Chroniques paroissiales   



 

 

 

Souvenirs paroissiaux

 

 

Chronique des curés[1] du Born

André Doumerc et Jean-Marie Rouquié

 

 Plusieurs documents de la paroisse du Born nous donnent une description assez précise de la vie paroissiale au cours du XIX°. Ces récits pourront paraître étranges, par les centres d’intérêts, l’objet  des désaccords et les querelles. Il  faut connaître ce qu’il en était alors, tant du point de vue des fonctionnements des instances juridiques : le conseil de fabrique, la municipalité [nous sommes en période concordataire, la relation à l’Evêque, au Préfet] que du déroulement de la vie paroissiale ou cultuelle dont  les plus anciens retrouveront  dans ces descriptions quelque écho d’une période encore connue d'eux par ouïe-dire ou par quelques survivances au temps de leur enfance, entre les 2 guerres ou juste après.

 

André Doumerc

 

André Doumerc  ex chapelain de Galembrun

Une lettre du vicaire général du 10 juin 1887 le nomme curé du Born

Ainsi formulée : M. le curé, j’ai l’honneur de vous informer que Mgr l’archevêque vient de vous nommer curé de la paroisse du Born u doyenné de Villemur. Allez en esprit d’obéissance au poste où la volonté de Dieu vous appelle. Vous ne tarderez pas à voir se vérifier en vous la parole des saintes Ecritures vir obediens eloquetur victoriam[2]. Recevez, M. le curé etc…

 

Telle fut la lettre que le samedi 11 juin reçoit M. l’abbé Doumerc, curé de Galembrun au doyenné de Grenade. ? Il s’empresse de partir le lundi suivant pour son nouveau poste et s’installe officiellement à l’église le dimanche suivant octave de la fête-Dieu en présence d’une affluence considérable de fidèles du Born, des villages voisins

Quelques jours après son arrivée, le nouveau curé du Born visita ses nouveaux paroissiens en détail, quartier par quartier et s’assura ainsi de l’état de ses ouailles tant au point de vue temporel qu’au point de vue spirituel. Il ne tarda pas à porter certaines réformes reconnues nécessaires dans l’administration de son église, notamment pour la distribution du pain bénit et les places assignées aux dignitaires – la liste des personnes désirant offrir le pain bénit les dimanches et fêtes fût dressée avec soin et confiées à Jean-Pierre Garrigou ?? et à Jean Laval. Antoine Prouha, gendre Fauré, du quartier de La Peyre fut nommé suppléant et Etienne Pendaries des oliviers, ?? suisse de l’église.

 

Les anciennes et nouvelles chanteuses prirent place d’abord dans la chapelle de la Ste Vierge, et plus tard pour la commodité des chantres, auprès de la chapelle Ste Foy. Quelques mois plus tard M. le curé Doumerc recevait la visite de M. le Maire, M. l’adjoint, les sieurs Jean Pendaries et Jules Chaubard, président de la fabrique accompagnés de certains propriétaires, notables de l’endroit, pour lui faire une demande concernant l’inhumation des personnes décédées et dont voici la teneur [ci-contre, NDLR page suivante].

 

[en marge 6 décembre 1887] Mr le curé, Les soussignés, membres du conseil municipal, et fabriciens de l’église du Born, agissant en leur nom personnel et croyant être les interprètes des habitants de la commune ont l’honneur de solliciter de votre bienveillance, une demande à laquelle votre bonté acquiescera certainement, nous en avons la ferme confiance, M. le curé. On désirerait en général, que lors d’un décès d’une personne, s’il vous est possible et si l’intérêt de votre santé le permet, vous alliez chercher le cadavre à la maison mortuaire pour l’accompagner jusqu’à l’église, et cela sur toute l’étendue de la commune et dans tous les hameaux qui composent votre paroisse, i.e . à Labéjeau, à Camparnels, et les quartiers de la Peyre et la Corne. Dans l’espoir que notre demande sera favorablement accueillie, recevez avec nos remerciements anticipés l’assurance de la sympathie et du dévouement de ceux qui osent se dire avec respect, M. le curé, vos paroissiens reconnaissants – étant signé : Jean Pendaries maire,  Chaubard Jules adjoint et  président de la fabrique,  Antoine Prouha suppléant, Antoine Péfourque trésorier, Antoine Malbert fabricien, le sieur Benoît Gontaud et Jean Bonneville fabricien de l’église, ne sachant signer, approuvant la dite demande.

Suivent les signatures (citées).

Le dimanche suivant le porteur de la supplique , M. le curé en donna lecture aux paroissiens en chaire en peu près en ces termes : «  Mes bien chers frères, c’est toujours avec plaisir que je reçois la visite des paroissiens et la porte du presbytère s’ouvre toujours aux habitants du Born désirant communiquer avec leur pasteur. Voici donc, mes frères, ce dont il s’agit (suit la lecture de la lettre). Je suis heureux de vous faire plaisir et d’aller chercher les morts à domicile, tout en vous faisant observer que je ne m’engage en rien pour mes successeurs qui restent libres d’agir selon leur vue. Les limites tracées par mes prédécesseurs les abbés Deydé, Gissot et Reynes de sainte mémoire, demeurent les mêmes et les conditions seront les suivantes

1° à Labéjeau, le coût sera de 10 fr

2° à Camparnals, la Corne et la Peyre, 10 fr

3° dans le village 5 fr

Telles sont les conventions faites avec les autorités locales , M. les fabriciens de l’église, et les membres du conseil municipal.

