au temps des Cathares   



 

au temps des cathares

 

On rencontre des communautés de « parfaits « hérétiques » dans les régions de Rabastens, Monclar-de-Quercy, Salvagnac, Villemur, comme aussi entre Villemur et Montauban (le pays toulousain formant le diocèse de Montauban).

 

Le chateau de Villemur sera brûlé par les parfaits de Villemur,  fuyants suite à le rumeur de l'approche des croisés (il sera remis en état ensuite avant 1229).

 

On dit que les croisés mirent le feu au château de Villemur. Cela est un erreur. En fait Villemur fut brûlée par les habitants eux-mêmes effrayés par l’annonce de l’approche des croisés qui n’arrivèrent jamais à Villemur.

 

 

Après le massacre des inquisiteurs à Avignonet en mai 1242, les nouveaux inquisiteurs,

Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre, reçurent délégation pour les diocèses d'Agen et de Cahors et les archidiaconés du Nord du diocèse de Toulouse, Villemur et Villelongue. C’est par Bernard de Caux que nous est donc connue, pour une  grande part, l’hérésie à Villemur. Les cahiers de Bernard de Caux, inquisiteur en 1243-1247,  et le travail effectué en 1988 par Jean Duvernoy apportent un nouvel éclairage (un précédent travail avait été entrepris par Yves Dossat).

Les citations sur Villemur proviennent de ce travail[1].

 

Les dépositions :

- A Agen, en  novembre 1243 - mai 1244 furent enregistrées des dépositions de déposants de  Paulhac, Corbarieu, Roquemaure, Tauriac, Villemur

- A Cahors,  en août 1244-  mars 1245 furent enregistrées des dépositions de déposants de  Tauriac, Roquemaure.

 

Les déposants seront :

Bernard Grailh Villemur 7 décembre (1243)

Arnaud Hélie Villemur 7 décembre (1243)

Péronne de Claustre Villemur

Maffré de Paulhac Villemur 10 décembre 1243

Isarn de Tauriac Villemur 18 mai 1244

Finas de Tauriac Villemur 26 août 1244

Raimond Adémar Roquemaure 21 février (1244)

 

Le Seigneur de Villemur est ami de  l’hérésie comme beaucoup de Seigneurs, alors.

Bertrand, seigneur de Villemur, sa femme et sa fille Aude étaient croyants vers 1213.

On compte alors, à Villemur,  une centaine de parfaits et un nombre sans doute important de sympathisants.

 

Comme d'habitude, le catharisme a atteint – comme l’écrit Duvernoy, l'élite de la population : le sénéchal de Raimond VII en Quercy, Pons Grimoard; son bayle de Castelsarrasin et Moissac, Odon ou Othon de Barèges, de grands seigneurs comme Isarn de Tauriac, qui a des veneurs, ou les Villemur, Rabastens, Rabat, Unaud de Lanta etc… « La guerre a d'ailleurs, au moins autant que la foi, réuni tous ces lignages. Presque tous les nobles déposants se sont retrouvés dans Toulouse assiégée; au siège de Castelsarrasin figuraient des chevaliers de Saverdun. Parmi ces seigneurs, la plupart ont eu une mère ou une sœur  dans les ordres cathares. Certains y sont même entrés dans leur jeunesse, comme Maffré de Paulhac.

La noblesse locale est concentrée : à Castelsarrasin, à Villemur, à Verfeil. Là aussi, les maisons de parfaits et de parfaits se sont multipliées. Les Vaudois ne Sont présents qu'aux abords de Montauban.

 

Le 8 novembre 1220 Arnaud de Villemur est témoin de l’ordonnance de Raymond VI indemnisant sur les revenus de ses domaines les dépenses faites par les consuls pendant la guerre contre Amaury de Montfort 

 

Cabié - de Saint-Sulpice - dans « l’épisode de la croisade des Albigeois » raconte comment les hérétiques de Villemur s’enfuient à Lavaur et Rabastens.

 

1209 : «  deux corps de troupes marchaient contre les hérétiques vers la mi-juillet 1209 au début de la guerre des Albigeois… se rapprochant des frontières du toulousain, ils se proposaient d’assiéger Villemur. Depuis longtemps les habitants de cette ville étaient dévoués à l’hérésie et ils ne pouvaient guère espérer d’échapper à la fureur des croisés qui ceux-ci se présentaient devant la place. Il résolurent de s’enfuir et auparavant incendièrent le château (cf chanson de la croisade 1/15,16). Mais l’armée qui se rendait à Béziers par le sud-est du Languedoc ne passa pas à Villemur.

