Ardier de Vineuil   



 

 

Louis Ardier  sieur de Vineuil

 

vicomte de Villemur

 

 

Secrétaire du roi de 1630 à 1639[1]

et familier de Condé[2].

mêlé à la Fronde des Princes

chargé de missions diplomatiques

 

on appelait à la cour M. le marquis de Vineuil,

secrétaire du Roi,

 

Vicomte de Villemur 1643-1658

 

 

 

Des informations familiales sur la famille Ardier[3]  parues à Blois font de Louis Ardier sieur de Vineuil le fils de Paul Ardier,[4] secrétaire d’Etat de Louis XIII et de Suzanne Philippeaux.

Il a un frère dénommé aussi Paul[5]

 

De ce mariage seraient nés en effet 4 garçons et 5 filles :

- Paul Ardier, président de la Cour des Comptes, marié à Louise Olier de la famille du

       fondateur des prêtres de la compagnie de Saint-Sulpice (chargés de la formation

      des prêtres ; M. Olier étant proche de Vincent de Paul)

- Henri, Abbé de Saint-André-lés-Clermont

- Raymond, seigneur de Vaugelay (près de Blois), conseiller au Parlement de

     Toulouse

- Louis Ardier, seigneur de Vineuil. Il est le Vicomte de Villemur.

- Claude[6]  Ardier, mariée à Gaspard de Fieubet[7], trésorier de l’Epargne

- Suzanne Ardier mariée à Jean Diel, seigneur des Hameaux, qui fut paraît-il (sic)

     ambassadeur à Venise.

- Isabeau Ardier mariée à Claude Gobelin qui fut aussi ambassadeur

- Marguerite Ardier, épouse de Jacques Legendre, contrôleur général des gabelles

- Jacquette, épouse de M. de Chandrat, seigneur de Saint-Yvoine.

 

On dit que les commentateurs des mémoires du XVIII°  ont presque tous confondu les 2 frères Paul[8] et Louis[9] ; le président Ardier est l’aîné, qui est aussi premier commis du Secrétaire d’Etat des affaires étrangères[10], c’est-à-dire, conseiller d’Etat. Mais précisément, d’autres[11] attribuaient par erreur cette charge à Louis Ardier. Serait-ce une illustration de ces confusions ?

 

 

 

Vineuil[12] était frère du président Ardier, d'une assez bonne famille de Paris, agréable de visage, assez bien fait de sa personne ; il était savant et honnête homme. Il avait l'esprit plaisant et satirique, quoiqu'il craignît tout ; cela lui avait attiré souvent de méchantes affaires. Il était entreprenant avec les femmes , et cela l'avait toujours fait réussir ; il avait été bien avec madame Anne d'Autriche.

 

Histoire amoureuse des Gaules, de Roger de Rabutin Bussy, Diedonné Alexandre Paul Boiteau

 

 

Il est le Secrétaire[13] et le confident, le collaborateur et l’ ami  du moraliste La Rochefoucauld. L’écrit sur les guerres de Paris n’est pas de La Rochefoucauld, mais de Louis Ardier de Vineuil[14], fidèle de Condé. Les portraits qu’il peint de ses contemporains sont particulièrement satiriques.

Vineuil avait connu La Rochefoucauld à l’Hôtel de Rambouillet. Vineuil est l’auteur reconnu de « Guerre de Paris »[15]

 

Les Mémoires de La Rochefoucauld ont souvent compris les Mémoires de M.  de Vineuil,  souvent intitulées « Guerre de Paris », On  doit à Vineuil les portraits de Mmes Cornuel et d’Olonne.

 

Il servit avec dévouement Condé et sa cause.

Vineuil est mêlé à toutes les affaires de la Fronde. Il fut partisan des Princes.

Le cardinal de Retz dans ses œuvres dit que « Vineuil était très-attaché à Condé et se montra dévoué pour lui durant la seconde  Fronde » On le montra m^élé à un certain nombre d’ aventures bruyantes telle que la querelle de Jarzé et de Beaufort au jardin Renard. Vineuil fut toujours en grande faveur auprès de Condé.

On dit qu’il aurait entrepris d’écrire la vie de Turenne [cf Mme de Sévigné novembre 1676]. En tout cas rien n’a été imprimé. Ce fut Louis Ardier de Vineuil qui eut la charge de proposer à Mme de Chevreuse le mariage de sa fille avec le prince de Conty.