 

Avril 1888 peintures murales du sanctuaire et de la voûte

Quelques jours après son arrivée dans la paroisse, n’ayant aucun renseignement précis, M. l’abbé Doumerc alla visiter son prédécesseur, M. l’abbé Reynes nommé à Péchabou dans le canton de Castanet. Ce dernier n’ayant donné que des renseignements très vagues, M. Doumerc conçut aussitôt le projet de poursuivre sa pérégrination jusqu’au doyenné chez M. l’abbé Guissot ex-curé du Born avant M. Reynes. M. Doumerc repassa encore à Péchabou où l’attendait pour renter M. Lepifle, curé de Varennes, ami de M. Reynes, son sympathique voisin.[…].

Une quête fut faite à domicile dans la paroisse, et aussitôt après commencèrent les travaux d’aménagement pour les peintures murales. Suit la liste des souscripteurs – 98 noms.

Le travail fut exécuté par un ancien séminariste de Sayrac Paul Colombe  [suit le contrat et ses conditions de la réfection de la chapelle Ste Foy pour 150 fr du 22 avril 1894]

Le dimanche 9 septembre M. l’abbé Doumerc fit la bénédiction des peintures de la chapelle illuminée, commentant ces paroles à sers paroissiens Domine dilexi decorem domus tua – j’ai aimé, Seigneur, la décoration de votre temple.

 

Curieuse demande à M. le curé – Le Born 19 février 1893

« M. le curé, Un grand nombre d’habitants de la commune du Born désireraient que l’heure de la messe première fut avancée à partir de la fête de Pâques. Le conseil municipal s’associe à ce desideratum et à l’honneur de vous proposer les heures suivantes : » de la fête de Pâques à la Toussaint ½ heure après le lever du soleil. Le conseil municipal serait heureux de connaître votre réponse avant de lever la séance Veuillez agréer, M. le curé, etc… » , pour le maire, Olivet, président.

N.B : lecture faite de la lettre en rentrant de visiter Alexandrine Estabes : M. le curé a répondu au champêtre Peries  garde envoyé par Olivet : dites à MM. Qu’ils viennent me parler et nous tacherons de nous entendre (sic) » .

 

26 mars 1893, M. le curé

J’ai l’honneur de vous faire connaître, qu’à la suite de la réponse que vous lui avez donnée, le conseil municipal a pris une délibération par laquelle la première messe cessera d’être payée à partir du 1er avril prochain. Veuillez agréer, monsieur le curé etc… Olivet, président.

Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de la commune du Born

L’an 1893 et le 26 mars à 8 h ½ du matin [mardi saint], le conseil municipal de la commune du Born, assemblé au lieu ordinaire de ses séances, pour la tenue de la session extraordinaire du mois de mars sous la présidence de M. Oliver, adjoint, étaient présents : M. Olivet François, Fauré Raymond, Prouha Ambrois, Prouha Blaise, Mouyssac Joseph, Péfourque Jean, Quercy Honorat.

Etaient absents M. Chaubard Jules maire, Chaubard Paulin, Fauré Jean. La séance fut ouverte. M. le Président informe le conseil qu’un grand nombre d’habitants de la commune désireraient que la 1ère messe fut célébrée le dimanche ½ heure après le lever du soleil pendant la période d’été qui s’étendrait du 1er mars au 1er novembre. Le conseil s’associe à ce desideratum et décide qu’il y a lieu de consulter le desservant à ce sujet. La réponse de ce dernier n’ayant été ni satisfaisante, ni polie, le conseil délibère à la majorité des membres présents que la 1ère messe cessera d’être payée à partir du dimanche 2 avril prochain. etc…[et signatures].

[NDLR - Ceci va constituer toute une affaire. nous en omettons les développements].

 

MONUMENTS FUNÉRAIRES AU CIMETIÈRE

Le Born 26 novembre 1893

M. le Préfet

Nous soussignés, membres du conseil de fabrique de l’église du Born, avons l’honneur de vous informer, qu’à la suite de la délibération prise par le conseil municipal en date du 21 novembre, tout en approuvant le plan et le devis concernant le terrain affecté aux constructions  funéraires, protestons contre ladite délibération pouvant occasionner dans la suite des inconvénients regrettables si l’entier de la délibération était approuvé. Nous appelons votre attention sur les points suivants :

1° que si l’on construit depuis l’angle sud jusqu’à l’angle ouest du cimetière, les caveaux de ce dernier angle  vont masquer la lumière à la seule ouverture très exiguë de la sacristie

2° que de l’ange est jusqu’au second enfoncement de l’église, il y a un terrain affecté aux enfants non-baptisés ou aux personnes d’un autre culte

3° qu’en creusant pour les caveaux sur lesdits terrains , on n’ébranle les contreforts ou les murs de l’église

4° que ne pouvant construire seulement le long des murs, les caveaux ne soient une gêne réelle et grand embarras pour les réparations à faire soit à la toiture, soit aux murs de l’église. Après un sérieux examen du plan, nous estimons comme fabriciens, surveillants la construction de l’édifice (en vertu de l’art 76 de la loi du 18 germinal an X, décret du 30 novembre 1809 art 1) qu’il y a suffisamment du terrain pour les tumulus de l’angle sud jusqu’au petit angle nord-est. Espréant que nos humbles observations et desiderata seront pris en considération, nous osons M le Préfet vous présenter nos respectueux hommages etc…