Ceci est confirmé par la confession d’Arnaude[2] de la Mote, hérétique, faite à l’inquisiteur Ferrier en août 1244.
Elle avoua qu’avant 1209, elle fut conduite avec sa sœur à Villemur, localité où vivaient de nombreux albigeois et où elle fut reçue dans la secte par le diacre Raimond Aymeric.

 

Une autre déposition nous apprend que vers 1200 il y eut à Villemur plus de 100 hérétiques et que le seigneur et sa famille étaient des amis de la secte ainsi que tous les habitants du lieu, hommes et femmes étaient des amis de la secte « erant credentes et amici haereticorum »

BN Doat – 22 f 1

 

Les croisés arrivés dans le pays,  Aymeric saisi de crainte évacua la ville, accompagné de ses coreligionnaires, hommes et femmes et tous ces fugitifs allèrent et couchèrent le 1er jour à Roquemaure, ils gagnèrent Giroussens le lendemain et de là se rendirent à Lavaur dans la maison d’Arlandaïs ?? et de ses compagnons hérétiques où ils séjournèrent pendant environ un an.

 

 

Arnaude et sa sœur se retirèrent ensuite à Rabastens chez l’hérétique Orbrie , elles rentrèrent à Montauban, effrayés par la persécution, elles se réconcilièrent avec l’Eglise par l’évêque de Cahors il y a cela 32 ans et davantage. Arnaude de la Mote vécut pendant un an dans la maison de ladite Ponce. Elle fit cette déposition en 1244

 

Le diacre  hérétique Raymond Aymeric et B de la Mothe vinrent prés de Montauban c à la maison de la dite Austorg

 

1255-1256 - les messagers inquisiteurs albigeois A. Gilles et Me Pierre de Vaure, envoyé à Villemur le 1er septembre 1255 (compte des inquisiteurs)

 

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Déposants

 

1 / Bernarde Targuier, veuve de Pans Gran,

Le 30 novembre 1243, ayant prêté serment, dit :

« J'ai été hérétique revêtue  trois ans et demi il y a trente ans…à l'époque où j'étais parfaite, ma sœur  et moi habitions Villemur5 dans la maison de la parfaite Unaude, femme d'Arnaud Calvière. Il y avait bien alors cent parfaits et parfaites.

Bertrand, seigneur de Villemur, sa femme et sa fille Aude étaient croyants, et Aude et sa mère mangeaient souvent avec les parfaites. Je les ai vu adorer souvent ces parfaites les genoux fléchis, disant "Bénissez, bonnes femmes, priez Dieu pour nous".

Tous, tant hommes que femmes de Villemur, étaient croyants et amis des parfaits.

Je suis restée quatre mois à Corbarieu et j'y ai vu le chevalier Bernard Lunel7 et le chevalier Raimond Bernard, qui venaient souvent adorer le parfait Bernard de Lamothe[3] et entendaient sa prédication. Les hommes et les femmes de la ville venaient à eux souvent, grands et petits sans distinction, quand ils sortaient du moustier, et entendaient le prêche de Bernard de Lamothe. Et j'ai vu le chevalier Raimond Bernard manger avec Bernard de Lamothe.

Monseigneur Foulque, évêque de Toulouse, m'a réconciliée de l'hérésie, et après j'ai pris un mari. Après cela je n'ai pas vu de parfaits, si ce n'est Bernard de Lamothe comme il a été dit. Je lui réclamais 50 sous de Morlas qu'il me devait.

 

 Je les ai entendu prêcher à Villemur, à Corbarieu, que Dieu n'avait pas fait les choses visibles ; que l'hostie consacrée n'était pas le corps du Christ; sur le baptême et le salut, qu'ils ne servaient à rien pour le salut. Et je croyais comme ces parfaits. J'ai vu à Villemur Bernard de Cavalsou[4] et quelques autres parfaits.».

 

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2 / Pons Grimoard, de Castelsarrasin

Le 22 janvier 1244, il  déclare :

