Abbé Brassier   



Jean-Baptiste   BRASSIER

 

 

 

Jean Baptiste Brassier[1] était un prêtre.

Il fût curé de la paroisse de Sayrac sur la commune de Villemur (31340).

                                       

Une vie[2] :

Il était né[3] à Villemur le 17 nivôse an III [6 Janvier 1795] fils de Gabriel Brassier, boucher et de Anne Rigaud,

 

                                                                        

                                                                                                                                                        AM Villemur 1796

ordonné prêtre[4] le 16 juin 1821,

il fut curé de Sayrac du 27 décembre 1830 au 30 Juin 1834.

 

Le vendredi 13 Juin 1834, convoqué, il présente sa démission ;

Mgr l'a accepté. 

 

Après être démis de ses fonctions, il continuera de résider à Sayrac

du 30 juin 1834 au  4 décembre 1841, "aux bousigues".

 

De décembre 1841 à  1852 (arrestation, jugement, incarcération - Eysses 10 ans, 6 mois et 3 jours )

Il est à Villemur du 3 juin 1852 jusqu’au 2 juin 1857 ?

à nouveau incarcéré 6 ans [d'août 1858 au 26 août 1864].

1864 - 1874 : où ?  Une dernière trace : une lettre adressée au curé de Villemur  fin décembre 1873.

Il meurt dans les derniers jours[7] de 1874 (vers le 22 décembre ?)

 

      

                                               annuaire/ordo de 1876

  

 

La Famille de Jean-Baptiste BRASSIER

 

   Les écrits  de l’abbé Brassié font apparaître :

   - une sœur à Saint Girons [1864, au sortir d'Eysses].

   - un frère  cité en 1833 à qui il a cédé la ½ de la maison paternelle en janvier 1833

   - un neveu  par alliance Etienne Malpel, époux d’une fille de sa sœur (villemurienne).

 

   -  Un petit-neveu à Beaumont de Lomagne qu’il instruit.

   -  une nièce ?  Elodie Roux à Montauban.

              Mlle Elodie Roux chez sa grand mère Mme  veuve Antoine Sicart ou chez son oncle

              M. Nauze, boulangerie au 150 rue Bessières à Montauban

 

                                                                                           

                                                                                                                                                                                              AM Villemur

 

 

* * * * * * * * * * * * * * *

 

CURÉ   DE   SAYRAC 

du 27 décembre 1830 au 13 juin 1834

 

 

La Nomination à Sayrac

Celle-ci intervient donc le 17 décembre 1830

La lettre du vicaire général[8] annonçant la nomination à Sayrac est fort intéressante : elle est de quelque manière prophétique et prémonitoire des évènements plus graves qui interviendront par la suite ; elle témoigne de la connaissance de la personnalité de M. Brassier. Ceci éclaire la défiance dont il fera l’objet ensuite. Cette défiance caractérisera l’attitude de M. Fieuzet, curé de Villemur, mais aussi apparemment celle du Cardinal d’Astros et de Mgr Mioland.

 

Le presbytère[9] se trouvait alors dans la partie contiguëe de la ferme appartenant à M. de Marsac, par la suite achetée par  M.  Jean-Baptiste Teysseyre en 1856.  

 

La période Sayracoise voit vite une dégradation :

 

     

dénonciation du curé de Sayrac en 1831 parmi d'autres curés

 

-         l’abbé Brassier demande d’autorisation de binage[10] (demande classique du fait du travail qui demande une présence, notamment lorsqu’il y a des bêtes - les paroissiens ne pouvant pas tous, en même temps participer à l’unique messe et….parce qu’on considère  que les paroisses voisines sont trop éloignées - distance et temps) -  juin 1831 ; 25 avril 1832.

-         Il se plaint fréquemment de la situation déplorable du presbytère (en cela il sera rejoint par tous les curés de Sayrac) parce qu’insalubre.

-         Il demande à être transféré  à la succursale de Saint-Sauveur en août 1833.

 

Une série d’accusations de divers ordres est porté contre lui.