V Gerla Président, Doumerc curé, Malbert trésorier, Péfourque secrétaire

 

1894 –

La réunion de la fabrique pour la session légale du 1er dimanche d’octobre tombant en 1884, le jour même de la fête patronale Ste Foy fixé au 7, M. l’abbé Doumerc écrivit à l’archevêché pour demander l’autorisation de réunir la fabrique hors session. L’autorisation voulue fut accordée aussitôt par M. l’abbé Andrieu V.G. à l’effet de réunir la fabrique pour s’occuper des affaires qu’on n’avait pas pu trouver à la session légale, en raison de la coïncidence de la fête patronale 7 octobre 1er dimanche assigné pour les réunions de fabrique d’église.

 

26 octobre 1894 Le Born 26 octobre 1894, M. le Vicaire Général

La réunion de la fabrique du 1er dimanche d’octobre n’ayant pu avoir lieu en raison de la fête patronale Ste Foi, les fabriciens de l’église me prient de solliciter l’autorisation voulue pour le dimanche 28 octobre à l’effet de régler certaines affaires d’intérêt et de pourvoir au remplacement du secrétaire fabricien Jean Péfourque, fils de l’aîné, qui affecte depuis plus d’un an de ne jamais assister aux réunions de la fabrique convoque toujours légalement par le président.

Comptant sur votre bienveillance habituelle et empressement a répondu aux désirs des braves fabriciens du Born, désirant agir à ses sages conseils, je vous prie de vouloir bien agréer avec les remerciements anticipés des dits fabriciens les remerciements ….

 

Querelles

 Péfourque  finit par donner sa démission oralement, mais on ne peut obtenir de démission écrite - Jean Tournier qui avait accepté d’être nommé fabriciern démissionne

Garrigou promet officieusement d’accepter avec plaisir de remplir ses nouvelles fonctions de fabricien … »je dis nouvelles fonctions, car déjà le dit Jean Pierre Garrigou a mérité la confiance des marguilliers, qui l’ont prié de distribuer le pain bénit dans l’église, fonction dont il s’acquitte depuis 5 ans environ avec une exactitude et propreté dignes d’éloges. Espérons que cette fois nous aurons réussi dans le choix du nouvel élu et que les tripotiers J. Péfourque et J. Tournier du populo barbaro du Born seront réduits au silence et à la confusion. dans leurs calculs diaboliques envers le ministre de J.C.Je profite de cette occasion pour vous renouveler etc …

 

10 novembre 1894 : nous autorisons le conseil de fabrique à se réunir extraordinairement aux fins ci-dessus indiquées – Andrieu VG

 

Lire la délibération dans le grand livre à cet effet où le nouveau fabricien nommé accepte avec plaisir et reconnaissance l’honneur qu’on lui fait et promet de s’acquitter avec fidélité de ses nouvelles fonctions

 

M. l’abbé Doumerc a proclamé en chaire le dimanche 10 novembre la nomination du nouvel élu Jean Pierre Garrigou remplaçant Jean Péfourque fils de l’ aîné démissionnaire en raison de l’heure tardive de la 1ère messe que M. le curé devait dire […] au lever du soleil..

 

Nomination des marguillières

Pour venir en aide à Mlle Delpert Marion dit Couti, marguillère unique nommée par M. l’abbé Gissot, curé du Born en 1872, aujourd’hui curé-doyen de Castanet, M. l’abbé Doumerc crut bon de lui venir en aide en lui adjoignant d’autres filles nommées parmi celles qui lui paraissaient les plus méritantes et qui hélas plus tard démissionnèrent parce Qu4il voulut les inscrire parmi les associées du T. St Rosaire. Eulalie Pendaries et Raymonde Mouyssac, fille du nénet abandonnèrent leur poste d’honneur ; d’autres leur succédèrent sans doute bientôt et abandonnèrent aussi leurs fonctions, car elles furent nommées à la condition de balayer l’église, ce qu’elles refusèrent la coinfirme de faire en raison de leur toilette : ce furent Mlles Eugénie Merle, Noëmie Prouha et Germaine Prouha dit Signol  et Anne Lagarrigue. Une seule resta toujours fidèle à son poste,  chantant et balayant régulièrement à son tour, Mlle Marie Malbert (dit Sardi). Pour l’encourager davantage, M. l’abbé Doumerc lui confie pour les former en cette qualité Mlle Julie Figeac, Marie Tourret et Marie Brousse qui méritèrent ainsi de la part des fabriciens de l’église de s’asseoir gratuitement pendants les saints offices

 

Le 16 mars 1895, A Bernadot, vicaire capitulaire autorise la session extraordinaire du conseil  fabrique pour le 17

Une personne de la paroisse offre 300 fr pour être employée à l’embellissement de la chapelle de la Ste Vierge. Le conseil accepte et vote des remerciements à la personne charitable …

 

26 mai 1895 – clôture des exercices du mois de Marie

inauguration des peintures murales de la chapelle de la Ste Vierge

les enfants de chœur nous charmèrent par un cantique entièrement sur l’ascension de JC au ciel, habilement dirigé par leur maître d’école, M. Ernest Méric, frère de Mgr Méric, prélat romain. Par une délicate attention de M. Paul Colombe, le décorateur, les noms des fabriciens de l’église, de M. le curé et du magistrat furent imprimés sur le mur de l’arceau afin de perpétuer la mémoire de ceux qui avaient prêté leur religieux et dévoué concours à l’embellissement de ladite chapelle.

