Brusson Jeune   



 

 

BRUSSON JEUNE 

 

Nous reproduisons ici une présentation publiée par Georges Labouysse

avec son aimable autorisation.

 

Une fabrique de pâtes alimentaires est créée à Villemur par les frères Brusson en 1872. Cette entreprise  va faire de Villemur  un véritable centre  industriel. 

 

 

En  effet  les  Brusson  sont  des  entrepreneurs  qui  construisent  des  ponts,  des  chaussées,  des moulins… mais le manque de crédits d’Etat après la défaite de 1870 les a contraints à une sévère reconversion. La guerre a en effet ruiné les carnets de commande des entrepreneurs de Villemur.

C’est Jean-Marie, fils d'Arnaud Jeune, qui lancera une nouvelle industrie agro-alimentaire  à partir des moulins sur les rives du Tarn.

 

De  vastes  bâtiments  industriels  sont  construits  en  1875  sur  la  rive  gauche  du  Tarn  dont  un  barrage  fournit l’énergie électrique pour les machines.

 

En 1872 le Villemurois passera résolument de la ruralité à la modernité dans une région où les grandes entreprises étaient encore fort peu nombreuses. Les .travailleurs paysans vont petit à petit se transformer en ouvriers de l'industrie, qui vont connaître l'essor considérable des nouvelles inventions : l'électricité, l'automobile, le téléphone... et le chemin de fer Castres-Saint-Sulpice-Villemur-Montauban.

 

  

Cependant il faut dire ici que l'ère industrielle avait déjà marqué le paysage de cette cité dans la première moitié du 19e siècle. En effet, dès avant 1840 une « manufacture de quincaillerie et fonderie en fer » au nom de Gausseran et Castelbou dressait ses cheminées sur la rive gauche. Une soixantaine d’ouvriers et leurs cadres fabriquaient des ornements en fonte, des engrenages, roues, pignons en fer, qui étaient vendus jusqu'à Bordeaux le long du Tarn et de la Garonne ; un savoir-faire couronné par une médaille d'argent en 1840. Le charbon des mines de Carmaux acheminé par bateau alimentait cette première industrie de l'ère moderne à Villemur. Mais une mauvaise gestion entraînera sa liquidation en 1844.

De cette manufacture, il restera le bâtiment de l'horloge que Brusson Jeune allait maintenant récupérer.

 

 

 

En 1882 on bâtit une amidonnerie de blé pour le pain de gluten et les produits de régime pour diabétiques. La voie ferrée Montauban-Castres, avec une dérivation vers l'usine récemment construite, va permettre d'une part de recevoir plus rapidement les matières premières dont la fabrique a besoin, et d'autre part d'expédier les pâtes et produits de régime jusqu'à l'étranger.

 

En1892 un atelier de cartonnage voyait le jour, bientôt suivi d'un bâtiment pour une imprimerie, lithographie et typographie.

L'année suivante l'usine comptait 300 employés.

Antonin Brusson construit une centrale hydro-électrique qui va alimenter non seulement l’entreprise, mais aussi toute la ville, une première dans la région !

 

 

Vers la fin du siècle, on construisit une glutinerie pour la fabrication du pain au gluten, transformée en boulangerie durant la guerre de 14-18. Antonin Brusson édifia enfin une centrale hydro-électrique en 1896 sur l'emplacement d’un ancien moulin au bord du Tarn. Elle allait naturellement alimenter l'entreprise, et elle ne tardera pas aussi à « illuminer » progressivement les rues de Villemur et les maisons du canton... Un progrès appréciable !

 

Au début du XXe siècle, Brusson Jeune était une des plus importantes entreprises en France dans les domaines des pâtes alimentaires et des produits céréaliers de régime.

  

 

Vers 1930 les produits Brusson Jeune ont une renommée internationale et deux filiales sont ouvertes dans la Somme et en Belgique.

Parmi les 450 salariés de Villemur à cette époque, nombreux sont ceux qui ont en parallèle une petite activité agricole, ce qui leur permet de vivre et travailler au pays, sans être obligés d’aller  s’agglutiner dans « la grande ville ».

 

Jusqu'aux années 40-50, cette entreprise rythmera la vie des hommes et des femmes de Villemur et des villages alentour. Elle a aussi laissé son empreinte dans le paysage de la rive gauche du Tarn, où l’architecture moderne de ses bâtiments de la fin du 19e siècle frappera les visiteurs, face à la vieille ville qui gardait son aspect médiéval avec ses ruelles étroites et ses maisons à colombage et aux briques rouges, du moins jusqu'à l'inondation du 3 mars 1930.

