocable de Notre-Dame, et lui ordonnait en outre de donner pour cet établissement la somme de 24. 000 livres. On ignore tout de cette maison pendant le premier siècle de son existence. On sait seulement que les abus s'y glissèrent assez rapidement. En 1550 Madame Madeleine de Bourbon, prieure royale de Prouille fut sollicité d'y remédier et elle y envoya les sœurs  Anne d'Arignac, alors sous-prieure de Prouille, Bernarde de l'Isle et Catherine de Ros. Ces trois religieuses moururent en odeur de sainteté au monastère de Villemur, après y avoir rétabli l'observance et la régularité. Après les guerres de religion, les dominicaines connurent les pires vicissitudes. Les habitants de Villemur ayant embrassé la calvinisme, détruisirent le monastère et employèrent les matériaux à construire des fortifications pour résister au Roi. Les sœurs  se dispersèrent d'abord dans leurs familles, puis se réunirent au monastère Saint-Pantaléon Toulouse, les hérétiques s'étant refusés à rebâtir leur monastère malgré les arrêts du Parlement qui le leur enjoignaient. Un moment arriva, où ne pouvant plus payer leur pension à Saint-Pantaléon, elles revinrent chez leurs parents Dés que les troubles religieux s'apaisèrent un peu, le Père Louis Capel, Provincial des dominicains, conçut le dessein de rétablir le monastère de Villemur qui avait des revenus assurés ? Il prit une moniale de Prouille la mère de Loupe, et la plaça à la tête de la communauté dispersée. Cependant les calvinistes refusaient de rendre les biens du monastère dont ils s'étaient emparés, et ce fut alors en 1587, que du consentement du provincial, les dominicaines se retirèrent Castelsarrasin avec leur nouvelle prieure (des cabales se sont d'ailleurs formées contre l'établissement des religieuses venues de Villemur

 

Sœur  Diane du Christ Un foyer de spiritualité dominicaine au XVII° Le monastère Ste Catherine de Sienne à Toulouse (Marie-Thérèse Porte) , Privat, 1976

 

 

2 / Religieuse de la Providence p 151[7]

deux religieuses de cette congrégations dirigèrent en 1703 l’école des filles (A.Sevène)

 

3 / Filles de la croix de Saint André

En mai 1850 Fieuzet fait la proposition  à la municipalité d’établir un hôpital et une école primaire pour les filles. Il souhaite confier la double direction aux sœurs de la Croix de Saint André. On lui objecte : pourquoi pas  les sœurs de St Vincent de Paul. Il dit que ce n’est pas sans réflexion et sans puissants motifs

Elles seront donc chargées à Villemur de l’Hospice et de l’Ecole. Le curé Fieuzet  a voulu obstinément confier à une unique congrégation les deux établissements malgré des souhaits autres.

Elles quittent Villemur le 17 février 1860. Le curé Fieuzet n’est plus cette année-là, courant mars,  le curé de Villemur, sa démission ayant été acceptée.

 

Lettre du 23 octobre 1850

Lettre de M. Fieuzet au conseil municipal – Messieurs

Lorsque dans la session du mois de mai (12 mai) , j’ai fait au Conseil Municipal de Villemur, la proposition d’établir un hôpital et une école primaire pour les filles, ce n’est pas sans réflexion et sans de puissants motifs que j’ai voulu faire confier la double direction aux sœurs de la Croix de Saint-André.

Si j’avais choisi les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, qui eussent sous bien des rapports déterminé ma préférence, je vous avoue que mon offre de concours n’eut point été sérieuse. Avant tout, je suis sincère et franc : je veux cette double institution parce qu’elle me paraît seule réalisable, telle que je vous l’ai présentée.

Depuis longtemps, mais surtout depuis le mois de mai dernier, je me suis occupé des moyens qui pourraient conduire à bon port cette importante affaire, et plus je compte, et plus que jamais je suis convaincu qu’elle n’est possible, dans l’espèce, qu’avec les sœurs de la Croix et nullement avec celles de Saint-Vincent-de-paul, qu’on ne pourrait appeler, vu l’exiguïté des ressources disponibles, même en supposant la rentrée du legs de Melle Boudot, dont l’acquis me paraît très problématique , et qui, tout au plus ne serait exigible qu’après l’entier établissement de l’hôpital confié par le fait par s sœurs de Saint-Vincent (legs de Melle Boudot le 1er mars 1836).