 

30 juin 1895 inauguration des statues de St Antoine de Padoue et de Ste Philomène.

Dimanche 30 juin 1895 le Born s’embellissait de 2 nouveaux protecteurs, St Antoine de Padoue et Ste Philomène données par une personne charitable. Après le chant du benedicamus domino M. l’abbé Denis Favarel montra aux Bornaix comment St Antoine avait été favorisé par l’Enfant Jésus et comment à son exemple nous pourrions mériter les faveurs célestes Il présente ensuite à l’admiration et imitation de tous, les vertus héroïques de Ste Philomène persécutée et martyrisée par l’empereur Dioclétien qui voulait faire perdre la couronne de virginité à l’aimable et belle enfant, aimant mieux mourir pour l’amour de Jésus que de perdre sa belle couronne de chasteté. L’orateur donne quelques conseils pratiques à l’auditoire ravi de l’entendre et félicite en terminant les bons habitants du Born de montrer tant de zèle et d’empressement pour orner la maison de J-C.

 

Première communion  - 25 septembre 1895

Au nombre de 10 les premiers communiants du 25 septembre 1895 se rendirent au presbytère pour se diriger à l’église    paroissiale accompagnés de leurs parents et amis au chant des cantiques. Arrivés au fonts baptismaux, l’un dira ou plutôt tous ensemble récitèrent l’acte de renouvellement des vœux du baptême et gagnèrent leur place en chantant le cantique « je suis chrétien ». Au moment suprême de la communion, l’abbé Causset vicaire de Villemur leur adressa une touchante et pieuse exhortation pour les disposer à recevoir Jésus-Christ. Le soir à Vêpres, il adressa encore un discours élevé aux chers enfants et à leurs parents en leur indiquant les moyens de persévérer dans la grâce de Dieu. Les premiers communiants se distinguèrent de leurs devanciers en offrant  à la fabrique de l’église  pour perpétuer le souvenir de leurs plus beau jour de leur vie une statue de St François d’Assise, placée en face de la chaire et accueillie  avec reconnaissance par M. le curé et les fabriciens de l’église.

Tous les chants de la journée furent exécutés avec entrain et prévision par les premiers communiants eux-mêmes, ce qui édifia beaucoup les assistants et invités de Toulouse, ainsi que tous les habitants de la paroisse.

 

Jubilé national du 4 au 13 décembre 1896

A la date du 28 février de l’an de grâce 1896, en la fête de la sainte lance et des clous de NSJC MM les abbés Andrieu et Bernadet et J. Rouzaud, vicaire capitulaire de Toulouse (le siège vacant) adressèrent aux fidèles de l’archidiocèse toulousain une lettre circulaire pour la publication du jubilé national accordé par NSP le Pape Léon XIII à l’occasion du 14° centenaire du baptême de Clovis L’abbé Doumer, curé de la paroisse Ste Foi du Born saisit avec empressement cette bonne occasion pour procurer à ses paroissiens les bienfaits d’une petite mission pour affermir les justes dans le bien et pour ramener au bercail les brebis égarés.

Avec le concours charitable d’une personne pieuse de la paroisse,  on fut assez heureux pour pouvoir posséder un missionnaire pendant 10 jours du 4 au 13 décembre. Le TRP Valetx religieux dominicain de la maison de Marseille vint donc ouvrir les exercices le vendredi 4 décembre et fut assez éloquent pour opérer une véritable transformation en convertissant plusieurs personnes éloignées depuis longtemps de leurs devoirs religieux. Pendant les 10 jours de la période jubilaire l’église suffisait à peine à contenir les fidèles empressés de venir entendre la parole énergique et convaincue de l’intrépide missionnaire. Les paroissiens de Labéjeau se distinguèrent par leur assiduité à l’église et non contents de venir eux-mêmes, ils emmenaient encore plusieurs personnes des paroisses voisines qui tous ensemble priaient avec les villageois pour attirer sur eux, leurs familles et leurs champs la bénédiction du ciel. Le jour de la clôture, dimanche de la solennité de l’Immaculée Conception, fut un vrai triomphe pour JC et sa divine mère Immaculée. L’orateur commenta merveilleusement cette invocation lancée par les chanteuses inspirées, sans doute pour couronner et terminer leurs pieux cantiques  toujours exécutés avec cette précision et mélodie digne des chants des basiliques et des cathédrales : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».