Il en fait grief à M. Jean-François d’Aubuisson [11], demeurant à Sayrac. il le rendra responsable plus tard de bien des maux.  Il joindra le curé Fieuzet à la liste de ceux qui auront  fait son malheur.

 

Quelles accusations  ?

-         D’Aubuisson est accusé d’avoir dénoncé un prêche sur le pardon en 1832, 

« ceux qui ne se confessaient jamais pourraient  bien mourir comme ils ont vécu »

-         en avril 1833, le maire de Villemur au Préfet qui transmet à l’Evêque : accusation de non-résidence,

-         en mars 1834 : plusieurs plaintes parviennent à l’archevêché – non décrites.

-         Le 22 avril 1834, le conseil de Mgr l’archevêque reconnaît ces plaintes comme fondées.

-         Début mai 1834 : nouvelle plainte de M. d’Aubuisson concernant l’heure de la messe qui a été changée au grand mécontentement de toute la population. Le conseil se contente de commenter : « Cette affaire sera nécessairement réglée avec la grande affaire pendante de M. Brassier »

-          on indique à plusieurs reprises qu’il divise la population : pourquoi ?…des propos excessifs, incontrôlés relevés, manque de jugement ?

                                                                

 

                                 Brassier ayant offert sa démission, Mgr l’ a acceptée. 

 

 

LES  BOUSIGUES  A SAYRAC

 

 

Jean-Baptiste Brassier a donc été démis de ses fonctions le 13 juin 1834

Il sera déchargé de tout ministère paroissial sur Sayrac

 

Sayrac attend un nouveau curé.

 

Le curé de Villlematier se désiste. Un vicaire de Villemur assure jusqu’en fin juillet, mais le curé de Villemur se désiste aussi. C’est bien le curé de Villemartier qui assure le service jusqu’en juillet 1835.

En juin 1839, il est momentanément question que Belou vicaire à Villemur, aille à Sayrac. Son état de santé ne permet pas de l’envisager.

 

« Les Bousigues »

 

Il s’installe dans une maison achetée (quand ?) sur la paroisse de Sayrac : les Bousigues[12].

maison difficile à situer. Le lieu-dit est inconnu. Est-ce une dénomination créée par Brassier ? (Bousigues désigne une terre en jachère, une friche).

 

Cette dénomination semblant indiquer  un bien propre  acquis (?) apparaît le 7 mai 1835 « aux Bousigues » à Sayrac – sur la paroisse de Sayrac, Villematier est dit plus près que Villemur  (vers Labordasse ?, Estrabaque ?). Il y  a un puits, une fontaine.

 

Il habite en février 1841, tantôt  Sayrac, tantôt à Villemur.

 

Que devient Brassier ?

 

Il est sans ministère.  Il obtient cependant un certain temps d’assurer les fonctions d’aumônier dans un établissement scolaire à l’école François 1er, près de Nazareth en décembre 1834.  Il prêchera à droite et à gauche. On devine qu’il fut un prédicateur apprécié.

 

Les relations avec le nouveau curé Sicard sont difficiles - on le comprend -  et désastreuses.

  

A VILLEMUR

 

 

Il  est à Villemur du 3 juin 1852 jusqu’au 2 juin 1857 ?

 

Il y reviendra en 1873. Mais pendant dix ans nous perdons sa trace : où  réside-til ?

Une dernière trace  d’une lettre adressée au curé de Villemur  fin décembre 1873 nous le situe à nouveau à Villemur.

Il meurt dans les derniers jours[14] de 1874 (vers le 22 décembre ?). Où ?

 

la grotte du parc ou Grotte de Gethsémani

 

Il  habite  Villemur de 1852 à 1858 en un lieu qu’il appelle «  la grotte du Parc » ou « Grotte de Gethsémani »[15], maison avec enclos et jardin,  fontaine, desservi par le facteur rural ; il a creusé 2 grottes dont une lui sert d’oratoire ;  il y  a une allée solitaire et charmante autour de sa maison. Un jardin « très reculé ». Il mentionne ses 2 grottes, l’une qui lui sert même pour ses repas, l’autre comme oratoire avec un autel qu’il fait « creuser dans le roc ».