 

Malgré les difficultés de la guerre 39-45, l'usine poursuivit son développement avec la fabrication de biscottes, en plus des pâtes dont la production avait atteint son record en 1940 avec 7 646 tonnes ! Pour mieux traverser cette période délicate, il fut créé un Groupement d’Achat coopératif en faveur du personnel de l'usine, qui allait en conséquence soulager une partie de la population de Villemur. Parmi les grands succès de l'après-guerre, il faut citer le fameux Novamyl, un entremets fort apprécié qui représentera longtemps un important pourcentage des ventes de produits Brusson Jeune.

 

 Après 1950 la modernisation de certains ateliers permettait d'envisager un avenir serein ; mais bientôt restructurations successives d'entreprises dans le secteur des pâtes alimentaires eut raison de I'usine Brusson qui fut contrainte de vendre ce secteur à Panzani, sauf le vermicelle cheveux d'ange et les pâtes au gluten. Il ne resta bientôt plus à Villemur que les biscottes et les produits de régime. 17 salariés de la « Mie Occitane » étaient  présents sur le site en 2000.

  

 

L’usine Brusson n’est plus, le chemin de fer,non plus.

Seule la centrale hydro-électrique subsiste, rachetée par EDF.

 

Cf. Georges Labouysse, Molex – Villemur, l’arnaque, petite histoire d’un grand conflit social piégé, infoc Occitania, 2010

 

voir notre page  consacrée aux BRUSSON

 

 Éléments pour une chronique

 

1960

500 à 600 personnes travaillent dans l’entreprise

1980

120

1999

Dépôt de bilan

2000

première cession de la société à Financière Villemur

par M. François Brusson, président du directoire et arrière-petit-fils du fondateur.

Sur 84 employés (certains à mi-temps), 45 sont licenciés;

 

Ainsi la société est rachetée par Picard-Auga

La société devient « Finacière Villemur » filiale de Picard-Auga : fabrique pain grillé, biscottes, et cheveux d’anges

2001

Projet de déménagement de l’entreprise qui avorte

2004  

La mairie rachète les bâtiments – réhabilitation par la municipalité en HLM

2006

Dépôt de bilan – 30 licenciements

La Mie Occitane rachète l’entreprise et loue les locaux ; elle emploie 17 personnes (Panzani en est le distributeur).

21 janvier 2010

La Mie occitane est en redressement judiciaire

Juillet 2010

Le groupe espagnol General Backery reprend la société

Par l’intermédiaire de sa société IAV Industrie alimentaire de Villemur

5 décembre  2011

Redressement judiciaire

 

 

printemps 2012

14 salariés (situation au 11 mars 2012 – le gel  de l'hiver a détruit le circuit d’eau chaude de l’usine (La Dépêche).Le 15 mai 2012, 7 employés ont été licenciés.

 

 

 

 

La Mie Occitane

 

1999

Cessation d’activité de l’entreprise Brusson

1999-2006

Reprise par Financère Villemur filiale d’Auga

Septembre  2006

Cessation d’activité et mise au chomage de tout le personnel

Novembre 2006

Relance  en récupérant le savoir-faire, avec le matériel et les bâtiments propriétés de la mairie

Création d’une société de production semi-industrielle.

La mie occitane, 4 av. W Churchill

M. Philippe Bergeal, directeur de production

Réembauche d’une petite partie des employés de Finacière Villemur / 12, 13, puis 17

 

Difficultés

L’entreprise est en redressement depuis le 21 janvier 2010

Recherche d’un entrepreneur ou d’un marché ou de capitaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

situation au 13 juin 2012 (La Dépèche du 13 juin 2012)

Le tribunal de commerce de Toulouse s’est laissé jusqu’au 12 juillet pour se prononcer sur la demande de prolongation de la période d’observation présentée le 12/06 à la chambre du Conseil. Cette période pourrait être prolongée de 6 mois. L’entreprise pourrait alors proposer au tribunal un plan de continuation de l’activité et mettre en place une échéance pour régler les créanciers

Situation de l’emploi :

Employés à la fabrication des cheveux d’ange : 5 salariés à plein temps et 2 sous contrat à durée déterminées - 7 salariés ont été licenciés le 15 mai.

 

 

 

 


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