« Il y a quarante ans ou environ j'ai vu des parfaits à Villemur dans la maison où ils habitaient.  Dans la maison dudit Raimond Grimoard à Castelsarrasin, j'ai vu les parfaits Raimond Aymeric[5] et son compagnon. Et j'ai vu avec eux les frères Hugues et Jean de Cavalsaut, Raimond et Bertrand Faure, frères de Guillaume de Pech-Hermier, les frères Bernard et Pierre Audebert, ledit Raimond Grimoard, Arnaud Faure, Arnaud Pagan, Bertrande de Cavalsaut, veuve d'Hugues de Cavalsaut, Na Prous, veuve de Jean de Cavalsaut, mon frère Vital Grimoard, Guillaume de Castillon, père d'Arnaud Grimoard, Raimond de Bressols, oncle d'Aymeric de Bressols. Moi-même et tous les autres avons entendu le prêche des parfaits. J'ai adoré là plusieurs fois les parfaits les genoux fléchis en disant "Bénissez", et j'ai vu tous les susnommés les adorer, pas ensemble, mais séparément en diverses occasions, sauf ces femmes. Ce fut depuis quarante ans en çà. J'ai vu dans la maison de Jean de Cavalsaut les parfaits Raimond Aymeric et Arnaud Arrufat .Et j'ai adoré là ces parfaits, à ce que je crois. Ce fut à la même époque ».

 

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3 / Bernard Grailh de Villemur,

Le 7 décembre 1243, ayant prêté serment de dire la vérité pure et entière en matière d'hérésie sur lui et d'autres, dit : J'ai vu les parfaits Guillaume del Soler et Bernard de Lamothe, et plusieurr autres, dans la maison d'en Guinhe. Et j'ai vu avec eux Maffré et Hugues de Maillac1 chevaliers, Pierre de Selhols et Pierre-Raimond de Bagols, ou Pague. Et tous ainsi que moi entendirent la prédication de ces parfaits et les adorèrent les genoux fléchis, en disant: "Bénissez, bons hommes, priez Dieu pour nous".

Item j'ai vu dans la maison de Raimonde de Peyre Pons Gilabert, Pierre Fort, Rainaud Denhoret, Pierre Teisseire et Bernard de Peyre, les parfaits. Et j'ai vu là avec eux Arnaud Dastres, Raimond Raseire, Etienne Dastres, Pierre-Raimond Pague, Bernard Clavel, Arnaud de Grisolles senior, Pons Arribet et Guillaume Mezoa. Et tous ainsi que moi entendirent la prédication de ces parfaits et les adorèrent en disant: "Bénissez".

Dans la maison de Vital Rainaud j'ai vu les parfaits Bernard Senhoret3 et Arnaud Faure[6]. Et j'ai vu là avec eux Bernard Clavel, Bernard Gairaud "le Fournier", Guillaume Garsia de Fontausié[7], Bernard Gairaut. Et tous entendirent la prédication de ces parfaits et les adorèrent. Dans la maison de Bernard Clavel j'ai vu les parfaits Pons Gilabert, mon frère Pierre Grailh et Guillaume de Bouloc. Et j'ai vu là avec eux Bernard Gairaut, Pierre de Villemur et n'Ath de Roquemaure. Et tous ainsi que moi entendirent la prédication de ces parfaits et tous les adorèrent. Bernard Clavel vint alors à moi et à Pierre-Raimond Pague, et dit que dans sa maison il y avait un bon homme (un parfait) mort. Et il demanda conseil sur ce qu'il devait faire. Lesdits Pierre-Raimond Pague, Bernard Clavel, Hugues Gros, Pierre Ratier, Galabru et Arnaud Dastres prirent alors ce parfait mort et le remirent à Bernard Pontonnier, le pêcheur, maintenant décédé, pour qu'il le noie dans le Tarn, ce qui fut fait, à ce que j'entendis dire par la suite.

J’ai vu avec eux Pierre de Seilhols, Bernard Arnaud de Sanissac, Raimond de Seilhols, Bernard de Seilhols[8] et feu Martin de Lafage.Il y a quinze ans ou environ.

Dans la maison d'Etienne de Seilhols, père de Bernard de Seilhols, j'ai vu deux parfaits dont j'ignore le nom hérétiquant cet Etienne, maintenant décédé. Et j'ai vu là Hugues Pradier et Bernard de Seilhols. Tous nous adorâmes ces parfaits.J'emmenai alors, à la demande de ce Bernard de Seilhols, ces parfaits depuis Villemur jusqu'en vue de Rabastens.Il y a trente ans ou environ.

J'ai vu à Fontausié dans la maison de Vésat mon frère Pierre Gralh, mort, et Bernard de

la Peyre [9] et leurs compagnons, parfaits. Et j'ai vu là Bernard de Seilhols, Pons Bernard, Pierre

Faure et Hugues Gros, de Villemur, et de Fontausié ledit Vésat, Guillaume Garsia, Floris, Gotfres, Caloers et Guillemette, veuve de Raimond Faure de Tauriac[10]. J'apportai là un drap pour envelopper ce parfait mort. On le jeta dans un ancien puits. Il y a dix ans. adorèrent ces parfaits.