Il ne parle plus[16] du bien de Sayrac « les Bousigues ».

 

Cette période est la plus riche en correspondance.

 

                                                     

Regards sur les évènements

 

 
Sources

Les archives des paroisses de :

  • Sayrac, au temps où Brassier en est le curé  (1831-1835)
  • Villemur :  4 à 5 lettres dans des correspondances (Fieuzet) ,

  mais surtout les  lettres rassemblées, constituant le dossier « Brassier » :

    •  25 à 27 de Brassié  lui- même : la plupart au vicaire général
    • d’autres personnes comme auteurs:
      • 2 de Petit curé-archiprêtre de Muret,
      • 1 Albert de Sayrac
      • 2  du curé de  la Magdelaine.

 



[1] L’orthographe varie  soit avec un ‘’é’’, soit ‘’er’’. Les documents d’une parfaite lisibilité ne laissent aucun doute sur les 2  graphies. Les signatures de l’intéressé connaissent aussi cette indétermination. Cependant il semble qu’il convienne d’écrire BRASSIER.

[2] Ecclesia Tolosana ; le clergé du diocèse de Toulouse, Maurice Manière1984 le présente ainsi – avec quelques inexactitudes : Jean-Baptiste Brassier (1795-1874), né le 6 Janvier 1795, prêtre en 1820, curé de Vallègue 1826, curé de Castemaurou 1827,  un moment sans fonction, puis curé de Sayrac - 1831 pendant près de 40 ans  (indication erronée),  retiré et décédé à Villemur 1874.

[3] Acte n° 746 cahier - Acte de naissance, né le 17 nivôse en 3 (9h matin) à Villemur, fils de Gabriel Brassier boucher habitant Villemur (assisté de Jean Brassier aussi boucher à Villemur âgé de 58 ans), époux d’Anne Rigaud.

[4] Le 18 Décembre 1813 clerc tonsuré, originaire de Villemur ;  diacre le 20 décembre 1820 ; ordonné prêtre le 16 Juin 1821.

Condisciple de Mgr Buissas  évêque de Limoges , ordonné le même jour cf curé de Grenade

Bernard Buissas, né le 25 novembre 1796, prêtre en 1821, vicaire de Beaumont sur Lèze, curé de Venerque (1822), vicaire à la cathédrale (1822), curé de ND du Taur (1834), archiprêtre de la cathédrale (1840), chanoine titulaire (1841), Evêque de Limoges (1841), décédé à Limoges le 24 décembre 1856.

[7] Sans doute courant décembre (décembre 74) ; cf ordo Toulouse 1876.[8] 27 Décembre 1830 à M. Brassier, curé de Seyrac - Bergès, VG –   

« Je suis bien aise de vous annoncer que Mgr l’Archevêque vous a nommé desservant de Seyrac à la charge de résider dans cette paroisse. M. le maire de la commune, qui est venu avec plusieurs habitants pour vous demander, m’a assuré que l’on mettait le presbytère dans un état convenable. Je me félicite d’avoir pu seconder vos desseins dans cette circonstance et j’espère que votre conduite répondra à nos espérances, le zèle dans tous les temps doit être tempéré par la prudence, mais c’est aujourd’hui surtout  que cette prudence est nécessaire à cause des préventions conçues contre nous. Non seulement, il ne faut pas donner lieu à des plaintes légitimes, il faut  en outre  écarter tout prétexte d’accusation. Nous ne ferons de bien désormais qu’autant que nous nous bornerons aux fonctions de notre ministère. Que ce soit aussi votre règle, en tout cas » .