Cette invocation si simple fit expliquée et commentée par le pieux prédicateur avec tant d’amour filial et de persuasion que l’auditoire électrisé entonna d’un accord parfait la strophe « Ave Maris Stella, O Marie montrez-vous notre mère, Monstra te esse matrem. La cérémonie se termina par la procession et les placements des tableaux de la  Ste Face de NSJC dans l’église afin de perpétuer le souvenir de ces pieux et trop courts exercices. Réfléchissant sur la  parole d’adieu du missionnaire aux habitants depositum custodis  gardez mes frères le dépôt qui vous a été confié, gardez toujours Jésus en vos cœurs, conservez la grâce de la mission, ne chassez pas Jésus par le péché, mais soyez fidèles jusqu’à la mort. M. le curé crut opportun de fixer l’attention des convertis et des égarés, et distribua comme souvenir de la mission , à tous les demeurants, un crucifix pour placer dans leurs maisons. La bénédiction solennelle et distribution eut lieu le soir de la fête de Noël au chant du cantique Nous voulons Dieu comme bouquet spirituel le bon pasteur proposa à ses ouailles la méditation de ces 3 invocations : » Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat ». Que Jésus Christ règne sur nos cœurs, Que Jésus Christ soit victorieux et chasse le démon de nos âmes ; que Jésus Christ soit vainqueur ; que Jésus Christ commande à nos intelligences pour le connaître, à nos cœurs pour l’aimer toujours et à notre bonne volonté pour le servir avec fidélité jusqu’à la mort. Oui mes frères persévérez dans la grâce de dieu, Gardez précieusement ce souvenir de l’amour de Dieu (NDLR le crucifix donné] qui s’est manifesté pendant ces 10 jours jubilaires ; que Jésus apporte dans nos foyers la pacification des esprits , l’union, la concorde et la paix. Ainsi-soit-il.                         

Le dimanche avant l’ouverture des exercices du jubilé (29 décembre 1896) M. l’abbé Doumerc, curé de Le Born, donna lecture du haut de la chaire la circulaire de MM. Les vicaires capitulaires P . Andrieu, A. Bernadet et P. Rouzaud annonçant au diocèse (le siège vacant) la faveur accordée par L éon XIII pape à la nation entière de la France, d’un jubilé national comme condition prescrite pour gagner l’indulgence du jubilé, on prescrivit une aumône pour une œuvre pie. M. l’abbé Doumerc, curé du Born, engage ses paroissiens à vouloir bien contribuer selon leur position de fortune à l’œuvre de la reconstruction de l’église Sainte Germaine de Pibrac, œuvre  recommandé par le bon et regretté cardinal Desprez de pieuse mémoire. L’appel de M. l’abbé Doumerc curé du Born fut entendu et chacun des habitants fut assez généreux pour donner une aumône en rapport de sa position de fortune, espérant ainsi gagner l’indulgence du jubilé dans sa plénitude et attirer sur sa famille l’intercession de la pieuse bergère de Pibrac 

Suite la liste des donateurs et les sommes reçues pour l’œuvre de la reconstruction de l’église Sainte Germaine :

Paroissiens : Abbé André Doumerc, Mme >Raymonde Cxhaubard, Mlle Eugénie Freux, Mme Marie Péfourque de Vernière, M. Jules Henri Chazubard du clerc, Mme Louise Laval boulangère, Mme Ve Elisabeth Prouha de la Peyre, M. Irénée Pendaries buraliste, Marie Jacques Péfourque, Mme Marie Tourret marguillère, M. Francis Victor Gerla Président du bureau de la fabrique, M. Ambroise Malbert, trésorier de la fabrique, M. Benoît Gontaud, M. Jean Bonneville fabricien, M. Jean Pierre Garrigou, M. Etienne Pendaries suisse de l’église, M. Jean Laval distribuant le pain béni, Mme Marie Malbert  sonneur, Mme Julie Figeac Marguillère,  M. Achille Péfourque, M. basile Prouha,

Enfants de chœur : Jean marie Escudié, Urbain Pendaries, Edouard Fauré, Louis Méric, Antonin Mouyssac, Léon Péfourque, François Pendarties,

Enfants du catéchisme :  Gaston Méric, Jules Escudier, Noëlie Mouyssac, Joséphine Laval, Léonie Prouha, Eugénie Lagarrigue, Mélanie Tournier, Appolonie Frayssines, Germaine Frayssines, Marie Blaise Prouha, Marie Estabes, Regina Anaïs Méric, Marie Tpurret, Françoise Prouha, René Fauré, Adeline Anaïs Prouha, Germaine Lagarrigue, Marie Louise Laval, Marguerite Arnal, Marie Lagarrigue, Marie Louis Laval, Marguerite Arnal, Marie Lagarrigue, Emmanuel Malbert, Léonie Prouha, Elisa Pendaries, Louis Lagarrigue, Antoine Péfourque (bélot), Thérèse Laffitte, >Rosalie sabatier, Marie Tourret, martie Mouyssac, Anne Lagarrigue, Marue Vacquier, Martie Frayssines, Marie Lauzeral, Marie Fauré, Marie Ménéstral, Victoire Lagarrigue, Germaine Escudié, Antoinette Adeline Gerla, Anastasie Péfourque, Victorine Pendaries, Prosper Prouha, Louis Balthazard, Jean Marie Balthazard.

 

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Jean-Marie Rouquié

 

La cure du Born ayant subi une pénible vacance de 4 mois depuis fin février à fin juin 1899, le service de la paroisse fut assuré par M. l’abbé Esquié, ancien ciré de l’île de la Réunion et plus tard retiré à Villemur. Le zèle dévoué du bienveillant intérimaire avait préparé les voies  au nouveau curé, M. l’abbé Jean Marie Rouquié, antérieurement vicaire à Rieumes.
Le nouveau pasteur, déjà renseigné par des personnages autorisés sur l’état général de la paroisse put reconnaître de lui même en peu de temps quel pourrait être le bien fondé des indications reçues touchant le spirituel et le temporel de l’église qu’il devait desservir.

