au temps de la Révolution   



 

 

 

AU TEMPS DE LA RÉVOLUTION

 

  

La Révolution de 1789

 

La grande peur  sur la rive droite du Tarn se répandit  entre le 1er et le 5 Août 1789, prenant le relais  de la rumeur qui saisit Toulouse les 29-30 Juillet.

 

 

Les informations  relevées pour cette période se résument à 3 faits :

q       la situation religieuse et notamment du clergé

 

q       le relevé des biens nationaux et leur vente.

 

les biens d'église, biens communaux.

 

la présence de religieux à Sayrac  

Capucins ou minimes .

Sevène (p.63) précise que les minimes ont seulement  possédé une métairie  dite de « Pétusou », située partie dans le territoire de la paroisse de Sayrac, partie dans celui du consulat de Villaudric. Cette métairie (cf p. 164) relevait de la censive[1] du marquis d’Aussonne, seigneur de Raygades.

Le projet d’installation de minimes[2] à Villemur en 1629-1631 n’eut pas de suite. ce sont les capucins[3] qui s’y installèrent.

Les Minimes de Saint Roch à Toulouse avaient des terres dans la quartier de l’église…et plus précisément  au quartier St Roch. Biens vendus en 1781[4] et à nouveau au cours de la Révolution comme bien national saisi.

La liste des ventes des biens nationaux de Sayrac parle d’une propriété (maison et terres) appartenant aux minimes[5]. Cette double vente est une curieuse histoire.

 

 

o       le curé de Sayrac Félix Picot [1778, 1784,1788 & 1790]  relevant de Conques, s’est soumis à la loi du 26/12/1790, mais on ne sait quand il a prêté serment ; assermenté en 1804 ? [6], autrement dit : il est connu comme constitutionnel sans que l’on sache quand il a prêté serment[7].

o       Un capucin de la communauté de Villemur  [5 membres] assure le service un moment à Sayrac, Jean-Louis Delfios…(a 65 ans en 1791, capucin du couvent de Villemur – où demeuraient 5 religieux), vicaire à Sayrac, durant quelques mois lors de la dispersion des religieux.

o       Un commissaire provisoire est nommé dans chaque canton. Il s’agit notamment de purger la contrée des réfractaires. Une réunion a lieu à Fronton le 29 Brumaire an IV (Novembre 1795) à 10 h. Pierre Baville est ce commissaire du directoire exécutif pour le canton de Villemur  composé de 14 communes dont  la commune de Sayrac[8].

  

q       Les biens déclarés biens nationaux sont d’abord estimés : la valeur –estimation des propriétés bâties et non-bâties s’élevait pour Sayrac à 4.065 Livres.

o       le recensement des biens des nobles et de l’Eglise, puis des ventes des biens nationaux  répertoriés[9] apportent des données détaillées pour Sayrac :

 

§         L’église de Sayrac :  la valeur d’estimation  des immeubles – propriété bâtie et non est de 4.065[10] ; le poids des matières d’or et d’argent est de 3 marcs et 6 onces.

Le presbytère et une terre, biens de la fabrique de l’église seront adjugés 1.385 livres.

§         les biens de l’obit[11] de l‘église de Sayrac :[terres] : estim. 2.680 livres

§         les biens des religieux « minimes »[12] de Toulouse : leur domaine est adjugé 11.500 livres.

§         les biens de l’obit de Villemur.

§         les biens de d’Aubuisson,[13] parent d’émigré – d’une valeur globale de 94.257 Livres, [le domaine de « las cabanes » estimé à  30.000 livres n’ a pas été acheté].

 

o       L’ensemble des biens nationaux de Sayrac (de 1ère origine) vendus représentera 39 ha, 92 a 04 cent  soit 13,9% de la superficie de la paroisse/commune ( 287 ha) pour un prix adjugé (des biens vendus) de 22.971 Livres . Il y a eu 23 ventes, dont 3 propriétés bâties seulement (2 concernent les biens de la paroisse : presbytère et bien de l’obit). 

o       Les biens de 2° origine - des d’Aubuisson - ne seront pas achetés[14].

