Bonnier de la Mosson   



 

 

Joseph Bonnier de la Mosson 

1702-1744

 

Vicomte de Villemur

1730-1744

 

Joseph Bonnier de la Mosson

marquis de Ménil-Garnier,
vicomte de Villemur,

baron de La Mosson,

Il appartient à la noblesse de robe[1]

colonel du Régiment des Dragons Dauphins

Maréchal des logis de la Maison Royale

Trésorier des Etats de Languedoc[2]

Un des grands financiers du XVIII°

capitaine des chasses de la Varenne des Tuileries,

 

 

Joseph Bonnier de la Mosson, né le 6septembre 1702.  est le fils de Joseph Bonnier[3] de la Mosson [1676-1726] Trésorier de la Bourse des Etats du Languedoc  qui a bâti une fortune considérable, la septième fortune du royaume ; l'ascension de Joseph Bonnier père commence en 1707 comme secrétaire du roi. En 1723, Joseph Bonnier père entreprend la construction d'une résidence sur le domaine de la Mosson à Montpellier, domaine qui se trouve au bord de la rivière La Mosson, à l'ouest de la ville. L’architecte du château, Giral, est le même que celui de la promenade du Peyrou à Montpellier.

Sa mère se nomme  Anne Melon.

 

 

 

A la mort de son père en 1726, Joseph Bonnier[4] fils hérite de la charge de celui-ci comme Trésorier aux Etats de Languedoc  : il collecte les impôts et taxes dans la province du Languedoc.    

Il achèvera  la construction du château de la Mosson : il le décore et le meuble avec somptuosité[5] de 1726 à 1729. Ce château sera  La plus somptueuse de toutes les folies (belles maisons) du 18e siècle à Montpellier.  Il aménage les jardins avec une belle fontaine baroque, crée une orangerie où cent quatre-vingt-six jarres contiennent des plantes rares. Dans une fosse, il élève des bêtes fauves. Il réside à la Mosson aussi souvent que possible : ce palais est son bien premier parmi ses propriétés. Quatre-vingts domestiques entretiennent en permanence la propriété. A cette époque, la vie fastueuse et la richesse des lieux font du domaine un véritable Palais.

 

-         Il avait cependant sa résidence rue Saint-Dominique à Paris, au faubourg Saint-Germain, l’Hôtel  de Ludes,

-         La maison des Porcherons seize rue de Clichy,

-         La vicomté de Villemur,

-         L’Hôtel de Pas Estrech,

En 1733-35, il est mentionné pont de Saint-Cloud, plaine de Saint-Denis et Gennevilliers (lors de la .succession de ses parents).

 

 

Homme de culture

-         amateur d'art et  collectionneur, bibliophile

-         conservateur, il organise sa demeure, rue Saint-Dominique, en musée (ses cabinets occupent un couloir en enfilade de 7 pièces) : laboratoire et chimie, apothicairerie, et droguier, mécanique et  physique, histoire naturelle, optique,  galerie de peintures, bibliothèque.

-         passionné de mécanique,

 

Il mène grande vie. Il est aussi un  généreux mécène (il est un des mécènes  peintre Lajoue).

 

Il achète la vicomté de Villemur au comte de Belle-Isle

opération qui  prit du temps :

En 1724 l'estimation n'est pas entreprise; le 23 février, elle est achevée en 1728,  reconnaissance de la ville du  11 juin 1730 ; contrat  en fait passé le 23 avril 1731 pour une somme de  275.000 livres.

 

 

Sa vie fut des plus mouvementée. Avant son mariage, il eut de nombreuses aventures. Cela sera d’ailleurs aussi après son mariage. Il aura notamment pour maîtresse une célèbre cantatrice de l’Opéra rencontrée en 1732 : Mlle Petitpas, qu’il installera au vu et su de tout le monde dans son château de la Mosson à Montpellier ; cette publicité créera un certain scandale dans la ville, ce qui lui vaudra d’abord des remontrances de l’évêque de Montpellier le 17 novembre 1735 lui demandant de « renvoyer la créature qui cause le scandale », puis, nous dit-on, un mois plus tard, une menace d’excommunication (plutôt, sans doute, la peine canonique de l'interdit). Joseph Bonnier et Mlle Petitpas regagnent dés lors Paris. Une fille naît de cette union. Mais bientôt le lien se distend ; Mlle Petitpas retrouve le théâtre en décembre 1736 et meurt le 24 octobre 1739 à 33 ans.