Dés sa fondation, la paroisse du Born ont réussi pour la plupart du moins, à faire prospérer leurs fortunes personnelles, grâce à leur ténacité dans le travail comme dans l’économie. La fabrique de l’église n’a pas imprimé le même mouvement ascendant à sa situation financière. Les registres paroissiaux de la première moitié du XIX° nous montrent l’église du Born aux prises aux douloureuses exigences de la misère, et  50 ans plus tard, les comptes budgétaires sont loin de dénoter l’aisance.

Néanmoins, dans cette longue période de temps, les divers prêtres qui s’étaient succédés au Born, avaient pris à cœur l’embellissement de l’église et l’accroissement des ressources paroissiales. leurs efforts se trouvèrent fructueux pour la première de ces tentatives, car il est permis de croire que NSJC est mieux logé en 1900 qu’il ne l’était en 1830 (cf actes de M. Deydé). En bons pasteurs qu’ils étaient, ces prêtres donnèrent généreusement du leur, et ils furent souvent assez heureux pour inspirer autour d’eux les mêmes libéralités avec un égal désintéressement, mais donner à un pauvre un secours momentané n’est point assurer son avenir, ; aussi une seconde tache restait à accomplir, faire croître d’une façon régulière les revenus paroissiaux pour pouvoir parer honnêtement à l’entretien du temple divin, comme aux frais du culte. Cette tache, nul ne s’y est dérobé ; plusieurs l’ont affrontée résolument ; le Bon Dieu n’ a pas encore permis qu’elle fut menée à bonne fin.

Il n’y a d’ailleurs d’autres sources de recettes que la location des chaises de l’église. Or il existe au Born un usage local, une lointaine tradition, qui permet à chaque famille de contacter un nombre réduit d’abonnements, avec faculté pour tous ses membres de s’asseoir aux offices publics sans fournir d’autre rétribution, à condition qu’ils ne soient pas à chaque messes, en nombre supérieur à celui de leurs abonnements, c’est ainsi que des personnes de 4 familles satisferont à toute obligation sur ce point, avec 2 abonnements ; de 1 f 25  l’un ,abonnement familial 25 sous, principe de gêne familiale…et cause de conflits…coutume en même temps trop ancienne et trop favorable à l’austérité de certains, pour qu’il soit facile d’y apporter un changement définitif. La réforme fut introduite en 1859, comme personne n’en tenait compte, il fallut la reprendre en 1877, on y est encore revenu en 1899, mais pour plusieurs, les abonnements, ne sont pas encore personnels, 25 sous par groupe… c’est déjà bien assez. Et puis il en était ainsi en 1830 – ou sans doute, mais alors les ouvriers faisaient une grosse lieue pour aller à la recherche d’une journée de travail, souvent rétribuées à raison de 50 centimes.

 

Pendant ces discussions au milieu de ces atermoiements , les ornements se fendent, les meubles se disloquent, les murs présentent des lézardes. Pour relever toutes ces ruines ou les prévenir, il n’y a plus qu’une ressource, toujours la même, aussi ancienne que la caducité des choses humaines, aussi féconde que la charité catholique : l’appel à la générosité des paroissiens, qui gardent le privilège des bonnes œuvres, dont on leur laisse volontiers le monopole. Grâce à ces dévouements, ces fleurs se sont renouvelées, les autels ont rafraîchi leurs toilettes démodées, un riche tapis a recouvert le pavé du sanctuaire et  l’instinct de la décence , sinon  le goût de la coquetterie, se glissant partout, les hommes se sont cotisés, pour faire l’acquisition d’un beau drap mortuaire sur l’avis de l’un d’eux que la mort leur devait être plus pénible, s’ils n’avaient pas une parure convenable pour voiler leur cercueil. Bien entendu le promoteur de l’affaire s’est bien gardé d(étrenner le nouveau drap, voulant sans doute voir au préalable quel effet il pourrait produire,  dans les funérailles d’ »un autre. Comme cependant la charité est une vertu céleste, il devenait pénible de la voir s’exprimer dans le terre-à-terre des choses qui flattent, dans l’illusion  des décorations brillantes ; et si on ne pouvait substituer brusquement le sentiment surnaturel à l’amour-propre terrestre, il fallait bien unir et harmoniser les deux éléments. La Providence d’ailleurs ménageait une occasion solennelle d’exploiter toutes les ressources du zèle chrétien, de recourir à toutes les bonnes volontés. L’année 1900 venait de disparaître, en entraînant le vieux siècle, et l’indulgence du grand jubilé était annoncée pour l’année 1901.

Faire participer la paroisse du Born à cette grâce insigne, en perpétuer le souvenir, tel était depuis de longs mois l’ardente préoccupation du jeune pasteur, qui se trouvait bien faible par lui-même pour assumer une pareille tache. Merci au Bon Dieu, reconnaissance aux œuvres charitables qui lui ont fourni les moyens dont manquait sa misère.