 A la place de 1.000 fr très incertains, pour ne rien dire de plus, on donne en nature hic et nunc 10.000 qu’on ne comptera pas si on n’ appelle les sœurs de la Croix, par la raison qu’on ne sera jamais à même d’avoir les sœurs de Saint-Vincent

En supposant qu’on voulut appeler ces dernières, ce dont, je ne serai pas, bien certainement éloigné, si la chose mme paraissait possible, qui ferait les avances relativement énormes. Et tous les autres frais indispensables pour la fondation projetée ? La commune ne le peut, tout le monde en convient.

Pourrait-elle faire le traitement de 4 sœurs de St Saint-Vincent-de-Paul, et portant à 2000 fr acheter la maison, l’approprier et la meubler au double objet d’hôpital et d’école.

Je sais ce qu’il faudra pour un égal nombre de sœurs de la Croix quant au local et à l’ameublement et s’il faut juger de la différence par le traitement annuel que les une set les autres demandent, la pension viagère des Sœurs  de la Croix étant de 900 fr, tandis que celle des sœurs de Saint-Vincent est de 2.000 fr, il s’ensuivra que la maison et les accessoires pour ces dernières se porteraient au double, c’est à dire que si la maison pour les sœurs de la Croix avec l’appropriation et les premiers frais d’établissement coûtait de 16 à 18.000 fr, il faudrait pour les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul de 32 à 36 mille francs.

Mais, dit-on les sœurs de la Croix feront-elles ce que font les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul ? Dispensez-moi de répondre à cette question. Il me faudrait établir des comparaisons, des personnalités qu’il me répugne de faire. Ce que je sais et que je puis bien dire, c’est que depuis vingt ans qu’elle sont établies dans notre département et dans plus de 30 communes, elle justifient pleinement et au-delà les espérances qu’on avait conçu d’elles. Incontestablement cet institut a été suscité de Dieu pour remplir un vide laissé par l’œuvre de  Saint-Vincent-de-Paul ; la Providence qui pourvoit à tous les besoins a réservé les grands établissements aux filles de ce grand saint. Sachons nous contenter de celles qui, au besoin, savent les suppléer et les remplacer dignement.

En appelant les Sœurs de la Croix, la commune de Villemur n’aura pas à s’imposer, bien loin de là, la retraite des institutrices actuelles qui n’attendent que l’arriver des sœurs pôur leur céder leur place, la mettra à même de disposer à son profit des 30 fr qu’elle leur alloue annuellement.

Que l’on veuille bien se donner la peine de réfléchir aux grands avantages qui résultent évidemment de la combinaison que j’ai déjà proposée . La commune ne tardera pas longtemps à en jouir. D’un côté facilité d’exécution, de l’autre, obstacles insurmontable.

Au demeurant, l’établissement une fois fondé par les moyens que je propose : qui empêche d’appeler ensuite les sœurs de   Saint-Vincent-de-Paul, pour utiliser le legs fait par Melle Boudot en faveur de cette corporation religieuse. Qu’on assigne un autre expédient ; si on le trouve, je ne demande pas mieux.

J’ai l’honneur…

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4 novembre 1850

Lettre Fieuzet à M. le Prévot

Depuis près d’un an que vous nous faites l’honneur de venir installer les frères, je me suis activement occupé de procurer à Villemur un établissement qui doit avoir un double but.

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4 novembre 1850

Lettre Fieuzet à M. le Prévôt

Depuis près d’un an que vous nous faites l’honneur de venir installer les frères, je me suis activement occupé de procurer à Villemur un établissement qui doit avoir un double but.

Je suis allé plusieurs fois à l’archevêché pour vous communiquer ce projet, je n’ai jamais été assez heureux pour vous y rencontrer ; à la session du mois de mai, je fis une proposition très avantageuse pour la commune. Le conseil municipal parut s’en occuper et nomma une commission de cinq membres. Quoique mes offres de concours en valussent bien la peine, cette commission, qui au fond n’était pas mal composée n’a rien ou presque rien fait jusqu’à présent. Voyant arriver la session, j’ai repris, comme d’usage l’initiative.

Pour faire ouvrir les yeux à nos indifférents, je me suis décidé à envoyer individuellement à tous les conseillers la lettre lithographiée, dont je vous prie de lire le contenu. Vous jugerez, si j’ai suffisamment combattu l’idée fixe et fausse qu’ils ont toujours eu de forcer Melle Boudot d’acquitter le legs de sa tante. Pour moi, comme pour bien des personne., cette façon de procéder équivaut tout au plus à une fin de non-recevoir. Je crois interpréter très favorablement leurs intentions en prédisant rien de plus. Le diable joue partout un grand rôle. Tous les membres du conseil _ il est vrai – ne sont pas aussi mal disposés ; mais il est à craindre qu’au moment du vote, ils se laissent égarer par l’exemple de quelques uns.