[9] Aujourd’hui « les Acacias », route de l’église de Ste Foy. De 1831 au moins à 1850, ce logement servit de presbytère :  « Ce logement qu’occupe M. le curé de Sayrac [9] appartient à 2 individus – l’un de Sayrac qui l’a loué à M. d’Aubuisson pour 29 ans, l’autre de Villaudric. C’est M. de Marsac qui a promis, sa vie durant, d’en laisser la jouissance  au curé. (cité par Fieuzet, curé de Villemur le 6 Janvier 1837).  Cette maison est alors constamment désignée comme « si étroite et si incommode,… toujours humide » lettre de Brassier en 1833. Le 30 Mai 1846 le curé Albert commence ainsi sa lettre au vicaire général : « Il est vrai que je suis mal logé à Sayrac ». La réclamation de travaux au presbytère sera une constante des curés (cf lettres à l’archevêché). Puis se fera jour de plus en plus la nécessité de construire un presbytère. L’arrivée du curé Albert et son esprit de décision et d’entreprise d’une part et l’achat de la métairie avec son compartiment par les Teysseyre d’autre part sont deux évènements qui conduisent à cette nouvelle étape ».

[10] Célébrer deux messes le même jour.

[11] Quels sont les obstacles invincibles qu’il trouve à me permettre  de dire la messe dans on église .Je sais moi qu’il n’y en a  point d’autre que la volonté d’un homme que ma présence trouble ; c’est M. le marquis de Voisins qui voudrait me savoir à 100 lieues parce que j’ai annoncé l’an dernier  que« ceux qui ne se confessaient jamais pourraient  bien mourir comme ils ont vécu »

[12] Quelques traits sur sa maison « les Bouzigues » :

*« j’ai ici près de mon habitation une claire fontaine »

Pourquoi ne pas aller dire la messe à Villemur ; Parce que c’est plus loin que Villematier, parce que M le curé de Villemur qui devant ses supérieurs a l’air de me protéger me dénigre et m’a prêté l’an dernier des propos que je n’avais pas tenu, en conséquence je ne veux voir personne n’aller à Villemur que par nécessité et seul avec mon Dieu et mes livres pendant 4 gros mois, je procurerai plus de satisfaction et de bonheur que dans les postes les plus brillants. Je fais cependant construire une petite chapelle. Je pense que plus tard, Monseigneur aura l’extrême bonté de m’épargner les courses pour aller dire la messe surtout si je passais l’hiver à la campagne, attendu qu’on me masque que M. Riveyrau cherche à raccommoder ses affaires avec M. Pech »

*Lettre Brassié - 6 Mai 1835 ? –  Sayrac « aux Bousigues » au vicaire général , M. Berger

Pourquoi ne pas aller dire la messe à Villemur ; Parce que c’est plus loin que Villematier,[…]. « j’ai ici près de mon habitation une claire fontaine »

Pourquoi ne pas aller dire la messe à Villemur ; Parce que c’est plus loin que Villematier,[…]. Je fais cependant construire une petite chapelle. Je pense que plus tard, monseigneur aura l’extrême bonté de m’épargner les courses pour aller dire la messe surtout si je passais l’hiver à la campagne…

*Lettre Brassié - 6 Mai 1835 –  Sayrac « aux Bousigues » au vicaire général , M. Berger : « c’est donc à regret que vous ayez la bonté de me permettre de dire la messe dans la petite chapelle que j’ai disposé selon les règles canoniques auprès de ma petite maison en attendant que je ne puisse plus troubler la tranquillité en allant entendre la messe à Sayrac Je suis habitant de la paroisse  Brassier, prêtre. »

*Lettre de M. Brassier du 7 Mai 1835 « aux Bousigues » à Sicard – M. le curé de Sayrac

il parle de sa petite cellule : «  Si vous avez plaisir à avoir la clef de ma petite cellule, je vous la laisserai très volontiers . Peut-être serez-bous bien aise de faire diversion quelques fois de vos petites peines et ma chambre a le talent d’en faire oublier de bien grandes. J’ai ici près de mon habitation une claire fontaine ; elle a la vertu du fleuve Léthée. Brassier, prêtre »

[14] Sans doute courant décembre (décembre 74) ; cf ordo Toulouse 1875.

[15] Une communication  nous oriente vers le chemin du ruisseau de Bifran/ 

[16] Cf en 1857,il n’évoque, semble-t-il,  que la valeur de son bien à Villemur « la grotte du Parc ».


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