 

Mission – jubilé Avril 1901

Le jubilé de l’année sainte a été préché au Born sous forme de mission par 2 prêtres, auxiliaires diocésains, de la maison du Calvaire à Toulouse, le TRP Traboul (qui devait être enlevé par la mort l’année d’après) et le P. Francazal. Commencé le dimanche de quasimodo, 14 avril 1901, les exercices jubilaires se sont clôturés 15 jours plus tard, le 28 avril. La présence de 2 missionnaires permettait de multiplier les instructions, en les variant. Entre temps, M. le curé accompagnait dans des visites à domicile, soin ancien professeur de rhétorique du Petit Séminaire, le R.P. Traboul, redevenu son maître, ou tout au moins son collaborateur dévoué. A sa science profonde, le bon missionnaire savait joindre sans peine une simplicité charmante, une familiarité aimable. Se faisant tout à tous, il ravivait ses disciples provisoires, par la connaissance de leur idiome patois, comme de leurs travaux agricoles.

 

 Au cours de ces visites[3] on recueillait parfois des réflexions naïves ou des aveux surprenants, c’étaient par exemple, tels métauers du domaine de la Forêt qui affirmaient ne pas connaître leur curé … après 2 ans de sa présence dans la paroisse. D’autres ignoraient de fait la mission. Plusieurs enfin n’ attribuaient aux courses apostoliques de leurs visiteurs d’autre but que la collection d’offrandes en vue de l’achat d’une statue religieuse destinée à perpétuer le souvenir du Grand jubilé. Ceux-là étaient immédiatement détrompés, car on leur remettait un petit crucifix, provenant d’un don gracieux de l’œuvre de  Saint-François-de Sales. Ces braves gens recevaient pieusement l’objet béni et prenaient volontiers leur part de l’erreur qu’ils avaient commise ; puisqu’on ne leur demandait pas d’offrande, ils se gardaient bien de la proposer. La Plupart cependant ont voulu participer à la souscription ouverte, tout en donnant parfois le nom d’étrenne à leur cotisation volontaire.

Le soir venu, les paroissiens du Born venaient entendre le RP Traboul et son vénéré confrère le R.P. Francazal, qui avait évangélisé l’Inde française, pendant 25 ans, comme mebre de la société des missions étrangères. Il en rapportait ses souvenirs intéressants, avec une barbe superbe. Voici en passant une réflexion fournie par un paroissien, des moins fervents : » J’ai été entendre jusqu’à 2 fois cette homme barbu qui parle aussi bien que moi, peut-être mieux. J’ai dû bientôt m’abstenir d’écouter ses instructions, de peur d’être gagné par ses raisonnements… »

Trop nombreux en vérité furent ceux qui ne revinrent pas , après quelques apparitions, faites par curiosité, autant que par intérêt ; parfois même ils entrouvraient la porte de l’église et n’osaient pas entrer. Les Pères missionnaires les avaient appelés tous au nom du Bon Dieu ; très peu se laissèrent élire.

 

Et pourtant on suivit les offices avec un véritable recueillement, on se rendit en foule aiux conférences dialoguées, à la fête des morts, à la consécration de la paroisse à Sainte Germaine et à la Sainte Vierge. Les cérémonies de la clôture attirèrent une telle affluence de fidèles, qu’on n’en avait jamais tant vus à la fois, pour une solennité religieuse au Born. La plupart appartenaient à la paroisse, mais plusieurs venaient du voisinage, car ainsi, qu’aux célestes noces du fils de famille, la docilité des étrangers suppléait à l’indifférence des premiers invités, le banquet eucharistique du matin avait réuni la moitié environ des paroissiens : parmi les abstentionnistes, il faut compter avec les enfants, quelques personnes  ayant satisfait à leur devoir pascal, 3 semaines auparavant, et tous les timides, tous les indifférents.

Le soir l’église fut trop étroite, et depuis les degrés du maître autel, jusque sur la place extérieure, se pressait la foule des croyants, venus pour attester leurs sentiments religieux, comme aussi pour entendre les adieux des bons missionnaires. 

Dans quelques mots ve,nus du cœur, le R.P. Traboul manifesta une âme apostolique, débordante de zèle et de charité. Il promit de revenir au Born, prouvant bien pat là qu’il emportait de cette paroisse une impression favorable, un de ces souvenirs consolants, que l’on tient à entretenir, que l’on se plaît à raviver.

 

Erection de statues N-D des Victoires, St Pierre, St Jude

La promesse du retour fut acceptée, et 2 mois plus tard, le RP Francazal se trouva appelé à l’accomplir, à l’occasion d’une cérémonie de première communion (le 23 juin 1901). Ce vaillant apôtre des Indes vint en effet, et le soir au pied de la statue de N-D des victoire, rappelant son précédent ministère, il engagea les premiers communiants  à servir fidèlement celle qui avait pris possession de leur petite cité, comme Notre Seigneur venait le matin même, d’entrer en possession de leur cœur. Cette statue de N-D des Victoire, œuvre délicate de la maison Auriac de Toulouse, fut acquise au cours de la mission au prix de 155 fr y compris la plaque commémorative ? Le piédestal fait en solide maçonnerie, coûta encore 107 fr et la dépense totale put être couverte avec le produit, soit des offrandes particulières, soit des quêtes faites au jour de la clôture du jubilé. La même date avait vu bénir une  statue de saint Pierre, donnée par une personne de la paroisse, pour être placée dans l’église, côté de l’évangile ? Un nouveau don particulier devait permettre bientôt de placer en face une seconde statue de même taille, 1 m 10 représentant l’apôtre saint Jude, le patron des causes désespérées. Cette dernière érection eut lieu le samedi 19 octobre 1801, au soir de l’adoration perpétuelle.