Quelques temps après son mariage, un nouvelle aventure commence avec la Dufrêne, marquise de Fleury ; il l’installe rue Saint-Dominique, près de chez lui. Là elle tient salon.

Il aura par ailleurs un enfant illégitime, né d’une autre liaison : Joseph (1727-1728),

 

Il a épousé par contrat du 15 août 1740 Constance Gabrielle Magdeleine de Monceil de Louraille, une demoiselle pauvre et honorable, fille d'un Président à mortier du parlement de Rouen.

 

Ils ont pour fille unique Renée-Magdelaine-Joseph Bonnier de la Mosson, née le 1er octobre 1741 au château de la Mosson, le baptême aura lieu à la paroisse de Juvignac le 4 octobre. Elle est morte à Paris en 1753.

 

Joseph Bonnier de la Mosson, vicomte de Villemur, meurt subitement le dimanche 26 juillet 1744 à l'âge de 42 ans. La nuit même il a fait son testament à une heure du matin.

 

Sa veuve doit faire face à de nombreux créanciers, devant la banqueroute

-         Elle vend le palais de la Mosson à Paul de Guilleminet, Conseiller à la Cour des Comptes qui, ne pouvant payer, démantèle la propriété.

-         La vente des biens est organisée à Paris par Gassaint (cf catalogue) du lundi 26 avril 1745 au 19 mai ; La vente a lieu à la maison ; Marie-Jacques Barrois édite le catalogue de vente des livres, soit 1624 articles.

-         Elle conservera la vicomté de Villemur, les terres et seigneuries de  la Mosson et Fabrègues qui lui furent  léguées personnellement, alors que sa fille devenait l’héritière universelle des autres biens. Elle consevera le bien de Villemur, c’est ainsi qu’à sa mort, l’héritage reviendra à son fils Louis-Constantin de Batz, marquis de Castelmore.

 

Le règlement de la succession sera complexe et durera une quinzaine d’années.

Il se compliquera d’ailleurs encore après 1753, après la mort de sa fille Renée. Seront en opposition la mère de Renée épouse Bonnier et sa tante paternelle la duchesse de Chaulnes seule représentante de la branche paternelle.

 

Elle épouse en 2° noces en 1755 Louis-Gabriel de Batz

Elle meurt le 9 juillet 1764, 

 

 

Bibiographie :

F. Bourdier, 1959 p 52

Notice de T Bajou dans J Turner, 1996, T VI, p. 331

Etude plus approfondie de L. Grasset-Morel, 1886

 

sources :

sites de  Montpelier présentant la famille et  le château de la Mosson

montpellier.fr

www.montpellier-agglo.com/servlet/com.univ (personnage d'hier)

site de Laure Gigou particulièrement isntructif  CLIC

(pages sur les musées n°s 12,13,14,15, 16)

Un grand nombre d' informations sont puisées à cette source.

[Joseph Bonnier, Hôtel de Ludes, château de la Mosson,

et les cabinets de curiosité]

 

 

 

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Le Vicomte de Villemur

 

 

Amédée Sevène – Notice sur Villemur – p. 69-70

La prise de possession de la vicomté par Joseph Bonnier de la Mosson avait été prématurée, la perfection du contrat d'échange étant subordonnée à l'estimation des biens cédés, dont le procès-verbal ne fut clos qu'à la date du 23 février 1728. En 1724, cette estimation n'étant pas encore intervenue, l'exécution du contrat fut suspendue par un édit du mois de janvier et une déclaration royale du mois de juillet. Les nominations d'officiers faites par le comte fuirent révoquées. Les élections consulaires de 1725 et 1726 furent présidées à Villemur par un Juge royal. A la suite d'une estimation partielle des domaines échangés, un édit et une déclaration d'août et de septembre de cette dernière année remirent le comte de Belle-Isle en la possession provisionnelle de plusieurs de ces domaines, notamment de la vicomté de Villemur. Mathieu Brémond fut rétabli dans les fonctions de juge avec Pierre Pruet, avocat, pour lieutenant. Des lettres royales de mars 1731 ratifièrent l'échange et, le 10 sep tembre suivant, le maître des eaux et forêts Cainbézial installa le vicomte en la personne de Joseph de Cominilian, son mandataire, dans la possession des droits de pâturage, de pacage et de glandage en la forêt royale. En signe d'investiture, il mit « en la main dudit sieur de Cominihan une branche de chêne de ladite forêt [6] ».