J’ai entendu dire qu'il y avait des parfaits dans un endroit qui s'appelle Tirecrabe[11].

Pierre-Raimond Pague et moi ordonnâmes à Pierre de Na Oda de faire sortir ces parfaits du territoire du château. Et j'ai entendu dire à Pierre de Na Oda qu'il était allé à ces parfaits avec Arnaud de Grisolles et un autre dénommé Arnaud de Grisolles. Il y a dix ans.

J'ai vu dans un jardin à Villemur les parfaits Bernard de Lamothe et Guillaume del Soler. Et j'ai vu là avec eux Isarn de Tauriac, Isarn de Saint- Michel, Pierre Pague, Pons Arribet, Bernard de Selhols, Pons Pradier et plusieurs autres. Ils entendirent leur prédication et les adorèrent. Il y a trente ans.

Après avoir fait ma confession aux inquisiteurs à Villemur, je n'ai pas vu de parfaits, n'en ai pas cru ou adoré, je n'ai pas eu connaissance de quelqu'un qui ait reçu ou cru les parfaits.

J'ai reçu d'eux le baiser de paix, j'ai mangé du pain béni par eux selon leur rite, et je leur ai donné sur mes biens de la nourriture, du blé et de l'argent. J'ai vu Isarn de Tauriac et Maffré adorer les parfaits Pierre Grailh et son compagnon dans ma maison.

Mon père, Pierre Grailh, fut parfait, mais par la suite il fut réconcilié. J'ai eu la foi des parfaits depuis que j'ai eu le discernement du bien et du mal. Et il abjura l'hérésie et jura de se tenir aux ordres de l'Eglise et de poursuivre les parfaits. Témoins Bernard de Ladinhac, Raimond de Furbidre et l'archiprêtre de Carcers.

 

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4 / Arnaud  Helie, chevalier,

Le 23 novembre 1243, ayant prêté serment de dire la vérité sur lui-même et d'autres en matière d'hérésie, dit :

J'ai vu dans le palais d'Arnaud de Villemur1 les parfaits Raimond Agulher2 et son compagnon, et avec eux Na Comptor, veuve d'Arnaud de Villemur, Agnès de Châteauverdun, Arnaud Bertrand, bayle de cette dame, Arnaud de Villemur junior, Ermengarde de Durban et beaucoup d'autres. Moi, je ne les ai pas adorés, mais tous les autres les ont adorés. Je n'ai pas entendu leur prédication et n'ai pas mangé avec eux. Il y a vingt ans.

A Saverdun, dans une pièce basse du palais qui était alors celui d'Arnaud, seigneur de Villemur, j'ai vu les parfaits Arnaud du Colombier, Guillaume Clergua et leurs compagnons, et avec eux Do de Villeneuve, le damoiseau Pierre Roger8, Pierre de Lespinet, Cosme, qui était bayle de madame Comptor, Raimond de Lordat9 et madame Comptor. Mais je n'ai pas adoré là les parfaits, car j'étais enfant. Il y a dix-huit ans.

Il y a dix-huit ans,  à cette époque, à Villemur dans la maison Grailh, j'ai vu les parfaits Pierre Grailh et ses comlpagnons, et j'ai vu avec eux Arnaud Grailh et Bernard Grailh, frères de ce parfait, Bernard Peitavi, ses deux fils Pierre et Bernard, Pierre de Villemur et plusieurs autres dont je ne me rappelle pas les noms.

 

J'ai vu dans la maison de Guillaume Fournier les parfaits Guillaume Alia et ses compagnons. Et j'ai vu avec eux Pierre de Villemur et Isarn Bec. Et moi et les autres avons adoré ces parfaits.

Dans la maison d'Adémar Faur à Villemur, j'ai vu les parfaits Pons Gilabert et Arnaud de Cavalsaut, et avec eux un chevalier qui était seigneur de Sauveterre, qui a donné sa terre à Monseigneur le Ccmte11, dont j'ignore le nom, Isarn Bec, Adémar Faure et sa femme. Et moi et les autres avons adoré ces parfaits.

A Villemur, dans la maison d'Hugues de Maillac, j'ai vu Pons Gilabert et Arnaud de Cavalsaut, quatre ou cinq fois, et avec eux ma mère Na Fays et ma tante Mathélio, Hugues de Maillac, maître de maison, et sa servante Bonne. Et moi et tous les autres avons adoré là ces parfaits trois fois les genoux fléchis, en disant: "Bénissez, bons hommes, priez Dieu pour nous". Il y a quinze ans ou environ.