 

Les biens trouvèrent notamment comme acquéreurs :

·      Cabié, forgeron à Villaudric, 3 biens dont 2 bâtis ( presbytère, dépendance, jardin et terre) ; métairie des Minimes et un pré de l’obit de Villemur,

·      Gay, Tonnelier : 3 biens (terres),

·      Clamens : 2 biens (prés),

·      Daubuisson : 2 biens, 1 maison (obit) et une terre,

·      Couderc

 

Les biens des minimes sont à considérer particulièrement dans la mesure où ils furent l’objet de convoitise, de transactions successives . le cas de conscience que présente M. Brassier  (curé) à l’autorité diocésaine nous éclaire  à ce sujet[15]:

 

 

Les biens d'église - biens communaux

le clocher :

 

Le clocher et la révolution

l’adjudication des débris des clochers  eut lieu le 15 prairial an II [3 juin 1794]

Ratier Neyronis proposa 52 livres, Monrufet 60, Vieusse 68. Enfin Ratier obtint la vente pour 72 livres.

Quelle fut la démolition exacte ? La délibération de 1806 emploie de terme de réparations et non de reconstruction. 

 

11 prairial an II [30 mai 1794]

"Un membre a proposé qu’il fut procédé à la vente des diverses tuiles [déplacées ?] et débris provenant des pointes des divers clochers qui ont été abattus dans les ci-devants paroisses de ladite communauté d’extirper et d’effacer même jusqu’aux traces du fanatisme et de la superstition. Cette proposition ayant été agréée, il en est résulté que la vente des débris en question ne peut être qu’avantageuse soit aux intérêts de la République, soit à ceux de cette commune, attendu d’une part que les dites tuiles et débris sont volés et dilapidés chaque jour, de façon que s’il restait encore en l’état, ils seraient totalement perdus, et que d’autre part il est naturel de prendre sur le produit  de ces mêmes débris les montants des frais de démolition d’autant que la municipalité a absorbé depuis longtemps les imprévus de la commune et qu’et qu’elle n’ a en main aucun fond dont elle puisse disposer pour fournir aux frais. Il sera procédé le 15 du courant dans l’une des salles de la maison commune à la vente par enchères des débris et que la délivrance en sera faite au surdisant le plus fort enchérisseur auquel effet, il sera fait des affiches et criées". Sources : délibérations.

   

24 mai 1806

prenant en considération la demande des paroissiens de l’église succursale de Sayrac d’une somme de 120 fr pour leur aider à finir les réparations essentielles et dispendieuses faites à leurs frais à ladite église, telle qu’un mur latéral et le clocher, considérant qu’une telle dépense était au-dessus des moyens de la commune  et que le dévouement et le désintéressement de ces habitants mérite d’être encouragé, le conseil a délibéré d’accorder la somme demandée pou le parachèvement dedits ouvrages à 120 fr - 4° séance – Délibérations, page 17

 

l’herbe du cimetière

en adjudication pour la coupe de l'herbe et du ragain -

« attendu qu’il a été constaté qu’il y a très peu d’herbe  dans les cimetières de Sayrac, Saintes-Escariettes Villematier et La Magdelaine,  le conseil d’après l’avis de l’agent national a déterminé d’en faire l’adjudication en bloc - personne après le 5° feu : Faure pour 90 livres »

 

Une municipalité autonome : 1790- an II

 

Conformément au décret du 12 Novembre 1789[16] la paroisse de Sayrac prétendra à se constituer en municipalité distincte comme Lavernose, Puylauron, Le Terme, Magnanac, Villematier, La Magdelaine, Bondigoux. Le corps municipal de Villemur contesta cette décision . Sayrac , Magnanac et Le Terme devinrent des sections de la commune de Villemur, tout comme Villematier, Bondigoux et La Magdelaine qui  redevinrent communes qu’ ultérieurement[17].

 

On notera cette phrase de Jean Contasty  in « Le mouvement religieux dans la Haute Garonne sous le consulat », Privat, 1907 « je cite les communes dont les maires ont simplement demandé l’église ou signalé la présence d’un prêtre » – en 1803 … et parmi 33 noms de communes …il cite Sayrac.

la commune de Sayrac a une superficie de 287 hectares.

 

 

En 1790 fût créé le canton de Villemur constitué de 14 communes. Il comprend celle  de Sayrac.

Un commissaire provisoire est nommé dans chaque ca,nton afin de purger la contrée des réfractaires . Une réunion a lieu à Fronton le 29 Brumaire an IV [19 Novembre 1795]. Pierre Beauville est commissaire titulaire du Directoire exécutif pour la canton de Villemur regroupant ces 14 communes : Villemur, Bessières, Bondigoux, Fronton, Layrac, La Magdelaine, Le Born, Magnanac, Le terme, Mirepoix, Sayrac, Vacquiers, Villaudric, Villematier.