 

A la date de cette investiture, le comte de Belle-Isle avait cédé le bénéfice de son contrat d'échange à l'égard de la vicomté, que Joseph Bonnier de la Mosson, marquis de Mesnil Garnier, trésorier de la bourse des Etats de Languedoc, avait acquis -.lu prix de 275,000 livres, par acte du 23 avril 1731, devant Me Carron, notaire au Chitelet de Paris[7]. La mutation de propriété avait même précédé le contrat; le nouveau vicointe avait été reconnu en conseil de ville le 11 juin 1730, dans la personne de Jean Delpuech, son mandataire.

 

Ce seigneur mourut à Paris le 26 juillet 1744 à la survivance de sa fille Reliée, son unique enfant, qui décéda elle-même à la survivance de sa mère, Constance Gabrielle Magdeleine de Moucel de Lourailles. Cette dame épousa, en secondes noces, Louis-Gabriel de Batz, marquis de Castelmore, et transmit la vicomté à son fils, Louis-Constantin de Batz, comte de Castelmore[8].

 

La vicomté de Villemur, passa à Guy de Ménoire de Beaujau, chevalier, marquis de Barbe, conseiller du roi, président cil la cour des aides de Bordeaux, qui en fit l'acquisition ait prix de 712.000 livres, par contrat du 11 février 1775 au rapport de Me Pugens, notaire à Toulouse[9]. Il fit le 14 juin 1778 son entrée solennelle, dont le cérémonial avait été réglé par délibération du conseil de ville en séance du 24 mai précédent. Le 19 juillet, les notables de Villemur, les syndics et principaux habitants de Bondigoux, les marguilliers et principaux habitants des autres paroisses du consulat s'assemblèrent dans le couvent des capucins, la maison commune étant inhabitable, pour la reconnaissance générale des droits appartenant ait vicomte conformément à la transaction du 2 novembre 1606 et il fut dressé, pour l'assiette des redevances seigneuriales, un livre terrier qui fut achevé en 1780[10].

 

                                                      ***************

 

Amédée Sevène – Notice sur Villemur – p. 123-125

 

Le vicomte Bonnier de la Mosson leva les deux offices de maire de Villemur et en fit pourvoir, sous réserve de la propriété des gages, le sieur Jean Delpuech, écuyer, par provisions des 26 octobre 1736 et 17 avril 1737. Ce personnage devint, plus tard, propriétaire de ces offices par la donation que lui en fit le vicomte le 10 juin 1744, devant Me Carron, notaire au Châtelet de Paris[11]. La création des offices municipaux avait si peu pour mobile l'intérêt de l'administration des communautés que Jean Delpuech, étranger à celle de Villemur, ne vint jamais y résider. Pour se dispenser même de se présenter à la éance du conseil de ville où eut lieu soli installation, il s'excusa sur ses « incommodités ».

 

Il fut pourvu à titre provisoire aux offices de lieutenant de maire, de premier et troisième consuls. Ces commissions furent révoquée,-, dans l'année même de leur délivrance en conséquence d'un arrêt du Conseil d'Etat du 4 décembre 1737, qui suspendit l'exécution de l'édit de 1733 à l'égard des offices qui n'avaient pas eu d'acquéreurs et rendit, pour ces charges, aux communautés la liberté de procéder à l'élection. A Villemur, où les seuls offices de maire avaient été levés, leur titulaire absent n'en exerçant pas les fonctions, la vie municipale reprit, pour un temps, le cours qu'elle avait avant l'édit de 1733, les conseils de ville étant présidés tantôt parle juge banneret, tantôt par les consuls. Il en fut ainsi jusqu'à l'arrêt du Conseil du 23janvier 1742, qui leva le sursis prononcé par celui de 1737. Par un second arrêt du 13 mars, le Conseil d'Etat interdit les élections consulaires.

 

A la date du 21 décembre de la même année, des provisions de conseiller du roi, lieutenant de maire ancien mitriennal ' furent délivrées au sieur Joseph Vacquié, bourgeois[12]. De même que Jean Delpuech n'était encore à cette époque que l'homme du vicomte pour les deux charges de maire, Joseph Vacquié ne fut à l'égard de l'office ancien de lieutenant de maire que le prête-nom de Jean Delpuech, qui avait payé de ses deniers la finance de cet office, et qui se réservait les gages, rétributions et émoluments attachés à la charge, à la condition, toutefois, de rembourser à Joseph Vacquié la dépense qu'il ferait pour assister aux Etats provinciaux et aux assiettes diocésaines. Ce traité fut constaté par une déclaration faite par Joseph Vacquié

devant le notaire Timbal le 18 juin 1743. Vacquié, du moins, remplit les fonctions de l'office. Par l'effet de l'interdiction que l'arrêt du 13 mars 1742 avait apportée aux élections, les consuls qui avaient été nommés en 1741 furent maintenus en charge jusqu'en l'année 1754. Joseph Vacquié était le premier de ces consuls, et, tant en cette qualité qu'en celle de lieutenant de maire en titre d'office, alternativement, il exerça sans interruption pendant ce temps la présidence du corps municipal.