Dans la maison d'Hugues de Maillac, j'ai entendu Arnaud de Cavalsaut le parfait, qui était malade et qui criait. Et je n'ai pas voulu qu'il reste là. J'ai demandé au chevalier Hugues de Maillac et à Adémar Faure de le transporter à la maison d'Adémar Faure. Je leur ai prêté un roussin pour le transporter.

 

J'ai amené les parfaits Pons Gilabert et son compagnon à la maison de Pons de la Claustre avec Pierre de Villemur. Nous les avons adorés là tous les deux, et tous les deux nous les fîmes sortir de cette maison. Et j'ai vu avec ces parfaits Pons de la Claustre et sa femme.

J'ai vu près de ma bouverie les parfaits Pons Gilabert et son compagnon et ma mère Fays, Honor, femme d'Isarn de Villemur, Guillemette, veuve de Pons Arribet, et le damoiseau Ath de Roquemaure. Et tous ainsi que moi entendirent le prêche des parfaits et les adorèrent là. Il y a huit ans ou environ.

 

Au lieudit 'le Bousquet" près de Villemur, j'ai vu quatre parfaits dnnt je ne me rappelle pas les noms. Et j'ai vu avec eux Ath de Roquemaure, Arnaud de Grisolles et Adémar Faure. Et à la demande de bernard Grailh, de Bernard Gairaud et de Pierre-Raimond, frère de ce Bernard, Ath et moi avons amené ces parfaits jusqu'à Toulouse, Et là ils furent reçus par Pierre-Raimond de Toulouse. Il y a onze ans ou environ.

Dans le bois qu'on appelle Pech de la Peyre, j'ai vu Pons Gilabert et avec lui trois parfaits. Il y avait avec eux mon frère Guillaume Hélie, et Vital Faure. Tous, ainsi que moi, les adorèrent. Il y a huit ans ou environ.

Dans  un bois de Fontausié, j'ai vu Bernard de la Peyre et son compagnon, et je leur parlai. Et j'ai vu avec eux Guillaume Garsias qui les accompagnait, et Raimond Hélie. Mais je n'ai pas adoré. Il y a onze ans ou environ.

A Fontausié, près de l'église, j'ai vu les parfaits Bernard de la Peyre et son compagnon, et avec eux Guillaume Garsias et Pierre de Villemur, mais je n'ai pas adoré. Il y a douze ans.

 

J'ai cru que ces parfaits étaient de bons hommes, qu'ils avaient une foi bonne, et qu'on pouvait être sauvé par eux. Et j'ai entendu leur prédication, et je croyais que ce qu'ils disaient était vrai. Je leur ai entendu dire que Dieu n'avait pas fait les choses visibles, du baptême de l'Eglise, qu'il n'était pas valable pour le salut; du mariage, que ce n'était rien; de l'hostie consacrée qu'elle n'était pas le corps du Christ; de la résurrection des corps, qu'il n'y en avait pas.

J’ai entendu dire que dans mon écurie Guillaume Garsias avait gardé des parfaits la moitié d'une nuit et une demi-journée, à mon insu.

J'ai vu Raimond Roger12 qui est condamné, et je lui ai parlé. Je lui ai donné, à lui et à ses compagnons, du pain, du vin et de l'avoine. (Il a avoué tout cela, à ce qu'il dit, à Frère Guillaume Arnaud).

Dans la maison de Guillaume de Montech et de Galabru, j'ai vu les parfaits Guillaume Alia et son compagnon. Et j'ai vu avec eux Pierre de Villemur et Isarn Bec. Moi et les autres les avons adorés.

Il y a vingt ans que j'ai cru les parfaits pour la première fois, et il y a sept ans que j'ai cessé de croire. Après cela je n'ai pas vu de parfaits, je n'ai pas cru, je n'ai pas eu connaissance de quelqu'un qui ait eu des parfaits chez lui ou ait été croyant dans le pays.

Mais j'ai entendu dire qu'il ya deux ans des parfaits ont été reçus dans le pays, et j'ai cru que c'était vrai, parce que Bernard Grailh et Bernard de Seilhols m'ont demandé, un an avant qu'ils se confessent aux Frères inquisiteurs à Villemur, si je consentirais ou aiderais à ce que des parfaits fussent reçus dans la terre, et j'ai répondu qu'en aucune manière.

Et il abjura et jura de se tenir aux ordres de l'Eglise et des inquisiteurs, etc...