 

 

Le culte à Sayrac pendant la Révolution

 

 

 Le culte  rétabli à Sayrac en 1800

 

Le culte à Sayrac  sera rétabli en juillet 1800

 En 3 jours, la procédure est conduite à son terme (cahiers des délibérations de la commune de Villemur) :

- demande de l’exercice du culte et de l’église affectée à ce but par Jean Couderc, Jacques Gilibert, Jean Muret et François Bardi

- 2 ministres du culte demandent d’exercer leur culte à Sayrac  Jean-François Laroque et  Etienne Henry Dassier.

 

 

Délibérations page 178

Aujourd’hui 27 du mois de messidor l’an 8 de la République française [16 juillet 1800]  une et indivisible, les maire et adjoint de la commune de Villemur assemblés dans le lieu ordinaire de leur séance

Se sont présentés les citoyens Jean Couderc, Jacques Gilibert, Jean Muret et François Bardi, tous propriétaires domiciliés tous les 4 du lieu de Sairac dans cette commune, lesquels o,nt dit qu’ils désirent faire exercer le culte catholique dans le lieu de Sairac, et pour se conformer à la loi du 7 vendémiaire an 4 et autres rendues sur la police des cultes, ils demandent que la cidevant église de Sairac leur soit délivrée à cet effet, ainsi que la clef d’icelle dont le Cer  Jean Couderc, l’un des comparants sera le dépositaire et la représentera à toutes réquisitions demeurant leur offre de se conformer à tout ce qui est prescrit par les lois précitées, apeine de tous dépens dommages et intérêts.

 

Les maire et adjoints de la commune arrêtent :

1° La cidevant église de Sairac est accordée aux comparants pour y faire exercer le culte conformément à leur demande ; en conséquence la clef en sera remise audit Jean Couderc

qui en restera le dépositaire et la représentera toutes les fois qu’il en sera requis.

2° les comparants demeurent chargés de l’entretien et de la réparation de la dite église conformément à l’article 2 de la loi du 7 vendémiaire an 4 ; auquel effet ils seront tenus de faire procéder à leurs frais par les Cers ??  Jean Darasse dit faure et Jean Pierre Darasse son frère maçon et à la vérification de l’état actuel où se trouve ladite église.

3° les comparants sont également tenus de se conformer à la loi du dit jour 7 vendémiaire an 4 et autres à ce relatives concernant le choix du ministre qu’ils entendent employer pour l’exercice du culte.

Ainsi délibéré à la maison commune de Villemur, les jours et an que dessus. Ledit Couderc à signé avec nous, non les autres comparants pour ne savoir de ce requis.

 

NDLR : L'article 17 de la loi du 7 vendémiaire an IV  [29 septembre 1795] prescrit que l'enceinte choisie pour l'exercice d'un culte soit indiquée et déclarée à l'adjoint municipal

 

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Aujourd’hui 29 messidor de la République française [18 juillet 1800] par devant nous B Ratier adjoint de la commune de Villemur, en l’absence du citoyen Malpel maire et Pendaries Bremond ?? adjoint s’est présenté le citoyen Jean François Laroque ministre du culte catholique apostolique , romaine romaine lequel  a dit que désirant exercer  les fonctions de son culte   il désigne pour cet effet l’enceinte de la cidevant église de Sairac sise en cette commune et pour se conformer d’ailleurs à la loi du 21 nivôse dernier a fait en nos mains la déclaration suivante : je promets d’être fidèle à la constitution de quoi nous lui avons donné acte.

 

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Soumission Dassier page 179

Aujourd’hui 5 thermidor an 8 de la République française [24 juillet 1800]  par devant nous Frédéric Malpel maire et B. Ratier adjoint de la commune de Villemur, s’est présenté le citoyen Etienne Henry Dassier, prêtre ministre du culte catholique apostolique romaine lequel désirant exercer  les fonctions de son culte et pour se conformer à la loi du 21 nivôse dernier a fait la déclaration suivante : je promets d’être fidèle à la constitution

Ledit Dassier voulant se conformer à la loi du 7 vendémiaire an 4 désigne  l’intérieur  de la ci-devant église à Sairac pour l’exercice de son culte et en fait la demande.