 

Etablissement de l’adoration perpétuelle, 19 octobre

C’est à pareils jours, en effet, que se célèbre cette solennité dans la paroisse du Born, depuis 1788. Fixée auparavant  à la date même de la fête votive, au 7 octobre, la fête de l’adoration perpétuelle était le plus souvent supprimée pour les raisons de coïncidence que l’on devine. Cependant les paroissiens restaient désireux de fêter Jésus-Eucharistie, sans négliger leurs autres patrons. Aussi est-il permis de penser que NS jettera un regard de miséricorde, maintenant surtout que la sainte Vierge nous assure la victoire et je promets à Ste Foi, notre ancienne patronne et que saint Jude prend en main notre cause, si désespérée parut-elle.

Le Bon Dieu a fréquemment prouvé qu’il n’oublie pas les habitants de cette paroisse et il a eu recours même à l’épreuve, pour s’imposer à leur attention. La mort est venue frapper des coups subits et répétés, d’autant plus surprenants, qu’aucune épidémie ne les faisait prévoir. Le quartier de Labejeau a eu 10 décès à lui seul, en 8 mois.

 

Obsèques - (nouvelles dispositions NDL)

Cette multiplicité de funérailles a fourni l’occasion de supprimer des levées de corps à domicile en faisant constater combien il était difficile aux familles de tenir leurs engagements au sujet de l’heure indiquée pour la cérémonie funèbre. Pour des causes diverses, on n’était pas prêt, d’où une attente parfois assez longue, et toujours pénible.

Pour éviter tout désaccord, il a été convenu qu’à l’avenir la levée du corps se fera à l’entrée du village, à la première croix qu’on trouve sur chacune des trois routes de Salvagnac, Varennes ou Villemur. Une personne doit se détacher du cortège pour prévenir le clergé dés qu’on est en vue du village. C’est là d’ailleurs ce qui s’est fait avec MM. Deydé, Gissot et Reynès, jusqu’en 1887. Si, à cette époque, on avait introduit quelque changement aux anciens usages, ce ne fut qu’à titre provisoire, et à condition que la levée du corps demanderait une élévation très sensible du tarif funèbre, lorsqu’elle se ferait à domicile. Les circonstances venant à changer, les usages devaient se modifier, et la population a aceepté, sans réclamation connue, le rétablissement des antiques traditions.

 

Décoration de la nef de l’église

Au cours de l’été de 1902 d’août à septembre, a été décoré la nef de l’église du Born. L’auteur de ces travaux remarquables de simplicité et de bon goût est M.Emile Domayre ??  pour lors de résidence à Azas au doyenné de Montastruc. Par la même occasion, on a fait quelques raccords dans les chapelles latérales et exécuté la suppression d’une scène naïvement peinte aux fonts baptismaux. L’art n’y arien perdu et la décence non plus.

Une inscription dominant la porte intérieur de l’église, doit perpétuer le souvenir de la généreuses bienfaitrice, Mlle Anne Chaubard dont la pieuse libéralité a permis de mener à bonne fin ces travaux de décoration, daigne la Divine Providence fournir bientôt les moyens de transformer, dans ce qu’elles peuvent avoir de défectueux les peintures du sanctuaire !

A l’occasion du service d’anniversaire d’un de ses membres, une famille du Born a bien voulu subvenir aux frais d’achat et de confection des tentures funèbres pour la décoration d’un catafalque. Depuis ces objets sont devenus la propriété de la fabrique, qui en permet l’usage pour les grands services publics ou particuliers, mais dans ces derniers cas moyennant une rétribution, à déterminer dans la suite

Arrêt septembre 1903

 

Donne la liste des premières communions (9 garçons, 2 filles) le dimanche 2 octobre 1904 fête de ND du Rosaire (retraite dirigée par 2 professeurs du petit-Séminaire de Toulouse) 3 mères de famille se sont cotisées pour procurer à l’église une belle nappe de communion et un pavillon de ciboire

Scapulaire de ND du Mont Carmel le dimanche 30 octobre 1804 des mêmes enfants qui avaient fait la première communion

Jubilé du cinquantenaire de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception – indulgence jubilaire pour ces même enfants et de même pour quelques personnes de la paroisse, en petit nombre.

 

 

Ici finissent les souvenirs paroissiaux correspondant au ministère de M. l’abbé Rouquier qui venu au Born le 30 juin 1899 a dû s’en éloigner pour des motifs de santé après 5 ans, 5 mois, le 30 novembre 1904



[1] Souvenirs paroissiaux au 1er juillet 1899 [étiquette]  paroisse de Le Born, doyenné de Villemur [étiquette], cahier in Archives diocésaines – Archevêché de Toulouse. Ce cahier couvre la période de 1887 à 1904.

 Les «  (sic) » sont dans le texte même.

[2] Celui qui obéit sera victorieux dans ses paroles – cf Prov 21,28.

[3] Dés les premiers temos de don ministère au Bord, M. le curé avait visité tous ses paroissiens….sans entrer cependant sur les terres de la Forêt dont les tenanciers n’appartiennent  à la paroisse du Born que fort accidentellement.

 

 

 

 

 


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