 

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5 / Peronne de la Claustre 

Les an et jour susdits, Péronne de la Claustre, ayant prêté serment de dire la vérité sur elle-même  et les autres en matière d'hérésie, dit:

Dans la maison de moi-même et de mon mari Pons de la Claustre, j'ai vu deux parfaits que je ne connais pas coucher là une nuit. Ils y restèrent la journée suivante. Et j'ai vu là le chevalier Pierre de Villemur, et le chevalier Arnaud d'Hélie, qui les avait amenés chez moi et mon mari Pons. Mais je n'ai pas adoré ni vu adorer.

Et ces parfaits me dirent, a tort que j'étais enceinte, que si je mourais enceinte je ne pourrais pas être sauvée[12]. Il y a douze ans.

J'ai vu dans ma maison les parfaits Pierre Teisseire et son compagnon y rester une nuit et un jour. Ils mangèrent là du pain et du vin que nous leur donnions, moi et mon mari. Mais je n'ai pas adoré ni vu adorer. Il y a eu trois ans dans la semaine de la dernière Pâque.

Je n'ai pas vu de parfaits par ailleurs. J'ai entendu dire aux parfaits que Dieu n'avait pas fait les choses visibles, que l'hostie consacrée n'est pas le corps du Christ et que le mariage ne vaut rien pour le salut.

 

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6  / Maffre de Paulhac, chevalier  

 le 10 décembre 1243, Maffre de Paulhac dit :

je fus hérétique revêtu quatre ans. Je fus réconcilié par monseigneur Foulque, évêque de Toulouse.

Après cela, j'ai vu les parfaits Bernard de Lamothe et son compagnon dans la maison de Bernard Grailh à Villemur, et j'ai vu là mon cousin le chevalier Isarn de Tauriac, et tous deux nous avons adoré ces parfaits. J'ai vu aussi ledit Bernard Grailh adorer ces parfaits.

Dans la maison d'Isarn de Saint-Michel j'ai vu les parfaits Bernard de Lamothe et son^compagnon, et j'ai vu là avec eux mon neveu Arnaud-Bernard de Villemuretc…

Item à Villemur dans la maison d'en Guinhe j'ai vu les parfaits Pons Gilabert et son compagnon, et à l'époque lesdits parfaits louaient cette maison.

J’ai  vu des parfaits dans un endroit près de Tauriac qui s'appelle Al Seth, et j'ai vu là le prieur de Montlougue que j'amenai à ces parfaits. Mais c'était lui qui m'en avait prié, et j'ai vu Guillemette Garsia, maintenant brûlée. Et là ledit prieur, en ma présence et celle de cette Guillemette, interrogea ces parfaits au sujet du baptême et autres sacrements. Mais personne n'adora ces parfaits.

 Et il y a douze ou quatorze ans. Par la suite ledit prieur, comme je lui demandais ce qu'il pensait des parfaits, répondit: "Je ne sais pas quoi dire, moi. J'entends dire que les parfaits ne jurent ni ne mentent".

J’ai  vu dans la maison de Bertrand, Guillaume et Bernard, mes frères, à Paulhac, les parfaits Pons  Gilabert et son compagnon. Et tous, ainsi que moi, adorèrent ces parfaits les genoux fléchis, en disant: "Bénissez, priez Dieu pour nous".

Il y a quinze ans. Mes frères sont morts.

 

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7 / Isarn, seigneur de Tauriac[13]   

Le 18 mai 1244 Isarn, seigneur de Tauriac1, dit :

A Villemur, dans la maison d'en Guinhe, j'ai vu deux parfaits dont j'ignore le nom. Et j'ai vu là Bernard de Seilhols, Guillaume Bourd, Senhoret et plusieurs que je ne connaissais pas. Et je crois que moi et les autres avons adoré là ces parfaits, mais je ne me le rappelle pas.

Il y a vingt ans ou environ.

Item j'ai vu dans la maison de Bernard Grailh les parfaits Bernard de Lamothe et Pierre Grailh. Et j'ai vu là ledit Bernard Grailh, Maffré de Paulhac et Arnaud Grailh. Tous ainsi que moi adorèrent ces parfaits. Il y a quinze ans ou environ.

J’ai vu une autre fois les parfaits Bernard de Lamothe et son compagnon dans cette maison de Bernard Grailh. Et j'ai vu là ledit Bernard Grailh, Isarn de Villemur et mon fils Boson. Et j'ai adoré là ces parfaits. Pour les autres, je ne me le rappelle pas, mais je le crois. Et ce fut à la m~me époque.

J’ai vu à Tauriac dans la maison d'en Raygasse les parfaits Pons Gilabert et son compagnon, et j'ai vu là madame Finas, ma femme, et mon fils Boson. Et j'ai adoré ces parfaits.