 

 

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Après la révolution

Le culte public est rétabli à Pâque 1803.  En 1803 à Seyrac (sic), Jean-Joseph-Saturnin Bourg est curé-desservant de l’ an XI 1er germinal – 1803

 

Après la révolution, l’église de Sayrac nécessite des réparations.

 

Sous le consulat, un prêtre est resté à Sayrac et est signalé. De fait dans « le mouvement religieux dans la Haute Garonne sous le consulat » Jean Contrasty (Privat, 1907) p 36 écrit : « je cite les communes dont les maires ont simplement demandé l’Eglise ou signalé la présence d’un prêtre »… et parmi les 33 noms de paroisses qu’il cite, il nomme Sayrac, seule de toute cette contrée.

 

              voir : les lieux de la communauté



[1] terre assujettie au cens annuel.

[2] Les minimes  constituent (constituaient) une branche de la famille franciscaine. Le couvent saint Roch à Toulouse dit des « minimes ».

[3] Ils sont 5 en 1790 au couvent de Villemur .

[4] cf correspondance Brassié de 1832 – voir ci-dessous, vente des biens nationaux .

[5] de même les documents familiaux lorsqu’ils mentionnent des limites de propriété, citent parfois les minimes de saint Roch.(quartier Saint-Roch à Sayrac).

[6]  Les prêtres des différentes paroisses eurent à se déterminer en ce qui concernait la constitution civile du clergé .Parmi ceux qui refusèrent et devinrent « réfractaires »  il a plusieurs catégories :

-          les reclus : Rouère, curé de Villemur ;

-          les déportés : Descuret curé de Bondigoux  qui avait une maison à Toulouse; Dézes curé de Magananac qui avait une maison rue Boulbonne –une indemnité  lui sera versé ensuite ; Dufaut Bernard, vicaire de Montjoire ; Domingon, curé de Vacquiers et Gayral de Vacquiers.

 Sera condamné Lespinasse, conseiller au Parlement de Toulouse.

[7] dans le canton de Villemur on signale la présence de 7 prêtres réfractaires. Ils sont sexagénaires ou infirmes et se retrouvent donc placés sous surveillance de l’administration municipale et ils n’exercent pas le culte. On lit par  ailleurs comment les Teysseyre à Layrac ont été  impliqués durant cette période : Jean Viguié, prêtre réfractaire sera incarcéré à Toulouse  à la fin de prairial an 6 comme perturbateur- cf  voir A. Escudier, monographie de Vacquiers…Trois prêtre jureurs, les 2 frères Barrère à Magnanac et Bellegarigue à Bondigoux. A Villemur, 23 personnes avaient été incarcérées pour avoir chômé le dimanche cf état des suspects de la commune de Villemur – 23 brumaire et 21 Ventose an II – ADHG L283 n°41 et 42. –

[8] Villemur, Bessières, Bondigoux, Fronton, Layrac, La Magdeleine, Le Born, Magnanac, Le terme, Mirerpoix, Sayrac, Vacquiers, Villaudric, Villematiers  - cité par Adrien Escudier, monographie de Vacquiers , p. 115.

[9] Henri Martin , Documents relatifs à la vente des biens nationaux , éditions Privat, 1916.

[10] pour comparer : Vacquiers  fait 2 fois moins et Villemur représente 10.991.

[11] obit (nm, du lat. obitus, mort) : fondation pieuse pour la célébration de messes à l’intention des défunts et notamment au  jour anniversaire de sa mort.

[12] ordre fondé par Saint-François de Paule . Ils avaient un couvent à St Roch à Toulouse (« les minimes »). En 1790, il y a 21 religieux dans le couvent toulousain .

[13] par comparaison la valeur d’estimation des immeubles Clarac : 287.666 ; Boyer-Tauriac : 491.358 ; Viguier : 42.993.

[14] au contraire, il semble que les Daubuisson  aient été acquéreurs (rachat de biens d’Eglise ?).

[15] sans que nous puissions ou sachions identifier Pierre et Paul.

[16] ce décret indiquait qu’il y aurait une municipalité dans chaque ville, bourg, paroisse ou communauté de campagne et Sayrac se constitua donc en municipalité distincte

[17] retour à l’ordre accompli en novembre 1792 où Sayrac  devient et restera  une des sections de la commune de Villemur, tandis que Bondigoux redeviendra commune en 1870, La Magdelaine en 1882, Villematier en 1902.

 

                  voir : les lieux de la communauté

 


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