Hier dimanche, je fis parvenir à M. le maire – pour être lue séance tenante – la lettre dont je vais vous donner copie ci-après. J’avais lieu à m’attendre à une détermination plus expresse, mais il paraît qu’on veut bien la même voie. La 1ère commission a été saisie de nouveau de l’affaire et s’est ajournée vendredi prochain pour faire son rapport.

Fixé comme vous le serez après la lecture des 2 lettres, que j’ai l’honneur de vous communiquer, vous jugerez dans votre sagesse, si dans l’intérêt de l’œuvre

Il n’y aurait pas lieu d’intervenir par  votre recommandation ou par celle de Mgr le coadjuteur auprès de M. le Maire qui me paraît bien disposé et de son conseil qui ne le paraît pas autant. Je pense que cette haute intervention pourrait influer favorablement sur la détermination ultérieure du conseil municipal.

Je copie pour plus ample information, la lettre qui fut lue hier par M. le maire au conseil municipal

 

Messieurs,

Je n’ai point perdu de vue la proposition que j’eus l’honneur de faire le 12 mai dernier relativement à l’établissement 1° d’un hôpital, 2° d’une école primaire pour les filles. L’accueil bienveillant que vous lui fîtes en nommant une commission spéciale ad hoc m’a prouvé de nouveau combien le dévouement qui vous anime pour le bien des pauvres était prudent et éclairé. Je suis toujours disposé à maintenir mon offre de concours, aux mêmes conditions, pour cette œuvre excellente, dont la réalisation se montre bien moins difficile que celle que vous avez si glorieusement fondée.

Si vous vous  décidez de les accepter telles que je vous l’écrivis à cette époque, vous jugerez, s’il est à propos d’autoriser la susdite commission à l’effet de s’entendre avec moi pour prendre les mesures qui doivent conduire à bon port cette affaire majeure.

Les bases proposées et sur lesquelles le conseil est invité à délibérer sont celles-ci : de la part de commune , 1° traitement de 900 fr pour 4 sœurs de la croix st André servi sur les intérêts et sommes léguées par Melle de Vaquié , par M. Batut, sommes suffisantes pour atteindre ce chiffre , 2° abandon en faveur de l’œuvre du produit de la terre appartenant à un ancien hôpital, dernièrement vendue 6.400 fr.

Moyennant cette double allocation, je m’engage d’acheter au nom et pour la commune de Villemur une maison convenable, appropriée et prête à servir d’hôpital et d’école. Je propose de faire de faire en une heure ce qu’on ne fera pas peut-être en 200 ans .

Le résultat de cette missive n’ a produit que la réunion pour vendredi prochain, de la commission nommée au mois  de mai dernier. Dimanche prochain, donc, jour de clôture de la session actuelle, le conseil municipal devra se prononcer définitivement sur cette affaire.

Permettez-moi de la recommander à vos prières et …

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1er décembre 1859 au sujet de l’Hospice St Jacques

 Lettre du maire de Villemur [M.Brusson] à Mgr

J’ai l’honneur de vous exposer que par la lettre du 30 septembre dernier, M. le Préfet de la Hte-Gne m’informe  qu’avant de statuer sur la demande de la commission administrative de l’hospice de Villemur, tendant à la substitution des sœurs de St Vincent de Paul aux sœurs de la croix pour desservir cet établissement, il a besoin de savoir si des difficultés seraient opposées que la congrégation des sœurs  de saint Vincent de Paul à la réalisation du projet de la commission administrative.

Ce magistrat me prie de me mettre en rapport avec Madame la Supérieure Générale à l’effet d’être fixé sur le conditions auxquelles un traité pourrait être passé.

 

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Mairie de Villemur 19 février 1860 M. le maire à Mgr l’archevêque à Toulouse

J’ai reçu le 7 décembre dernier votre lettre répondant à une dépêche du 1er décembre même mois par laquelle vous me faites connaître qu’il n’appartient pas à votre Grandeur de prendre l’initiative pour le changement des sœurs de la Croix par les sœurs de St Vincent de Paul, alors surtout que les sœurs de La Croix occupent l’établissement.

Depuis cette époque les choses ont bien changé puisque les sœurs de la Croix ne sont plus dans l’établissement ; elle sont parties de Villemur le 17 février courant.