Pour les autres, je ne me le rappelle pas, mais je le crois. Ce fut à la même époque.

J’ai  vu dans la maison de Raimond Faure deux fois en différentes occasions les parfaits Pons Gilabert et Pierre Grailh, et j'ai vu là Maffré de Paulhac et Guillemette, alors épouse dudit Raimond Faure. Et moi et les autres avons adoré ces parfaits. Ce fut à la même époque.

J’ai  vu à Villemur dans la maison de Guillaume de Montech les parfaits Pons Gilabert et son compagnon, Ils me demandèrent de relâcher Arnaud de Montels2 de Toulouse que j'avais fait prisonnier pour la guerre du Comte de Toulouse. Je ne voulus pas le faire. Et j'ai vu là Guillaume de Montech. Mais je n'ai pas adoré là ces parfaits. Ce fut à la même époque.

mes veneurs. Je n'ai pas adoré ces parfaits.

 Un jour où je sortais de Villemur, je rencontrai deux parfaits qui me demandèrent de même, pour les veneurs, que je leur demande de ne pas leur faire de mal.

J’ai  rencontré bien vingt parfaits dans les prés près de Chaulet[14] et ils me demandèrent de leur donner mon sauf-conduit. Je dis alors à des jeunes gens de Montauban qui les accompagnaient que s'ils trouvaient par hasard quelqu'un qui veuille leur nuire, ils disent que je les protégeais. Le jour même Pierre Aslan et ses compagnons enlevèrent à ces parfaits quelques biens et un roussin, qui leur furent rendus après coup à ma demande. Il y a vingt-cinq ans ou environ.

Item j'ai cru que les parfaits étaient de bons hommes, disaient vrai et avaient une foi bonne.

Je n'ai pas entendu les parfaits exprimer leurs erreurs sur les choses visibles, l'hostie consacrée, le baptême ou le mariage. Mais j'ai entendu dire aux croyants que les parfaits disaient qu'il y a autantde péché avec une femme qu'avec une autre. Mais je n'ai pas cru cette erreur.

 

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8 / Madame Finas, épouse d’Isarn de Tauriac

Le 26 août 1244 madame Finas, épouse d'Isarn de Tauriac, ayant juré de dire la vérité en matière d'hérésie, dit :

Quand j'étais petite fille, j'ai vu ma mère Braida et ma soeur Esclarmondeparfaites. Ma mère parfaite habitait sa propre maison, et moi j'habitais avec mon frère Pelfort de Rabastens. Je n'ai jamais adoré ces parfaites, ni vu adorer, que je me rappelle. Je n'ai jamais vu ledit Pelfort adorer. A l'époque, les parfaits résidaient publiquement à Rabastens dans leurs maisons.

Il y a quarante ans ou environ.

A Villemur dans ma maison, j'ai vu les parfaits Guillaume del Soler et Bernard de

Lamothe. Et j'ai vu là Isarn de Saint-Michel, son père Vital Faure et Pierre Pague, qui amenèrent là ces parfaits, Béatrice, femme d'Isarn de Saint-Michel, Mathelio de Cos et Guillemette de Pugnières. Et tous, ainsi que moi, entendirent la prédication de ces parfaits, qui faisaient leur propre éloge et disaient du mal de l'Eglise romaine et des clercs. Ils disaient que l'hostie consacrée n'est que du pain pur et simple, que le mariage et le baptême ne servent à rien, que ce que Dieu a fait ne passera pas, et que la chair de l'homme, une fois morte, ne ressuscite pas. Mais je ne croyais pas que ces erreurs fussent vraies.

Et tous, ainsi que moi, adorèrent là ces parfaits trois fois, les genoux fléchis en disant:

"Bénissez, bons hommes, priez Dieu pour nous", et eux disaient :"Dieu en soit prié".

 

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9 / Raimond Azema, damoiseau 

Le 22 février 1244 Raimond Azéma, damoiseau, ayant juré de dire la vérité en matière d'hérésie, dit:

Ath de Roquemaure m'a demandé d'aller avec lui, et j'y allai. Etant sortis tous deux de Roquemaure, nous trouvâmes sur les routes deux parfaits dont j'ignore les noms. Nous les amenâmes dans la ferme d'en Prunet. Et Géraude Gamarre, femme de Guillaume du Born, apporta là à ces parfaits des étoffes pour coucher. Lesdits Ath et Géraude restèrent là avec ces parfaits, mais moi je revins aussitôt chez moi. Et je n'ai pas adoré ni vu les autres adorer.