 

Vineuil subversif

Il avertit en janvier 1650 Monsieur le Prince des mesures qu’on prenait pour l’arrêter.  Le Tellier écrit à Mazarin à son sujet le 12 février 1650  que « Vineuil ne se contente pas de faire toutes les cabales qu’il peut dans Paris, en faveur du parti des princes prisonniers, mais il tient continuellement des discours contre l’honneur de la Reine, et tendant à la sédition, et à passer même à des attentats, pour faire entreprendre à d’autres plus hardis que lui, ce qu’il n’oserait faire. J’en ai parlé à la Reine, qui me charge de vous prier d’en parler à Son Altesse Royale [Gaston duc d’Orléans], pour y faire prendre résolution, soit en arrêtant ledit Vineuil , soit en l’éloignant en quelque lieu où il ne puisse faire du mal » [16].

Vineuil reçoit l’ordre de se retirer sur ses terres  quelques jours après et il  sera arrêté

A Loches ou Poitiers  fin 1651, chargé de lettres de la part du Prince de Condé ; on le relâche. En 1653, on le reprend à nouveau, porteur de messages, en provenance des Flandres.. En septembre 1654, dans une lettre à l’abbé Fouquet, Mazarin semble parler d’un ordre (expéditions envoyées par le Tellier) pour le faire mettre à la Bastille. En 1665, suite à une ‘’galanterie’’  avec la princesse de Wittenberg, fille du maréchal de Châtillon, il est exilé à Tours par les intrigues de son rival, l’abbé Foucquet. Il fut exilé en 1674 à Saumur[17] en même tempes que l’abbé d’Effiat, le comte d’Olonne et Vassé[18] pour avoir parlé lu Roi avec trop de liberté En 1675, il est donc reclus à Saumur et aux dires de Mme de Sévigné : « bien vieilli, bien toussant et bien crachant et dévot ». Son exil affligeait Mme de Sévigné qui passa le voir à Saumur.

 

12 février 1650 – Mémoire de  Molé[19]

« 12 février 1650. Je viens de recevoir avis de très-hon lieu que Vineuil ne se contente pas de faire toutes les cabales qu'il peut dans Paris, en faveur du parti des princes prisonniers ; mais qu'il tient continuellement des discours contre l'honneur de la Reine et tendant à sédition, et à passer même à des attentats pour faire entreprendre

à d'autres plus hardis que lui ce qu'il n'oserait faire. J'en ai donné part à la Reine, qui me charge de vous prier d'en parler à Son Altesse Royale pour y faire prendre résolution, soit en arrêtant ledit Vineuil, soit en l'éloignant en quelque lieu où il ne puisse faire de mal. Mais Sa Majesté juge l'un ou l'autre absolument nécessaire et sans délai. »

L’ordre sera donné à Vineuil de se retirer à Beauregard. On dit que la reine en sera bien aise de l’apprendre[371],  « Sa Majesté estime qu'il ne faut pas hésiter à arrêter Vineuil, pour lui faire dire ce qu'il sait de l'entreprise de Vincennes [373].

En novembre 1653 Mazarin ne veut porter aucun crédit aux accusations portées contre le président Paul Ardier, frère de Louis de Vineuil.

Sources : Appendice aux mémoires de La Rochefoucauld, Mémoires, p.500-501, D-L Gilbert et J. Goudault, 1874-1923  et la correspondance de Mazarin.-  Site  Gallica 

 

 

 

 Les diverses périodes de la Fronde

La fronde va de 1648 à 1653

On distingue plusieurs frondes :

- la fronde parlementaire : 1648-1649

- la fronde des Princes : 1651- 1653

- les 2 frondes réunies

- la fronde du Grand Condé : 1651-1652

 

 

 

On le qualifie de « forme de bel esprit, maniéré, tranchant du gentilhomme »[20]

Vineuil, qui toujours avait mené de front la galanterie et la politique[21]

« Esprit fin et satirique, bien fait de sa personne »[22] ; garçon qui a pourtant de l'esprit, et qui est bien fait[23]. Ses amitiés et liaisons semblent avoir retenu l’attention[24]

 

 

***************

 

 

vicomte de Villemur

 

1643-1658

 

 

[Page 59- 60 Sevène]

En exécution d'un édit du mois de mars 1639, relatif à l'aliénation, sous la réserve de la faculté de rachat, des domaines du roi, messire Louis Ardier, chevalier, seigneur de Vineuil, se rendit adjudicataire de la vicomté de Villemur le 6 septembre 1643. Le nouveau vicomte et les représentants de la communauté habilités par délibération du conseil général en date du 25 juillet 1644 ratifièrent la transaction du 2 novembre 1606, par acte dressé le 27 par le notaire Bascoul. Il y eut d'abord des hésitations quant à l'exercice de la justice, dont le siège était occupé en 1651 par un juge du vicomte mais fut de nouveau uni à la judicature de Villelongue. Denis de Busquet reparut en 1652 avec sa qualité de lieutenant de cette judicature[25].