La commission a jugé opportun d’aviser aux moyens à employer pour hâter le moment où notre hospice pourra être desservi par les sœurs de Saint Vincent de Paul, car la commission est désireuse [… ??] de faire le plus de bien possible. Pour arriver à ce but, elle ne doit pas négliger de profiter des avantages immenses qu’offre l’arrivée à Villemur des sœurs de St Vincent de Paul, puisqu’il permettra à l’hospice de profiter des libéralités importantes déjà acquises, mais non faites sous la condition express que cet établissement sera desservi par ces sœurs.

Maintenant, Mgr nous n’avons plus à nous occuper d’une substitution, puisque les sœurs de la Croix ont quitte l’établissement. Nous demandons de votre bienveillance votre agrément pour les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul à l’hospice de notre ville.

Vous rendrez un service immense, Mgr, à la classe indigente et malade de Villemur, à la commission administrative de l’hospice, ainsi qu’à la population de notre ville. Celle-ci attend avec une vive impatience l’arrivée prochaine de ces sœurs. Celles-ci ne prennent jamais d’engagements et d’arrangements à cet égard, sans que l’évêque du diocèse ne leur ait manifesté ses désirs pour desservir un établissement.

Dans la confiance que vous accueillerez favorablement la présente demande, Veuillez… Brusson aîné

 

Mairie de Villemur  19 février 1860

 

 

 

4 / Filles de la charité (sœurs de Saint-Vincent de Paul)

Elles prendront la relève des sœurs de Saint-André.

Elles seront à l’hospice Saint-Jacques (rue de l’hospice) puis à la maison de retraite Saint-Jacques lorsque celui-ci  sera transféré dans la maison Marchet, léguée par Mme Marchet. Elles y resteront jusqu'au 13 décembre 1980.

 

5 / Sœurs de la Sainte Famille d’Amiens

Venues à Villemur après la guerre (telle religieuse s’y était réfugiée pendant la guerre), elles assurent l’école libre des filles place Jean Jaurès.

 

 

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Ailleurs, dans les paroisses foraines :

  • à Bondigoux : les sœurs de la Sainte Famille . Velles-ci viennent du Plan ; elles arrivent à Bondigoux le 7 novembrte 1755. Ecole de 1858 à 1905 ; école congréganiste, mixte jusqu’en 1878 - sources : Jeannette Lagarde
  • à Mirepoix les sœurs de la Croix de Saint-André
  • à Villematier : les sœurs de la Croix de Saint-André, une des 24 écoles ouvertes par elles dans le diocèse de Toulouse entre 1836 et 1846.
  • à Magnanac : le couvent : les sœurs de la Croix de Saint- André.

« Henri Emmanuel de Vacquié époux d Eléonore d’Aubuisson n’eut qu’un fils mort à l’âge de 8 ans. Sans descendance directe, il avait légué sa maison de Toulouse à l’église de la Daurade et une autre qui existe toujours à la sortie de l’église de Magnanac sur la route de la Garrigue. On l’appelle le couvent, car elle a été légué aux sœur de la croix chargées d’éduquer les jeunes filles. Un don de 1200 fr or est fait à l’hospice de Villemur afin de créer 12 lits.

Henri Emmanuel de Vacquié fut consul pendant la restauration. » Marcel Peyre

 



[1] Gaston Tournier reprend ces données dans don article de 1836 sur les protestants à Villemur.

[2] Délibération des 12 mars  et 3 septembre 1690, 24 mars 1726, 21 et 29 mars 1728, 2 octobre 1729

Délibération des 29 mai et 21 juin 1767, 2 mai 1791 – livre des reconnaissance seigneuriales de 1779.Archives du Parlement R 44 fol 157 v°

[3]  Et ainsi d’obtenir un ministère dans l’Eglise constitutionnelle, voir Jean-Claude Meyer

La vie religieuse en Haute Garonne sous la révolution 1789-1801, page 584

[4] Les biens de l’église de Villemur sont estimés à 16.000 livres environ, ceux de la famille Vacquié à  250.000 livres environ. Cf Henri Martin

[5] Archives du parlement R 17 F° 105 v°

Délibération du 16 septembre 1663 et du 7 juillet 1697 ; dans cette dernière, qui a pour objet la demande d’autorisation, il est dit qu’il n’y a aucune maison religieuse à Villemur, ni à trois lieus à la ronde.

[6] Ici aussi les enjeux économiques conduisent à hésiter entre les maristes et les frères des Ecoles chrétiennes

contrat plus onéreux). Cf lettre du 2 juin 1846 de Fieuzet à M. le Prévôt.

[7] Délibération des 9 février 1687, 7 juillet 1697, 28 septembre 1698, 13 mars 1701,17 juin, 9 septembre et 11 novembre 1703,6 octobre 1771

 


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