 

Nous ne mentionnons que pour mémoire la commission provisoire donnée par lettres patentes du 11 mai 1744 pour l'exercice des offices de deuxième, troisième et quatrième consuls, car, les états de Languedoc ayant traité pour l'acquisition des offices invendus à des particuliers, un arrêt du Conseil du 30 juin 1754 les réunit au corps des communautés de cette province et rétablit l'élection à leur égard[13].

 

Le régime créé par l'édit de 1733 avait donc donné à la communauté de Villemur un titulaire des deux offices de maire réunis en une même main et un titulaire de l'office ancien de lieutenant de maire. Jean Delpuech, décédé, eut pour successeur Antoine Mathieu, bourgeois de Villemur, pourvu de provisions du 28 juin 1754, et, en vertu de provisions du 26 févier 1755, François Lapeyre, procureur, remplaça Joseph Vacquié[14]. La place du premier consul fut occupée pendant quelques années par le maire, mais a partir de juin 1759 il y eut de nouveau quatre consuls. Le premier consul élu alterna avec François Lapeyre dans les fonctions de lieutenant de maire, chacun d'eux les remplissant une année sur deux.

 

 

 



[1] Précision donné lors de la déclaration de la  vente de ses biens annoncée pour le lundi 26 avril 1745 et devant se continuer ensuite -

[2] ce qui est mentionné comme profession lors de la verte de ses biens

[3]  Joseph Bonnier père a un frère Antoine : noble Antoine Bonnier de la Mosson chevalier, seigneur de la Mosson et de Campagne-Saint-Cosme , président à la cour des comptes de Montpellier a épousé Françoise de Toulouse. Ils ont eu une fille Marie Bonnier de la Mosson qui a épousa  le 22 juillet 1718 (cm)  Joseph de Gévaudan (1er de nom). – sources  Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France.

[4] Joseph Bonnier fils a une sœur  Anne Josèphe Bonnier de la Mosson qui, le 23 février 1734 épouse Michel Ferdinand d’Albert-d’Ailly, [1714-1769] marquis de marquis du Mesnil Garnier,  vidame d’Amiens,  duc de Préquigny ou plutôt de Picquigny , pair de France, puis duc de Chaulnes, issus des Albert de Luynes – ce Michel Ferdinand, chevalier des ordres du Roi, lieutenant- général des armées, et gouverneur des provinces de Picardie et d'Artois, père de Marie- Joseph-Louis d'Albert d'Ailly, dernier duc de Préquigny ou  plutôt Picquigny et de Chaulnes, maître-de-camp de cavalerie, mort sans postérité. Daniel Dessert, Argent, pouvoir et société au grand siècle, op. cit., p. 97. Guy Chaussinand-Nogaret, op. cit., p. 57  sqq.- Anne Josèphe de Bonnier de la Mosson meurt à Paris le 4 décembre 1782.

[5] Nous empruntons ces données au site  cabinet de curiosités de Bonnier de la Mosson

[6] Délibération des 10 novembre 1726, 2 décembre 1731. - Archives du Parlement., éd, R. 44, f° 62 et 316. Archives. des moulins, copie des lettres de ratification de 1731, copie du procès.-verbal d'investiture en forêt.

[7] Extrait de cet acte au registre des délibérations, 5 messidor an VI. – copie aux archives des moulins

[8] Albisson, t. I, p. 543, 548 – Délibération  des 29 août 1740, 23 mai 1756, 1 septembre 1765, 6 novembre 1774. - Acte du notaire. Jean -Antoine Coulom du 14 décembre 1750 - Rapport d'experts de mai et juin 1745, aux archives des moulins.

[9] Délibération des 18 mars 1775, 5 messidor an VI. - Mémoire Imprimé conservé aux archives des moulins.

[10] Archives de la mairie de Villemur.

[11] Sevène p. 123 – note : Annexe des délibérations des 2 décembre 1736, 1é mai 1737, 21 juin 1744.

[12] Délibération du 15 août 1743.

[13] Délibération. des 6 et 24 juin 1754,  23 juin 1756.

[14] Délibération. des 21 juillet 1754 et 1er  avril 1755

 

 

 

 

 

 

 


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