 

Malgré la démolition du château, le titre de capitaine châtelain avait été concédé par le roi au sieur des Bros de Reyniès. A la mort de ce seigneur, son fils, Etienne de Seguin des Bros de Reyniès, fut investi du même titre par lettres patentes du 19 avril 1650[26] .

 

Le chevalier de Vineuil céda la vicomté à Bernard de Fieubet-Caumont, chevalier, conseiller du roi en son conseil et secrétaire des commandements de la reine-mère, par acte du 20 août 1658 de Mes Gaultier et Pallu, notaires an Châtelet de Paris. Le chevalier Bernard s'associa son frère, Gaspard de Fieubet, chevalier, conseiller du roi en ses conseils, premier président du Parlement de Toulouse, au prix de 60,000 livres tournois, moitié du prix payé par Bernard, suivant acte du 31 décembre 1659, notaire Custos, de Villemur.

 

  

[Page 98 Sevène]

 Satisfait sur ce point, le juge royal lie tarda pas à revendiquer le droit de pointer, c'est-à-dire de désigner les nouveaux consuls sur la liste arrêtée par le conseil général, et le droit de recevoir le serment de ces magistrats. Ces prérogatives, qui étaient exercées par le gouverneur, ne cessèrent pas de l'être par lui ou par son lieutenant jusqu'à la mort de M. de la Molière, en 1630[27]. A cette époque, la démolition du château entraîna la suppression des fonctions de gouverneur, et, d'autre part, la justice de Villemur fut unie à la judicature royale de Villelongue, avec création d'un siège de lieutenant pour Villemur.

 

 

La vente, sous réserve du droit de retrait, de la vicomté au chevalier de Vineuil, le 6 septembre 1643, ramena pendant quelques années l'administration communale au   nie dont elle avait joui sous les anciens vicomtes[28] la justice de Villemur était de nouveau imite à la Judicature de Villelongue en 1652. Par son arr-êt du 21 juin 1653, le Parlement de Toulouse enjoignit à N. Nicolas Sans de Grégoire, juge de cette judicature à Lavaur, de se transporter à Villemur et d'y procéder, le 23 du dit mois, à la mutation consulaire[29]. A partir de cette époque, le juge en chef au siège de Lavaur vint présider les assemblées solennelles du 23 juin, le lieutenant an siège de Villemur présida les autres assemblées auxquelles il assistait. M. de Grégoire avait pointé et assermenté les consuls en 1653; le vicomte engagiste reprit cette prérogative l'année suivante. Il ne la conserva que quelques années.

 

A partir de 1658, elle fut dans les attributions du juge royal.

 

Entre les années 1631 et 1651, limites d'une lacune dans la série des registres consulaires, le nombre des conseillers honoraires avait été porté de vingt-quatre à trente-deux; chacun des consuls en proposait huit de sa classe.

 

Le personnel des officiers de la communauté avait été augmenté, quelques années auparavant, par l'institution de deux experts jurés chargés de l'estimation des dommages dans l'étendue du consulat[30]; ils étaient élus annuellement avec les autres officiers.

 

L'égarement de divers documents motiva, en 1652, la création d'un garde-archives[31]. Cette charge ne fut pas annuelle ; il y était pourvu, quand elle venait à vaquer, par le conseil général.

 

 



[1] Fondeville, Société de l’histoire de Normandie, Rouen, 1960,

[2]  Fondeville, Société de l’histoire de Normandie, Rouen, 1960,

[3] selon le compte-rendu d’une brochure (52 pages) parue à Blois : M. de Verneuil, Louis Ardier. Son rôle pendant la Fronde, sa vie et ses écrits  – par le chanoine  Porcher, Blois, 1886 recensée dans la Revue d’Auvergne publiée par la Société d’émulation de l’Auvergne, tome 3, 1886, chroniques et mélanges

[4] 1513-1638 [?]

[5] Paul Ardier de Beauregard, Président en la Chambre des comptes, auteur d’une Histoire des guerres de la Valatine et de Gènes de 1624 à 1651.

[6]  Semble-til. On a pu écrire Claude ou Anne (listes généalogiques).

[7] Les Fieubet-Caumont seront aussi vicomte à Villemeur. Bernard Fieubet de Caumont succèdera à Louis Ardier de Vineuil comme vicomte de Villemur. Louis Ardier de Vineuil est le frère de la tante paternelle de Gaspard et Bernard de Fieubet.

[8] le Président Paul a pour épouse  Louise Ollier.- Paul Ardier, trésorier de l’épargne, seigneur de Beauragard, Vineuil et le Goulet en Blésois

[9] Notes archives de Saintonge et de l’Aunis.

[10] Un collaborateur peu connu de Richelieu, Paul Ardier (1595-1671), né à Issoire près de Blois [?], mentionné comme premier commis des Affaires Etrangères de 1624 ä 1632.