Il y a huit ans ou environ.

Quand j'étais enfant, j'ai vu des parfaits résidant publiquement à Roquemaure, à Villemur et à Rabastens, et par tout le pays.

 

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Des parfaits villemuriens

*Rainald Senhoret, de Villemur, parfait, s'y trouve vers 1213 avec Pons Gilabert. Il est vu à Foix chez le bayle de Comtor de Villemlur vers 1225. Un parfait qui dépose devant Ferrer, Raimond Dejean, se dit neveu de Jean Senioret et commence sa déposition en relatant des faits de Villemur (Doat XXIII, ff. 260 v°-273 v.).

 

 

A Saverdun, Arnaud de Villemur devait avoir acquis une part de seigneurie après la croisade. En 1219, il tenait labarbacane Arnaud-Bernard à Toulouse pendant le siège. La "sala", le palais, semble aller de pair avec la qualité de haut-justicier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Cahiers de Brnard de Caux – Jean Duvernoy,  http://jean.duvernoy.free.fr/text/pdf/bdecaux.pdf

[2] Arnaude de la Motte, notée de Montauban dans Histoire et doctrine de la secte des Cathares ou Albigeois

 De Carl Schmidt

[3] Originaire de Montauban ou de la région. Après son ministère dans le pays, il part de Villemur pour une tournée:Montauban (1224), Moissac, Castelsarrasin, Toulouse (1225), Laurac, Fanjeaux, Montréal, Saissac, Verdun-Lauragais, Pieusse, où il assiste au concile cathare de1226. Diacre dès 1223, ilest fait Fils majeur de l'évêque du Toulousain à Montesquieu (1225). Il prêche à Toulouse, Puylaurens, St-Paul Cap de Joux, Villemur, jusqu'à la paix de 1229. Il arrive à Montségur avec Guilhabert de Castres et Teuto, évêques de Toulouse et d'Agen, pour le concile de 1232. Il dut mourir peu après.

[4] La famille Cavalsaut compta six parfaits et parfaites, tous attestés dans ce ce seul registre. Arnaud, chez Alaman de Rouaix à Toulouse avant la Paix avec Guillaume del Soler, Guillaume Salamon et Bernard de Lamothe, mourut à Villemur vers 1235.- Bernard est vu à Toulouse et à Villemur.- Guillaume reçoit des parfaits dans sa maison de Castelsarrasin, puis devient parfait et accompagne Bernrd et Pons, vers 1220.- Hugues, croyant zélé entre 1204 et 1218, fut consolé, malade, dans une écurie d'Arnaud de Bressols par Bernard de Lamothe vers 1228, et résida publiquement dans sa maison de Castelsarrasin, probablement jusqu'à la paix de 1229. Il est attesté jusque vers 1236.- Pons,

[5] Raimond Aymeric (Emeric à l'époque, actuellement Méric) diacre cathare de Villemur, qui comptait cent parfaits avant la Croisade. Il amène vers 1208 deux des demoiselles de Lamothe de Montauban à la maison de la parfaite Poncia à Villemur, et les "console" peu avant la Croisade.

 

[6] Médecin originaire de Cambiac, canton de Caraman, Hte-Garonne, toléré dans sa maison avec son frère Pons par le seigneur du lieu Guillaume Saïs, et abrité par lui dans sa force en 1220. Il prêche en Lauragais à la même époque qu'à Villemur. Il soigne divers notables à Avignonet, à Juzes (canton de Revel), Hte-Garonne, aux Cassès, Aude. Il laisse unlivre de médecine à un habitant d'Auriac (canton de Caraman) avant d'être pris et brûlé (Ms 609, passim, Doat XXIV,25 v°).

[7] Commune de Montgaillard, canton de Salvagnac, Tarn.

[8] Un Bernard "de Selolibus" est consul de Villemur en 1271 (Saisimentum, p. 180).

[9] Lieudit disparu de Villemur entre le chef-lieu et le Born.

[10] canton de Salvagnac, Tarn. Son seigneur, Isarn, dont on va voir la déposition, devait trouver la mort dans la guerre entre l'évêque d'Albi et l'abbé de Gaillac en 1259 (HL VIII, c. 1450). Il avait été témoin des fiançailles de Comtoresse de Rabastens et Bertrand de Toulouse en 1224 (Ibid., cc. 811 et 55.).

[11] Lieudit de Villemur.

[12] Réprobation de la procréation, invention du diable.

[13] En 1271 Tauriac est un château en propre du Roi

[14] Commune de Beauvais,

 


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