[11] Cf par exemple : Correspondance inédite du Comte d’Avaux (Claude de Mesmes), p. 18.

[12] Histoire amoureuse des Gaules, de Roger de Rabutin Bussy, Dieudonné Alexandre Paul Boiteau

[13] On parle de lui ainsi en terme inhabituel… : « comment M. de Vineuil, secrétaire inconsistant de la Rochefoucauld » in l’introduction  des Oeuvres mêlées de Saint-Evremond,  tome 1er, ed.1865.

[14] Mémoires ,François duc de La Rochefoucauld, 1993,  Jean-Dominique de La Rochefoucauld, 1993

[15] Calames Ms 934 et Ms 936  - Mémoires de la Rochefoucauld, Vineuil, La châtre page 29

[16] Mémoires de Mole, tome IV p.367.

[17]  Roger de Rabutin Bussy, Dieudonné Alexandre Paul Boiteau, Charles-Louis Livet – 1856 – Histoire amoureuse des Gaules, p. 78 – cf aussi Lettres de Mme de Sévigné , lettre 345 du 9 octobre 1675 : « M. de Vineuil fut exilé à Saumur par ordre de Louis XIV- Sa disgrâce n'eut qu'un teins. Au retour de cet exil, le Roi lui demanda ce qu'il faisait tous les jours dans ce pays ? Sire, dit M. de Vineuil , j'allais tous les matins à la halle y entendre débiter les nouvelles, et je m'y trouvai un jour qu'on y disputait pour savoir quel était Vaine de Monsieur ou de votre Majesté ». (Lettres de madame de Sévigné}.

[18] Vassé et Vineuil, déjà plusieurs fois mentionnés dans les Mémoires touchants la vie et les Ecrits de Madame Sévigné [de  Charles Athanase Walckenaer - 1852, p 319] étaient deux hommes aimables, depuis longtemps amis de madame de Sévigné, tous deux connus dans leur jeunesse
par leurs succès auprès des femmes. Le marquis de Vassé, compromis par son audace et son impertinence, avait depuis quelques mois rompu son ban, et était venu à Paris pour voir madame de Sévigné  : probablement son exil avait une toute autre cause que la politique. La continuation de l'exil de Vineuil, que madame de Sévigné avait vu en passant à Saumur, l'affligeait plus que l'exil de Vassé et de d'Olonne. Confident de Condé, Vineuil avait été l'ami de Turenne, et écrivait la vie de ce héros ; son ardeur pour les plaisirs l'avait condamné à une vieillesse précoce, et il était devenu dévot ; mais il n'en était pas moins resté un homme aimable et spirituel. Sa conversation plaisait à madame de Sévigné. Avec lui , plus encore qu'avec la princesse de Tarente, elle aimait à remonter vers son passé.

[19] procureur général, premier président du parlement de Paris et garde des sceaux., tome 4, 1857 

[20] Cousin dans son ouvrage sur la société française au XVII°

[21] Cf Histoire de la ville d’Issoire, Albert Longy – 1975, p. 370

[22] Cité par la Revue d’Auvergne.

[23] Les historiettes de Gédéon Tallemant Des Réaux, Louis-Jean-Nicolas de Monmerqué, 1840,p.211

[24] « un certain gentilhomme nommé Vineuil, qui était bien, il est vrai, un de ses plus habiles et fidèles serviteurs, mais que sa figure, son esprit plaisant et satirique, son caractère entreprenant ,
rendaient très-dangereux pour les femmes. Il s'était même acquis quelque célébrité par ses succès en ce genre. Madame de Montbazon , madame de Mouy et la princesse de Wurtemberg avaient successivement éprouvé les effets de ses séductions. Vineuil plut aussi à la duchesse de Châtillon ; et il ne crut pas trahir son prince , ni manquer à la foi qu'il lui devait , en ne se refusant pas des plaisirs qui, goûtés en secret, ne pouvaient causer aucune peine à celui qui l'avait exposé à la tentation.- Mémoires touchant le vie et les écrits de Madame Sévigné durant la  régence et la fronde, 1844.p. 337.

[25]  Livre des comptes consul. et registre des délibérations.

[26]  Délibération du 17 octobre  et son annexe,

[27]  Délibération  du 23 juin 1623 et des années suivantes

[28] Livre des comptes consulaires, aux archives de la mairie de Villermur

[29] Archives du  Parlement., arr., R. 745, f, 163. - Délibération du 23 juin 1653.

[30] Voir  délibération du 10 avril. 1622.

[31] Délibération du 23 juill. 16512. - Il est fait mention, dans une délibération du 13 juin 1773, de l’existence dans le greffe consulaire d'un coffre à deux clés, ]'une de ces clés étant aux mains du premier consul, l'autre aux moins du greffier, qui, à cette époque, avait les  attributions de garde-archives.

 

 


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